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Rome : la chapelle Sixtine (Vatican)

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2.3. Le jugement dernier

Description
Sources et inspiration
Les apports de Michel Ange
Les réactions

2.3.3. Les apports de Michel Ange

Le jugement dernier, détail : le Christ jugeant et la vierge Marie. 1537-1541. Fresque, 1370 x 1220 cm. Chapelle Sixtine, Vatican
Le jugement dernier, détail : le Christ jugeant et la vierge Marie. 1537-1541. Fresque, 1370 x 1220 cm. Chapelle Sixtine, Vatican

Mais Michel Ange apporte au thème du jugement une interprétation totalement nouvelle, élaborant une conception toute particulière et personnelle. Son traitement tragique et convulsif du thème rompt totalement avec les exemples antérieurs. L’humanité est représentée tout entière impuissante et soumise à l’impitoyable puissance de la volonté divine. Ainsi les saints, martyrs et patriarches ne semblent nullement rassurés, et leurs visages sont souvent des masques de douleur, à l’instar de certaines figures du Déluge universel de la voûte. La torsion du corps du prophète Jonas, qui surplombe au centre le Jugement, ajoute une touche de dynamisme cosmique bouleversant.

À l'idée médiévale du salut éternel, de la providence, du paradis et de ses délices succède chez Michel Ange celle du « fatum », de la fatalité antique, pleine d'incertitudes et de frayeurs. Il abolit toute hiérarchie et réunit élus et damnés dans un seul espace plat, ascensionnel. Occupant toute l'étendue du grand mur, il ne laisse aucune place aux encadrements, pour mieux plonger le visiteur dans le fourmillement humain dominé par la force énergétique du Christ.

Le jugement dernier, détail : les élus. 1537-1541. Fresque, Chapelle Sixtine, Vatican
Le jugement dernier, détail : les élus. 1537-1541. Fresque, Chapelle Sixtine, Vatican

Contrairement à la tradition italienne et flamande incarnée par Fra Angelico et Van der Weyden, Michel-Ange réduit de façon draconienne la gamme chromatique. Seul l'enfer attire l'oeil avec ses vifs rougeoiements, brillance qui trouve un écho dans la mandorle qui épouse le contour du dos du Juge suprême ainsi que dans le bleu de la Vierge. La scène entière, sur le plan religieux et émotionnel, semble pivoter autour du personnage du Christ Juge. Le bleu du fond et le brun verdâtre des corps ne semblent pas jouer un autre rôle que celui de simples valeurs chromatiques, servant à structurer l'espace et son dynamisme.

Le jugement dernier, détail : un damné précipité en enfer. 1537-1541. Fresque, Chapelle Sixtine, Vatican
Le jugement dernier, détail : un damné précipité en enfer. 1537-1541. Fresque, Chapelle Sixtine, Vatican

Le Christ de Van der Weyden est présenté sur un arc-en-ciel rouge jaune, à côté de lui l'épée et la fleur de lys, des anges dans les panneaux latéraux montrant les instruments de la Passion. Angelico l’entoure d'une double mandorle formée par les chérubins aux ailes rouges et les séraphins. Michel Ange crée une image du Christ totalement nouvelle : une tête apollinienne sur un torse herculéen (torse du Belvédère découvert à Rome au XVè siècle ?), posture étrange, hésitant entre la position assise et celle d'un homme vigoureux qui marche. La Vierge Marie est jeune, avenante, dans un mouvement de torsion sensuelle, évoquant quelque Vénus… Michel Ange relègue la figure de l'archange Michel dans le groupe des anges à la trompette, et celui-ci ne tient plus la balance, mais le livre des justes. Surtout, il montre à peine la bouche rougeâtre de l'enfer et élimine radicalement l'idée du paradis, cette porte lumineuse par laquelle les élus devraient se diriger vers l'éternelle béatitude. Ainsi l'espoir fait place à la fatalité, la grâce divine s'éloigne et la « terribilità » du jugement prend son entière dimension, en écartant toute idée de béatitude.

Le jugement dernier, détail de la lunette supérieure droite. 1537-1541. Fresque, Chapelle Sixtine, Vatican
Le jugement dernier, détail de la lunette supérieure droite. 1537-1541. Fresque, Chapelle Sixtine, Vatican

Chez Van der Weyden et Fra Angelico, le dualisme est très clair : à peine sortis de leurs tombeaux (très nets chez Fra Angelico) les morts sont immédiatement répartis en élus et damnés par saint Michel. Michel Ange enclenche immédiatement un mouvement ascensionnel qui amène les défunts près du Christ, parfois sous forme de cadavres encore décomposés : le spectateur est ainsi immergé dans un temps suspendu, où le choix est en train de se faire, où les élus ne semblent pas moins terrifiés que les damnés, où le doute est souverain, comme si la grâce divine était aussi terrible que le châtiment éternel.


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