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Le camp de concentration de Jasenovac, lÂ’Auschwitz des Balkans

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7. La controverse

« Jasenovac et Gradiska Stara, ici les bourreaux de Maks sont chez eux ! »

Jasenovac i Gradiska Stara, to je kuca Maksovih mesara »

Avec de tels chants du plus sombre passé de la Croatie le chanteur croate Marko « Thompson » Perkovic rencontre aujourd’hui de grands succès auprès de ses compatriotes. Ce sont les chants du mouvement Oustachi dans lesquels sont glorifiés le KL Jasénovac et son patron, Vjekoslav « Macs » Luburic (1914-1969).

Le « Cas » Jasenovac reste aujourd’hui encore (surtout !) très controversé. Il existe en Yougoslavie de très nombreuses publications, mais la source la plus fiable reste le rapport de la commission qui a étudié le cas de Jasenovac en 1946. Il est important de « rappeler » Jasenovac, car l’histoire du camp est en danger, oubliée, faussée, instrumentalisée… En tant que phénomène de l’histoire de la Croatie, Jasenovac pose trois questions fondamentales :

  1. Y a t-il eu crimes à Jasenovac ?

    Y a t-il eu crimes à Jasenovac ? Faut-il faire un procès aux responsables ? La question est presque blasphématoire, mais est encore d’actualité en Croatie, surtout depuis 1999 : cette année là, le commandant du camp, Dinko Sakic a été condamné à 20 ans de prison, ce qui aux yeux de beaucoup de Croates constitue une énorme scandale contre l’honneur national ! Déjà en mai 1990 lors d’une rencontre d’anciens Oustachis à Vienne (A laquelle participaient d’éminent hommes politiques croates comme Marko Veselica ou Drazen Budisa), Sakic avait donné sont point de vue : « je suis fier d’avoir été un Oustachi ! Tout ce que nous avons accompli pendant la guerre servait les intérêts de la Croatie et était conforme à ma conscience de chrétien. Nous avons fait notre devoir de Croates et nous nous sommes défendus contre une invasion venant de l’autre côté de la Drina (Serbie). Je referai la même chose si l’occasion s’en présentait ! Je regrette seulement que nous n’ayons pas fait tout ce dont on m’accuse, car si autrefois nous l’avions accompli, la Croatie n’aurait pas de problèmes aujourd’hui, car personne ne pourrait écrire ces mensonges ! »

    Le président Tudjman rencontre en 1994 Sakic en Argentine et lui signifie qu’il a le « droit » de retour en Croatie, étant une « victime des circonstances historiques »… Il n’alla cependant pas aussi loin avec Sakic qu’avec Ivo Rojnica (né en 1915), l’ex patron des Oustachis de Dubrovnik, qu’il voulait faire ambassadeur de la République Croate en Argentine et pour toute l’Amérique du sud. Seules les protestations internationales les firent reculer, Rojnica étant un criminel de guerre qui avait fui en Argentine mais ne fut jamais inquiété…

  2. Combien de victimes à Jasenovac ?

    Personne ne peut répondre. Sakic a toujours affirmé que Jasenovac était un camp de travail, qu’il n’y a pas eu d’excès et que les prisonniers y étaient bien traités… D’autres publications, se basant sur le rapport de 1946, font état de plus ou moins 600.000 victimes, en accord en cela avec les chiffres du centre Simon Wiesenthal. Quant au président Franco Tudjman (1922-1999), il parle de 30.000 victimes dans son pamphlet antisémite « Les impasses de la réalité historique ».

  3. Jasenovac est-il comparable ?

    Des années durant la majorité des Croates ont « enfoui » Jasenovac au fond de leur mémoire, le minimisant ou l’oubliant ; seule une minorité en a fait « l’Auschwitz des Balkans »… Entre ces deux positions extrêmes, Tudjman a tenté de naviguer et de faire le grand écart… Ainsi il dit en avril 1995 aux rédacteurs en chef croates lors d’une conférence : « Pour des raisons historiques et politiques liées à la situation actuelle, le Mémorial de Jesenovac devrait être transformé pour devenir un mémorial pour toutes les victimes croates. Je suis pour que les ossements de chaque Croate puissent reposer en terre croate ! » Il pensait spécialement à ces milliers d’Oustachis qui mi-mai 1945 furent massacrés à Bleiburg, en Autriche, par les partisans yougoslaves à qui les troupes britanniques les avaient livrés… Ce combat fut totalement ignoré en Yougoslavie d’après guerre, mais le jeune état croate de 1991 en fit la dernière « glorieuse action » des héros croates… Cette invraisemblable volonté de Trudjman de mettre sur un même pied bourreaux et victimes rencontra une vive opposition en Croatie des mouvements antifascistes, mais ne l’empêcha pas de maintenir sa proposition.

    Le mémorial de Jasenovac (la « fleur de Jasenovac ») fut réalisé par l’architecte de Belgrade Bogdan Bogdanovic (né en 1922) en 1966 et totalement détruit par l’armée croate en mai 1995. En juillet 2003 le mémorial est reconstruit et achevé en mars 2004. Ce même mois le président croate Ivo Sanader, un ancien collaborateur de Trudjman le visite et tient un discours dans lequel il condamne toute forme de racisme et d’extrémisme, mais ajoute toutefois « Le mensonge au sujet des 700.000 victimes de Jasenovac et la thèse de la nature exterminationniste des Croates servirent de base à la politique agressive visant à la réalisation d’une Grande Serbie ! »… Jasenovac est la mauvaise conscience des anciens yougoslaves : Tito ne l’a jamais visité ; Jasenovac fut utilisé de 1945 à 1948 par l’armée populaire ave (JNA) pour y interner les anciens soldats Oustachi et y perpétrer à son tour d’épouvantables forfaits…

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