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Biographie: Wirths Eduard(1909-1945)

Eduard Wirths naît en 1909 à Geroldshausen près de Würzbourg d’une famille simple mais aisée. Il poursuit des études de médecine à partir de 1930 et les achève avec succès en 1935 à Wurzbourg. En 1933 il entre dans la SA et l’année suivante dans la SS, pour des motifs purement matériels semble t-il. Comme il est très ambitieux, une carrière dans la SS lui semble idéale pour réussir. Il travaille dès 1936 dans l’office thuringeois pour la rece et épouse la même année une étudiante en médecine dont il aura quatre enfants.

De décembre 1936 à mars 1937 il est médecin assistant à l’office de santé de Sonneberg en Thuringe puis jusqu’en septembre 1938 il est assistant dans la clinique pour femmes de Iéna où il assiste à de nombreuses stérilisations « forcées ». Bien que nazi convaincu, Wirths a un comportement atypique, voire contradictoire. Ainsi il soignera des Juif bien après la mise en application des lois de Nuremberg en 1935.

A la déclaration de la guerre il est mobilisée dans la SS et participe à diverses campagnes dans le nord de la Scandinavie et sur le front russe entre février 1941 et avril 1942. Il assiste notamment aux « campagnes » d’élimination des l’Einsatzkommando II… Suite à des problèmes de santé, il est versé dans l’administration des camps de concentration et entre à Dachau avec rang de SS-Obersturmführer puis est muté au KL Neuengamme en qualité de médecin du camp.

En septembre 1942 Eduard Wirths est muté à Auschwitz et nommé Hauptsturmführer. Il reste à Auschwitz jusqu’à l’évacuation du camp en janvier 1945. Il mourra le 20 septembre 1945 suite à une tentative de suicide, après qu’un officier anglais lui eut fait entendre sa responsabilité dans la mort de 4 millions de personnes…

A Auschwitz, Wirths relève de l’inspection des camps de concentration du WVHA des SS (Wirtschafts- und Verwaltungshauptamt) Office III, dirigé par le SS-Gruppenführer Richard Glücks, section « hygiène et santé des camps » dont le responsable est le Dr. Enno Lolling. En qualité de médecin chef, il est responsable de la section médicale et fait partie de l’état major du camp. Dans le camp il dépend du commandant SS-Oberststurmbannführer Rudolf Höß, et de lui dépendent tous les médecins, pharmaciens et soignants SS travaillant à Auschwitz. Sa tâche principale consiste à combattre les épidémies et à superviser les « sélections ».

Le détenus qui fait office de secrétaire de Wirths, Hermann Langbein, qui le connaît déjà depuis Dachau, le décrit comme un médecin SS ayant des scrupules, qui accomplit sont service dans un établissement de destruction contre son gré. Une détenue polonaise qui a survécu témoigne : « Je déclare que le docteur Wirths s’est engagé d’une manière humaine et de façon correcte au service des détenus et que des milliers de Häftlinge ont pu rester en vie à cause de son combat énergique contre les épidémies et de son aide de tous les instants. » Bien que guidé par l’admiration envers quelqu’un à qui elle doit la vie, le témoignage de cette femme à l’égard d’un « bourreau » SS reste remarquable. Et il est vrai que la figure de Wirths présente un contraste absolu avec celui de la grande majorité de ses confrères. Wirths tente effectivement de combattre les conditions sanitaires catastrophiques régnant dans le camp. Son combat contre le typhus et là fièvre exanthématique est couronné de succès et ceci grâce à ses méthodes visant à épargner les personnes. En effet devant les médecins SS les détenus passent leur maladie sous silence, car un aveu équivaut à une piqûre de phénol dans le cœur, et souvent l’envoi dans la chambre à gaz de tout le block. Ce silence permet à l’épidémie de se répandre. Wirths procède autrement en coopérant avec les détenus, spécialement avec Langbein, afin que les détenus soient à même d’avouer leur maladie et ainsi d’être soignés, du moins pour ceux qui peuvent encore l’être. Un autre exemple est le comportement de Wirths vis à vis des détenus : il favorise toujours les « triangles rouges » politiques au dépens des « verts » droit-communs, ce qui améliore la situation dans les blocks et réduit passablement les exécutions sauvages.

On sait par ailleurs sur les dires de SS faisant partie de la direction du camp que Wirths s’opposa au début à la participation des médecins aux « sélections » lors de l’arrivée des convois de Juifs destinés à l’extermination. Jusqu’en avril 1943 les médecins SS participent aux sélections sur la rampe en leur qualité d’officiers. Mais par ailleurs, lorsque Pohl réorganise le fonctionnement des camps de concentration au printemps 1943, il obtient la responsabilité de la sélection des « aptes » au travail et des « inaptes » immédiatement gazés comme une prérogative des médecins SS. Il effectue alors son tour de travail de « sélectionneur » sur la rampe et envoie des convois entiers dans les chambres à gaz… Mais d’un autre côté il veille à ce que des convois de malades venant des commandos extérieurs pour être gazés reçoivent un minimum de soins pour abaisser le nombre des « inaptes au travail » et épargner quelques vies…

Les relations entre le Häftling Langbein, qui fait partie de la résistance interne du camp, et Wirths sont commandées par une espèce de confiance mutuelle. Avec le temps naît entre les deux hommes une sorte de communication et de coopération cachée. Langbein lui fait comprendre qu’il organisait la résistance interne du camp ; Wirths ne réagit pas ; il avait appris par la radio de Londres que les Alliés étaient résolus de punir de mort les cadres SS responsables de l’extermination, et Langbein savait cela, ce qui lui permit d’exercer une certaine pression sur le docteur : en échange de la passivité de Wirths, il lui promet de témoigner en sa faveur après la guerre. D’autres fait témoignent de cette « complicité » : ainsi les piqûres de phénol dans le cœur comme méthode d’exécution cessent sur ordre de Wirths aux médecins pratiquant cette méthode, après qu’il en eut été informé par Langbein. Wirths a laissé agir la résistance, c’est un fait avéré. Par motivation morale ou par calcul, celui de « sauver sa peau ? ». Personne n’a la réponse…

Par ailleurs, malgré les scrupules moraux, Wirths a participé aux expériences médicales sur des détenus. Il a notamment travaillé sur le typhus, afin d’éviter le déclanchement d’une nouvelle épidémie et de protéger le personnel de garde. Il a inoculé à 4 Juifs le virus de la fièvre exanthématique. Deux vont en mourir. De plus, Wirths participe à des recherches sur le cancer lors desquelles des détenues femmes furent prises comme cobayes.

Avec Wirths, on est en pleine « zone grise » : c’est un des seuls SS d’Auschwitz qui n’ait pas été corrompu ; un des seuls qui avait en horreur la violence physique, le seul qui ait utilisé son pouvoir « officiel » pour améliorer la situation des détenus, le seul probablement qui, à un petit degré, à collaboré avec la résistance interne du camp. Il a probablement sauvé la vie de nombreuses personnes. Mais d’un autre coté, par sa position centrale dans la hiérarchie concentrationnaire, il a été incontestablement un « technicien de la mort » selon l’expression de Kramer. Sa responsabilité exacte est encore à déterminer, mais il a, c’est indéniable, participé activement au processus de destruction.

Wirths n’était ni un idéologue antisémite meurtrier ni un criminel pathologique au sens psychiatrique du terme, mais une personnalité extrêmement complexe dans laquelle l’ambition et le conformisme à l’ordre établi ont joué un rôle prépondérant. Il n’eut ni le courage ni la volonté de se soustraire à ce rôle, qu’il joua finalement jusqu’au bout.

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