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Art roman : l’aspect technique : l’équilibre roman

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3. Voûtes, arcs et matériaux

Les voûtes
Les arcs
Les baies
Les charpentes
Les supports et chapiteaux
Outils et matériaux

3.1. Les voûtes

Privilégiée par les bâtisseurs romans (et gothiques), la voûte appareillée domine l'ensemble de l'architecture médiévale. Il s’agit bien de la voûte appareillée, car les bâtisseurs romans ont, après l’avoir essayée, rejeté la voûte romaine, dite « voûte concrète » : celle-ci forme un bloc monolithe, constitué par concrétion du béton coulé sur un cintre dans des caissons de brique. Ce type de voûte offre une grande stabilité.

Les constructeurs romans préfèrent la voûte appareillée, plus légère, certes moins solide, mais ne nécessitant pas d’importants besoins en matériau et en main d’œuvre. La voûte appareillée est un assemblage de claveaux ou voussoirs qui lui permettent, à l'image de l'arc, de transmettre son poids en direction de ses points d'appui. Plus légère qu'une voûte concrète, elle fait subir au mur des forces d'écartement ; de plus, sa construction exige la mise en place d’un cintre en bois. Proche de la voûte appareillée, la voûte peut aussi être faite de moellons plus grossièrement taillés bien posés ensemble et jointés avec du mortier, le tout sous cintre.

Il existe donc divers types de voûtes romanes, chacune s'appliquant à un type de volume particulier.

Chapaize (Saône et Loire) : l’église paroissiale saint Martin. La nef avec sa voûte en berceau plein cintre et ses arcs doubleaux
Chapaize (Saône et Loire) : l’église paroissiale saint Martin. La nef avec sa voûte en berceau plein cintre et ses arcs doubleaux
Marnans (Isère) : église saint Pierre. La nef centrale en berceau brisé
Marnans (Isère) : église saint Pierre. La nef centrale en berceau brisé

3.1.1. La voûte en berceau plein cintre

On appelle voûte en berceau (ou berceau), ou voûte en plein cintre une voûte qui a la forme d'une demi circonférence.

La voûte en berceau forme les parties droites de l’église, en général la nef centrale et les bras du transept. C’est le moyen le plus simple de couvrir le vaisseau central d'une nef, mais elle exerce des poussées sur toute la longueur des murs.

Saint Saturnin (Puy du Dôme) : nef sur berceau plein cintre et bas côtés sur voûtes d’arêtes
Saint Saturnin (Puy du Dôme) : nef sur berceau plein cintre et bas côtés sur voûtes d’arêtes
Poitiers (Vienne) : Notre Dame la Grande : la nef avec sa voûte en berceau plein cintre
Poitiers (Vienne) : Notre Dame la Grande : la nef avec sa voûte en berceau plein cintre

3.1.2. La voûte en berceau brisé

Le berceau brisé est la seule voûte romane dont la forme n'existait pas à l'époque romaine. Apparu au début du XIIè siècle (notamment dans l'architecture cistercienne), le berceau brisé introduit la forme de l'arc brisé dans le voûtement des églises romanes. Il exerce des poussées plus faibles que le berceau plein-cintre et donne plus de hauteur à la nef (la pression sur les murs est moins forte).

Nouaillé-Maupertuis (Vienne) : abbaye Saint Junien. La nef en berceau brisé
Nouaillé-Maupertuis (Vienne) : abbaye Saint Junien. La nef en berceau brisé
Beaune : la collégiale Notre Dame est construite au XIIè sur les plans de Cluny. La nef centrale à berceau brisé
Beaune : la collégiale Notre Dame est construite au XIIè sur les plans de Cluny. La nef centrale à berceau brisé

3.1.3. La voûte d'arêtes

Elle est formée par l'intersection à angle droit de deux voûtes en berceau (plein cintre ou brisé) de même diamètre. Les poussées sont dirigées vers les piliers et pèsent donc moins sur les murs. Comme elle reporte une part de ses poussées en des points précis, la voûte d’arêtes laisse ainsi libres les espaces inférieurs des arcs qui la soutiennent : on peut y aménager des baies. On trouve la voûte d'arêtes plus particulièrement sur les travées carrées des bas cotés, sur les déambulatoires et dans les cryptes.

Architecture romane : voûte d’arêtes
Architecture romane : voûte d’arêtes
Saint Révérien (Nièvre) : l’église prieurale : le chœur et le déambulatoire sur voûte d’arêtes brisées
Saint Révérien (Nièvre) : l’église prieurale : le chœur et le déambulatoire sur voûte d’arêtes brisées
Saint Martin de Boscherville : l’abbatiale Saint Georges. Le collatéral sud voûté d’arêtes
Saint Martin de Boscherville : l’abbatiale Saint Georges. Le collatéral sud voûté d’arêtes

3.1.4. La coupole

C’est sans doute le type de voûte le plus ancien. C'est, à l'époque romane, le mode de couvrement idéal de la croisée du transept : d'une part parce qu'elle permet aisément de voûter de grands espaces carrés, et d'autre part parce que les autres voûtes peuvent en cet endroit l'épauler sur ses quatre côtés.

Mais la coupole est aussi utilisée dans les églises à file de coupoles du sud ouest de la France et dans les églises de plan en croix grecque inspirée d’Orient où elle est extrêmement fréquente.

La seule difficulté de mise en œuvre tient au passage de la base circulaire de la coupole à la base carrée (plus rarement rectangulaire) de la croisée ou de la travée. Deux systèmes différents permettent ce raccordement : Les pendentifs qui permettent à une coupole de plan circulaire de s'articuler directement à un plan carré. Les trompes, formées de quatre arcs placés dans les angles qui transforment le carré en octogone : contrairement aux pendentifs, les trompes ne se raccordent pas totalement à la forme circulaire de la voûte.

Bourg Charente. Eglise du Prieuré Saint Jean. Les trois coupoles sur pendentifs du prieuré Saint jean de Bourg Charente recouvrent tout le vaisseau et la croisée de l’édifice
Bourg Charente. Eglise du Prieuré Saint Jean. Les trois coupoles sur pendentifs du prieuré Saint jean de Bourg Charente recouvrent tout le vaisseau et la croisée de l’édifice
Moirax (Lot et Garonne) : prieuré Notre Dame. La coupole sur trompes du chœur
Moirax (Lot et Garonne) : prieuré Notre Dame. La coupole sur trompes du chœur

3.1.5. La voûte en cul-de-four

La voûte en cul-de-four est une demi coupole. Elle constitue, dès l'époque des basiliques civiles de Rome le couvrement par excellence de l'abside et des absidioles. La voûte en cul-de-four n'exerce de poussées que sur le mur qui la porte, et non sur le côté où elle est ouverte.

Architecture romane : voûte en demi-coupole ou « en cul de four ». Elle est courante sur les absidioles
Architecture romane : voûte en demi-coupole ou « en cul de four ». Elle est courante sur les absidioles
Montmajour, l’abbaye de Saint Pierre. L’église abbatiale : l’abside en cul de four nervurée
Montmajour, l’abbaye de Saint Pierre. L’église abbatiale : l’abside en cul de four nervurée

3.1.6. La voûte à pénétration

C’est une voûte ou deux berceaux se recoupent perpendiculairement sur des hauteurs différentes : la voûte a pénétration permet d'ouvrir des ouvertures transversales (des lunettes) directement dans la voûte... qu'elle fragilise ainsi dangereusement.

La voûte à pénétration
La voûte à pénétration

C'est à la voûte que l’on reconnaît l’église romane.

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