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Le système concentrationnaire nazi

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3.1. Etape 1: la terreur politique et totalitaire : 1933-1937

Phase 1: la terreur politique : 1933-1934
Phase 2: la terreur totalitaire : 1934-1937
La lutte contre les Juifs

Entre l’arrivée d’Hitler au pouvoir début 1933 et l’Anschluss au printemps 1938, la priorité est donnée à la création de la Gestapo et des camps de concentration pour briser l’opposition communiste et socialiste, puis pour organiser la « terreur totalitaire ». Parallèlement, mais avec beaucoup plus d’hésitations et de tâtonnements, se met en place progressivement la lutte contre les Juifs.

3.1.1. Phase 1: la terreur politique : 1933-1934

3.1.1.1. Les lois d’exception

En 1933, l'Allemagne dispose d'un assez grand nombre de lieux de détention traditionnels (prisons et forteresses) mais ceux-ci ne permettent pas d'incarcérer d’importantes quantités de gens. Or c’est précisément à la « quantité » que le nazisme, dès la prise de pouvoir de Hitler, entend s’attaquer, combattre et exclure de la « Volksgemeinschaft » : opposants politiques d’abord, Juifs ensuite et enfin toute une série de « délinquants », déviants, marginaux, opposants religieux…

Pour organiser cette terreur et lui donner une apparence légale, Hitler, impose une législation d’exception : dès le 4 février, soit 5 jours après la prise de pouvoir, est publié le décret-loi sur « la protection de la nation allemande », restreignant les libertés de la presse, de parole et de réunion : Hindenburg autorise le pouvoir à interdire des journaux ou des rassemblements sous prétexte qu'ils diffusent de fausses nouvelles nuisant aux intérêts de l'Etat ou diffament les autorités et les fonctionnaires. Le 22, Goering créé en Prusse une force de police auxiliaire de 50 000 hommes, dont 40 000 sont des SA et de SS, et le reste des « Stahlhelm » ; il leur recommande l’usage « avec zèle » des armes... « fleißiger Gebrauch der Schußwaffe »... Il crée la Gestapo, avec le concours du policier Diels. Le 27, le Reichstag part en flammes.

Le lendemain, sur demande de Hitler, Hindenburg suspend par le décret sur « la protection du peuple et de l'État » la liberté des personnes, l’inviolabilité du domicile, la liberté d'opinion, de réunion, de presse, le secret postal et légalise l'internement préventif ou définitif d'individus jugés « dangereux »… Il ouvre la voix aux arrestations arbitraires et légalise celles de la nuit précédente. Il donne à la Gestapo le droit de procéder à des internements de sûreté dans un but « rééducatif » sans en référer à aucune autorité judiciaire et sans limitation de durée. Le paragraphe 2 du décret autorise l'intervention dans les Länder qui n'appliquent pas les mesures. Un autre décret instaure la répression contre la trahison envers le peuple allemand : le gouvernement est autorisé à poursuivre toute personne soupçonnée de s'opposer à lui. La presse anti-nazie est interdite, comme « Vorwärts », l’organe du parti SPD.

3.1.1.2. Les premiers camps

Les premiers camps « Wilde Lager » ou camps sauvages sont immédiatement créés par les SA. Le 8 mars, Frick, ministre de l'Intérieur, annonce la création de camps de concentration. Oranienburg ouvre le 20 mars, Dachau le 21 ; suivent Sonnenburg (3 avril), Sachsenburg (mai), Lichtenburg (13 juin), Papenburg (20 juin) et Brandeburg (1 octobre), et cela rien qu’en Prusse. A la fin mars existent déjà une cinquantaine de camps, car dans tous les Länder, les ministres nazis organisent des Gestapos locales et des camps de concentration, confiés le plus souvent aux SA, sauf en Bavière et en Hesse où la police tombe de suite entre les mains d’Himmler qui aussitôt fait appel à Heydrich et aux SS : le développement de Dachau y est si rapide et sa réputation si effroyable qu’il fait bientôt figure de modèle aux yeux des nazis et de l’opinion publique terrorisée.

Jusqu'en 1934, ces camps sont le lieu ou sont déportés les authentiques ennemis politiques du régime : il s’agit principalement des communistes, des socialistes et des sociaux-démocrates, qui par milliers prennent le chemin des baraques et des barbelés. L’intention est essentiellement politique : la détention devient l’arme par excellence contre les adversaires politiques. L’objectif reste celui d’un « humanisme minimal », car l’intention est certes de terroriser, mais aussi de rééduquer, de convaincre, de ramener dans le « droit chemin tracé par le Führer » tous ces opposants susceptibles d’être libérés un jour… « Il faut que ceux qui ont commencé à être rééduqués dans les camps de concentration, lorsqu’ils sont remis en liberté, prennent conscience qu'il ne sont pas abandonnés à eux-mêmes. J'attends des services locaux qu'ils prennent conscience de leurs responsabilités en tant qu'organes de l'Etat national-socialiste, et qu'ils n'abandonnent pas les anciens détenus. » (Göring, circulaire rédigée suite à l'amnistie de Noël 1933).

3.1.1.3. La mainmise progressive des SS

Pendant que les chefs du parti légifèrent à Berlin, la pratique dans les camps est toute différente : tout est fait, notamment avec les SS à Dachau, pour fanatiser les gardiens et briser les détenus par tous les moyens : faim, promiscuité, humiliations systématiques, coups, torture et surtout instauration du système des kapos et utilisation comme kapos de criminels de droit commun. Immédiatement, le système concentrationnaire trouve l’essentiel de ses méthodes et devient d’emblée un véritable enfer.

Comparés à Himmler et aux SS, Goering et les SA restent des amateurs. Tandis qu’Himmler tient ses troupes d’une main de fer, les SA sont trop bruyants, trop compromettants, trop indisciplinés. Jouant sur la rivalité entre SA et SS et sur la méfiance de plus en plus affichée de Hitler vis-à-vis de Röhm, Himmler réussit à supplanter progressivement tous ses rivaux et à se faire céder la direction de la police et des camps dans tous les Länder. Goering lui abandonne la Prusse dès 1934, pour sceller une alliance toute passagère contre Röhm et ses SA, peu avant la « Nuit des longs couteaux ». Cette évolution est renforcée par la volonté centralisatrice d’Hitler et par la suppression de l’autonomie des Länder. Elle sera parachevée par la nomination du Reichsführer SS à la tête de tous les services de police du Reich en 1936… Himmler est alors un véritable « patron » d’une organisation, elle-même véritable « Etat dans l’état »…

3.1.1.4. Eicke à Dachau

Totalement fidèle à Himmler, Théodor Eicke devient le commandant du KL Dachau en juin 1933, poste auquel il remplace le SS-Sturmbannführer Hilmar Wäckerle, tombé en disgrâce. Promu SS-Brigadeführer en janvier 1934, il reste à la tête du camp jusqu'au 09 mars 1934.

Eicke introduit ses propres méthodes d'administration de camp, avec sa directive « zur Aufrechterhaltung der Zucht und Ordnung », « Maintenance de la Discipline et de l'Ordre ». Il y met en place un règlement et un système de punitions allant jusqu'à la torture ou l'exécution sommaire des prisonniers. Il encourage les SS, les « SS-Totenkopfverbände », à se conduire brutalement et à se faire craindre des prisonniers. La terreur arbitraire et occasionnelle devient désormais une terreur quotidienne et organisée. Elle est la base même du système de fonctionnement de Dachau : les prisonniers n'y sont pas considérés comme des êtres humains, mais comme des « Stücke », des « Pièces ; ils ne portent plus de noms mais des numéros, des uniformes rayés et des bouts de tissus signifiant les causes de leur détention. Le travail forcé et la sous-alimentation deviennent de même des méthodes courantes permettant aux gardes SS fanatisés de mieux asservir leurs prisonniers…

Car Eicke s'intéresse autant à ses gardes qu'à ses prisonniers : il veut en faire des hommes d'élite dévoués à la cause nazie, les futurs soldats politiques du IIIè Reich, conscients de leur supériorité vis à vis des « Untermenschen » qu'ils surveillent. Eicke va jusqu'à faire organiser des formations traitant de l'histoire du N.S.D.A.P, du programme nazi et des ennemis de l'Allemagne hitlérienne. Parmi ces derniers, au premier rang, le Juif, le francs-maçons, le Bolchevique et l'Eglise. Violemment antisémite, Eicke fait distribuer à ses hommes de nombreux ouvrages et revues dont le très antisémite journal « Der Stürmer » de Julius Streicher. Dans les baraques, les cantines, les salles de repos, partout s'affiche la propagande antisémite nazie…

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