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Duccio di Buoninsegna

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4. La madone Rucellai

La Madone Rucellai. 1285. Tempera sur bois, 450 x 290 cm. Florence, les Offices
La Madone Rucellai. 1285. Tempera sur bois, 450 x 290 cm. Florence, les Offices

Le nom de l’œuvre provient de la Chapelle Rucellai de Santa Maria Novella de Florence. Elle se trouvait à l'origine dans la Chapelle des Bardi, où certaines fresques du Trecento encore existantes furent probablement peintes à son installation ; en 1591 elle fut déplacée dans la chapelle voisine dite « Rucellai », dont elle a pris le nom. Elle y est restée jusqu’en 1937, année de l'exposition Giotto. Elle a ensuite été transférée au musée des Offices.

Le retable a été commandé à Duccio le 15 avril 1285 par la Compagnie des Laudesi (Chantres) pour l'église Santa Maria Novella de Florence. Cette confrérie a été créée au sein de l'ordre des Dominicains, vers 1244-1245, afin de lutter contre les hérésies par le biais d'un programme intensif de prédication.

La peinture a fait l'objet de nombreuses controverses quant à son auteur. Au XVè siècle, l'œuvre est attribuée à Cimabue ; Vasari appuie cette thèse restée en vigueur jusqu’au début du XXè siècle. La conception du cadre orné de médaillons, les trois paires d'anges flanquant le trône et le geste de l'enfant bénissant prouvent d’indéniables similitudes avec la Maestà de Cimabue, peinte cinq ans plus tôt, aujourd'hui au Louvre, mais qui à ce moment-là se trouvait dans l'église de San Francesco de Pise. Il n’est pas impossible que Duccio, dont le séjour à Pise est possible d’après les « Vies » de Vasari, se soit directement inspiré de l’œuvre de Cimabue.

Les éléments inspirés de Cimabue sont cependant enrichis de délicates tonalités gothiques, inconnues à l'époque, mais qui devaient par la suite devenir une caractéristique permanente de l'art siennois. L’éclat de la couleur, les courbes des lignes, les mouvements sinueux de la bordure dorée du manteau de Marie sont totalement nouveaux. L'ensemble de la structure du trône reflète une indéniable influence transalpine : il est composé de panneaux décorés de minces fenêtres à meneaux ; le repose-pied est soutenu par une double arcature ; le dos est couronné de voûtes délicates et de petits pinacles.

L'interprétation iconographique comporte également une nouveauté : les anges tenant le trône ne sont plus à l’arrière plan de la solennité et de la magnificence du couronnement ; ils ne regardent pas le spectateur, mais ont le regard tourné vers la Vierge dans une attitude de participation émotionnelle très intense et très humaine.

Le châssis peint de médaillons répond aux intentions de la Confrérie des Laudesi : dans le médaillon du sommet, le Christ. A sa gauche douze personnages, la plupart des prophètes et des patriarches, parmi lesquels se trouvent Jean-Baptiste immédiatement à côté du Rédempteur, le roi David couronné tenant le livre des psaumes, Daniel tenant un rouleau. Sur la droite les Apôtres, à qui l'enfant donne sa bénédiction, et qui représentent le Nouveau Testament. Pierre et Jean l'évangéliste sont les premiers ; la plupart tiennent des livres et des rouleaux qui font référence à l'Evangile et, dans un sens plus général, soulignent l'importance de la prédication dans la vie chrétienne.

Les médaillons de la section inférieure, plus aisément visibles pour les fidèles, proposent les images des saints particulièrement mis en avant par les Laudesi et les Dominicains. Au centre, Augustin d'Hippone, dont la règle a inspiré celle des Dominicains. À gauche, Catherine d'Alexandrie et Dominique. A droite, Zenobius, évêque et patron de la ville au début du Moyen Age, accompagné par Pierre le Martyr (Pierre de Vérone), récemment canonisé et fondateur de la confrérie. L'importance de l'image et les médaillons n'est donc pas uniquement ornementale, mais exprime le désir de l'« auto-glorification » et une volonté de propagande de la fraternité dominicaine, présentée comme un groupe laïc défendant le culte de la Vierge.

La Madone Rucellai, détail. 1285. Tempera sur bois, 450 x 290 cm. Florence, les Offices
La Madone Rucellai, détail. 1285. Tempera sur bois, 450 x 290 cm. Florence, les Offices
La Madone Rucellai, détail. 1285. Tempera sur bois, 450 x 290 cm. Florence, les Offices
La Madone Rucellai, détail. 1285. Tempera sur bois, 450 x 290 cm. Florence, les Offices
La Madone Rucellai, détail. 1285. Tempera sur bois, 450 x 290 cm. Florence, les Offices
La Madone Rucellai, détail. 1285. Tempera sur bois, 450 x 290 cm. Florence, les Offices
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