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Le camp de concentration de Westerbork

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1.4. L’organisation interne

L'administration de camp est composée de dix subdivisions. Le 12 août 1943, Kurt Schlesinger est nommé tête de la subdivision principale, responsable du fichier principal - l'instrument essentiel pour la compilation des listes de personnes à expulser. L’autre subdivision importante est la police juive (Judischer Ordnungsdienst), dont le travail est de remplir les convois et de maintenir l'ordre à l'intérieur du camp.

Westerbork est un camp très particulier. Il y a une école (mais uniquement pour les « orphelins », les enfants arrivés au camp sans leurs parents), un salon de coiffure, un orchestre, un café restaurant et même un vrai hôpital… Pour peu qu'on ait assez d'argent, il est possible d'acheter des objets impossibles à trouver à la même époque ailleurs en Hollande. Le commandant de camp encourage même les activités culturelles, alors que l'administration hollandaise approvisionne régulièrement le camp en produits de tout genre… Ce « confort » est fait pour rassurer les prisonniers et empêcher tout problème lors des transferts vers Auschwitz

Le drame de ce camp est que les SS ont très peu de choses à faire : le commandement SS donne les ordres, le service de sécurité juif les exécute sous peine d'être lui-même déporté vers les camps de la mort (ce qui arrivera d'ailleurs...). L'administration interne, y compris le maintien de l'ordre dans l'enceinte des barbelés, est presque entièrement déléguée aux juifs eux-mêmes ou plus exactement, parmi eux, aux plus anciens résidents du camp. Cette organisation institue une inégalité fondamentale entre juifs : les uns, les notables, les « Prominenten » (environ 2.000), se protègent en aidant les Allemands à administrer les autres, la grande masse. Et en participant à leur déportation.

Les conditions matérielles du séjour sont bien meilleures que dans d'autres camps : peu de violences physiques, peu de travaux vraiment pénibles, une nourriture convenable et des soins médicaux aussi bons que possible dans les conditions données.

Mais ce système fait naturellement une place importante à la corruption et entretient une hostilité sourde mais profonde, entre juifs néerlandais, presque tous exclus des fonctions importantes, et juifs allemands, omniprésents dans l'administration. Il faut donc « organiser » pour survivre : obtenir une place sur une « liste » spéciale protégeant de la déportation (conjoint non juif, être baptisé, être volontaire pour le départ en Palestine)... Il existe même un service, celui des « requêtes », qui se charge de réunir les pièces nécessaires à l'obtention de telles garanties… à condition de payer, et de payer cher… Les Allemands y trouvent souvent la source d'un fructueux trafic et exploitent cyniquement cette vérité psychologique : l'espoir entretenu jusqu'au dernier moment permet à beaucoup d'accepter l'inacceptable.

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