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Strasbourg : la ville au Moyen Age (Alsace)

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3.1. Vie politique : la constitution de la république

Strasbourg sous la domination du patriciat : 1263-1349
Le rôle croissant des corporations
La ville aux corporations : 1348-1349
La consolidation de la « république » : 1384-1422
Les institutions de la ville au XVè siècle

Ainsi à Strasbourg le parti laïc triomphe, dominé par la noblesse et quelques grandes familles. Mais en son sein, les bourgeois et artisans, force économique de la ville, veulent désormais à leur tour se libérer de la tutelle insupportable de la noblesse strasbourgeoise que la victoire sur l’évêque a grisée.

3.1.3. La ville aux corporations : 1348-1349

En 1328 l'empereur Louis de Bavière confirme les anciens privilèges et le nouveau statut de la ville : Strasbourg ne dépend que du pouvoir de l'Empereur. En 1358, l'empereur Charles IV la qualifie de « freie Stadt », mettant en relief sa situation exceptionnelle par rapport aux villes alsaciennes de la Décapole (1354) ; elle est proche, par ses franchises, de Cologne, de Mayence ou de Spire. Elle ne prête pas serment à l'Empereur ; elle envoie ses délégués aux Diètes impériales, bénéficie au civil du privilège de « non appellando » à l'égard de la Chambre impériale de Spire créée en 1495, est exempte de tout impôt régulier, sauf de « dons gratuits », et ne doit souscrire qu'à une obligation : fournir à l'Empereur le contingent pour la guerre. La seule véritable menace qui peut la contraindre est la « mise au ban » de l'Empire : ce sera le cas au moment de la crise religieuse du XVIe siècle qui opposera Strasbourg à Charles Quint.

Le régime du gouvernement des bourgeois notables ne dure cependant pas : les corporations jugent en effet insuffisantes les concessions qui lui ont été accordées, alors que les nobles méditent leur revanche. La tension augmente à partir de l’été 1348 lors de l'irruption dans la vallée du Rhin -et à Strasbourg- de la peste noire qui dévaste l’Europe et entraîne une violente vague d'antisémitisme. Les Juifs, nombreux dans la ville, sont accusés d'avoir empoisonné les puits. La foule excitée et menée par les chefs de la corporation des Bouchers dénonce la « complicité » des notables qui les protègent. L'Ammeister en place Pierre Schwarber et ses deux Stettmeisters sont destitués et doivent s'enfuir. Les corporations prennent les armes, un nouveau Conseil est institué et la constitution modifiée : rétablissement des 4 Stettmeister, choix de l'Ammeister au sein des corporations. Le « patron » des Bouchers, fer de lance de cette révolution, Jean Betschold assume le premier cette fonction.

La victoire des corporations détermine le sort réservé aux Juifs : le 14 février, sur recommandation d’une assemblée convoquée à Benfeld début février et comprenant des délégués des villes impériales et des évêchés, près de 900 d'entre eux (sur les 2 000 qui vivent dans la ville) sont brûlés ; les créances sont annulées, l'argent liquide va à l'Œuvre Notre-Dame. Les Juifs reviendront assez rapidement dans la cité mais en 1488, le Conseil leur interdira d'y établir domicile, ne les autorisant qu'à venir pendant le jour pour leurs affaires et les obligeant à en sortir le soir, dès l'appel du son de trompe lancé du haut de la plate-forme de la cathédrale (« Judenblos » de la « Krüselhorn »). L'épidémie fait périr environ 15% de la population, soit 2 500 âmes. Des processions de flagellants accusent le trouble des esprits.

Victimes de la peste par vindicte populaire, les Juifs sont brûlés à Strasbourg le 14 février 1349
Victimes de la peste par vindicte populaire, les Juifs sont brûlés à Strasbourg le 14 février 1349
Le massacre des Juifs de Strasbourg lors de la grande peste. Tableau d’Eugène Beyer
Le massacre des Juifs de Strasbourg lors de la grande peste. Tableau d’Eugène Beyer

Forte de cette indépendance de fait, la ville met au point ses institutions par des retouches, en apparence mineures, mais aux répercussions profondes. Pérennité des fonctions au sein de certains groupes -dont celui, puissant, des anciens Ammeister-, substitution, au Conseil du système des « Chambres secrètes », celles des XXI, des XIII, et des XV qui combinent les deux principes de permanence et de mobilité, en y ajoutant la spécialisation des personnes, des familles, des groupes, voire des clientèles. Au-dehors, existe toujours, mais siégeant peu souvent, l'assemblée des échevins, recrutés au nombre de 15 par chacune des 20 corporations.

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