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Auschwitz, camp de concentration nazi

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7.2. Les condamnés

La Judenrampe
Les gazages au Stammlager par Rudlf Höss
Les gazages à Birkenau
L’incinération
La récupération
J’étais membre du Sonderkommando
Le témoignage de Rudolf Höss
« Anus mundi »

7.2.3. Les gazages à Birkenau

7.2.3.1. Gazage au Bunker I par Richard Böck

Le SS Richard Böck a assisté, en 1942, au gazage dans le « Bunker II » bâtiment qui abritait 4 chambres à gaz. Il ne s'agit pas ici d'une des chambres à gaz des grands crématoires de Birkenau.

« Ils sont arrivés par train express. Les camions étaient déjà là, avec des marchepieds en bois et les gens y ont grimpé. Ils sont tous partis. A l'endroit où, avant, il y avait [le bois] de Birkenau, on voyait un long bâtiment (le Bunker 2) et, à coté, quatre ou cinq grandes cabanes. [...] Il y avait un panneau sur lequel était indiqué "vers la désinfection". Il dit "Vous voyez, ils amènent des enfants maintenant". Ils ont ouvert la porte, ont jeté les enfants à l'intérieur et ont refermé la porte. Il y eut un cri terrible. Un membre des SS a grimpé sur le toit. Les prisonniers continuèrent à pleurer pendant environ dix minutes. Alors ensuite d'autres prisonniers ouvrirent les portes des chambres à gaz. Tout à l'intérieur était dans le désordre. La chaleur se dissipait. Les corps furent chargés sur un chariot rugueux et jetés dans un fossé. La prochaine fournée se déshabillait déjà dans les cabanes. Après ce dont j'avais été témoin, je n'ai pas regardé mon épouse durant quatre semaines »
Herman Langbein, Der Auschwitz Prozess, p. 74, cité par Jean-Claude Pressac,

7.2.3.2. Les gazages, par Filip Müller

« Avec cinq ou six boîtes de gaz, ils tuaient deux mille personnes.

Les « désinfecteurs » arrivaient dans un véhicule marqué d’une croix rouge et escortaient les colonnes pour leur faire croire qu’ils les accompagnaient au bain.

Mais en réalité, la Croix-Rouge n’était qu’un leurre ; elle camouflait les boîtes de zyklon et les marteaux pour les ouvrir. »

« La mort par gaz durait de dix à quinze minutes. Le moment le plus affreux était l’ouverture de la chambre à gaz, cette vision insoutenable : les gens, pressés comme du basalte, blocs compacts de pierre. Comment ils s’écroulaient hors des chambres à gaz ! »

« Plusieurs fois j’ai vu cela. Et c’était le plus dur de tout. A cela on ne s'y faisait jamais. C’était impossible (…) C’était un non sens de dire la vérité à quiconque franchissait le seuil du crématoire. »

« Là, on ne pouvait sauver personne.

Là, il était trop tard. »

Filip Müller, Rescapé du Sonderkommando, 29 236 Auschwitz II – Birkenau

Dans son livre « Shoah », Claude Lanzmann présente le texte intégral, paroles et sous-titres, de son film Shoah. Il rapporte le témoignage de Filip Müller, un des survivants du kommando spécial d'Auschwitz :

« - La mort par le gaz durait de dix à quinze minutes. Le moment le plus affreux était l'ouverture de la chambre à gaz, cette vision insoutenable : les gens, pressés comme du basalte, blocs compacts de pierre. Comment ils s'écroulaient hors des chambres à gaz ! Plusieurs fois j'ai vu cela. Et c'était le plus dur de tout. À cela on ne se faisait jamais. C'était impossible. »

« - Impossible. »

« - Oui. Il faut imaginer : le gaz, lorsqu'il commençait à agir, se propageait de bas en haut. Et dans l'effroyable combat qui s'engageait alors - car c'était un combat - la lumière était coupée dans les chambres à gaz, il faisait noir, on ne voyait pas, et les plus fort voulaient toujours monter, monter plus haut. Sans doute éprouvaient-ils que plus ils montaient, moins l'air leur manquait, mieux ils pouvaient respirer. Une bataille se livrait. Et en même temps presque tous se précipitaient vers la porte. C'était psychologique, la porte était là... Ils s'y ruaient, comme pour la forcer ! Instinct irrépressible dans ce combat de la mort. Et c'est pourquoi les enfants et les plus faibles, les vieux, se trouvaient au-dessous. Et les plus forts au-dessus. Dans ce combat de la mort, le père ne savait plus que son enfant était là, sous lui. »

« - Et quand on ouvrait les portes... ? »

« - Ils tombaient... ils tombaient comme un bloc de pierre... une avalanche de gros blocs déferlant d'un camion. Et là où le Zyklon avait été versé, c'était vide. A l'emplacement des cristaux il n'y avait personne. Oui. Tout un espace vide. Vraisemblablement les victimes sentaient que là le Zyklon agissait le plus. Les gens étaient... Ils étaient blessés, car dans le noir c'était une mêlée, ils se débattaient, se combattaient. Salis, souillés, sanglants, saignant des oreilles, du nez... On observait aussi certaines fois que ceux qui gisaient sur le sol étaient, à cause de la pression des autres, totalement méconnaissables... des enfants avaient le crâne fracassé... »

« - Oui. »

« - Comment ? »

« - Affreux... »

« - Oui. Vomissures, saignements. Des oreilles, du nez... Sang menstruel aussi peut-être, non, pas peut-être, sûrement ! Il y avait tout dans ce combat pour la vie... ce combat de la mort. C'était affreux à voir. »

Philipp Müller in Lanzmann Claude, Shoah, Paris, Fayard, 1985

7.2.3.3. Dernier regard par Eva Tichauer

« (…) Ma mère me lâche.
Nous nous regardons, yeux dans les yeux, profondément, en silence.
Nous sommes séparées (…).
Nous ne nous sommes pas dit au revoir, nous ne nous sommes pas embrassées.
Je n’ai jamais revu ma mère ! »
Eva Tichauer 20 832 Auschwitz II – Birkenau

7.2.3.4. La mort des enfants par Robert Waitz

7.2.3.5. Les chaumières de Birkenau par le SS Pery Broad

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« Dès leur arrivée en gare d'Auschwitz, les enfants en dessous de quatorze ou quinze ans sont groupés avec les vieillards et la plupart des femmes et conduits à Birkenau, vers la chambre à gaz. Dans des cas particuliers, aucun tri n'est effectué. Il en est ainsi de convois d'enfants partis de Drancy. Ces convois sont composés uniquement de tout petits enfants. Toutes les pièces d'identité et tous les signes permettant de les reconnaître ont été supprimés. Ils sont accompagnés de quelques infirmières ou assistantes sociales qui se sont attachées à eux déjà dans les maisons d'enfants dans lesquelles ils se trouvaient au moment de leur arrestation. »

« Ces convois sont gazés intégralement dès leur arrivée. J'ai connu l'ancien Lagerälteste de l'hôpital de Birkenau, vieux communiste bavarois, arrêté depuis 1933, ayant survécu à Dachau, à Buchenwald de la grande époque et à Auschwitz du début. Je ne puis oublier l'un de ses récits. Un soir d'été, il était assis devant un Block de l'hôpital de Birkenau. Un camion est tombé en panne, venant de la gare. Ses occupants suivent à pied la route qui longe l'hôpital et les petits enfants s'échappent malgré les SS. Ils vont cueillir des fleurs au bord de la route, en font un bouquet et le portent à leur maman. La route qui suit aboutit à la chambre à gaz. »

Robert Waitz. Témoignages strasbourgeois. De l'Université aux camps de concentration, Les Belles Lettres, 1947 7.2.3.5. Les chaumières de Birkenau par le SS Pery Broad

Le SS Pery Broad rédigea, pour les Anglais en 1945, un mémoire sur Auschwitz où il avait appartenu à la Politische Abteilung, c'est-à-dire à la Gestapo. Le SS Pery Broad écrit à propos des exterminations massives :

« La chambre à gaz aménagée dans l’ancien crématoire a fonctionné sans interruption de l'automne 1941 à octobre 1942. Mais elle ne suffit pas. Deux chaumières abandonnées dans un bois de Birkenau sont à leur tour transformées en chambres à gaz. On les connaît sous le nom de Bunkers 1 et 2. Voici la description qu'en donne Broad :

« À quelque distance du camp de Birkenau qui grossissait comme une avalanche, il y avait deux chaumières, propres et jolies, séparées l'une de l'autre par un petit bois au milieu d'un charmant paysage. Elles avaient été peintes à la chaux d'un blanc éclatant. Leur toit était de chaume et elles étaient entourées d'arbres fruitiers du pays. Seul un observateur attentif de ces maisons pouvait s'apercevoir de l'existence de deux écriteaux portant en différentes langues l'inscription vers la désinfection. Il remarquait alors que les maisons n'avaient pas de fenêtres, mais que leurs portes étaient étonnamment robustes, munies de garnitures hermétiques en caoutchouc et de fermetures à vis, auprès desquelles on avait placé des targettes de bois ; qu'on avait construit à côté, jurant avec elles, plusieurs grands baraquements d'écurie du genre de ceux qui servaient au camp de Birkenau à loger les détenus. La colonne des camions est souvent venue ici pour y conduire les condamnés à l'asphyxie par le gaz. Ils se déshabillaient dans les baraques. Puis on les enfournait dans les chambres à gaz. »

… « Au printemps 1944, Auschwitz a atteint son zénith. De longs trains faisaient l'aller et le retour entre le camp auxiliaire de Birkenau et la Hongrie. Un triage à trois voies allant jusqu'au nouveau crématoire permettait de décharger un train alors qu'un autre entrait en gare. Le pourcentage de ceux qui étaient destinés à un « hébergement spécial », comme on disait depuis un certain temps au lieu de « traitement spécial », était particulièrement élevé parmi les déportés de ces convois. Les quatre crématoires travaillaient sous pression. Mais bientôt les fours devinrent inutilisables du fait de l'usage excessif et continu qu'on en exigeait. Seul le crématoire 3 fumait encore. Les corvées spéciales furent renforcées. Elles travaillaient fiévreusement pour vider sans cesse les chambres à gaz. On remit même en fonction l'une des chaumières, sous la désignation de Bunker numéro 5.

Auschwitz-Birkenau : l’attente de la mort dans le Birkenwald
Auschwitz-Birkenau : l’attente de la mort dans le Birkenwald

« À peine avait-on retiré des chambres le dernier cadavre et l'avait-on traîné jusqu'à la fosse aux incinérations par la place encombrée de cadavres derrière le crématoire que déjà les victimes du prochain gazage se déshabillaient dans la grande salle. À ce degré de rapidité, il était à peine possible de transporter les innombrables vêtements hors du vestiaire. Parfois, de dessous un baluchon se faisait entendre, aiguë, la petite voix d'un enfant oublié. On l'en sortait, on le brandissait en l'air et l'une des brutes qui assistaient les bourreaux lui logeait une balle dans la tête. »

Témoignage du SS Pery Broad.

7.2.3.6. Extermination des Tziganes par Léon Poliakov

Léon Poliakov (1910-1997)
Léon Poliakov (1910-1997)
«  Au début de l'année 1943 commencèrent à arriver à Auschwitz des convois de Bohémiens, dans leurs vêtements bariolés. Ils posaient aux potentats du IIIe Reich un dilemme : du point de vue de l'Etat policier, ces errants étaient des « asociaux », qu'il fallait faire disparaître ; pourtant du point de vue des dogmes raciaux, ils étaient de pure race indo-germanique. Le moyen terme consista à les interner. Höss, qui les qualifiait de ses « détenus préférés », assure avoir nourri beaucoup d'affection pour eux, et leur créa ce qu'il appela un « camp familial ». Ayant gardé leur nature enfantine, écrit-il, ils étaient inconséquents dans leurs pensées et dans leurs actes, et jouaient volontiers. Ils ne prenaient pas trop au sérieux le travail... Certains avaient fait partie des Jeunesses hitlériennes, ou d'autres organisations du parti ; d'autres, arrivant au camp, portaient sur leurs poitrines des médailles ou les décorations gagnées au cours de la campagne de Pologne. Au total, leur nombre à Auschwitz s'éleva à près de 20 000. à l'été 1944, sur ordre de Himmler, ils furent tous gazés.»
Léon Poliakov, Le bréviaire de la Haine, Paris 1951.

7.2.3.7. Les gazages au Bunker I par Höss

Le commandant d'Auschwitz, Höss, décrit lui-même les gazages au Bunker :

« Au printemps de 1942 arrivèrent de Haute Silésie les premiers convois juifs voués à l'extermination. De la rampe du chemin de fer, on les conduisait à la chaumière, le Bunker numéro 1, à travers les prairies. Quelques chefs de Blocks les encadraient et s'entretenaient avec eux de la manière la plus anodine, pour leur donner confiance. Arrivés près de la chaumière, les déportés durent se déshabiller. Ils se rendirent d'abord tranquillement dans les pièces où on devait les désinfecter. Mais dès ce moment certains d'entre eux marquèrent une hésitation, parlant expressément d'asphyxie, d'extermination. Un début de panique se manifestait. Cependant ceux qui étaient encore au-dehors furent poussés à l'intérieur des chambres et l'on ferma les portes hermétiquement. Au cours des transports suivants, on s'attacha à déceler les plus réticents et à ne pas les perdre de vue. Si quelque agitation naissait, on conduisait sans bruit les fauteurs de trouble derrière la chaumière où on les exécutait à l'aide d'un fusil de petit calibre : les autres ne remarquaient rien. »

… « Sur la rampe du chemin de fer, les juifs, jusqu'alors sous la surveillance d'un piquet du camp, étaient pris en charge par la police d'État. Ils étaient amenés en deux détachements par le chef du camp de détention au Bunker. C'est ainsi que l'on appelait les installations d'extermination. Les bagages restaient sur la rampe, d'où on les portait à l'endroit du tri, dénommé « Canada », entre les bâtiments du DAW et la cour. Les juifs devaient se déshabiller près du Bunker. On leur disait qu'ils devaient se rendre dans les pièces dites d'épouillage. Toutes ces pièces, au nombre de cinq, étaient remplies simultanément. On fermait les portes étanches et on jetait à l'intérieur les boîtes de gaz prévues à cet effet. Une demi-heure plus tard, on ouvrait les portes ; il y en avait deux par pièce. On retirait les cadavres, qu'on portait aux fosses sur les wagonnets d'un chemin de fer de campagne. Des camions emportaient les vêtements à l'endroit du tri. Tout le travail, aide lors du déshabillage, remplissage du Bunker, vidage du Bunker, enterrement des cadavres, aussi bien que le creusage et le remplissage des fosses communes, était accompli par une corvée spéciale de juifs qui étaient tenus à part et qui, selon les instructions d'Eichmann, devaient être exterminés eux aussi après chaque opération importante. »

Rudolph Höss, Le Commandant d’Auschwitz parle, Julliard 1959, réédité en 1979 chez Maspéro

7.2.3.8. Les gazages au Bunker I par André Lettich

Le docteur français André Lettich décrit le sort réservé aux condamnés arrivant près du Bunker.

« Très poliment, très gentiment, on leur faisait un petit discours : « Vous arrivez de voyage, vous êtes sales, vous allez prendre un bain, déshabillez-vous en vitesse. ». Subitement les brutes se réveillaient : on obligeait à grands coups ce troupeau humain, ces hommes, ces femmes, à sortir nus, été comme hiver, et ils devaient franchir ainsi les quelque cent mètres qui les séparaient de la « salle de douche ». Au-dessus de la porte d'entrée se trouvaient les mots « Brausebad » (bains - douches). Au plafond, on pouvait même voir des pommes de douches, qui étaient cimentées mais qui n'ont jamais distribué d'eau. »

« Ces pauvres innocents étaient entassés, serrés les uns contre les autres, et là commençait la panique : ils comprenaient enfin quel sort les attendait, mais les coups de matraque et les coups de revolver ramenaient le calme rapidement, et tous pénétraient enfin dans cette chambre mortelle. Les portes étaient fermées et, dix minutes après, la température était assez élevée pour faciliter la volatilisation de l'acide cyanhydrique, car c'est avec de l'acide cyanhydrique que les condamnés étaient gazés. C'était le Zyklon B, terre à infusoires imprégnée de 20% d'acide cyanhydrique, qu'utilisait la barbarie allemande. Alors, par une petite lucarne, le SS Moll lançait les gaz. Les cris qu'on entendait étaient effrayants. Mais au bout de quelques instants, un silence complet régnait. »

« Vingt à vingt-cinq minutes après, fenêtres et portes étaient ouvertes pour aérer et les cadavres immédiatement jetés dans des fosses où on les brûlait ; mais les dentistes avaient au préalable vérifié chaque bouche pour en extraire les dents en or. On s'assurait de même si les femmes n'avaient pas intimement dissimulé des bijoux et leurs cheveux étaient coupés et méthodiquement recueillis pour une destination industrielle. »

Lettich André : « 34 mois dans les camps de concentration » Thèse de Doctorat en Médecine, Paris, 1946.

7.2.3.9. Les gazages par le Dr Nyisli

Le Dr Nyisli, un médecin légiste hongrois auquel un concours de circonstances extraordinaires permit d'assister à mainte extermination et à y survivre, décrit l'opération en son entier.

« Tout le monde est déjà rentré. Un ordre rauque retentit : « Que les SS et le commando spécial quittent la salle. » Ils sortent et se dénombrent. Les portes se referment et les lumières sont éteintes du dehors.

A cet instant, un bruit de voiture se fait entendre. C'est une voiture de luxe pourvue de l'insigne de la Croix-Rouge internationale qui arrive. Un officier SS et un sous-officier du service de santé en descendent. Ils avancent sur le gazon où, chaque trente mètres, de courtes cheminées en béton jaillissent de terre. Le sous-officier tient dans ses mains quatre boîtes en tôle verte. Après s'être muni d'un masque à gaz, il enlève le couvercle de la cheminée, qui est également en béton. Il ouvre l'une des boîtes et déverse le contenu - une matière granulée mauve - dans l'ouverture de la cheminée. La matière déversée est du Zyklon B ou du chlore sous forme granulée qui produit du gaz aussitôt en contact avec l'air. Cette substance granulée tombe au fond de la cheminée sans s'éparpiller, et le gaz qu'elle produit s'échappe à travers les perforations et emplit au bout de quelques instants la pièce où les déportés sont entassés. En cinq minutes, il a tué tout le monde.

C'est ainsi que cela se passe pour chaque convoi. Des voitures de la Croix Rouge apportent le gaz de l'extérieur. Il n'y en a jamais en stock dans les crématoires. C'est une précaution infâme, mais plus infâme encore est le fait que le gaz soit apporté par une voiture pourvue de l'insigne de la Croix Rouge internationale.

Pour être sûrs de leur affaire, les deux bourreaux à gaz attendent encore cinq minutes. Puis ils allument une cigarette et s'éloignent dans leur voiture. Ils viennent de tuer trois mille innocents.

Vingt minutes après, on met en marche les appareils d'aération électriques afin d'évacuer les gaz. Les portes s'ouvrent, des camions arrivent et un groupe du Sonderkommando y charge séparément les vêtements et les chaussures. On va les désinfecter. Cette fois, il s'agit d'une désinfection réelle. Ensuite, on les transporte par wagons vers différents points du pays.

Les appareils d'aération, système « Exhaustor », évacuent rapidement le gaz de la salle, mais dans les fentes, parmi les morts et entre les portes, il en reste toujours une petite quantité. Cela provoque, même plusieurs heures après, une toux étouffante. C'est pour cela que le groupe du Sonderkommando qui pénètre le premier dans la chambre à gaz est muni de masques à gaz. La salle est de nouveau puissamment illuminée. Un tableau horrible s'offre alors aux yeux des spectateurs.

Les cadavres ne sont pas couchés un peu partout en long et en large dans la salle, mais entassés en un amas de toute la hauteur de la pièce. L'explication réside dans le fait que le gaz inonde d'abord les couches inférieures de l'air et ne monte que lentement vers le plafond. C'est cela qui oblige les malheureux à se piétiner et à grimper les uns sur les autres. Quelques mètres plus haut, le gaz les atteint un peu plus tard. Quelle lutte désespérée pour la vie ! Cependant, il ne s'agissait que d'un répit de deux ou trois minutes. S'ils avaient su réfléchir, ils auraient réalisé qu'ils piétinaient leurs enfants, leurs parents, leurs femmes. Mais ils ne peuvent réfléchir. Leurs gestes ne sont que des réflexes automatiques de l'instinct de conservation. Je remarque qu'en bas du tas de cadavres se trouvent les bébés, les enfants, les femmes et les vieillards ; au sommet, les plus forts. Leurs corps, qui portent de nombres égratignures occasionnées par la lutte qui les mit aux prises, sont souvent enlacés ; Le nez et la bouche saignants, le visage tuméfié et bleu, déformé, les rendent méconnaissables… »



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