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Nazisme: le camp de concentration de Buchenwald (2ième guerre mondiale 1939-1945)

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4. La vie au camp

Les SS
Les Kapos
Le Grand Camp
Le Petit Camp en 39-40
Le Petit Camp en 42-45
Les Kommandos internes
Les Kommandos externes

4.7. Les Kommandos externes

4.7.1. Généralités

Buchenwald possède aussi ses Kommandos extérieurs : il y en a entre 107 et 130, chiffre variable, car à partir d’août 1943, le camp de Dora et ses kommandos deviennent indépendants. Au 31 décembre 1940, deux grands kommandos extérieurs emploient 7.440 détenus. Au 31 mars 1945, ils sont au nombre de 107 et emploient 80.436 détenus. Parmi les plus durs, Ohrdruf, Ellrich, Dora, Langenstein…

Buchenwald : carte des sous camps de Buchenwald
Buchenwald : carte des sous camps de Buchenwald

A côté de ces commandos très durs, les autres kommandos de Buchenwald sont principalement :

  • Oberndorf : usine de munitions (200 dĂ©tenus) ;
  • Aschersleben, Dessau, Halberstadt, Leopoldshall, Niederorschel, Tarthun, Leipzig, Westeregelin : 8 kommandos employant près de 6.000 dĂ©tenus pour la firme JunkerÂ…
  • Halberstadt et ses galeries souterraines construites par près de 5.000 dĂ©tenus...
  • Neu Strassfurth et son Kommando « Reh » (Cerf) et ses 480 dĂ©portĂ©s français chargĂ©s Ă  partir de septembre 1944 de creuser dans d'anciennes mines de sel des galeries destinĂ©es Ă  recevoir des ateliers fabriquant des armes. 94 français mourront entre le 1 octobre 1944 et le 10 avril 1945.
  • Berlstedt : Briqueterie de la DEST appartenant Ă  la SS, fabrication de pièces pour Messerschmitt, Opel, menuiserieÂ…
  • Hadmersleben : une usine dÂ’aviation ;
  • Wansleben : usine de fabrications mĂ©talliques;
  • Essen : kommando fĂ©minin au laminoir II des aciĂ©ries Krupp;
  • Bochum : kommando aux aciĂ©ries du Bochumer Verein ;
  • Leipzig : kommando aux usines AEG et Hasag (munitions), constructions aĂ©ronautiques et automobiles (BMW)...

4.7.2. Ohrdruf

Ohrdruf est le plus sinistre des kommandos extérieurs, avec ses 10.989 détenus chargés de creuser des galeries souterraines, où 1 détenu sur 3 va trouver la mort… Ohrdruf est un ensemble de tunnels comportant cinq sites dans un périmètre d’une dizaine de kilomètres. Les SS veulent y établir des centres de communications et de commandements ainsi qu’un des nombreux quartiers généraux du Führer. Au départ, le « Kommando S3 » d’Ohrdruf est un camp SS autonome, mais il est rapidement rattaché à Buchenwald pour des raisons d’organisation.

Buchenwald, camp-commando d’Ohrdruf : vue aérienne
Buchenwald, camp-commando d’Ohrdruf : vue aérienne

Le travail dans les galeries y est épouvantable, réservé aux détenus les plus « à surveiller », comme par exemple les Juifs. Il n’ y a aucune hygiène et rapidement, typhus et dysenteries font d’énormes ravages. Les cadavres sont envoyés au crématoire de Buchenwald, dès sa mise en service. Toutes les huit semaines environ, ont lieu des « sélections » qui expédient les plus faibles vers le « mouroir » de Bergen Belsen. Début janvier 1945, Himmler ordonne au SS Hauptsurtmführer Olderburhuis, commandant d’Ohrdruf, de liquider les politiques et les droits communs jugés dangereux. Il y a 1.500 exécutions. Peu après les 9.000 survivants sont rapatriés à Buchenwald et parqués dans le Petit Camp. 1.500 périssent en chemin…

Buchenwald, camp-commando dÂ’Ohrdruf
Buchenwald, camp-commando dÂ’Ohrdruf

Eisenhower visite le camp d’Ordurf, libéré le 5 avril, et est épouvanté : « Ce que j'ai vu défie toute description... J'ai effectué cette visite délibérément afin d'être en mesure d'apporter un témoignage de première main, au cas où en viendrait un jour à prétendre que ces choses-là sont à mettre au compte de la propagande » (Lettre du 12 avril 45 au général Marshall).

Buchenwald, camp-commando d’Ohrdruf : photos de la libération. En bas, le général Eisenhower
Buchenwald, camp-commando d’Ohrdruf : photos de la libération. En bas, le général Eisenhower
Buchenwald, camp-commando d’Ohrdruf : article et photo de la libération du camp. Quotidien allemand
Buchenwald, camp-commando d’Ohrdruf : article et photo de la libération du camp. Quotidien allemand
Buchenwald, camp-commando d’Ohrdruf : photos de la libération. En bas, le général Eisenhower
Buchenwald, camp-commando d’Ohrdruf : photos de la libération. En bas, le général Eisenhower

4.7.3. Osterhagen

Le camp « disciplinaire » d’Osterhagen est érigé le 5 juillet 1944 dans une ancienne briqueterie. Environ 300 « Häftlinge » doivent construire le terrassement de la ligne de chemin de fer inachevée reliant Osterhagen à Nordhausen. De nombreux détenus von mourir sous un régime de terreur imposé par les SS et les Kapos : matraquages, famine, froid, maladie, épuisement…

Buchenwald : plan du camp commando de la IIIè Baubrigade d’Osterhagen
Buchenwald : plan du camp commando de la IIIè Baubrigade d’Osterhagen

C’est là qu’atterrit le 25 décembre 1944 le pasteur français Aimé Bonifas, résistant, arrêté en 1943, emprisonné et torturé à Saint-Girons, Toulouse, interné dans le camp de Royallieu, avant d'être déporté à Buchenwald : « Osterhagen, le fameux Straflager, le camp disciplinaire de sinistre renommée. Ainsi, simplement parce qu’il faut combler les vides, parce qu’il faut que le monstre continue à dévorer, je suis envoyé au camp le plus infernal. (…) Ici, l’homme n’a plus qu’à vivre sa mort… J’ai assez l’habitude des visages de détenus, mais ici plus qu’ailleurs je suis frappé par leur faciès de bêtes traquées. Ils portent l’empreinte d’une souffrance démesurée. » (Pasteur Aimé Bonifas « Détenu 20801 dans les camps nazis » Paris, FNDIRP Graphein 1999).

4.7.4. Langenstein

En accord avec la SS Albert Speer décide de monter l’opération « Malachite » dans les Theckenberge, l’opération « Maquereau » dans les Klugsberge et l’opération « Alose » dans les Hoppelsberge, des collines entourant Langenstein, c’est à dire la construction de trois usines souterraines au profit des entreprises d’armement Krupp et Junker.

Buchenwald : plan du camp commando de Langenstein-Zwieberge
Buchenwald : plan du camp commando de Langenstein-Zwieberge

Le camp de Langenstein-Zwieberge est implanté dans les montagnes du Hartz. Le premier transport part de Buchenwald pour Langenstein le 20 avril 1944 avec dix sept détenus dont aucun ne reviendra. Suivent des dizaines de milliers de détenus de Buchenwald, Sachsenhausen et Neuengamme. Dans des conditions épouvantables, ils doivent creuser 17.000 mètres de galeries et construire des halls de production souterrains couvrant une superficie de 60.000m2.

La mortalité est effrayante au cours de l’hiver 1944 -1945 mais les SS maintiennent l’effectif à 5.000 détenus (au lieu des 2.000 prévus) en amenant constamment de nouveaux renforts destinés à remplacer les morts. Ici, l’extermination par le travail prend tout son sens.

« On trouve des morts dans tous les coins : sur la place d’appel, dans les blocks, aux cabinets, dans le couloir du Revier. Partout les vivants doivent écarter les morts pour reprendre leur place. On ne lutte plus tant pour la vie que contre la mort, contre les morts, contre l’invasion du camp par la mort. Et cela, quotidiennement. » (Pasteur Aimé Bonifas).

En février 1945 encore, les SS envoient à Langenstein plusieurs convois de Juifs, survivants d’Auschwitz et de Gross-Rosen, mourir dans les galeries. Deux jours avant le libération du camp par les Américains, le 11 avril 1945, les SS organisent l’évacuation du camp en formant 6 colonnes de 500 détenus chacune : ces « marches de la mort » tuent, sur les 330 kilomètres de leur parcours, la plupart des détenus.



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