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Ravensbrück, camp de concentration nazi

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7.15. La résistance

« Il n'existait pas dans le camp une organisation structurée de résistance avec une direction orientant et coordonnant l'action des différents groupes clandestins. Le travail s'effectuait sur la base de contacts personnels, plus ou moins systématiques, entre un nombre limité de femmes se faisant mutuellement confiance. Grâce à cette activité, il fut possible de placer quelques déportées politiques à la cuisine, au vestiaire, au magasin de chaussures, au service du travail, au Revier et jusque dans la police du camp. »

« La solidarité a bien existé, dans la mesure du possible, entre les femmes des dix-huit nationalités de Ravensbrück : la solidarité en liaison avec le groupe international portait sur les vêtements, les chaussures, des suppléments de nourriture à distribuer en priorité aux malades, les médicaments, les soins au Revier ou les avertissements à ne pas s'y présenter quand on craignait l'extermination des malades, le changement de numéros d'immatriculation pour sauver des camarades de la mort, l'aide aux membres d'une même famille pour ne pas être séparés. Occasionnellement, l'organisation réussissait à faire entrer au camp des objets interdits : un chapelet, une bible, un dictionnaire, un recueil de poèmes, une brochure clandestine... »

« À l'instar des hommes dans les autres KZ, les femmes se groupent par nationalités, les communistes formant un groupe à part très organisé. Pour pratiquer la solidarité et aussi pour se conforter mutuellement, elles se retrouvent dès que cela est possible pour parler et pour des activités intellectuelles. H. Langbein donne des exemples de cette forme de résistance de l'esprit : «  Olga Benario, Blockälteste à Ravensbrück, organisait dans son Block conférences, cours et soirées littéraires, où l'on récitait du Goethe, du Schiller, du Mörike. Souvent, pendant les moments de liberté dans les rues du camp, les femmes récitaient tout bas des poésies, parlaient de livres qu'elles avaient lus, de pièces de théâtre qu'elles avaient vues, pratiquant ce que certaines d'entre elles appelaient une gymnastique cérébrale. Pour éviter de sombrer dans l'hébétude et l'apathie, elles voulaient exercer leurs forces intellectuelles. La Russe Kudijawzewa et l'Autrichienne Käthe Leichter rapportent qu'elles récitaient devant des camarades des vers composés par elles. Des Hollandaises avaient même rédigé un petit opuscule comique de trois pages pour sortir leurs compatriotes de la tristesse du quotidien. »

« Les Françaises n'étaient pas en reste dans ce domaine. La solidarité du destin permet parfois de mieux faire face comme le montre, par exemple, ce convoi de déportées françaises arrivées ensemble à Ravensbrück, et qui restèrent groupées. Elles partirent ensemble dans les trois gros kommandos de Holleischen, de Leipzig et de Zwodau et y maintinrent leur organisation. »

« Mais les déportées s'efforcent de nuire à la production de guerre allemande. « La détérioration des machines était difficile ; la surveillance était très stricte, le délit constaté ou seulement soupçonné d'une gravité mortelle; et de plus, nous manquions de connaissances techniques pour provoquer un accident dont la réparation fût assez longue. Nous ne pouvions pas faire de gros dégâts, mais nous avons souvent appris, en observant des pannes normales, à en provoquer qui l'étaient moins, introduit par inadvertance des poussières au bon endroit, fait tourner une perceuse à vide jusqu'à ce que la tête se brise... Pour apprendre, nous profitions des conseils qu'on nous donnait ou que nous sollicitions d'un air appliqué : « Vissez à fond », nous vissions à demi ; « Remplissez à mi-hauteur », nous remplissions maladroitement jusqu'au bord ; « Attention à ce foret qui risque de casser », donc on doit forcer sur le foret ; « Mettez une très mince couche de laque », à nous de noyer la pièce façonnée dans une laque épaisse. Certaines déportées ont accepté la totalité des risques. Le souvenir de l'une d'elles est évoqué par sa camarade : « J'entends encore Françoise, la veille de sa mort, me dire avec son accent franc-comtois : « Naturellement, j'ai vu que la presse allait sauter; mais je me suis dit : Eh bien, que ça saute ! » Ce fut l'une des déportées pendues pour sabotage... »

« Comme dans les autres KZ, les déportées envisagent et redoutent une extermination générale à la veille de l'arrivée des armées alliées. Aussi : « À partir de 1945, l'organisation clandestine se prépara en vue d'une liquidation éventuelle du camp. On envisagea la possibilité selon laquelle les gardiens SS pourraient abandonner le camp à l'approche de l'armée soviétique et on essaya de se préparer à dominer le camp au moment décisif. Une entente internationale fut réalisée, on fit des plans d'occupation des postes les plus importants du camp dans la période intermédiaire, ce qui permettrait aussi d'assurer la sécurité et l'ordre. Les choses se déroulèrent autrement, mais les préparatifs en vue de la dissolution du camp facilitèrent aux groupes de prisonnières qui étaient demeurées et qui y étaient revenues pour soigner les malades l'organisation de la vie pendant les jours qui suivirent la libération.  »

Amicale de Ravensbrück et ADIR : Les Françaises à Ravensbrück, Gallimard, 1965.


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