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Le camp de concentration de Lublin MaĂŻdanek

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2.4. LÂ’Erntefest

L’« Aktion Erntefest » - « Action fête de la moisson » est le nom de code de l’exécution en masse de tous les Juifs dans les camps encore existant dans le district de Lublin, dernier acte de la fameuse « Aktion Reinhard ». Elle a lieu début novembre 1943 et est personnellement ordonnée et planifiée par le Reichsführer SS Heinrich Himmler. Les raisons invoquées sont celles de la sécurité, consécutivement aux soulèvements dans le ghetto de Bialystok (août 1943) et dans les centre de mise à mort de Treblinka (août 1943) et de Sobibor (octobre 1943).

Dans la réalité, les Juifs internés dans le KZ Majdanek, dans les camps de travail du district de Lublin (Trawniki, Poniatowa, Budzyn, Pulawy, Zamosc, Biala Podlaska) et dans les camps de la ville de Lublin (7, rue Lipowa ou Lindenstraße, Flugplatz et Sportplatz) ne constituent aucune menace réelle. Dans ces camps vivent les derniers survivants des ghettos liquidés de Varsovie, Bialystok, Lublin, Miedzyrzec Podlaski et Rejowiec, ainsi que 600 Juifs slovaques, déportés en 1942 et quelques groupes plus petits de Juifs français et Hollandais sélectionnés à Sobibor.

Depuis le printemps 1943 les grands camps de travail du district de Lublin sont regroupés au sein d’une seule entreprise, l’OSTI (Ostindustrie GmbH), créée le 13 mars 1943 par le WVHA de Berlin et le SSPF de Lublin, Odilo Globocnik, pour exploiter au maximum la force de travail juive et réaliser d’importants bénéfices pour la SS et ses patrons… Dans les ateliers de l’Osti, les détenus produisent des biens d’équipement pour la Wehrmacht, notamment des uniformes. Les machines arrivent des ghettos liquidé et l’étoffe des entreprises juives confisquées et des centres de mise à mort. Le réseau de camps de travail du district de Lublin est le plus grand complexe d’exploitation par le travail en Europe occupée : il emploie plus de 45.000 Juifs… faisant craindre à Himmler que cette force de production (« Arbeitsimperium ») ne soit un jour « récupérée » par la Wehrmacht ou l’industrie allemande. Pour parer à cette éventualité, le chef du SS-WVHA, Oswald Pohl, décide le 22 octobre 1943 que les entreprises de l’Osti, le camp de travail de la rue Janowska à Lwow et le camp de Plaszow à Cracovie passeraient sous le contrôle du SS-WHVA et deviendraient des annexe du KZ Lublin - Majdanek.

De leur côté, la majorité des Juifs de ces camps est convaincue de survivre : les détenus pensent que jamais la SS ne se débarrasserait de ces « travailleurs spécialisés ». C’est une illusion, car pour la SS, en dernière analyse, l’idéologie raciale l’emporte toujours sur les considérations économiques. Himmler et Globocnik tiennent compte dans la planification de la liquidation, d’une possible résistance juive. Raison pour laquelle le plan est tenu strictement secret et son exécution menée rapidement et simultanément dans tous les camps.

D’après les affirmations de Jakob Sporrenberg, successeur de Globocnik en qualité de HSSPF (Höherer SS- und Polzeiführer) dans le district de Lublin en septembre 1943, le projet de liquidation prend corps en août 1943. En même temps, Friedrich Krüger, chef des SS et de la police dans le Gouvernement Général, est informé du projet par Himmler lui-même. Dans la deuxième moitié d’octobre 1943, Himmler décide la liquidation des « Juifs du travail » dans les camps de concentration du Reich. Quelques jours avant l’opération Erntefest, il est ordonné aux Juifs de creuser des tranchées. On leur prétend que ce sont des abris antiaériens. Chez les Juifs, de bruits courent qu’il se prépare quelque chose. Mais très peu croient à la liquidation des camps, car peu auparavant les ateliers Schultz à Trawniki et Többens à Poniatowa avaient obtenu de nouvelles commandes. Dans le camp « Flugplatz » (terrain d’aviation) à Lublin attendent encore d’être « traitées » des montagnes de vêtement venant des centres de mise à mort...

2.000 à 3.000 SS et Policiers (par exemple ceux du 101è bataillon de police) sont acheminés à Lublin d’Auschwitz, de Poznan (Posen) et de Kaliningrad (Königsberg) pour massacrer 15.000 Juifs à Poniatowa, 8.000 à Majdanek, 6.000 à Trawniki et des milliers d’autres dans les camps de travail de Lublin et des environs… Dernière réunion l’avant veille de l’action à Lublin : Christian Wirth, l’inspecteur de l’Aktion Reinhard, a été rappelé de Trieste pour superviser l’action. Il sera présent lors de fusillades de Majdanek.

Le 3 novembre, très tôt, le camp de Majdanek est cerné par les SS et la police ; L’appel du matin est plus court que d’habitude. Les « Häftlinge » non-juifs sont rappelés dans les baraques ; les Juifs sont amenés dans le secteur 5 du camp, près du Krematorium et des tranchées. Au même moment, les détenus des camps de travail de Lublin sont acheminés à Majdanek. Dans le secteur 5 du camp de Majdanek les Juifs sont enfermés dans les baraques, hormis une qui sert de lieu de déshabillage et de dépôt des dernières affaires personnelles. Par groupes de 100, les juifs, mis à nus dans la baraque, sont obligés de se rendre dans les tranchées, de se coucher sur les cadavres ou les blessés du peloton précédent, et de recevoir la rafale de mitraillette « libératrice »… Le tout au son des valses et des marches de Johann Strauss diffusée à grand bruit par des hauts parleurs montés sur deux voitures.

Ce jour au KL Majdanek sera appelé plus tard le « mercredi noir ». Il sera rapporté par des détenus non juifs, qui malgré la musique ont nettement entendu les coups de feux, les rafales et les hurlements des suppliciés. Jusqu’à 3 ou 4 kilomètres du camp, des habitants de Lublin entendent la musique, mais aussi les coups de feu et les cris. Un peu plus tard, tous les Lublinois respireront l’odeur écoeurante des cadavres que l’on va incinérer des jours durant…

Il y aura pendant les exécutions un acte de résistance. Des femmes enfermées dans l’une des baraques du secteur 5 voient arriver les Juifs prisonniers de guerre du camp de la rue Lipowa. Elles se mettent à crier et à leur demander de sauver leur vie. Quelques prisonniers se mettent alors à agresser leurs gardiens. 3 SS sont tués ou blessés. Mais rien ne sert : les Juifs sont immédiatement fusillés ; dans les baraques, de nombreux Juifs meurent, victimes de collapsus ; les médecins et infirmières juifs du Revier se donnent la mort. A la fin des fusillades, les SS épargnent 400 juifs et les amènent dans le secteur 4. Les femmes doivent trier les biens des victimes. Les hommes sont répartis en groupes et sont obligés d’inspecter les cadavres, de prélever les dents en or le cas échéant, et d’incinérer les corps.

Les fusillades durant de 6 heures du matin à 17 heures. Elles se déroulent selon un plan précis et strictement respecté. Dans son bureau transformé en quartier général, Sporrenberg et son adjoint Höfle reçoivent chaque heure un rapport de l’état d’avancée de l’action et des chiffres des fusillés (16 à 18.000). Après que tous les corps eurent été brûlés, ces détenus Juifs hommes survivants sont acheminés vers d’autres lieux de massacres collectifs dans tout le district de Lublin où ils sont forcés d’ouvrir les fosses communes, d’en extraire les cadavres et de les brûler. Ce « Sonderkommando » sera liquidé plus tard, sans doute à Poniatowa ou à Chelm. Deux hommes réussiront à fuir : Josef Reznik et Josef Sterdyner. Quant au groupe de femmes, les survivantes sont déportées en mars 1944 à Auschwitz-Birkenau. Toutes finiront dans la chambre à gaz sauf Ida Mazower ; le quatrième survivant de Majdanek, Chaim Zacharewicz de Bialystok, sera transféré dans la prison de la Gestapo à Lublin et survivra miraculeusement à la dernière exécution collective dans cette prison en juillet 1944.

Ce même jour du 3 novembre, le camp de Trawniki est liquidé. Les détenus sont fusillés dans la zone séparant le camp de travail du camp de formation SS. Les SS y rajoutent les détenus du camp de travail de Dorohucza. Parmi les fusillés se trouvent les membres de la résistance juive, mais dépassés par le soudaineté de l’action, ils n’ont pas le temps de s’organiser. Les habitants de Trawniki observent les exécutions depuis leurs maisons, ce qui a permis de récolter de nombreux témoignages. A Trawniki aussi les SS désignent un « Sonderkommando » de 200 Juifs pour l’incinération des corps. Seuls deux réussiront à survivre. A Trawniki, environ 10.000 Juifs seront exécutés ce jour. Non loin de Trawniki existe en 1943 un petit camp dans le village de Milejow. 200 détenus produisent dans une petite entreprise de confiture des denrées alimentaires pour la SS et la Wehrmacht. Ce camp n’est pas liquidé le 3 novembre. Une partie des détenus sera déportée vers Auschwitz. Les autres seront envoyés à Trawniki à la fin de l’année où les SS les liquideront avec les membres du Sonderkommando.

Le 4 novembre l’action Erntefest se poursuit à Poniatowa et dans les petits camps de l’arrondissement de Pulawy. A Poniatowa les SS massacrent environ 14.000 Juifs. Il y aura aussi quelques actes de résistance (quelques baraques incendiées), mais sans effets. Seuls deux survivants du massacre sont connus. A Pulawy il y a aussi des actes de résistance lors de la liquidation du camp (près de l’actuelle scierie) : un groupe de 400 Juifs (parmi lesquels des prisonniers de guerre Juifs du camp de la rue Lipowa de Lublin) se battent contre les SS. Quelques-uns réussissent à fuir, mais leur sort reste inconnu. Les SS massacrent en même temps une centaine de Juifs d’un petit camp de travail situé à côté de la gare de Naleczow.

Le 3 novembre 1943 les SS liquident 2.000 Juifs du camp de Szebnie (près de Jaslo, district de Cracovie), sélectionnés lors de la déportation des juifs de Cracovie vers Belzec. 800 Juifs restant de Szebnie seront finalement déportés vers Auschwitz-Birkenau. D’autres exécutions ont lieu en Galicie. Les 13 et 14 novembre le camp de la rue Janowska à Lwow est liquidé dans le cadre d’Erntefest : environ 4.000 Juifs sont exécuté dans les « sablières » qui avaient déjà servi de lieu d’exécution des juifs du ghetto de Lodz en 1942 et 1943. Quelques Juifs résistent et parviennent à fuir.

Dans le district de Radom les camps de travail ne sont par entièrement liquidés. Des milliers de Juifs y travaillent en effet dans les ateliers de l’entreprise Hasag, une des plus importantes firme d’armements du Reich, et seuls deux camps appartiennent à l’OSTI : le camp de la rue Szkolna à Radom et le camp de Blizyn. Suite à des négociations entre la SS et l’industrie allemande, tous ces camps (avec environ 25.000 Juifs) du district de Lublin sont placés sous les autorités du Gouvernement Général et échappent donc au contrôle direct de la SS. Il y aura cependant en novembre des sélections dans ces camps, touchant essentiellement les femmes et les enfants, et seuls les « aptes au travail » seront épargnés. Provisoirement.

L’Erntefest ne concerne pas les camps de travail du district placés sous la garde de la Luftwaffe. Le plus grand de ces camps se trouve à Budzyn près de Krasnik, dans lequel travaillent 3.000 Juifs pour le consortium « Hermann Göring-Werke ». Budzyn est placé directement souos l’autorité du SS- und Polizeiführer de Lublin et est un camp annexe de Majdanek. 300 Juifs, qui y travaillent jusqu’en juillet 1944, réussiront à survivre à l’holocauste. D’autres Juifs du travail survivront dans les camps de Deblin, Biala Podlaska et Malaszewicze, car ces camps sont placés sous l ‘autorité de la Luftwaffe.

L’« Aktion Erntefest » aura fait environ 42.000 victimes.



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