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Biographie: Pie XII(1876-1958)

Eugenio Pacelli naît à Rome dans une famille de petite noblesse très liée aux milieux du Vatican. Il fait ses études au lycée Visconti et poursuit en 1894 des études de théologie à l'Université grégorienne ainsi qu’une année de philosophie à la Sapienza, l'université d'État de Rome. Il est ordonné prêtre le 2 avril 1899 par Mgr Cassetta, vice-régent de Rome et grand ami de la famille.

En 1901, il entre à la Congrégation des affaires ecclésiastiques extraordinaires, chargée des relations internationales du Vatican. En 1904, il est nommé secrétaire pour la commission pour la codification du droit canonique. Ses promotions sont rapides et régulières. En 1911, il devient sous-secrétaire aux Affaires ecclésiastiques extraordinaires. Il est une des têtes pensantes de la diplomatie vaticane. En 1912, Pie X le nomme secrétaire adjoint, puis secrétaire en 1914. Il conserve son poste sous le règne de Benoît XV. Il tente de dissuader l'Italie d'entrer en guerre. En 1915, il voyage à Vienne pour convaincre l'empereur François-Joseph de se montrer plus patient à l'égard de l'Italie.

En 1917, Benoît XV nomme Pacelli nonce apostolique à Munich, unique représentation pontificale de l'Empire allemand. Il s'efforçe de mieux connaître l'Église catholique allemande, visitant les diocèses et assistant aux principales manifestations catholiques, comme le Katholikentag. En 1920, il est accrédité à Berlin. Il conclut en 1929 un concordat avec la Prusse. Pendant ce temps, son frère Francesco négocie avec Mussolini les futurs accords du Latran. En 1929, il est nommé secrétaire d'État et créé cardinal, devenat le principal collaborateur de Pie XI. En mars 1937, il est l’un des « correcteurs » (dans un sens plus anti nazi) de l'encyclique « Mit brennender Sorge », préparé par le cardinal-archevêque de Munich. En 1938, il critique sévèrement l'approbation tacite par l'épiscopat autrichien de l'Anschluss. Il exige du cardinal Innitzer, archevêque de Vienne, une déclaration prenant position contre l'invasion.

À la mort de Pie XI, le cardinal Pacelli est le candidat le plus probable, quasi « désigné ». De fait, il est élu pape le 2 mars 1939, au troisième tour de scrutin. Le nouveau pape choisit le nom de Pie XII (Pius XII), dans la continuité du pontificat précédent. Il se trouve immédiatement plongé dans la Deuxième Guerre mondiale. Après l'invasion de la Tchécoslovaquie, la diplomatie vaticane intervint pour empêcher la guerre, sans succès. Après le pacte Ribbentrop-Molotov, le Vatican tente de garder l'Italie hors du conflit. Dans sa première encyclique, « Summi pontificatus » (20 octobre 1939), Pie XII dénonce l'engrenage de la guerre. Il choisit surtout de maintenir l'Église hors du conflit des belligérants. À la supplique des évêques polonais décrivant les atrocités des Nazis, il réplique par la voix de Mgr Tardini : « Tout d'abord, il ne semblerait pas opportun qu'un acte public du Saint-Siège condamne et proteste contre tant d'injustices. Non pas que la matière manque (...) mais des raisons pratiques semblent impose de s'abstenir. » Mgr Tardini ajoute qu'une condamnation officielle du Vatican « accroîtrait les persécutions ».

Pie XII précise lui-même : « Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d'apprécier si, et dans quelle mesure, le danger de représailles et de pressions, comme d'autres circonstances dues à la longueur et à la psychologie de la guerre, conseillent la réserve — malgré les raisons d'intervention » afin d'éviter des maux plus grands. C'est l'un des motifs pour lesquels nous nous sommes imposés des limites dans nos déclarations. » Ainsi est tracée la « politique du compromis », qui sera la ligne directrice de l’attitude vaticane durant tout le conflit… Politique vouée à l’échec : les rapports avec l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste, la France de Pétain ou celle de De Gaulle sont des impasses. Ceux avec l'URSS sont inexistants. Seuls ceux avec les États-Unis auront quelque succés : Le président Roosevelt nomme un représentant personnel auprès du Saint-Siège, Myron Taylor.

Les années suivant le guerre sont marquées par la déterioration des relations entre le Vatican et le communisme : les alliés de Moscou font fermer les représentations du Saint-Siège. En 1952, le maréchal Tito rompt les relations diplomatiques avec le Vatican. L'arrestation brutale en 1948 du primat de Hongrie, le cardinal Mindszenty symbolise la tension entre les régimes communistes et l'Église catholique romaine. Les gouvernements communistes accusent en effet le pape d'être le « chapelain de l'Occident », malgré la volonté de Pie XII de ne pas se laisser enfermer dans la logique des blocs. En juillet 1949, le Saint-Office excommunie globalement les communistes. Pie XII décède le 9 octobre 1958.

Le rôle de Pie XII pendant la Seconde Guerre mondiale fait l'objet d'une polémique ardente qui concerne surtout la personnalité elle-même du pape. Son amitié pour les pays germaniques est connue. Il était surnommé « Tedesco » (« l'Allemand ») en Italie. S'était-il transformé, sous l'effet de son anti-bolchevisme, en antisémitisme pur et simple ? Obsédé par le sort qu’Hitler pouvait réserver aux millions de catholiques allemands, tributaire d’une défiance anti-juive bien ancrée, il a préféré se murer dans le silence, alors que de toute l’Europe des dépêches alarmistes le tenaient au courant du génocide en cours. Sa « compassion » pour les victimes du génocide hitlérien ne peut pas être rangée au rang des actes d’engagement courageux… La controverse reste ouverte, relancée ces dernières années par l’excellent film de Costa Gavras, « Amen »…

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