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Biographie: Ludendorff Erich von(1865-1937)

(Kruszewnia, Posnanie, 9 avril 1865- Tutzing ou Munich, 20 ou 22 décembre 1937). Ludendorff fait carrière à l’état-major général, où il participe, sous les ordres de Schlieffen et de Moltke à l’élaboration du plan d’invastion de la France, appliqué en 1914. Ludendorff se fait remarquer en 1914, quand il conquiert par un intrépide coup de main la forteresse de Liège aux premiers jours de l’invasion de la Belgique. Très doué sur le plan militaire mais étroitement cantonné à ce domaine, il détient un peu plus tard des pouvoirs extrêmement étendus, aussi bien dans le domaine militaire que politique. Chef d’état-major du commandant en chef Hindenburg, il remporte en août 1914 les victoires de Tannenberg et de Mazurie, et devient, plus encore que Hindenburg, le véritable chef des opérations sur le front Est. Mais son plan, consistant à concentrer des forces massives sur le front oriental pour obtenir une victoire décisive, est rejeté par le grand quartier général dirigé par Falkenhayn.

Celui-ci rassemble en 1916 toutes les forces disponibles pour attaquer la forteresse de Verdun, mais la bataille est finalement interrompue après des pertes élevées. C’est alors que les deux plus célèbres chefs militaires allemands, qui passent depuis Tannenberg pour imbattables, prennent la direction des opérations militaires. Ludendorff occupe le poste spécialement créé pour lui de « premier quartier-maître général » : adjoint au commandement suprême, il a tout autant de responsabilités que Hindenburg, généralissime des armées des Empires centraux. Son autorité est si grande que certains hommes politiques, dont Stresemann, souhaitent transformer la situation existante en une véritable dictature militaire dirigée par Ludendorff.

Ce dernier prend diverses initiatives : il décide d’engager la guerre sous-marine à outrance, ce qui entraîne l’entrée en guerre des Etats-Unis ; il procède au remplacement du chancelier Bethmann-Hollweg par des hommes politiquement insignifiants (Michaelis et Hertling) désignés par le commandement suprême ; il suscite le boycott des résolutions de paix de la majorité parlementaire ; il organise la mobilisation des forces en vue de la guerre totale en mettant au point le « programme Hindenburg ». Il refuse cependant de devenir le « Cromwell allemand », de même qu’il ne souscrit pas au projet de Rathenau de prendre en 1918 la tête d’un soulèvement populaire. Après l’échec des offensives de l’été 1918 et les contre-attaques de l’Entente, il réclame fin septembre l’ouverture rapide de négociations en vue d’un cessez-le-feu, ainsi qu’une démocratisation de la Constitution du Reich. Ces deux demandes surviennent trop tard. La réponse du président américain Wilson ne laisse entrevoir que l’éventualité d’une « paix humiliante ».

Dirigé à présent par le prince Max de Bade, le gouvernement allemand repousse l’appel de Ludendorff en faveur de la poursuite de la guerre par des moyens extrêmes. Ludendorff quitte ses fonctions le 26 octobre. L’échec de la dictature militaire, qu’il a pratiquement mise en place sans tenir compte des contigences intérieures et extérieures (aspiration à la paix et à un système parlementaire), contribue dans une large mesure au déclenchement de la révolution de novembre 1918.

Pendant la République de Weimar, Ludendorff réapparaît sur la scène politique, mais ne joue plus qu’un rôle marginal. Combattant sans merci ce régime, il contribue à répandre la légende du « coup de poignard dans le dos » donné à l’armée allemande. Sa participation à la tentative ratée de putsch de Hitler à Munich (novembre 1923) ne comble pas les espérances de la police et de l’armée. Député nationaliste (1924), sa candidature à l’élection présidentielle de 1925 n’est pas non plus couronnée de succès, puisque le candidat des nationaux-socialistes n’obtient que 200 000 voix face à son ancien supérieur Hindenburg.

Par la suite, brouillé avec Hitler, il se détache du parti national allemand qu’il a dirigé de temps à autre et se consacre dès lors à la publication de ses écrits. Déçu par ses échecs successifs, il devient de plus en plus sectaire. En collaboration avec sa deuxième femme, le médecin et « philosophe Mathilde von Kemnitz », il fonde en 1926 la « Ligue de Tannenberg » qui est à la fois une « communauté religieuse germano-allemande » et une association combattant les « forces supra-étatiques », à savoir les Jésuites, les francs-maçons, les Juifs et les marxistes.

Erich Ludendorff meurt le 22 décembre 1937 à l’âge de 72 ans après avoir rejeté l’offre d’Hitler lui proposant, en 1935, de l’élever à la dignité de maréchal.

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