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Biographie: Streicher Julius(1885-1946)

« Si l'on veut en finir avec le danger de la reproduction de cette race maudite par Dieu il n'y a qu'un moyen : c'est l'extermination de ce peuple, dont le père est le diable. » Julius Streicher, début 1942, « Der Stürmer ».

Julius Streicher est né le 12 février 1885 dans un village de Souabe bavaroise, dernier rejeton d'une famille de neuf enfants. Comme son père, il décide de devenir instituteur, et en 1909 est nommé à l'école municipale de Nuremberg. Si l'on en croit ses propres aveux lors de son procès qui se tiendra trente ans plus tard dans cette même ville, c'est en fréquentant des enfants des milieux ouvriers qu'il a pu « constater les contrastes sociaux ». Aussi décide-t-il de faire de la politique et en 1911 adhère au parti démocrate.

La guerre éclate en 1914. Streicher est mobilisé comme caporal dans un régiment d'infanterie. Sa conduite au combat lui vaut de devenir officier dans un groupe de mitrailleurs et d'empocher deux croix de fer, l'ordre bavarois et la croix du mérite autrichien. Viscéralement anticommuniste et antisémite, il adhère au NSDAP en 1921 après un passage dans une association réactionnaire, « Schutz und Trutzbund ». L’antisémitisme qu’il pratique systématiquement, et qui en appelle aux instincts primitifs des masses, fait de lui l’initiateur des persécutions juives. En 1922, il fonde « Der Stürmer », journal si raciste et pornographique qu’il écoeure même certains proches de Hitler, mais pas Hitler lui-même. L'homme cumule les excès, y compris dans sa propre idéologie : il mange, boit, et des rumeurs courent sur son intérêt (démenti par la suite) pour les jeunes enfants... Streicher porte sans cesse sur lui une cravache qu'il brandit à l'occasion de ses discours ou de ses beuveries.

Il est de tous les coups du Parti nazi, du putsch manqué de 1923, suite auquel il est révoqué de son poste d’instituteur, à la prise du pouvoir, ralliant inlassablement au NSDAP les autres associations d'extrème-droite. En 1925, Hitler le nomme Gauleiter de Franconie et chef du parti en Bavière du Nord. Avec l'installation du système totalitaire hitlérien, la position de Streicher devient moins importante. Mais pour le nouveau maître de l'Allemagne, Streicher reste le moyen de déchaîner la haine raciale et il s'en sert à l'occasion contre les éléments « modérés, pragmatiques » du Parti. Si Hitler interdit de diffusion « Der Stürmer » lors des JO de 1936, c'est pour d'évidentes raisons diplomatiques... Il tient à passer pour un modéré, malgré son soutien inconditionnel à celui que l'on surnomme le « Tyran de Franconie ».

En 1940, la Cour suprême du Parti nazi déclare Streicher coupable de corruption et autres actes délictueux. Il doit démissionner de son poste mais reste directeur de « Der Stürmer », grâce à l'appui de Hitler. Un an plus tôt, il lui a ordonné de suspendre ses discours à l'égard des Juifs. Malgré ses prises de position antijuives, Streicher n'a pas cru les rapports des tueries de masse des Juifs, mais a cessé de les mettre en doute à la mi-1944. Toujours est-il que sur le plan politique, il ne compte plus.

1945. La défaite est venue, les Alliés traquent les criminels de guerre. Fin mai, les Américains arrêtent Streicher dans les Alpes bavaroises, par hasard. Il doit être jugé à Nuremberg pour avoir « favorisé l'accession au pouvoir des conspirateurs nazis et la consolidation de leur contrôle sur l'Allemagne », « autorisé et dirigé en y participant les crimes contre l'Humanité énoncés au chef d'accusation n°4 comportant en particulier l'excitation à la persécution des Juifs ». Streicher, avec son allure de brute perverse, fait mauvaise impression sur les juges et annule par son propre comportement ses chances de survie. Il est reconnu coupable, condamné à mort et pendu le 16 octobre 1946.

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