Struthof, camp de concentration nazi
2. Histoire
Le camp de 1941 Ă 1944
La fin du camp
Les kommandos après l’évacuation : septembre 1944 – avril 1945
2.3. Les kommandos après l’évacuation : septembre 1944 – avril 1945
Au mois de septembre 1944, tous les Kommandos à l’ouest du Rhin sont évacués vers l’Allemagne. A partir de ce moment-là , l’histoire du KL Natzwiller se distingue de celle des autres camps de concentration du Reich : premier camp de l’ouest à être évacué, il continue cependant à exister, à partir d’une structure administrative éclatée, sous la forme d’un réseau de Kommandos.
La Kommandantur se replie en novembre sur Guttenbach ; l’Effektenkammer occupe alors le Château de Binau, et les garages sont installés à Neunkirchen. En février 1945, nouvelle fuite devant les Alliés : l’administration se déplace entre Stuttgart, Dormettingen, Missen, Scheffau… ce qui n’empêche nullement l’arrivée de nouveaux détenus dans les kommandos et même la création de nouveaux kommandos comme Mannheim, Hailfingen, Calw, et le dernier, Offenburg...
Seul change d’affectation le kommando de Vaihingen : l’usine souterraine Messerschmitt laisse la place en octobre 1944 à un camp refuge pour les détenus malades ou les plus faibles : c’est en réalité un mouroir, comparable à l’horreur de Bergen-Belsen. La mortalité y varie en 60% et 87%. Le site comporte six baraques, dont deux sont réservées au Revier à partir de mars 1945. Sur les 1 281 malades arrivés depuis le 9 janvier 1945, on compte 1 250 décès, dont 33 pour la seule journée du 3 mars 1945 ! A la libération de Vaihingen par la 1ère Armée française, 1 500 cadavres sont découverts dans des fosses communes… Dans d’autres camps « libérés » comme Binau, Kochendorf, Leonberg, Haslach et Vaihingen-Enz, 2 500 dépouilles seront exhumées, dont environ ceux de 500 Français…
Fin mars 1945, c’est l’effondrement brutal : les Kommandos sont tous évacués à pied ou en train vers le sud de l’Allemagne et Dachau, dans des conditions toujours extrêmes. Dans cette ultime épreuve des marches de la mort, plus de la moitié des détenus périssent d’épuisement ou sous les balles des tueurs SS.
Natzwiller – Struthof : le camp en 1946 |