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Le système concentrationnaire nazi

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4. LÂ’organisation des camps

Description du camp
Les triangles
Le quotidien du camp

4.1. Description du camp

La description qui suit n'est pas celle d'un camp en particulier, mais reprend les caractéristiques de la plupart des camps. Chacun d'eux avait évidemment des caractères particuliers dus à son implantation géographique, à sa taille, aux types de travaux effectués par les déportés (dans le camp ou hors du camp), à la date de sa construction...

Le camp est entouré d'une double ou triple barrière de barbelés, généralement électrifiée, ponctuée de miradors où des gardiens équipés de mitrailleuses peuvent de jour et de nuit surveiller tout le périmètre. L'unique porte du camp porte le plus souvent l'inscription « Arbeit macht frei », « le travail libère »... A Buchenwald, l’inscription dit « Jedem das Seine », « A chacun son dû »… Le camp comporte essentiellement les baraques des détenus, les SS logeant en général hors du camp, dans des villas s’il s’agit d’officiers, dans des baraques confortables pour les gardes… A l’extérieur du camp se situent aussi généralement les services administratifs.

Dans le camp, chaque baraquement, en bois ou en briques est appelé « Block ». Les Blocks de détenus dans beaucoup de camps (Dachau, Mauthausen, Buchenwald, etc.) mesurent environ 50m x 7m. Chacun d'eux est partagé en deux ailes (« Flügel ») A et B, situées de part et d'autre de l’entrée et comprenant un dortoir (« Schlafsaal ») une pièce commune (« Dienstraum »), un poste d'eau et les W.C. Un autre genre de Block, du type « Pferdestall », ancien modèle d’écurie de l’armée pour 52 chevaux, pouvait abriter jusqu'à 1 200 détenus. (Auschwitz, Maïdanek, petit camp de Buchenwald, etc.) Dans le Block, les internés dorment sur des châlits également en bois et à plusieurs niveaux superposés. Ils couchent à plusieurs par châlit et le plus souvent sur le côté pour pouvoir tenir. Ces châlits sont munis d'une paillasse, d'un peu de paille, ou... de rien, sinon d'une couverture. Le Block ne comporte pas de toilettes. Dans certains cas, un seau ou une bassine en tient lieu (rincé, il pouvait servir pour le « café » du matin...). Il est interdit de sortir du Block la nuit pour se rendre aux latrines : ceux qui s'y risquent quand même peuvent être abattus s'ils sont surpris.

Chaque block à son responsable, le « Blockälteste » ou doyen du Block, le mot doyen ne s’appliquant pas nécessairement au plus âgé des Häftlinge Le Blockälteste est chargé de faire régner la discipline. Si le Block est divisé en chambres (« Stube »), des « Stubenälteste » et des « Stubendienste » (Serviteurs) secondent le Blockälteste. Le responsable du camp est le « Lagerälteste » qui propose les Blockälteste à l'agrément des SS. Chaque commando a à sa tête un « Kapo ». « Kapos », « Blockälteste » et « Lagerälteste » portent des brassards distinctifs. Ils jouissent d'une autorité pratiquement illimitée sur les autres déportés, qu'ils peuvent frapper ou même tuer : dans ce cas la seule obligation qui leur est faite est de signaler le décès à temps pour que l'appel suivant tombe juste.

Les « Häftlinge » qui arrivent sont conduits en quarantaine (local, baraque, tente...). Beaucoup plus qu’un lieu d’isolement sanitaire, la quarantaine est le lieu du premier apprentissage de la vie du camp, souvent le plus redoutable, car le « Häftling » y est immédiatement confronté à l’univers concentrationnaire par une initiation extrêmement brutale faite de coups, d’agressions, de hurlements, totalement livré à lui-même… « Hier gibt’s kein warum ! », « Ici, il n’y a pas de pourquoi ! »… Les nouveaux venus doivent se dévêtir complètement ; souvent ils reçoivent une douche et une désinfection ; leurs cheveux sont sommairement rasés. Enfin ils sont enregistrés et tatoués (les « petits numéros » sont donc ceux des déportés qui ont survécu le plus longtemps : ils sont donc considérés avec plus de respect par les autres). Ils reçoivent ensuite une tenue de déporté - le fameux « pyjama » rayé. Dans les premiers temps, les nouveaux déportés pratiquent des échanges pour avoir des vêtements à leur taille. Dans les dernières années, comme il s'agit des mêmes vêtements récupérés sur les morts, ce ne sont le plus souvent que des loques, et les échanges deviennent impossibles.

Chaque détenu est affecté à un « Arbeitskommando », un commando de travail.Les commandos sont des équipes de travail. Certains sont fixes, d'autres temporaires, en fonction de la nature des travaux à réaliser. Il y a des commandos internes au camp (cuisine, entretiens, commandos des sanitaires, jardin…) et des commandos externes (entreprises, fermes agricoles, services SS…) Il existe aussi des commandos punitifs, les « Strafkommandos » dont souvent le détenu de revient pas…. Mais l'élément déterminant pour la survie au travail n'est pas forcément la nature ou la dureté de celui-ci : c'est plutôt la personnalité du « Kapo » qui dirige le commando. Certains de ceux-ci, des « droit commun », sont des criminels qui se comportent en brutes. Il arrive aussi qu'au matin, au départ du commando pour son lieu de travail, les gardes SS donnent au Kapo la consigne de revenir en rapportant un certain nombre de morts : libre à lui de choisir ses victimes et le moyen de les tuer.

De façon générale, la lutte pour la survie isole chaque déporté, qui doit se battre pour conserver ce qu'il a (vêtements, chaussures, gamelle, cuiller, morceau de pain du jour : les abandonner un instant du regard c’est risquer de se les faire voler) et tenter d'« organiser » des suppléments par tous les moyens possibles. Rapidement « survivre » devient l’objectif unique du détenu, et survivre, c’est avant tout manger, obsession unique et vitale…

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