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L’art de la Grèce classique

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1. Architecture

Introduction
La Grande Grèce
La Grèce continentale : conquête des espaces intérieurs
Extension des valeurs ornementales : développement des styles décoratifs
Naissance et développement de la composition architecturale
Conclusion

1.3. La Grèce continentale : conquête des espaces intérieurs

1.3.1. Le temple de Zeus à Olympie

Les débuts du classicisme en Grèce continentale sont marqués par une oeuvre majeure : le temple de Zeus à Olympie, érigé par Libon. Comparable au temple de Héra II de Paestum, il possède les mêmes proportions un peu lourdes d'une puissante solidité. Mais la polychromie et les valeurs décoratives aèrent et allègent la recherche des volumes.

Sur un talus artificiel de 3 mètres se dresse la krépis à trois assises avec un stylobate plus haut que les deux premiers degrés (0,56 contre 0,48m). La colonnade est de 6 x 13 colonnes qui présentent de légères variantes (2,25m de diamètre en façade et 2,23m sud côtés). Les colonnes latérales sont inclinées de 6cm ver l'intérieur, celles de façades sont verticales (sauf les deux d'angle): ce sont de subtils rapports que l'on retrouve dans le rythme de la colonnade et de l'entablement, réalisés pour la satisfaction d'un oeil exercé au jeu des lignes...

Dans la Cella, l'espace est divisé par deux colonnades à deux registres comme à Paestum. Mais l'étroitesse de la nef centrale jure avec l'énormité de la statue chryséléphantine de Zeus de Phidias, réduisant les nefs latérales au rôle de couloirs. Aussi l'harmonie extérieure contraste avec la faiblesse de la composition intérieure: le chemin est tracé pour les architectes futurs afin de parer à cet inconvénient.

Le temple de Zeus Olympien parte la marque de l'esthétique dorienne : masses et volumes puissamment structurés, respect des lignes équilibrées et développées en des ensembles géométriquement organisés, association de l'architecture et de la sculpture dans un même rythme. En même temps, il porte aussi les marques de ses limites: manque d'espaces plus libres et plus dégagés, peu de valeur décorative des éléments architectoniques, édifices trop peu intégrés dans une composition plus largement organisée.

1.3.2. Le Parthénon

Cette nouvelle conquête sera réalisée par Ictinos, Callicratès et Phidias qui créent le Parthénon, le moins classique des temples grecs, le plus chargé d'anomalies et d'étrangetés, qui jamais ne sera imité mais sera à l'origine de multiples innovations.

Le chantier s'ouvre en 447. Ictinos rencontre trois grandes difficultés :

  • respecter les contraintes d'un édifice inachevé dont il faut utiliser le soubassement et les premiers éléments des colonnes déjà prêtes...
  • respecter les prescriptions de Phidias pour la statue d'Athéna...
  • respecter les impératifs de Périclès soucieux de mettre en valeur la puissance de sa politique et celle de la cité.

Il lui faut ainsi résoudre le conflit entre l'application des règles strictes du style dorique à son plein épanouissement et les besoins d'un espace intérieur qui tend à bousculer les traditions de l'ordre.

L'édifice pré-péricléen est un périptère de 23,53 x 66,94m, prostyle de 4 colonnes et cella à antes comportant deux salles: une salle à l'est avec trois nefs et deux rangées de dix colonnes et une salle à l'ouest sur plan carré avec quatre colonnes. Aussi la nécessité d'utiliser des colonnes déjà préparées imposa le choix du diamètre inférieur et le rythme très serré de la colonnade extérieure. Il en résulte une colonnade dense, fermée sur elle-même, où les pleins l'emportent sur les vides.

L'oeuvre d'Ictinos révèle une unité profonde des divers éléments, une association étroite entre supports et entablement, l'équilibre de la colonnade de 8 x 17. Le rapport créant l'unité de l'ensemble est celui du diamètre inférieur des colonnes (1,105m) à la longueur de l'entraxe courant (4,296m), soit 4/9. Ce même rapport se trouve dans les dimensions du stylobate (30,88 x 69,50), le rectangle enfermant le naos (hors antes), la largeur et la hauteur de la façade jusqu'au larmier horizontal.

La courbure très sensible du stylobate se transmet à l'architrave et au larmier ; les colonnes sont inclinées vers l'intérieur et les colonnes d'angle, plus fortes, se penchent sur les diagonales.

La disposition intérieure traduit nettement les solutions originales qu'Ictinos dut adopter : du pré-Parthénon il conserve la division en deux salles et la colonnade intérieure. Mais il la développe autour de la nef centrale sous la forme d'un portique à trois ailes (Deux de dix colonnes, une de cinq) : la cella a ainsi 19m de large, ce qui oblige Ictinos à créer une façade octostyle au lieu de l'hexastyle classique, à réduire les couloirs du péristyle ainsi que l'espace pronaos - opisthodome et à construire des antes à faible saillie. Un plan tout nouveau est ainsi organisé, brisant le cadre étroit des cellae d'Egine, Olympie et Paestum. Dans la « salle des Vierges » (Parthénon) postérieure à la cella L'architecte utilise l'ordre ionique: proportions plus fines et élancées, le quatre colonnes permettant la réduction du diamètre et la suppression du double étage de la colonnade dorique. Cette formule sera retenue dans les constructions postérieures.

1.3.3. La salle du Télestérion d’Eleusis

Ictinos en conçoit le plan et ses successeurs Métagénès et Xénoklès réalisent l'édifice. La fonction de la salle est la célébration des mystères en l'honneur de Déméter et Perséphone. Au coeur de la salle se trouve le lieu saint primitif, l'Anakroton de type mégaron mycénien à deux colonnes dans l'axe. Début VIè, on ajoute une grande salle à double colonnade intérieure. Fin VIè la salle est agrandie et prend la forme d'un carré de 27 x 27m, l'Anakroton étant intégré dans la partie sud.

Ictinos hérite donc d'un plan déjà acquis: son projet est d'aménager dans une enveloppe classique presque fermée des espaces intérieurs dégagés et fonctionnels. Il créé une vaste salle cubique de 51,56 x 49,44m ordonnée en fonction du point central, l'Anakroton. L'espace est délimité par des gradins mais ouvert par une série de portes symétriquement disposées sur trois côtés. La forêt de supports trop encombrante (7 rangées de 7 colonnes) est remplacée par 20 supports ordonnés en deux couronnes concentriques vers le point central: les espaces sont dégagés, l'ordonnancement unifié, tous le éléments composants mis en valeur, l'espace adapté à la fonction.

La composition ne sera que partiellement réalisée et on en viendra à la solution des alignements des colonnes intérieures.

1.3.4. Le temple d’Apollon de Bassae-Phygalie

Erigé dans la seconde moitié du Vè, ce temple est consacré par les habitants de Phygalie à Apollon Epikouros sur une plate-forme rocheuse en plein coeur de l'Arcadie. Il est sans grande originalité si ce n'est sa disposition intérieure que Pausanias attribue à Ictinos, alors que l'exécution fut sans doute confiée à des ateliers péloponnésiens au vu des archaïsmes, maladresses, innovations étranges et complexité d'influences subies...

Le temple paraît archaïsant par son plan allongé de 14,48 x 38,24m et 6 x 15 colonnes, influencé sans doute par d'anciens lieux de culte. Le pronaos est d'une énorme profondeur et la cella comporte deux salles :

  • la première est délimitée par une colonnade ionique sur les côtés et corinthienne sur le retour postérieur. Les quatre colonnes ioniques de chaque rangée sont engagées dans des murets appuyés aux murs des longs côtés (voir temple de Héra à Olympie) La dernière colonne s'appuie sur un muret en oblique formant contrefort et porte un chapiteau corinthien, premier exemple de l'introduction de l'ordre dans un édifice. L'entablement intérieur est aussi ionique: l'architecture intérieure est traitée comme un motif indépendant de la structure d'ensemble.
  • de la seconde salle on ne connaît pas la destination réelle.

Ainsi les innovations d'Ictinos à l'intérieur de la cella transforment la tradition suivie jusqu'au milieu du siècle et s'imposent partout.

1.3.5. Le temple d’Héphaistos à Athènes

Oeuvre d'un élève d'Ictinos, il est conforme à l'ordre dorique pour les proportions. La cella, destinée à recevoir les statues d'Athéna et d'Héphaistos, fut d'abord conçue "à l'ancienne" avec sa double colonnade dorique à étage. Puis les colonnes latérales furent repoussées vers le mur du sékos et les nefs latérales pratiquement supprimées.

1.3.6. Le temple d’Asclépios à Epidaure

1.3.7. Le temple d’Athéna Alea à Tégée

Ce temple marque l'influence du sculpteur sur l'architecte : Scopas de Paros est chargé de l'oeuvre pour remplacer l'édifice archaïque construit en grande partie en bois et incendié en 394.

L'intérieur est traité dans l'ordre dorique le plus pur alors que l'extérieur offre des traces d'archaïsme. C'est un périptère de 6 x 14 colonnes, 19,19 x 47,55m (rapport de 2,47). Les proportions sont plus élancées: le rapport diamètre / hauteur de la colonne est de 6,1 (5,5 au Parthénon, 5,3 à Bassae), l'entablement plus léger (1/4 de la hauteur de la colonne, 1/3 à Bassae), le soubassement légèrement courbé.

La cella est à nef unique car la colonnade (7,43m) intérieure se transforme en ordre d'applique dont les chapiteaux sont corinthiens. Au dessus de la colonnade principale, Scopas applique une colonnade ionique de 3m de haut.

1.3.8. Le temple de Zeus à Némée

Ce temple est l'exemple de l'association des traditions épidauriennes et tégéates. C'est un périptère de 6 x 12 colonnes, de 20,09 x 42,55 (Rapport de 2,11). Il n'y a plus d'opisthodome et le mur du fond est aligné sur les deuxièmes colonnes latérales du périptère. A l'intérieur de la cella la colonnade est séparée du mur et comporte 6 colonnes latérales sur deux registres et 4 au fond qui isolent un adyton où l'on descend par quelques marches. L'ordre intérieur est corinthien sur l'architrave (colonnes de 7,48m) et au dessus il est ionique par ses semi-colonnes accolées à des pilastres quadrangulaires. La colonnade intérieure ne joue cependant aucun rôle architectonique et nous introduit ainsi au seuil de l'époque hellénistique de l'architecture d'apparat.

1.3.9. Conclusion

Les caractéristiques principales témoignant des conquêtes du classicisme sont :

  • l'élan progressif de la colonne : le rapport base/hauteur de la colonne passe de 4,7 au temple de Zeus à Olympie à 6,35 au temple de Zeus à Némée ;
  • l'extension progressive des vides par rapport aux pleins ;
  • l'allègement de l'entablement par rapport aux colonnes (de 1/3 à 1/4) ;
  • l'échine du chapiteau perdant son individualité par rapport à la colonne.

Toute cette libération va aboutir peu à peu à une recherche de plus en plus active des valeurs décoratives.

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