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Auschwitz, camp de concentration nazi

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4. Auschwitz I Stammlager

Description
Les détenus
Le quotidien
Expériences médicales
Sévices et mort

4.3. Le quotidien

4.3.1. Le système de contrôle et de gestion humaine

Comme dans tous les camps, jouant sur la peur, sur le désir absolu de survivre, sur les rivalités nationales qu'aggrave encore l'antisémitisme de nombre de Polonais, les SS utilisent non seulement des centaines de mouchards (contrôlés par la « politische Abteilung » de Maximilien Grabner) mais surtout les détenus dits « prééminents » : doyens, chefs de bloc, chefs de chambrée, Kapos et sous-Kapos, tous en majorité « triangles verts » responsables sur leur vie de la bonne marche du complexe concentrationnaire, de la vie quotidienne comme du travail ; ce sont eux qui, à l'Arbeitsdienst, établissent la composition des Kommandos de travail, organisent les appels, distribuent la nourriture dans les blocks, font le lien avec les SS.... A de rares exceptions près (Otto Kusel qui aura une attitude parfaitement correcte à la tête de l'Arbeitsdienst et finira par s'évader en décembre 1943), la plupart de ces privilégiés (y compris les quelques rares Juifs chargés de Kommandos extérieurs) sont les auxiliaires zélés des maîtres SS. Une des caractéristiques d'Auschwitz est l'ampleur du fossé creusé entre les plus démunis, promis à une mort certaine,les « Musulmans » et cette « aristocratie » privilégiée de détenus…

4.3.2. Conditions d’habitation, hygiène et santé

Les conditions de vie au camp sont effrayantes. La vie du « Häftling » ordinaire ne diffère guère de celle qui prévaut dans les autres camps. La déshumanisation volontaire et systématique fait de lui un « Stück », une « pièce » qui n'est plus que le numéro matricule tatoué, depuis le printemps 1943, sur l'avant-bras gauche des Juifs ou des non-Juifs, hormis des « Reichsdeutsche ».

Au Stammlager, en 1940, on réserve pour l'habitation vingt bâtiments en dur dont six avec un étage, sans installations sanitaires. On entreprend de transformer les bâtiments qui existent déjà en y ajoutant un étage et de construire huit nouveaux blocks. A partir d'août 1941 il y a donc 28 blocks ; mais tous ne servent pas à l’habitation : plusieurs sont utilisés comme magasins de vêtements et dépôts, comme bains et local pour l'épouillage, comme bureaux du camp, comme cantine…

Auschwitz I : la prévention… « Eine Laus, dein Tod » : « un pou, ta mort »… où « Endlösung » et synonyme de « Entlaüsung »… « Solution finale » = « Epouillage »
Auschwitz I : la prévention… « Eine Laus, dein Tod » : « un pou, ta mort »… où « Endlösung » et synonyme de « Entlaüsung »… « Solution finale » = « Epouillage »

Le nombre des prisonniers dans un block change suivant les effectifs totaux du camp. L'arrivée d'une quinzaine de milliers de prisonniers de guerre soviétiques en automne 1941 (on leur a réservé 9 blocks) et, en mars 1942, de prisonnières auxquelles on avait destiné 10 blocks, aggrave de plus en plus les conditions d'habitation déjà extrêmement pénibles.

Les prisonniers dorment à plusieurs sur des paillassons étendus dans les salles à même le sol. Les premiers lits en bois à trois étages sont fournis au KL Auschwitz fin février 1941. Un lit de ce genre (80cm x 200cm et 2,25m de hauteur, 3 paillasses) est théoriquement prévu pour trois prisonniers. Pratiquement, les déportés dorment à trois sur une paillasse. Etant donné le surpeuplement du KZ Auschwitz I, on y installe provisoirement des baraques du type « écurie » et on utilise les caves et les greniers comme locaux d'habitation. Les locaux sanitaires se trouvent d'ordinaire au rez-de-chaussée seulement et comprennent un cabinet d'aisance avec 22 cuvettes et urinoirs et un lavabo avec des gouttières en grès au-dessus desquelles sont installés 42 robinets.

4.3.3. Vêtements

Les déportés reçoivent au moment de l'enregistrement le costume spécial des camps fait en treillis à rayures grises et bleues : une chemise, un caleçon long, une veste et un pantalon. Suivant la saison, c’est un « rayé » d'été (« Sommeranzug ») ou d'hiver (« Winteranzug ») qui ne diffère que par l'épaisseur du tissu. En hiver on ajoute un « manteau » en tissu à rayures plus épais, mais sans doublure chaude. Les chaussures sont soit des sabots du type hollandais, soit des « claquettes » de bois à dessus de cuir. Sales et infestés de poux, non ajustés à la taille et durcissant à la pluie, les « rayés » et les « claquettes » sont un supplice supplémentaire.

Mais rapidement, les difficultés croissantes d'une année à l'autre dans l'approvisionnement en tissus et treillis utilisés pour les vêtements du camp, obligent les autorités SS à permettre de porter dans les camps de concentration les vêtements civils. En 1943 on prend les vêtements civils des Polonais et des Russes, gardés en dépôt ainsi que les affaires des juifs directement gazés. Les « rayés » ne sont délivrés qu'aux prisonniers employés en dehors du camp pour empêcher les évasions, ou aux prisonniers qu’in transfère dans d’autres camps.

Etant donné le surpeuplement du KZ, les vêtements des prisonniers sont déchirés, sales, infestés de poux, souvent souillés d'excréments et d'urine, puants et repoussants. Les détenus ne changent pas leur tenue durant des semaines, voire des mois… Les seuls qui portent des « rayés » propres sont ceux qui, pendant le travail sont directement en contact avec les SS, car ces derniers ont une peur panique des poux porteurs de typhus.

Pour désinfecter, on emploie des demi-mesures qui finalement se retournent contre les déportés : les épouillages (« Entlausung ») au cours desquels les détenus, hommes et femmes restent nus toute la journée hors des baraques pendant qu’on désinfecte les baraques au zyclon B et qu’on trempe le linge et les vêtements dans des cuves qui contiennent une solution de zyclon. On imagine sans mal comment se terminent des opérations de ce genre pour des êtres épuisés et malades, surtout quand elles sont menées par temps humide ou froid.

Auschwitz I : détenus derrière les barbelés peu après leur libération.
Auschwitz I : détenus derrière les barbelés peu après leur libération.

Les chaussures constituent un problème à part et touchent particulièrement les prisonniers qui devaient parcourir des distances importantes au cours de la journée. Pendant la marche, les claquettes mal ajustées font aux pieds des écorchures douloureuses. L’avitaminose et l'épuisement général aidant, apparaissent des blessures purulentes qui se cicatrisent difficilement et sont souvent la cause indirecte de la mort de milliers de déportés. Quand les médecins SS font les sélections, les blessures aux membres inférieurs sont souvent prétexte pour qualifier le déporté d'inutile et d'inapte au travail, ce qui signifie pour lui la mort.

4.3.4. Nourriture

Les déportés qui sont au camp reçoivent en principe trois repas par jour.

La valeur nutritive des repas dépend avant tout des normes alimentaires en vigueur dans les KZ. A Auschwitz, ces normes changent plusieurs fois. C'est en se basant sur elles qu'on établit les menus hebdomadaires et quotidiens, leurs composants nutritifs et les produits prévus ainsi que leur teneur en calories. Tels sont les principes. La réalité est tout autre : les magasins de nourriture et les cuisines dépendent du personnel SS. Ceux-ci emportent des magasins tous les produits et la nourriture qui ont le plus de valeur : viande, margarine, sucre, semoule, farine, saucisson…

Dans la soupe, il manque 60 à 90%. de la margarine prévue dans la recette officielle ; le pain est aigre et indigeste, le saucisson renferme à peine la moitié de graisse comparé à celui que consomment les SS, bien que fabriqué à la même charcuterie.

La distribution des repas et des denrées alimentaires est faite par les kapos, qui diminuent impunément les portions qu'ils distribuent, surtout des produits les plus nourrissants tels que le pain, le sucre, le saucisson, la margarine, en conservant le surplus pour eux et leurs comparses.

Dans cette situation, au lieu des 1 700 calories environ prévues par le règlement pour ceux qui ont un travail facile et 2 150 environ pour ceux qui ont un travail pénible, les prisonniers du KL Auschwitz reçoivent en réalité respectivement 1 300 et 1 700 calories en moyenne par jour.

Le matin, on ne distribue qu'un demi-litre de « café noir » (succédané de café bouilli) ou une décoction de plantes baptisée « thé », le plus souvent sans sucre. On donne quatre fois par semaine pour le déjeuner de la soupe dite « à la viande » et trois fois de la soupe sans viande, « aux légumes », composée de pommes de terre, de raves et d'une petite quantité d'autres produits tels que l'orge, le gruau de millet, la farine de seigle, un extrait alimentaire appelé « Awo ». Au dîner, on donne à peu près 300 g de pain et un supplément de 25g de saucisson ou de margarine ou encore une cuillerée à soupe de marmelade ou un morceau de fromage, le tout souvent rance et moisi. Le pain distribué le soir doit suffire aussi pour le lendemain matin, mais la plupart le consomme immédiatement, désirant assouvir leur faim au moins pour un instant.

On attribue à ceux qui ont un travail pénible des suppléments spéciaux (« Schwerarbeiterzulage ») : pain, margarine et saucisson selon les normes en vigueur au moment donné. Ces suppléments sont également réduits à la distribution.

Avec de telles rations de famine, on remarque au bout de quelques semaines chez la plupart des déportés des symptômes d'épuisement qui aboutissaient à ce qu'on appelle le « musulmanisme » : Des milliers de prisonniers exténués, amaigris jusqu'aux limites du possible, tentent à chaque occasion qui se présente de trouver quoi que ce soit qui peut être mangé, sans pouvoir se retenir d'aller fouiller dans les déchets jetés au crassier à côté des cuisines. La consommation d'épluchures crues, de raves ou de pommes de terre pourries, au lieu de calmer la faim, provoque des effets aux conséquences tragiques : la dysenterie. Le « Musulman » est celui qui a abandonné toute lutte, tout espoir. Il n’a aucune chance de survie.

A partir de l'automne 1942, des colis de nourriture commencent à arriver au KL Auschwitz et comme le nombre n'en est pas limité, on pouvait en envoyer autant qu'on le voulait. C'est grâce à cela qu'une partie au moins de déportés a pu être sauvée, mais la situation ne s’est pas améliorée pour tous et surtout pas pour les prisonniers juifs.

Survivre. Pour survivre, il faut manger : c’est la loi numéro 1 chez les « Häftlinge » : Les prisonniers affamés cherchent par tous les moyens à assouvir leur faim et à se procurer de la nourriture supplémentaire. La seule issue est le plus souvent ce qu'on appelle « organiser », c'est-à-dire se procurer de quoi manger pendant le travail par tous les trafics possibles. Malgré la façon impitoyable dont sont punis les déportés pris à « organiser », cette coutume se répand au Stammlager. La nourriture obtenue de cette façon « illégale » et même les objets de toutes sortes « organisés » dans les magasins où se trouvent les biens ayant appartenu aux gazés, sont échangés au « marché noir » du camp, véritable économie de survie.

Ainsi la survie implique le cynique « chacun-pour-soi », exige en tout cas de savoir « s'organiser », autrement dit s'approprier tout ce qui peut servir de monnaie d'échange. La mort triomphe le plus souvent. La mort par maladie (dysenterie, tuberculose et typhus endémique). La mort après une consultation à l'infirmerie où, pendant quelques mois, des malades sont achevés par une piqûre de phénol au cœur. La mort par « sélection » quand des Juifs et quelques non-Juifs, réduits à l'état de « musulmans » (cachexie avancée), jugés inaptes au travail, sont désignés pour la chambre à gaz. La mort par pendaison, en musique, devant tout le camp réuni, pour « sabotage » ou pour avoir essayé de s'évader (270 réussites seulement pour quelque 700 tentatives)…

4.3.5. Organisation de la journée

C'est par sa propre expérience que le prisonnier apprend la discipline du camp, les punitions et l'horaire de la journée. Mais la solidarité des autres lui permet souvent de se rendre compte plus vite de l'atmosphère du camp et d'éviter les épreuves fâcheuses. Toutes les occupations ont lieu sur ordre ou à un signal donné. Qui ne comprend pas les ordres (en allemand) ou ne les exécute pas assez rapidement s'expose au pire.

Vers quatre heures retentit le gong du réveil. Se lever au plus vite sous les bousculades, les injures et les coups. Là où il y a des lits à trois étages et des paillasses, faire « son lit » au carré. Très peu de temps pour passer aux cabinets, se « laver » se mettre au rang devant le chaudron et prendre le « petit déjeuner ». Souvent, plus de café pour les derniers.

En rang par dix, pour l’appel sur l’« Appelplatz », ce qui facilite les calculs aux SS. L'appel du matin (et les autres) dure le temps qu'il faut pour constater la présence de tous les prisonniers, vivants et morts de la nuit... Après l'appel, ordre de former les brigades de travail (« Arbeitskommandoformieren »), au son de la musique de l’orchestre. Puis c’est le départ pour le Kommando. Passé le portail, les gardiens SS se joignent aux divers groupes.

La durée effective du travail est de onze heures (de 6 à 17 h), avec une demi-heure d'arrêt pour le déjeuner. Si le lieu de travail est éloigné, une partie des prisonniers parcourt tous les jours plusieurs, voire une quinzaine de kilomètres.

Le travail s’accomplit sous l’étroite surveillance des SS, des Kapos et de leurs chiens… Cris et coups pleuvent. Qui franchit la ligne interdite à droit aux attaques de chiens, aux coups de massue ou à une balle. Beaucoup y sont poussés par les SS, car il y a une récompense au bout : éloge ou permission pour avoir abattu un détenu « au cours d'une tentative d'évasion »…

Le soir, retour au pas et en rangs, avec fouille au portail et comptage. Puis, après l'appel du soir, le « dîner » et vers 21 heures, l'ordre du silence de la nuit pendant lequel nul n'a le droit de quitter les bâtiments d'habitation. Parfois le silence est troublé par des coups de feu lorsqu'un prisonnier, désespéré, tente de se jeter sur les barbelés. « Se jeter sur les barbelés », c’est dans le jargon du camp, chercher à se suicider en se jetant sur les fils de la clôture du camp et sous la balle des gardiens.

Certains appels sont redoutables, car ils peuvent durer des heures dans toutes les conditions et par tous les temps, lorsque par exemple les SS constatent une évasion… Un appel, en novembre 1940, dura de midi à minuit sous la neige, et coûta la vie à 120 détenus, soit le dixième des détenus alors présents… En 1941, en cas d'évasion, on choisit à l'appel du soir une quinzaine de prisonniers du block de l'évadé et on les condamne à mourir de faim.

Particulièrement pénible pour les femmes prisonnières du KZ Auschwitz est l'appel général pendant lequel les SS procèdent à des « sélections », faisant sortir des rangs les femmes malades, inaptes au travail qui sont liquidées dans les chambres à gaz. L'appel général dure une quinzaine d'heures et les prisonnières doivent rester tout ce temps là en dehors des baraques.

Auschwitz-Birkenau : un appel
Auschwitz-Birkenau : un appel

Comme procédés de terreur, les autorités SS ont très fréquemment recours au système extrêmement développé de punitions infligées aux prisonniers

  • interdiction d'envoyer et de recevoir des lettres ;
  • exercices punitifs ;
  • travail punitif pendant le temps libre ;
  • privation de nourriture (pas de « déjeuner » tout en continuant à travailler à plein temps) ;
  • peine du fouet, administrée publiquement et pendant laquelle le puni compte les coups en allemand ;
  • peine du « poteau » (le prisonnier est pendu par les mains attachées et tordues dans le dos) ;
  • compagnie disciplinaire « Strafkompagnie » ;
  • séjour dans les cellules du « Bunker », la prison du camp…

4.3.6. Contacts avec l’extérieur

Officiellement, la seule possibilité d'être en contact avec ses proches est la correspondance. En principe, un prisonnier peut recevoir et envoyer deux lettres par mois. Les lettres envoyées et le courrier reçu sont soumis à la censure des employés au bureau « Postzenstelle » qui dépend de la Kommandantur.

La correspondance des prisonniers est obligatoirement rédigée en allemand. Les lettres envoyées sont écrites sur des formulaires spéciaux, munis d'une inscription portant le nom du camp et les règlements généraux concernant la correspondance avec les prisonniers et ne doit pas dépasser 15 lignes. Formule obligatoire : « Je suis en bonne santé et je me porte bien » (« Ich bin gesund und fühle mich gut »). A la censure, les phrases suspectes sont barrées ou des paragraphes entiers sont découpés.

Les « Nuit et brouillard » (NN) ne peuvent entretenir de correspondance, pas plus que les prisonniers de guerre soviétiques, les déportés juifs envoyés au camp par familles entières et ceux dont les familles habitent sur les territoires libérés de l'occupation allemande.

Les prisonniers juifs maintenus en vie ne peuvent correspondre que par l'intermédiaire de l'Association Allemande des Juifs (« Reichsvereinigteng der Juden in Deutschland ») de Berlin, et une fois tous les deux mois. Pour les autorités SS, il s'agit de rassurer la population juive se trouvant dans les ghettos.

Autres contacts avec l’extérieur, les visites d’officiels (autres que SS) dans le camp : les SS ne montrent aux visiteurs que les blocks d'habitation et les baraques de l'hôpital, spécialement préparés à cette fin, et à l'occasion on distribue aux prisonniers un meilleur déjeuner. Mais pas question de leur faire visiter les maisons de tolérance du camp et les fours crématoires, ni même d'en parler. Les prisonniers n’ont pas la possibilité de faire part de leurs remarques ni de se prononcer librement au sujet des conditions régnant au camp. Il n'est donc pas surprenant que le représentant du Comité International de la Croix-Rouge qui visite Auschwitz en automne 1944 n'ait pu parler avec des déportés qu'en présence des SS. Il n'apprendra l'existence au KL Auschwitz d'installations d'extermination massive que par les prisonniers de guerre anglais du Stalag (camp de prisonniers de guerre) de Cieszyn.

4.3.7. Le Revier

L'hôpital (Revier) des prisonniers du KZ Auschwitz ne possède aucun équipement et le travail des rares médecins - prisonniers se résume à ce qu'aurait pu faire des infirmiers ou des aides soignants, avec le matériel en moins. Le responsable de l'ordre dans les blocks du « KB » ou « HKB » (« Krankenbau – Häftlingskrankenbau ») est un Kapo qui fait fonction de chef de l'hôpital du camp (« Lagerältester des HKB »), totalement incompétent en matière sanitaire. Il décide souvent de l'admission des malades, voire de leur traitement. (Cela vaut aussi pour le « Revier » des femmes à Birkenau).

Dès 1941, les SS commencent à effectuer des « Sélections » au Revier à la suite desquelles des malades sont éliminés, soit par piqûre de phénol soit dans la chambre à gaz. Très vite, le Revier devient synonyme d'antichambre du four crématoire et de salle d'attente de la chambre à gaz. Il y a en moyenne une sélection tous les 15 jours.

Le mobilier du Revier ne diffère en rien de celui des autres blocks d'habitation. Les malades sont couchés sur des paillasses en papier remplies de ce qu'on appelle de la laine de bois. Les lits en bois étant à trois étages, il est difficile de s'approcher des malades et eux-mêmes ont des difficultés pour descendre de leurs couchettes.

La plupart, en dehors de nombreux autres maux, souffrent de dysenterie ; aussi les paillasses sont-elles souillées d'excréments et de pus qui suinte des blessures. Les malades doivent rester couchés nus, souvent à deux sur une paillasse, avec des couvertures sales et infestées de poux. Il règne dans les salles et les baraques une puanteur épouvantable, les gémissements des agonisants et de ceux qui délirent se mêlant aux cris des malades qui réclament de l'aide.

Les médicaments sont insuffisants en quantité et en qualité : analgésiques (« Schmerztabletten »), aspirine, pyramidon, pastilles pectorales, charbon et tanin pour les prisonniers atteints de diarrhée de la faim. Les pansements en papier et la ouate de cellulose sont distribués en très petites quantités. Rien contre la gale. Dans cette situation le travail du personnel de l'hôpital n'est d'aucun secours, sinon moral, surtout quand éclatent les épidémies de typhus exanthématique ou de fièvre typhoïde.

Les médecins SS se servent des hôpitaux des camps pour se livrer également sur les malades à des expériences médicales auxquelles ont été soumis des milliers de prisonniers du KL Auschwitz. La plus grande partie d'entre eux meurent au terme de ces opérations ou sont éliminés.



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