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La Grèce avant la Grèce : préhistoire, Crète, Cyclades, Mycènes

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4.2. Le Cycladique Ancien : 3200 – 1900

La culture de Grotta-Pelos : 3200-2880
La culture de Kéros-Syros : 2880-2300
Le « Groupe de Kastri » ou « culture de Lefkadi I » : 2400-2200 avant JC
La culture de Phylakopi I : 2050-1900

Les premiers habitants identifiés des Cyclades sont les Phéniciens, les Cariens et les Lèleges de la période du mésolithique, entre 7500 et 6500 avant JC. La civilisation cycladique spécifique n'apparaît qu'à la fin du quatrième millénaire, et généralement les archéologues divisent cette période en plusieurs phases :

4.2.2. La culture de Kéros-Syros : 2880-2300

4.2.2.1. Généralités

La période la plus importante, appelée « Culture de Kéros-Syros » (2700-3000 avant JC) couvre l'essentiel du Cycladique Ancien II. Cette culture s’étend à l’ensemble des Cyclades et on a affaire à une culture relativement unifiée… Les Cycladiens utilisent l'argile, le cuivre et la pierre pour confectionner des armes, des outils, des ustensiles, des bijoux et des objets de culte. Grâce à une métallurgie florissante et à la navigation, les Cyclades deviennent un centre commercial interrégional. Les connaissances acquises dans le travail de la pierre sont à l'origine d'oeuvres sculptées qui comptent parmi les plus grandes réussites de la création humaine.

Grâce à la présence de minerai, la métallurgie cycladique connaît une période florissante. On utilise surtout le cuivre de l’île de Kythnos et du mont Laurion en Attique. Sur l’île de Siphnos on a trouvé les vestiges d’une exploitation d’argent et de plomb. En outre, le commerce de l’obsidienne est plus florissant qu’il ne l’avait jamais été.

L’augmentation de la population influe sur l’extension et l’organisation des habitats. Ils se trouvent encore près de la mer sur des collines et ne sont en général pas fortifiés (sauf la cité de Makriani à Amorgos, qui semble disposer d’un bastion). Les sites principaux sont Haghia Irini sur l’île de Kéos (Kéa) et Skarkos à Ios. Haghia Irini conserve quelques maisons axiales construites en schiste et comptant un étage. A Skarkos, on a identifié une ruelle donnant sur une place entourée de plusieurs maisons en pierre. Elles comptent un étage et quelques murs hauts de 3m sont conservés.

Les cimetières sont nettement plus grands, entouré de murs en pierre sèche. Le plus important, celui de Chalandriani sur l’île de Syros comporte environ 600 tombes dont une dizaine contient deux corps. A Chalandriani quelques tombes voûtées font leur apparition. Ailleurs, les inhumations multiples sont courantes; ces tombes ont ainsi été conçues pour recevoir plusieurs personnes. Ces tombes ont plusieurs étages et pour en faciliter l’accès, l’une des côtés courts n’est plus construit d’une seule dalle mais d’un petit muret en pierres sèches. Les sols de galets et les pierres de têtes sont courants. La richesse des offrandes est frappante : ce sont des idoles et des vases en marbre, des poêles à frire, des bijoux et des outils en métal.

4.2.2.2. Céramique et récipients en pierre

La céramique est plus claire qu’à l’époque précédente et décorée de motifs géométriques. Les formes varient de l’ovale (type saucière) à la pyxide et à la cruche à eau. D'autres objets en céramique, ayant sans doute une signification religieuse, ont également été mis à jour. Il s'agit de récipients, en forme de « poêles à frire », ayant généralement un très beau décor incisé, linéaire avec des dessins géométriques ou des spirales. On trouve également des décors estampés, avec une étoile au centre et des combinaisons de triangles sur le pourtour.

La céramique est essentiellement de trois types :

  • une céramique à décoration de motifs linéaires sombres sur fond clair ;
  • une version cycladique de la céramique Urfirnis ;
  • une céramique estampillée ou incisée à engobe ou polie.

Les formes du cycladique ancien survivent mais deviennent plus maniéristes. Les vases composites (comme les lampes et les kernoi) et zoomorphes se répandent. La céramique adopte de plus quelques formes typiques de l’helladique ancien II continental, telles que la saucière et le bol rond au fond annulaire. La pyxide devient plus cylindrique et elle est parfois peinte de motifs linéaires sombres sur fond clair. La poêle à frire devient plus élégante (sans barre transversale dans l'anse). Parfois, l’anse est décorée d’un triangle pubien.

Le travail de la pierre, principalement le marbre (parfois le schiste), connaît un grand élan avec une augmentation considérable dans le nombre et les formes :

  • Des pyxides en forme de cabane ;
  • Coupelle, vase à boire ;
  • Plat rond (dont celui aux colombes sur une ligne, unique, Musée Goulandris) ;
  • Palette oblongue ;
  • La coupe sur pied de trompette est une forme typique.

4.2.2.3. Les idoles cycladiques

Les célèbres idoles cycladiques, statuettes de marbre (de 5cm à 1,50m de hauteur) représentant principalement des figures féminines et, plus rarement, masculines, constituent les création les plus marquantes de la période. La forme canonique est atteinte, et c’est de cette période que les trouvailles archéologiques sont les plus nombreuses, livrant des figurines en marbre de 10 à 50cm de longueur (l’une d’elle atteint 148cm). Ces « idoles » appartiennent à plusieurs types :

- Le groupe le plus commun est le type dit « de Spédos » : Les figurines polychromes en marbre longiligne et plus quadrangulaire représentent une forme féminine. Les bras sont croisés sous les seins figurés par deux petites protubérances. Le sexe est représenté par des incisions. La tête ovale et devenant légèrement triangulaire, de grande dimension avec le front légèrement incliné vers l'arrière, ne laisse apparaître que la forme du nez. Les jambes se ferment. Les statuettes sont représentées sur la pointe des pieds. Elles ne disposent d'aucun socle pour les tenir debout. Elles sont sur la pointe des pieds et donnent l'impression qu'elles se lèvent.

  • Le type Kapsala est encore très plastique et naturaliste avec une bonne indication des genoux et des seins. Parfois, le bras droit se trouve au-dessus du bras gauche. La tête est ovale ; les jambes sont encore légèrement ouvertes et repliées.
  • Le type Dokathismata : la statue a une tête très triangulaire ainsi qu’un torse triangulaire aux épaules angulaires. Le torse est très lourd comparativement à la finesse des jambes, fermées.
  • Le type Chalandriani présente des idoles très trapues et grossières avec des jambes trop minces pour un torse lourd et large. Elles ont les bras horizontaux superposés, les jambes jointes, le sexe en incision, la figure en triangle et le nez proéminent. Les yeux et la bouche étaient probablement peints. La variété de Chalandriani se distingue de celle de Spédos par l'utilisation de formes géométriques triangulaires.
  • Le type Koumasa se rencontre en Crète au Minoen Ancien III : il présente une déformation progressive, avec des jambes courtes et minces pour un corps large.

A côté de ces idoles simples, il y a des variantes présentant des activités ou des personnages multiples : chasseurs masculins (avec un baudrier suspendu par une tresse, une dague, une flèche) ; figurines assises tenant un vase à boire (hauteur 15 cm, coll. Goulandris) ; joueurs de harpe décorée d’un bec de canard assis sur un tabouret très ajouré qui forme avec le personnage un bloc monolithe, (au nombre de 9 en tout, collection Goulandris et Musée de Karlsruhe) ; groupes composés de deux personnages échafaudés ou d’un couple enlacé ou incluant un enfant, etc. Ces statuettes se caractérisent par des proportions canoniques du corps composées de 4 parties égales : tête-base du cou, base du cou-ventre, ventre-genoux, genoux-pieds. Les artisans disposaient d'outils de mesures qui leur permettaient de respecter les proportions.

La fonction de ces « idoles » reste mal connue, en l’absence de documents écrits et des conditions souvent chaotiques dans lesquelles les fouilles ont été effectuées… Les hypothèses sont surtout relatives à une utilisation comme objets funéraires :

  • Comme les Ushebtis du Monde égyptien, c’est-à-dire satisfaire les besoins sexuels du mort dans l’au-delà ;
  • Comme des substituts de sacrifice humain, ou comme des jouets ;
  • Comme les représentations de divinités masculines ou féminines dont la position correspondrait à une chorégraphie (les pieds sur la pointe et la tête légèrement vers l’arrière trahiraient l’extase)…

Il faut enfin noter que certaines de ces « idoles » proviennent d’un même atelier ou artiste : ainsi le fameux « maître du Goulandris », caractérisé par des traits récurrents : le nez long, semi-conique, un visage en forme de lyre où le décor est peint, des épaules nettement tombantes ; des incisions parallèles et précises dont la courbe douce marque le cou, l’abdomen, les genoux et les chevilles, l’intervalle entre les jambes non ajouré, un dos bombé sans trace de colonne vertébrale, un arrondissement des surfaces vues de profil. On connaît du Maître de Goulandris 11 idoles complètes et 40 fragments, mesurant entre 32 et 98cm, « œuvres » découvertes à Aplomata (Naxos), Kéros, Amorgos...



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