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Rome : la chapelle Sixtine (Vatican)

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4. La « théologie » de la Sixtine

Introduction
La symbolique de la Sixtine et la théologie augustinienne
L’apport de Michel Ange

4.2. La symbolique de la Sixtine et la théologie augustinienne

Chapelle Sixtine, Vatican : section longitudinale de la voûte comprenant un voûtain, la figure du prophète Daniel et celle de la sibylle de Cumes
Chapelle Sixtine, Vatican : section longitudinale de la voûte comprenant un voûtain, la figure du prophète Daniel et celle de la sibylle de Cumes

Toute l'organisation symbolique de la Sixtine est construite sur une périodisation théologique dont l'origine remonte à saint Augustin. Elle est développée dans le recueil de questions doctrinales « De diversis questionibus », (question 66), qui est en fait un commentaire de l'épître aux Romains de saint Paul, chapitres VII et VIII. Augustin, dans son interprétation de saint Paul, distingue quatre états dans le devenir de l'humanité :

  • avant la Loi ou « ante legem »,
  • sous la Loi ou « sub lege »,
  • sous la grâce ou « sub gratia »,
  • dans la paix ou « in pace ».

Avant la Loi, l'humanité est soumise au péché et obéit à la concupiscence sans même en prendre conscience : cette humanité perdue pour le Salut est anéantie dans les eaux du Déluge.

Après la Loi de Moïse, l'humanité s'élève à la pensée du Mal par la transgression, la Loi n'ayant pas pour fonction de refouler le péché, mais plutôt de l'élever à la conscience de lui-même.

Chapelle Sixtine, Vatican : l’intérieur. 1475-1483 pour les fresques de murs ; 1508-1512 pour la voûte ; 1535-1541 pour le jugement dernier
Chapelle Sixtine, Vatican : l’intérieur. 1475-1483 pour les fresques de murs ; 1508-1512 pour la voûte ; 1535-1541 pour le jugement dernier

Sous la grâce, le cœur de la créature incline de lui-même au bien, touché par les rayons de la grâce divine, la Loi, d'extérieure qu'elle était, devient alors intérieure : cette ère nouvelle commence avec le sacrifice du Christ, et marque l'étape décisive dans l'accomplissement de la Providence, la créature étant alors capable, au prix du combat moral, de participer elle-même au salut de son âme.

Mais c'est seulement dans la paix, quand surviendra la fin des temps, le jour du Dernier Jugement et de la résurrection de la chair, dans la béatitude de la contemplation de Dieu, que le corps redevenu glorieux obéira sans résistance à l'élan de l'Esprit, et que toute trace du premier péché sera abolie.

Ces quatre états ne sont pas sans relation avec les quatre sens que l'allégorisme médiéval attribue à l'Écriture : si le sens littéral enregistre la réalité historique de l'événement, en revanche le sens symbolique se divise lui-même en trois modalités qui recoupent les trois grandes époques de l'histoire de la Révélation :

  • le sens allégorique correspond à l'Ancien Testament, à l'état « sub lege », sous la Loi de Moïse, quand l'annonce du Salut s'exprime sous le voile de l'image prophétique ;
  • le sens moral est celui du Nouveau Testament, « sub gratia » : le Christ Jésus donne des préceptes clairement énoncés et parle enfin sans énigme (la parabole évangélique n'est pas une allégorie, mais seulement une fable pour les simples qui rend mieux accessible le sens moral de son enseignement) ;
  • enfin le sens anagogique annonce, dans les temps présents, la grâce, la Jérusalem céleste qui paraîtra dans toute sa splendeur quand l'écran du ciel se déchirera, au jour du Dernier Jour.
Le déluge, détail. 1508-1509. Fresque, Chapelle Sixtine, Vatican
Le déluge, détail. 1508-1509. Fresque, Chapelle Sixtine, Vatican

On le voit, l'organisation de l'histoire de la Révélation en quatre états, tels que saint Augustin les définit, fonctionne comme un système herméneutique qui rend possible un nombre à peu près indéfini d'associations et d'analogies, et grâce auquel le temps de l'histoire humaine n'est plus un quasi infini qui vient de l'abîme et se perd dans l'abîme, mais une totalité close sur elle-même et saturée de correspondances.

C'est ce schéma très général qui rend compte de ce qu'on peut, sans exagération, nommer la théologie de la Sixtine, à l'exception, il est vrai, du Jugement Dernier, qui vient d'un autre monde et annonce d'autres temps. Bien avant que Jules II ne confie au jeune Michel Ange (il a trente-trois ans) la décoration de la voûte, Sixte IV, avait déjà entamé le programme iconographique de la chapelle pontificale. Il reposait surtout sur les deux ères les plus riches en associations symboliques, « sub lege » et « sub gratia », l'Ancien et le Nouveau Testament, le premier préfigurant de manière allégorique ce que le second, après que le voile du Temple se fût déchiré à l'instant précis de la mort du Christ, rendait pour tous explicite.

Michel Ange : étude pour la création d’Adam de la chapelle Sixtine. Vers 1511. Sanguine. Paris, musée du Louvre, cabinet des dessins.
Michel Ange : étude pour la création d’Adam de la chapelle Sixtine. Vers 1511. Sanguine. Paris, musée du Louvre, cabinet des dessins.
Création du soleil, de la lune et des plantes (avant restauration). 1511. Fresque, 280 x 570 cm. Chapelle Sixtine, Vatican
Création du soleil, de la lune et des plantes (avant restauration). 1511. Fresque, 280 x 570 cm. Chapelle Sixtine, Vatican

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