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Le système concentrationnaire nazi

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3. LÂ’histoire des camps

Etape 1: la terreur politique et totalitaire : 1933-1937
Etape 2: 1938-1942
Etape 3: l’apogée des camps et la Solution Finale : hiver 41 – automne 44
Etape 4: la crise finale, automne 1944 – mai 1945

3.2. Etape 2: 1938-1942

3.2.1. Elargissement et aggravation du système concentrationnaire

A partir de 1938 la politique d’expansion de Hitler entre dans sa phase active, visant d’abord les pays « frères » ou à forte minorité ethnique « Aryenne » (Autriche, Sudètes, Dantzig) puis les voisins à l’est (Slovaquie, Pologne) avant de déboucher sur l’affrontement européen…

Toutes les annexions et conquêtes s’accompagnent immédiatement de l’extension de la terreur aux pays occupés, minutieusement préparée par le SD, dès avant la guerre. Après chaque succès de la Wehrmacht, la Gestapo et les SS s’abattent sur les vaincus et s’emploient à briser toute velléité de résistance avec une brutalité accrue : toute l'Europe devient un « univers concentrationnaire » : Au lendemain de l’Anschluss, les résistants autrichiens sont d’abord envoyés à Dachau et à Buchenwald ; mais dès août 1938, un détachement SS et un commando de droits communs ouvrent le camp de concentration de Mauthausen près de Linz. Après Munich et l’annexion des Sudètes (novembre 1938), un camp est créé à Flossenbürg entre Ratisbonne et la frontière tchèque. Par la suite, après la mainmise sur la Bohême-Moravie, un nouveau camp est ouvert au Nord de Prague, à Theresienstadt. En août 1939, quelques jours avant l’invasion de la Pologne, les travaux commencent par anticipation à Stutthof dans l’enclave de Dantzig. Après la chute de Varsovie, la Pologne se couvre de camps : Auschwitz, près de Cracovie, est aménagé en 1940 pour les Polonais de Silésie et du Gouvernement général.

Après mai 1940, d’autres camps sont créés ou développés dans le nord-ouest de l’Allemagne à proximité des Pays-Bas, à Esterwegen, Neuengamme et Bergen-Belsen ; en Rhénanie, près de la frontière luxembourgeoise, à Hinzert et Neubremm ; et en Alsace annexée, à Struthof-Natzweiler (1941). Puis, après le début de l’opération Barbarossa, de nombreux camps ouvrent à l’Est : Lublin - Majdanek, Jasenovac, Riga, Vaivara…

Le nombre d’arrestations et de déportations augmente en flèche : la population totale des camps passe de quelques dizaines de milliers d’Allemands à plusieurs centaines de milliers de détenus de toutes nationalités : environ 20 000 (tous Allemands) entre 1935 et 1937 ; 280 000 entre 1938 et 1939 (Nuit de cristal, Anschluss, démembrement de la Tchécoslovaquie) ; au moins 500 000 entre 1939 et 1945 : résistants « NN », opposants politiques, prisonniers de guerre soviétiques, droit commun, asociaux, homosexuels, témoins de Jéhovah, personnes raflées, otages.... Tous les camps sont très vite surpeuplés malgré la multiplication des commandos de travail et des camps annexes, dont plusieurs deviennent autonomes et essaiment à leur tour… En même temps se créé une « Mémoire » des camps dont les anciens détenus sont les dépositaires et à travers laquelle se dégage une sorte de code de survie dans un univers où toutes les normes morales courantes ont disparu. Sans cette « culture concentrationnaire » et sans cette hiérarchie interne des détenus, forgées dans les premières années « allemandes », le système aurait probablement implosé.

De plus, le régime se durcit nettement à partir de 1938 : le 25 janvier sont mises en oeuvre de nouvelles mesures d’arrestation et d’internement : tous les « ennemis de l’état et le la communauté nationale » peuvent être internées immédiatement dans des camps de concentration. Avec cette mesure, la Gestapo a les mains totalement libres pour procéder comme bon lui semble. Le lendemain, un décret gouvernemental attribue le qualificatif d’« Arbeitsscheu » (« rétif au travail ») à tous les hommes sans emploi et aptes au travail après refus de deux propositions successives d’embauche ou abandon de deux postes même inadaptés à leur qualification. Cette attitude criminelle envers la « Communauté raciale populaire » (« Volksgemeinschaft ») est désormais punie des travaux forcés au camp de Buchenwald. La terreur s’étend à toutes les couches de la population : les membres de l’église confessante (Eglise luthérienne), les « a-sociaux » (mendiants, proxénètes, prostituées, fugueurs), les Tziganes, les homosexuels, certains prêtres catholiques… La boucle de la terreur est bouclée lorsque le 21 septembre 1939 Himmler signe une directive secrète autorisant la SS à exécuter sans jugement dans les camps de concentration, après qu’il eut chargé, nouveauté dans le système concentrationnaire désormais bien rôdé, l’institut SS ethno-historique « Ahnenerbe » (« héritage des ancêtres ») de procéder à des expérimentations humaines dans les camps de concentration.

Pendant toute celle période d’expansion du système, les difficultés croissantes d’approvisionnement, les tensions nées des différences de langue et de culture, la brutalité, les rapines et exactions systématiques des SS et de beaucoup de kapos aggravent considérablement les conditions de vie des déportés. Dans l’ensemble, les Polonais, particulièrement méprisés et détestés, sont les plus maltraités, du moins jusqu’à l’arrivée des premiers prisonniers de guerre russes, que les nazis n’hésitent pas à envoyer en camp de concentration, sous prétexte qu’ils ne sont pas couverts par les conventions de Genève non ratifiées par les Soviets.

3.2.2. Le durcissement de la politique anti-juive

Vis-à-vis des Juifs, le régime se durcit soudainement à partir de 1937 : à l’automne 1937, le journal des SS « Der Schwarze Korps », se prononce en faveur de l’aryanisation économique. Le 10 novembre, Hitler annonce à son entourage, sous le sceau du secret, sa volonté « d’assurer la sécurité et l’expansion de la communauté raciale en prenant des risques ».

3.2.2.1. Le « banc d’essai » autrichien

La véritable accélération du processus se fait dans le sillage de l’Anschluss, en Autriche, qui devient en quelque sorte un terrain d’expérimentation de ce qui devra se passer en Europe nazie : en quelques semaines, les 200 000 Juifs autrichiens sont dénoncés, brimés, rançonnés et privés de leurs droits. Les agents du SD, Hagen et Eichmann, sont dépêchés à Vienne pour organiser la persécution. Eichmann fonde un « Office central pour l’émigration » en juillet, dont l’action consiste à pousser les Juifs au départ en multipliant les spoliations, les arrestations et les brimades. Ainsi des centaines de Juifs sont envoyés dans les camps de concentration dont ils ne peuvent sortir qu’à condition d’émigrer, et évidemment de payer fort cher l’autorisation nécessaire au départ. En automne, 45 000 Juifs autrichiens ont déjà quitté le pays.

Cette politique vaut à Eichmann une flatteuse réputation parmi les SS et est aussitôt imitée en Allemagne, tous en s’accompagnant de l’arsenal juridique racial qui va en s’amplifiant : exclusion des médecins juifs caisses d'assurances maladie, suppression du statut juridique des associations culturelles juives (1 janvier 1939), adjonction obligatoire des prénoms « Israël » ou « Sara » aux prénoms usuels(5 janvier 1939), enregistrement obligatoire de tous les biens et propriétés juives, prélude à l’aryanisation (26 avril 1939), exclusion des professions juridiques (27 septembre), privation de passeport et marquage des cartes d’identités d’un « J » (5 octobre)… Les arrestations en internements dans les camps (Buchenwald) s’intensifient, les campagnes de boycott reprennent pour la plus grande joie de Streicher et de Rosenberg. En juin 1938, les communautés de Munich, de Nuremberg et de Dortmund reçoivent des autorités locales l’ordre de détruire leurs synagogues. Encore une fois, le pouvoir continue de tâtonner et n’a pas encore de véritable politique anti-juive véritablement structurée : il s’agit de se débarrasser du problème juif par toutes sortes de moyens, mais le génocidaire n’est pas encore au premier rang. Pour l’heure, il s’agit de provoquer, de vexer, de terroriser, de pousser les Juifs à l’émigration : malgré tout, entre 1938 et 1940, seulement un peu plus de 100 000 Juifs ont quitté l’Allemagne…

De plus en plus de juifs songent au départ, mais les nations susceptibles de les accueillir restent toujours sur la défensive. Le 10 juillet se tient la conférence d'Evian, réunie à l'initiative du président américain Roosevelt, afin de trouver des pays d'accueil (hors des Etats-Unis) pour 650 000 Juifs que l'Allemagne veut expulser. 32 états sont représentés, mais c’est un échec complet : URSS et Italie ne sont pas là ; la Pologne et les pays d’Europe Centrale veulent, comme l’Allemagne, se débarrasser de leurs Juifs ; la Suisse refuse toujours d’ouvrir ses frontières, sauf pour les Juifs possédant un compte en banque en Helvétie, alors que l’Angleterre s’oppose plus que jamais à l’émigration en la Palestine. Finalement, cette conférence d’Evian ne fait que conforter les nazis dans la conviction que les Alliés ne lèveront pas le petit doigt pour défendre les Juifs...

3.2.2.2. L’accélération du processus

La situation se tend brusquement à partir de fin octobre 1938 : le 28, sur ordre de Heydrich, la Gestapo arrête 17 000 Juifs et les refoule, par camions ou wagons à bestiaux, vers la frontière Polonaise. Il s’agit de juifs « apatrides » d’origine polonaise et de certains Juifs allemands. La Pologne, mécontente, refuse de les admettre. Pendant plusieurs jours ces Juifs errent aux abords de la frontière…

Le 7 novembre, Herschel Grynszpan, un jeune Juif polonais dont les parents sont parmi ces Juifs errant sur la frontière, tire un coup de pistolet sur le troisième secrétaire de l’ambassade allemande à Paris, Ernst Von Rath. Ce dernier meurt le lendemain. Cet attentat provoque la fureur des nazis : dans la nuit du 9 au 10 novembre, Streicher, Goebbels, les SA et les SS, pour une fois d’accord, déclenchent un gigantesque pogrom dans toute l’Allemagne. Goebbels donne des instructions pour que des « manifestations spontanées » soient organisées. Heydrich, de même ordonne à la Gestapo de ne pas réprimer ces manifestations, d'arrêter le plus possible de juifs (surtout les riches) et de les déporter dans des camps. C’est la fameuse « Nuit de cristal » : partout ce sont des scènes de pillages, d’incendies et de violence aveugle. 267 synagogues brûlent, 7 500 magasins juifs sont dévastés. Des familles entières sont arrêtées et battues avec sauvagerie. 91 Juifs sont assassinés. 25 000 Juifs hommes sont arrêtés et internés à Oranienburg, Buchenwald et Dachau. Ils seront relâchés quelques semaines plus tard, mais plus de 2 000 ne reviendront pas….

Göring est furieux : les dégâts matériels et économiques causés par la nuit de Cristal portent un coup sévère à l’économie allemande qui n’a pas besoin de cela. De leur côté, Himmler et Heydrich estiment que Goebbels a outrepassé ses droits et empiété sur leurs compétences respectives. Le soir même, Goering réunit les principaux dirigeants nazis au Ministère de l’Air et leur fait par de sa colère. Le lendemain, Hitler s’en mêle et manifeste son mécontentement à Goebbels, qualifiant de « stupides » les débordements « spontanés » de la « Nuit de cristal » et réprouvant de telles méthodes tenant du pogrom. Il déclare que la question juive doit être traitée de façon globale, mais qu’il faut la régler « d’une manière ou d’une autre ». Dans l’immédiat, Göring fait imposer une amende collective d’un milliard de marks aux juifs allemands, qui doivent en plus payer la note des destructions et du déblaiement des ruines.

La persécution s’accélère alors : les 15 novembre, Les enfants d'origine juive sont exclus des écoles allemandes ; le 28, les Juifs n'ont plus le droit de conduire un véhicule, de fréquenter les édifices publics, de circuler dans certains quartiers et à certaines heures. On leur supprime pensions et retraites. Le 3 décembre parait le décret sur l’aryanisation des entreprises juives : obligation est faite aux juifs de vendre leurs biens industriels, fonciers, immobiliers et de se défaire de leurs obligations, actions, et autres titres... Les rues leurs sont interdites lors des célébrations nazies. Les 28 décembre, un décret de Göring ordonne la concentration des Juifs par immeubles et répartit les ménages mixtes en deux catégories, « privilégiées » et « non privilégiées ». La concentration et la « ghettoïsation » marquent désormais une étape supplémentaire vers la « Solution finale », bien qu’elle ne soit pas encore à l’ordre du jour…

Car les dirigeants nazis et les SS restent fidèles à leur politique d’émigration, bien que les portes se ferment de plus en plus. Ainsi, un décret de Göring signifie le 31 janvier 1939 que les Juifs disposant d'un visa d'émigration peuvent quitter le territoire du Reich. Cette émigration, encouragée par les nazis, se heurte toujours à un double obstacle : elle ne concernent que les Juifs les plus riches, qui y laissent tous leurs biens, et elle se heurte toujours au refus des pays occidentaux d’accueillir les Juifs…

3.2.2.3. Le tournant de la guerre

Après l’invasion de la Pologne en septembre 1939, la persécution s’abat à la fois sur les Polonais non juifs et sur les Juifs polonais. D’emblée, elle est beaucoup plus brutale, pour des motifs essentiellement idéologiques : la conquête du « Lebensraum » exige l’expulsion et la mise en esclavage de millions Polonais, la destruction de leurs élites (notables, clergé, officiers, intellectuels)… Si de plus ils sont Juifs, les motifs de persécution n’en sont que plus évidents… Lentement, particulièrement avec la mise en action des sections d’intervention SS, les « Einsatzkommandos » qui appliquent sur le terrain les principes de leur idéologie et de leur fanatisme, l’hypothèse de la « solution finale » prend de plus en plus corps… Un Juif polonais vaut cetrtes moins qu’un Juif allemand, mais progressivement l’assimilation va se faire…

En attendant, selon la théorie du « Lebensraum », les nazis dégagent de la place : le Warthegau, destiné à accueillir des colons allemands, doit être évacué de ses Polonais et de ses Juifs. Les nazis se trouvent donc face à un problème de plus en plus complexe : aux 259 000 juifs du Reich (Allemagne et Autriche) s’ajoutent quelque 1 800 000 de Juifs Polonais (Warthegau et Gouvernement Général) puis en 1940 environ 350 000 juifs de France (dont 30 000 Juifs Allemands réfugiés) et 160 000 Juifs hollandais…

Aussi, cette période est toujours marquée par une grande « valse hésitation » quant à la mise en pratique d’une politique anti-juive véritablement cohérente, dons se dégagent cependant quelques axes principaux :

  1. La première tendance, défendue par Heydrich vise à constituer une espèce d’immense ghetto pour Juifs de toutes l’Europe dans la Gouvernement Général de Hans Frank. Elle est très rapidement mise en œuvre : ainsi en novembre et décembre 1939, plus de 40 000 juifs sont expulsés du Warthegau à Varsovie ; ils sont bientôt suivis par des dizaines de milliers d’autres. Puis, dans le Gouvernement Général se constituent les premiers grands ghettos comme ceux de Varsovie (septembre 1940), de Cracovie, Radom, Kielce… Mais très rapidement le Gouvernement Général se trouve totalement « submergé » de Juifs : Hans Frank rue dans les brancards… Jusqu’en 1941, Heydrich penche pour cette solution de la constitution d’une réserve juive en Pologne orientale.
  2. Le seconde tendance en Allemagne, soutenue par Goering, continue à encourager l’émigration des Juifs : mais les pourparlers échouent du fait des réticences des Alliés et du refus des nazis de laisser les Juifs emmener la moindre somme d’argent. A la fin de 1939, environ 202 000 Juifs sur les 523 000 de 1933 restent en Allemagne et 57 000 en Autriche annexée, dont beaucoup de personnes âgées. En octobre 1941, lorsque l'émigration des Juifs sera officiellement interdite, le nombre des Juifs encore en Allemagne est tombé à 163 000.
  3. La troisième tendance se développe à partir de mai 1940, alors que la France a déposé les armes : c’est le fameux « projet Madagascar » : il s’agit d’expulser et de « reloger » tous les Juifs d’Europe à Madagascar… Evoqué depuis 1938 par Julius Streicher, Hermann Goering, ou Joachim von Ribbentrop, ce plan n'est réellement envisagé qu'à partir de Mai 1940, sous l'impulsion d'Heinrich Himmler. Le 3 juin 1940, Franz Rademacher, chargé des affaires juives, présente un mémorandum à son supérieur Martin Luther, où il prévoit de garder les Juifs d'Europe de l'est dans le Gouvernement Général et de déplacer tous les juifs de l'ouest hors d'Europe, à Madagascar. Luther communique le plan à Ribbentrop qui le communique lui-même à Hitler. Le 18 juin, Hitler et Ribbentrop s'entretiennent de ce plan avec Mussolini. Hitler en discute les jours suivants avec le Grand Amiral Erich Raeder. Reinhard Heydrich puis Adolf Eichmann s'impliquent dans le projet. Le 15 août Eichman présente un dossier intitulé « Reichssicherheitshauptamt: Madagaskar Projekt » qui prévoit la déportation vers Madagascar d'un million de juifs par an sur quatre ans et sous le contrôle total de la RSHA, plan financé par la spoliation des biens juifs. Mais on en reste là : le dossier d'Eichmann ne sera jamais validé par Heydrich. Le Plan Madagascar est définitivement abandonné en décembre 1940 et l'expulsion des Juifs vers la Pologne continue, Hitler se désintéressant du projet, l’ayant sans doute appuyé à un certain moment pour donner le change quant à ses vraies intentions… D’autant plus que son échec face à l’Angleterre contrarie le projet et le conforte surtout dans son « obsession » du complot juif mondial armant le bras de Churchill…
  4. La quatrième tendance qui se fait jour est celle de l’utilisation de la main d’œuvre Juive pour travailler au service du Reich et de la création de camps de travail pour Juifs, les fameux « Juifs du travail » utilisés comme main d’œuvre gratuite et pouvant être traités selon les circonstances et les humeurs des SS. Il y a en effet un impératif stratégique de première importance : dans la perspective de plus en plus inéluctable d’une confrontation avec l’ennemi « absolu », le judéo-bolchevisme stalinien, il faut fortifier la nouvelle frontière entre le Reich et l’URSS, la « ligne Otto » qui longe notamment le Bug. Aussi, dès le mois de mai 1940, des milliers de Juifs sont expédiés du Wartheland, du Gouvernement Général, de Prusse Orientale et de Slovaquie sur le Bug (Miedzyrzec, Belzec, Cieszanow) dans des dizaines de camps de travaux forcés pour édifier la ligne Otto. Des millions d’autres vont les suivre dans les années futures, les nazis ayant compris très tôt que la « mort par le travail » est tout aussi efficace que la mort dans les chambres à gaz… Ainsi, en mai 1940, près de 2 000 Juifs de Radom sont envoyés dans la région de Belzec. Presqu’aucun ne reviendra ; en août, ce sont plus de 1 000 juifs de Czestochowa. Quelques uns seulement survivront… En février 1941, plus de 5 000 juifs de Vienne sont à leur tour transférés sur la ligne Otto…

Malgré ces atermoiements qui marquent cette période, la ligne de fond reste la même : la guerre contre les Juifs est désormais déclanchée : chicaneries, vexations, internements, coups, travail forcé, meurtres et massacres, surtout dans les territoires nouvellement conquis à l’est, deviennent pratique quotidienne. Il reste l’étape ultime…



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