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Biographie: Boris III de Bulgarie(1894-1944)

Boris de Saxe-Cobourg-Gotha, « Prince de Tirnovo » naît le 30 janvier 1894, dans un contexte politique compliqué : la Bulgarie est alors une jeune principauté orthodoxe, vassale de l’Empire ottoman ayant deux souverains allemands fervents catholiques. Elle fait également office de poudrière, ses relations avec la Russie orthodoxe étant très mauvaises ; ceci tient essentiellement du fait que les tsars russes n’aiment pas Ferdinand, un catholique allemand. La religion a donc une importance primordiale dans la région. Le 15 février 1896, Boris est converti au rite orthodoxe et le tsar Nicolas II devient son parrain. Ferdinand est alors excommunié, et son épouse, outrée et honteuse, décide de partir quelque temps avec leur second fils, le prince Cyrille baptisé catholiquement.

Le jeune Boris apprend avec ferveur toutes les disciplines enseignées dans les écoles bulgares et apprend en compléments le français et l’allemand. Viendront aussi au palais de nombreux officiers, venus parfaire son éducation militaire. Le 22 septembre 1908, Ferdinand prend le titre de tsar et déclare l’entière indépendance de la Bulgarie, jusqu’alors sous vassalité turque.

La Bulgarie, sous Ferdinand Ier, essuye d’importants échecs militaires : après la seconde Guerre balkanique (1913) elle doit céder d'importantes fractions de son territoire à ses voisins et leur payer d'importantes réparations ; lors de la Première Guerre mondiale Ferdinand engage la Bulgarie au côté des Empires centraux. Boris se bat dans les tranchées. Vaincue, la Bulgarie perd divers territoires lors du traité de Neuilly. Le tsar Ferdinand abdique alors en faveur de son fils et s’exile à Cobourg, sa ville natale. C’est ainsi que Boris accède le 3 octobre 1918 au trône en prenant le nom de Boris III.

Le règne du nouveau tsar commence mal : les deux principaux partis politiques de l’époque, l'Union agrarienne et le Parti communiste appellent, en vain, au renversement de la monarchie. Le 6 octobre 1919, un an après l'avènement de Boris III, les élections législatives amènent au pouvoir l'Union agrarienne, forçant le tsar à nommer premier ministre son leader, Aleksandar Stamboliyski, très populaire et clairement hostile à la monarchie.

En mai 1920, le président du Conseil installe une dictature paysanne et s'attire l'hostilité des classes moyennes et des militaires. Le 9 juin 1923, une insurrection militaire éclate et renverse le gouvernement agrarien. Alexandre Tsankov, met en place un nouveau gouvernement autoritaire. Une période de très grande instabilité s’installe dans le pays. Le 23 septembre 1923, une tentative de putsch communiste échoue ; commence alors une « terreur blanche » où terrorisme et contre-terrorisme font environ 20 000 victimes. En 1924 on compte 200 assassinats politiques. De plus, la Grèce déclare la guerre à la Bulgarie en 1925. Et malgré l'intervention de la Société des Nations, la situation intérieure reste encore très précaire dans le pays.

Le 13 avril 1925, Boris III échappe à un attentat lors d’une partie de chasse ; le même jour, l’ancien général et député Konstantine Géorgiev est assassiné. A son enterrement le 16, les communistes posent des bombes dans la cathédrale. L’explosion a lieu au milieu de la cérémonie et fait 128 victimes dont le maire de Sofia, onze généraux, vingt-cinq officiers supérieurs, le chef de la police et une classe de jeunes filles. Boris III qui devait y assister, arrive en retard, et sauve ainsi sa vie.

Le 25 octobre 1930, Boris épouse Jeanne de Savoie, troisième fille du roi Victor Emmanuel III et d'Hélène de Monténégro : le mariage catholique est célébré à Assise, suivi de celui orthodoxe, le 9 novembre 1930, à Sofia. De cette union naissent deux enfants : Marie-Louise de Bulgarie, née le 13 janvier 1933 et Siméon II de Bulgarie, né le 16 juin 1937 à Sofia, tsar des Bulgares (1943-1946), expulsé du pays le 16 septembre 1946, en exil pendant plus de quarante ans à Madrid, rentré en Bulgarie en 2001, peu avant la victoire de son parti aux élections et sa nomination au poste de premier ministre sous le nom de Siméon Saxe-Cobourg-Gotha.

La Bulgarie vit une période difficile. Si la situation intérieure s’est améliorée (arrêt des attentats), elle doit désormais faire face aux problèmes économiques de la Crise. La production baisse de 40% et en deux ans le nombre de chômeurs passe à 200 000 sur une population de sept millions. Le gouvernement élu en 1931, le bloc populaire, déçoit énormément dans son inefficacité à redresser la situation. De plus, les élections municipales de 1932, donnent aux communistes la capitale, Sofia. Néanmoins le conseil municipal est rapidement dissout par le gouvernement. La situation empire de jour en jour. Un groupe d’intellectuels et de militaires, le « Zveno », décide d'effectuer un coup d’État. Boris prévenu, donne son aval, et le 19 mai 1934 les colonels Damian Velchev et Kimon Georgiev passent à l’action. Ces derniers instaurent une dictature corporatiste qui redresse rapidement le pays, mais se montrent fortement hostiles à la monarchie et prévoient l’instauration d’une république.

Boris décide alors de prendre les choses en main. Le 22 janvier 1935, huit mois après la prise du pouvoir par Kimon Georgiev, le tsar charge le général Pentcho Zlatev de « chasser les républicains » et de former un nouveau gouvernement. Boris, qui était jusqu’alors resté effacé de la vie politique du pays, prend lui-même les rênes du pouvoir. Il garde les bases instaurées par le gouvernement de Georgiev, c’est-à-dire suspension de la constitution, censure et, dans un premier temps, dissolution de l’assemblée nationale et de tous les partis politiques. Le nouveau gouvernement est désormais composé de trois généraux, de trois membres des principaux partis interdits (agrariens, démocrates et sgovor, « entente ») et de trois civils. Le tsar écarte progressivement les militaires du pouvoir, renforce son pouvoir personnel et instaure une monarchie absolue.

En 1936, Boris se rapproche de l’Allemagne nazie. Cette dernière, en recherche d’un pays pouvant la fournir en ressources alimentaires, voit en la Bulgarie une sorte de garde-manger. Dès lors, d’importants échanges commerciaux s’effectuent entre les deux pays, l’Allemagne achetant 70% des exportations bulgares. Cependant, Boris ne partage pas les mêmes idées qu’Hitler ; depuis 1935, Georgi collaborationniste, son premier ministre, s’efforce de nouer des liens avec l’Europe occidentale et la Yougoslavie. En 1937, les efforts du premier ministre aboutissent à un traité de non-agression avec la Yougoslavie. En 1938, l’assemblée nationale est réhabilitée et de nouvelles élections sont organisées. Cependant, les partis politiques sont toujours interdits et le pouvoir de l’assemblée est surtout honorifique. Le tsar obtient une forte majorité qui lui permet de continuer sa politique pro-occidentale.

Aux premières heures de la Seconde Guerre mondiale, l'opinion publique bulgare balance entre le soutien à l'Allemagne qui promet de restituer les territoires perdus lors des précédentes guerres, et une sympathie pour le camp opposé aux puissances de l'Axe. En février 1940, les succès d’Hitler obligent Boris à remplacer son premier ministre pro-occidental par Bogdan Filov, un germanophile notoire. Ainsi, le 7 septembre 1940, Hitler contraint la Roumanie, par les accords de Craiova, à restituer la Dobroudja à la Bulgarie. Dès lors, Boris ne peut plus faire machine arrière et le 1er mars 1941, s’engage, aux côtés de l'Allemagne et des puissances de l'Axe, dans l'offensive lancée contre la Grèce et la Yougoslavie, dans l'espoir de récupérer la Thrace et la Macédoine. Le lendemain, les Allemands traversent la Bulgarie pour envahir les Balkans.

Le 19 et 20 avril, les troupes bulgares occupent à leur tour certains territoires déjà occupés par les Allemands. Et le 13 décembre 1941, la Bulgarie déclare, symboliquement, une guerre à l’Angleterre et aux États-Unis (avec lesquels les risques d'affrontements militaires, compte tenu de la géographie, sont proches de zéro). Le 29 décembre 1940, le gouvernement crée les Brannik, des embrigadements de la jeunesse inspirés des Hitlerjugend. Mais quatre jours auparavant, l’assemblée nationale votait la « Loi sur la Sauvegarde de la nation », première mesure antisémite, touchant près de 50 000 juifs. Cette loi fait rapidement réagir la population qui s'y oppose. Elle est cependant appliquée le 13 janvier 1941.

En juillet 1942, Hitler demande au gouvernement bulgare de régler le problème de la « question juive ». Celui-ci crée le 26 août 1942, un commissariat aux affaires juives chargé dans un premier temps d’appliquer les restrictions : couvre-feu obligatoire, assignation à résidence, rations alimentaires réduites, port de l'étoile jaune ; puis dans un deuxième temps, d’organiser la déportation vers les camps. Pour cela, le gouvernement nazi envoie un expert, le SS Théodore Dannecker. Ce dernier se lance dans la déportation des 11 363 juifs habitants les territoires occupés par les Bulgares en Thrace et Macédoine. Puis, une fois la tâche terminée, se lance contre ceux de Bulgarie. La population, indignée, proteste vigoureusement. De nombreuses personnalités se mobilisent telles que le vice-président du parlement, Dimitar Peshev et l'archevêque Stefan de Sofia qui symbolisent le mouvement. Boris, cède une première fois. En mai 1943, le gouvernement projette une deuxième tentative de déportation. La population s’y oppose une fois de plus et une grande manifestation est organisée, rassemblant près de dix mille personnes devant le palais du tsar. Boris, en phase avec le sentiment populaire, annonce alors au Führer furieux, son refus catégorique de déporter les juifs de Bulgarie vers les camps de concentration.

En 1943, la guerre aborde un tournant décisif avec la bataille de Stalingrad, le vent commence

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