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Nazisme: le camp de concentration de Buchenwald (2ième guerre mondiale 1939-1945)

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7.12. Les corvées par F. Gadéa

Arrivé le 5 août 1944, interné au « Petit camp », F. Gadéa en part le 8 septembre avec un kommando pour Peissen, dans la région de Bernburg, à la limite de l'Anhalt et de la Saxe, pour travailler à la construction d'un camp.

« Une fois mesurés et photographiés, nous avons accompli notre première corvée qui consistait à transporter des pierres de la carrière au camp. Cette carrière, située à environ 1,5 kilomètre du lieu de détention, offrait un spectacle hallucinant. Sur les pitons et aux points les plus bas, des SS en armes et quelques conducteurs de chiens montaient une garde. Les malheureux qui y étaient affectés devaient maintenir, sous une avalanche de coups de triques et d'injures, une cadence de travail des plus accélérées. Après l'extraction à l'explosif, la dislocation des blocs s'effectuait au pic dans des conditions inhumaines et dans une atmosphère de sauvagerie entretenue par les kapos et les Vorarbeiters sous l'œil narquois des SS. Nous nous chargions de pierres et nous retournions au camp pour les déposer auprès des maçons, des internés comme nous, occupés à construire les assises de blocks imposants. »

« D'autres corvées plus pénibles nous attendaient, en particulier celle du « Scheisskommando ». Toutes les déjections des détenus, reçues dans des fosses alimentées d'un filet d'eau et sur les petits murs desquelles il fallait s'asseoir en rang et dos à dos pour faire ses besoins, parvenaient par un système de canalisations souterraines dans des bassins installés dans la partie basse du camp. Ces bassins, peu profonds, du genre marais salants, recevaient les matières fécales qui se diluaient dans l'eau. Sous l'action de l'air et du soleil, l'eau s'évaporait et à la surface apparaissait bien vite une croûte que nous devions ramasser à l'aide de pelles et étendre sur des aires proches. Quand ces matières étaient presque sèches, nous les transportions sur des civières à proximité des jardins, où nous les entassions dans des sacs qui étaient chargés sur des camions qui se dirigeaient ensuite vers l'extérieur. Les Français du Block 52 étaient peu nombreux à effectuer ce travail, une dizaine au plus. Chaque fois nous étions incorporés manu militari à cette équipe spéciale d'une cinquantaine de détenus de nationalités différentes, auxquels on faisait subir les pires brimades. Il ne se passait pas de jour sans que les SS et les kapos n'aient la fantaisie de nous pousser dans cette eau nauséabonde. Nous devions ainsi travailler dans une odeur pestilentielle, entourés de mouches et de moustiques attirés par les matières fécales qui avaient imprégné nos loques. »

« Nous connaissions les moments les plus déprimants à notre retour. Après l'appel, souvent interminable, nous étions contraints par les Stubendienst - les préposés au service du Block - de rester dehors et d'attendre le milieu de la nuit ou le petit jour avant d'entrer. Nous traînions avec nous une puanteur indicible que nous nous efforcions d'atténuer lorsque nous avions le bonheur d'avoir un peu d'eau pour rincer nos défroques et nous laver. »

« La nourriture était des plus légères. Un demi-litre de soupe distribuée à des heures irrégulières, tantôt le matin, tantôt le soir, une tranche de pain noir accompagnée d'un bâton de « tafel-margarine » ou d'une cuillerée de mélasse constituaient l'ordinaire journalier, amélioré quelquefois de raves crues. »

Fernand Gadéa, contrôleur général honoraire, interné à Buchenwald en août 1944.


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