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Histoire : 1900, l’Europe domine le monde

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3. Les grandes nations en 1900

L’héritage politique du XIXè siècle
La France à l’aube du XXè siècle
La Grande Bretagne
L’Allemagne : la volonté de puissance
L’Autriche-Hongrie : la question du pluri - nationalisme
L’Italie : une naissance difficile
La Russie, vaste prison des peuples
Etats-Unis : naissance d’une nation
Japon : l’empire du « Soleil Levant »

3.7. La Russie, vaste prison des peuples

3.7.1. Le régime en 1870

3.7.1.1. L’empire russe

L’empire Russe, le plus vaste du monde, est le résultat d’une lente conquête à partir de la Principauté de Kiev au Xè en direction du nord et de la Sibérie. À la fin du XIXe siècle, la taille de l'empire est d'environ 22 400 000km² soit presque le tiers des terres émergées du globe ; sa population compte environ 128 200 000 personnes, dont la majorité (93,4 millions) vit en Russie d'Europe.

Outre les territoires de la « Fédération de Russie » s’étendant de Moscou à Vladivostok, l’Empire comprend aussi les pays de la Baltique, l’Ukraine, la Biélorussie, une partie de la Pologne, la Moldavie (ou Bessarabie), le Caucase, le Grand Duché de Finlande et une partie importante de l'Asie Centrale (Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan, Kazakhstan), sans compter l'Alaska (vendu en 1867 aux Etats-Unis).

Carte de l’empire russe sous les derniers tsars, jusqu’à la veille de la guerre russo-japonaise de 1905
Carte de l’empire russe sous les derniers tsars, jusqu’à la veille de la guerre russo-japonaise de 1905

3.7.1.2. Une mosaïque de minorités

Le grand problème de l’Empire est celui de l’unification autour de la Russie d’une mosaïque de peuples extrêmement divers par la race, la religion, la langue, la culture : plus de 100 groupes ethniques différents vivent sur le territoire de l'Empire : les Russes (Orthodoxes) représentent 45% de la population, mais vivent aussi dans l’empire les Ukrainiens, des Polonais (catholiques), des Caucasiens, des Baltes (protestants), des Turcs musulmans (Turkmènes, Kazakhs, Tadjiks, Ouzbeks, Tatars), des Mongols, des Juifs de la diaspora (4 millions), des Allemands, des Géorgiens, des Arméniens…

L’unité de cette mosaïque repose principalement sur deux pôles :

  • Une seule loi, un seul maître : le « Tzar » (empereur) de toutes les Russies », autocrate et tout puissant.
  • Une foi, une langue : les grands Tzars (Ivan le terrible, 1547-1584 ; Pierre le Grand, 1689-1725 ; Catherine II, 17621796 ; Alexandre I, 1801-1825 ; Nicolas I, 1825-1855 ; Alexandre II, 1855-1881 ; Alexandre III; 1881-1894 ; Nicolas II, 1894-1917) imposent l’orthodoxie et la russification brutale aux Polonais catholiques, aux Baltes et Finlandais luthériens, aux Ukrainiens, Caucasiens, musulmans du Turkestan, au Juifs, régulièrement victimes de terribles pogroms…
Le Tsar Alexandre II (1855-1881)
Le Tsar Alexandre II (1855-1881)
Le Tsar Alexandre III (1881-1894) par Nadar
Le Tsar Alexandre III (1881-1894) par Nadar
Le Tsar Alexandre Nicolas II (1894-4947). Portrait d’Ernest Lipgart
Le Tsar Alexandre Nicolas II (1894-4947). Portrait d’Ernest Lipgart

3.7.1.3. La société russe

Le pays est avant tout rural. Le poids des masses paysannes est énorme : 75% des paysans, les « Moujiks », forment la population de la Russie. Ils sont libres depuis 1861 mais possèdent peu de terres (le Mir) et travaillent surtout sur les terres des nobles et des bourgeois des villes qui ont tout pouvoir. Aussi famines, révoltes paysannes et exode rural sont courants en Russie. De plus, de nombreux paysans quittent leur terre de gré ou de force pour l’aventure du siècle : la colonisation de la Sibérie.

Il y’a Efimovich Repin (1844-1930) : Les haleurs de la Volga. Huile sur toile. 131,5 × 281 cm. Musée Russe, Saint-Pétersbourg
Il y’a Efimovich Repin (1844-1930) : Les haleurs de la Volga. Huile sur toile. 131,5 × 281 cm. Musée Russe, Saint-Pétersbourg

3.7.2. Economie

L’industrialisation de l’empire est tardive (1880) et pose des problèmes nouveaux. Devant l’afflux des capitaux, principalement français, le pays s’industrialise : la Russie dispose d’un immense potentiel minier ; elle se dote d’un énorme réseau ferré, passant de 53 000kms en 1900 à 65 000 en 1914 (Transsibérien 1891-1903, Transcaspien, Trans-aralien, Sud mandchourien…). De grandes entreprises se créent à Moscou, Kiev, Saint-Pétersbourg - Petrograd, en Pologne et dans l’Oural. Bakou, sur la Baltique, devient le premier centre pétrolier du monde.

Cette industrialisation s’accompagne de l’afflux d’une nombreuse main d’œuvre misérable dans les villes. La propagande révolutionnaire (Marxisme, anarchisme) trouve un terrain de prédilection dans ce prolétariat misérable, d’autant plus que le pouvoir tsariste est incapable de prendre des mesures sociales et de faire les réformes qui s’imposent.

3.7.3. La politique

3.7.3.1. Politique intérieure

3.7.3.1.1. Les oppositions

Alexandre III (1881-1894) tout comme Nicolas II (1894-1917) se montrent totalement incapables de suivre politiquement l’évolution économique du pays et sa transformation et restent des monarques absolus, refusant toute réforme de fond. Aussi l’opposition se renforce dans toutes les couches de la société :

  • Les bourgeois souhaitent le libéralisme comme en France ou en Angleterre, afin de jouer un rôle politique qui soit à la hauteur de leur rôle économique.
  • Les socialistes révolutionnaires (Nihilistes) prônent la violence contre l’autocratie tsariste (Serge Netchaïev, 1847-1882). Ils sont très influents auprès des paysans et assassinent en 1861 le Tzar Alexandre II (1855-1881), le seul tzar qui avait tenté des réformes de fond dans l’empire.
  • Les anarchistes, proches des socialistes révolutionnaires (Mikhaïl Bakounine, 1814-1876 ; Pierre Kropotkine, 1847-1921) prônent la violence et sont à l’origine de nombreux attentats.
  • Les marxistes sont influents dans la classe ouvrière, mais sont divisés en deux factions : les « Bolcheviks » avec Vladimir Illich Oulianov, dit Lénine (1870-1924) qui veulent la révolution immédiate organisée par un parti unique, et les « Mencheviks » (Trotski, 1979-1940, qui se ralliera à Lénine en 1917) qui cherchent l’appui de la bourgeoisie pour une lente évolution du système.

Malgré toutes ces pressions, le pouvoir tsariste reste inflexible. Sa seule réponse est la répression qu’il mène avec sa redoutable police politique (l’Okhrana), l’armée, les grands propriétaires terriens, les capitalistes et souvent l’église orthodoxe. De très nombreux opposants sont exilés en Sibérie qu’ils contribuent malgré eux à coloniser. On évalue en 1900 le nombre des déportés à 200 000 en Sibérie, non compris leurs familles !

Nicolas II. par Boris Koustodiev (1915
Nicolas II. par Boris Koustodiev (1915
Michaïl Bakounine
Michaïl Bakounine
Le prince anarchiste Pierre Kropotkine (1847-1921) par Nadar
Le prince anarchiste Pierre Kropotkine (1847-1921) par Nadar
Vladimir Illich Oulianov, dit Lénine (1870-1924) : le « patron » des bolcheviques et l’inspirateur de la révolution de 1917. Portrait de 1895
Vladimir Illich Oulianov, dit Lénine (1870-1924) : le « patron » des bolcheviques et l’inspirateur de la révolution de 1917. Portrait de 1895
Lev Davidovitch Bronstein du Léon Trotsky (1979-1940) : d’abord partisan des Mencheviks, il se rallie rapidement aux thèses de Lénine. Photo de 1897
Lev Davidovitch Bronstein du Léon Trotsky (1979-1940) : d’abord partisan des Mencheviks, il se rallie rapidement aux thèses de Lénine. Photo de 1897
3.7.3.1.2. Le tournant de 1905

En 1904 débute la guerre La guerre russo-japonaise. Les raisons de cette guerre sont le contrôle de la Corée et de la Mandchourie et de leurs nombreuses ressources minières, ainsi que le « transmandchourien », continuation directe du Transsibérien et dont le terminus est Vladivostok. De plus, les Russes sont les alliés des Chinois, ennemis du Japon à ce moment. Les Russes sont écrasés en 1905 sur terre et sur mer à Port Arthur.

Cette défaite met le feu aux poudres et déclenche la « première révolution russe » marquée par le massacre du « dimanche rouge » de Saint-Pétersbourg (22 janvier 1905), de grandes grèves en février, mai et juin, la mutinerie du cuirassé Potemkine à Odessa en juin. La révolution connaît son apogée lors des journées de grève générale du 20 au 30 octobre 1905 qui mettent en échec les tentatives de répressions du tzar. L’agitation continue jusqu’en 1906.

Nicolas II est obligé de libéraliser le régime. Le27 avril 1906, il octroie finalement une « Loi fondamentale de l'État », véritable constitution qui transforme la Russie en une monarchie constitutionnelle, où l'autocratie cohabite avec un Parlement élu, la Douma. Il nomme Piotr Stolypine président du Conseil des ministres. Celui-ci se donne deux objectifs : rétablir l'ordre et mettre en œuvre un programme de réformes. Il réforme ainsi l'administration, la condition juridique des paysans, fait voter des lois agraires favorables aux paysans aisés, les Koulaks. Il créé les ministères de la Sécurité sociale, du Travail et de la Santé publique. Il élabore un programme de réformes visant à instaurer les fondements solides d'un état de droit et d'une monarchie constitutionnelle : abolition de l'exil administratif, réforme de la police et des assemblées provinciales. Mais il instaure une politique sécuritaire particulièrement autoritaire.

Mais Stolypine est assassiné sous les yeux de la famille impériale le 1er septembre 1911 à l'opéra de Kiev par le révolutionnaire Bobrov. Sa mort marque la fin d'une politique d'ouverture et le retour à la réaction. Nicolas II reprend la direction du pays avec une Douma qui lui est soumise, exile les opposants et tombe sous la coupe de la tzarine et du sinistre Raspoutine (1872-1916). Le régime finira dans le chaos et sera balayé par la « Révolution d’octobre » en 1917.

La bataille navale de Tsushima signe la défaite des troupes russes face aux Japonais
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22 janvier 1905 : le dimanche rouge de Saint Pétersbourg
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Le cuirassier Potemkine
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Piotr Stolypine président du Conseil des ministres. Son assassinat le 1er septembre 1911 signe le glas des tentatives de réformes de la Russie tsariste
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Grigori Lefimovitch Raspoutine (1869-1916) : le « moine errant » exercera une influence terriblement néfaste sur la cour russe
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La révolution d’octobre. Tableau de Boris Kustodiyev, 1920. Huile sur toile. Moscou, galerie Trétiakov
La révolution d’octobre. Tableau de Boris Kustodiyev, 1920. Huile sur toile. Moscou, galerie Trétiakov

3.7.3.2. Politique extérieure

L’impérialisme russe repose sur la « Mission de la Sainte Russie », la force de l’armée et les grands axes de communication que sont les voies ferrées. Il s’exerce dans deux grandes directions : les Balkans afin de contrôler les Détroits (Dardanelles, mer de Marmara et Bosphore) et la Méditerranée d’une part, et l’Orient d’autre part.

  • L’Orient : Nicolas II intensifie la conquête des terres à l’est de l’Oural : en 1896 les Russes contrôlent la Mandchourie, mais se heurtent aux Anglais en Afghanistan, aux autres puissances européennes en Chine et surtout au Japon qu’ils provoquent en Corée. La guerre russo-japonaise de 1904 voit la défaite de la Russie (Port Arthur, 1905) qui ébranle les fondements mêmes du régime.
  • L’Occident : Battus en Orient, les Russes se tournent vers les Balkans et la Perse. Mais ils se heurtent aux Anglais qui veulent rester maîtres de la Méditerranée (accord sur la Perse en 1907), et dans les Balkans aux austro-hongrois, excédés par leur politique panslave. Ils échouent en 1908 dans la crise bosniaque qui voit l’Autriche annexer la Bosnie-Herzégovine, ce qui les pousse à chercher une occasion de revanche dans cette poudrière des Balkans. Ils l’obtiendront en juillet 1914…
Guerre russo-japonaise : soldats enterrant des militaires japonais. Bien que vainqueur, le Japon eut à souffrir de plus de pertes humaines que son adversaire
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Guerre russo-japonaise : la reddition de Port Arthur
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