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Le ghetto de Varsovie

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6. Travail et conditions de vie

Les industriels allemands apparaissent dans le ghetto en été 1941, ayant obtenu l'autorisation de s’établir dans la région de Varsovie. Le premier à s’installer en juillet 1941 est Bernard Hallmann, propriétaire d'une menuiserie industrielle. En septembre s’installe l’entreprise Fritz Schulz, un établissement Danzig spécialisé dans la fourrure. Le plus important parmi les hommes d'affaires est Walther Többens, un fabricant de textile, qui commence son activité en automne qaprès s’être fait la main sur des entreprises juives de sa villes qu’il avait accaparées avant guerre... Les compagnies allemandes passent dans un premier temps leurs commandes aux ateliers Juifs existants, puis elles construisent leurs propres ateliers dans le ghetto, opération beaucoup plus rentable pour elles. Par ailleurs, en été 1941, 11.300 Juifs sont envoyés dans des camps de travail à Varsovie, Lublin et Cracovie, où ils sont forcés d'effectuer des travaux épuisants, souffrant de la faim, des conditions sanitaires épouvantables et d’un discipline de fer.

Manger devient rapidement l’obsession principale et vitale des occupants du ghetto, car la politique allemande vise clairement à affamer les gens. C’est une méthode d’élimination, au même titre que celle par le travail. Une étude polonaise a calculé que la teneur calorifique quotidienne de la nourriture officiellement distribuée aux groupes nationaux en 1941, est de 2.613 calories pour les Allemands, de 699 calories pour les Polonais et de 184 calories pour les Juifs... La valeur nutritive des rations juives officielles est de 15% par rapport aux conditions minimales de survie. La nourriture attribuée ne suffisant pas, il faut s’en procurer par la bande. Plusieurs méthodes sont utilisées pour les opérations de contrebande : par les bâtiments reliés aux bâtiments situés du côté « Aryen » à travers le mur, par des ouvertures camouflées dans le mur et par les canaux souterrains. La contrebande sur une plus grande échelle a également lieu aux portes mêmes de ghetto. La corruption est partout : les policiers Juifs, les gardes, les Allemands, les Polonais et les Juifs sont tous impliqués. Des enfants et les femmes sont également engagés sur une plus petite échelle, au risque de leur vie. Chaque jour des contrebandiers sont attrapés et payent le prix fort, celui de leur vie. Selon Czneriakow la nourriture passée en contrebande représente 80% de tous les produits « importés ».

En décembre 1941 Czerniakow estime qu'il y a environ 10.000 habitants du ghetto possédant des biens suffisants pour vivre, 250.000 qui peuvent tout juste survivre et 150.000 qui sont totalement dépendants. La plupart des habitants ne survivent qu’en vendant leurs biens… Le problème est critique pour les 150.000 Juifs appauvris et victimes de malnutrition. Par conséquent le Judenrat et l’aide sociale organisent des « soupes populaires » qui fournissent un repas quotidien à midi (entre 600 et 800 calories). A ce régime, la famine est encore évitable... et la situation se maintient tant bien que mal jusqu'à l'entrée des Etats-Unis en guerre en décembre 1941, car les principales ressources pour l'aide au ghetto viennent de l’« American-Jewish Joint Distribution Committee », connu familièrement sous le nom de « Joint ». Mais à partir de janvier 1943, cette source tarit rapidement…

Par ailleurs, des hommes tels que Yitzhak Gitterman et Emanuel Ringelblum mettent sur pied une foule d’organisations basées sur la « débrouillardise » comme la « ZTOS », « la société mutuelle juive d'aide », qui a fait tourner plus de cent « soupes populaires » à Varsovie ou « Centos », la « société nationale d’aide aux orphelins », qui gère des écoles et fournit nourriture, habillement et logement. Ces organismes emploient des centaines de personnes, offrant un bol quotidien de soupe comme salaire. Ils fonctionnent indépendamment, sans compter sur le Judenrat. En janvier 1941, lorsque que l'aide financière du « joint » diminue, ces organismes prennent le relais et sont bientôt autorisés à prélever des impôts pour leur fonctionnement.

Parmi les éléments les plus importants d’auto assistance il y a les « comités domestiques », qui fonctionnent dans presque chaque immeuble. Ils imposent une taxe bimensuelle à leurs résidents, l’un au profit de l’organisation, l'autre pour les besoins de l’immeuble lui-même. Ils récoltent la nourriture de chaque famille qui peut participer, et distribuent la nourriture aux familles affamées. Une personne, munie d’un récipient, passe d’appartement en appartement, collecte la nourriture, les vêtements et d’autres biens des mieux lotis... Les comités évaluent aussi les ressources des familles et imposent un paiement mensuel à chaque ménage en fonction de cette évaluation. De l'argent et des marchandises sont donnés aux comités centraux, qui gèrent les « soupes populaires ». Pour s’imposer, les comités utilisent la seule arme dont ils disposent : le chantage à la honte de ceux qui refusent les dons et impositions. Ainsi Les familles qui peuvent apporter leur contribution mais qui refusent de le faire trouvent leurs noms affichés l'entrée de leur immeuble… Mais malgré tous ces efforts, 5.000 habitants du ghetto meurent chaque mois au début de 1942, la plupart d'entre eux de faim...

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