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Biographie: Stresemann Gustav(1878-1929)

(Berlin, 10 mai 1878 - Berlin, 3 octobre 1929). Issu d’une famille de la petite bourgeoisie berlinoise, fils d’un exploitant de brasserie et, après des études d’économie politique, syndic et gérant principal de la Fédération industrielle de Saxe à partir de 1902, Stresemann se lance très vite dans la politique ; en 1903 il adhère au Parti national-libéral, devient député de 1906 à 1918 et succède à Bassermann à la présidence du Reichstag.

Au cours de la Première Guerre mondiale, il appartient aux défenseurs les plus vigoureux d’une politique nationaliste et annexionniste. Après la révolution de novembre 1918, ce monarchiste mal repenti souhaite une union des nationaux-libéraux et des progressistes, mais lui-même n’est pas accepté par le parti démocrate allemand qui vient de se constituer. En 1919, il fonde le parti du peuple. Celui-ci se trouve d’abord dans l’opposition au nouveau gouvernement constitué à Weimar et ne se décide que peu à peu à adopter une attitude positive à l’égard de l’Etat : Stresemann va jusqu’à prendre des responsabilités au sein du système parlementaire démocratique.

Au cours des cent jours qui vont du 13 août au 23 novembre 1923, pendant lesquels Stresemann est chargé de la conduite du gouvernement en qualité de chancelier et de ministre des Affaires étrangères, il réussit à surmonter la plus grave crise économique et politique de la jeune République, à réprimer les tentatives de putsch de groupes d’extrême droite et d’extrême gauche et à juguler l’inflation. Il a le courage de mettre fin à la résistance passive contre l’occupation française de la Ruhr (26 septembre 1923), que la plus grande partie de la population soutenait comme un « exploit national ».

Stresemann, dont les pensées et le comportement sont guidés par une force conscience nationale, comprend que tenter une politique d’entente avec les puissances alliées en s’en tenant aux données du traité de Versailles pouvait servir bien davantage les véritables intérêts de l’Allemagne qu’un soulèvement désespéré des milieux nationalistes. Contre l’opposition acharnée des partis de droite, il poursuit une politique d’apaisement au lendemain de l’occupation française de la Ruhr et ce également après sa démission du poste de chancelier à la suite du départ du SPD de grande coalition : il conserve une position dominante comme ministre des Affaires étrangères.

Le plan Dawes de 1924 (règlement des réparations et répit accordé à l’économie allemande en train de se relever), les traités de Locarno de 1925 liés à l’entrée de l’Allemagne à la SDN (1926), la poursuite de la politique de Rapallo fondée sur l’entente avec la Russie par la conclusion d’un traité germano-russe (de Berlin) en avril 1926, le pacte Briand-Kellogg de 1928 qui proscrit la guerre comme moyen politique, et enfin la perspective de l’évacuation de la Rhénanie par les troupes d’occupation françaises et belges grâce à l’adoption du plan Young (1929-1930) sont les étapes de cette politique axée sur l’entente avec les peuples et la restauration de la souveraineté allemande pour laquelle il obtient en 1926 le prix Nobel de la paix avec le Français Aristide Briand.

Sa grande souplesse diplomatique et ses talents de rhétoricien, liés à une formidable vitalité et à un optimisme jamais défaillant, lui permettent de supporter et de surmonter les résistances intérieures et extérieures, les revers dans le rapprochement germano-français et l'opposition croissante dans son propre pays, bien que sa santé, ébranlée depuis longtemps, s’en trouve toujours plus altérée. D’une infatigable activité jusqu’à la fin, il succombe à une attaque d’apoplexie alors qu’il n’a que 51 ans. Avec sa mort, la République de Weimar perd l’homme politique sans doute le plus influent de l’Allemagne d’entre les deux guerres.

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