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Biographie: Von Hassel Ulrich(1881-1944)

Ulrich von Hassell naît en Poméranie en 1881. Il se forme en droit et se destine à une carrière diplomatique. Il complète sa formation en Angleterre et en Suisse, et se marie avec Elsa von Tirpitz, la fille du grand amiral. Le 8 septembre 1914, lors de la bataille de la Marne, il est gravement blessé dans la région du coeur (c'est, par anticipation, le jour anniversaire de sa condamnation à mort, et de sa pendaison, trente ans plus tard, pour participation à la conjuration du 20 juillet 1944.) Après la guerre il fait carrière dans la diplomatie : il est conseiller politique et conseiller d'ambassade en Espagne, au Danemark, en Yougoslavie et finalement en Italie, où il est nommé ambassadeur en septembre 1932.

En 1938, il est « remplacé » (« décapité » comme il dira) par la volonté de Ribbentrop au moment où le pacte qu'il a signé, pour l'Allemagne, entre l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Angleterre laisse la place à un traité « anti-komintern » Allemagne-Italie-Japon. Au même moment, à l'heure où s'ouvre son Journal, Ulrich von Hassell, diplomate s'interroge et accuse. Deux chefs d'accusation : la violence d'abord. Le jeu avec la guerre mondiale dans la question des Sudètes en 1938, et la même année la nuit de cristal. 1939 aggrave les griefs : l'opération contre la Tchécoslovaquie, exemple de « destruction délibérée de toutes les valeurs et institutions » où l'Allemagne se change en « ennemi du genre humain ». L'autre grief ensuite, qui ne cessera jamais, est celui d'incompétence : désorganisation de l'Etat en multiples pouvoirs parallèles, en particulier aux Affaires Etrangères, incompétence économique des dirigeants politiques. Au total, « un régime d'assassins et de fous ».

En 1944 Ulrich von Hassell devient une pièce indispensable du dispositif de la Résistance. Il est en relation avec tous les « cercles » engagés dans une opposition qui vise à abattre le régime pour présenter une alternative, celle d'une Allemagne « convenable » et « saine » : le cercle de Goerdeler, le cercle de Kreisau, les cercles militaires, notamment celui de Stauffenberg.

Un thème l'obsède, qui contient tous les autres : « la course à l'abîme ». « Suicide européen » (1941) et dévastation politique et morale, « politique moitié démente, moitié meurtrière » (1943). Il salue l'héroïsme de la « Rose Blanche », le réseau de Sophie et Hans Scholl, et le magnifique appel national rédigé par le professeur Huber. Il est épouvanté par l'extermination des Juifs du ghetto de Varsovie : « Hitler a fait de l'homme allemand une bête sauvage exécrée dans le monde entier » (15 mai 43).

Si Ulrich von Hassell n'est pas le chef de l'opposition politique, il est celui qui des résistances tente de faire une résistance. Comme Stauffenberg, mais par un approche différente, Von Hassel contribue à une mise à nu du fascisme, comme phénomène moral, comme idéologie et comme exercice du pouvoir. Il dénonce le double jeu de l'Etat où la légalité institutionnelle est une façade derrière laquelle, opèrent impunément des groupes de hors la loi, interviennent des procédures irrationnelles, agissent des réseaux incontrôlés. Restaurer l'Etat de droit est le seul moyen de mettre fin à cette structure bi-partite. C’est ce qui motive largement son impatience d'arrêter la guerre.

Von Hassel pointe l'imposture et l'horreur fondamentales du pouvoir nazi : l'exaltation de la race, de la nation, de la communauté confisquées par les intérêts d'une mafia, de ces pouvoirs de l'ombre qui, à toutes les échelles, prolifèrent dans les sphères nazies. Confisquées et dévoyées : la fin ultime, n'est que moyen ; la conviction politico-spirituelle, n'est que discours mobilisateur passionnel d'une masse engagée par là à sa destruction aveugle. Le discours de communauté conduit à la boucherie ; le discours d'autorité et de discipline, à la soumission des humbles et la passivité des responsables (les généraux passifs et dociles).

Von Hassel rencontre Stauffenberg sur le tard, mais les deux hommes décident d’agir, un peu par désespoir… pour eux, la solution est celle d'un attentat qui s'accompagnerait d'un coup d'état. Parmi tous les attentats tentés contre Hitler, celui-là est le seul qui ait frôlé le succès et qui devait embrayer sur un coup d'état, offrir une alternative gouvernementale susceptible d'engager une nouvelle politique nationale tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, avec des hommes comme Goerdeler, Beck, von Hassell, Stauffenberg, Leber…

La suite est connue : l’attentat échoue et suit une terrible répression, qui mènera Von Hassel à l’échafaud le 8 septembre 1944, selon le mot d’ordre du Führer : « je veux qu'ils soient pendus à des crochets comme de la viande de boucherie »…

Sa fille Fey von Hassel est arrêtée par la Gestapo à l'automne 1944, à l'âge de 25 ans. En vertu d'une ancienne loi allemande, elle est « prisonnière de sang », traînée huit mois durant d'un camp à l'autre. Auprès d'elle, alors que ses deux enfants de 2 et 3 ans lui ont été enlevés, une véritable cohorte composée des « ascendants ou descendants directs et collatéraux » des comploteurs, tels que le comte Alexander von Stauffenberg, frère du poseur de la bombe, les Goerdeler, Hofacker, Helder. A Dachau, elle rencontre d’autres opposants au IIIè Reich, qualifiés de « gratin international » par les nazis : Léon Blum, Schacht, le fils de l'amiral Horthy, le pasteur Niemöller, Kurt von Schuschnigg, le capitaine Payne Best, officier de renseignement britannique dont l'autorité et le courage les sauveront tous. Libérée en mai 1945, Fey ne retrouvera ses enfants qu'en septembre.

Ulrich von Hassel : « Journal d'un conjuré 1938-1944 », Belin, 1996.
Fey von Hassel : « Les jours sombres », Denoël, 1999

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