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Biographie: Moulin Jean(1899-1943)

Né le 20 juin 1899 à Béziers d’un père professeur d'histoire, Jean Moulin fait des études de droit à Montpellier et entre tôt dans la carrière préfectorale : secrétaire général de Préfecture à Montpellier, il est en 1925 le plus jeune sous-préfet de France, à Albertville en Haute-Savoie. Il appartient à plusieurs cabinets ministériels, notamment celui de Pierre Cot, Ministre de l'Air dans le gouvernement du Front Populaire d'où il s'engage dans l'aide clandestine à l'Espagne républicaine.

Nommé préfet en mars 1937, il est le plus jeune préfet de France ; il est à Rodez en 1938 puis à Chartres l'année suivante. En septembre 1939 il est maintenu en affectation spéciale à Chartres où il fait face à l'exode de la population. Le 17 juin 1940, il reçoit les premières unités allemandes qui veulent lui faire signer une déclaration accusant des unités de tirailleurs africains d'atrocités envers des civils à Saint-Georges-sur-Eure, en réalité victimes des bombardements allemands. Maltraité et enfermé parce qu'il refuse de signer, il se tranche la gorge dans sa cellule.

Soigné in extremis par les Allemands, il reste à son poste avant d'être, comme préfet de gauche, révoqué par Vichy début novembre ; il part pour la zone sud, s'installe dans la maison familiale de Saint-Andiol (Bouches-du-Rhône) et prend contact avec les principaux mouvements de résistance. En septembre 1941, il quitte la France et rejoint l'Angleterre depuis le Portugal après avoir traversé l'Espagne. A Londres, il est reçu par le général de Gaulle auquel il fait le compte-rendu de l'état de la résistance en France et de ses besoins. Le général renvoie Moulin en métropole avec pour mission de rallier et d'unir les mouvements de résistance et de créer une Armée secrète en séparant le militaire du politique.

Jean Moulin est parachuté sur les Alpilles le 2 janvier 1942. Il installe son Q.G. à Lyon. Délégué Général de De Gaulle, « Rex », alias Moulin, commence à mener sa tâche complexe et délicate en zone sud. Il rencontre Henri Frenay, Emmanuel d'Astier et Jean-Pierre Lévy, responsables des trois principaux mouvements de la zone sud « Combat », « Libération » et « Franc-Tireur », leur apporte une aide financière et parvient, non sans mal, à aplanir leurs différends. Son action aboutit en octobre 1942 à la création de l'Armée Secrète (AS) dont le commandement est confié au général Delestraint puis, au début de l'année 1943, à la création des « Mouvements Unis de Résistance » (MUR) rassemblant Combat, Libération et Franc-Tireur.

En février 1943, il se rend à nouveau à Londres où il rend compte de sa mission et est décoré par le général de Gaulle de la Croix de la Libération. De retour en France fin mars, devenu « Max », il est le seul représentant du général de Gaulle pour la Résistance. Ses efforts aboutissent à la constitution du Conseil National de la Résistance (CNR) dont la première réunion se tient sous sa présidence au 48 de la rue du Four à Paris, le 27 mai 1943. Il s'agit d'un conseil réunissant les responsables des mouvements des deux zones et des responsables politiques et syndicaux. Le CNR adopte une motion reconnaissant le général de Gaulle comme seul chef de la France Combattante.

Dans le but d'organiser rapidement la relève à la tête de l'Armée Secrète qui vient d'être décapitée par l'arrestation du général Delestraint, Moulin en convoque les responsables pour le 21 juin 1943 à Caluire chez le Docteur Dugoujon. Mais à la suite de dénonciations, la Gestapo menée par Klaus Barbie intervient : tous sont arrêtés et emmenés à la prison du Fort de Montluc.

Sauvagement torturé par les hommes de Barbie, Jean Moulin est transféré avenue Foch à Paris puis dans une villa de Neuilly, où la Gestapo a coutume « d'interroger » des personnalités importantes ; tous ses tortionnaires s'acharnent sur lui mais il ne parlera jamais. Devant cet échec, Berlin exige son transfert. C'est dans le train qui l'emmène en Allemagne, quelque part entre Metz et Francfort qu'il meurt le 8 juillet 1943.

Ses cendres, jusqu'alors déposées au Père Lachaise, ont été transférées au Panthéon le 19 décembre 1964. « Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi, et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé… » (André Malraux, Transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon)

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