B&S Encyclopédie

Diffusé par CashTrafic

Biographie: Mussolini Benito(1883-1945)

Benito Amilcare Andrea Mussolini dit Il Duce (né le 29 juillet 1883 à Predappio, mort le 28 avril 1945 à Mezzegra) est issu d'une famille modeste : son père, Alessandro Mussolini est forgeron, militant socialiste et a ouvert un petit débit de boissons tandis que sa mère, Rosa Maltoni, est institutrice. Il baigne dans la double culture socialiste et catholique traditionnelle. En 1895, il entre à l'école normale et devient instituteur. En 1900, il adhère au Parti socialiste italien et en préside la section locale. Fuyant le service militaire, il s'expatrie en Suisse en 1902 où il perfectionne ses connaissances idéologiques syndicalistes révolutionnaires. En 1904, il en est expulsé à la suite de certaines de ses menées d'extrême gauche.

De retour en Italie, effectue son service militaire parmi les bersagliers avant de se retrouver quasi vagabond, vivant de petits métiers, puis obtient un poste de professeur de français à Forli. Son audience grandit au sein du Parti socialiste, tendance révolutionnaire. Violemment opposé à la guerre de colonisation de la Libye (1911-1912), il mène la destruction des voies de la gare de Forli contre le départ des troupes pour l'Afrique. Cela lui vaut six mois d'emprisonnement. À sa sortie, il prend la tête du journal du Parti socialiste italien Avanti ! en 1913. Il s'oppose à l'entrée en guerre de l'Italie avant de changer radicalement de position dans un article de l'Avanti ! : il est favorable à l'entrée en guerre de l'Italie en 1915 aux côtés de l'Entente. Il crée les Faisceaux de combat, futur noyau de son Parti national fasciste, le 23 mars 1919. À partir de cet instant sa vie est liée à l'évolution de son parti. Les faisceaux de combat sont un amalgame de syndicalisme révolutionnaire dont Benito Mussolini était lui-même proche et de nationalistes déçus par la non-satisfaction de certaines revendications territoriales à la fin de la guerre, notamment de Fiume où Gabriele D'Annunzio s'est illustré en vain.

De 1919 à 1922, l'Italie est secouée par une grave crise sociale, économique et politique. Mussolini l'exploite en brisant les grèves et les syndicats par la violence : il se fait ainsi connaître et bien voir par les milieux d'affaires et le patronat. Il utilise pour cela des squadre (escouades), sortes de milices, issues en grande partie des rangs des arditi (venant des troupes d'élite démobilisées en 1918) nationalistes, dont l'uniforme est la chemise noire. Le roi d'Italie Victor-Emmanuel III lui confie le gouvernement à la suite d'un ultimatum demandant le pouvoir, appuyé par la mobilisation des Fasci. La « Marche sur Rome » du 30 octobre 1922 n'aura donc pas été, formellement, un coup d'État mais bien un défilé de victoire pour Mussolini et le Parti national Fasciste. Mussolini prend le pouvoir le 29 octobre 1922. Jouant habilement de mansuétude et de menaces, il installe progressivement l'appareil fasciste dans le pays et ce malgré l'assassinat du député socialiste Giacomo Matteotti, qui l'accusait, preuves à l'appui, de violences et de malversations, ce qui eut un profond retentissement. En effet, d'abord dictateur « légal », allié aux forces politiques traditionnelles (des libéraux de Giolitti et de Nitti aux nationalistes en passant par les « populaires » catholiques de Don Sturzo), Mussolini élimine toute opposition en étant à l'origine et en laissant se développer une violence généralisée qu'il se fait fort ensuite de contenir : ses adversaires sont dûment battus à coups de gourdins. Par une loi électorale anti-démocratique, il obtient aux élections de 1924 la majorité absolue au Parlement. Il en profite, une fois passés les remous de l'affaire Matteotti, pour faire voter les « lois fascistissimes » élaborées par son ministre de la Justice Rocco (1925-1926), fondant un régime totalitaire.

La politique de Mussolini dénote une « volonté de fascisation des esprits, de transformation globale de la société et de création d'un homme nouveau. » (P. Milza, S. Berstein). Il fonde tout d'abord les faisceaux de combat en 1919. Il s'agit donc d'une politique totalitaire. Dès 1920, les squadritis sont financés par les grands industriels italiens. De plus, le Vatican favorise le ralliement des chrétiens au mouvement fasciste Italien. Son instrument essentiel est le Parti National Fasciste (PNF) fondé en 1921, devenu parti unique. Son instance suprême, le Grand conseil du fascisme, s'est substitué à la direction de l'État, le Parlement devenant une simple chambre d'enregistrement et le gouvernement un exécutant des décisions prises par le Grand conseil et Mussolini. Cette prépondérance du parti fasciste se double du culte de la personnalité.

Dans le même temps, la société toute entière est fascisée : les programmes scolaires sont révisés, les loisirs sont encadrés (les vacances et les voyages des ouvriers sont pris en charge par des organisations parallèles du parti fasciste), la jeunesse est enrégimentée dans l'ONB (Opera Nazionale Balilla) : fils de la louve dès 4 ans, Balilla à 8 ans, avanguardisti à 14 ans. On y apprend la vie en collectivité mais aussi le maniement des armes et la discipline militaire, à côté de cours théoriques sur le fascisme. Afin de pouvoir s'appuyer sur les masses catholiques et, surtout, la hiérarchie ecclésiastique du pays, Benito Mussolini signe les accords du Latran en 1929, mettant fin à la question romaine, accordant au pape un État, le Vatican, et un statut de chef d'État.

Dans les années 1920, Mussolini joue un jeu d'alliances assez classiques avec le Royaume-Uni. Il cherche à accroître l'influence de son pays dans les Balkans et en Europe danubienne : il revendique et finit par obtenir le rattachement de Fiume à l'Italie, au détriment de la jeune Yougoslavie (traité de Rome, 1924) ; il fait de l'Albanie un protectorat de fait (traité « d'amitié et de sécurité » signé à Tirana en 1926) ; il noue des liens avec l'Autriche, la Hongrie, la Roumanie.
Un autre de ses objectifs est de faire admettre l'Italie dans le cercle des grandes puissances coloniales. En 1934, un accord avec Pierre Laval rectifie à l'avantage de l'Italie les frontières sahariennes (bande d'Aouzou) mais le parlement français refuse de le ratifier. Il a plus de succès en Libye où il met fin à la résistance des Senoussis après une répression violente et des déplacements de population. En relation avec l'Éthiopie à partir des possessions de Somalie et d'Érythrée, il essaie d'en faire un protectorat. Devant les résistances du roi d'Éthiopie (le Négus, Haïlé Sélassié) et suite à un incident de frontière, il attaque l'Éthiopie en 1935 (voir Guerre d'Éthiopie). Mais la victoire est longue à se dessiner malgré l'écrasante supériorité militaire des Italiens. Le 3 mai 1936, les troupes italiennes entrent cependant à Addis-Abeba, effaçant ainsi la défaite d'Adoua. C'est alors l'apogée du fascisme italien. Ailleurs en Europe, d'autres partis fascisants voient le jour, notamment le Parti populaire français de Jacques Doriot en 1936.

L'Italie est condamnée par la Société des Nations pour l'invasion de l'Ethiopie et s'attire des sanctions économiques de la France et de la Grande-Bretagne, ce qui la conduit à se rapprocher de l'Allemagne nazie, malgré la méfiance personnelle de Mussolini vis à vis d'Hitler. Il change sa diplomatie européenne, abandonne ses vues sur l'Europe danubienne qui devient une « chasse gardée » d'Hitler, l'Italie se voulant héritière de l'Empire romain et donc orientant sa politique vers le bassin méditerranéen. La Guerre civile espagnole scelle l'« Axe Rome-Berlin » en 1936. Le Pacte anti-Komintern réunit l'Italie et l'Allemagne au Japon et à l'Espagne de Franco. Mussolini laisse Hitler annexer l'Autriche (Anschluss, mars 1938) qui fait pourtant de l'Allemagne un voisin inquiétant pour l'Italie. De même, il soutiendra Hitler lors de la conférence de Munich où il feint d'être neutre : Hitler peut ainsi s'emparer de la Tchécoslovaquie.

Mussolini étend son influence sur le royaume d'Albanie, au point que le trésor national albanais est conservé à Rome. Il l'envahit et l'annexe en avril 1939. Mais il hésite à s'engager plus avant aux côtés de l'État nazi : son pays n'est pas prêt à la guerre qu'Hitler a déjà programmée. Aussi n'entre-t-il dans le second conflit mondial que le 10 juin 1940, alors que la bataille contre la France est déjà gagnée par l'Allemagne. Son engagement dans la guerre est un fiasco : l'armée italienne envahit la Grèce en 1941 depuis l'Albanie mais elle est repoussée par les Grecs. Mussolini doit demander de l'aide à l'Allemagne. De même, en Libye, les forces italiennes sont défaites par les Britanniques, et sauvées de justesse par l'arrivée de l'Afrikakorps de Rommel. Peu à peu, l'Italie devient vassale de l'Allemagne nazie.

En 1943, les Alliés attaquent la Sicile puis le sud de l'Italie. Mussolini est renversé par le roi Victor-Emmanuel III et le maréchal Pietro Badoglio puis emprisonné, mais il est libéré par un commando SS. Il installe la République sociale italienne dite République de Salò dans le nord de l'Italie où il organise une sanglante répression. Alors qu'il tente de fuir en Suisse, déguisé en soldat allemand, il est reconnu et capturé le 26 avril 1945 par des partisans italiens dans le village de Dongo. Ceux-ci livrent Mussolini et sa maîtresse Clara Petacci, à un officier communiste des Volontaires de la liberté, le Colonel Valerio (de son vrai nom Walther Audisio) qui, après un simulacre de procès exécute de sa propre main, le Duce et sa compagne à Giulino di Mezzegra. Par la suite, une foule déchainée s'empare de leurs cadavres qui sont traînés jusqu'à la place Loreto à Milan et pendus par les pieds à la façade d'un garage automobile.

Retour biographie


Strasbourg : la ville au Moyen Age (Alsace)
Auschwitz, camp de concentration nazi
La Grèce avant la Grèce : préhistoire, Crète, Cyclades, Mycènes
Nazisme : les Einsatzgruppen (2ième guerre mondiale)
Le Seicento – Le XVIIè
Le Rhin
L’art Byzantin
Struthof, camp de concentration nazi
Ravensbrück, camp de concentration nazi
Dachau, camp de concentration nazi
L’art en France entre 1850 et 1900
L’art en France entre 1800 et 1850
L’art en France au XVIIIè siècle
Nazisme : au fil des jours (2ième guerre mondiale)
L’impressionnisme (Histoire de l’art)
La tunisie, villes, villages, sites antiques...le guide!
Encyclopédie
©2007-2010 B&S Editions. Tous droits réservés.
Hébergement du site chez notre partenaire 1&1 (voir ses offres)