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Biographie: La Rocque François de(1885-1946)

Marie Jean François de La Rocque de Séverac naît le 6 octobre 1885 à Lorient, où son père est officier artilleur dans la marine. Jusqu’au baccalauréat, François de La Rocque reçoit une éducation chrétienne qui prendra une place importante dans sa vie. A vingt ans il choisit la carrière militaire. Il est reçu à l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr et sort de la promotion « La dernière du vieux bahut ».  Il choisit la cavalerie.

Sorti de Saumur en 1908, il est affecté au 1er Chasseurs d’Afrique en Algérie. En 1911 il est affecté au 18e Chasseurs de Lunéville. Un an plus tard il se marie avec Edith Allotte de la Fuÿe et s’installe à Lunéville. Le 22 septembre 1913 il est affecté au Maroc en qualité d’officier de renseignement à la disposition du général Lyautey. Fin juillet 1914, La Rocque demande à rejoindre la métropole, mais essuie un refus catégorique de Lyautey. Le 4 avril 1916 il est promu capitaine et le 2 août 1916 est blessé au cours d’une escarmouche. Hospitalisé à Casablanca il est déclaré « inapte à faire campagne », rentre en France le 22 septembre 1916, puis est fait chevalier de la Légion d’honneur le 27. En décembre il est envoyé dans la Somme au 135e R.I. En février 1917, il est près de Péronne. En juin 1918, il participe directement à la contre-attaque décidée par Mangin sur le flanc de l’offensive Allemande. Le 1er septembre, à la tête du 2e bataillon depuis juillet, il est nommé chef de bataillon à titre provisoire et reçoit la rosette d’officier de la Légion d’honneur.

En 1920, La Rocque est affecté à l’état-major de Foch aux Invalides. En avril 1925 il repart au Maroc mais, handicapé par son état physique, est contraint à prendre un emploi sédentaire puis à réintégrer l’état-major de Foch aux Invalides. Il obtient sa mise à la retraite le 26 août avec le grade de lieutenant-colonel, grâce à une récente loi sur le dégagement des cadres de l’armée.

Après l’armée, La Rocque entre aux « Câbles de Lyon », filiale de la Compagnie Générale Électrique. Il est attiré par la politique. Avec l’accord de Lyautey, il adhère à l’association nationale des « Croix de Feu », crée en 1927 par l’écrivain Maurice d’Hartoy et qui regroupe « les combattants d’avant-garde et blessés de guerre, cités pour action d’éclat ». Avec la réélection de d’Hartoy à la tête du mouvement en 1929, les « Croix de Feu » affichent leur volonté de « poursuivre avec énergie les buts de rénovation morale et matérielle du pays ». L’organisation montre sa sympathie pour l’extrême droite ; le discours est anti-parlementaire et se nourri de la corruption des milieux dirigeants. Lorsque La Rocque prend la direction du mouvement en 1931 il appelle à voter « National » pour « barrer la route à l’union des gauches et au bolchevisme ».

En janvier 1934, lorsque éclate l’affaire Stavisky, La Roque dénonce « les scandales et la perte en France de la notion de responsabilité ». Parce que son langage est modéré, il est est traité de « faux jeton » par l’Action Française. Le 6 février 1934, il demande à ses troupes de descendre dans la rue mais refuse de prendre l’Assemblée nationale, déchaînant la colère des ligues. En juillet 1936, quelques mois après la création du « Mouvement Social Français » qui regroupe les organisations proches des Croix de Feu, La Rocque crée le « Parti Social Français » (P.S.F.). Sa devise : « Travail - Famille – Patrie » est placée en manchette sur le nouveau quotidien du parti, « Le Petit Journal ». Son programme est d’arriver au pouvoir par les élections. Il refuse de rallier « le front de la liberté » comme le lui demande Doriot.

En juin 1940, par fidélité au « vainqueur de Verdun », il accepte « sans restriction » l’armistice et réorganise son parti qui devient « Progrès Social Français ». En décembre 1940, il accepte la « collaboration » par « discipline totale derrière le chef de l’État ». Il approuve également l’abrogation des décrets Crémieux qui avaient accordé la citoyenneté aux Juifs d’Algérie, mais il ne suit pas Vichy dans sa dérive raciste et augmente sa méfiance à l’égard de la Légion Française des Combattants. Son attitude reste floue, par fidélité au Maréchal. Il dénonce l’antisémitisme lorsqu’il est accusé par l’extrême droite « d’enjuivement » et « d’avoir fondé le Petit Journal avec un consortium juif », mais il lui arrive aussi d’emprunter les arguments au discours antisémite primaire.

En 1942, La Rocque change de cap et commence une activité résistante : en septembre il déclare que « la collaboration est incompatible avec l’occupation », entre en contact avec le réseau « Alibi » lié à L’Intelligence Service et forme le réseau Klan avec des agents du P.S.F. Il rejette les lois sur le S.T.O. et menace de radier du P.S.F. ceux qui adhèreront à la Milice ou à la L.V.F. Le 9 mars 1943, La Rocque est arrêté par la Gestapo à Clermont-Ferrand, ainsi que 152 dirigeants du P.S.F . Après une détention à Moulins et Fresnes, il est interné en Allemagne à Eisenberg, puis à Itter où il retrouve Édouard Daladier et les généraux Gamelin et Weygand. En novembre 1944 quand arrivent les Alliés, La Rocque, très affaibli et malade, est interné dans un hôpital d’Innsbruck. Il est rapatrié en France le 9 mai 1945 et placé par le gouvernement provisoire en résidence surveillée, à la caserne des Coches à Versailles.

Le 28 avril 1946, le Lieutenant-colonel de la Rocque meurt des suites d’une opération chirurgicale et de son mauvais état général. Il était titulaire de onze citations et avait reçu la cravate de commandeur de la Légion d’honneur le 24 juillet 1931 des mains du général Weygand. En 1961, l’action résistante de La Rocque est confirmée par le général de Gaulle, Président de la République, dans une lettre adressée à madame de La Roque, à l’occasion de la remise de la carte de résistant et la médaille de déporté de son mari.

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