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RavensbrĂĽck, camp de concentration nazi

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7. TĂ©moignages

Conditions de vie
Le Kommando vidange
Le couloir des fusillées
Gazages : le commandant parle
Uckermark
Le matin au camp
Les appels
Froid et intempéries
La nourriture
L’hygiène
Le travail
Les petites Tziganes
Les « lapines »
Les nouveaux nés
La résistance
Les punitions

7.11. Le travail

« Le camp ne fournissait pas seulement la main-d'œuvre bon marché aux entreprises dont les ateliers étaient à proximité, mais il en expédiait sur commande dans toute l'Allemagne. Pour le prix convenu, le commerçant ou l'industriel recevait les 500 ou 1 000 femmes demandées, ainsi que les Aufseherinnen armées de gourdins et les chiens dressés, capables de faire travailler douze heures par jour des femmes épuisées et pas nourries, jusqu'à ce qu'elles en meurent. Elles étaient alors remplacées par d'autres, sans supplément de dépense pour l'employeur. »

« Le transport des bidons de soupe par des femmes affaiblies devient une épreuve que tout le monde essaye d'éviter ; deux prisonnières doivent porter un bidon de 30 à 50 litres environ; les porteuses fatiguées butent sur les pierres, glissent sur la terre ou la neige, heurtent le bidon, projettent de la soupe bouillante sur leurs pieds ; et le désastre arrive parfois : elles tombent, ou une surveillante les bouscule et les frappe jusqu'à ce qu'elles tombent et répandent la précieuse nourriture. Parmi les corvées il y a, surtout les derniers mois, l'enlèvement des mortes entreposées à mesure sur le sol des lavabos et qu'il faut ensuite transporter à la fosse ou au crématoire... Les travaux d'entretien du camp étaient presque totalement assurés par des déportées étrangères. Les Françaises étaient arrivées en nombre alors que la plupart des Blocks et les rouages principaux du camp fonctionnaient déjà. Non seulement elles n'occupaient pas de poste d'autorité ou de surveillance, mais elles n'accédaient, sauf exception, ni à la cuisine, ni à l'infirmerie, ni à l'habillement, ni au jardinage... »

« Dans l'enceinte de Ravensbrück ou dans ses environs proches, le travail se fait dans des ateliers, sur des chantiers permanents et sur des chantiers occasionnels. Les installations permanentes les plus importantes sont une usine Siemens fabriquant de l'appareillage électrique et une entreprise de récupération de vêtements militaires : l'Industrie-hof. Des Françaises y travaillent, au milieu de beaucoup d'étrangères. L'effectif stable est complété, selon les besoins de chaque jour, par des désignations individuelles : le personnel du bureau d'embauche (Arbeitseinsatz) vient faire son choix chaque matin et parfois chaque demi-journée parmi les femmes disponibles. »

« Il semble qu'aucun travail demandé aux femmes déportées n'ait exigé plus qu'une formation d'OS, le tour était la machine la plus pénible et la moins facile à manœuvrer, pour des femmes sans expérience industrielle. Chez Siemens, exceptionnellement, le réglage des interrupteurs de radio était un travail de grande précision. Mais partout les femmes acquérront assez d'adresse pour pouvoir clandestinement fabriquer, en galalithe, en ersatz d'aluminium ou autres matières, quelques objets d'usage, un peigne, un manche de brosse à dents, une croix... »

« Plus pénibles que le travail d'usine pris en lui-même sont les conditions dans lesquelles nous le faisons et nous vivons. À elle seule, l'interdiction d'aller au WC, sauf à certains moments réglementairement fixés et beaucoup trop rares pour des femmes dysentériques, crée chez de nombreuses prisonnières une gêne et une véritable hantise; d'autant que les accidents, inévitables, sont punis, comme sont punies des paroles échangées avec une voisine, punie à plus forte raison la lenteur involontaire ou volontaire, punis les vols de chiffons pour faire des mouchoirs ou des serviettes de toilette. Tout est puni... »

«...travaillait sur des terrains d'épandage à remplir de matière molle de lourds wagonnets ; quatre femmes poussaient un wagonnet, et elles essayaient en vain, au retour, de se débarrasser de l'odeur. Mais le plus épuisant peut-être, c'était le rouleau compresseur. Nous faisions les fondations des routes du camp, et nous tassions le mâchefer en tirant un énorme rouleau de ciment de 1,50 mètre de diamètre, 3 mètres de long et qui pesait 8 à 900 kilos. Nous nous attelions à sept ou huit pour le traîner. C'était une vision évoquant l'esclavage assyrien. Outre ces ateliers et chantiers plus ou moins permanents, le bureau d'embauche fournissait également de la main-d'œuvre pour des tâches extérieures qui se présentaient occasionnellement. La principale était le déchargement de wagons remplis de marchandises pillées un peu partout, en Pologne, en Tchécoslovaquie: travail qui demandait de rudes efforts physiques quand il fallait remuer de ses doigts gourds la ferraille glacée, ou empiler les épaisses planches des chalets tchèques démontés. »

Amicale de Ravensbrück et ADIR : Les Françaises à Ravensbrück, Gallimard, 1965.


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