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Biographie: Hitler(1889-1945)

(Braunau-sur-Inn, 20 avril 1889 - Berlin, 30 avril 1945). Fils d’un douanier autrichien, Hitler grandit à Linz et perd son père en 1903. Il quitte l’école en 1905 et reste par la suite autodidacte et dilettante en tous domaines. Son séjour à Vienne de 1907 à 1913, où il échoue par deux fois au concours d’entrée à l’Académie des beaux-arts, est déterminant. Il y mène une vie de vagabondage, habite à partir de 1909 un foyer de sans-abri, puis une pension, et tente de gagner sa vie en peignant et vendant des cartes postales. Le jeune homme, solitaire et rêveur, s’imprègne de la politique viennoise et autrichienne dans cet Etat multinational des Habsbourg en pleine agitation. Il devient partisan d’un nationalisme empreint de pangermanisme autrichien, admire les succès du mouvement social-chrétien dirigé par Karl Lueger et nourrit un antisémitisme fanatique (découverte des pamphlets de Georg von Schönerer), élément fondamental de sa conception du monde.

Le départ pour Munich en 1913 est peu glorieux, Hitler échappant - depuis 1909 déjà - aux autorités militaires autrichiennes. Sa situation d’apatride s’améliore peu dans le Munich d’avant guerre. Sans le sortir complètement de son isolement, son engagement volontaire, à la déclaration de guerre, dans le régiment d’infanterie de réserve List lui permet d’échapper à une existence désolée. Estafette de l’état-major du régiment, blessé et décoré plusieurs fois de la croix de fer, le caporal Hitler fait preuve de courage au cours de la Première Guerre mondiale, même s’il ne réussit pas vraiment à s’intégrer dans la troupe. La défaite, qu’il apprend à l’hôpital militaire de Pasewalk où il se fait soigner les yeux, abîmés par les gaz, lui ouvre la voie de la politique. De la guerre, Hitler garde la nostalgie de la camaraderie exaltée des combattants.

De retour à Munich au printemps 1919, il est nommé instructeur politique par le capitaine Röhm, qui dirigera plus tard la SA, et prend alors conscience de l’attraction, de sa propagande dirigée contre les « assassins de Novembre » et la « république juive ». Hitler se hisse rapidement au rang de principal dirigeant du parti des travailleurs allemands (DAP), fondé par un petit employé des chemins de fer du nom d'Anton Drexler, et dont il devient, après quelques hésitations, le 55è membre. De 1919 à 1923, il est tribun de la cellule bavaroise et élabore pour le parti, rebaptisé en 1920 par l’ingénieur Gottfried Feber « Parti national-socialiste des travailleurs allemands » (NSDAP), un programme en 25 points déclarés irrévocables et dont il aura vite fait d’ignorer lui-même les éléments sociaux et les aspects économiques. Doué d’un sens aigu de la parole et du spectacle, il rassemble sous les drapeaux à croix gammée des foules de plus en plus nombreuses, électrisées par ses violences verbales contre le traité de Versailles et les Alliés qui ruinent le pays.

De 1922 à 1923, il décuple le nombre des adhérents (56 000) et croit pouvoir entraîner avec lui ses alliés, les forces bavaroises regroupées autour de Kahr et de Lossow, ainsi que les corps francs et les milices populaires autour de Ludendorff, lorsque Stresemann demande l’arrêt de la résistance passive des ouvriers dans la Ruhr. Lors du putsch de la brasserie Bürger, le 8 novembre 1923, il espère faire marcher ses amis sur Berlin. La débâcle humiliante du 9 novembre dans la Feldherrnhalle et l’année de détention dans la forteresse de Landsberg (11 novembre 1923-20 décembre 1924), après un procès habilement mené, - malgré l’évidence de la haute trahison et une condamnation à cinq ans -, ne lui sont pas inutiles. Dans sa prison, Hitler écrit, avec la collaboration de Rudolf Hess, « Mein Kampf » (« Mon Combat », 1924-1926), un livre qu’il considérera plus tard en plusieurs points comme trop sincère, et il mûrit sa tactique politique ; jusqu’à la prise du pouvoir en 1933, il saura attendre et surtout, face à l’armée, cacher, sous un semblant de légalité formelle, la brutalité de ses objectifs.

Le parti, reconstitué en 1925, est systématiquement débarrassé de tous les rivaux (notamment les frères Strasser) et dominé uniquement par Hitler, chef unique (Führer), et un groupe d’aventuriers acquis à sa cause, par foi ou par opportunisme (Goering, Röhm, Himmler, Bormann, Goebbels). Pendant la crise de la démocratie de Weimar, il affirme de façon aussi opiniâtre que provocatrice l’ambivalence démagogique de sa politique, orientée constamment vers la prise du pouvoir. Se conciliant l’armée et les milieux d’affaire, Hitler devient tardivement citoyen allemand. Grâce à la crise économique mondiale, sa propagande sans relâche (contre le plan Young, 1929 ; contre le chancelier Brüning, 1931) se solde par un énorme succès qui brise ou désarme ses adversaires (élections de septembre 1930 ; élection présidentielle du printemps 1932 contre Hindenburg ; élections parlementaires du 31 juillet et - avec une perte de deux millions de voix - du 6 novembre 1932).

Dans le cabinet de coalition du 30 janvier 1933, arraché à l’entourage de Hindenburg, Hitler détient dès le début des positions clés avec Frick, Goering, et Blomberg au ministère de la Défense. Dès lors, et malgré des crises occasionnelles, la transformation de l’Allemagne en un pays totalitaire est en marche ; elle passe par l’incendie du Reichstag, la loi d’urgence, la loi des pleins pouvoirs, la mise au pas des syndicats, des partis et des Länder, l’assassinat de Röhm (« Nuit des Longs Couteaux » juin 1934) et elle culmine dans le serment que l’armée doit prêter à Hitler après la mort de Hindenburg, ainsi que dans la réunion des fonctions de président et de chancelier du Reich. L’Etat totalitaire à parti unique triomphe, la police secrète d’Etat, la SS et les organisations de masse du parti enlacent la nation entière et étouffent systématiquement la moindre résistance, avant même qu’elle ait pu s’organiser. Les événements de la fin de l’année 1938 (la crise Blomberg et Fritsch et la succession de Ribbentrop à Neurath au ministère des Affaires étrangères) marquent la fin des restrictions qui limitaient encore le pouvoir personnel de Hitler et transforment le gouvernement du Reich en une assemblée docile.

Ce système invulnérable, dans lequel se mèlent étrangement une extrême centralisation du pouvoir et, parmi ses représentants, une anarchie artificiellement entretenue par Hitler, condamne à l’impuissance le mouvement d’opposition qui touche pourtant une partie non négligeable de la population. Nombreux sont ceux qui trop longtemps se bercent d’illusions sur la réalité du national-socialisme. Les lois raciales (1935) étendent aux Juifs et aux Tziganes la persécution qui sévit depuis 1933 contre les opposants politiques et certaines minorités (camps de concentration). L’émigration est importante.

Parallèlement à cette toute puissance à l’intérieur, Hitler veut réaliser avec les mêmes moyens, à l’extérieur, son programme d’hégémonie sur l’Europe puis sur le monde. S’il parvient tant bien que mal, de 1933 à 1938, à cacher ce programme malgré des provocations répétées (retrait de la SDN en octobre 1933 ; assassinat de Dollfuss en 1934 ; service militaire obligatoire en 1935 ; entrée des troupes en Rhénanie et intervention en Espagne pour soutenir Franco en 1936), c’est que les pays étrangers, particulièrement conciliants dans leur politique « d’apaisement », ne peuvent ni ne veulent percevoir la logique brutale de ses avancées. Hitler s’assure la maîtrise d’une armée forte et modernisée (développement de l’aviation, la Luftwaffe, création d’unités blindées). Quatre ans après l’assassinat du chancelier Dollfuss par les nazis autrichiens, Hitler réalise avec l’accord de Mussolini l’annexion (Anschluss) de l’Autriche au Reich allemand et entre triomphalement à Vienne le 14 mars 1938.

Toutes ces années durant (protocole Hossbach en novembre 1937), Hitler tient fermement à son projet d’expansion vers l’Est pour conquérir l’espace vital qui lui semble nécessaire. Il envahit la Tchécoslovaquie à l’automne 1938 en s’appuyant sur la minorité allemande des Sudètes et négocie avec succès le démembrement du pays lors de la conférence de Munich (septembre 1938) qui réunit Allemands, Italiens, Français et Britanniques. Même son rapprochement avec l’URSS, qui culmine dans le pacte germano-soviétique d’août 1939, n’est à ces yeux qu’un moyen d’attaquer la Pologne (Dantzig, Memel), pour s’opposer finalement au bolchevisme.

Il lance alors l’Allemagne dans la Seconde Guerre mondiale (1er septembre 1939) et envahit successivement Pologne, Norvège et Danemark, Belgique, Hollande, France, Yougoslavie et Grèce, puis enfin Union soviétique. Mais il se méprend complètement en escomptant trouver de solides alliés dans le conflit qu’il fait sciemment éclater. L’espoir de gagner à sa cause « l’île germanique », qu’il nourrit jusqu’à la fin malgré l’aversion de Ribbentrop pour l’Angleterre, s’avère être en 1939 une grossière erreur. Il surestime longtemps les possibilités du fascisme et de Mussolini, puis cachant de moins en moins ses ambitions, fait subir de tels affronts à l’Italie que l’alliance des deux pays, même durant la guerre, devient incertaine. Les mêmes erreurs d’appréciation apparaissent dans les rapports avec le Japon qui, s’il se décide finalement à attaquer les Etats-Unis en 1941, conserve jusqu’à la fin de la guerre, à son grand désespoir, sa neutralité vis-à-vis de l’Union soviétique en Extrême-Orient.

Dès le départ, Hitler joue donc à quitte ou double dans la guerre. Jamais il ne sera prêt à conclure la paix dans des conditions acceptables par ses adversaires, qu’il s’agisse de la France, de l’Angleterre ou de l’Union soviétique après 1941. Au sommet de sa puissance, il lance son programme d’expansion en attaquant l’URSS le 22 juin 1941 : offensive lourde de conséquences, qu’il justifie par la nécessité d’isoler complètement l’Angleterre du C

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