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Art roman : les racines profondes : de la Rome païenne à la Rome paléochrétienne

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2.1. Le culte des martyrs

Dès Constantin, et contrairement au monde païen où la séparation entre morts et vivants est nette (les morts sont ensevelis dans la « nécropole » ou les « catacombes » et hors du « pomérium », enceinte sacrée de la ville déterminant l’espace « hors les murs »), les Chrétiens établissent une nouvelle relation avec leurs morts : les premières grandes basiliques sont construite dans les nécropoles, et spécialement sur l’endroit présumé où reposent les chrétiens par excellence, les « martyrs », qui par le sacrifice de leur vie témoignent plus que les autres de leur foi en Christ.

Trèves : la basilique construite sous l’empereur Constantin pour servir de salle de justice et de bourse. L’intérieur
Trèves : la basilique construite sous l'empereur Constantin pour servir de salle de justice et de bourse. L’intérieur

Aussi, le cimetière devient rapidement inséparable de l’édifice cultuel et la nécropole disparaît : car désormais pour le simple chrétien, à l’abri des persécutions et donc du témoignage suprême, le martyr, il s’agit de reposer auprès du saint vénéré, dans l'attente du Jugement Dernier.

Architecturalement, si dans les premiers temps du christianisme « officiel » le plan adopté pour l’édification de ces églises cimetériales est la rotonde construite sur le tombeau du martyr qui s’inspire souvent des mausolées impériaux, le plan basilical va rapidement s’imposer en Occident, avec un apport fondamental : la crypte, aménagée sous l’abside, qui contient les « reliques » du martyr (ses ossement, en totalité ou en partie, ou des objets lui ayant appartenu) : ainsi l’église n’est pas un simple mausolée, ni un simple lieu de culte : elle devient « reliquaire » selon l’idée fondamentale que la lumière de Dieu qui a illuminé la vie du saint martyr peut à son tour « éclabousser » en quelque sorte le fidèle par l’intermédiaire des ces reliques : ainsi se justifie l’extraordinaire développement du culte de martyrs et donc de pèlerinages, de même que l’importance donnée à la lumière, qui trouvera son achèvement à l’époque gothique…

Abbatiale sainte Bénigne de Dijon : la crypte, partie basse de la rotonde de Guillaume de Volpiano
Abbatiale sainte Bénigne de Dijon : la crypte, partie basse de la rotonde de Guillaume de Volpiano
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