Les petits ghettos polonais (Nazisme - 2ième guerre mondiale)

1. Aleksandrow Lodzki

Aleksandrow Lodzki est une ville de Pologne centrale au nord-est de Lodz. Une communauté juive, venant de Lutomiersk s’y installe en 1830. Elle est forte de 1.000 membres en 1850, 1.673 personnes en 1879, 3.061 en 1909 et 2.635 membres en 1921, soit 31,9% de la population totale. En 1939 il y a 3.500 juifs à Aleksandrow.

L'armée allemande occupe la ville le 7 septembre 1939. Le 8, la synagogue est incendiée et les juifs forcés de brûler les rouleaux de la Torah trouvés dans les maisons privées. Les exactions se poursuivent jusqu’à la fin de 1939: arrestations, vols, pillages des biens, imposition de taxes… Le 27 décembre 1939, tous les juifs d'Aleksandrow sont expulsés à Glowno dans le Gouvernement Général. Le cimetière juif d'Aleksandrow est labouré et transformé en parc.

2. Augustow

Augustow : rassemblement avant la déportation
Augustow : rassemblement avant la déportation
Augustow se situe dans de district de Bialystok. Les Juifs sont mentionnés pour la première fois en 1630 et sont 239 en 1765. Beaucoup travaillent dans l'industrie locale du bois de charpente. En 1860 les Juifs sont 3.764 (45% de la population). Il y a cinq synagogues à Augustow vers 1900, et la communauté est durement frappée lors des combats de la première guerre mondiale. En 1921 les Juifs sont 2.261 (25.8%), principalement employés dans le prêt-à-porter.

En 1939, 4.000 juifs habitent à Augustow. Le 20 septembre 1939, l'armée soviétique occupe la ville. Des partis politiques juifs sont interdits et quelques leaders arrêtés, mais les établissements culturels et religieux continuent à fonctionner. Le 22 juin 1941, l'armée allemande entre dans la ville. Peu de temps après, environ 1.000 hommes juifs sont arrêtés, amenés dans la forêt près de Szczebre et exécutés.

En octobre 1941, un ghetto est établi. En juin 1942, tous les Juifs restants dans le ghetto, pour la plupart des femmes et des enfants, sont déportés dans le camp de Bogusze près de Grajewo, où environ 7.000 juifs de toute la région sont concentrés. Après quelques semaines, environ 1.700 d'entre eux sont déjà morts de faim ou de maladie. En août 1942, la police allemande et polonaise mène une «Aktion»: Le camp de Bogusze est liquidé et tous ses prisonniers Juifs sont expulsé à Treblinka et Auschwitz.

3. Baranowicze

Baranowicze : rue de la ville juive avant la guerre
Baranowicze : rue de la ville juive avant la guerre
Baranowicze est une ville du district de Brest Litovsk (Biélorussie) au sud ouoest de Minsk. Entre les deux guerres, la ville fait partie de la Pologne indépendante et est occupée par l'armée rouge en septembre 1939 puis annexé à la Union soviétique. Quand les Allemands entrent à Baranowicze le 27 juin 1941, la population juive compte environ 10.000 personnes. Quelques jours plus tard, les Allemands assassinent 73 juifs soupçonnés d’être des communistes. Puis à la fin juin l’Einsatzkommando 8 et la Wehrmacht exécutent 350 juifs. Un peu plus tard, 759 juifs sont envoyés à la mort dans le camp de concentration de Koldichevo.

Rapidement un Judenrat est installé, avec Yehoshua Isikson comme Président. Les Allemands exigent qu'Isikson leur fournisse un grand nombre de Juifs pour le travail obligatoire, mais il refuse. Le 3 mars 1942, 2.300 juifs sont assassinés. Isikson et son secrétaire sont forcés d’assister au massacre puis sont exécutés. Après cette «Aktion», les juifs de Liakhovichi, Kletsk, Meitshet, Stolbtsy, et Gorodishche sont amenés à Baranowicze.

Au printemps de 1942, trois groupes clandestins se forment puis se fondent dans une organisation de résistance unique de 200 membres. Après de longues et houleuses discussions (se soulever dans le ghetto ou fuir et se battre à l’extérieur), décision est prise d’un soulèvement dans le ghetto pour le 19 juillet 1942. Un plan est conçu et des armes achetées. Début juillet, la résistance décide de reporter le soulèvement, craignant un massacre de la population et de s’orienter vers l’organisation d’une fuite hors du ghetto.

Baranowicze : contrôle aux premiers jours de l’invasion
Baranowicze : contrôle aux premiers jours de l’invasion
Mais le 19 août 1942, 700 jeunes juifs sont arrêtés et et envoyées à Molodechno (Maladecna) au nord ouest de la Biélorussie. Un deuxième «Aktion» est lancé le 22 septembre: elle dure dix jours et coûte la vie à 3.000 personnes. La résistance ne fait rien, ne sachant pas si cette «Aktion» signifie la liquidation du camp et se sentant trop isolée. Quand l'Aktion s’achève, des groupes de Juifs commencent à s’échapper du ghetto. Le 17 décembre 1942 a lieu une troisième «Aktion»: le ghetto est liquidé et 3.000 personnes sont massacrées. Les Allemands laissent en vie 700 juifs et les répartissent en trois camps de travail.

Moins de 450 juifs survivront à la fin de la guerre.

4. Bedzin

Bedzin : ruine de la synagogue détruite par les nazis
Bedzin : ruine de la synagogue détruite par les nazis
Bedzin se trouve dans la région de Katowice, en Silésie, au sud-ouest de la Pologne. La veille de l’occupation allemande le 4 septembre 1939, environ 27.000 Juifs vivent à Bedzin. Le 9 septembre, les Allemands incendient la synagogue principale et cinquante maisons avoisinantes.

Un Judenrat est créé, composé des «sommités» de la ville. Mais rapidement ce Judenrat est subordonné à celui, plus important, de la cité voisine de Sosnowiec, et un nouveau président est nommé, Chaim Molczadski.

De nombreux Juifs sont soumis au travail obligatoire dans la ville, et certains envoyés en Allemagne pour y travailler. Rapidement, le Judenrat est chargé d’organiser ces déportations. Il collabore avec les Allemands, monte des ateliers appartenant aux nazis et persuade les juifs du ghetto que le travail pour les Allemands est la meilleure garantie de la survie du ghetto. Il créé aussi une ferme modèle de 40 hectares au sud de la ville, destinée à former des jeunes juifs.

Les déportations des juifs de Bedzin vers Auschwitz démarrent en mai 1942 et atteignent leur point culminant le 1 août de la même année, où 5.000 personnes sont expédiées dans les chambres à gaz de Birkenau. Les mouvements de la jeunesse mènent une campagne contre le Judenrat, accusé de collaboration, et la «ferme» devient le grand foyer de la résistance, dont l’organisation principale est la «Zydowska Organizacja Bojowa», animée par Mordecai Anielewicz qui parle de l'extermination des juifs dans le «Generalgouvernement» et aide à organiser la résistance locale. Cette résistance est menée par Frumka Plotnicka (de Varsovie), Zvi Brandes, Heschel Springer, Shlomo Lerner, et Ezriel («Yozek») Koszok. La résistance juive de Bedzin tente d'établir des contacts avec la résisatnce polonaise, mais échoue de même qu’échoue la tentative de mettre sur pied un soulèvement armé.

Bedzin : enfants du ghetto
Bedzin : enfants du ghetto
Au printemps 1943, les Juifs sont confinés dans un ghetto installé à Kamionka, une banlieue près de Srodula, le ghetto de la ville voisine de Sosnowiec. Le 1 août 1943, les SS liquident le ghetto. Il y a quelques actes de résistance armée isolés, rapidement anihilés. La liquidation prend plus de deux semaines et plusieurs milliers de Juifs sont déportés à Auschwitz-Birkenau. Quelques uns parviennent à fuir en Slovaquie et en Hongrie, où ils entrent dans la clandestinité.

Une poignée de juifs de Bedzin est revenue dans la ville après la guerre, mais la communauté n'a pas été rétablie.

5. Belchatow

Belchatow : les Juifs entrent dans le ghetto
Belchatow : les Juifs entrent dans le ghetto
Belchatow est une ville de la région Lodz. A la veille de la guerre mondiale, 6.000 Juifs vivent dans la ville soit 60% de la population totale. Environ 1/3 des Juifs s’enfuit lors des premiers mois de l’occupation allemande. Le 1 mars 1941, un ghetto est installé à Belchatow. A l’automne de la même année, il accueille les Juifs des villes voisines, Zelow, Widawa et Szczercow et ceux de plusieurs villages environnants. Le ghetto est surpeuplé et rapidement la famine et les nombreuses maladies sévissent alors que les conditions sanitaires se détériorent.

Belchatow : Juifs rassemblés rue Pabianicka pour la déportation, août 1942
Belchatow : Juifs rassemblés rue Pabianicka pour la déportation, août 1942
La destruction des juifs de Belachtow débute en août 1941: 1.950 hommes du ghetto sont transférés dans les camps de travail dans la région de Poznan, où ils meurent tous. Le ghetto est liquidé à partir d’août 1942 par des unités de SS stationnées dans le secteur, avec la participation de la population civile allemande menée par le maire, Josef Tramler et le chef de l'administration de ghetto de Lodz, Hans Biebow qui se déplace spécialement de Lodz pour l’occasion. Au cours de la liquidation, 5.000 juifs sont expulsés à Chelmno et y sont assassinés. 850 sont transférés dans le ghetto de Lodz. 150 parviennent à s’enfuir, mais la plupart est rattrapée et tuée plus tard.

6. Belz

Petite ville de la circonscription de Lwow en Galicie, Belz possède une des communautés hassidiques les plus importantes de la région, dont les premières traces remontent au début du XVIè siècle. En 1921 les juifs sont 2.104, soit 50,7% de la population totale.

En février 1942, 1.000 juifs de Belz sont expulsés dans les camps de la mort. En mai 1942 suivent 1.540 juifs. Ils sont à leur tour déportés en septembre de cette année.

7. Belzyce

Petite ville du district de Lublin, Belzyce accueille ses premiers juifs au début du XVIème siècle. En 1764 la population juive est de 949 âmes, en 1897 de 1.705 (sur 3.182 habitants), en 1921 de 1.882, soit 50% de la population totale. En 1939, les juifs sont 2.100.

La Wehrmacht entre à Belzyce mi - septembre 1939, et la population juive est immédiatement victime de persécutions et d’actes de terreur, comme c’est le cas dans tout le district de Lublin.

En février 1940 environ 300 juifs de Stettin sont été expulsés à Belzyce et le ghetto est créé. En février et mars 1941 500 Juifs de Cracovie et 500 de Lublin arrivent encore. Puis le 12 mai 1942 c’est un «déferlement» de plusieurs milliers Juifs d'Allemagne centrale (Saxe et Thuringe): la population du ghetto passe à 4.500 personnes avant que ne commencent les déportations vers les camps de la mort…

Le 32 octobre 1942, les SS mènent leur première «Aktion» pour liquider les Juifs de Belzyce. Ils rassemblent plus de 3.000 juifs pour les expédier à Majdanek et Budzyn. Les autres sont envoyés à Sobibor. Peu après, ils établissent un camp de concentration à Belzyce dans quelques maisons autour de la synagogue détruite. Ce camp est liquidé en mars 1943. Plusieurs centaines de juifs, pour la plupart des femmes et des enfants, sont fusillés alors que 250 femmes et 350 hommes sont envoyés au camp de concentration de Budzyn, où seulement une poignée survivra.

8. Biala

Ville de Galicie occidentale, sur le fleuve Biala vis-à-vis de la ville silésienne de Bielsko, Biala fusionne avec cette dernière en 1950. La communauté juive est fort ancienne et reste sous la juridiction du rabbinat d’'Oswiecim jusqu’au XIXè. Elle devient indépendante en 1872. Les juifs de Biala sont environ 2.600 en 1929.

L'armée allemande entre dans la ville le 3 septembre 1939 et c’est immédiatement la terreur: Le 13 septembre 1939, le jour de Rosh Hashanah, des deux synagogues de Bielsko sont incendiées, et Les deux de Biala le sont quelques jours plus tard ; ses Juifs orthodoxes sont forcés de jeter les livres saints dans le feu. En été 1941 un ghetto est établi à Bielsko. Il est liquidé en juin 1942 et la totalité de la population est déportés à Auschwitz Birkenau.

9. Biala Podlaska

Biala Podlaska : Juifs rassemblés devant une cantine collective organisée par le Judenrat
Biala Podlaska : Juifs rassemblés devant une cantine collective organisée par le Judenrat
Biala Podlaska est une ville de la la province de Lublin. Les premiers Juifs sont menionnés en 1621. En 1841 il y a 2.200 juifs sur 3.588 habitants. En 1921, ils sont 6.874 sur 13.000 habitants. Quatre journaux de Yiddish sont édités à Biala entre les deux guerres mondiales.

Le 26 septembre 1939, l'armée soviétique entre dans la ville, mais se retire un mois plus tard, conformément au pacte germano-soviétique. Environ 600 juifs partent avec l'armée soviétique. La population juive restante est immédiatement soumise à la persécution et à la terreur nazies. À la fin de 1939 environ 3.000 juifs de Suwalki et de Serock sont amenés dans la ville, suivis quelques mois plus tard par environ 1.000 prisonniers de guerre juifs de l'armée polonaise. Durant le transfert de ces derniers, plusieurs dizaines sont abattus. Les autres sont emprisonnés dans un camp de travail obligatoire, puis transférés après un an dans le camp de prisonniers de guerre de Lublin.

Entre 1940 et 1941 plusieurs centaines de juifs de Cracovie et de Mlawa sont «reclassés» à Biala, dont la population juive atteint 8.400 personnes en mars 1942. Fin juin 1941 un certain nombre de Juifs sont envoyés dans le camp de concentration d’Auschwitz, afin de faire de la place et de pouvoir «accueillir» des prisonniers de guerre soviétiques. Ces Juifs sont parmi les premières victimes à périr à Auschwitz.

Le 6 juin 1942 a lieu la première «Aktion» de Biala Podlaska: Environ 3.000 personnes sont envoyées à Sobibor et exterminées. Le 26 septembre 1942, une seconde déportation envoie tous les habitants du ghetto à Miedzyrzecz, puis de là, en novembre 1942 dans le camp de la mort de Treblinka. 300 Juifs sont laissés à Biala Podlaska dans un camp de travail nouvellement établi. Celui-ci est liquidé en mai 1944 et tous ses détenus transférés au Kl Majdanek, d’où seulement quelques reviendront. Plusieurs centaines de Juifs réussissent à fuir dans les forêts alentour pendant les déportations, mais seulement 30 d'entre euxréussissent à survivre en se cachant jusqu'à la libération de la région, le 6 juillet 1944.

10. Biecz

Biecz est une ville située au sud de Tarnow et à l’est de Nowy Sacs, en Galicie. Les Allemands entrent dans la ville le 7 septembre 1939. Le ghetto est créé en avril 1942 et liquidé en août de la même année. Il y a environ 1.000 juifs dans le ghetto. Pendant la liquidation, les malades et les vieux sont exécutés sur place, et les autres, environ 700 personnes, sont envoyés à Belzec.

11. Bielsk

La ville de Bielsk se situe au sud de Byalistok en Pologne du nord. Les juifs y sont mentionnés dès 1487. Une communauté organisée existe au XVIè siècle et une synagogue est construite en 1542. La population juive est de 94 personnes en 1816, 298 en 1847, 4.079 en 1897 (54,6% de l’ensemble) et 2.392 en 1921.

En 1939, Bielsk est occupée par les Soviétiques. Sa population juive grimpe jusqu’à 6.000 personnes, la plupuart ayant fui la Wehrmacht avançant en Pologne. En 1940 un certain nombre de réfugiés sont déportés à l’intérieur de la Russie par les Soviétiques. Au printemps de 1941, de jeunes juifs s’enrôlent dans l'armée rouge. Le 22 juin 1941, au premier jour de Barbarossa, de nombreux Juifs tentent se se sauver vers l’est sur les talons de l’armée soviétique en déroute… Peu réussissent. La grande majorité reste massée à Bielsk où la Wehrmachet pénètre le 24. Immédiatement derrière elle, les hordes nazies. Dans les dix jours qui suivent, ils rassemblent 30 responsables de la communauté juive et des intellectuels qui sont passés par les armes. Puis ils imposent une amende de quatre kilos d'or et de 200.000 roubles à la communauté juive, en échange… de leur protection.

Rapidement est créé un Judenrat dirigé par Shlomo Epstein. À la fin de 1941 un ghetto «ouvert» est établi. En février 1942 le ghetto est fermé et ceint de barbelés, empêchant tout contact avec l'extérieur.

Entre le 2 et le 11 novembre 1942, le ghetto est liquidé: 5.000 Juifs sont envoyés à Treblinka alors que 200 autres, les vieux et les malades sont expédiés d’une balle dans la tête dans le cimetière juif local. Environ 40 «travailleurs pécialisés» et artisans sont sélectionnés et envoyés dans le ghetto de Bialystok, où ils seront par la suite liquidés avec le reste des détenus juifs.

La communauté juive ne sera pas reconstituée après ka guerre.

12. Bielsko - Bielitz

Bielsko Biala – Bielitz : vue de la ville au début du XIXè siècle
Bielsko Biala – Bielitz : vue de la ville au début du XIXè siècle
Bielsko est une ville du sud de la Pologne, sur le fleuve Biala et vis-à-vis de la ville de Biala avec laquelle elle a été jumelée en 1950 pour former la ville de Biala-Bielsko. Une communauté juive existe à Bielsko dans la première moitié du XIXème siècle, qui devient une communauté indépendante en 1865. La population juive est de 1.977 personnes en 1890, de 3.955 en 1921 et approximativement de 5.000 en 1939 ; la plupart des Juifs et des autres habitants de la ville sont de langue et de culture germanique. Les juifs de Bielsko prennent une part importante dans l’activité économique de la ville, principalement le commerce et l'industrie de la laine. De nombreux établissements juifs sont partagés en commun avec la communauté de Biala.

Bielsko Biala – Bielitz : deux frères dans le ghetto..
Bielsko Biala – Bielitz : deux frères dans le ghetto..
L’armée allemande entre dans la ville le 3 septembre 1939 et sème immédiatement la terreur. Le 13 septembre 1939, la veille de Rosh Hashanah, les nazis incendient les synagogues de Bielsko et le centre culturel juif. Quelques jours plus tard c’est le tour des édifices de Biala… En été 1941 un ghetto est créé à Bielsko. Il est liquidé en juin 1942: la population juive est déportée à Auschwitz.

Après la guerre une centaine de juifs reviennent à Biala - Bielsko. Un orphelinat fonctionne pour les enfants Juifs. Mais après qu’en 1967 le gouvernement communiste polonais ait lancé une violente campagne antisémite, presque tous les Juifs quittent la Pologne.

13. Bilgoraj

Bilgoraj : préparation d’une fosse commune après un massacre
Bilgoraj : préparation d’une fosse commune après un massacre
Bilgoraj est une petite ville du district de Lublin, en Pologne où existe une communauté juive depuis la deuxième moitié du XVIIème siècle. La population juive est de 1.637 membres en 1841, de 3.486 en 1897 et de 3.715 en 1921. Environ 5.000 juifs habitent Bilgoraj en 1939, soit 50% de la population totale.

Bilgoraj : après un massacre
Bilgoraj : après un massacre
Le 11 septembre 1939 le quartier juif est détruit par un bombardement de la Luftwwaffe. La Wehrmacht entre dans la ville quelques jours plus tard et immédiatement débutent les exactions. Le 29 septembre les Allemands se retirent ; les Soviétiques arrivent, mais laissent à nouveau la villes aux Allemands une semaine plus tard et quittent le secteur, suivis par environ 200 Juifs. Le ghetto est établi le 25 juin 1940. En 1941 et 1942 de nombreuses déportations ont lieu et le 2 novembre 1942 le ghetto est liquidé, la population étant envoyée à Belzec. Le 15 janvier 1943, les 27 derniers survivants qui s’étaient cachés sont découverts et fusillés.

La communauté juive n'a pas été rétablie après la guerre.

14. Boguslav

Boguslav fait partie de la province de Kiev, passée de la Pologne à la Russie en 1793. Les Juifs habitent à Boguslav dès le début du XVIIème siècle et une imposante synagogue y est construite peu après que la communauté ait été fondée. Pendant le soulèvement de 1768 ils sont victimes d’un véritable pogrom. La communauté se développe véritablement après 1793. La population juive est de 5.294 personnes en en 1847 et de 7.445 en 1897, soit 68% de la population totale. Les Juifs souffrent terriblement lors des combats entre les blancs et les rouges de 1919 à 1921. le 27 août 1919 l’armée blanche de Dénikine pille la ville et massacre 40 Juifs. Puis la ville se range du côté des rouges et devient le refuge de toute la population des environs jusqu’en 1923, se dotant d’une milice soutenue par le gouvernement de Lénine à laquelle participent plus de 1.000 juifs. La milice est dissoute en 1923. En 1926, la population juive compte 6.432 membres.

La communauté dans Boguslav est totalement détruite par les nazis en 1941

15. Braslaw

Braslaw est une petite ville de Biélorusse ayant appartenu à la Pologne jusqu’en en 1795 puis entre 1921 et 1945. La population juive ets de 225 membres en 1766, de 1.234 en 1897 et de 1.900 en 1925.

La ville st prise par la Wehrmacht le 28 juin 1941. Le jour suivant, la police et l’armée allemande rassemblent les Juifs et les amènent dans un marais des environs, où ils les gardent durant deux jours, le temps que la population locale et les autorités se servent largement des biens de la communauté. De retour dans la ville, les Juifs sont soumis le 2 août 1941 à une «amende» de 100.000 roubles. Un ghetto est créé début avril 1942, où en plus de la population locale, sont enfermés les Juifs des Dubinovo, Druya, Druysk, Miory et Turmont. La population du ghetto est divisée en deux parties: les «ouvriers» et les «non productifs».

La première «Aktion», du 3 au 5 juin1942, élimine environ 3.000 personnes qui sont massacrées, en partie avec l’aide de la population locale. Les Juifs qui se sont cachés et se sont découverts sur la promesse du commandant d’épargner leurs vies sont fusillés le 7 juin.

En automne 1942 le ghetto est transformé en camp de travail dans lequel le reste des juifs du secteur sont concentrés. Le 19 mars 1943, les nazis commencent la liquidation du camp, mais cette fois rencontrent l’opposition d’un groupe de Juifs qui, retranchés dans un bâtiment, font feu sur les SS jusqu’à épuisement des munitions. Ils sont tous massacrés.

40 Juifs de la communauté de Braslav survivent à la guerre, dont une grande partie avait réussi à rejoindre les partisans pour continuer la lutte. En 1970 il y a 18 familles juives dans la ville.

16. Brest Litovst

Brest Litovst (Brisk en Polonais) est un cente administratif important dans le sud ouest de la Biélorussie. A la veille de la guerre, la population juive de Brest est d’environ 21.440 de personnes (44% du total). Les Allemands occupent la ville le 15 septembre 1939, mais la remettent une semaine plus tard aux Soviétiques, non sans avoir maltraité les Juifs. Ils reviennent le 23 juin 1941. les 28 et 29 juin, le Sonderkommando 7b de l'Einstazgruppe B massacre 5.000 hommes dans les environs de la ville. En août, un Judenrat de 21 membres est nommé et une police juive installée. En même temps une amende collective de 5 millions de roubles est imposée aux Juifs. En novembre sont créés un «grand ghetto» et un «petit ghetto» et tous les deux sont isolés en décembre. Les Allemands y installent des ateliers de production. Comme le ghetto est sévèrement gardé, la famine apparaît rapidement avec ses ravages habituels.

Début 1942 un réseau de résistance clandestine de 80 membres est créé et dirigé par Aryeh Scheinmann. Des armes sont achetés et des plans mis en place pour un soulèvement. Contact est pris avec des «partisans» russes, mais lorsque plusieurs groupes armés quittent le ghetto pour rejoindre la forêt, ils sont tués par les partisans… Le jour même où le ghetto est liquidé, deux autres groupes s’échappent et tombent sur une bande de partisans. Deux Juifs sont tués, les autres sont dispersés arès avoir été dépouillés de leurs armes… Ce n’est qu’au printemps de 1943 que quelques Juifs de Brest peuvent rejoindre des troupes de partisans «légitimes»…

La liquidation du ghetto débute lorsqu’en juin 1942 environ 900 «travailleurs» sont sélectionnés et envoyés à l'est dans des camps de travail. Seuls douze reviennent quelques semaines plus tard ; tous les autres ont été assassinés. Le 15 octobre 1942, c’est la liquidation finale: les Juifs sont assassinés près de la gare de Brona Gora, au nord de Kobrin sur la voie ferrée de Brest – Baranovichi, où en tout environ 50.000 juifs de toute la région seront assassinés.

Lors de la libération de la ville le 28 juillet juillet 1944, une dizaine de Juifs sont retouvés à Brest. Il en vient encore environ 200 des villes et villages voisins.

17. Brzeg

Ville de Silésie entre Opole et Breslau (Wroclaw), Brzeg (Brieg) appartient à l’Allemagne jusqu’en 1945. Les Juifs y sont mentionnés au XIVème siècle. Après avoir été chassés en 1453, les Juifs reforment une communaté en 1660. Une synagogue est construite en 1799, et un rabbin nommé en 1816. La population juive compte 156 âmes en 1785, 376 en 1843, 282 en 1913, 255 en 1933.

Entre 1933 et 1939, de nombreux juifs quittent Brzeg. Lors de la «Kristallnacht» de 1938 l'intérieur de la synagogue est dévasté et les rouleaux de Torah sont brûlés en public. Les juifs de Brzeg qui restent en 1939, environ 200, seront déportés en 1942.

18. Brzesc Kujawski

Brzesc Kujawski est une ville de Pologne centrale siutuée près de Wloclawek. Une communauté juive y est mentionnée en 1538.; le 15 avril 1656, 100 familles juives sont massacrées par les soldats polonais à Brzesc Kujawski pour avoir refusé le baptême. Entre 1822 et 1862 la résidence juive est limitée à certaines parties de la ville. La population juive est de 164 personnes en 1765, de 678 en 1897, de 794 en 1921 (sur un total de 3.813) et de 633 en 1939.

Sous l’occupation, Brzesc Kujawski est intégré au Warthegau. Un Judenrat est créé, mais pas de ghetto. Les juifs sont battus, leurs biens pillés ou volés, et ils sont mis au travail forcé. La synagogue est incendiée. Entre janvier et septembre 1941, les hommes et les femmes capables de travailler sont envoyés dans des camps de travail dans la région de Posen. La plupart des 400 juifs restant sont envoyés dans le ghetto de Lodz. Les autres sont envoyés à la mort à Chelmno.

19. Brzeziny

Ghetto de Brzeziny : Juifs en marche vers la gare de Galkowek lors de la déportation. D’autres sont transportés en voitures à chevaux
Ghetto de Brzeziny : Juifs en marche vers la gare de Galkowek lors de la déportation. D’autres sont transportés en voitures à chevaux
Brzeziny se situe à quelques km à l’est de Lodz en Pologne centrale. Des Juifs sont mentionnés dans la ville en 1564. En 1656, 40 familles juives sont massacrées à Brzeziny par les soldats polonais (unités Czarnecki). Brzeziny devient plus tard un important centre de confection tenu par les Juifs. La population juive est de 243 en 1765, 3.917 en 1897 (plus de 50% de la population totale), 8.214 en 1912, et 4.980 de 1925.

En 1939 la population juive est majoritaire à Brzeziny et compte 6.850 juifs sur une population totale de 13.000 habitants. A l’arrivée des nazis, les biens juifs sont confisqués, les maisons pillées et la population maltraitée. De nombreux Juifs sont envoyés dans des camps de travail. En février 1940, un ghetto est établi, dans lequels sont enfermés plus de 6.000 personnes.

La liquidation finale du ghetto a lieu les 19 et 20 mai 1942. Les Juifs «inaptes» sont envoyés à Chelmno et les autres dans le ghetto de Lodz.

20. Buchach - Buczacz

Simon Wiesenthal
Simon Wiesenthal
La ville de Buczacz, ville natale de Simon Wiesenthal, se trouve près de Tarnopol dans l’actuelle Ukraine, mais était polonaise (Galicie orientale) jusqu'en 1939. Les Juifs sont mentionnés dans la ville en 1572.; En 1672 les Turcs incendient la ville et massacrent ses habitants. En 1765 il y a 1.055 juifs à Buchach et 300 dans les villages voisins dépendant de la communauté juive de Buchach. Avant 1914, la plupart des grands domaines du voisinage de Buchach appartiennent aux Juifs ou sont loués à la noblesse polonaise. La distillation et le commerce sont la principale activité économique des Juifs. Au début du XXè, un député juif est élu au parlement impérial autrichien. Il y a alors approximativement 7.000 juifs à Buchach. Durant la première guerre la plupart des habitants Juifs fuient la ville mais reviennent en 1918. Et une vie culturelle juive très riche se développe alors, dont le symbole est S.Y. Agnon, prix Nobel de littérature, né à Buchach (1888-1970).

A la veille de l'invasion allemande, environ 10.000 juifs habitent Buchach. Occupée d’abord par les Soviétique, la ville est «stalinisée» et les Juifs strictement surveillés. Toute vie culturelle et politique est interdite, l'entreprise privée supprimée et le peu de magasins encore privés soumis à de très lourdes taxes afin de provoquer leur liquidation. La vie religieuse n'est pas réprimée, mais les synagogues sont lourdement imposées.

Lorsqu’éclate la guerre avec l’Allemagne en juin 1941, beaucoup de jeunes juifs fuient sur les talons de l’armée rouge en déroute. Les Allemands entrent à Buchach le 5 juillet 1941. Les Ukrainiens organisent immédiatement un véritable pogrom dont sont victimes des centaines de Juifs. Le 25 août 1941, 350 juifs sont assassinés sur la colline Fédor, à environ 2km de la ville. Un Judenrat est installé, dirigé par Mendel Reich, le chef de l'ancienne organisation juive de la communauté jusqu'à sa dissolution en septembre 1939. Des réfugiés arrivent ensuite de Hongrie et le Judenrat est tenu de les accueillir et de les nourrir malgrés les restrictions. Les Juifs capables de travailler sont sélectionnés et envoyés au camp de travail de Velikiye Borki.

Le 17 octobre 1942, les Allemands font une première grande «Aktion» pendant laquelle plus de 1.500 juifs sont envoyés à Belzec. 300 d’entre eux sont assassinés pendant l'Aktion. Le 27 novembre 1942, une seconde «Aktion» envoie 2.500 juifs à Belzec, alors que 250 sont tués au cours du rassemblement. Du 1 au 2 février 1943, près de 2.000 juifs sont assassinés sur la colline Fédor, sous le prétexte d’enrayer une épidémie de typhus qui s’est déclarée dans le ghetto. Un camp de travail est installé dans la banlieue de Podkajecka pour les ouvriers qualifiés. En mars et avril, plus de 3.000 juifs sont également assassinés à Fédor, alors que d'autres groupes sont envoyés à Chortkov, Kopiczynce, et Tlusta dans des camps de travail.

Mi juin 1943 les Allemands liquident le camp de travail et le ghetto. Quelques Juifs parviennent à s'échapper dans les forêts voisines, mais beaucoup sont assassinés près du cimetière juif. Ceux qui ont réussi à s’échapper forment des groupes de résistance qui harcèlent les collaborateurs nazis.

Quand la ville est libérée par l’armée rouge le 23 mars 1944, 800 juifs sortent de leurs cachettes ou reviennent des forêts. Mais l’armée allemande reprend la ville et des massacres ont encore lieu. La ville est définitivement libérée le 21 juillet 1944. Il y a 100 survivants. Plus de 400 juifs reviennent avec l’armée soviétique. Mais la plupart des Juifs emigrent après la guerre à l’ouest ou en Israël. La communauté juive de Buchach n’est pas reconstituée.

21. Busko-Zdroj

Busko-Zdroj est une ville sise au sud-est de Chelm. Après l’occupation allemande en septembre 1939, un Judenrat est créé. Le ghetto est créé en avril 1941 et liquidé en octobre 1942. On estime qu'environ 2.000 juifs ont été enfermés dans le ghetto. Ces juifs sont déportés à Treblinka.

22. Bydgoszcz

Capitale de la voïvodie de Bydgoszcz, la ville se situe en Pologne centrale du nord. Au XIè, des juifs vivent déjàa dans le «castrum Bydgoscense» et plus tard un nombre considérable de Juifs habitent la ville, participant au formidable développement économique de la Hanse, particulièrement Dantzig. En 1555 les Juifs sont expulsés et déplacée dans la ville voisine de Fordon. En 1788 il y a 41 juifs à Bydgoszcz (commerce de la soie). En 1884 une magnifique synagogue est construite, ainsi qu'une école et des établissements culturels, preuve de la vitalité de la communauté. En 1905 les juifs sont 2.600 sur une population totale de 54.231 habitants. Quand la ville est incorporée à la Pologne en 1918, la plupart des juifs de Bydgoszcz partent en Allemagne, leur pays ; En 1924 il y a seulement 1.000 juifs à Bydgoszcz, mais en 1931 leur nombre grimpe jusqu'à 3.000.

En 1939 Bydgoszcz devient la seconde ville (après Danzig) du «Reichsgau Danzig – Westpreussen», incorporé au Reich. La plupart des familles juives habitant Bydgoszcz se sont sauvées avant l'arrivée de l'armée allemande. Ceux qui restent sont systématiquement recherchés par les nazis et assassinés.

Après la seconde guerre mondiale, la communauté n'a pas été reconstituée.

23. Bytom

Beuthen (Bytom) est une ville de la Haute Silésie allemande située au nord-ouest de Katowice. Une communauté juive vit dans la ville depuis le moyen âge (avant la peste de 1349), mais elle ne se développe vraiment qu’à partir du XVIIè. Un cimetière est établi en 1732, et la première synagogue construite en 1810. La population juive compte sept personnes en 1784, 131 en 1792, 255 en 1810, 2.549 de 1900 et 3.500 en 1932 (3,7% dela population totale). Dès après la première guerre mondiale on assiste à des actes antisémites et en 1923 les magasins juifs de la ville sont attaqués et des Juifs molestés. Certains, d’origine polonaise, quittent la ville. A partir de 1933, la population juive diminue fortement. Lors de la «Kristallnacht», la synagogue et beaucoup de magasins juifs sont détruits. Beaucoup de Juifs fuient alors la ville. En 1939, Beuthen compte encore 1.362 habitants juifs.

Pendant la guerre, 1.078 juifs sont expulsés en 1942, la plupart à Auschwitz. Après la guerre une nouvelle communauté est établie à Bytom par les Juifs polonais, et en 1962 il y a 248 Juifs habitant la ville, polonaise depuis 1945.

24. Chelm

Chelm se situe au sud est de Lublin. La communauté juive est l’une des plus vieilles en Pologne, et date probablement du XIIème siècle, bien que là première mention ne date que de 1442. Des Juifs de Chelm sont mentionnés en tant que fermiers généraux royaux à la fin du XVème siècle. En 1550, la communauté compte 371 personnes vivant dans 40 maisons. Des conflits fréquents opposent les juifs et les chrétiens devant les tribunaux. En 1580 et 1582 il y a des manifestations contre les Juifs, aigusées par le clergé. Pendant les massacres de Chmielnicki en 1648, 400 juifs périssent à Chelm. La communauté se rétablit au début du XVIIIème siècle, lorsque les juifs de Chelm prennent en main le commerce d'exportation. La communauté compte 1.500 membres en 1765, 1.902 en 1827 (68% de la population totale), 2.493 en 1857, 7.226 en 1897 (56%), 13.537 en 1931 (46,5%), et approximativement 15.000 (50,4% de la population de la ville) en 1939. En plus de ses établissements religieux la communauté possède son orphelinat, sa maison de retraite, une yeshivah et une école secondaire. Deux hebdomadaires juifs sont été édités à Chelm…

Le 14 septembre 1939 l'armée soviétique occupe Chelm mais se retire deux semaines plus tard en vertu du pacte germano-soviétique. Plusieurs centaines de jeunes juifs suivent l'armée soviétique dans son retrait. L'armée allemande arrive le 7 octobre 1939 et lance immédiatement une série de pogroms durant lesquels de nombreux juifs sont tués. Les Allemands détruisent tous les bâtiments publics juifs, dont la vielle synagogue construite 700 ans auparavant… Le 1 décembre 1939, 1.018 juifs hommes âges de 15 à 60 ans sont emmenés dans une marche de la mort avers la ville de Sokal tenue par les Soviétiques. Durant cette marche 440 hommes sont assassinés. Les survivants peuvent entre dans Sokal…

Les juifs de Chelm sont forcés de vivre dans des quarts déterminés, mais il n’y a pas de ghetto fermé. En mai 1941 environ 2.000 juifs de Slovaquie sont expulsés à Chelm.

La première déportation de la masse de Chelm a lieu entre le 21 et le 23 mai 1942, lorsque 4.300 juifs (tous les déportés y compris ceux de Slovaquie) sont envoyés à Sobibor. Le 6 novembre 1942, l’ensemble de la population de Chelm est envoyé à Sobibor pour l'extermination. Une poignée d'ouvriers est laissée dans la prison de la ville ; 15 survivent et sont libérés avec la ville le 22 juillet 1944.

25. Chmielnik

Chmielnik est une petite ville du sud est de la Pologne. Des juifs sont mentionnés à Chmielnik en 1565. En 1638 une magnifique synagogue est construite. En 1655 l'armée de Stefan Czarniecki massacre environ 150 Juifs, accusés d'aider les envahisseurs Suédois. La communauté de Chmielnik est graduellement reconstituée. Il y a 1.445 juifs à Chmielnik en 1764, dont 33 artisans et 10 négociants. À la fin du XVIIIè siècle arrivent des Hassidism avec Abraham David Orcach. Une yeshivah est fondée à Chmielnik dans la deuxième moitié du XIXème siècle et une industrie textile assez importante y et créée. La population juive est de 5.560 membres en 1897 sur total de 6.880 habitants, 6.452 en 1910 (sur 8.073), de 5.908 en 1921.

Au début de la seconde guerre mondiale il y a environ 10.000 juifs à Chmielnik. Dutrant les premier mois de l’occupation allemande, plusieurs centaines de Juifs fuient en zone polonaise occupée par les Soviétiques. Durant l’année 1940 et au début de 1941 environ 2.000 juifs arrivent des villes et des villages voisins ainsi que des régions plus éloignées de Plock et de Ciechanow. Le ghetto est créé en avril 1941 et la situation déjà difficile de la population devient catastrophique. Famine et épidémies font rage. À partir du 12 décembre 1941, un décret punit de mort quiconque est pris entrain de passer de la nourriture en contrebande dans le ghetto.

Le 1 octobre 1942, environ 1.000 hommes et femmes sont expulsés dans le camp de travail de Skarzysko - Kamienna. Beaucoup y meurent suite aux conditions de travail inhumaines et les autres sont envoyés dans le camp de travail obligatoire de Czestochowa (Hasag) et dans d’autres camps en Allemagne.

Le 3 octobre 1942, environ 1.000 juifs de Szydlow et 270 de Drugnia (à proximité de Chmielnik) arrivent à Chmielnik. Trois jours plus tard, les forces spéciales de la police allemande et ukrainienne de Kielce mènent une «Aktion» lors de laquelle environ 8.000 Juifs sont expulsés à Treblinka. Le 5 novembre 1942, une seconde déportation a lieu, qui liquide le ghetto. Cette fois, les Juifs qui restent, avertis du sort de leurs prédécésseurs, tentent de se sauver dans les forêts ou se cachent dans le ghetto. Mais la grande majorité est prise, transférée à Stopnica, et de là àTreblinka. Seuls une vingtaine de Juifs survivent en se cachant jusqu'à la libération en janvier 1945.

Après la guerre les survivants reviennent mais se heurtent à l’hostilité de la population locale. Les 14 derniers juifs quittent la ville en juillet 1946, après le pogrom de Kielce lors duquel 4 juifs de Chmielnik sont également tués.

26. Chortkov

Chortkov est une ville dans le district de Tarnopol en Ukraine, district appartenant à la Pologne entre les deux guerres. En septembre 1939, Chortkov est annexés à l’Ukraine. La ville compte environ 16.000 juifs. Les Allemands prennent la ville le 6juillet 1941. Quatre jours plus tard, les Ukrainiens, avec l’approbation de l’occupant, organisent un grand pogrom, durant lequel 300 juifs sont massacrés. Pour ne pas être en reste, les Allemands exécutent le 28 juillet 150 Juifs dans la forêt voisine de Czarny.

Puis arrive la série des décrets «classiques»: travail obligatoire, nomination d’un Judenrat, amende de 25.000 roubles (20 août 1941)… Le 12 octobre, des membres du Judenrat, y compris le Président, sont arrêtés et assassinés quelques jours plus tard. Le 15 octobre c’est le tour de 200 Juifs, la plupart du temps des intellectuels, tous exécutés. A partir de novembre 1941, les Juifs sont envoyés dans les camps de travaio obligatoire de Kamionka, Hluboczek, Borki Wielki, et Stupki, et même au camp de Janowska à Lvov.

En avril 1942 un ghetto est établi à Chortkov et rapidement éclate une épidémie à cause des conditions de vie épouvantables qui sont faites aux habitants. Le 27 août 1942, à lieu la première grande «Aktion» dans le ghetto: 600 juifs y sont directement assassinés et 2.000 sont envoyés à Belzec. La seconde «Aktion» a lieu le 5 octobre et envoie 500 victimes supplémentaires à Belzec.

Le 15 décembre 1942 les Allemands installent un camp de travail dans le ghetto même et y enferment 500 artisans. Des douzaines de juifs seront assassinées dans le camp même jusqu’au 23 juin 1943, date à laquelle la majorité des détenus est exécutée dans une forêt sur la route à Jagielnica. Le reste des détenus est été envoyé à Hluboczek et dans une ferme à Swidowa. En septembre 1943, le ghetto est complètement liquidé.

La résistance est organisée par deux groupes: celui de Reuven Rosenberg qui s’échappe dans la forêt au printemps 1943, mais est rapidement découvert par les Allemands et les Ukrainiens ; la majeure partie du groupe est tuée ; les survivants continuent à errer la forêt. Celui de Meir Wassermann s'échappe également dans la forêt et harcèle les Allemands entre Tluste et Jagielnica ; la plupart de ses membres seront également tués. Chortkov est libérée le 23 mars 1944 par les Soviétiques, mais les Allemands lancent une contre offensive et les Soviétiques se retirent, emmenant avec eux 100 survivants juifs. Ce n’est qu’en étté 1944 que la ville est définitivement libérée.

27. Chorzow

Chorzow est une ville de la région de Katowice, en Silésie. Elle fusionne en 1934 avec la ville industrielle de Krolewska Huta (Koenigshütte), avec Maciejkowice, Hajduki Nowe, et Hajduki Wielkie pour former la ville actuelle. Des Juifs sont mentionnés à Koenigshütte en 1829, affiliés à la communauté de Beuthen (Bytom). En 1880, un rabbinat est créé. Vers la fin du XIXème plusieurs petites entreprises industrielles sont créées par les Juifs dans la région (métallurgie et industries minières). La population juive de Koenigshütte compte 640 habitants en 1860, 1.020 en 1880 et 4.000 de 1931. A Chorzow ils sont 95 de 1880 et 2.811 en 1931.

L'armée allemande entre dans la ville le 5 septembre 1939 et sème imédiatement la terreur contre la population juive. En décembre 1939 la totalité de la population juive est expulsée dans le Gouvernement Général, hormis certains Juifs qui s’installent à Dabrowa Gornicza. Chorzow est un des premières villes en Pologne à être officiellement proclamée «judenrein». Après la guerre, la communauté juive n'a pas été reconstituée.

28. Chrzanow

Chrzanow est une ville de Silésie située près de Cracovie, au nord-est d’Auschwitz. Au XVIème siècle il existe une communauté juive dépendant de la juridiction de la communauté de Cracovie puis de celle d'Olkusz. Selon le recensement de 1765 il y a 60 familles juives (327 personnes) à Chryzanow. La communauté compte 5.504 membres en 1900 (54% de la population totale), 6.328 en 1921 (45%) et 8.000 en 1939.

L'armée allemande entre dans la ville le 4 septembre 1939 et sème la terreur. 300 Juifs parviennent à partir pour l’Union Soviétique en septembre-octobre. En janvier 1940 un ghetto est établi et 3.000 Juifs y sont enfermés. La première déportation pour le travail obligatoire a lieu en fin de l'année. En juin 1942 les Allemands déportent 4.000 juifs à Auschwitz. Le ghetto est transformé en camp de travail forcé et est liquidé le 18 février 1943, lorsque tous les prisonniers juifs restant sont expulsés à Auschwitz et assassinés.

Après la guerre seuls quelques juifs de Chryzanow survivent, mais la communauté juive n'a pas été reconstituée.

29. Ciechanow (Zichenau)

Ciechanow : le Judenrat et les administrateurs du ghetto
Ciechanow : le Judenrat et les administrateurs du ghetto
Petite ville de Pologne centrale, Ciechanow se situe au nord ouest de Varsovie. Les Juifs habitent Ciechanow depuis 1569. Presque toute la communauté, environ 50 familles, est exterminée en 1656 pendant la guerre opposant la Pologne à la Suède par les troupes de Stephan Czarniecki. Mais la communauté se recoinstitue et en 1765 elle compte 1.670 Juifs. Ils sont 2.226 en 1856 (1.111 non - juifs), 4.223 en 1897 (sur 10.000 habitants), 4.403 en 1921 (sur 11.977), et approximativement 5.500 en 1925. Ce chiffre tombe à 2.000 en 1939.

Ciechanow : dans le ghetto
Ciechanow : dans le ghetto
Durant la seconde guerre mondiale, Ciechanow (Zichenau) est incorporée à la Prusse par décrèt du 26 octobre 1939. L'armée allemande entre dans la ville le 3 septembre 1939. En octobre les Allemands commencent à détruire les maisons juives, y compris la synagogue. Un Judenrat est créé fin 1939 et un ghetto à la fin de 1940. Une force de police juive est également mise en place. À la première déportation, le 11 décembre 1941, presque 1.200 juifs sont évacués à Nowe Miasto (Neustadt), dans la même zone. Quelques Juifs sont exécutés pedant l’action. A Miasto les Juifs de Ciechanow habitent pratiquement sans abri, et souffrent de maladies épidémiques. À la fin de l'été de 1942, 1.800 personnes sont déportés en deux convois. Le premier, comprenant les vieilles personnes et les malades, est dirigé sur le ghetto de Mlawa dans la même zone ; le second, composé des plus jeunes et des plus robustes est envoyé à Auschwitz. Le ghetto est ensuite liquidé.

Après la guerre environ 200 Juifs de Ciechanow survivent, y compris 120 qui reviennent d’URSS. La plupart émigrera et la communauté ne sera pas reconstituée.

30. Dabrowa Gornicza

Dabrowa Gornicza est une ville industrielle dans la province de Katowice, en Silésie. Les Juifs arrivent à Dabrowa Gornicza au milieu du XIXème siècle. Ils s’occupent principalement de petits métiers liés à la métallurgie et au commerce. En 1921, ils sont 4.304 juifs à Dabrowa Gornicza (11% de la population totale).

L'armée allemande entre dans la ville le 3 septembre 1939. En automne 1940 plusieurs centaines de jeunes Juifs sont expulsés dans des camps de travail obligatoire en Allemagne. Quelques centaines d’autres les suivent au cours de 1941.

Un ghetto est établi sans doute au début de 1942. Le 5 mai 1942 a lieu la première déportation: 630 juifs sont déportés à Auschwitz et exterminés. La deuxième déportation, le 12 août 1942, envoie quelques centaines d’autres Juifs à Auschwitz. Le 26 juin 1943, le ghetto de Dabrowa Gornicza est liquidé et tous les habitants restant sont transférés dans le ghetto de Srodula, une banlieue de Sosnowiec, le seul ghetto existant toujours en Haute Silésie, qui sera liquidé quelques mois plus tard: tous ses habitants, y compris les juifs de Dabrowa Gornicza, sont déportés et gazés à Auschwitz

Après la guerre la communauté juive de Dabrowa Gornicza n'a pas été réconstituée.

31. Dabrowa Tarnowska

Dabrowa Tarnowska se trouve dans le district de Tarnow, en Galicie (est de Cracovie). Le ghetto est créé en octobre 1942. Environ 3.000 juifs y sont parqués. Il est liquidé en septembre 1943. Presque tous ses habitants sont envoyés àBelzec.

32. David-Gorodok (Davidgrodek)

David-Gorodok est une ville de la voividié de Brest-Litovsk, en Biélorussie, mais faisant partie de la Pologne jusqu'en 1793 et de 1921 à 1939. Les Juifs y arrivent pendant la deuxième moitié du XVIème siècle. Il sont approximativement 3.100 (40% dela population totale) en 1897 et seulement de 2.832 en 1921, car ils ont énormément souffert durant le conflit opposant la Pologne aux Soviétiques entre 1918 et 1921. Ils survivent en grande partie grâce à l’aide de l’»American Jewish Joint Distribution Committee«.

Du 19 septembre 1939 au 5 juillet 1941, la ville est occupée par l’Armée Rouge. De nombreux Juifs, partis de la Pologne occupée par les Allemands, arrivent à David Gorodok. Sous le régime soviétique, de nombreux changement interviennent: les établissements de la communauté juive sont «nationalisés», les artisans sont organisés en coopératives ; la vie religieuses est strictement contrôlée et l’enseignement de l’hébreux remplacé par celui du Yiddish… En été 1940 les Sionistes locaux sont arrêtés et en février 1941 une dizaine de dirigeants de la communauté subit le même sort. En avril les jeunes hommes sont enrôlés dans l'armée soviétique.

Quand la guerre éclate, de nombreux Juifs tentent de s’échapper en Union Soviétique. Les Allemands entrent dans la ville le 5 juillet 1941. Une délégation d’habitants non juifs de Gorodok se rend à Pinsk à la rencontre des Allemands et leur demande de pouvoir s’en prendre aux Juifs. Les Allemands accèdent volontiers à leur vœu et ordonnent dès leur arrivée que tous les Juifs mâles âgés de plus de 14 ans se rassemblent immédiatement sur la place de l'église. Ils sont emmenés à Hinowski. Ils doivent creuser des fosses. Ils y sont exécutés puis enterrés. Peu après, les Allemands installent un ghetto dans lequel sont enfermés femmes et enfants survivants. Rapidement sévit la famine. Le ghetto est liquidé en été 1942. Seuls de rares juifs parviennent à s’échapper et à rejoindre les unités partisanes.

Lorsque la ville est libérée, quelques Juifs reviennent, tous d’Union Soviétique. La plupart émigrera en Israël.

33. Dereczyn (Derechin)

Dereczyn (Derechin) est une petite ville de Biélorussie faisant partie de la Pologne entre les deux guerres. En septembre 1939, elle est occupée par l'armée rouge et annexé à l’Union soviétique. Environ 4.000 juifs y habitent.

La ville est occupée par la Wehrmacht le 25 juin 1941, et rapidement les Juifs des villes voisines de Kholinka et Kolonya sont transférés à Derechin. Un ghetto est établi, et tous les juifs «inutiles» y son enfermés. Les artisans juifs «utiles» peuvent rester vivre en dehors du ghetto. Lorsqu’arrivent les rumeurs du meurtre des Juifs de Slonim (14 juillet) ceux de la ville parlent de fuir dans les forêts proches. Mais les Juifs «utiles» s’y opposent, convaincus que leur «utilité» les sauverait et que toute évasion serait une menace pour leur vie…

Malgré cette opposition, un mouvement de résistance se met en place, ayant comme objectif la résisatnce dans le ghetto et la fuite dans les forêts des environs pour y monter un groupe de partisans. Des armes et des munitions sont volées dans les stocks allemands et cachés dans la forêt.

Au printemps de 1942, les «Partisans» attaquent le commissariat de police de Kholinka et le camp de travail de Puzeviche. Les Juifs du ghetto espèrent que les partisans atteindraient Derechin. En vain. En juillet, les premiers juifs quittent le ghetto et fuient dans la forêt de Borelom. Le 24 juillet 1942, la Allemands lancent une première «Aktion» dans le ghetto. Beaucoup de Juifs se terrent dans les caches préparées à l’avance. Certains se défendent avec des haches. Environ 300 s’enfuient dans les forêts, dont beaucoup à Borelom. Beaucoup se joindront aux partisans du commandant Boris Bulat et formeront même un «Camp de famille» dans la forêt. Mieux: le 10 août 1942, 120 partisans, dirigés par Atlas et Bulat, attaquent la garnison allemande de Derechin et exécutent de nombreux policiers biélorusses et polonais dans le cimetière Juif. Dans les combats qui s’en suivent, plus de 64 «partisans juifs» de Derechin tombent les armes à la main dans la forêt.

Derechin est libérée mi-juillet 1944. Plus de deux cent de ses juifs ont survécu.

34. Dokshitsy

Dokshitsy est une petite cité de Biélorussie à moins de 200km de Vitebsk. Elle appartient à la Pologne jusqu’en 1973 puis de 1921 à 1939. La communauté juive compte 210 membres en 1766, 2.775 en 1878 (48% de la population) et 3.000 en 1925. Les Allemands occupent la ville le 9 juillet 1941 et y établissent l’un des 163 ghettos qu’ils ont créés en Biélorussie. Dans toute la région, les Allemands recherchent et exécutent 4.931 Juifs. En mai 1942, le jour du Lag ba-Omer l’ensemble de la population juive de la ville, soit 2.653 personnes est rassemblé et massacré.

La communauté n’a pas été rétablie après la guerre.

35. Dolina

Petite ville d’Ukraine, (Galicie orientale) autrefois en Pologne et en Autriche jusqu'en 1919. Une communauté juive est mentionnée au XVème siècle. Les Juifs gèrent les mines de sel locales. La communauté compte 502 membres en 1765, 2.654 de 1900 (29% de la population totale) et 2.014 en 1921.

Les juifs de la ville sont exterminés en janvier 1942.

36. Drohobycz

Drohobycz, en Galicie. Déportation des Juifs, 1942
Drohobycz, en Galicie. Déportation des Juifs, 1942
Drohobycz est une ville dans le district de Lvov, en Ukraine. Entre les deux guerres elle appartient à la Pologne et de 1939 à 1941 est occupée par les Soviétiques. La veille de la seconde guerre mondiale, environ 15.000 juifs (plus de 40% de la population de la ville) habitent Drogobych. En septembre 1939 des centaines de Juifs arrivent dans la ville, venant de la Pologne occupée par les Allemands.

Les Allemands arrivent le 30 juin 1941.; de nombreux Juifs tentent de fuir sur les traces de l’armée rouge en déroute ; beaucoup sont tués lors des bombardements de la Luftwaffe. Le 1 juillet les Ukrainiens organisent avec le soutien des Allemands un pogrom de trois jours qui fait 300 morts.

Suivent diverses mesures contre les Juifs, dont la confiscation des appartements par les Allemands et l’obligation du port de l'insigne juif. Des Juifs sont enrôlés pour le travail obligatoire et un Judenrat installé. Il s’engage à fournir régulièrement des «lots» de travailleurs pour éviter des «razzias» aléatoires. Il organise également des cantines pour les nécessiteux.

En septembre et octobre 1941, de nombreux intellectueles et notables juifs sont torturés puis assassinés dans une forêt près de la ville. Le 30 novembre, plus de 300 Juifs sont assassinés dans la forêt de Bronica près de Drogobych. Durant l’hiver, de nombreux habitants du ghetto meurent de froid, de faim et d’une épidémie de fièvre typhoïde.

Au printemps de 1942, le Judenrat crée des ateliers pour les Juifs, espérant que cela leur épargnerait l'envoi dans des camps de travail extérieurs où les conditions de travail et de vie sont souvent mortelles. Fin mars 1942, 2.000 Juifs sont envoyés à Belzec, et du 8 au 17 août, 2.500 autres. Sont épargnés les Juifs travaillant dans l’industrie pétrolière locale. Durant cette action, 600 Juifs sont assassinés dans la ville même par les Allemands secondés par les policiers ukrainiens.

Drohobycz, en Galicie. Déportation des Juifs, 1942
Drohobycz, en Galicie. Déportation des Juifs, 1942
Début octobre 1942, un ghetto est établi et 10.000 juifs y sont confinés. Les 23 et 24 du même mois à lieu une «Aktion»: 2.300 Juifs sont envoyés à Belzec et 300 patients de l'hôpital juif sont exécutés sur place. En novembre, une autre «Aktion» envoie 1.000 juifs à Belzec et en élimine plusieurs centaines dans le ghetto même. À la fin de 1942 et au début de 1943, les ouvriers juifs de la raffinerie sont internés dans des camps de travail, en prévision de la liquidation du ghetto. Le 15 février 1943, 450 juifs du ghetto sont pris puis tués dans la forêt de Bronica. La liquidation du ghetto débute le 21 mai 1943 et s’achève le 10 juin: de nombreuses maisons sont incendiées pour en chasser les Juifs. Les derniers Juifs trouvés dans le ghetto sont exécutés dans la forêt de Bronica. La liquidation du ghetto est suivie par l’élimination des Juifs dans les camps de travail. Seuls sont maintenus en vie les ouvriers indispensables au fonctionnement des ateliers. En avril 1944, ces ouvriers sont envoyés au camp de Plaszow devant l’avance des armées soviétiques. En août 1944, lorsque la ville est libérée, 400 juifs «sortent» de leurs cachettes.

37. Druja

Druja est une petite ville de Biélorussie, proche de la frontière lituanienne. Une communauté juive y est mentionnée au XVIè, et beaucoup de ses membres travaillent dans l’industrie du savon. En 1766, il y a 1.305 juifs à Druja, 1.011 en 1921 et 1.800 en 1925.

D’octobre 1939 à juin 1941, la ville est occupée par les Soviétiques. Le 6 juillet 1941, la Wehrmacht entre dans Druja, où vivent alors 1.500 juifs. Durant les premiers jours de l’occupation, de nombreuses personnes, dont des Juifs, accusés de collusion avec les Soviétiques, sont exécutées.

Le ghetto est créé au printemps 1942. Le 17 juin 1942, les Allemands liquident le ghetto. Les habitants tentent de se disperser et quelques groupes parviennent à fuir. Voyant cela, les Allemands incendient le ghetto et abattent les Juifs sur place. Les quelques Juifs qui parviennent à s’échapper dans la forêt rejoignent les partisans dans le secteur du village de Balnia où ils participenst à des coups da main contre les Allemands.

38. Dubno

Dubno : la synagogue
Dubno : la synagogue
Ville de Volhynie en Ukraine, Dubno possède une des plus vieilles et des plus importantes communautés juives de l’Europe de l'Est. Des Juifs de Dubno sont mentionnés dans des documents de 1532. La communauté est représentée dans le conseil de la province de Volhynie. Au début du XVIIIème siècle Dubno est la plus grande communauté juive du district de Luck, et est surnommée «Dubno la grande». La grande foire de Lvov est déplacée à Dubno entre 1773 et 1793 et la ville devient un centre commercial important. La ville et sa communauté juive vont beaucoup souffrir durant la première guerre mondiale et la guerre civile russe. Dubno devient polonaise entre 1921 et 1931 et devient un de foyer du Sionisme.

En octobre 1939, conformément au pacte germano-soviétique, la ville est occupée par l’armée rouge. Une première vague de répression s’abat sur la communauté, qui voit ses activités sociales, culturelles et économiques formtement limitées et «soviétisées». De nombreux dirigeants sont arrêtés et emprisonnés. Lorsque la guerre germao-soviétique éclate, de nombreux Juifs partent avec l’armée soviétique en URSS. Lorsque les Allemands entrent dans la ville, 12.000 Juifs y vivent. Immédiatement les Ukrainiens pillent et tuent alors que les Allemands exigent de la communauté une énorme rançon. Le 22 juillet 1941, 80 Juifs sont exécutés par les nazis dans le cimetière local ; un mois plus tard 900 autres y sont exécutés.

Dubno : massacres perpétrés par la Wehrmacht en 1941
Dubno : massacres perpétrés par la Wehrmacht en 1941
Un Judenrat est constitué et la population juive est enrôlée pour le travail forcé. Le ghetto est créé début avril 1942. Le 27 mai, la police et les SS sélectionnent plus de 5.000 juifs «non productifs», les emmènent hors de la ville et les massacrent avant de les enterrer dans des fosses communes. La destruction de la communauté se poursuit tout au long de l'été jusqu’en octobre, où à lieu l’ultime «Aktion» qui liquide le ghetto: les 3.000 derniers Juifs sont assassinés.

Quand la guerre s’achève, il reste environ 300 survivants. La communauté juive de Dubno ne sera pas reconstituée.

39. Dyatlovo

Dyatlovo est une ville de Biélorussie où les Juifs sont présents dès le XVIè. En 1897, il y a 3.033 juifs dans la ville, soit 75% de la population totale.)

La communauté juive est liquidée le 6 août 1942.

40. Dzialoszyce

Dzialoszyce : la synagogue
Dzialoszyce : la synagogue
Dzialoszyce est une ville du sud de la Pologne centrale au nord-est de Cracovie: passée à l'Autriche en 1795 après le troisième partage de la Pologne, elle est russe après 1915 puis polonaise après 1919. Dès 1765 elle possède une communauté juive très importante 675 membres. En 1856, les Juifs sont 2.514, soit 83% de la population totale. En 1921, ils sont 5.618 et environ 7.000 (80%) de 1939. La tannerie, la briqueterie, et la confection sont les principales activités économiques de la ville.

L'armée allemande entre dans la ville le 7 septembre 1939, et la terreur contre les Juifs commence aussitôt. Un Judenrat est créé et un ghetto établi en mars 1940.; les Juifs de la ville y sont enfermés, bientôt rejoints par ceux des villages de la région. En 1941, le ghetto groupe une population de 12.000 Juifs qui ne cesse d’augmenter. En 1941 environ 5.000 Juifs de Cracovie, Varsovie, Lodz, Poznan, et Lask sont expulsés à Dzialoszyce. En juin 1941 les juifs n’ont plus le droit de quitter la ville.

Le 3 septembre 1942 a lieu la première «Aktion»: environ 1.000 juifs sont assassinés sur place et plus de 8.000 déportés dans le camp de la mort de Belzec via Michow. 1.000 autres, principalement des jeunes, hommes et femmes, sont envoyés dans le camp de travail de Plaszow, dont peu reviendront. Mais quelques centaines de Juifs réussissent à s’enfuir dans les forêts avoisinantes. Les Juifs qui restent sont concentrés autour de la synagogue. Le 9 novembre 1942, les Allemands mènent une seconde «Aktion» afin de liquider les derniers Juifs. Prévenus, de très nombreux Juifs s’échappent la veille et fuient dans la forêt.

Ces Juifs de Dzialoszyce qui réussissent à fuir rejoignent d’autres groups Juifs de Pinczow et des environs. Un certain nombre de groupes partisans juifs sont constitués et résistent activement aux unités allemandes de recherche et à la police polonaise. Particulièrement active est l’unité partisane organisée par Zalman Fajnsztat et Michael Majtek. Cette unité combat les nazis et protège des centaines de Juifs cachés dans la forêt jusqu'en février 1944, date à laquelle elle subit de lourdes pertes près du village de Pawlowice. Les partisans survivants rejoignent différentes unités polonaises de guérilla, mais seulement quelques uns survivent lorsque vient la libération en janvier 1945.

Après que la guerre la communauté juive de Dzialoszyce ne s’est pas reconstituée.

41. Frystzak

Frysztak: le ghett
Frysztak: le ghett
Frystzak est une petite ville située au sud-ouest de Lwow. Les Allemands l’occupent le 8 septembre 1939, et créent rapidement un Judenrat. Le ghetto est établi en juin 1942. La population du ghetto est d’environ 1.600 personnes, qui travaillent dans le bâtiment, les ponts et chaussées et dans des carrières. Le ghetto est liquidé le 18 août 1942.

42. Gabin

Gabin : la synagogue
Gabin : la synagogue
Gabin (Gombin en russe) est une petite ville de la province de Varsovie. En 1564, 7 familles juives habitent sans doute la cité. Une belle synagogue en bois est construite en 1710. La communauté compte 365 personnes en 1765, 2.539 en 1897 et 2.564 en 1921 (sur une population totale de 5.777 habitants).

Au début de la guerre, 2.312 juifs vivent à Gabin. Dès que les Allemands entrent dans la ville, ils soumettent les Juifs aux travaux forcés. Fin septembre 1939, ils incendient la synagogue et quelques maisons juives voisines et imposent aux Juifs une lourde amende, les accusant d’être à l’origine de l’incendie. En octobre 1939 un Judenrat est formé, composé de 6 membres et dont le président est Moshe Want. Le Ghetto est créé au début de 1940, pour 2.100 juifs, dont 250 venant des localités voisines. Beaucoup de Juifs du ghetto continuent à travailler pour les Allemands dans la ville ou ses environs.

Durant la période d’existence du ghetto, les Juifs sont soumis régulièrement à des «amendes» ou des «contributions» et lorsque l’affaire traîne trop en longueur, les Allemands prennent des otages et dévalisent quelques maisons…

Gabin : groupe de Juifs du ghetto aux travaux forcés
Gabin : groupe de Juifs du ghetto aux travaux forcés
Au printemps 1941 les Allemands sélectionnent les juifs «capables de travailler» et les envoient dans divers camps de travail. Mais lorsque les nouvelles des terribles conditions de vie et de travail dans ces camps arrivent au ghetto, la plupart des travailleurs potentiels commencent à se cacher. En conséquence, la police allemande, aidée de la police juive pille les maisons du ghetto en les cherchant.

En 1942, 2.150 juifs habitent Gabin, et en dépit des convois envoyés vers les camps de travail la population juive ne cesse d’augmenter, en raison de l’afflux des juifs de la région. Le 12 mai 1942, tous les juifs de Gabin sopnt rassemblés et déportés à Chelmno où ils sont mis à mort.

Après la guerre, survivent 212 juifs de Gabin: 32 qui se sont cachés du «coté aryen» et 180 qui avait réussi à s’échapper en Union Soviétique.

43. Gdansk

Gdansk est le port commercial principal de Danzig en Pologne, situé sur l'estuaire de la Vistule sur la Baltique. En 1308 la ville appartient à l’ordre des chevaliers Teutoniques qui interdisent la cité aux Juifs. Ceux-ci sont tolérés à partir de la première moitié du XVè. En 1476 ils obtiennent du roi de Pologne l'égalité des droits avec les autres négociants. Egalité contestée, puisqu’en 1520 ils s’installent dans la banlieue de Schottland qui n'est pas sous la juridiction municipale. Vers 1616, 400 à 500 juifs habitent Danzig. La ville est incorporée à la Prusse en 1793 et les droits des Juifs y sont restreints. En 1813 Langfuhr et Schottland sont détruits, et les Juifs sont déplacés dans la ville. Au début du XIXè, les Juifs obtiennent l’égalité des droits.

En 1920 Danzig est déclarée «ville libre». Sa population est de 356.000 habitants, dont 7.292 juifs vivant dans le territoire de la ville libre. Ils sont 9.230 en 1924. La communauté possède quatre synagogues, de nombreux organismes et associations et un hebdomadaire, le «Jüdisches Wochenblatt», édité de 1929 à 1938. Les Juifs de Danzig travaillent dans le commerce et les professions libérales. La station balnéaire de Sopot attire de nombreux Juifs polonais qui font vivre la cité ; de même, Dantzig attire de nombreux Juifs russes émigrés d’Union Soviétique et en transit pour les Etats-Unis.

En dépit de gains du parti nazi aux élections de 1933 et de 1935, l'ordre est maintenu et garanti par Hermann Rauschning, président du sénat. Mais en 1937 la force prime le droit et la Société des Nations laisse faire: Albert Forster, le gauleiter des nazis de Dantzig, arrivé au pouvoir, écarte presque tous les Juifs de la vie publique aisni que des professions libérales. Après un violent pogrom, la moitié des Juifs quitte Danzig en l’espace d’une année, n’ayant obtenu aucune garantie du gouvernement polonais. Entre le 12 et le 14 novembre 1938, deux synagogues sont incendiées et deux autres pillées, ainsi que de nombreuses boutiques et maisons juives. La communauté juive décide d'organiser l'émigration. En septembre 193, il reste «seulement» 1.200 juifs à Dantzig, pour la plupart des personnes âgées. 395 Juifs seront expulsés en février et mars 1941 sur Varsovie et le reste par petits groupes dans divers camps de concentration. Vingt-deux Juifs issus de mariages mixtes restés à Danzig ont survécu la guerre.

44. Glebokie

Glebokie: femmes juives à la confection d’uniformes nazis dans le ghetto
Glebokie: femmes juives à la confection d’uniformes nazis dans le ghetto
Petite ville de Biélorussie, Glebokie appartient à la Pologne jusqu'en 1793 et de 1921 à 1945. Des Juifs sont mentionnés dans la ville au milieu du XVIème siècle et relèvent de la communauté de Smorgon en Lituanie. La communauté compte 755 habitants en 1766, 3.917 en 1897 (70% de la population totale) et 2.844 en 1921 (63%).

Entre octobre 1939 et juin 1941 Glubokoye est annexée par les Soviétique. Dès le débutr de l’occupation allemande (juillet 1941), plusieurs Juifs accusés d’être des communistes sont mis à la mort. Quelques jours plus tard, on découvre des prisonniers morts dans l’ancienne prison soviétique de Berezwiecz: les Juifs sont accusés et il faut toute la persuation du rabbin Josef Levi Katz pour empêcher un pogrom. Début novembre 1941 un ghetto est installé dans la ville et les Juifs y sont groupés en deux catégories: les aptes au travail d’un côté et de l’autre les personnes âgées et le malades. Des Juifs des villages voisins de Szarkowczyzna, Postawy et Plissa sont également enfermés dans le ghetto dont la population atteint 6.000 personnes. Le 25 mars 1942, 105 juifs sont arrêtés et fusillés. Après cette «Aktion», la jeunesse tente de s’organiser et d’entrer en contact avec les partisans. Le 19 juin 1942, environ 2.500 juifs «inaptes au travail» sont assassinés dans la forêt de Borek.

En 1943 lorsque les partisans soviétiques attaquent des objectifs à proximité de Glubokoye les Allemands, craignant que le contact ne soit établi entre le ghetto et les partisans, commencent à déporter les Juifs et à liquider le ghetto: le 20 août, ils ordonnent aux membres du Judenrat d’organiser la déportation. Mais lorsqu’il pénètrent dans le ghetto, ils essuyent des coups de feu. Aussitôt ils mettent le feu au ghetto et commencent à massacrer la population. Quelques juifs parviennent à s’échapper et à rejoindre les unités partisanes, dont celle de Kaganovich.

Environ 60 juifs survivent à la shoah. La communauté n'a pas été reconstituée.

45. Glinyany

Glinyany est une petite ville du district de Lvov, en Ukraine. Quelques Juifs y vivent depuis le XIIè, et en 1474 y existe une communauté organisée. Les Juifs de Glinyany souffrent en 1638 des incursions des Tatars et des massacres des Cosaques en 1624, en 1657, et en particulier en 1648-49. Au XVIIIème siècle Glinyany devient un centre hassidique. S’y installent aussi une école juive-allemande sous Joseph II après l’annexion de la Galicie par l’Autriche, une école d'Etat «baron Hirsch» et un centre sioniste actif.

La communauté compte 688 âmes en 1765, 1.708 en 1880, (sur une population totale de 3.695 habitants), 2.177 en 1900 (sur 4.906), 1.679 en 1921 (sur 4.355), 1.906 en 1931, et 2.300 de 1939.

Lors de la seconde guerre mondiale la ville est d’abord occupée par l’Union soviétique, de septembre 1939 à juin 1941: durant cette occupation, toute l'activité politique est proscrites et le divers mouvements et partis dissous ; les anciens chefs politiques et les hommes d'affaires importants sont arrêtés. Au printemps 1941 les jeunes Juifs sont enrôlés dans l'armée soviétique et placés dans des unités spéciales de travail.

La ville tombe aux mains des Allemands en juillet 1941. Le 27 juillet, un pogrom ravage la communauté juive, provoqué par les Ukrainiens avec l’assentiment des Allemands: de nombreux Juifs sont assassinés, d’autres volés ; les livres sacrés sont jetés au feu. De plus, la communauté doit payer une amende de 1.000.000 de zlotys, mais rassembler une une telle somme est totalement impossible. Des émissaires sont envoyés aux autorités allemandes à Peremyshlyany et réussissent partiellement à retarder l’échéance et à abaisser le montant de l’amende. Puis les Juifs de Glinyany capables de travailler sont envoyés dans le camp de travail de Kurwice. Le Judenrat, dirigé par Aaron Hochberg, aide considérablement la communauté jusqu'au moment où, entre le 20 novembre et le 1 décembre 1942, les Juifs restants sont internés dans le ghetto de Peremyshlyany. Ils y périssent quand le ghetto est liquidé en été 1943.

La ville de Glinyany est «libéréeé» en août 1944. Il reste dans la ville 20 survivants juifs. Ils quittent Glinyany en 1946.

46. Glusk

Glusk est une ville de la région de Lublin en Pologne. Au début de la guerre, il y a environ 400 juifs dans la ville. La population juive grimpe à plus de 700 en raison des déportations de Poméranie. En octobre 1942, la plupart des Juifs sont déportés et tués à Sobibor.

47. Gniezno

Gniezno (Gnesen en allemand) est une ville de Pologne située à l’est de Poznan. C’est la première capitale de la Pologne et le centre de l'église catholique de ce pays jusqu'au début du XIVème siècle. Des Juifs sont mentionnés à Gniezno dès 1267. Mais la communauté juive reste très petite jusqu’au XVIIè, comptant environ 100 personnes à cette période. Du XIIIème au milieu du XVIIèmes siècle, la communauté juive de Gniezno reste l’une des plus petites du royaume, et est même détruite sous les coups de la guerre de Suède (1655-59), sous les attaques des Jésuites et surtout les massacres perpétrés par les troupes de Stephan Czarniecki (1599-1665). En 1661 elle se réorganise, mais en dehors des murs de ville. Peu à peu les Juifs reviennent dans la ville où ils sont 60 en 1744. La communauté grandit surtout après que la ville ne soit annexée par la Prusse après le second partage de la Pologne en 1793. Au milieu du XIXè, les Juifs sont 1.783 à Gnesen et la communauté dispose d’un bonne infrastructure sociale et culturelle (établissements culturels, assistance sociale, association des artisans, école, synagogue. La situation change et après la première guerre mondiale la communauté est à nouveau très réduite. Elle passe de 750 en 1913 à approximativement 150 dans les années 1930.!

Après la prise de la ville par les Allemands, Gniezno est intégrée dans le Warthegau. La ville est vidée de tous ses habitants juifs dès les quatre premiers mois de l’occupation. Un certain nombre de juifs réussissent à échapper aux déportations, mais la majorité d’entre eux est expulsée le 12 novembre 1939 sur ordre de Wilhelm Koppe, le chef des SS et le la police du Warthegau. Le 13 décembre 1939, 65 juifs de Gniezno, probablement le reste de la communauté, arrive à Piotrkow Trybunalski dans le district de Radom. Après la déportation des Juifs de Gniezno, les Allemands rasent le vieux cimetière juif et le transforment en entrepôt

Aucun Juif n’est revenu dans la ville après la seconde guerre mondiale.

48. Gora Kalwaria

Gora Kalwaria se situe à environ 30 kilomètres au sud-est de Varsovie. La ville, populairement connue sous le nom de «la nouvelle Jérusalem», est interdite aux Juifs sous la royauté polonaise, mais leur est ouverte à partir de son intégration à la Prusse, en 1795. Gora Kalwaria devient une des grands centres du judaïsme hassidique. La communauté compte 2.919 membres en 1897 (55% de la population totale) et 2.691 en 1921 (48,9%).

Quand l'armée allemande entre dans la ville le 8 septembre 1939, la terreur commence pour les 3.500 juifs habitant alors Gora Kalwaria. Durant les mois d’avril et de mai 1940 plusieurs centaines de Juifs de Lodz, Pabianice et Aleksandrow sont expulsés à Gora Kalwaria. En janvier 1941 tous les habitants juifs des petites localités autour de Gora Kalwaria, soit approximativement 300, sont également concentrés dans la ville. Les 25 et 26, 1941, tous les juifs de la ville sont transférés dans le ghetto de Varsovie où ils vont partager le destin des Juifs de la capitale.

La communauté juive n'a pas été reconstituée après la guerre.

49. Horodenka (Gorodenka)

Ville de Galicie orientale, Horodenka fait partie de la Pologne indépendante de 1921 à 1939.; A cette date, la ville compte 4.000 juifs. En septembre 1939 elle est occupée par l'armée rouge, et comme le reste de la Pologne orientale, est annexée à la SSR d’Ukraine. Un grand nombre de Juifs des régions de la Pologne occidentale occupée par les Allemands viennent se réfugier à Horodenka.

Après l'invasion allemande de l’Union soviétique le 22 juin 1941, quelques Juifs de la ville s’enfuient avec l’armée rouge. Le 2 juillet 1941, les unités de l'armée hongroise, alliés des Allemands, entrent à Horodenka. Les habitants ukrainiens de la ville commencent aussitôt à attaquer les Juifs, mais les troupes hongroises tentent de les de les retenir. En septembre Horodenka passe sous contrôle allemand et la situation de la communauté juive s'aggrave rapidement. De nombreux juifs sont enrôlés pour le travail obligatoire ; de nombreux appartements avec tout leur contenu sont confisqués ; les Allemands imposent des amendes à la communauté et la libre circulation à l'intérieur et hors de la ville est fortement restreinte.

En novembre un Judenrat est installé. Bien que forcés de suivre des ordres allemands, les membres de Judenrat tentent de faire leur possible pour améliorer les conditions de vie de la communauté, établissant des cantinespour les nécessiteurs et essayant de tempérer les décisions allemandes. En vain naturellement. Les 4 et 5 décembre 1941 les juifs de Horodenka sont convoqués à se présenter à l'école juive, où ils «doivent se faire vacciner». Ils sont plus de 2.500. Les Allemands sélectionnent quelques juifs «aptes au travail» et ouvriers qualifiés. Tous les autres sont emmenés dans la forêt située entre les villages de Siemakowce et de Michalcze, à 13 kilomètres de Horodenka, et y sont exécutés.

Début 1942 de nombreux Juifs des petits villages des environs sont installés dans le ghetto de Horodenka. Rapidement le ghetto est surpeuplé et la famine et les maladies font leur œuvre de mort. Le 13 avril, 1.400 personnes sont prises et envoyées à Belzec où elles sont gazées. 60 autres sont exécutées dans le cimetière juif de Horodenka. En mai et en juin plusieurs dizaines de Juifs de Horodenka sont envoyés dans le ghetto de Kolomyia.

En juillet 1942 débute la liquidation du ghetto: les Juifs sont massacrés dans la ville et dans les forêts environnantes et d’autres sont déportés dans les ghetto voisins. Certains Juifs survivants sont envoyés au camp de travail de Janowska à Lvov, et le reste à Belzec.

De nombreux Juifs de Horodenka, qui se sont échappés dans les forêts voisines sont tués par des nationalistes Ukrainiens de «l'Ukrainska Povstanska Armyia». Horodenka est libérée par l'armée rouge le 27 mars 1944. Les quelques survivants juifs sont par la suite partis à l'ouest.

50. Grajewo

Grajewo est une petite ville du district de Bialystok. Les Juifs y sont arrivés au début du XVIIIème siècle. Selon le recensement 1765, il y a 83 Juifs âgés de plus d’un an (dont 17 familles), et 336 juifs vivent dans 38 villages des environs. Ils sont principalement aubergistes, petits commerçants ou artisans (tailleurs, étameurs). Jusqu'en 1862 Grajewo fait partie de la la zone Russe et les Juifs ont des droits très restreints. La communauté compte 197 membres (39% dela population totale) en 1808, 727 (57%) en 1827, 1.457 (76%) en 1857, 4.336 en 1897 et 2. 384 (39%) de 1921.

Dès 1933 il y a de nombreuses manifestations antisémites, car la région est peuplée de nombreux «Volksdeutsche», fascinés par le nazisme. En novembre 1942 la plupart des Juifs de Grajewo sont déportés et gazés à Treblinka.

51. Grodzisk Mazowiecki

Petite ville de Pologne à 20 km au sud-ouest de Varsovie, Grodzisk compte 157 habitants juifs en 1765, 790 en 1856, 2.154 en 1897, 2.756 en 1921 (sur 11.254) et 3.600 en septembre 1939.

En novembre 1941, les Allemands transfèrent les juifs de Grodzisk dans le ghetto de Varsovie, et de là en 1942 au à Treblinka.

52. Grojec

Grojec est une petite ville située à environ 40km au sud de Varsovie. Les Juifs y sont mentionnés en 1754. La communauté compte 1.719 memnbres en 1856 (68% de la population totale), 3.737 en 1897 (61,9%) et 4.922 en 1921 (56,3%). La veille de la guerre mondiale II il y a approximativement 5 0 juifs à Grojec.

L'armée allemande entre dans la ville le 8 septembre 1939 et commence immédiatement à terroriser la population. Le 12 septembre 1939, tous les hommes entre 15 et 55 ans sont forcés de se réunir place du marché et de là ont été marchent à Rawa Mazowjecka, distant de 50 kilomètres. Beaucoup sont exécutés en chemin.

Au printemps de 1940, environ 500 Juifs de Lodz et des environs sont déportés à Grojec. En juillet 1940 un ghetto est établi et la situation des habitants juifs se déteriore rapidement: faim, épidémies, froid durant l’hiver 1940-41 où ils n’ont aucun moyen de chauffage.

En septembre 1942 le ghetto de Grojec est liquidé. Environ 3.000 détenus juifs survivants sont expulsés à Bialobrzegi (petite ville sur la route de Varsovie-Radom), et de là envoyés à Treblinka. A Grojec même restent 300 Juifs, dont 83 sont rapidement envoyés dans un camp de travail forcé en Russie près de Smolensk, où presque tous sont assassinés. Les 200 derniers Juifs sont exécutés en été 1943 dans une forêt proche de Gora Kalwaria.

Après la guerre la communauté juive de Grojec n'a pas été reconstituée.

53. HrubieSzow

Ville du district de Lublin, Hrubieszow possède une petite communauté juive dès 1444. En 1578 les Juifs sont autorisés par charte à résider dans n'importe quelle partie de la ville, à s'engager dans leurs professions usuelles, et à construire une synagogue. La communauté souffre des massacres de Chmielnicki en 1648-49, et en 1672 des incursions des Tatars. La population juive compte 709 membres en 1765, 3.276 en 1856, 5.352 (sur 10.636 habitants) en 1897, 5.679 (sur 9.568) en 1921, et 7.500 en 1939.

L’armée allemande s’empare de la ville le 15 septembre 1939, et déclanche immédiatement une série de pogroms. Dix jours plus tard les Allemands se retirent et l'armée soviétique occupe la ville. Quinze jours plus tard, conformément aux accords germano-soviétiques, la ville est rendue aux Allemands. Plus de 2.000 juifs, ayant expérimenté la terreur nazie, fuient sur les talons de l'armée soviétique qui se retire.

En avril 1940, il y a 4.800 juifs à Hrubieszow. Les Allemands n’établissent aucun ghetto dans la ville mais par de petites déportations en 1940 et 1941, ils concentre de nombreux Juifs dans la ville La plus grande de ces déportations est celle de 300 Juifs de Cracovie qui sont amenés à Hrubiezow. Début 1942, plus de 10.000 Juifs sont ainsi concentrés à Hrubiezow et dans sont district.

Fin mai 1942, ordre est donné à tous les Juifs du disctrict de se concentrer en deux endroits: Hrubiezow au nord et Belz au sud (cette drenière ville ayant une population de 2.500 juifs avant guerre). Début juin 1942 les Juifs de Belz sont conduits vers Hrubieszow, à 60km de distance. C’est une véritable «marche de la mort». Tous ceux qui ne peuvent pas mercher sont abattus par les SS. Tous les autres, après un court séjour dans un camp établi à l’extérieur de Hrubiezow, sont envoyés avec environ 3.000 juifs de Hrubiezow à Sobibor et y sont exterminés.

La deuxième déportation de Hrubieszow a lieu le 28 octobre 1942: plus de 2.000 juifs sont envoyés à Sobibor. Les 200 derniers Juifs sont envoyés dans le camp de travail forcé de Budzyn, où presque tous meurent au travail.

La résistance à Hrubieszow est le fait de quelques groupes sionistes, mais à été très peu efficace, en raison d'un manque d'appui de la population rurale locale. Quelques dizaines de Juifs ont réussi à fuir dans les forêts où ils ont rejoint des groupes de résistance, parfois dans les endroits lointains, comme le groupe de Solomon Brand, qui devient un des principaux organisateurs de la résistance juive à Vilna, ou Arieh Perec (connu sous le nom de Léon Porecki) qui devient capitaine dans l'armée clandestine polonaise durant le soulèvement de Varsovie.

La communauté juive dans Hrubiezow n'a pas été reconstituée après la guerre.

54. Inowroclaw

Inowroclaw (Hohensalza en Allemand) se situe dans la province de Bydgoszcz, en Pologne centrale. La première mention des Juifs date de 1447. Vers la fin du XVIème siècle il y a une communauté bien organisée dirigée par un rabbin. Presque tous les habitants juifs sont tués quand la ville est assiégée par l'armée de Stephan Czarniecki en 1656. En 1681 le Roi Jean Sobieski signe une charte de privilèges accordés à la communauté. Il y a 980 juifs à Inowroclaw et dans ses environs en 1765. La ville devient prussienne en 1774 et l’année suivante de nombreux Juifs sont chassés de la ville ou s’exilent. La population juive d'Inowroclaw est à nouveau de 604 membres en 1799. En 1908, ils sont 1.158. Avec l'incorporation de la région à la Pologne après 1919 et les combats qui s’en suivent, la population est décimée. En 1939, il n’y a plus que 172 juifs à Inowroclaw.

Occupée en 1939, la ville est baptisée Hohensalza et devient la capitale d'un des trois «Regierungsbezirke» (district) du Warthegau. Le 12 novembre 1939, les nazis décident que la ville sera «Juderein» avant fin février 1940. Le 14 novembre 1939, un convoi de tous les des Juifs d'Inowroclaw et envoyé à Gniezno et à Kruszwica. La communauté juive d’Inowroclaw a cessé d'exister.

55. Iwje

Iwje : découverte d’une fosse commune en 1945
Iwje : découverte d’une fosse commune en 1945
Petite ville du district de Grodno, en Biélorussie, Iwje compte une communauté juive assez importante au XVIIè. Il y a 804 juifs à Ivye en 1847. En 1891, un pogrom chasse de nombreux habitants et en 1897 ils sont seulement 573. En 1921, après que la ville ait été annexée par la Pologne, la population juive d'Ivye compte 2.100 habitants (76% de la population).

Durant l’occupation soviétique entre octobre 1939 et juin 1941, les établissements juifs sont dissouts, les activités du parti sioniste et des mouvements de la jeunesse interdites, et l'école hébraïque étatisée. Avec la guerre contre l'Allemagne le 22 juin 1941, la jeunesse juive est mobilisée dans l'armée rouge ; d’autres Juifs tentent de fuir à l’intérieur de l’Union Soviétique

Le 1er juillet 1941, la ville est prise par les Allemands et un mois plus tard, environ 225 membres de l'intelligentsia juive sont assassinés. En septembre 1941 les Juifs sont concentrés dans un quartier spécial de la ville. Le 8 mai 1942, le ghetto est cerné par la Wehrmacht et la police. Le 12 mai une «Aktion» est déclanchée au cours de laquelle 2.500 personnes sont massacrées. Après cette journée, une organisation cladestine se met en place: elle aboutit à la fuit d’un groupe de Juifs qui réussit à atteindre le camp des partisans de Tuvia Bielsky.

À la fin de 1942 et au début de 1943 les massacres se poursuivent dans le ghetto. Le 20 janvier 1943 le ghetto est liquidé: les 1.100 derniers juifs sont transférés à Borisov (près de Minsk) où ils périssent en peu de temps. Iwje est déclarée «Judenrein».

56. Izbica Lubelska

Ville du district de Lublin, Izbica possède une communauté juive importante de 3.019 membres en 1897 et de 2.862 (92,7%) en 1921. A cette date, les autorités polonaises s’opposent à l'établissement d'un conseil municipal entièrement juif...

Il y a environ 4.000 juifs à Izbica Lubelska lorsqu’arrivent les Allemands. En décembre 1939 environ 2.500 juifs de Lodz et de Kolo sont déportés à Izbica, suivis en mars et avril 1942 de 1.000 Juifs venant principalement de Tchécoslovaquie. Un Judenrat est créé en 1940.

Le 24 mars 1942, environ 2.200 juifs d'Izbica Lubelska sont envoyés dans les chambres à gaz de Belzec et en octobre 1942, 5.000 autres sont envoyés au camp de la mort de Sobibor. Les Juifs restants sont assassinés sur place ou sont envoyés à Sobibor début 1943.

57. Janow Lubelski

Ville de l’est de la Pologne, au sud de Lublin et à l’ouest de Zamosc, Janow Lubelski possède une communauté juive assez importante au XVIè. La ville compte 390 familles juives en 1765, 1.520 habitants en 1860 (45% de la population totale) et 2.881 (44,8%) en 1921, soit 13.407 (10,2%) dans tout le district.

En mars 1941 une centaine de Juifs de Vienne sont déportés à Janow Lubelski. En août 1942, toute la population juive est déportée dans la ville voisine de Zaklikow, et de là au camp de la mort de Belzec. Quelques Juifs sont sélectionnés pour un petit camp de travail obligatoire dans le village voisin de Lysakow qui fonctionne pendant un certain temps.

58. Jaroslaw

Jaroslaw est une ville de la province de Rzeszow, au sud est de la Pologne, sur le fleuve San. Les Juifs y arrivent au XVIIè et en 1640 une synagogue est construite dans la cité. En 1738 il y a environ 100 familles juives à Jaroslaw. En 1813 la population juive est de 2.355 membres et en 1921 de 6.577 membres sur un total de 19.973 habitants.

La ville est prise par les Allemands le 10 septembre 1939. Leur premier acte anti-juif est d’incendier la synagogue. Deux jours après, ils imposent une amende aux Juifs. Pour qu’elle soit rapidement payée, quelques ouvriers communaux sont arrêtés, y compris le chef de la communauté Mendel Reich, dont le destin demeure inconnu. Le 28 septembre 1939, les Allemands ordonnent à la la population juive de se rassembler au parc des sports de Sokol. Environ 10.000 juifs se présentent. Ils sont immédiatement expulsés de l’autre côté du fleuve San, en territoire occupé par les Soviétiques. Préalablement les Juifs doivent remettre tous les articles de valeur et toutes leurs affaires sont volées. Du côté soviétique, leur sort est le même que celui des autres réfugiés Juifs de Pologne occidentale: manque de logements, restrictions diverses… En été 1940 beaucoup d’entre eux sont éxilés à l’intérieur du territoire soviétique. Ceux qui restent en Pologne sont exterminés par les Allemands. La communauté ne sera pas reconstituée après la guerre mondiale.

59. Jaslo

Ville au sud est de Cracovie, en Galicie, Jaslo possède une communauté juive dès avant 1463. En 1589 les droits des Juifs sont restreints dans la ville. En 1795, après le partage de la Pologne, Jaslo passe à l’Autriche qui ne s’oppose pas à l’installation des Juifs. En 1805 six familles juives sont installées à Jaslo où elles travaillent la terre. La population juive compte 433 membres en 1880 (13% de l’ensemble de la population), 934 en 1890 (20,6%), 1.524 en 1900 (23,2%), 2.262 en 1910 (22,3%) et 2.445 en 1921 (23,5%). La majorité ce la communauté sont des Juifs hassidims. Les Juifs de Jaslo sont petits entrepreneurs et artisans. En 1921, 96 Juifs possèdent de petites entreprises industrielles employant 678 personnes: chimie (5 entreprises), industrie alimentaire, tesxtile et confection, industrie du bois, petite métallurgie, entreprises de construction, travail du cuir, imprimeries…

Après l’iinvasion Allemande, un ghetto est créé à Jaslo en été 1941. En août 1942, le ghetto est liquidé: la majorité de ses habitant est déportée à Belzec, alors que quelques Juifs sont sélectionnés pour le travail obligatoire et envoyés dans le camp de travail de Szebnia, qui sera lui-même liquidé en 1943.

Aucun Juif n’est revenu à Jaslo Jaslo après la guerre mondiale.

60. Jedrzejow

Jedrzejow, Andreyev en Russe, est une ville du district de Kielce, en Pologne centrale. Les Juifs arrivent en ville au XVIIIè. L’ouverture d’une ligne de chemin de fer dope l’économie locale et la population juive croît rapidement: en 1897 il y a 2.050 Juifs dans la cité, soit 45% de la population. A la fin de la première guerre mondiale, alors que la ville est devenue polonaise, il y a plusieurs émeutes anti-juives à proximité de Jedrzejow. En 1921, il y a approximativement 4.600 Juifs à Jedrzejow (40% de la population totale). Entre les deux guerres la vire de la communauté est assez mouvementée, d’une part par l’activisme du mouvement sioniste (plusieurs groupes de jeunes émigrés en Erez Israel), d’autre par par une vague assez importante d’antisémitisme dans les années 1930: ainsi en 1936 cinq Juifs sont assassinés dans le village de Stawy, près de Jedrzejow.

L'armée allemande entre dans la ville le 4 sur septembre 1939. Au printemps 1940 un ghetto «ouvert» est établi. En janvier 1941 environ 600 Juifs des environs sont concentrés dans le ghetto. Durant l'été 1942 arrivent encore 2.000 Juifs d'autres villes voisines, portant la population juive du ghetto à environ 6.000 habitants. Le 16 septembre 1942 à lieu l’unique «Aktion»: toute la population juive du ghetto est déportés à Treblinka , hormis 200 hommes qui sont enfermés dans un camp de travail érigé à l’intérieur du ghetto. Ces hommes sont exécutés ou déportés en février 1943, et la ville de Jedrzejow est proclamée «Judenrein». Quelques rares Juifs, qui ont réussi à se cacher puis à fuir le ghetto ont été rattrapés et exécutés par la police polonaise.

Après la guerre la communauté juive de Jedrzejow n'a pas été reconstituée.

61. Kaluszyn

Ville du district de Varsovie, à l’ouest de Siedlce, Kaluszyn voit s’établir des Juifs au début du XVIIè siècle. La communauté compte 1.455 Juifs en 1827 (80% de la population totale), 6.419 (76%) en 1897, 5.033 (82%) en 1921, 7.256 (82%) en 1931 et approximativement 6.500 au début de la seconde guerre mondiale.

L'armée allemande entre dans Kaluszyn le 11 septembre 1939, et le même jour une grand partie de la population juive est concentrée dans l'église principale et maltraitée durant trois jours avant d’être relachée. Une centaine de Juifs s’échappe rapidement de la ville et rejoint le territoire polonais occupé par les Soviétiques. En mars 1941 environ 1.000 Juifs sont transférés à Varsovie. La population juive est réduite à approximativement 4.000 personnes au début 1942.

Le 25 septembre 1942 à lieu une grande «Aktion» au cours de laquelle la majorité des personnes est expulsées à Trablinka pour y être gazée. Le 28 octobre est établi un ghetto qui est en fait un camp de travail obligatoire, où les Allemands concentrent quelques cent Juifs de Kaluszyn et de la proximité, parvenus à s'échapper ou à se cacher lors de la déportation de septembre. En novembre 1942 un autre groupe de Juifs de Minsk Mazowiecki arrive au ghetto de Kaluszyn. Tous sont exterminés en décembre 1942, lorsque le ghetto de Kaluszyn est liquidé.

La communauté juive n'a pas été reconstituée après la guerre.

62. Kamenka-Bugskaya

Kamionka Strumilowa, ou Kamionka Bugskaya en Russe, est une ville de la province de Lvov, qui accueille ses premiers Juifs vers 1456. À la fin du XVIIème siècle l'évêque de Lvov permet à la communauté d'ériger une synagogue en bois. En 1662 il y a 16 maisons juives et 90 chrétiennes dans la ville. Des 522 Juifs de la ville en 1765, 79 sont aubergistes. La communauté compte 2.932 âmes (48% de la population totale) en 1880, 3.164 en 1900, 2.685 (41%) en 1921 et 4.000 en 1931.

La ville passe sous contrôle soviétique entre octobre 1939 et juin 1941 et la communauté juive est soumise au régime stalinien: intediction de tout mouvement ou association, étatisation d’une grande partie du secteur économique, déportation des responsables politiques… Les Juifs tentent de s’adapter en s'organisant en coopératives artisanales et en entrant dans la fonction publique municipale...

Moins d’une semaine après le début de l’opération Barbarossa, la ville est occupée par les Allemands. Le 2 juillet les Ukrainiens et les Allemands s’attaquent aux Juifs et en tuent une centaine. En novembre 1941, 500 Juifs supplémentaires sont exterminés dans les environs de la ville. En été 1942, les Allemands recensent la population juive et la classent en «acifs» et «non actifs». Le 15 septembre 1942 environ 1.500 personnes sont expulsées au camp de la mort de Belzec ; le 21 septembre 1942, 600 autres sont exterminées à Zabuze (de l’autre côté du fleuve Bug), où des Juifs de Busk, Cholojow, et Radziechow (Radekhou) sont également assassinés.

Dès novembre 1941 un camp de travail obligatoire est installé, concentrant tous les Juifs «aptes» de la cité et des environs. Le 28 octobre 1942, un dernier groupe est envoyé à Belzec, clôturant la série de l’extermination de la majeure partie de la communauté.

Le 10 juillet 1943, plus de 5.000 Juifs y sont assassinés. Il n’y a plus de Juifs dans la ville.

63. Katowice

Katowice (Kattowitz en allemand) est la capitale de la province de Katowice, au sud de la Pologne et fait partie de la Prusse jusqu’en 1921. La communauté juive date du début du XVIIIè. En 1840 il y a 12 Juifs dans la ville. La population monte à 102 en 1855, et à 624 en 1867, quand Katowice est déclarée ville ; les Juifs sont 2.216 en 1899, 2.979 en 1910 et 9.000 de 1932. La population non-juive se développe à une vitesse beaucoup plus rapide, passant de 14.000 en 1888 à 130.645 en 1930. C’est à partir de cette date que l’antisémitisme se fait sentir assez fortement dans la ville, où l’influence allemande est relativement forte, à cause de la présence de nombreux «Volksdeutsche» En 1937 il y a des pogroms et quelques bombes font sauter des boutiques juives… Ce qui provoque le départ de nombreux Juifs, de sorte qu’en 1939, la population juive diminue et passe à 8.587 habitants (6% de la population totale).

La ville est prise aux premiers jours du conflit par la Wehrmacht, et les autorités allemandes se donnent trois mois pour la vider de ses Juifs. La majorité des Juifs est contrainte de déménager et se retrouve dans la ville voisine de Sosnowiec et va partager le destin de la communauté juive de cette ville.

Après la guerre mondiale environ 1.500 Juifs reviennent à Katowice. Mais les autorités polonaises lancent une violente campagne antisémite. En raison de cette hostilité officielle, presque tous les Juifs quittent la ville et le pays.

64. Kletsk

Ville du district de Minsk, en Biélorussie, Kletsk se trouvait autrefois en Pologne. Un document de 1529 confirme l'existence d'une communauté juive dans la ville. En 1811 il y a 662 habitants mâles Juifs à Kletsk et ses environs, dont 65 sont des artisans. La communauté compte 2.138 personnes en 1847. En 1885 une partie considérable de la ville est détruite par un incendie. En 1897 il y a 3.425 Juifs (73% de la population totale) et 4.190 (74%) en 1921. La communauté est assez importante et possède deux synagogues, un cimetière, une yéshiva, un heder (école talmudique), une école hébraïque de Tarbut et une école de Beth Jacob. Le mouvement sioniste est assez puissant à Kletsk.

En vertu du pacte germano soviétique, Kletsk est occupée par l’Union Soviétique fin septembre 1939. Beaucoup de Juifs fuyant la Pologne occupée par la Wehrmacht y trouvent refuge. Sous le régime soviétique, les entreprises sont nationalisées et le bâtiment de la yeshivah réquisitionné et transformé en club municipal. Les trois lycées Juifs sont fusionnés en une seule école «populaire» et l’enseignement de l’hébreu supprimé au profit du Yiddish puis du russe à partir de début 1941.

Le 25 juin 1941, Kletsk tombe aux mains des troupes allemandes. Une force de police biélorusse est créée par les Allemands. Elle s’attaque aussitôt à la population juive. Un Judenrat est installé par les autorités allemandes et dirigées par Itzhak Czerkowicz. Le 24 octobre 1941, 35 Juifs sont arrêtés sur soupçon d’activité communiste, emmenés au cimetière catholique, fusillés et enterrés dans une fosse commune. Le 26 octobre 1941, les Juifs sont obligés de se réunir sur la place du marché, où ils sont gardés par les troupês allemandes et leurs auxiliaires lituaniens. Ils sont divisés en deux groupes séparés: le premier groupe, d’environ 2.000 personnes est mené à la grande synagogue ou il est gardé. Les secopnd groupe, environ 4.000 personnes, est emmené au cimetière catholique, y est massacré et enterré dans des fosses.

Les 2.000 surivivants sont logés dans un ghetto. Le travail obligatoire est instauré. Certains Juifs sont envoyés dans des camps alentour. Le 21 juillet 1942, les Allemands cernent le ghetto pour le liquider. Ils rencontrent une résistance armée et décident d’incendier tout le ghetto. Pendant l’action, plus de 1.000 Juifs sont massacrés sur place. Mais de nombreux habitants du ghetto réussissent à s’enfuir dans les forêts voisines. La plupart seront rattrapés et exécutés, mais des douzaines de Juifs rejoignent les groupes de partisans des alentours de Kletsk et vont mener de nombreuses attaques contre les Allemands et les auxiliaires Biélorusses, faisant notamment sauter de nombreux convois ferroviaires.

65. Klodawa

Klodawa est une ville du district de Poznan, au centre de la Pologne. La première mention de Juifs dans la ville date de 1487. En 1808 la ville compte 221 Juifs, concentrés dans le quartier de Dziadowice. Après 1815 la ville devient polonaise. La communauté compte 443 membres en 1827, 585 en 1857, 874 en 1897 et 1.148 (29,4% de la population totale) en 1921.

Au début du second conflit mondiale, il y a environ 1.350 Juifs à Klodawa. 300 Juifs sont expulsés en 1939 et 1940 de Klodawa vers le Gouvernement Général.

Entre le 2 et le 4 janvier 1942, 46 Juifs de Klodawa sont exécutés dans la forêt de Kazimierzow, près de la ville de Zagrow. Puis entre le 9 et le 12 janvier 1942, le reste de la population est déporté et exécuté à Chelmno.

66. Kobrin

Kobrin en Biélorussie : la synagogue
Kobrin en Biélorussie : la synagogue
Kobrin se trouve dans le district de Brest Litovsk, dans l’actuelle Biélorussie. La première mention des Juifs à Kobrin date de 1514, date à laquelle le Roi Sigismond leur accorde des privilèges. En 1598, les Juifs ont les mêms droits que les autres habitants. Durant les massacres de Chmielnicki en 1648 - 1649, un certain nombre de Juifs d'Ukraine viennent rouver refuge à Kobrin. En 1766, 924 Juifs de Kobrin et des villages environnants payent l'impôt local, ce qui donne une population d’environ 6.000 habitants. En 1847 il y à 4.184 Juifs vivant à Kobrin et approximativement 5.000 dans les villages environnants. Beaucoup émigrent, particulièrement en Amérique, à cause de la grande crise qui frappe la région. Après la révolution de 1905 les ouvriers Juifs militent pour le Bund et le sionisme, et prennent une part active dans la lutte pour des droits politiques, sociaux, et culturels. La communauté est très organisé et possède une très bonne infratsructure sociale, culturelle, religieuse et éducative. Elle compte 5.431 membres en 1921 (66% de la population totale).

Le 20 septembre 1939, les Soviétiques prennent la ville. De nombreux jeunes sionistes s’enfuient à Vilna, en Lituanie indépendante, d'où un bon nombre d'entre partent en Palestine. De nombreux réfugiés de Pologne occidentale arrivent à Kobrin. En 1941, il y a environ 8.000 Juifs à Kobrin.

La Wehrmacht entre dans la ville le 24 jui 1941. Immédiatement de nombreux bâtiments publics Juifs sont saccagés et 170 Juifs «éminents» sont assassinés près du village de Patryki. En août 1941 les Allemands imposent à la communauté une «amende» de 6kg d'or et de 12kg d'argent. Le ghetto est établi en automne de la même année. Il est divisé en deux sections: la section A pour les «Juifs du travail» et la section B pour les personnes âgées, malades et autres «inaptes». Les Juifs des villes voisines de Hjanowka et Bialowieza sont enfermés dans le ghetto, totalement surpeuplé. Dès le début de 1942 la communauté doit fournir des ouvriers pour les camps de travail de Chodosy et de Zaprudy. Le 2 juin 1942 le ghetto B est cerné et une «Selektion» est effectuée dans le ghetto A. Tous les sélectionnés du ghetto A et tous les Juifs du ghetto B sont emmenés à Bronna Gora où ils sont massacrés. La moitié de la communauté juive de Kobrin périt ce jour-là. Un mouvement de résistance de la jeunesse s’organise alors. Le 14 octobre 1942 a lieu la liquidation du ghetto. La population est emmenée sur son lieu d’exécution, mais à Dywin, à 4km de Kobrin, les Juifs tentent d’attaquer les Allemands et de s’emparer de leurs armes. Un groupe d'environ 100 personnes parvient à s'échapper en forêt et rejoint les partisans, échappant ainsi au massacre. Un petit groupe d'artisans Juifs est maintenu à Kobrin jusqu'à l'été de 1943, date à laquelle il est assassiné dans la cour de la prison.

Après la guerre, la communauté n'a pas été reconstituée.

67. Kock

Kock est une ville du district de Lublin. Une communauté juive bien organisée y existe au milieu du XVIIè. Selon le recensement de 1765, il y a 489 Juifs dans la ville et 304 dans les villages environnants. En 1827 le nombre de Juifs dans la ville s’élève à 645 (36% de la population totale), en 1857 à 1.480 et en 1897 à 3.104 (64%). En 1829, Kock devient un important centre du hassidisme. En 1913 une yeshivah est fondée dans la ville. Les ouvriers Juifs de Kock commencent à s'organiser en syndicats en 1905. Les organismes sionistes sont très actifs, ainsi que le Bund (mouvement socialiste Juif) et l'Agudat Israel (Mouvement ultra orthodoxe anti-sioniste). En 1926, neuf des 12 membres du conseil municipal sont Juifs. Selon le recensement 1921, la population juive compte 2.092 membres (54%), et en 1939, ils sont environ 2.500.

En août 1942 la totalité de la population juive de Kock est déportée à Parczew. Elle sera liquidée plus tard en même temps que la population juive de cette ville.

68. Kolo

Kolo est une ville de Pologne centrale, dans la région de Poznan, passée à la Prusse en 1793 et redevenue polonaise en 1919. Les Juifs vivent là depuis le XVè et en 1564 y obtiennent le droit de séjour du roi Sigismond II. Au XIXè siècle, les Juifs jouent un rôle important dans le développement économique de la ville. Ils sont 1.184 (37% de la population totale) en 182, 4.013 (42,8%) en 1897, 5.154 (45%) en 1921, 6.000 (44%) en 1931 et 5.000 (41,6%) en 1939. Entre les deux guerres mondiales, les Juifs sont encore très actifs sur le plan économique, et 37% des ateliers de la ville leur appartiennent, ce qui explique en partie un fort courant antisémite dans la population entre les deux guerres.

La ville est occupée par les Allemands le 15 septembre 1939 (le second jour de Rosh hashanah), et le lendemain les Allemands rassemblent les Juifs sur la place du marché et opèrent une véritables razzia sur leux demeures. Les hommes sont envoyés réparer les ponts sur la Warta que l’armée polonaise avait fait sauter. Les Allemands incendient la synogogue, accusent les Juifs du méfait et les mettent à l’amende. L'intelligentsia juive est arrêtée, et quiconque tente de fuir est immédiatement exécuté. Chaque jour, deux otages sont arrêtés. En décembre 1939, 1.139 Juifs sont expulsés de leurs maisons et parqués dans des baraques sans chauffage et avec très peu de nourriture: de nombreuxses personnes meurent de froid et de faim. Après quelques semaines, ils sont déportés à Lublin et leurs maisons données à des «Volsdeutsche» venus des pays Baltes.

Le reste de la population juive est enfermées dans un getto après l’expulsion de 159 familles supplémentaires. Dans le ghetto sévit rapidement la fièvre typhoïde ; en juin 1941 tous les hommes Juifs sont envoyés dans des camps de travail près de Poznan. La liquidation finale du ghetto de Kolo a eu lieu en décembre 1941: le 2.300 Juifs restants sont rassemblés devant le bâtiment du Judenrat, embarqués sur des camions et envoyés au camp de la mort de Chelmno, à quelques kilomètres de distance.

69. Konin

Konin est une ville de Pologne centrale, dans la région de Poznan. La communauté juive est une des premières à s’installer en Pologne. La première mention date de 1397. A la fin du XVè environ 150 Juifs habitent la ville, et se spécialisent dans le prêt d’argent, le commerce, et l’artisanat. Mais un terrible incendie détruit partiellement la communauté. La vie juive se développe à nouveau à partir du XVIIIè. En 1765, 30 familles juives, soit 133 personnes habitent à nouveau la ville. Celle-ci passe à la Russie en 1815 et devient un centre commercial important, particulièrement avec l’Allemagne, ce dont bénéficie la communauté, qui passer de 369 habitants en 1807 à 2.502 en 1897 (35% de la population totale). Les Juifs riches sont les commerçants (sel, bois de construction, moulins à farine) et les entrepreneurs dans l’industrie textile. Durant la première guerre mondiale le mouvement sioniste gagne du terrain dans la ville et compte environ 200 membres en 1915. Le Bund et le Po'alei Zion (sionisme marxiste) sont également très actifs. Entre 1920 et 1929, une école secondaire juive fonctionne avec plus de 200 élèves ; une bibliothèque juive est ouverte en 1922.; et en 1933, un kibbutz est même créé.

En 1939, il y a environ 3.000 Juifs à Konin. Dès leur arrivée, les Allemands prennent de nombreux otages et en exécutent un certain nombre. Puis ils forcent le rabbin et d'autres responsables de la communauté à nettoyer les rues de la ville. Quelques jours plus tard de nombreuses familles juives reçoivent l’ordre d’évacuer immédiatement leurs maisons, et 1.100 Juifs sont expulsés dans la région de Kielce. Mi juillet 1940 la communauté et les nombreux Juifs réfugiés dans la ville sont déportés dans divers ghettos de la Pologne centrale. Un petit camp de travail obligatoire est maintenu près de la ville avec environ 1.000 personnes jusqu'à août 1943.

70. Konskowola

Konskowola est une petite ville située près de Pulawy, dans la province de Lubin. En 1765 il y a une communauté juive de 643 membres, 569 dans la ville et 74 dans 11 villages des environs. La population juive est de 872 personnes (44% du total de la population) en 1827, 1.536 (59%) en 1857, 1.453 (52%) en 1897, et 876 (53,6%) en 1921.

A la déclaration de la seconde guerre mondiale il y a environ 1.100 Juifs à Konskowola. À la fin de 1940 un ghetto est établi. En mai et juin 1942 environ 3.500 Juifs de Slovaquie arrivent dans la ville. Trois déportations de Konskowola vers Sobibor ont lieu le 9 mai, le 16 mai et en octobre 1942. La totalité de la population juive de est liquidée

Aucune communauté juive n'a été reconstituée à Konskowola.

71. Kosov

Ville de la voïvodie d'Ivano Frankovsk (autrefois Stanislav), en Ukraine, Kosov appartient à la Pologne jusqu'en 1772 puis passe à l’Autriche et revient à la Pologne entre 1919 et 1939. Selon le recensement de 1764, la communauté de Kosov (villageois des environs compris) compte 343 familles juives. La communauté compte 2.179 personnes (78% de la population totale) en 1880, 2.563 (82%) en 1900, 2.950 (53%) en 1910, et 2.166 (51%) en 1921. La communauté est extrêmement bien organisée socialement et culturellement: écoles (dont une professionnelle), synagogue, journal bimensuel, mouvement sioniste…

Après le début de la seconde guerre mondiale beaucoup de Juifs de Pologne occidentale viennent se réfugier à Kosov, et la population juive atteint 4.000 personnes en 1941. Sous l’occupation soviétique (1939 - 1941), les structures communautaires et les partis polotiques sont sévèrement contrôlés.

Lorsque survient la guerre germano soviétiques, de nombreux jeunes Juifs rejoignent l’armée rouge qui bat en retraite. Ce sont les forces hongroises qui s’emparent de la ville. Immédiatement est installé un comité Juif local d’aide qui agit en lien et sous le contrôle de l’armée hongroise. Il réussit à empêcher des groupes nationalistes ukrainiens d’attaquer les Juifs et leurs biens. En même temps arrivent de la Ruthénie subcarpatique récemment annexée par la Hongrie, des réfugiés Juifs qui ne sont pas citoyens hongrois. Le comité les accueille et les héberge.

En septembre 1941 les Allemands prennent le contrôle de la ville aux Hongrois. Les 16 et 17 octobre 1941, ils organisent une première «Aktion»: 2.200 Juifs, environ la moitié de la communauté, sont arrêtés et emmenés sur la colline derrière le pont de Moskalowka: ils y sont exécutés. Durant l’hiver, la faim et le froid sévissent dans le ghetto. Le Judenrat institue une soupe populaire et diverses aides. Le 24 avril 1942, 600 Juifs sans visa de travail sont envoyés à Kolomyja. Comme la campagne d'extermination s’intensifie, de nombreux Juifs tentent de fuir en Roumanie proche. Début mai 1942 un ghetto est établi.

Le 7 septembre 1942, une autre «Aktion» a lieu. Les Juifs sont rassemblés sur la place principale ; la police allemande et ukrainienne fouille les maison et tue environ 150 personnes qui se cachent plus ou moins. Environ 600 Juifs partent à pied à Kolomyja et de la sont envoyés au camp de la mort de Balzec. Un certain nombre d’hommes sont sélectionnés pour le travail et envoyés au camp de rue de Janowska à Lvov. Quelques personnes arrivent à se cacher et à se soustraire à l’»Aktion». Le 28 septembre les Allemands font savoir que ceux qui se sont cachés seront épargnés et envoyées au travail. Les naïfs qui se découvrent sont immédiatement exécutés.

Le 4 novembre 1942, les derniers survivants de la communauté de Kosov sont envoyés à Kolomyja et la ville est déclarée «Judenrein». Les mois suivants les Allemands et les Ukrainiens continuent à dépister et à assassiner les Juifs qui s’étaient réfugiés dans les forêts alentours et dans la ville.

72. Kosow Lacki

Kosow Lacki est un village dans la voïvodie de Siedlce, au nord de Sokolow Podalski, non loin de Treblinka (12km). Les Allemands occupent la ville en septembre, 1939, et forment rapidement un Judenrat puis créent un ghetto. L'absence d'un mur permet aux détenus de chercher de la nourriture chez les fermiers voisins. Puis sont internés dans le ghetto des Juifs de diverses villes et régions, comme, Kalisz, Wyszkow, Mlawa et Ostrow Mazowiecka. Les conditions de vie deviennent beaucoup plus difficiles et la mortalité augmente rapidement.

La liquidation du ghetto à lieu lors de la fête du Yom Kippour, le 22 septembre 1942: les policiers allemands et polonais cernent le ghetto de Kosow, rassemblent les Juifs et les embarquent pour Treblinka. Beaucoup de Juifs récalcitrants sont été exécutés sur place. Quelques-uns s’échappent dans les forêts voisines, mais la plupart sont dénoncés par des Polonais antisémites et livrés à nouveau aux Allemands. Après la libération de la ville par l'armée rouge en été 1944 quelques survivants Juifs reviennent chez eux à Kosow. Quelques uns seront encore assassinés par les Polonais…

73. Kowel

Kowel est une ville de Volhynie, actuellement située en Ukraine, au nord-ouest de Lutsk. La ville appartient à la Pologne entre 1918 et 1939. Au début de la seconde guerre mondiale, 13.200 Juifs habitent Kowel ssur une population totale de 27.700 habitants, mais de nombreux Juifs de Pologne occidentale viennet y trouver refuge. La Wehrmacht entre dans la ville le 28 juin 1941. Dans les premiers jours de l’occupation, les Juifs sont victimes des atrocités des Allemands, mais aussi de la population ukrainienne, qui leur est hostile. Plus de 1.000 Juifs sont assassinés; de nombreux autres sont torturés et leurs demeures pillées. Fin juillet, les Juifs doivent remettre tous les rouleaux de la Torah qui sont brûlés en public. Puis leurs biens leurs sont confisqués et ils sont soumis à une lourde amende.

Le 21 mai 1942, deux ghettos sont établis à Kovel. L’un, dans la partie moderne de la ville, contient 8.000 personnes: ce sont les «Juifs du travail» et leurs familles, qui possèdent un permis de travail. L’autre, dans la vieille ville, contient 6.000 personnes: les vieux, les malades, les «inaptes au travail»... Le 2 juin 1942 la police cerne le ghetto de la vieille ville, et durant une «Aktion» qui dure trois jours arrête les Juifs et les massacre.

Le tour de l'autre ghetto arrive le 19 août. Les Juifs qui réussissent à s’échapper sont systématiquement pourchassés, attrappés et enfermés dans la grande synagogue. Sur les murs de synagogue ils griffonnent leurs dernières volontés et des appels à la vengeance, avant d’être exécutés. Le 6 octobre 1942, la liquidation des Juifs de Kovel est officiellement accomplie.

Kovel est libérée le 6 juillet 1944, après une dures bataille lors de laquelle la ville est en partie détruite. Quelques jours plus tard, environs 40 Juifs survivants surgissent des forêts ou de leurs cachettes en ville.

74. Krasnik

Krasnik est une ville du district de Lublin. Les Juifs y sont mentionnés en 1531 comme commerçants. En 1654 ils n’ont le droit de résider en ville que dans la rue où est construite la synagogue. La communauté compte 1.353 personnes en 1765 (921 dans la ville même, le reste dans les environs), 1.778 (55% de la population totale) en 1857, 3.261 en 1897, et 4.200 (51%) en 1921.

Plus de 5.000 Juifs vivent à Krasnik au début de la seconde guerre mondiale lorsque les Allemands entrent dans la ville. Le 12 avril 1942 a lieu la première déportation vers Belzec. Les déportations suivantes ont lieu en octobre et novembre 1942, au cours desquelles la majorité de la population juive de la ville est liquidée. Quelques centaines de personnes parviennent à se réfugier dans la forêt. Mais elles sont presques toutes rattrapées et exécutées par les Allemands au cours de «Chasses aux Juifs». Quelques unes réussissent à rejoindre des groupes de partisans et à mener des opérations de «guérilla juive» (Groupe de Abraham Braun and ou unité «Berek Joselewicz» sous le commandement d’Eduard Forst.

75. Kremenets

Kremenets est une ville de Volhynie, appartenant à l’Ukraine depuis 1944. Elle appartient à la Lituanie jusqu'en 1569, à la Pologne jusqu'en 1793, à La Russie jusqu'en 1918 et à la Pologne jusqu'en 1939. Des Juifs sont mentionnés dans la cité en 1438. Ils sont expulsés en 1495 avec tous les autres Juifs de Lituanie, mais reviennent en 1503. Ils sont 845 en 1629. La communauté se développe et prospère aux XVI et XVIIè siècles, jusqu'en 1648: ce sont alors les massacres de Chmielnicki (1648 - 1649) et les guerres russes et suédoises peu après, lors desquels la population juve est décimée. En 1765 il y a 649 Juifs dans la cité, puis 3.791 en 1847 et 6.539 (37% de la population totale) en 1897. Il y a alors une vie culturelle intense dans la communauté. Entre 1918 et 1920 Kremenets souffre de nombreuses attaques et pillages. En 1921, 6.619 Juifs vivent dans la ville.

Le 22 septembre 1939 les Soviétiques occupent la ville où arrivent de nombreux Juifs fuyant les Allemands en Pologne occidentale. Ils sont obligés de s'inscrire et de déclarer aux autorités s'ils ont l’intetion de prendre ou non la citoyenneté soviétique. Pour des raisons familiales, beaucoup déclarent qu’ils préfèrent retourner d’où ils viennent. Les Soviétiques exilent une partie des réfugiés à l’intérieur du pays, en même temps que les dirigeants de la communauté de la ville (dont beaucoup de sionistes) et interdisent toute activité culturele et religieuse juive. En 1941 la population juive de Kremenets est d’environ 15.000 personnes, dont plus de 4.000 réfugiés.

Quelques jours après le 22 juin 1941, les Allemands arrivent. Des centaines de jeunes Juifs parviennent à fuir avec l’armée rouge en retraite. Début juillet, les Ukrainiens, avec le soutien des Allemands, provoquent un monstrueux pogrom au cours duquel 800 hommes, femmes, et enfants sont massacrés. En août 1941 la Gestapo ordonne à tous les Juifs ayant poursuivit des hautes études de se rassembler. Une fois assemblés, ils sont emmenés et exécutés. La communauté est décapitée de tous ses leaders. Puis les Allemands incendient la synagogue et imposent aux Juifs la livraison de 11 kilos d’or. Ils établissent un Judenrat, dirigé par Benjamin Katz, mais il est rapidement assassiné car il refuse de collaborer avec le nazis. Le Judenrat est recomposé avec des membres beaucoup plus dociles.Fin janvier 1942 un ghetto est établi et le 1 mars il est clôturé. Les détenus souffrent de faim et surtout du manque d’eau. Le 10 août 1942, les Allemands lancent une «Aktion» qui va durer deux semaines, au cours desquelles les Juifs sont pris et le ghetto incendié pour débusquer ceux qui s’y cachent. Les Juifs sont emmenés au bord de fosses préalablement creusées à côté de la gare près d'un ancien camp militaire et exécutés. Environ 1.500 Juifs sont sélectionnés pour le travail et expédiés à Bialokrynica, où ils seront assassinés plus tard. Pour échapper aux nazis, le leader sioniste local Benjamin Landsberg se suicide.

Seuls 14 Juifs de la communauté de Kremenets ont survécu à la guerre.

76. Krosno

Ville du district de Rzeszow, au sud est de la Pologne Krosno est déjà peuplée de Juifs en 1434. En 1880 la communauté juive de Krosno est forte de 327 âmes (12% de la population totale), alors qu'il y a 4 612 Juifs dans tout le district ; en 1900 ils sont 961 (22%) dans la ville et 5.839 dans le district et 1.725 (27%) dans la ville et 4.861 dans le district en 1921. Les Juifs de Krosno travaillent principalement dans le petit commerce, le tissage, la confection et la cordonnerie. Ils sont souvent, entre les deux guerres, en butte à un antisémitisme local assez virulent.

Au moment du conflit mondial, les Juifs sont 2.500 à Krosno et 5.870 dans les petits villages voisins. En juillet 1942 tous les Juifs de Krosno et de sa région sont concentrés à Brzozow, Dukla, Jasienica, Korczyn, et Rymanow et là expulsé au camp de la mort de Belzec. Environ 800 Juifs, qui se sont cachés sont découverts et enfermés dans un ghetto créé à Krosno à partir d'août et jusqu’en décembre 1942. Le 2 décembre, ce ghetto est liquidé et ses détenus expulsés à Rzeszow.

77. Krynki

Ville du district de Bialystok, Krynki voit arriver les premiers Juifs pendant la première moitié du XVIIème siècle. Une charte royale de 1662 les autorise à ériger un synagogue, à posséder des bains rituels et un cimetière, et leur accorde de nombreux droits permettant de vivre et de travailler décemment: droit d'acheter les parcelles de terrain et des maisons, de labourer la terre, de posséder des auberges et de distiller de l'eau-de-vie… Il y a 1.846 Juifs dans la ville en 1847. En 1897 ils sont 3.542 (71% du total de la population). La communauté est bien organisée et plusieurs partis sont actifs à Krynki: le Bund (250 membres), les révolutionnaires socialistes, les anarchistes, les membres du Po'alei Zion (sionistes marxistes) et l'Agudat Israel. En 1921, la population juive de Krynki compte 3.495 membres (67% la population totale).

De 1939 à juin 1941, la ville est sous domination soviétique: la vie change considérablement ; les structures communautaires sont demembrées, le petit commerce sévèrement restreint, bien que les Juifs continuent à jouer un rôle prépondérant dans la tannerie qui fournit en cuir la totalité de la Biélorussie soviétique. Les réfugiés Juifs fuyant la Pologne occidentale occupée par les Allemands trouvent refuge dans la ville, mais le plus grand nombre d’entre eux plus d'eux est expulsé à l'intérieur de l’Union Soviétique en 1940.

Krynki est prise par les Allemands le 28 juin 1941 et le même jour environ 30 Juifs sont emmenés hors de la ville et exécutés. Le 1 juillet 1941 les synagogues sont incendiées avec tout leur mobilier et objets sacrés. Un ghetto est établi le 2 novembre ; les conditions y sont telles que maladie et famine prélèvent leur lot de victimes. Exactement une année après son établissement, le ghetto est liquidé. Certains des habitants sont tués sur place, et d'autres sont été transférés dans le ghetto de Grodno, d'où ils sont envoyés dans les camps de la mort. Un groupe de travailleurs est maintenu dans un camp de travail et sera déporté à Auschwitz en juin 1943.

78. Krzepice

Ville du district de Katowice, Krzepice abrite des Juifs dès 1633. En 1730 une synagogue est construite. Un quartier Juif séparé, Nowokrzepice (nouveau Krzepice), est fondé en 1795 et une synagogue y est construite. Entre 1823 et 1862 les autorités russes limitent l'immigration juive de l'intérieur du pays vers Krzepice puisque la ville est située sur la frontière prussienne. La communauté compte 322 membres (21% de la population totale) en 1808, 876 en 1827 et 1.057 (49%) en 1857. En 1921 les Juifs sont 1.722 (43%).

Krzepice est prise par les Allemands le 2 septembre 1939, et rapidement une amende («contribution») de 20.000 zlotys est imposée à la communauté juive ; la confiscation de la propriété juive commence immédiatement après. En mars 1940 la jeunesse juive est envoyée dans divers camps de travail obligatoire, et les déportations vers ces camps durent durant toute l’année 1941. En juin 1942 la grande majorité des Juifs sont déportés à Auschwitz. Certains tentent de s’échapper dans le ghetto de Czestochowa, censé plus sûr. Après la déportation de juin 1942, quelques familles d’artisans dont les Allemands ont besoin restent dans la ville ; elles seront plus tard transférées dans le ghetto de Sosnowiec.

79. Kutno

Kutno : le ghetto
Kutno : le ghetto
Ville du district de Lodz, Pologne Kutbno abrite des Juifs dès le début du XVè siècle. Après un incendie qui ravage toute la cité en 1753 les Juifs se réinstallent. Le nombre de Juifs à Kutno est de 928 en 1765, de 1.376 (70% de la population totale) en 1800, de 8.978 (63%) en 1908, mais tombe à 6.784 (42,4%) en 1921 et à 6.440 (27,5%) en 1931. Kutno est un centre d'étude célèbre de la Torah.

En 1939 Kutno a 6.700 habitants Juifs sur une population totale de 27.000 habitants. Les Allemands prennent Kutno le 15 septembre 1939. Après quelques jours, ils exécutent quelques Juifs importants de la ville et en envoient de nombreux autres dans les camps de travail forcé de Leczyca et de Piatek. La synagogue est incendiée et les biens des Juifs confisqués. Le chef du Gestapo se montre particulièrement zélé dans son travail de terreur: il bat sadiquement les femmes juives, emprisonne des membres du Judenrat, et extorque par chantage des biens de valeur. En février 1940 un groupe de «Volksdeutsche» arrive et prend possession d’environ 70 à 80% des propriétés immobilières juives.

Kutno : survivre..
Kutno : survivre..
En juin 1940 les Juifs sont transférés dans le ghetto créé sur l'emplacement d'une raffinerie de sucre détruite. Environ 7.000 personnes s’entassent dans ce minuscule secteur, sans électricité, avec uniquement trois toilettes et une pompe d'eau. La fièvre typhoïde éclate rapidement et tue 280 personnes. Le seul secours médical est d'abord fourni par un docteur polonais, qui ne réside pas dans le ghetto et ne dispose d’aucun aucun médicament. Le Judenrat parvient après quelques semaines à faire venir deux médecins Juifs d'autres localités et à enrayer l’épidémie. Les gardes eux-mêmes se mobilisent pour faire face… Au cours du second semestre de 1941 la situation se déteriore: comme les épidémies continuent à sévir et à croître, le ghetto est totalement isolé. En dépit de la gravité de la situation, le Judenrat fait néanmoins courageusement face avec les moyens du bord: il prend soin des Juifs d’autres localités, monte une cantine populaire et parvient même à pourvoir à l’éducation des enfants…

Fin mars 1942 la population juive entière est envoyée au camp de la mort de Chelmno.

80. Kuty

Kuty est une ville dans la voïvodie d'Ivano - Frankovsk, en Ukraine (Stanislawow) et appartenait à la Pologne. Au XVIIè, le Gouverneur de Kiev Jozef Potocki accorde au Juifs le privilège d’y construire une synagogue et leur accorde une juridiction spéciale. La population juive s’y développe rapidement et est forte de 947 membres de plus d’un an en 1765. Elle compte 2.966 âmes (47% de la population totale) en 1880, 3.197 en 1900, et 2.605 (47,5%) en 1921. Le judaïsme hassidique y est prépondérant.

Entre septembre 1939 et juin 1941 Kuty est sous domination de l’Union Soviétique. Les établissements de la communauté juive sont fermés et toute activité politique indépendante interdite. Le réseau d'éducation est supprimé et les Sionistes actifs sont arrêtés

Les forces Roumaines et Hongroises pénètrent dans la ville début juillet 1941. Les troupes hongroises séjournent dans la ville les deux mois suivants. Fin août 1941 les Juifs expulsés des territoires nouvellement annexés par la Hongrie et qui ne sont pas citoyens hongrois arrivent àKuty. La communauté juive locale les intègre. Les Allemands arrivent. Un Judenrat est installé, dirigé par Menashe Mandel, mais quand il refuse de se soumettre aux ordres allemands il est remplacé par Zygmund Tilinger, plus docile, et le Judenrat est soumis à l’autorité de celui de Kolomyja. Avec le début de l’extermination des communautés juives des environs, les Juifs de Kuty commencent à préparer des plans de fuite et à aménager des caches dans le ghetto. Quelques groupes tentent de se sauver en Roumanie mais sont pris et tués par des paysans ukrainiens.

Le 10 avril 1942, les Allemands passent à l’action: ils incendient le ghetto pour chasser les Juifs de leurs caches, Environ 950 Juifs sont été tués dans cette attaque. Le 24 avril les Juifs qui ne possèdent pas de certificat de travail ont ordre de se rassembler sur la grand’ place. Ils sont évacués à pied sur le ghetto de Kolomyya. Bon nombre d'entre eux meurent durant la marche. Le 7 septembre, au cours d’une deuxième incursion dans le ghetto, les Allemands prennent plus de 800 personnes qu’ils expédient à Kolomyja. Ils laissent 18 artisans a Kuty, mais en exécutent 16 deux mois plus tard, les deux autres ayant réussi à s’échapper. Les Juifs de Kuty envoyés à Kolomyja sont envoyés à Belzec, sauf un petit groupe de jeunes qui est envoyé au camp de rue de Janowska à Lvov.

81. Lachva

La ville de Lachva en 1926..
La ville de Lachva en 1926..
Lachwa est unes ville de Biélorussie appartenant à la Pologne entre 1918 et 1939. À la fin de la première guerre mondiale, les Juifs sont environ 3.400 dans la ville et en constituent le tiers de la population. La ville passe à l’Union Soviétique en 1939, et les Allemands la prennent début juillet 1941. Il y a lors 2.300 Juifs dans la ville. Ils instituent immédiatement un Judenrat, dirigé par Dov Lopatyn. Un ghetto est établi le 1 avril 1942: il compte quarante - cinq maisons. Le mouvement sioniste de la jeunesse de Lachva créé un mouvement de résistance dont le chef est Itzhak Rochczyn: il créé des liens avec le Judenrat et la police juive dans le but d’obtenir des armes pour une résistance armée.

Deux événements servent d'avertissement quant au sort que les Allemands préparent aux Juifs: le meurtre par les Allemands de sept filles juives qui errent dans les villages alentour à la recherche de nourriture pour leurs familles dans le ghetto, et un rapport sur le massacre des Juifs du village voisin de Mikashevichi.

Le 2 septembre 1942, Rochczyn et Lopatyn apprennent que des fosses ont été creusées à proximité de la ville. Dans l’après midi, le ghetto est cerné par 150 Allemands et de 200 policiers locaux, préalablement abreuvés d’alcool. La résistance décide d’attaquer de nuit la police gardant la barrière de ghetto pour créer une telle confusion que les habitants du ghetto pourraient fuir dans les forêts avoisinantes. Mais l’attaque est remise au lendemain matin.

La ville de Lachva..
La ville de Lachva..
A 9 heures, le commandant allemand arrive et annonce à Lopatyn qu'il va liquider le ghetto, mais que trente personnes, des artisans spécialisés, seraient gardés ; le chef du Judenrat répond: «Ou bien nous restons tous vivants ou bien nous périssons tous.» Au signal, les résistants attaquent la barrière de ghetto et y ouvrent une brèche. Lopatyn met le feu à une maison pour faire diversion ; Rochczyn abat un Allemand d’un coup de hache, mais est lui-même tué au moment de sauter dans le fleuve pour s’échapper à la nage. Les autres résistants se battent à la hache ou à mains nues. Beaucoup sont tués et les blessés achevés. Lopatyn est blessé aux deux mains. Les Juifs qui fuient par la barrière de ghetto essuient le feu des Allemands et beaucoup sont tués. Mais environ 1.000 réussissent à s’échapper et 600 d’entre eux atteignent les marais du Pripet. Environ 500 personnes, femmes et personnes âgées, sont prises et amenées aux fosses où elles sont exécutées. Beaucoup d’évadés sont trahis par les habitants des environs, et seulement 120 parviennent à atteindre la forêt. Un groupe de 25 évadés, avec deux fusils, sont intégrés dans une unité partisane soviétique. Lopatyn rejoint l'unité partisane «Stalin». Il sautera sur une mine le 21 février 1944. En juillet de cette année, Lachva est libérée par l'armée rouge.

Seules quelques douzaines de Juifs ont survécu

82. Lancut

Lancut est une ville de la voïvodie de Rzeszow, au sud est de la Pologne, proche de Przemysl. La première mention concernant des Juifs dans Lancut remonte à 1563. Pendant l'invasion des Tatars en 1624 beaucoup de Juifs sont capturés. Puis lorsque les forces de prince Rakoczy de Transylvanie attaquent la ville en 1657 la communauté juive participe activement à la défense de la ville. Au début du XVIIè siècle il y a une communauté juive très organisée avec une synagogue (en bois) et un cimetière. En 1726 une magnifique synagogue baroque remplace l’ancienne détruite par un incendie. En 1765 il y a 829 Juifs dans la ville et les environs. Au XIXè la communauté prospère, grâce particulièrement au chemin de fer. En 1900, les Juifs sont 1.940 à Lancut (40% de la population totale). À la fin de la première guerre mondiale, lorsque la ville passe à la Pologne, la communauté juive s’organise en autodéfense contre les pilleurs. En 1921 il y a 1.925 Juifs à Lancut, et 2.753 de 1939. Divers mouvements sionistes sont très actifs entre les deux guerres. La communauté, très vivante, possède plusieurs écoles et des sociétés de diverses tendances, qui ont fort à faire contre un regain d’antisémitisme dans les années 1930, très actif contre les petits commerçants et artisans.

La ville est prise par les Allemands le 9 septembre 1939, et rapidement des Juifs sont pris pour le travail obligatoire. La synagogue est incendiée et le 22 septembre 1939, la plupart des Juifs sont expulsés de l’autre côté du fleuve San, en Pologne contrôlée désormais par l’Union Soviétique. D'autres Juifs sont dispersés dans tout le territoire occupé par les Allemands. Fin 1939 quelques anciens Juifs de Lancut reviennent dans la ville, principalement des territoires polonais annexés au Reich.

A la même période, un ghetto et un Judenrat sont établis, dirigés par Marcus Pohorille. Début 1940 il y a environ 900 Juifs dans le ghetto, et vers la fin de l’année, 1.300 avec l'arrivée des réfugiés expulsés de Cracovie. Les habitants de ghetto travaillent à l’assainissement du fleuve Sawa. Après le début de l’opération Barbarossa (22 juin 1941) beaucoup de Juifs qui s’étaient sauvés en Union Soviétique ou qui avaient été expulsés par les Allemands en septembre 1939 tentent de retourner à Lancut pour rejoindre leurs familles ; en novembre 1941, un certain nombre d’entre eux sont arrêtés et mis à mort. Le 1 août 1942, les Juifs «aptes au travail» de Lancut sont déportés à Pelkinia, une ville située à 14 kilomèttres, près de Jaroslaw. (14 kilomètres.) de la région de Jaroslaw. Les personnes âgées, les malades et les enfants sont exécutés dans le camp ou dans la forêt de Nechezioli, à environ 5 kilomètres de la ville.

En septembre 1942 il reste 50 Juifs à Lancut. Le 17, ils sont déportés dans le ghetto de Szeniawa, où tous les Juifs rescapés de la région sont concentrés. En mai 1943 le ghetto de Szeniawa est liquidé et ses détenus assassinés dans le cimetière local.

En 1957 un des principaux nazis responsables du meurtre des Juifs de Lancut, Joseph Kokut, est arrêté en Tchécoslovaquie et extradé en Pologne. Il est condamné à mort et a exécuté la même année.

83. Leczna

Leczna est une ville de la province de Lubin, où les Juifs sont mentionnés en 1501. La communauté compte 1.506 membres (60% de la population totale) en 1827, 1.679 (64%) en 1857, 2.446 (65%) en 1897 et 2.019 (63%) en 1921.

En 1939, il y a 2.300 Juifs à Leczna. La communauté juive de Leczna est»liquidée» en deux grandes «Aktionen»: le 23 octobre 1942 et le 11 novembre 1942. Les Juifs sont pour la plupart envoyés à Sobibor. Seuls 330 Juifs sont laissés dans un le camp de travail, qui est liquidé le 29 avril 1943: les détenus sont envoyés pour partie à Sobibor, pour partie ou au camp de Trawniki.

Après la guerre, la communauté juive de Leczna n'a pas été reconstituée.

84. Leczyca

Leczyca est une ville dans la voïvodie de Lodz, en Pologne centrale. Les Juifs y forment des 1453 une des plus anciennes communautés de Pologne. En 1569 la ville compte 19 maisons juives et les listes d'impôts mentionnent 115 Juifs. En 1639 éclate une grave affaire de meurtre rituel: le corps mutilé d'un garçon est découvert et 20 Juifs sont accusés, condamnés à mort par le tribunal royal de Lublin et exécutés. En 1652, le roi Jean Casimir permet aux Juifs de reconstruire leurs maisons et la synagogue. Le 4 octobre 1656, durant la guerre de Suède, la population juive de la ville est massacrée par les troupe polonaises: on estime le nombre de morts entre 1.700 et 3.000… En 1665, il n’y a plus que 5 maisons juives dans la ville…

La population juive augmente à nouveau début XVIIè et selon le recensement de 1765, il y 607 Juifs dans la ville et dans les 83 villages de la province. De 999 (49% de la population totale) en 1808, la population juive passe à 1.797 (45%) en 1827, à 2.286 en 1857, à 3.444 en 1897 malgré un important mouvement migratoire vers Lodz, et 4 4.051 (40% de la population) en 1921.

Lorsque la Wehrmacht entre dans la ville le 7 septembre 1939, il y a environ 4.300 Juifs à Leczyca. Immédiatement les Allemands s’emparent des élites juive et catholique et les enferment, la première dans le synagogue, la seconde dans l’église. Ces otages sont forcés de travailler aux fortifications. Les Allemands se retirent temporairement après une contre attaque polonaise, mais reviennent rapidement. La veille du jour du «Grand Pardon», les Nazis prennent 50 otages Juifs, dont le rabbin et les chefs de la communauté, ainsi que 100 otages catholiques en garantie de la sécurité des soldats allemands établis dans la ville. Tous les otages sont libérés plus tard excepté le rabbin et plusieurs dignitaires pour la libération desquels le Judenrat, à peine constitué, doit payer 1.000.000 de zlotys. Une partie de cette rançon a dû être «récoltée» par le Judenrat avec l'aide «musclée» de la police.

En décembre 1939 des familles juives sont expulsées des rues et des bâtiments situés près du marché et sont isolées dans un ghetto bien trop petit. Pour les humilier encore plus, les Allemands forcent les Juifs à détruire leur propre cimetière et à mettre le feu à leur synagogue. Le Judenrat est ensuite obligé de signer une déclaration proclamant que cet «incendie criminel» a été commis par les Juifs ; aussitôt une lourde amende est imposée à la communauté.

En janvier 1941 tous les Juifs sont convoqués sur la place du marché avec leurs ustensiles de cuisine et de la literie. Environ 600 personnes sont sélectionnés et envoyées à Poddebice. Un second groupe de 450 personnes est envoyé à Grabow. Le quartier Juif est ensuite entouré de barbelés et, en raison de la famine et du manque de chauffage, des épidémies éclatent. La liquidation finale du ghetto a lieu les 10 et 11 avril 1942: les 1.750 Juifs restants sont envoyés au camp de la mort de Chelmno.

85. Leszno

Leszno est une ville de l’ouest de la Pologne à mi distance de Poznan et de Wroclaw. Il y a des Juifs dans la ville en 1534. En 1580 ils reçoivent leur première charte. Une synagogue est construite en 1685. La communauté est très active dans le commerce (40 des 53 négociants en 1793 sont Juifs) et la confection textile. En 1706-1707 la communauté souffre des exactions de troupes russes, et en 1709 les Juifs sont désignés responsables de la peste qui sévit dans la ville. En 1767 un incendie détruit le quartier Juif et 20 personnes y trouvent la mort. Un second incendie en 1790 détruit 196 des 481 maisons juives, la nouvelle synagogue et l’école midrashique. La population juive de Leszno compte 4.989 personnes en 1765. Après le partage de la Pologne et l'annexion prussienne de la ville en 1793, la communauté diminue. De 3.960 en 1833 elle passe à 2.578 en 1858, à 1.206 en 1895, à 804 en 1913, et à 322 en 1921.

Sous l’occupation allemande, Leszno relève du du Regierungsbezirk Posen (Wartheland). Aucun ghetto n'est créé dans la ville, mais un Judenrat fonctionne. Les Juifs sont mobilisés quotidiennement pour travailler pour les Allemands. La synagogue est transformée en entrepôt. En décembre 1940, 300 Juifs sont expulsés à Grodzisk Mazowiecki dans le Gouvernement Général et en février 1941, de cette ville au ghetto de Varsovie. A Leszno même un camp de travail Juif fonctionne d'avril 1941 à août 1943, avec environ 250 détenus.

86. Lezajsk

Lezajsk est une ville de la voïvodie de Rzeszow, au sud-est de la Pologne. Les Juifs de Lezajsk sont mentionnés en 1538. Au milieu du XVIIème siècle la communauté possède une synagogue en bois et un cimetière. Au XVIIIè Lezajsk devient un important centre hassidique en Pologne et en Galicie. La population juive est de 1.868 personnes en 1880, 1.494 (28% de la population) en 1900, 1.705 (32%) en 1910, et 1.575 (31%) en 1921. Entre les deux guerres, les mouvements de la jeunesse sioniste sont très actifs dans la ville

Lorsque commence la guerre, la population juive de la ville est de 3.000 personnes. Dès avant l’arrivée des Allemands, les Juifs subissent les attaques et les pillages de leurs compatriotes polonais et doivent s’organiser en autodéfense. Les Allemands entrent à Lezajsk la veille de Rosh hashana (septembre 1939), incendient les synagogues et brûlent les livres sacrés sur la place de ville. La veille de Sukkot, soit le 27 septembre, les Juifs sont expulsés par les Allemands dans le secteur désormais sous contrôle soviétique, de l'autre côté du fleuve San. Une partie de la communauté reste dans la ville et s’y cache: ces Juifs sont peu à peu découverts et concentrés dans un ghetto: ils seront mis dans des camps de travail ou envoyés dans les camps de la mort. Ceux qui sont expulsés en zone soviétique sont soumis à des conditions de vie très difficile, et en été 1940 sont déportés à l’intérieur de l’Union Soviétique. Le vieux cimetière Juif est détruit par les nazis et transformé en un parc public. Seule la tombe du zaddik Elimelech est restée.

Une centaine de Juifs, revenus pour la plupart d’URSS, ont survécu.

87. Lida

Ville de la voïvodie de Novogrudok, à l’ouest de la Biélorussie, Lida fait partie de la Pologne indépendante entre les deux guerres, et en septembre 1939 est attribuée par le pacte germano-soviétiques à l’Union soviétique. Les Juifs vivent dans la ville depuis le quinzième siècle. La veille de l'invasion allemande en 1941, la population juive de Lida compte 9.000 membres.

La Wehrmacht occupe Lida le 30 juin 1941 après de sévères bombardements qui tuent 2.000 habitants (dont 500 Juifs). L’Einsatzgruppe B arrive immédiatement sur les talons de l’armée. Environ 3.000 Juifs des villes environnantes, en plus des réfugiés de Vilna, sont rapidement rassemblés à Lida. Le 8 juillet, 80 intellectuels Juifs sont mis à mort. Un ghetto est créé, comportant quatre quartiers séparés. Les aptes au travail sont employés dans divers camps de travail obligatoire: ils sont principalement chargés de l’entretien de la ville. En mars 1942, le Président du Judenrat, Kalman Lichtman, aide environ 1.000 réfugiés de Vilna à obtenir des cartes d'identité, mais il est dénoncé, torturé et exécuté avec sept autres membres du Judenrat.

Le 8 mai 1942 à lieu une première «Aktion»: les Allemands et les policiers auxiliaires polonais et biélorusses cernent le ghetto. Après une sélection, 5.670 Juifs sont emmenés, avec les Juifs du ghetto de Bielice, sur un terrain militaire de tir et exécutés par petits groupes dans des fosses creusées à l’avance. Les enfants sont séparés de leurs parents, jetés dans une fosse et tués à la grenade. Une seule personne réussit à survivre au massacre. Cachée sous une couche de corps, elle parvient à s’extraire du charnier, à revenir informer le ghetto puis à rejoindre les unités partisanes du secteur.

Après le massacre, les Allemands rassemblent dans un seul ghetto les 3.500 survivants des ghettos de Voronovo, Biniakon et Solechniki de la ville de Lida ainsi que les Juifs venus d’Iwje, Woronowa, Radun, Zholudek et d’autres villages. Le 8 juillet, ils exécutent tout le personnel de l’hôpital psychiatrique de la ville, soit 120 personnes. Parmi les survivant mûrit l’idée d’une révolte armée et d’une fuite collective. Des armes sont amenées dans le ghetto et dans certains ateliers les Juifs fabriquent des armes. De nombreux Juifs s’échappent dans les forêts voisines où ils rejoignent le groupe de Barukh Levin, aidés par Lazar Stolitski, le chef de la police juive de Lida. Ils vont former des groupes de résistance dans les forêts de Naliboki, Lipiczany, et Nacha.

Le 17 septembre 1943, un groupe de partisans Juifs entre dans le ghetto pour aider quelques Juifs à fuir dans la forêt. Malheureusement pour eux, il tombent en pleine liquidation du ghetto et sont pris. Le lendemain, tous les Juifs sont rassemblés et les Allemands leur apprennent qu’il vont être dirigés sur les camps de travail de Lublin. En fait, ils sont envoyés à Majdanek pour y être exterminés. Quelques uns parviennent à s'échapper à la dernière minute.

En tout, environ 500 Juifs ont réussi à s’échapper du ghetto de Lida. 300 se sont engagés dans diverses unités partisanes, et une centaine ont réussi à survivre à la guerre.

88. Lipno

Ville du district de Bydgoszcz, en Pologne centrale, au sud-est de Torun, Lipno voit des Juifs s’installer en 1677. En 1808 il y a 777 Juifs (85% de la population totale) dans la ville. Entre 1824 et 1864 les Juifs sont obligés de résider dans un quartier séparé par les autorités. La population juive grimpe jusqu’à 1.558 personnes (40%) en 1857, 2.079 (36%) en 1897 et 2.443 (29%) en 1921. Dans dles villages environnants, vivent à cette date 4.795 Juifs.

Quant la guerre éclate, de nombreux Juifs s’enfuient vers l’est et lorsque la ville est prise par les Allemands, il y reste 1.300 Juifs. Le 26 octobre 1939, Lipno est intégrée au Reichsgau Danzig – Westpreussen. En conséquence, tous les Juifs restant dans la ville sont déportés dans le Gouvernement Général. 300 d’entre eux se retrouvent dans le ghetto de Varsovie. Vers la fin décembre 1939, la ville est déclarée «Judenrein».

89. Lomza

Lomza : le mémorial du ghetto
Lomza : le mémorial du ghetto
Ville du nord-est de la Pologne, à l’ouest de Bialystok, Lomza bannit ses habitants Juifs en 1556 et ne leur permet de revenir qu’en 1815. En 1826 ils sont 737, 2.574 en 1852, 9.244 (54% de la population totale) en 1897, et 11.088 en 1915 (dont 1.500 réfugiés des villes environnantes). Puis la population juive décroît, passant à 8.912 personnes (56% de la population) en 1931. Entre les deux guerres mondiales, les Juifs jouent un rôle important dans l'administration municipale, possédant ragulièrement la moitié des sièges au conseil municipal. Ils jouent aussi un rôle économique non mégligeable: en 1921 il y a 498 entreprises juives à Lomza, dont 295 avec des salariés. Mais en raison de la crise économique et du boycott des magasins et entreprises juives imposé par les syndicats, de nombreux Juifs émigrent dans les années 1930. De nombreuses écoles et établissements Juifs ferment… des dissenssions internes n’arrangent rien et le gouvernement est obligé début 1939 de nommer un administrateurs des établissements collectifs de la communauté.

Lorsqu’éclate la guerre mondiale il y a environ 11.000 Juifs à Lomza. En septembre 1939 l'armée rouge entre dans la ville qu’elle tient jusqu’en juin 1941 en vertu des accords germano-soviétiques. Les Allemands occupent la ville le 24 juin 1941 et incendient la synagogue. Le 4 juillet 1941, les Juifs sont obligés de porter l’étoile jaune. Peu après, les plus belles maisons juives sont réquisitionnées, les familles expulsées, et les officiers allemands emménagent… De nombreux Juifs sont embarqués par groupes de 50 sur des camions, conduits hors de la ville et exécutés dans la forêt de Galczyn loin des regards indiscrets. Dans la ville elle-même, les Allemands humilient des Juifs dans les rues, coupent les barbes, arrêtent des Juifs sur des listes préparées (particulièrement les membres de l'intelligentsia et les personnes accusés de communisme). De nombreux informateurs polonais aident les occupants…

Mi-juillet 1941 les Allemands nomment un Judenrat ; son Président est Mendel Mushinski, et son adjoint Mendel Kolinski. Une police juive est créée. Solomon Herbert, réfugié Juif allemand, en devient le chef. Le Judenrat, doit verser aux Allemands un impôt équivalent à 25 kilos d’or, sous peine de voir les Allemands liquider tout un quartier Juif… Le 12 août 1941 tous les Juifs entrent dans le ghetto, établi dans le secteur du vieux marché (Stary Rynek) et ses rues environnantes. L’opération se fait en un jour, sous les coups des policiers, et le nombre de victimes grimpe en flèche. Dans un espace minuscule sont entassée entre 10.000 et 18.000 personnes. Chiffre approximatif car aux Juifs de la ville même se joignent ceux des villages environnants: Jedwabne, Stawiski, Piatnica, Lomzica, Wizna, Rotki, et d'autres encore. Le 16 août tous les détenus du ghetto sont rassemblés place du marché vert, près du vieux cimetière Juif, pour être identifiés et classés. Le président du Judenrat lit une liste et à leur nom, plus de 200 Juifs font un pas en avant. Ils sont soupçonnés de communisme. Ils sont aussitôt emmenés dans la forêt de Galczyn et exécutés. Les Juifs «aptes» au travail reçoivent ensuite une carte de travail. Quelques semaines plus tard, les Juifs de Piatnica et de Lomzica sont amenés dans le ghetto. Le ghetto est tellement petit que les conditions sont invivables. Le président du Judenrat demandent aux Allemands une extension du ghetto. Les nazis accèdent à la demande, sous condition du règlement d’une amende d’un demi million de zlotys…

Lomza : la vieille synagogue détruite en septembre 1941
Lomza : la vieille synagogue détruite en septembre 1941
Le 17 septembre à lieu la première grande «Aktion»: les Juifs sont rassemblés et les Allemands sélectionnent des Juifs qui n’ont pas de carte de travail. 3.000 Juifs sont emmenés à la forêt de Galczyn et assassinés. C’est ainsi que les Allemands règlent le problmème de la surpopulation du ghetto… Après cette «Aktion», le ghetto est entouré de barbelés. L’entrée et la sortie sont strictement réglementées. Seuls en sortent ceux qui travaillent. Le Judenrat organise l’aide et le secours populaire, distribue environ mille repas par jour aux pauvres, créé un orphelinat, une maison pour les personnes âgées et un hôpital dans le ghetto. Malgré tous, les conditions de vie sont si aléatoire qu’éclatent rapidement maladies et épidémies comme la dysenterie et le typhus (hiver 1941).

En même temps, les allemands installent dans le ghetto des usines produisant munitions, savon, cuir, bottes, et graisse. Hors du ghetto, des Juifs travaillent à Ostroleka et Rotki à la réfection de routes et aux travaux publics (environ 300 pour chacune des deux brigades). Sans compter les usines, il y a également des ateliers installés sur l'initiative du Judenrat et contrôlés par les artisans parmi les détenus de ghetto. Ils produisent pour les Allemands de Lomza des chaussures, des vêtements, des fourrures, etc...

Le ghetto de Lomza a existé jusqu’au 1 novembre 1942. A cette date, des milliers de Juifs ont déjà péri de malnutrition et de maladie, et d’autres ont été assassinés ou enterré vivants dans les fosses dans la forêt de Galczyn. Dans la nuit du 1 novembre le ghetto est cerné par la gendarmerie allemande. À six heures du matin suivant le Judenrat reçoit l’ordre de faire évacuer le ghetto par ses résidants dans un délai de quatre heures. Chaque personne est autorisée de prendre avec elle vingt kilos d'affaires. La plupart d'entre elles, soit 8 à 10.000 personnes, sont emmenées dans les baraques du camp de transit de Zambrow, et quelques autres groupes dans les camps de Kielbashin et de Wolkowisk ou dans les casernes de l’ancien 2è bataillon de cavalerie polonaise à Bialystok. Quelques uns réussissent à s'échapper pendant la liquidation du ghetto et trouvent refuge dans des familles catholiques polonaises. De Zambrow, 8.000 Juifs de Lomza sont déportés entre le 14 et le 18 janvier 1943 à Auschwitz.

Après la guerre, la communauté juive de Lomza n'a pas été reconstituée.

90. Losice

Ville dans la province de Lubin, Losice voit les premiers Juifs arriver à la fin du XVIIè siècle. La communauté compte 654 personnes (42% de la population totale) en 1827 et 917 (54%) en 1857. Puis leur nombre diminue considérablement, pour repartir en raison de l’expansion locale des marchés aux chevaux dans lesquels les Juifs se sont spécialisés: 2.396 (71%) en 1897 et 2.708 (70%) en 1921. En 1939, il y a environ 2.900 Juifs à Losice.

La communauté est liquidée le 22 août 1942: tous les Juifs de Losice sont envoyés et gazés à Treblinka.

91. Lowicz

Lowicz est une ville dans la province de Lodz, en Pologne centrale. Les Juifs y arrivent au début du XVIè siècle. Mais ils en sont chassés par l’archevêque de la ville en 1516 et jusqu’en 1797 leur présence n’est autorisée que les jours de marché et pendant les foires. Au début du XIXè siècle la population juive de la ville augmente rapidement. Les 60 Juifs qui habitent Lowicz en 1808 travaillent comme aubergistes et artisans. En 1827 la communauté juive de Lowicz compte 405 habitants. En 1857 ils sont 1.161 de 1857 mais 3.552 en 1897 (35% de la population totale). Sous l'influence du Bund, les ouvriers et les étudiants Juifs participent aux évènements révolutionnaires qui ont eu lieu à Lowicz en 1905. La ville souffre durant la première guerre mondiale. En 1921 il y a 4.517 Juifs (30% de la population totale) à Lowicz. En 1933 il y a de violentes émeutes antijuives dans la ville et les Juifs sont obligés de s’organiser en milices d’autodéfense.

L'armée allemande entre dans la ville le 9 septembre 1939. Il y a alors 4.500 habitants Juifs. Ce jour du 9 septembre tous les hommes sont obligés de se rassembler place du marché. Ils sont emprisonnés dans la synagogue et battus durant deux jours. Durant l’année 1940 environ 3.500 Juifs des villes de la province de Lodz sont déportés à Lowicz, où un ghetto est établi en mai.

Le 17 juin 1941, tous les Juifs de la ville et de la région sont transférés dans le ghetto de Varsovie où ils vont partager le sort des autres habitants du ghetto.

92. Lubaczow

Lubaczow est une ville de la province de Rzeszow, au sud-est de la Pologne. Des Juifs y sont mentionnés dès 1498. Mais en 1662 il n'y a plus aucun Juif. Ils reviennent au début du XVIIIè et en 1880 la communauté compte 1.503 membres (34% de la population totale), puis 1.911 en 1900, 2.171 en 1910, et 1.715 (32%) en 1921. À cette date Lubaczow compte 106 entreprises juives, dont 33 rémunèrent des salariés.

Quant arrive la Wehrmacht, 2.300 Juifs habitent Lubaczow. La plupart d'entre eux sont déportés en automne 1942 au camp de la mort de Belzec. Ceux qui restent sont exterminés le 6 janvier 1943.

Après la guerre, la communauté juive de Lubaczow n'a pas été reconstituée.

93. Lubartow

Ville du district de Lubin, Lubartow compte une forte communauté juive au XVIIIè, possédant 2 synagogue et une mikveh (bain rituel) ; La communauté compte 2.074 (58% de la population totale) en 1827, 1.820 (56%) en 1857, 2.623 (53%) en 1897 et 3.269 (54%) en 1921. Cette année, il y a 176 entreprises juives dans la ville, dontla moitié d'eux emploient des ouvriers salariés.

Quand les Allemands entrent dans la ville, celle-ci compte 3.500 habitants Juifs. En novembre 1939 plus de 2.500 Juifs sont «déménagés» à Parczew et Ostrow pour y travailler. Ils reviennent l’année suivante. En mai 1942 environ 1.000 Juifs de Slovaquie sont expulsés à Lubartow.

Le 11 octobre 1942 à lieu la grande «Aktion»: tous les Juifs de Lubartow sont envoyés dans les camps de Sobibor et de Belzec. Quelques Juifs s’échappent et rejoignent les unités partisanes en activité dans la région sous le commandement de Samuel Jegier et Mietek Gruber.

94. Lubraniec

Lubraniec est une petite ville du district de Bydgoszcz, en Pologne centrale. Une communauté juive y est fondée dans la première moitié du XVIIè siècle. La population juive compte 241 membres en 1765, 475 (47% de la population totale) en 1808, 1.148 (60%) en 1827, 987 en 1857, 816 (39%) en 1897 et 834 (38%) en 1921. La communauté juive, 880 personnes en 1939, est liquidée au printemps 1942: les Juifs sont envoyés au camp de la mort de Chelmno.

95. Lukow

Lukow : mémorial
Lukow : mémorial
Ville du district de Lubin, Lukow est dès le XVè une importante ville juive avec une organisation autonome développée. Elle souffre terriblement lors des massacres de Chmielnicki (1648 - 1649) et la nouvelle synagogue est incendiée. En1659 un privilège royal confirme les Juifs dans leurs anciens droits (acquisition de terres et de maisons, droit de commerce et d’artisanat, droit de construction d’une synagogue et d’une cimetière…) Avec le progrès des activités économiques dans la ville pendant la deuxième moitié du XVIIIè siècle la population juive augmente considérablement. La population juive compte 2.023 (60% de la population totale) en 1827, 2.114 en 1857 et 4.799 (55%) en 1897. En 1921, les Juifs sont 6.145, possédant 348 entreprises. Des 24 membres du conseil municipal, dix sont Juifs.

Lukow : rue du ghetto
Lukow : rue du ghetto
Environ 6.000 Juifs habitent Lukow au début de la seconde guerre mondiale. En mai 1942 plus de 2.000 Juifs de Slovaquie arrivent à Lukow: début octobre 1942 ils sont envoyés, ainsi que plus de 2.000 Juifs de Lukow, au camp de la mort de Treblinka et exterminés. Les 7 novembre suivent 3.000 autres Juifs. Début décembre 1942 un ghetto fermé est établi. Le 2 mai 1943, le ghetto est liquidé: entre 4.000 et 7.000 Juifs sont envoyés au camp de Treblinka et y sont gazés.

96. Lutomiersk

Lutomiersk : la magnifique synagogue en bois
Lutomiersk : la magnifique synagogue en bois
Lutomiersk est une banlieue de Lodz, qui autrefois était une ville. Les Juifs sont mentionnés dans la cité à la fin du XVIIè siècle, et une communauté organisée y existe au XVIIIè siècle. En 1765, il y a 404 Juifs dans la ville et 41 dans huit villages environnants. La synagogue en bois, construite au XVIIIè siècle par Hillel Benjamin de Lask, a brûlé au cours de la première guerre mondiale (1915). La communauté juive compte 657 âmes (53% de la population totale) en 1808 et 1.102 en 1827. En 1857, suite au départ de nombreuses personnes à Lodz, ils ne sont plus que 999 (46%). En 1921, ils sont 775.

Lorsqu’éclate la seconde guerre mondiale, il y a environ 2.000 Juifs à Lutomiersk. 1.300 d’entre eux s’enfuient, et à l’arrivée de la Wehrmacht, il n’en reste que 750 dans la cité. Immédiatement, les Allemands exercent la terreur sur la population juive: des Juifs sont enlevés dans les rues le travail forcés ; à d’autres on coupe la barbe en public ; de nombreuses maisons sont réquisitionnées et leurs propriétaires jetés dans la rue. En été 1940 un ghetto ouvert est créé, mais une année plus tard ils est fermé et ceint de barbelés. Des groupes de Juifs sont quotidiennement menés hors du ghetto pour travailler à l’extérieur. À la fin de 1941, les Allemands montent un atelier pour 20 tailleurs Juifs, qui travaillent pour eux et touchent un salaire de misère.

Le ghetto de Lutomiersk est liquidé à la fin du mois de juillet 1942: les Juifs survivants sont expédiés au camp de la mort de Chelmno.

97. Lutzk (Luck)

Ville d’Ukraine, Lutzk est une des plus anciennes cités de la région. Entre les deux guerres mondiales, Lutsk est la capitale de la Volhynie en Pologne indépendante ; en septembre 1939 la ville est occupée par l'armée rouge et annexé avec toute la Pologne orientale par l’URSS. L’implantation de la communauté juive dans la ville date de la fin du XIVè siècle. La veille de la guerre mondiale, 18.000 Juifs vivent dans la ville sur environ 40.000 habitants que compte la cité. De septembre 1939 à juin 1941, les Soviétiques nationalisent l'économie et liquident les établissements et organismes Juifs.

Dès le premier jour de Barbarossa, le 22 juin 1941, Lutsk est sévèrement bombardée par la Luftwaffe: 60% des bâtiments sont détruits et beaucoup de citoyens tués, dont un grand nombre de Juifs. Les Allemands entrent dans la ville le 25 juin. Le jour suivant, les Ukrainiens s’attaquent à la communauté juive: pendant le pogrom les Juifs sont humiliés, battus, volés et plusieurs sont massacrés. Le 27 juin arrive l'Einsatzkommando. Il trouve dans les prisons de nombreux cadavres de prisonniers et d’Ukrainiens exécutés par les Soviétiques avant leur retraite. Le gouvernement militaire allemand et les chefs de la communauté ukrainienne nationaliste accusent les Juifs de ces meurtres. En représailles, ils saisissent 300 Juifs, qu'ils exécutent le 30 juin. Le 2 juillet, les hommes Juifs entre seize et de soixante ans sont convoqués pour le travail forcé. 2.000 d’entre eux sont emmenés dans les ruines de la forteresse de Lubart et y sont assassinés, avec la participation de la Wehrmacht. Puis les Allemands nomment les douze membres du Judenrat, composé principalement d'anciens ouvriers communaux. Objets de valeur, récepteurs de radio, et autres articles sont confisqués, et les Juifs doivent payer une amende en or, argent et marchandises de valeur.

Le 19 octobre, les SS créent un camp de travail à Lutsk où cinq cents hommes sont emprisonnés. Les 11 et 12 décembre les Juifs sont enfermés dans un ghetto érigé dans la partie la plus misérable de la ville, sans aucune infrastructure et totalement surpeuplé. Le 15 mars 1942, plusieurs centaines de jeunes Juifs sont envoyés à Vinnitsa, pour participer à la construction du quartier général de campagne du Führer. Lorsque les travaux seront terminés, tous sont tués, hormis 3 qui réussissent à s’échapper et à rejoindre la Transnistrie où ils sont sauvés grâce à l’aide des Juifs de Roumanie.

98. Makow Mazowiecki

Ville du district de Varsovie Makow Mazowiecki possède une communauté juive organisée dès la seconde moitié du XVIè siècle. Le roi Auguste III (1733 - 1763) confirme les droits de la communauté juive. En 1765, il y a 1.258 Juifs payant l'impôt local, dont 827 vivent dans les villages voisins. La population juive compte 2.007 membres (72% la population totale) en 1808, 4.090 (90%) en 1827, 4.100 en 1856 et 4.400 en 1897.

Au début de la guerre, il y a environ 3.500 Juifs à Makow Mazowiecki. Peu après l'invasion allemande de la Pologne, 500 réfugiés Juifs arrivent encore en ville. Fin 1940 plusieurs centaines de jeunes hommes Juifs sont déportés dans le camp de travail de Gasiewo. En septembre 1941 un ghetto est créé.

Le 5 novembre 1942, les Allemands concentrent dans le ghetto tous les Juifs vivant toujours dans les petits villages des environs. Quelques jours plus tard, le 14 novembre 1942 débute la première déportation vers le camp de Treblinka, et plus de 500 Juifs de Makow y sont exterminés. Du 8 au 12 décembre, 1942, tous les Juifs restant (plus de 4.000) sont expédiés à Treblinka et exterminés.

Aucune communauté juive n'a été reconstituée à Makow Mazowiecki.

99. Mielec

Ville de la province de Rzeszow, Mielec possède une communauté juive organisée au milieu du XVIIè siècle. En 1765 il y a 585 Juifs payant l'impôt local à Mielec et 326 dans les villages environnants. Une école primaire est fondée en 1900, ainsi qu’une école «Beth Jacob» pour les filles. En 1907 est fondée l'association sioniste Benei Yehudah. La population juive de la ville est relativement stable, passant de 2.766 (56% de la population totale) en 1880 à 2.819 (57%) en 1900 et à 3.280 (53%) en 1910. Elle tombe à à 2.807 en 1920. Les partis sionistes sont très actifs entre les deux guerres.

En septembre 1939 la population atteint 4.000 membres. Le 13 septembre 1939, la veille de Rosh hashana, les incendient la synagogue et y poussent 20 personnes qui y meurent carbonisées. Puis les soldats allemands enferment quelques Juifs dans l'abattoir et y mettent le feu. Enfin ils pénètrent dans la mikveh et y assassinent les Juifs présents. Le 15 septembre 1939 (le second jour de Rosh hashana), une deuxième synagogue est embrasée. Les Juifs sont soumis aux restrictions administratives et économiques par les Allemands locaux (Volksdeutsche) qui résident à Czermin, et sont obligés de travailler au camp près de l'aéroport de Berdechow.

En janvier 1942 le Gouvernement Général décide de la déportation des Juifs de Mielec. Entre le 7 et le 9 mars 1942, plus de 2.000 Juifs sont rassemblés. Les malades et les vieux sont exécutés sur place ; d'autres sont transférés à l'aéroport de Berdechow, où une sélection à lieu. Un groupe de jeunes estenvoyé au camp de travail de Pustkow. D’autres sont envoyés à Parczew, Wlodawa, Hrubieszow, Miedzyrzec, Susiec, et dans d'autres villes de la région de Lubin. Quelques mois plus tard, les réfugiés qui restent à Mielec sont exterminés. Mielec est parmi les premières villes du Gouvernement Général a être déclarés «Judenrein».

A Mielec a été établi un camp de travail près des ateliers Heinkel, camps sous la ditrection directe des SS. Le camp emploie d’abord 250 travailleurs forcés, dont 80 de Mielec et d'autres de Wielopole Skrzynskie. La population du camp augmente avec la déportation des Juifs de Mielec en hiver 1942, et en été 1943 elle atteint 1.000 prisonniers, parmi lesquels des Juifs de Tarnobrzeg et de Huta Komarowska. Plus de 15 prisonniers y meurent par jour, non compris les malades, tués d’une balle dans la tête. Le camp est liquidé le 24 août 1944. Certains des prisonniers sont été transférés à Wieliczka et le reste dans le KZ Flossenburg.

Environ 200 personnes de la communauté juive de Mielec ont survécu à l’holocauste.

100. Minsk Mazowiecki

Minsk Mazowiecki est une ville du district de Varsovie. Avant la guerre mondiale, environ 5.000 Juifs y vivent sur une population totale de 17.000 personnes. La Wehrmacht occupe la ville le 13 septembre 1939 et les soldats commencent immédiatement à piller les biens Juifs et à enrôler des Juifs pour le travail forcé. De nombreux Juifs se sauvent à l'est en Union soviétique, mais à Minsk Mazowiecki arrivent de nombreux réfugiés Juifs de Varsovie et des régions de la Pologne annexées par le Reich.

Fin 1939 les Allemands nomment un Judenrat de vingt - quatre membres et plus tard mettent sur pied une force de police juive. Le 25 octobre 1940, un ghetto est établi. 5.242 Juifs y sont entassés dans des conditions de vie extrêment difficiles. Le Judenrat met sur pied une cantine et un hôpital, mais malgré cela une épidémie de typhus éclate durant l’hiver 1940 – 1941.

Le 21 août 1942, le ghetto est cerné par des centaines de SS, de gendarmes allemands, de policiers polonais, et d’auxiliaires ukrainiens, lituaniennes et lettons. Plus de 3.500 Juifs sont concentrés sur la place du marché, où ils sont dépouillés de tous leurs objets de valeur avant d'être envoyé à Treblinka à l'aube du 22 août. Environ 1.000 personnes, malades ou âgées, enfants, et Juifs qui tentent de se défendre, sont exécutés dans les maisons et les rues durant l’»Aktion». Les membres du Judenrat sont exécutés par les Allemands dans les locaux du quartier général de la SS.

370 ouvriers et artisans Juifs restent dans le ghetto, employés dans les usines de Wehrmacht et l'usine d'acier de Rudzki ; 220 d'entre eux sont logés dans un camp de travail établi par l'armée allemande dans trois baraques du le bâtiment scolaire de Kopernik. Avec le temps, une centaine de Juifs, dont des femmes et des enfants, qui avaient réussi à se soustraire à la première «Aktion», réussissent à vivre secrètement dans les bâtiments. En novembre 1942 environ 100 Juifs sont transférés dans la ville voisine de Kauszyn, et de là à Treblinka où ils sont gazés. Le 24 décembre 1942, 218 détenus du camp de Kopernik sont capturés et massacrés dans le cimetière Juif local.

Le 10 janvier 1943, les Allemands liquident le camp de Kopernik, qui contient toujours environ 300 prisonniers. Trente des Juifs du premier groupe qui se rendent au cimetière pour y être exécutés se rebellent et attaquent les gendarmes, blessant trois d'entre eux. Dans la confusion trois prisonniers parviennent à s’échapper, alors que la majeure partie du groupe est abattue. Les détenus rqui restent se barricadent dans le bâtiment scolaire, bombardant les Allemands de pierres, de coktails Molotov et de morceaux de fer. Aussi les SS incendient le bâtiment et les prisonniers meurent brûlés vifs. Les 104 Juifs qui travaillent dans l'usine de Rudzki sont épargnés jusqu’au 5 juin 1943, date à laquelle ils sont exécutés.

Il y a dans le ghetto 4 groupes de résistants qui se forment au cours du deuxième semestre de 1941. Ils projettent de rejoindre les partisans de la zone de Lublin en traversant le fleuve Bug. A cette fin ils établissent un QG souterrain et entrent en contact avec l’armée populaire polonaise (Gwardia Ludowa). En juin et juillet 1942, de l'argent est récolté dans le ghetto pour l'achat d’armes: 10.000 zlotys sont donnés par le Président du Judenrat. Puis les résistants, environ 100 hommes, se forment en trois groupes et s’évadent du ghetto. Un des groupes, celui de Jozef Wisniewski, est repéré près de la ville voisine d'Ukow par les paysans polonais qui avertissent les Allemands. Dans la bataille qui s’en suit, seul un résistant parvient à fuir. Les deux autres groupes réussissent leur fuite et rejoignent dans la forêt la Gwardia Ludowa où ils combattent sous les ordres de Stanisaw Dbrowski.

101. Mir

Mir : la Yeshiva
Mir : la Yeshiva
Mir est une ville de Biélorussie, dans le district de Novogrudok appartenant à la Pologne de 1918 à 1939. Sa yeshiva (académie rabbinique), fondée en 1815, est un des établissements religieux Juifs les plus célèbres du pays. La veille de la guerre mondiale, la population juive de la ville compte 2.500 membres, soit la moitié de la population totale de la cité.

En septembre 1939 Mir est occupée par l'armée rouge et incorporée à l’Union soviétique. La yeshiva, avec ses cinq cents étudiants, est déplacée à Vilna et par la suite la plupart des étudiants partent pour à Shanghaï.

Le 26 juin 1941, la Wehrmacht entre dans Mir et deux semaines plus tard 19 jeunes Juifs sont exécutés en tant que militants communistes. Le 9 novembre 1941, les Allemands organisent une «Aktion» durant laquelle 1.500 Juifs sont assassinés ; parmi eux la plupart des membres du Judenrat. Après l'Aktion, un ghetto est installé (secteur de l’ancienne forteresse) dans lequel 850 Juifs sont enfermés et un nouveau Judenrat installé. Immédiatement s’organise dans le ghetto un mouvement de résistance clandestine d’environ 80 membres, menée par Shlomo Harhas et Berl Reznik. Son objectif est de se défendre la prochaine fois que les Allemands tentent une «Aktion». Les résistants commencent à accumuler des armes, barres de fer et des haches. Des jeunes filles qui travaillent pour la gendarmerie allemande volent quelques munitions.

Mémorial des victimes de Mir, dans le cimetière de Nachalat-Itzchak près de Tel-Aviv
Mémorial des victimes de Mir, dans le cimetière de Nachalat-Itzchak près de Tel-Aviv
C’est alors qu’apparaît Oswald Rufajzen: Né à Cracovie en 1922 Shmuel Rufajzen est dans sa jeunesse un membre actif du du mouvement sioniste Akiva. Quand la guerre mondiale éclate, Rufajzen s'échappe à Vilna où il rencontre d'autres Sionistes. En 1941, quand les Allemands envahissent la Lituanie, Rufajzen parvient à obtenir de fausses pièces d'identité prouvant qu’il est un un «Volksdeutsche» (Allemand ethnique) appelé Josef Oswald. Rufajzen part pour Mir, où il commence à travailler pour le chef de la police locale. Bientôt, sous le nom d'Oswald, il est nommé adjoint du commandant de la police allemande et traducteur officiel. A Mir, il rencontre Shlomo Harhas et Berl Reznik, deux amis sionistes rencontrés avant guerre à Vilna, qui sont les chefs de la résistance du ghetto de Mir. A l’insu des Allemands, Rufajzen leur apporte sa collaboration, leur fournissant renseignement et armes. Il leur conseille vivement d’abandonner le plan de résistance armée à l’intérieur du ghetto, mais de fuir en forêt pour y continuer la résistance. Le 6 aôut 1942, il prévient ses amis que le ghetto va être liquidé le 13.; ils les prévient aussi que le 9, les forces de police et lui-même seraient en opération contre les partisans hors de Mir, et que ce serait une occasion parfaite pour fuir. A la date prévue, seuls 180 Juifs s’échappent du ghetto et se réfugient en forêt, les autres préférant ne pas bouger. Les Allemands ont des soupçons. Ils arrêtent Rufajzen. Mais il parvient à s’échapper et se réfugie dans un monastère où il se cache durant 16 mois. Les Allemands le pistent et il doit s’enfuir dans la forêt où les partisans le prennent pour un allemand. Heureusement quelques partisans, fuyards du ghetto de Mir, le reconnaissent. Après la guerre, Rufajzen aide à l’identification des collaborateurs locaux de Mir. Il retourne à Cracovie où il se convertit au christianisme. Plus tard, il part en Israêl et entre dans les ordres sous le nom de frère Daniel. Il décède dans le monastère Stella Maris du Mont Carmel en Israël en 1999.

Pour les autres Juifs du ghetto, la liquidation commence effectivement le 13 août. Tous les Juifs de Mir sont rassemblés, emmenés dans la forêt de Yablonovshchina, abattus et enterrés dans les fosses communes préalablement creusées.

102. Mlawa

Mlawa : l’entrée du ghetto
Mlawa : l’entrée du ghetto
Mlawa est une ville du district de Varsovie. Les premier Juifs y sont mentionnée en 1543. En 1781, la population juive est de 718 membres. En 1924, un quartier réservé aux Juifs est établi dans la ville. En 1827, il y a 792 Juifs (36% de la population) dans ce ghetto, qui n’est supprimé qu’en 1862. Entre 1857 et 1897, la population juive de Mlawa passe de 1.650 à 4.845 membres (41% de la population).

Pendant la révolution et les pogroms de 1905 - 1906, le Bund et le Po'alei Zion fortifient leur influence parmi les ouvriers, la jeunesse, et l'intelligentsia juive de Mlawa. Entre 1921 et 1927 la population juive de Mlawa passe de 5.923 à 6.301 habitants.

Début novembre 1939 les Allemands détruisent toutes les synagogues de Mlawa et des environs. Des centaines de Juifs sont amenés à Mlawa de Lipno, Rypin et Dobrzyn. La première déportation a lieu le 6 décembre 1940: 300 Juifs sont expulsés à Miedzyrzec Podlaski, Lubartow et Lublin où ils vont partager le sort des Juifs locaux.

Le ghetto est établi les 7 et 8 décembre 1940 pour les 2450 Juifs «officiellement» recensés à Mlawa par les Allemands. En fait il y en a beaucoup plus. Le ghetto se situe autour du vieux marché et est clos à partir de mai 1941 de barbelés, de murs et de palissades de bois. En Octobre-Novembre 1941 les Allemands y transfèrent encore environ 1.000 Juifs de Szrensk, Radazanów et Zielun. À ce moment-là la population du ghetto tourne autour de 5.000 personnes. Les conditions de vie dans ce ghetto surpeuplé sont terribles. Chaque porcherie, chaque grange, chaque grenier, chaque sous-sol, sont utilisés comme logements.

Rapidement, et dès avant la clôture du ghetto, le thphus éclate et le Judenrat forme un comité d'hygiène qui tente de nettoyer et se stériliser du ghetto et aménage un hôpital de 40 salles.Cet hôpital possède un potager, une vache, et une chèvre. Les conditions de vie dans l'hôpital sont relativement satisfaisantes et le taux de mortalité est assez bas. Comme la plupart des médecins de Mlawa avaient fui ou avaient été expulsées, le Judenrat fait venir un nouveau docteur du ghetto de Varsovie, le Dr. Beno Tiefenbrun, originaire de Vienne. Mais il mùeurt de l’épidémie peu après son arrivée et un docteur polonais soigne les malades avec la permission des Allemands. Le Judenrat parvient également à organiser par contrebande l’approvisionnement alimentaire pour le ghetto grâce aux Juifs qui travaillent hors du ghetto. De même il anime une vie culturelle, religieuse et éducative parmettant à la communauté de vivre relativement calmement par rapport à d’autres ghettos.

Les Allemands employent de nombreux Juifs. Entre 200 et 500 Juifs travaillent quotidiennement au nettoyage des rues, à l’enlèvement des ordures, au pavage, au chargement de charbon sur les wagons ; d’autres sont employés aux tâches ménagères dans des foyers de Polonais et d’Allemands. Des centaines de Juifs sont envoyées dans divers camps de travail des environs de Mlawa pendant. Les femmes juives de Mlawa plantent des arbres dans le village de Bieliny (zone de Pultusk) ; en été 1941, 120 hommes pavent les routes et logent dans un camp de travail situé à Czernice Borowe près de Przasnysz ; de nombreux Juifs de Mlawa logent temporairement dans le camp de travail de Nosarzewo, où ils construisent un aéroport et des casernes pour une base militaire allemande. Il y a également un camp disciplinaire dans la rue Narotowicz à Mlawa, dans lequels se trouovent environ 200 prisonniers Polonais et Russes, Juifs ou chrétiens.

Fin juin 1941, les Allemands décident d’engager une «chasse» aux résidants Juifs «illégaux» du ghetto. Le Judenrat et son président Perlmutter, au courant du plan allemand, loue secrètement des camions et font sortir du ghetto en contrebande la plupart des «Illégaux»… Pendant la nuit de l’ «Aktion», Perlmutter paye de sa personne ; passe de lieu en lieu pour fournirs à de nombreux Juifs des «papiers» prouvant leur «légalité»… Aussi les Allemands n’arrêtent que 100 à 200 Juifs sans papiers… En raison de leur petit nombre, Perlmutter parvient à les faire libérer et leur fournit des certificats légaux. Après quelque temps, les Juifs qui avaient été passés en contrebande reviennent au ghetto.

Mlawa : le Judenrat
Mlawa : le Judenrat
Au second semestre 1941, les Allemands commencent à concentrer les Juifs dans dans plusieurs grands ghettos du «Bezirk Ziechenau» (district de Ciechanów). Ainsi arrivent les 1000 réfugiés de Szrensk, Radazanów et Zielun (voir plus haut). Ils sont «logés» dans deux moulins à vent se trouvant dans le secteur de ghetto: le moulin de Perlmutter de la rue Borzniecna et le moulin de Fuks dans la rue Szweska. Quant aux Juifs de Strzegowo, qui doivent également être transférés dans le ghetto de Mlawa, ils sont finalement enfermés dans un ghetto créé dans leur ville sur les demandes insistantes de Perlmutter et de leur propre Judenrat. Ce ghetto esyt placé sous le contrôle de celui de Mlawa.

Le 23 anvier 1942, les Allemands arrêtent 25 Juifs et les accusent de trafic de contrebande. Parmi eux Iccak Alter, le responsable de l’approvisiennement du ghetto par contrebande…. Tous seront plus tard envoyés dans divers camps de concentration dont ils ne reviendront pas. La même nuit du 23 au 24 janvier 1942, les Allemands arrêtent Eliezer Perlmutter et l’exécutent. Les Juifs sont autorisés à l'enterrer dans le cimetière Juif. L’exécution de Perlmutter signifie l'aggravation de la situation des Juifs de Mlawa. Les Allemands deviennent beaucoup plus vigilants et la contrebande organisée par les Juifs devient beaucoup plus dangereuse.

La première exécution publique à Mlawa a lieu le 18 avril 1942. Devant la foule rassemblée, la Gestapo de Ciechanów pend 4 jeunes hommes pour fait de contrebande. Le jour suivant la Gestapo arrête plusieurs membres de Judenrat de Mlawa et la plupart des policiers Juifs. Ils sont envoyés à Auschwitz. Un nouveau Judenrat est formé et dirigé par Paltiel Ceglo.

Le 4 juin 1942, les forces allemandes rassemblent tous les résidants du ghetto sur la place de la ville derrière la rue Zdunska. Plusieurs échafaudages sont installés. Les Allemands amènent 13 Juifs, les mains liées dans le dos et la corde autour du cou. Ils les placent sur des caisses en bois et nouent les cordes aux poutrres des échafaudages. Les officiers de la Gestapo arrivent et annoncent à la foule silencieuse que ces hommes seront pendus parce que «les policiers Juifs et le Judenrat n'ont pas accompli correctement les ordres allemands». Les nazis coisissent des hommes dans l’assistance et leur ordonnent de retirer les caisses de bois sur lesquelles se trouvent les condamnés. La foule répond par des cris et des hurlements. Les Allemands ouvrent le feu. La place se vide mais de nombreuxx corps gisent sur le sol… Parmi les 13 pendus, il y a 8 membres de la police juive. Le même jour, deux femmes sont exécutées en public.

Mlawa : le mur du ghetto
Mlawa : le mur du ghetto
Plusieurs jours après ces exécutions, les Allemands arrêtent 100 Juifs sans permis de travail et les divisent en deux groupes, jeunes et vieux. Ces Juifs sont torturés et battu puis emmenés sur le terrain d’une vieille tannerie abandonnée. Ils sont obligés de creuses une large fosse. Leur tâche accomplie, le groupe de jeunes est enfermé dans le bâtiment du Judenrat et le groupe de vieux dans la prison de la ville. Le 17 juin les deux groupes sont ramenés à la fosse, les jeunes ayant les mains liées dans le dos. Devant tous les habitants du ghetto rassemblés là un officier de Gestapo annonce que le 4 juin, pendant l'exécution, les Juifs ont été arrogants et aggressifs et qu’en réponse à cette attitude, 50 Juifs supplémentaires seront fusillés. Une dizaine de soldats allemands, de passablement ivre, se postent d’un coté du fossé. D’autres amènent les jeunes Juifs, par groupes de 5 au bord de la fosse. Alors les soldats tirent sur eux au fusil et ils basculent dans le trou, mort ou uniquement blessés. Le massacre achevé, les Allemands amènent le groupe de vieux qu’il obligent à combler la fosse, enterrant mort et blessés.Ce travail accompli, la foule est relachée.

Après l'exécution des 50 jeunes Juifs, les résidants du ghetto vivent dans la terreur constante. La contrebande de nourriture cesse pratiquement et la famine sévit rapidement. Le 13 octobre 1942 7 autres jeunes de moins de 20 ans sont exécutés. Durant l'été 1942, Paltiel Ceglo, le chef du Judenrat, est arrêté et emprisonné à Ciechanów. Il est remplacé par Mendel Czarko alors que la police juive est commandée par Szhalom Gutman, un homme de la résistance clandestine. Vers la fin octobre 1942, tous les Juifs des camps de travail ou ceux travaillant dans les fermes des environs sont ramenés dans le ghetto de Mlawa. Tout le travail effectué par les Juifs est stoppé. Les policiers allemands patrouillent constamment dans le périmètre du ghetto. Le Judenrat est forcé de préparer des listes de 2.000 personnes dont l’une devrait contenir uniquement les noms des personnes âgées et de malades.

Le 2 novembre, les vieux et les malades dedans du ghetto de Stzegowo sont amenés à Mlawa. Le 6 novembre arrivent 1.000 Juifs supplémentaires de Ciechanów. Parmi eux, 300 proviennent de Maków Mazowiecki: ils avaient travaillé dans les camps de Ciechanów. Le 10 novembre 1942, la première déportation de Mlawa à lieu: elle concerne les vieux et les malades des ghettos de Stzegowo et Ciechanów. Ils sont envoyés sans bagages à Treblinka. C'est la seule déportation à Treblinka du «Bezirk Ziechenau». Les 13 et 17 novembre, suivent les déportation des Juifs de Mlawa et de Ciechanów à Auschwitz, après une sélection: les déportés dooivent courir sous les yeux des policiers: ceux qui ne courrent pas assez vite sont tués sur place ou exécutés devant l’uns des murs du moulin de Mlawa. Pendant cette sélection, les Allemands dépuilllent les Juifs de tous leurs objets de valeur.

Mlawa : le mémorial
Mlawa : le mémorial
Après la troisième déportation, il ne reste au ghetto que quelques centaines de Juifs. Mais dès le jour suivant, environ 5.000 Juifs arrivent de Maków Mazowiecki et sont parqués dans le ghetto de Mlawa. Le 24 novembre, 1942, arrivent plus de 1.000 Juifs de Stzegowo. Tous ces Juifs, environ 6 à 7.000 sont déportés à Auschwitz en trois convois. La dernière déportation a lieu le 10 décembre 10. Vers la fin 1942, la majorité des Juifs de Mlawa et de ses environs ont été exterminés àAuschwitz. Les quelques uns qui survivent dans le camp se fondent dans un desmouvelments de résistance clandestine, comme Moszhe Bajlowicz ("Hillel") de Mlawa ou Arie Braun ("Lajbek") de Rypin. Becalel Mordowicz de Mlawa et Rozyn, un Juif de Slovaquie, réussissent à s'échapper d'Auschwitz le 27 avril 1944 et ont informent le monde libre ce qui se passait à Auschwitz.

40 Juifs de Mlawa ont survécu aux camps. En même temps que les Juifs de Mlawa qui se sont sauvés en Union soviétique, pas plus de 150 Juifs de Mlawa ont survécu à la guerre. La communauté juive de Mlawa n'a pas été reconstituée.

103. Modliborzyce

Modliborzyce était un village de la région de Lublin. Le ghetto reçoit principalement les Juifs de la ville de Lublin et de Vienne. Le 5 mars 1941 un convoi arrive de Vienne avec 999 personnes. En juin 1942, le ghetto abrite environ 2.200 habitants. La liquidation du ghetto intervient en octobre 1942: les prisonniers sont déportés à Krasnik et de là au camp de Belzec. Des 999 viennois, seuls 13 survivront…

104. Nesviz

Nieswiez est une ville de Biélorussie au sud-est de Novogrudok, ayant appartenu à la Pologne entre 1918 et 1939. En septembre 1939 la ville est occupée par l'armée rouge et incorporé à l’Union soviétique.

La veille de l'invasion allemande, Nesviz compte approximativement 4.500 Juifs. Les Allemands occupent la ville le 27 juin 1941, massacrent quelques Juifs et établissent immédiatement un Judenrat. Une des premières victimes est Aharon Levin, une figure éminente de la communauté, qui a commis le «crime» d’avoir circoncis un nouveau-né… Le 30 octobre, 4.000 Juifs de la ville sont assassinés et le reste, soit 585 personnes, sont enfermés dans un petit ghetto. Un groupe de résistance clandestine se met alors en place, dirigé par Shalom Cholawski. Il rassemble des armes avec l'aide de jeunes Juifs qui travaillent dans les entrepôts allemands. Le plan de la résistance est d’entreer en contact avec les partisans locaux et d'organiser une évasion en forêt ; mais la résistance se prépare également à un soulèvement au cas où une «Aktion» serait lancée pour liquider le ghetto.

Le 17 juillet 1942, on apprend que tous les Juifs du ghetto voisin de Gorodishche avaient été assassinés. La résistance intensifié ses activités, préparant des armes et creusant des caches. Le 19 juillet, 46 jeunes physiquement aptes sont divisés en équipes de combat. Le plan du soulèvement est de mettre le feu à un énorme tas de paille et aux maisons du ghetto afin de créer une diversion pour fuir dans la forêt.

Le jour suivant, 20 juillet, les policiers biélorusses cernent le ghetto. Une mitrailleuse est placée sur le toit de la synagogue, face à l’entrée du ghetto. Lorsque le commandant allemand annonce qu'une «Selektion» aurait lieu dans le ghetto, et qu’elle laisserait 30 personnes «apte au travail» vivantes, les Juifs répondent que soit ils resteraient tous vivants, soit ils se soulèveraient. Les Allemands ouvrent le feu et le groupe de combat de la synagogue riposte. Les Juifs incendient leurs maisons et les fusillades éclatent un peu partout... des Juifs se défendent contre les Allemands et les policiers, la plupart du temps avec des couteaux et des armes de poing. Le feu se propage hors du ghetto et de nombreux Juifs s’échappent en directiion de la forêt. Beaucoup sont tués ou sont ratrappés et remis aux Allemands par la population locale. Un groupe, mené par Shalom Cholawski, atteint la forêt de Kopil et s’unit aux Juifs d'autres ghettos pour former l'unité partisane juive «Zhukov». Un autre groupe, mené par Moshe Damesek, rejoint dans la forêt de Naliboki des unités partisanes.

La révolte de Nesvizh est l’un des premiers exemples du soulèvement dans un ghetto.

105. Nowogrodek

Nowogrodek est une ville de Biélorussie ayant appartenu à la Pologne entre 1918 et 1939. Les Juifs y vivent depuis le XVIè siècle, et au XIXè siècle la ville est le siège d’une yeshiva (académie rabbinique) très connue. La veille de la guerre mondiale la population juive de la ville est d’approximativement 7.000 personnes. En septembre 1939 la ville est incorporée à l’Union soviétique.

Novogrudok est occupée par les Allemands le 3 juillet 1941, et trois jours plus tard 150 intellectuels Juifs sont mis à mort. Le 11, 50 autres Juifs sont exécutés. Puis le 8 décembre de la même année, une grands «Aktion» a lieu durant laquelle les nazis massacrent 4.000 Juifs, y compris des membres du Judenrat qui avait été installé dans la ville. Une unité de Wehrmacht participe à cette Aktion. Après quoi des milliers de Juifs des villes voisines d’Ivenets, Naliboki, Rubezhevichi, Korelichi, et Lubach sont amenés Novogrudok et enfermés dans le ghetto établi un peu plus tôt et divisé en trois sections: la section A, (tribunal de la ville) où sont concentrés les ouvriers et artisans ; la section B, (Pereselka) et la section C (bâtiments scolaires de Nazaratanek)

Le 8 août 1942, les Allemands lancent une autre «Aktion» lors de laquelle 2.500 Juifs de la section C sont assassinés ; lors d’une troisième «Aktion», le 4 février 1943, tous les Juifs de la section B sont assassinés et la section A est transformée en un camp de travail. Un quatrième «Aktion» est lancée le 7 mai de cette année contre les habitants de la section A. Seules sont épargnées 230 personnes. Un plan d’évasion est échafaudé et réalisé par les Juifs dirigés par Jakov Kagan: ils creusent un tunnel de 250 mètres de long et le 26 septembre 1943 s’échappent par le tunnel. Mais ils s’égarent dans l’obscurité et marchent droit sur les barbelés du camp. La garde allemande ouvre le feu et tue 120 d'entre eux, y compris le groupe qui avait pris l'initiative en creusant le tunnel. Environ 100 Juifs réussissent à rejoindre les partisans

106. Novy Dvor

Novyi Dvor (nom Russe) est une petite ville de la voïvodie de Grodno en Biélorussie. Les premiers Juifs y arrivent dans la seconde moitié du XVIè. Rapidement la communauté possède une synagogue et un cimetière. En 1648 arrivent à Novy Dvor des Juifs chassés d’Ukraine. En 1847 les Juifs sont 394 et 490 en 1897 (38% de la population totale). En 1918, la ville passe à la Pologne et en 1921 les Juifs sont au nombre de 402.

A la fin de juin 1941 la Wehrmacht arrive en ville. De nombreux Juifs sont aussitôt déportés dans des camps de concentration. En octobre 1941 les Juifs de Novy Dvor sont envoyés dans le ghetto d’Ostryna, et de là, en avril 1942, dans le ghetto de Grodno, et finalement dans le camp d’Auschwitz Birkenau. Seuls 6 Juifs de Novy Dvor ont survécu à la guerre, dont 3 avaient rejoint les unités partisanes.

La communauté juive de Novy Dvor n’a pas été reconstituée après la guerre.

107. Nowy Dwor Mazowiecki

Ville dans la province de Varsovie, Nowy Dwor Mazowiecky voit une communauté juive se constituer à la fin du XVIIè siècle. Au début du XXVIIIè la communauté possède une synagogue et un cimetière, utilisé aussi par les Juifs de Praga, une banlieue de Varsovie. En 1768 - 69, un certain nombre de Juifs se fuient les massacres de Haidamack en Podolie et trouvent refuge à Nowy Dwor, apportant avec eux les enseignements hassidiques. En 1827 il y a 334 Juifs (28% de la population totale) à Nowy Dwor, et 1.305 (49%) en 1857. L'industrialisation, la venue de nombreux Juifs fuyant les pogroms, et l'expulsion des Juifs de Moscou en 1891 font augmenter significativement la population de la cité qui compte 4.735 Juifs en 1897 (65% de la population). En 1907, suite à une terrible explosion, plus de la moitié des maisons de la ville sont détruites par le feu, et beaucoup de Juifs se déplacent à Varsovie ou émigrent aux Etats-Unis. En 1920, pendant la guerre contre les Soviétiques, des centaines de Juifs sont expulsés par armée polonaise et la synagogue est incendiée. En 1921 il y a 3.916 Juifs (50% de la population) à Nowy Dwor et 3.961 (42%) en 1931.

La Wehrmacht entre dans une ville peuplée de 4.000 Juifs le 30 septembre 1939. Un ghetto est établi début 1941. En mai 1941, 3.250 Juifs sont expulsés dans le camp de Pomiechowek, où la plupart d'entre eux périssent. En novembre 1942 deux déportations à Auschwitz ont lieu. Le ghetto est liquidé le 12 décembre 1942, quand 2.000 Juifs de Nowy Dwor et de Czerwinsk sont déportés à Auschwitz.

Après la guerre la communauté juive de Nowy Dwor n'a pas été reconstituée.

108. Nowy Sacz

Ville du district de Cracovie, Novy Sachs accueille des Juifs dès 1469. La grande synagogue, renommée pour ses belles fresques, est construite en 1746. En 1765 il y a 609 Juifs à Nowy Sacz. Au début du XIXè siècle les autorités autrichiennes contraignent les Juifs à vivre dans un quartier réservé. En 1880 il y a 5.163 Juifs (46% de la population totale) dans la ville. Ce nombre diminue et en 1890 les Juifs sont 4.120 (32%). Ce chiffre remonte à 7.990 (32) en 1910 et à 9.009 en 1921. La communauté est bien organisée, possède ses écoles, une yéshiva et des clubs de sport.

Lorsqu’éclate la seconde guerre mondiale, les Juifs sont plus de 10.000 Juifs à Nowy Sacz et 5.000 dans les villages environnants. L'armée allemande prend la ville le 5 septembre 1939. Les exactions commencent aussitôt. En mars 1940 environ 700 Juifs de Lodz sont transférés dans la ville ; en août 1941 un ghetto est établi. Deux camps de travail forcés pour les Juifs sont créés par les Allemands près de la ville ; l’un, à Roznow, fonctionne du printemps 1940 jusqu'à décembre 1942.; le second, à Lipie, de l'automne 1942 jusqu'à juillet 1943. Plus de 1.000 prisonniers Juifs périssent dans ces camps.

En avril 1942 quelques membres de l'organisation clandestine Po'alei Zion tombent entre les mains des nazis et sont exécutés sur l'emplacement du cimetière Juif de la ville. Entre le 24 et le 28 août 1942 a lieu la grande «Aktion» contre la communauté: toute la population juive est envoyée au camp de la mort de Belzec et y est gazée. Avec tous les Juifs de la région, ils sont 16.000…

109. Olkusz

Olkusz : le « vendredi sanglant » du 31 juillet 1940 : les Juifs sont battus et humiliés sur la place publique
Olkusz : le « vendredi sanglant » du 31 juillet 1940 : les Juifs sont battus et humiliés sur la place publique
Ville du district de Cracovie, située entre cette dernière et Katowice, Olkusz a des Juifs dans ses murs avant le règne de Casimir le Grand (1333 - 1370). En 1374, cependant, les Juifs sont interdits de résidence et partent pour Cracovie. En 1764 il y a 423 Juifs à Olkusz. Sous la domination autrichienne (1796 - 1809), le nombre de Juifs habitant d’Olkusz diminue, et quand la ville est annexée à la Russie l’interdit est jeté sur le peuplement Juif dans la région. Il y a cependant 746 Juifs à Olkusz en 1856 (83% de la population totale), 1.840 en 1897 (54%), 3.249 en 1909 (53%) et 2.703 en 1921.

La Wehrmacht entre dans la ville le 5 septembre 1939. Les 3.000 Juifs qui y résident sont immédiatement soumis à un régime de terreur. Pillage des biens, vols, assassinats en pleine rue, tortures, arrestations en enrôlement pour le travail obligatoire, persécution religieuse. Le Judenrat, créé en octobre 1939, doit en particulier prendre en charge 800 déportés venus d'autres localités de Haute Silésie. La journée du 31 juillet 1940 est particulièrement dure: des Juifs sont rassemblés sur la grand place et sadiquement frappés et torturés. Parmi eux, le vénérable rabbin Mosze Ben Icchak Hagerman. Un convoi de Juifs du travail part dans le Reich dès octobre 1940 avec l'envoi de 140 Juifs. Un second convoi avec 130 Juifs quitte Olkusz en janvier 1941 et un troisième, de 300 femmes, en août 1941.

Olkusz, 6 mars 1942 : 3 Juifs sont pendus publiquement pour avoir passé de la nourriture en contrebande dans le ghetto
Olkusz, 6 mars 1942 : 3 Juifs sont pendus publiquement pour avoir passé de la nourriture en contrebande dans le ghetto
Au printemps 1942, peu avant la liquidation de la communauté, le nombre de convois augmente sensiblement. En mars 1942 150 femmes sont déportées, suivies le 20 avril par 140 hommes. Un mois plus tard, durant la fête de Shavuot (21 - 23 mai 1942) 1.000 Juifs, y compris des femmes, sont déportés. Les victimes de ces convois sont principalement les pauvres, en particulier les réfugiés d’autres villes et villages. Les Juifs qui «ont les moyens» peuvent temporairement éviter de telles déportations. Durant le second semestre de 1941, un ghetto «ouvert» est établi dans une banlieue de la ville. De nouveaux «arrivages» de Juifs font monter la population du ghetto à 3.000 personnes. Les derniers mois avant la liquidation, les convois pour le travail obligatoire s’accélèrent encore, mais la répression se fait plus dure. Ainsi, le 6 mars 1942, 3 Juifs sont pendus publiquement pour avoir passé de la nourriture en contrebande dans le ghetto. Des Juifs du ghetto sont forcés d’élever les potences et de pendre eux-mêmes leurs coreligionnaires…

Olkusz, juin 1942 : la grande déportation vers Auschwit
Olkusz, juin 1942 : la grande déportation vers Auschwit
La liquidation finale a lieu en juin 1942. Une «Selektion» préalable sépare les «aptes au travail» des autres qui sont expédiés Auschwitz. Un groupe d'environ 20 Juifs est chargé de nettoyer le ghetto, avant d’être à leur tour expédiés à Birkenau pour y être gazés.

La communauté l’Olkusz n'a pas été reconstituée après la guerre.

110. Opatow

Ville de la province de Kielce, Opatow possède une communauté juive dès le XVIè siècle. En 1634 la ville est divisée en deux secteurs, chrétien et Juif, ce dernier connu sous le nom de «rue des Juifs.» Plus de 200 familles juives périssent durant l'invasion suédoise de la Pologne en 1656. La population juive d’Opatow compte 2.517 membres en 1856 (sur une population totale de 3.845 personnes) et 4.138 en 1897. Avant la seconde guerre mondiale 5.200 Juifs habitent Opatow. Beaucoup de Juifs se sauvent avant que les Allemands n’arrivent, en particulier des jeunes hommes qui s'échappant en territoire polonais occupé par les soviétiques. Après la capitulation de la ville, les Allemands incendient le marché autour duquel vit la majorité des Juifs de la cité. Au cours des jours suivants 200 hommes, Polonais catholiques et Juifs, sont déportés et ne reviendront jamais. Une «contribution» de 60.000 marks est exigée de la communauté juive, et les plus belles maisons des juives sont prises par les officiers Allemands après l’expulsion de leurs propriétaires. La ville relève du district de Radom dans le Generalgouvernment.

Un ghetto est officiellement établi au printemps 1941. Il est ouvert, mais des Juifs n’ont pas le droit de la quitter sous peine de mort. La nourriture est cependant disponible «illégalement» dans le ghetto, mais à des prix élevés, de sorte que les Juifs riches peuvent s’en sortir. Les pauvres (dont une majorité de réfugiés d'autres villes), vivent dans la misère, sans relations, sans cartes de travail, sans revenus. Rapidement éclate parmi eux une épidémie de typhus et il faut que le Judenrat aménage un hôpital dans la synagogue pour enrayer l’épidémie. L’hôpital soigne également les Juifs des villes environnantes. Les Juifs sont mobilisés pour le travail obligatoire à proximité d'Opatow, à la construction de routes et dans les carrières de la région. Le nombre de Juifs ne cesse de croître dans la ville en raison de l'afflux des réfugiés des petites villes et des villages environnants comme Konin, Lodz ou Varsovie. En septembre 1940 il y a 5.800 Juifs, dont 600 nouveaux venus ; en septembre 1942 ils sont 7.000 Juifs dont 1.800 de réfugiés…

En juillet 1941 la police allemande commence à effectuer des incursions dans le ghetto pour chasser les jeunes hommes Juifs en vue de les déporter dans des camps de travail, avec l'aide de la police juive. Les Juifs tentent de se cacher. Ceux qui sont découverts sont exécutés sur place. Jusqu'à la liquidation du ghetto, entre 1.900 et 2.100 Juifs sont envoyés dans les divers camps de travail. De jeunes Juifs achètent des armes à la résistance polonaise et les stockent dans la mansarde de la synagogue. La police allemande, au courant saisit les armes et exécute le groupe de filles qui se trouve là.

Le Judenrat se compose principalement de militants sionistes. Le président, Mordekhai Weissblum, fait son possible pour s’occuper de la population, organise la vie juive, et tente d’amoindrir les persécutions et la répression allemande par diplomatie ou par corruption. Mais il ne peut éviter l’établissement de listes de Juifs pour les camps de travail, même s’il fait envoyer dans les camps des colis avec de la nourriture et de l'habillement pour les détenus d’Opatow.

La liquidation du ghetto a lieu du 20 au 22 octobre 1942. La police allemande et les auxiliaires Ukrainiens cernent le ghetto et effectuent une «Selektion» de masse. 6.000 Juifs sont conduits à pied à la gare de Jasice près d'Ostrow, chargés sur des wagons et amenés dans les chambres à gaz de Treblinka. Entre 500 et 600 Juifs sont déportés dans le camp de travail de Sandomierz. Pendant l'Aktion des centaines de Juifs sont tués dans la ville. Les Allemands laissent quelques Juifs à Opatow pour trier les biens et nettoyer le ghetto. A la fin du travail, ils sont exécutés dans le cimetière Juif, hormis quelques individus, dont le président du Judenrat, qui est envoyé dans le camp de travail de Sandomierz.

La communauté juive n'a pas été reconstituée après la guerre.

111. Opoczno

Opoczno : la synagogue détruite en 1949
Opoczno : la synagogue détruite en 1949
Ville de Pologne centrale à l’ouest de Radom, Opoczno possède une communauté juive bien constituée en 1588 puisqu’un décret royal autorise la ville à expulser les Juifs… Ils reviennent en 1646, pour être à nouveau interdits en 1714. En 1765, cependant, il y a 1.349 Juifs à Opoczno et dans les environs. La communauté compte 1.469 membres en 1856, 2.425 en 1897 et 4.025 en 1909. Le recensement 1921 montre une diminution de la population juive, ramenée à 3.135 Juifs (47% de la population totale) en 1921.

Il y a environ 3.000 Juifs à Opoczno lorsque l'armée allemande entre dans la ville le 6 septembre 1939. En novembre 1940 un ghetto est établi et la population juive de la ville est littéralement entassée dans 115 petites maisons. En juin 1942 environ 1.200 Juifs des villages voisins sont amenés dans le ghetto qui compte alors plus de 4.200 «habitants». En juillet 1942 environ 400 hommes sont envoyés dans le camp de travail dans Skarzysko - Kamienna pour le compte de la «Hasag» et le 27 octobre 1942, le ghetto est liquidé: tous ses habitants sont envoyés dans le camp de la mort de Treblinka. Seuls 120 hommes sont laissés en vie pour nettoyer le ghetto et sont exterminés le 3 janvier 1943. Quelques Juifs réussissent à s’échapper et vont former une unité de partisans sous le commandement de Julien Ajzenman – Kaniewski. Cette unité, les «Lions» vont mener avec succès quelques actions de guérilla contre les forces nazies et la ligne ferroviaire Opoczno – Konski.

Après la guerre, la communauté juive d'Opoczno n'a pas été reconstituée.

112. Opole Lubelskie

Opole est une ville de Pologne dans le sous district de Pulawy, partie occidentale du district de Lublin. Au début de la guerre, la ville compte 4.325 Juifs. Opole est occupée par les Allemands en septembre 1939, et un mois plus tard est créé un Judenrat de 12 membres ainsi qu’une police juive. Les Juiifs de la ville sont employés aux travaux forcés aux ponts et chaussées, dans les fermes voisines et dans une raffinerie de sucre locale.

Début décembre, cinquante familles juives de Jozefow sont transférées à Opole, suivies le 29 décembre de 205 Juifs de Pulawy. En été 1940 le ghetto est créé dans un vieux quartier de la ville. Deux convoois de Juifs de Vienne, environ 2.000 personnes, sont amenées dans le ghetto les 15 et 36 février 1941. En mars 8.000 Juifs sont rassemblés à Opole, leur nombre étant encore augmenté vers la fin du mois des Juifs venant de Kazimierz Dolny, Chodel et Wawolnica. La surpopulation extrème du ghetto provoque le typhus et des fièvres typhoïdes, tuant 1.500 personnes.

Le 31 mars 1942, les Juifs de Kazimierz Dolny et de Wawolnica sont envoyés à Belzec, et leur place dans le ghetto est prise par les Juifs des villages voisins et des Juifs de Slovaquie. Vers la fin mai, presque tous les Juifs emprisonnés dans le ghetto d'Opole sont déportés à Sobibor où ils sont gazés; environ 500 sont assassinés sur place. Seuls les membres du Judenrat et de la police juive, ainsi qu’un nombre restreint d'artisans et leurs familles, sont laissés en vie. Ils seront exécutés en octobre 1942.

113. Ostrog

Ostrog : la synagogue
Ostrog : la synagogue
Ville de Volhynie, en Ukraine, Ostrog appartenait autrefois à la Pologne. L’arrivée des Juifs à Ostrog date du XVème siècle. En 1495 les Juifs sont chassés d'Ostrog, dans le cadre de l'expulsion générale des Juifs du grand duché Lituanie, mais ils peuvent revenir peu après. La communauté est détruite pendant le soulèvement des cosaques de Chmielnicki en 1648 - 1649 et 1.500 familles (environ 7.000 personnes) sont massacrées. En 1661 il y a seulement cinq familles juives dans la ville. Plus tard la communauté regagne ses anciennes positions en Volhynie. Les Juifs d'Ostrog échappent miraculeusement aux incursions des Haidamack (bandes de pillards Ukrainiens fanatisés par les prêtres orthodoxes) au milieu du XVIIIème siècle et des Tatars. Ils survivent également aux destructions des troupes russes en 1792 qui attaquent la synagogue d'Ostrog qu’ils prennent pour une une forteresse, avant le second partage de la Pologne. À la fin du XVIIIème siècle la population juive compte moins de 2.000 âmes et 2.206 en 1830. En 1847 ils sont 7.300 et 9.208 en 1897 sur une population totale de 14.749 habitants.

En 1939 presque 10.500 Juifs vivent à Ostrog, quand les Soviétiques prennent la ville et la gardent d’octobre 1939 à juin 1941. Les institutions juives sont supprimées et des Juifs exilés. L’étatisation et la collectivisation touchent cruellement la communauté. Un certain nombre de jeunes sionistes fuient à Vilna dans l'espoir d'atteindre la Palestine. Lorsque la guerre éclate le 22 juin 1941, de nombreux Juifs, dont des groupes de jeunes, quittent la ville à la suite de l’armée soviétique. 9.500 Juifs restent à Ostrog, dans laquelle la Wehrmacht arrive début juillet 1941. Immédiatement commence une campagne de meurtres et de pillages envers la population juive. Le 4 août 1941, 3.000 Juifs sont errêtés, conduits dans une forêt voisine et exterminés. Parmi eux, les membres du premier Judenrat et leur président le rabbi Ginzburg. Le 1 septembre une action semblable élimine 2.500 Juifs supplémentaires.

Un second Judenrat est installé, dirigé par Avraham Komedant, Chaim Dawidson, Yakov Gurewitz et Yakov Kaplan. La troisième et ultime «Aktion» a lieu le 15 octobre 1942: 3.000 personnes sont capturées et assassinées aux environs de la ville. Environ 800 Juifs s’échappent en forêt, mais peu survivent, souvent attaqués ou trahis par les paysans ukrainiens, ou assassinés par les troupes des nationalistes ukrainiens d’Etienne Bandera. Certains de ces évadés organisent cependant des unités partisanes qui opèrent dans la région sous les ordres de Yakov Kaplan, Mendel Treiberman et Pesach Eisenstein.

Lorsque les forces soviétiques reviennent à Ostrog le 4 février 1944, il reste environ 30 Juifs dans les rangs des partisans. Une trentaine d’autres émergent de leurs caches. Plus tard reviennent enfin les anciens habitants Juifs qui s'étaient sauvés en Union soviétique. La grande majorité de ces survivants d’Ostrog partent pour la Pologne, puis en Israel ou d'autres pays étrangers.

La communauté n'a pas été reconstituée après la guerre mondiale.

114. Ostroleka

Ville du district de Varsovie, Ostroleka na pas de communauté juive avant le XIXè siècle. En 1827 la communauté compte environ 560 membres (16% de la population totale), mais 1.129 (36%) en 1856, 4.832 en 1897 et 6.219 (53,5%) en 1909. Elle retombe à 3.352 personnes (36,6%) en 1921.

Ostroleka est occupée par les Allemands en septembre 1939. Des Juifs sont attaqués et leurs biens confisqués. Puis tous les Juifs sont obligés de passer dans le secteur soviétique proche dans les trois jours. Durant l'expulsion beaucoup sont tués et leur propriété volée. Les Juifs d'Ostroleka sont dispersés par les Soviétiques dans tout leur secteur et se retrouvent à Bialystok, Slonim, Lomza, et dans d'autres villes. Les Soviétiques leur imposent de nombreuses restrictions et en expulsent nombre d’entre eux à l'intérieur de l’Union Soviétique. Ceux qui restent dans le secteur tombent entre les mains des Allemands après le début de l’opération Barbarossa (22 juin 1941) et souffrent les mêmes persécutions que les Juifs locaux: travail, famine, maladies et, en fin de compte, extermination.

115. Ostrow Mazowiecka

Ville du district de Varsovie, Ostrow accueille ses premiers Juifs de manière durable au XVIIIè. En 1765 il y a 68 Juifs dans la ville et 45 Juifs dans six villages environnants. Malgré les restrictions et la limitation du nombre de Juifs, il y a 382 Juifs à Ostrow Mazowiecka en 1808 (34% de la population totale) et 2.412 en 1857. La communauté possède une yeshiva dès 1850. Un conflit assez violent oppose dans la seconde moitié du XIXè les Juifs tenants du hassidisme, aux Juifs «Mitnagdim», beaucoup plus orthodoxes. En 1897 la communauté juive compte 5.910 membres (60% de la population). En 1921, les Juifs sont 6.812 Juifs et en 1934 les Juifs de Komorowo sont été incorporés dans la communaté d’Ostrow Mazowiecka.

Plus de 7.000 Juifs demeurent à Ostrow Mazowiecka lorsqu’arrive l'armée allemande le 8 septembre 1939: deux jours plus tard, 30 Juifs sont tués et des maisons juives pillées. Fin septembre 1939 l'armée allemande se retire pendant quelques jours et l'armée soviétique stationne dans la banlieue de la ville puisque, selon l’accord germano soviétique, Ostrow Mazowiecka est ville frontière allemande. Avant que la Wehrmacht ne revienne, presque tous les Juifs en profitent pour passer du côté soviétique.

Le 11 novembre 1939, les Allemands rassemblent les 560 Juifs restant, les mènent dans une forêt hors de la ville, et les exécutent. La plupart des réfugiés Juifs du coté soviétique rejoignent la ville de Bialystok, et beaucoup vont se faire surprendre lorsque les Allemands envahissent l’Union Soviétique en juin 1941 et vont partager les conditions de vie difficile puis le sort tragique des Juifs de Bialystok.

Après la guerre la communauté juive d’Ostrow Mazowiecka n'a pas été reconstituée.

116. Ostrowiec

Ville du district de de Kielce, Ostrowiec possède une communauté juive forte de 1.064 membres en 1827. La population passe à 2.736 personnes en 1856 (80% de la population totale), à 6.146 en 1897 (62,8%) et à 10.095 en 1921 (51%). La plupart des Juifs d’Ostrowiec sont de condition sociale très modeste.

Lorsqu’éclate la seconde guerre mondiale, il y a environ 8.000 Juifs à Ostrowiec. Le Judenrat est formé en septembre et un ghetto créé en avril 1941, où sont enfermées 16.000 Juifs de la ville et des environs. Les Juifs sont soumis aux travaux forcés dans le bâtiment, les travaux publics, les cimenteries et briqueteries et dans divers ateliers. La première «Aktion» a lieu les 11 et 12 octobres 1942, lorsque 11.000 Juifs d'Ostrowiec et des environs sont expulsés au camp de la mort de Treblinka alors qu’environ 2.000 sont exécutés sur place. Le même mois est créé un camp de travail à Ostrowiec. Le 16 janvier 1943, 1.000 Juifs sont envoyés au camp de travail forcé de Sandomierz.

La communauté juive est liquidée le 10 juin 1943, quand les 2.000 Juifs restants dans la ville sont transférés dans le camp de travail forcé d’Ostrowiec, qui est lui-même liquidé le 3 août 1944: les détenus du camp sont envoyés à Auschwitz.

Après la guerre la communauté d'Ostrowiec n'ait pas été reconstituée.

117. Ostryna

Ville de la voïvodie de Grodno, en Biélorussie, Ostryna appartient à la Pologne entre les deux guerres mondiales. Les Juifs sont mentionnés dans la ville depuis 1569. Il y a 405 Juifs à Ostryna en 1847, 1.440 (59% de la population totale) en 1897 et 1.067 (67,3%) en 1921. Quand Ostryna est évacuée par les Allemands en 1919 la jeunesse juive et les vétérans militaires créent une force de police juive d’autodéfense. La commmunauté juive de la ville est très bien organisé et possède une excellente infrastructure sociale, culturelle, politique et éducative. Un fort mouvement sioniste s’y développe et beaucoup de Juifs rejoignent la Palestine.

Les Allemands entrent dans la ville le 25 juin 1941, tous les Juifs sont obligés de porter l'insigne jaune, et peu de temps après un Judenrat est établi. Une semaine après l'invasion, les premiers Juifs sont exécutés. En octobre 1941 les Juifs d'Ostryna, ainsi que ceux de Nowy - Dwor, au nombre de 1.200, sont concentrés dans deux petits ghettos. Le 2 novembre 1942, tous les Juifs du ghetto d'Ostryna sont envoyés dans le camp de travail forcé de Kelbasin près de Grodno, et à la fin du mois sont déportés à Auschwitz. Quelques jeunes réussissent à sauter des trains allant à Auschwitz et rejoignent les unités partisanes.

118. Oswiecim Auschwitz

Les Juifs habitent à Oswiecim-Auschwitz dès 1563. En 1588 la communauté érige une synagogue et un cimetière. Les Juifs d’Oswiecim souffrent beaucoup des ravages de la guerre de Suède entre 1656 et 1658. Selon un recensement de 1765 il y a 133 résidants Juifs dans la ville. Le dernier recensement autrichien de 1910 compte 3.000 Juifs résidant à Oswiecim et en 1921, les Juifs représentent 40% de la population totale de la ville, soit 4.950 habitants.

La communauté est détruite dans le camp proche.

119. Otwock

Otwock est une ville de la région de Varsovie, connue comme centre de cure. Une communauté juive de 14.200 personnes y habite en 1939. En octobre 1939, un mois après l’occupation de la ville, les nazis incendient toutes les synagogues. En été 1940 quelques centaines de jeunes hommes sont expulsés dans le camp de travail de Tyszowce. Un ghetto fermé est établi en janvier 1941. Les conditions de vie y sont telles que le typhus fait son apparition et, avec la famine régnante, tue plus de 2.000 personnes. Un an après, 150 jeunes hommes sont expulsés au camp nouvellement ouvert de Treblinka, où ils sont parmi les premières victimes. En avril 1942, 400 Juifs sont expédiés au camp de travail de Karczew.

La grande déportation au camp d’extermination de Treblinka commence en août 1942. Environ 7.000 Juifs sont exterminés à Treblinka, alors que 3.000 autres, qui tentent de faire de la résistance passive en se cachant sont découverts et tués sur place entre le 19 et le 30 août 700 Juifs réussissent à fuir dans les forêts environnantes mais sont recherchés durant plusieurs jours et exécutés par les Allemands. Le camp de travail de Karczew est liquidé le 1 décembre 1942. Après la guerre environ 400 Juifs sont revenus dans la ville, mais par la suite ils ont tous quitté la Pologne.

C’est du ghetto d’Otwok qu’est parvenu le poignant témoignage de Calel Perechodnik, un ingénieur agronome ayant fait ses études à Toulouse, mort à Varsovie en 1944, qui s’engage dans la police juive du ghetto, persuadé que cette position lui permettra de préserver les siens… Il échappe à la déportation, se cache dans la partie «aryenne» de Varsovie, et y rédige ses mémoires, entre le 7 mai et le 19 août 1943, «Suis-je un meurtrier ?». Il écrit afin de survivre à une mort qu’il estime certaine, mais aussi pour perpétuer la mémoire de sa femme qu’il a lui-même conduite sur le lieu de rassemblement en vue de la déportation.

120. Ozery

Ville de la voïvodie de Grodno, en Biélorussie, Ozery est habité par des Juifs dès 1667 qui y édifient une magnifique synagogue en bois. De 552 membres en 1847 la population juive grimpe à 1.892 en 1897, mais retombe à 867 âmes (49,4%) en 1921. Ozery est réputé comme lieu d’étude de la Torah, attirant de nombreux jeunes hommes de toute la région. Les Juifs de la ville sont parmi les pionniers de la colonisation juive en Argentine.

Quant les Allemands occupent la ville en juin 1941, les Juifs sont immédiatement brutalement traité: coups, humiliations, vols des biens, enrôlement pour le travail obligatoire, confiscation des la propriété. Un ghetto est rapidement établi, cerné de barbelés et gardé par la police et les auxiliaires Bélarusses. Les détenus du ghetto travaillent dans les forêts et les plantations de tabac, pour un salaire quotidien d'un mark, dont la moitié est déduite en tant qu’»impôt Juif.» Les Juifs des villes voisines d'Eisiskes, Vasilishki, Nowy Dwor et Porechye, sont également concentrés dans le ghetto d'Ozery.

Le 11 novembre 1942, tous les Juifs (1.370 selon un document nazi) sont été transférés au camp de travail forcé de Kelbasin près de Grodno, et de là, quelques semaines plus tard sont envoyés à Treblinka.

121. Ozorkow

Ozorkow est une ville du district de Lodz, fondée en 1811 grâce à l’installation dans la région de l’industrie textile. La population juive se développe en même temps que l’industrie, et en 1860 il y a 1.978 Juifs (38% de la population totale) dans la ville. Au moment de la seconde guerre mondiale, les Juifs sont environ 5.000 dans la cité.

La ville est prise par la Wehrmacht la 5 septembre après une rude bataille. A peine dans la ville, les Allemands attrappent et exécutent 234 Juifs dans les rues. Puis ils incendient les synagogues et d’autres établissements Juifs. Les Juifs sont ensuite obligés de déblayer les ruines. Un Judenrat est créé et est principalement chargé de fournir des bras pour le travail forcé. Fin 1939 de nombreuses familles sont expulsées de leurs habitations et un ghetto est graduellement établi.

La liquidation de la communauté a lieu au courant de l’été 1942: un première «Aktion» envoie 500 personnes à Chelmno. En avril les Allemands pendent huit Juifs en public à cause de la fuite d’une femme du ghetto. La plus grande «Aktion» se déroule du 21 au 23 mai 1942: 2.000 Juifs sont envoyés à Chelmno et 800 dans le camp de travail de Lodz. Tous les enfants de moins de dix ans font partie des victimes de Chelmno. La déportation finale a lieu le 21 août 1942, quand environ 1.200 artisans sont transférés dans le ghetto de Lodz.

122. Pabianice

Pabianice : dans le ghetto en 1940
Pabianice : dans le ghetto en 1940
Ville du district de Lodz, en Pologne centrale, Pabianice est une des plus anciennes villes du pays. La croissance de la population juive est étroitement liée au développement de l'industrie textile locale. Dès 1850, avec l’apparition de la vapeur dans les usines textiles, un grand nombre d'ouvriers Juifs sont employés dans les ateliers. Le nombre de Juifs passe ainsi dans le ville de de 27 en 1808 à 5.017 en 1897 (18% de la population totale). La première guerre mondiale frappe durement la ville ; beaucoup d’habitants fuient, mais reviennent après l'armistice. En 1921 les Juifs sont 7.230. La communauté juive est très marquée par le hassidisme, mais aussi le sionisme, très influent après le premier conflit mondial.

Pabianice : liquidation du ghetto, le 16 mai 1942. Les Juifs sont transférés dans le ghetto de Lodz
Pabianice : liquidation du ghetto, le 16 mai 1942. Les Juifs sont transférés dans le ghetto de Lodz
Les forces allemandes entrent dans la ville le 8 septembre 1939, et mettent immédiatement en œuvre l’appareil répressif contre la population juive. La magnifique synagogue du XIXè est détruite le jour de Roch Hashana et transformée en écurie. A Yom Kippour une campagne intensive d'enlèvement a lieu dans les rues et dans les endroits clandestins. En novembre beaucoup de Juifs sont brutalement expulsés de leurs maisons, afin de faire de la place pour des Allemands qui arrivent. En même temps le Président et trois autres membres du Judenrat sont arrêtés et deux d'entre eux assassinés. En février 1940 un ghetto est formé dans la vieille ville où 8.000 à 9.000 Juifs sont entassés. Les relations avec les non - juifs sont encore possibles et l’accès au ghetto permis. Les artisans Juifs continuent à bien gagner leur vie, et peuvent ainsi compléter les maigres rations assignées par les Allemands. Cependant, en raison de dissensions internes, plusieurs membres du Judenrat, y compris son président, Jehiel Rubinstein, sont dénoncés par un groupe de Juifs, arrêtés et déportés dans des camps de concentration en Allemagne où ils vont tous mourir.

Pabianice : liquidation du ghetto, le 16 mai 1942
Pabianice : liquidation du ghetto, le 16 mai 1942
En février 1942 les Allemands font effectuer un «examen médical» à tous les Juifs de Pabianice âgés de dix à 60 ans. ans et le plus vieux. Les «aptes» sont classés «catégorie A», les malades et vieux «catégorie B». La liquidation du ghetto suit le 16 mai 1942. Environ 3.500 Juifs de la «catégorie  A» et quelques enfants sont envoyés dans le ghetto de Lodz. Les 150 patients dans l'hôpital sont exécutés sur place, 180 tailleurs sont maintenus à Pabianice pour achever le travail en cours et tout le reste de la population juive, la «catégorie B» est expédié à Chelmno. Après la liquidation du ghetto, environ 250 Juifs de Pabianice sont employés dans le grand entrepôt situé tout près de Dombrowa où toute une partie des vêtements et textiles de la population juive exterminée du Warthegau est traitée, assortie et réparée et envoyée aux divers services du WVHA.

123. Parczew

Forêt de Parczew : partisans juifs du groupe Grynszpan en 1943
Forêt de Parczew : partisans juifs du groupe Grynszpan en 1943
Parczew est un chef lieu de région dans le district de Lublin. Une communauté juive organisée y existe au début du XVIè siècle. En 1564, 11 maisons appartiennent à des Juifs. La ville est sévèrement ruinée durant la guerre du Nord (1700 - 1721), et en 1718 on compte seulement 4 Juifs à Parczew. La ville renaît et en 1765 il y a 303 Juifs qui payent l’impôt, preuve de leur activité débordante. Sous la domination russe, les Juifs jouissent d’une grande liberté. En 1827 la communauté compte 1.079 membres (37% de la population totale), et 1.692 en 1857. En 1921 il y a 4.005 Juifs (51%). Entre les deux guerres mondiales, le sionisme est très actif à Parczew.

Il y a 5.000 Juifs à Parczew le 1 septembre 1939 lorsque la Wehrmacht attaque la Pologne. La communauté vit dans une relative tranquillité jusqu’en été de 1942. A l’été arrivent les 2.500 Juifs du ghetto de Kock. A partir du 19 septembre 1942, les Allemands commencent à rafler des gens et à former de convois visant à transporter les Juifs de la ville et des milliers d’autres des environs à Treblinka. Connaissant le sort qui les attend, des milliers de Juifs s’enfuient dans l’immense forêt de Parczew (Lasy Parczewskie). Ils y forment des «camps familiaux» vivant dans la forêt dans d’épouvantables conditions. Les Allemands montent des opérations spéciales de «Judenjagd», chasse au Juif... Trois opérations, la première en novembre et les deux autres en décembre aboutissent à l’extermination de centaines de ces familles juives. De nombreux Juifs meurent de faim, de froid et de maladie dans la forêt.

Deux de ces camps familiaux composés de quelques centaines de Juifs réussissent à passer l’hiver 42-43 dans la forêt et à échapper aux Allemands: «Altana» et «Tabor». Mais ils sont confrontés à des bandes d’anciens prisonniers de guerre de l’armée rouge qui vivent aussi dans la forêt et ne songent qu’à profiter de la situation. Ils s’en prennent aux Juifs et aux femmes. L’une d’elles est assassinée par un russe qui tentait de la violer… L’assassin est tué à sont tour par un partisan Juif… Finalement, seuls 200 Juifs environ réussissent à survivre dans la forêt et sont libérés en juillet 1944 par l’Armée Rouge.

Durant l’année 1943, un bataillon de guérilleros, sous le commandement d'un officier Juif polonais, Alexander Skotnicki, s’établit dans la forêt de Parczew et en fait sa base opérationnelle. Son objectif principal est la ligne de chemin de fer Lublin – Siedlce par laquelle passent de nombreux convois militaires. Un de ses détachements, formé de Juifs de Parczew, est commandé par Jechiel Grynszpan. Ne disposant au départ que de deux fusils et d’un pistolet, il réussit après une série de coups de mains à faire main basse sur 7 fusils, des munitions et quelques grenades. Environ 150 de ces partisans vont réussir à survivre.

124. Piaseczno

Piaseczno est une ville du district de Varsovie (au sud-est de la capitale) où les Juifs sont présents au XVIIIè. Mais en 1740 le roi Auguste III interdit la résidence des Juifs dans la cité. Après l'abolition de ce décret par le gouvernement russe, la population de la ville renaît et compte 1.328 habitants en 1865 et 5.604 en 1921, dont 2.256 Juifs. Après la première guerre, le sionisme est très actif dans la ville.

Quand les Allemands arrivent en ville en septembre 1939, il y a 3.000 Juifs dans la ville. La communauté juive est liquidée entre le 22 et le 27 janvier 1941, quand tous les Juifs sont expulsés dans le ghetto de Varsovie dont ils vont partager le destin.

Après la guerre la communauté juive n'a pas été reconstituée.

125. Pinczow

Pinczow est une ville du district de Kielce, au sud de cette ville. La date de l’établissement de la communauté juive est inconnue. Durant les attaques menées par le hetman polonais Stephan Czarniecki, en 1656, les Juifs de Pinczow sont relativement épargnés. En 1765 il y a 2.862 Juifs enregistrés dans la région, dont la plupart habitent dans la ville. En 1856 il y a 2.877 Juifs, qui représentent 70% de la population totale, et 5.194 en 1897 et 13.716 Juifs dans toute la région.

3.500 Juifs habitent Pinczow quant arrive la Wehrmacht en septembre 1939. En octobre 1942, 3.000 Juifs sont envoyés au camp de la mort de Treblinka. Durant la déportation, des centaines de Juifs réussissent à se sauver dans les forêts environnantes. Une centaine d’entre eux rejoignent deux unités partisanes juives dirigées par Michal Majtek et Zalman Fajnsztat. Ces unités fusionnent et se battent dans les environs jusqu'en février 1944, date à laquelle elles subissent des très lourdes pertes dans la région de Pawlowice.

Après la guerre, la communauté juive de Pinczow n’est pas reconstituée.

126. Pinsk

Pinsk : plan du ghetto
Pinsk : plan du ghetto
Pinsk est une des grandes villes de Biélorussie, en Polésie, qui a appartenu à la Pologne. Les Juifs habitent à Pinsk dès le XVIè et la ville est un centre hassidique important. Après la première guerre, le sionisme fait de nombreux adptes parmi les 25.000 Juifs de la communauté.

Pinsk : massacres du 4 août 1941
Pinsk : massacres du 4 août 1941
Le 4 juillet 1941, Pinsk est prise par les Allemands. Il y a alors 30.000 Juifs dans la ville, soit 70% de la population totale. Le jour suivant, 16 Juifs sont arrêtés et exécutés. Dans la seconde moitié de juillet un Judenrat de 28 membres dirigé par David Alper est installé. Le 30 juillet 1941, arrive un ordre de Reichsführer Heinrich Himmler: «tous les hommes Juifs de Pinsk doivent être exécutés, et les femmes et les enfants doivent être conduits dans les marais». Le 2 août 1941, Bruno Magil, commandant de la 2ème brigade SS de cavalerie envoie ses 1è et 4è compagnies avec l'ordre de liquider les Juifs de Pinsk. Le 4 août, Charwat, commandant de la 1è compagnie, arrive à Pinsk en vue de coordonner l’»Aktion» avec le Commandent Werthof de Pinsk. Werthof dit qu'il n'est pas possible d'exécuter les ordres de Himmler avec précision: les femmes et les enfants ne pourront pas être poussés dans les marais parce qu'en cette saison ils ne sont pas assez profonds pour y noyer des gens. De plus, il n’y a pas assez de camions pour transporter toutes les personnes, victimes et assassins, sur les lieux de l’action. En attendant, Charwat et Werthof s’occupent de l’exécution de tous les hommes Juifs entre 16 et 60 ans. Le 5 août, 8.000 Juifs hommes sont rassemblés sous le prétexte qu'ils doivent travailler à la réparation de la voie de chemin de fer. Parmi eux, 20 membres du Judenrat et son Président. Tous sont emmenés hors de la ville près du village de Posenich, à 4 kilomètres de Pinsk, assassinés et enterrés dans des fosses communes. La 4è compagnie arrive dans la soirée et deux jours plus tard, le 7 août, 3.000 nouveaux Juifs sont arrêtés, menés près du village de Koslakowich et exécutés. Le 8 au sois les compagnies SS quittent Pinsk pour continuer leur travail dans d’autres lieux. Ce départ laisse du répit aux 20.000 Juifs «survivants», principalement des femmes et des enfants, répit qui va durer jusqu’à l’établissement du ghetto le 1 mai 1942

Pinsk : liste de recensement des Juifs
Pinsk : liste de recensement des Juifs
Le ghetto comprend en tout et pour tour 240 maisons, réparties dans 23 rues et dans lesquelles vont s’entasser entre 18 et 20.000 personnes, soit environ 10 personnes par pièce… On a retrouvé dans les archives de Brest un rapport de 550 pages dressant entre autres la liste des personnes du ghetto: officiellement, elles sont 18.287, dont 86% sont des femmes et des enfants de moins de 15 ans, et 14% des hommes au dessus de 15 ans… 5.112 personnes sont enrôlées pour le travail forcé, dont 3.168 femmes, et travaillent dans 44 ateliers différents: service de la population de la ville (1.284, dont 364 «bonnes» au service des ménages non Juifs), travail pour le Judenrat (1.175), travail directement pour les Allemands (999), travail dans les usines et scieries (859), travail dans les petits ateliers (785). Comme 1 travailleur sur 4 est employé dans des secteurs où il est possible de s’approvisionner en nourriture (secteur agricole, ménages, distribution du pain rationné et des légumes), le ghetto réussit à survivre, même dans de terribles conditions, durant 6 mois.

Pinsk :le mémorial du cimetière de Karlin, où le 23 décembre 1943 sont massacrés les derniers survivants du « petit ghetto » de Pinsk
Pinsk :le mémorial du cimetière de Karlin, où le 23 décembre 1943 sont massacrés les derniers survivants du « petit ghetto » de Pinsk
Le 27 octobre, 1942, arrive un nouvel ordre du Reichsführer Heinrich Himmler: il faut liquider le ghetto de Pinsk, même s’il est économiquement rentable. le 29 octobre, juste avant l'aube, le ghetto est cerné par des compagnies des forces spéciales. Pendant les trois jours suivants, tous les Juifs de Pinsk sont emmenés en de longues colonnes à coté du village de Dobrovolie, à 5km de Pinsk où des fosses avaient été préparées. Ils y sont tous exterminés. Seuls restent dans le ghetto 123 cordonniers et tailleurs, qui achèvent de nombreuses commandes privées pour les Allemands. Le 23 décembre 1942, ils sont emmenés au cimetière Juif de Karlin et y sont exécutés.

127. Piotrowice

Piotrowice est une ville située à environ 90 kilomètres à l'ouest de Lublin à coté de la ville de Naleczow. Lublin est occupée par les Allemands le 18 septembre 1939, et en mars 1941, environ 10.000 Juifs de Lublin sont «reclassés» dans les villes autour de Lublin, comme Piotrowice.

Le ghetto est liquidé en novembre 1942, quand les derniers Juifs sont envoyés à Majdanek.

128. Plock

Ville du district de Varsovie, Polck (Plotzk) est au Moyen Age la capitale de la Mazovie (avant Vorsovie) et compte alors une des plus anciennes communautés juives de Pologne, puisque les fils de Sion y sont mentionnés dès 1237. Le quartier Juif est mentionné la première fois en 1532.; en 1616 il y a environ 400 Juifs à Plock. Une synagogue est construite en 1534 et un cimetière consacré en 1570. La communauté est victimes de nombreuses émeutes, particulièrement en 1534, 1570, 1579, 1590, et 1656. Après les ravages de la guerre du Nord en 1705, la communauté juive souffre de l'attitude hostile de la noblesse et de l'église. En 1754 la situation s’aggrave encore à cause d’une accusation de meurtre rituel.

Il faut attendre les premières années du XIXè et la domination prussienne pour que la situation des Juifs de la ville s’améliore considérablement. Ainsi la population passe de 731 membres en 1800 à 1.932 en 1808 (49% de la population totale). En 1810 un énorme incendie ravage le quartier Juifs et la synagogue. En 1811 le gouvernement du grand duché de Varsovie confine les Juifs dans un ghetto de huit rues, restriction qui reste en vigueur jusqu'en 1862. En 1827 il y a 3.412 Juifs à Plock et à partir de cette date débute la véritable croissance de la communauté qui se dote peu à peu d’une solide infrastructure religieuse, culturelle, économique, sociale et politique. Au début du XXème siècle, les mouvements du Bund et le Po'alei Zion s’implantent à Plock. Une yeshivah est ouverte en 1912 et en 1916 un lycée Juif est fondé. En 1921, les Juifs sont 7.352 Juifs (29% de la population totale) à Plock. Entre les deux guerres naissent 3 banques coopératives, des syndicats Juifs pour l'industrie du vêtement, une école Tarbut (pour former à l’émigration en Palestine), une école Ort, un mensuel...

Plock : déportation des Juifs de la ville
Plock : déportation des Juifs de la ville
Les premières bombes tombent sur Plotzk le 1er septembre 1939. De nombreux habitants fuient à Varsovie.La Wehrmacht entre dans la ville le 8 septembre 1939. Pendant 2 ou 3 semaines la ville est régie par la loi militaire et aucune mesure anti-Juive n'est prise les militaires. Les soldats allemands achètent même dans les magasins et certains avertissent des Juifs du danger qui les menace. Certains réfugiés reviennent même de la ville voisine de Gombin. Aux derniers jours de septembre la vie semble être redevenue normale.

Mais le 7 octobre 1939, Plotzk est annexée à la Prussie occidentale (Gau West-Preussen), et le pouvoir est transmis aux organes du parti, particulièrement à la Gestapo. La terreur commence: confiscation des magasins Juifs, kidnappings pour le travail forcé, traitements sadiques des Juifs religieux... Le 15 octobre 1939, les nazis forment un Judenrat de 10 notables Juifs et lui annonce l’imposition d’une amende collective de 1 million de zlotys pour «déloyauté» envers les autorités allemandes. Le Judenrat dispose de quelques heures pour récolter les fonds et 3 de ses membres sont gardés en otages, maltraités et battus. Après que des négociations, les Allemands acceptent de baisser la somme à un demi-million et de libérer les otages. En même temps, les Juifs sont obligés de quitter les quartiers résidentiels mixtes et l’occupant pille les maisons anbandonnées, emportant meubles, ustensiles, linge etc... Les Juifs sont forcés de saluer les Allemands en uniforme en enlevant leurs chapeaux et interdits de trottoirs. Beaucoup de Juifs sont enlevés de nuit et disparaissent. La pression constante maintenue par la Gestapo rend le quotidien invivable. La grande synagogue, pillée, est convertie en garage, la petite synagogue démolie et le Beit Hamidrash de la rue Szeroka transformé en lieu de concentration pour les «Juifs du travail» et en centre de police juive. De nombreux bureaux allemands enploient les rouleaux de la Torah comme tapis d’escaliers ; l'arrestation et le rasage de Juifs sont une scène quotidienne commune ; des Juifs religieux sont forcés de danser dans les rues avec leurs châles et teffilins sous les quolibets des Allemands…

Les derniers jours d'octobre 1939 toutes les entreprises industrielles et commerciales sont officiellement fermées et confisquées. Puis les autorités les remettent à des Allemands. Fin novembre 1939 les Juifs sont forcés de porter l’étoile jaune. À la fin de l’année, les Allemands nomment un nouveau Judenrat, se composant de personnalités connues et de quelques nouvelles personnes, qui jusque-là n'avaient pris aucune part active dans des affaires publiques. Une des premières tâches du Judenrat est le créer une police juive, puis de fournir aux Allemands la main d'oeuvre pour les autorités militaires et civiles et enfin de réglementer la vie de la population. Le Judenrat parvient à maintenir quelques magasins ouverts. Une pharmacie, une clinique et une poste juives sont également ouvertes.

Le ghetto Juif est établi sur ordre en septembre 1940 rue Synagogalna, rue Szeroka, et rue Bielska. Nul Juif ne peut quitter le ghetto sans laisser-passer spécial («Strassenschein») ; tous les contacts avec le monde extérieur sont coupés ; 7.600 Juifs de Plotzk et 3.000 réfugiés de Dobrzyn, Rypin, Sierpc, Raciaz vient dans le ghetto en décembre 1940. Les conditions de vie y deviennt rapidement très précaires: faim, froid, maladies épidémiques, manque de médecins et de médicaments rendent la vie terrible. En même temps, les nazis commencent à persécuter l'intelligentsia polonaise. De nombreux avocats, médecins et professeurs polonais sont envoyés dans les camps de concentration ou tués, et les églises sont fermées. Dans le ghetto le Judenrat tente par tous les moyens dont il dispose d'empêcher la déportation des Juifs de Plotzk en subornant les Allemands avec de l'argent, des boissons et divers présents. Il se transforme néanmoins en instrument et exécutant des ordres des Allemands.

Les signes avant coureurs des grandes déportations apparaîssent en septembre 1940: un samedi, les Allemands arrêtent brutalement tous les pensionnaires de la maison de retraite, les embarquent pour le village de Dzialdowo où ils les massacrent, hormis 12 qui parviennent à s’échapper. Plus tard le Judenrat est obligé de composer une liste de personnes incurables, malades ou estropiées. Toutes disparaîssent. Une quinzaine plus tard encore, le Judenrat dresse une liste de responsables sionistes. Il donne le change en soumettant une liste de de personnalités décédées ou échappées en Russie. En réponse, les nazis arrêtent 5 Juifs au hasard dans la rue et les envoyent dans un camp…

Quelques jours avant le 20 février 1941, 25 hommes sont arrêtés et tués, sous prétexte d’avoir projeté un attentat contre la Gestapo. C’est la première exécution massive à Plotzk, à laquelle les membres du Juderat sont forcés d’assister. Les Juifs de Plotzk pressentent la calamité. Ils dorment la nuit avec leurs valises, prêts à fuir… Pour ne pas être surpris, ils organisent un système de veille. Le 20 février 1941 arrivent les rumeurs de l’imminence de la déportation. Elles cessent rapidement: ce jour là, les membres de la police juive sont convoqués au siège de la Gestapo où ils sont battus avec les fouets fournis par le Judenrat. En soirée circule la rumeur que la déportation avait été remise à plus tard grâce à de l’argent versé par le Judenrat pour suborner le commissaire Burg. C’est un piège. Le lendemain, à 4 heures du matin les patients de l'hôpital Juif sont arrachés de leurs chambres ; ceux qui font semblant de résister ou ne peuvent se déplacer, soit la moitié d’entre eux, sont battus à mort sur place. Au même moment, les SS jaillissent de 4 camions aux coins des rues Szeroka et Bielska, et aux cris de «Juden, heraus !» chassent les Juifs de leurs maisons et les concentrent dans la rue Szeroka. A midi, les SS commencent à les charger sur des camions, à 200 par véhicule. Quui ne peut grimper est abattu sur place. 4.000 Juifs sont ainsi envoyés au camp de concentration de Dzialdowo-Soldau ce le 21 février 1941. Ceux qui restent sont renvoyés chez eux. Le répit dure une semaine: le 1 mars 1941, le même scénario se répète: 7.000 Juifs, dont les membres du judenrat, sont expédiés en plusieurs jours par camions et train à Dzialdowo-Soldau, où ils sont parqués dans des baraques insalubres vidées de leurs anciens occupants.

Témoignage:

Soldau - Dzia?dowo En 1942, en Pologne, un Juif, Simha Guterman, cache dans une bouteille de longues et étroites bandes de papier, couvertes de sa fine écriture yiddish. En 1978, deux maçons polonais découvrent la bouteille sous la marche d'un escalier, ce récit du calvaire des Juifs de Plock, entre le début de la guerre et la destruction du ghetto, en mars 1941:

«Que celui qui veut connaître l'essence du fascisme et sa face hideuse vienne jeter un coup d'oeil ici, entre les blocs A et B. D'ailleurs, il n'aura pas le choix: les choses sont organisées de telle sorte que, quel que soit le bâtiment duquel on vient et vers lequel on se dirige, on passe obligatoirement devant les latrines, situées en plein air, à la vue de tous. Elles se composent de deux longues tranchées: l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes. Cinq mètres les séparent. Rien ne les isole l'une de l'autre. Une barre de bois court le long de chacune, en guise d'appui. Les barres sont placées de telle façon que les hommes sont face au dos des femmes. Le camp comptant plusieurs milliers de personnes, les latrines sont occupées en permanence. Pour aller chercher un peu de soupe ou de café, on est obligé de passer devant ce spectacle. Pour aller dans une autre baraque aussi ; c'est obligatoire, tout autre itinéraire étant interdit...

«Levez-vous, grands-pères allemands, Kant et Hegel, Goethe et Bach ! Mettez vous en rangs à côté de vos petits-fils bruns, à qui vous avez légué votre spiritualité, vos doctrines philosophiques, vos chefs-d'oeuvre littéraires, vos créations musicales ! Venez défiler devant les barres d'appui, entre les baraques A et B. Après cette visite, vous ne pourrez ni rincer vos mains, ni laver votre visage humilié, car dans le camp de Soldau, l'eau est introuvable et il est interdit de se laver.»

Simha Guterman, Le livre retrouvé

129. Plonsk

Plonsk est une ville du district de Varsovie où les Juifs vivent depuis 1446. En 1808, les Juifs sont 2.801, et 7.665 en 1910 (64% de la population totale). Quand la Wehrmacht entre à Plonsk le 5 septembre, la ville compte environ 6.000 Juifs, 2.000 s’étant enfui.

Rapidement, les hommes capables de travailler sont envoyés dans le camp de travail forcé de Nosarzewo et les femmes dans celui de Sierpc. Très peu en reviendront. Un ghetto fermé est établi en mai 1941. La communauté juive est liquidée entre le 1 et le 5 décembre 1952: les 12.000 Juifs de Plonsk et des villes environnantes sont envoyés en 4 convois à Auschwitz.

Après la guerre, la communauté juive de Plonsk n'a pas été reconstituée. David Ben Gourion (1886-1973) est originaire de Plonsk.

130. Podgaisty

Podhajce : la grande synagogue
Podhajce : la grande synagogue
Ville de la voïvodie de Tarnopol, en Ukraine (Podolie supérieure), Podgaisty (Podhajce) possède une communauté juive dès le XVIè. En 1667, les Tatars prennent la ville et massacrent les Juifs. La communauté se reconstitué et en 1764 compte 1.079 Juifs. Au XIXè, sous domination autrichienne, la communauté croît notablement et compte 6.000 membres en 1910. Puis la population baisse jusqu’à 2.871 âmes en 1931.

Podhajce : le mémorial
Podhajce : le mémorial
Podgaitsy est occupée par les Allemands en juillet 1941 et immédiatement les Juifs subissent des violences de la part des Ukrainiens. Après les excès désordonnés, ils sont dépouillés de leurs biens, voient leurs déplacements restreints et sont enrôlés pour le travail forcé. Un ghetto et un Judenrat sont créés, ce dernier dirigé par L. Lilenfeld. L’hiver 41-42 est particulièrement rigoureux et fait de nombreuxes victimes. De nombreux Juifs fuient dans les forêts voisines, mais la plupart d’entre eux sont rattrapés, dénoncés ou chassés. Pris, ils sont immédiatement exécutés. La communauté juive est définitivement liquidée le 6 juin 1943 et la ville déclarée «Judenrein».

La communauté n’a pas été reconstituée après la guerre.

131. Poznan

Poznan (Posen en Allemand) est une des grandes villes historiques de Pologne, ayant appartenu à la Prusse entre 1793 et 1807 puis entre 1815 et 1919. Poznan possède l’une des plus anciennes et l’une des principales communautés juives de Pologne. Les Juifs sont protégés dès 1264 par une charte du prince Boleslav le Pieux. Une communauté bien constituée habite dans la cité en 1379 et doit affronter en 1399 une accusation de meurtre rituel. Le développement de la communauté est interrompu en 1447 par un terrible incendie qui ravage la ville. Le rétablissement redémarre vers 1515-1525, inaugurant une période de progrès et de florescence spirituelle qui dure jusqu’à la fin du siècle. Avec 3.000 personnes (10% de la population de la ville) et 137 maisons en bois en pierre, Poznan devient le centre Juif de la grande Pologne. Ses rabbins sont identifiés dans tout le pays comme «les sages de Poznan». Ce qui n’empêche pas de sérieux incidents entre les communautés juive et chrétienne qui se soldent par des troubles, des restrictions, des interdictions de séjour, des expulsions, des meurtres (1521, 1523, 1532, 1537, 1545, 1554, 1556) Pendant les émeutes de 1577, 20 Juifs sont tués ; après un incendie en 1590 le quartier Juif est abandonné pendant deux années.

Le XVIIè siècle accumule une série de malheurs sur la communauté, victime des attaques des Jésuites, des émeutes consécutives à une épidémie de peste, de la guerre de Suède (1655 - 1660) et de nouvelles émeutes (1687). La population juive de la ville baisse sensiblement et la détresse économique s’accompagne du déclin social et culturel ; cette situation se prolonge au début du XVIIIè: nouvelles émeutes suite à la peste de 1709, attaque par l'armée de la Confédération de Tarnogrod (1716 - 17), incendie grave en (1717), inondation de la Warta et accusation de crime de sang en 1736… De plus en plus de Juifs partent s’installer à Varsovie. Ceux qui restent ne peuvent stopper le processus de désintégration de la vie communautaire, sociale et économique. Un autre incendie de 1764 détruit 76 maisons et fait de nombreuses victimes. La communauté d’environ 3.000 membres croule sous le poids des charges et des impôts.

La situation change totalement avec la venue des Prussiens: c’est l’émancipation. Des écoles secondaires élémentaires et générales sont ouvertes aux Juifs. La germanisation fait des progrès considérables ; les progrès économiques et culturels sont rapides, malgré la municipalité qui tente d’inciter les nouveaux gouverneurs à limiter le nombre et les activités des Juifs, surtout après un nouvel incendie en 1803 qui détruit le quartier Juif. La population juive est simplement «tolérée», état de fait qui ne change pas pendant des décennies… Le germanisation de la communauté est partiellement réalisé vers 1850 sous la pression des autorités prussiennes et malgré l'hostilité croissante des Polonais. Lorsque les délégués des Juifs sont élus à la municipalité en 1853, les Polonais sont pour la première fois en minorité. Les relations entre Allemands et Juifs s’améliorent alors nettement et, en conséquence, la germanisation s’intensifie. Les relations entre la communauté de Poznan et celles de Prusse et d'Allemagne centrale en sont renforcées tandis que celles avec les communautés de l'est s'affaiblissent. La population juive augmente (environ 6.000 en 1860) et sa situation économique s'améliore notablement. Une magnifique synagogue est construite et des conventions rabbiniques s’y tiennent en 1876, 1877, 1897 et 1914.

La défaite de l'Allemagne en 1918 et l'annexation de Poznan par la Pologne porte un coup terrible aux Juifs qui avaient soutenu l'Allemagne dans la guerre. La domination polonaise est marquée par de nombreuses émeutes et un antisémitisme violent, mêlé d’anti-germanisme. La majorité des Juifs s’en vont, et dans les années 30 la communauté juive de Poznan ne compte pas plus de 2.000 membres.

Quant arrive la Wehrmacht, Poznan compte environ 1.500 Juifs, car nombre d'entre eux se sont échappés avant l'entrée des Allemands ou dans les premières semaines de l’occupation. «Posen» devient la capitale du «Reichsgau Wartheland». De ce fait, la communauté juive n’a qu’une brève existence: la synagogue est transformé en étable et les biens et avoirs des Juifs sont systématiquement pillés. Les Juifs possédant les plus belles demeures sont tout simplement jetés à la rue. Début novembre 1939, le HSSPf du Warthegau, Wilhelm Koppe, ordonne que Posen soit «judenrein» dans les trois mois. Les 11 et 12 décembre 1939, les Juifs sont expulsés à Ostrow Lubelski et dans d'autres villes du Gouvernement Général. Certains des réfugiés se retrouvent à Wloszczowa, Grodzisk Mazowiecki, Zyrardow, Wiskitki, et Blionie. Le 15 avril 1940, le «Ostdeutscher Beobachter» rapporte l’arrachage solennel, symbolique, cérémonial de la dernière étoile de David de la dernière synagogue de Poznan.

À partir de novembre 1939 des camps de travail forcé pour Juifs sont érigés dans la ville et dans ses environs, et ce jusqu’en août 1943. Les détenus viennent de diverses villes du Warthegau et travaillent dans les travaux publics, le bâtiment, dans des domaines agricoles et dans divers ateliers.

Après la guerre, 224 Juifs demeurent à Poznan en janvier 1946. Ils sont 343 en juin de la même année.

132. Pruzhany

Pruzana (Pruzhany) est une ville du sud-ouest de la Biélorussie. En 1931 Pruzhany a une population juive de 4.208 membres sur un total de 7.626 habitants.

Pruzhany est occupée par les Allemands le 23 juin 1941. Le 10 juillet, 18 Juifs sont arrêtés, accusés d’être des communistes et fusillés. Le 20 juillet un Judenrat de 24 membres est installé et reçoit l’ordre de rassembler immédiatement une rançon de 5 kilos d’or, de 50 kilos d’argent et de 500.000 roubles (95.000$ selon la valeur du rouble en 1940). Fin juillet, Pruzhany est annexée au district de Bialystok qui est incorporée au Reich en tant que région de Prusse, sous la poigne du Gauleiter Erich Koch. Début septembre 1941 un ghetto est formé dans lequel 4.500 Juifs de Bialystok et des villes voisines sont entassés le 18 octobre. L’espace moyen y est de 2m² par personne. La famine règne rapidement mais le taux de mortalité reste relativement bas, car le Judenrat pourvoit le ghetto en nourriture par contrebande et met en place des établissements d'assistance sociale et un hôpital pour les nécessiteux.

Le 3 janvier 1942, toutes les fourrures et vêtements chauds sont confisqués et une deuxième amende de 750.000 Reichsmarks (300.000$) est imposée. En mars 1942 d’autres Juifs arrivent d'Ivanovichi, de Stolbtsy, et d'autres endroits. Au printemps 1942, plusieurs groupes de résistance se forment dans le ghetto. L’un de ces groupes, mené par Yitzhak Shereshevski, établit le contact avec un groupe de résistance biélorusse. Le 2 janvier 1943, douze combattants Juifs quittent le ghetto et rejoignent les partisans dans la forêt. Un autre groupe de 18 personnes, mené par Yitzhak Friedberg, avait fui en décembre 1942 avec les armes prises dans des casernes et a intégré un groupe de partisans soviétiques. Ces groupes maintiennent les contacts avec le ghetto et aident de nombreux Juifs à fuir dans la forêt, leur fournissant armes et nourriture. La plupart des combattants intègreront les rangs de la brigade soviétique Kirov, appartenant à la Division Ponomarenko.

Le 1 novembre 1942, le ghetto est encerclé. Croyant à sa liquidation prochaine, 47 Juifs se suicident. En fait, il s’agit simplement d’un recensement. 9.976 personnes sont comptées et enregistrées, puis autorisées à retourner chez elles. Le 28 janvier 1943, le ghetto est à nouveau encerclé. Cette fois les Juifs de Pruzhany sont emmenés à la gare de Linova, et de là déportés par chemin de fer à Auschwitz - Birkenau en 3 convois, le dernier quittant Linova le 31 janvier. A Auschwitz, 2.000 Juifs (1.200 hommes et 800 femmes) sont «sélectionnés» les autres sont envoyés dans les chambres à gaz. Des 2.000 sélectionnés, pas plus de 200 sont encore vivants à la libération du camp. Au cours de cette liquidation environ 2.700 Juifs de Pruzhany se cachent. Ils sont pratiquement tous découverts et abattus sur place. Seul environ 20 survivent.

133. Przedborz

Przedborz est une ville du district de Kielce, où les Juifs s’installent dès le XVè siècle. La population juive croît notablement au XIXè siècle et les Juifs se spécialisent dans le commerce avec les marchés de l'empire russe. En 1865 75% de la population de la ville est juive ; en 1921 les Juifs sont 3.749 (63% de la population totale).

La communauté juive est liquidée entre le 9 et le 12 octobre 1942: tous les Juifs sont envoyés au camp de la mort de Treblinka. Après la guerre, la communauté juive de Przedborz n'a pas été reconstituée.

134. Przysucha

Przysucha est une ville du district de Kielce. En 1865 il y a 2.907 habitants dans la ville et en 1921, 3.238 habitants, dont 2.153 Juifs (66%).

Lorsque la Wehrmacht entre dans la ville, il y environ 2.500 Juifs à Przysucha. La communauté juive est liquidée entre le 27 et le 31 octobre 1942: les 4.000 Juifs de Przysucha et des environs sont envoyés au camp de la mort de Treblinka.

Après la guerre la communauté juive de Przysucha n'a pas été reconstituée.

135. Przytyk

Przytyk est une ville près de Radom, en Pologne centrale. La ville est célèbre dans les années 1930-1936 à cause du pogrom déclanché dans la cité et dont le monde entier est le témoin. Ce pogrom éclate après la mort du maréchal Pilsudski en mai 1935. Le 9 mars 1936, lorsque les paysans arrivent pour la foire saisonnière, ils sont incités à attaquer des marchands de bestiaux Juifs et à entrer par effraction dans les maisons juives ; 3 Juifs sont tués et 60 blessés. Les Juifs se défendent et dans les échauffourées qui s’en suivent, un Polonais non juif est tué. Dans le procès qui s’en suit et qui est bâclé, le Juif accusé est déclaré coupable et condamné à une lourde peine. En signe de protestation le Bund annonce une grève générale pour le 18 mars 1936.; la majorité des Juifs de Pologne, imités par de nombreux ouvriers polonais, s'associe à la grève.

Lorsque l’armée allemande entre dans la ville le 4 septembre 1939, la persécution contre les 2.500 habitants qui y vivent (70% de la population totale) se déclenche rapidement. Un décret du 5 mars 1941, ordonne l'évacuation immédiate de la population juive de Przytyk et d'environ 160 villages environnants. La résistance passive prolonge la déportation pendant plus d'un mois. Les réfugiés Juifs sont transférés dans environ 30 endroits différents dans le district de Kielce, mais après peu de temps sont reconcentrés dans deux villes seulement, Przysucha et Szydlowiec. De là, ils sont tous envoyés au camp de la mort de Treblinka et exterminés, en partie avec la population juive de Przysucha (31 octobre 1942) et en partie avec celle de Szydlowiec (13 janvier 1943).

La communauté juive n'a pas été reconstituée après la guerre.

136. Pulawy

Ville du district de Lubin, Pulawy accueille les premiers Juifs au début du XIXè siècle. Il y a une communauté juive déjà bien organisée à Pulawy en 1820. En 1897 la communauté compte 3.883 membres (73% de la population). En 1910 les Juifs sont 6.111 (61%). Durant la première guerre mondiale, la population juive diminue à cause de persécutions et d’un important incendie. Après la guerre, le Bund et l'Agudat Israel s’implantent dans la cité et acquièrent une grande influence, mais les cercles de Po'alei Zion et d'autres partis sionistes, ainsi que les communistes s’y développent fortement à leur tour. Des syndicats naissent, des écoles se crééent, ainsi qu’une bibliothèque. En 1921 il y a 3.221 Juifs (45% de la population) dans la ville.

Lorsqu’arrive la Wehrmacht, il y a 3.600 Juifs dans la ville. Fin octobre 1939, un ghetto ouvert est établi. Pour peu de temps: le 29 décembre 1939 la population juive entière est expulsée dans la ville voisine d'Opole Lubelskie, d’où tous les Juifs sont envoyés au camp de la mort de Sobibor en mai 1942 et exterminés.

Aucune communauté juive n'est reconstituée à Pulawy après la guerre.

137. Pultusk

Pultusk est une ville du district de Varsovie. Bien qu'il y ait eu quelques Juifs à Pultusk dès 1486, la ville ne voit sa population juive s’accroître que durant le XIXè siècle ; il y a 118 Juifs en 1810 (5% de la population totale), 4.769 en 1856 et 6.950 (45,7%) en 1909. Pendant la première guerre mondiale beaucoup de Juifs fuient à Varsovie, de sorte qu’en 1921 leur nombre passe à 5.919 (46% de la population totale). En Pologne indépendante la population juive se remet à croître et en 1931 il y a 8.300 Juifs (49% de la population) dans la ville.

La ville est prise par les Allemands le 7 septembre 1939, et le 11 septembre 14 Juifs sont assassinés. Pendant la fête de Sukkot 1939, les Allemands expulsent tous les Juifs de l'autre côté du fleuve Narev, dans la zone d’occupation soviétique. Tous les biens Juifs sont pillés, et sur le chemin vers le fleuve de nombreux Juifs sont maltraités et tués. Passé le fleuve, de nombreux Juifs se réfugient à Bialystok où ils sont soumis aux restrictions administratives imposées par les Soviétiques. Ils ont beaucoup de mal à se loger et à trouver du travail. En été 1940 beaucoup sont expulsés à l'intérieur de l’Union Soviétique, ce qui les sauve des griffes nazies mais ne les met pas à l’abri de la répression soviétique.

138. Radun

Radun : la synagogue
Radun : la synagogue
Village du district de Grodno en Biélorussie, Radun voit arriver les premiers Juifs vers 1538. Ils sont principalement fermiers, exercent une grande influence et obtiennent un statut leur garantissants tous les droits. En 1765, ils sont 581 qui payent des impôts dans la ville et la région. Dans la ville même vivent 283 Juifs en 1857, 896 (53% de la population) en 1897 et 671 en 1921. Radun possède une yeshiva célèbre, ou étudient plus de 300 étudiants.

En septembre 1939 lorsque l’armée rouge entre dans Radun, il y a 800 Juifs à Radun. La ville passe sous administration soviétique ; les libertés individuelles et collectives sont fortement restreintes. Le 1 juillet 1941 le village est occupé par la Wehrmacht. Les Juifs subissent les vexations classiques, mais pendant 9 mois la situation reste relativement calme.

La première grande «Aktion» se déroule le 10 mai 1942: 2.000 Juifs de Radun et de la réfion sont rassemblés et exécutés. La seconde «Aktion» liquide la communauté le 9 août. Quelques Juifs parviennent à échapper à la tuerie et fuient dans les forêts où ils rejoignent les partisans.

Après la guerre la communauté de Radun n’a pas été reconstituée.

139. Radymno

Ville du district de Rzeszow, au sud-est de la Pologne, sur le fleuve San, Radymno appartient entre les deux guerres au district de Lvov. Les premiers Juifs de la ville sont expulsés en 1711 et ce n’est qu’à la fin du XVIIIè qu’ils s’installent durablement, vivant de petit commerce. La population juive augmente graduellement, et autour de 1880 compte 898 membres (46% de la population totale). Pendant la guerre ce nombre diminue, et 808 Juifs vivent à Radymno en 1921.

Le destin de la communauté juive de Radymno ressemble à celui de beaucoup de villages de Galicie occidentale. Au cours du mois de juillet 1942, les populations juives de toutes les villes et villages de la Galicie occidentale font l’objet de sélections dans des «camps de transit» se trouvant le long de la voie ferrée menant à Belzec.: les «aptes» sont envoyés dans des camps de travail forcé dans le Reich ou en Pologne. Les autres, s’ils n’ont pas été massacrés auparavant, sont envoyés à Belzec. L’un de ces camps se trouve à Pelkinie, petite ville dans la forêt au nord-ouest de Jaroslaw où un camp pour prisonniers russes avait été installé en 1941. Au début du mois d’août 1942, les Juifs de Lancut, Lezajsk, Zolyn, Radymno et d’autres ghettos plus petits sont envoyés au camp de transit de Pelkinie. 12.000 d’entre eux, déclarés «inaptes au travail», sont envoyés à Belzec.

140. Radziwillow

Ville de Volhynie en Ukraine, Radziwillow voit s’installer une communauté juive au début du XVIIIè siècle. La communauté compte 3.064 membres en 1857 et 4.322 (59% de la population totale) en 1897. La population juive de Radziwillow a énormement souffert durant la première guerre mondiale et la guerre civile entre nationalistes ukrainiens et bolcheviques. En 1920 la ville est incorporée à la Pologne indépendante, mais la population juive est divisée par deux, puisqu’en 1921, elle ne compte plus que 2.036 membres.

La Wehrmacht entre dans la ville le 29 juin 1941. Les 3.000 Juifs sont livrés aux exactions des Allemands et des Ukrainiens: vexations, arrestations, tortures, pillages et meurtres. Le 15 juillet, 28 Juifs sont tués comme «éléments communistes dangereux». Le jour suivant les Allemands incendient la synagogue et brûlent les rouleaux de la Torah. Le 9 avril 1942, un ghetto est établi et divisé en deux secteurs: celuis des «aptes au travail», dans lequel sont enfermés 400 personnes et celui des «inaptes».

Le 29 mai 1942 à lieu une «Aktion» au cours de laquelle 1.500 personnes sont exécutées dans les environs de la ville. Après cet «Aktion» la jeunesse tente d’organiser la résistance sous la direction d’Asher Czerkaski. Une seconde «Aktion» a eu lieu le 5 octobre 1942, et des centaines de personnes sont massacrées à Suchodoly. 500 Juifs parviennent à s’enfuir dans les forêts voisines. La plupart d’entre eux sont rattrapés et tués. Quelques uns arrivent à fuir dans le ghetto de Brody ; 50 environ survivent.

141. Radzyn

Radzyn : plan de la ville juive
Radzyn : plan de la ville juive
Capitale de district dans la province de Lubin, Radzyn voit des Juifs s’installer au XVIè et en 1765 il y a 537 Juifs dans la ville, qui se développe fortement au XIXè. En 1856 il y a 1.301 Juifs (53% de la population totale) et 2.853 en 1897. La population diminue durant la première guerre mondiale, mais en 1921 il reste 2.895 Juifs (59,7%) à Radzyn, et environ 3.000 à la veille de la seconde guerre. Dans les années 30, avec la crise économique, la vie juive est profondément affectée par des manifestations antisémites s’accompagnant d’un boycott économique relativement efficace.

Radzyn : les Juifs du ghetto sont obligés de brûler leurs livres
Radzyn : les Juifs du ghetto sont obligés de brûler leurs livres
Le 9 septembre 1939, la Luftwaffe bombarde la ville, et particulièrement le quartier Juif. A la fin du mois, juste avant l’entrée de la Wehrmacht dans la ville, de nombreux Juifs, surtout des jeunes, passent en zone occupée par les Soviétiques.

En décembre 1939 les Allemands transfèrent la pplupart des Juifs à Slawatycze et à Miedzyrzec, mais après quelques mois la grande majorité revient à Radzyn. En été 1940 un ghetto ouvert est établi à Radzyn. La première déportation à lieu le 20 août 1942 vers Treblinka. La seconde à lieu le 20 décembre de la même année, lorsque la communauté juive est liquidée.

142. Rejowiec

Rejowiec est une ville du district de Lublin. Les Allemands occupent la ville en septembre 1939. Un ghetto est créé en 1941 avec une population moyenne d'environ 3.000 personnes. Des Juifs de Lublin, Cracovie et de Tchécoslovaquie sont versés dans le ghetto. Il est liquidé en 1943.; les derniers occupants sont envoyés à Auschwitz et à Majdanek.

143. Région de Cracovie

Les districts:

Fin 1941 la région de Cracovie est divisée en deux grandes zones: Cracovie-ville formant une entité à part, la «Kreisfreie Stadt Krakau» d’une part, et 12 «districts» d’autre part, chaque district comprenant plusieurs villes ou villages où la population juive est relativement nombreuse:

  1. District de Debica: Debica (2.200), Baranów (680), Mielec (3.500), Pilzno (788), Radomysl Wielki (1.300), Ropczyce (1.200), Rozwadów (3.000), Sedziszów (100), Tarnobrzeg (2.800) ;
  2. District de Jaroslaw: Jaroslaw (8.000), Grodzisko Dolne (750), Kanczuga (1.000), Lezajsk (3.000), Lancut (3.000), Pruchnik (976), Przeworsk (1.400), Sieniawa (1.300), Zolynia (600) ;
  3. District de Jaslo: Jaslo (3.000), Biecz (856), Bobowa (658), Brzostek (500), Frysztak (1.322), Gorlice (3.353), Zmigród Nowy (800) ;
  4. District de Cracovie: Bochnia (2.500), Myslenice (850), Niepolomice (480), Wisnicz Nowy (1.000), Wieliczka (1500) ;
  5. District de Krosno: Krosno (2.500), Brzozów (920), Domaradz (830), Dukla (1.600), Dynów (1.500), Jasienica Rosielna (490), Jasliska (330), Korczyna (600), Rymanów (1.600)
  6. District de Miechów: Miechów (1.800), Brzesko Nowe (300), Dzialoszyce (4.574), Koszyce (1.000), Ksiaz Wielka (850), Slomniki (1.250), Wolbrom (3.400), Zanowiec Dunajcem (615) ;
  7. District de Nowy Sacz: Nowy Sacz (10.675), Dobra (340), Grybów (800), Kranica (1.300), Limanowa (800), Mszana Dolna (780), Muszyna (748), Stary Sacz (434) ;
  8. District de Nowy Targ: Nowy Targ (2.200), Jordanów (350), Kroscienko Dunajcem (282), Maków Podhalanski (320), Rabka (450), Szczawica (343), Zakopane (2.900) ;
  9. District de Przemysl: Przemysl (18.000), Dubiecko (2.150) ;
  10. Rzeszów district: Rzeszów (14.000), Blazowa (768), Czudes (380), Glogów (597), Kolbuszowa Dolna et Górna (1.600), Majdan Kolbuszowski (1.000), Niebylec (450), Sokolów Malopolski (1.600), Strzyzów (1.050) ;
  11. District de Sanokv: Sanok (4.770), Baligród (880), Bukowsko (750), Lesko (2.750), Lutowiska (1420), Mrzyglód (520), Ustrzyki Dolne (3.000) ;
  12. District de Tarnów: Tarnów (25.600), Brzesko-Slotwina (2.120), Dabrowa Tarnowska (2.400), Gromnik (avec Gumniska: 420), Ryglice (305), Zakliczyn (330), Zabno (600).

Avant septembre 1939 plus de 250.000 juifs vivent dans la région de Cracovie. Ils sont 215.000 en avril 1940 en raision d’une part de l’afflux de plus de 20.000 juifs réfugiés de Lodz, de Silésie et de Kalisz mais d’autre part de la fuite de milliers d’autres en zone occupée par l’Union Soviétique. En mai 1941 cette population est ramenée à 200.000 personnes, suite à l’expulsion d’environ 15.000 Juifs vers le district de Lublin. Quant à cracovie, en juin 1940 il y a toujours environ 67.000 juifs, mais en mai 1941 ce chiffre a été ramené à 11.000 personnes: le premier ghetto du district de Cracovie est installé dans la ville même, le 21 mars 1941, et durant toute l’année 1941 la population juive de la région est soit évacuée vers les villes d’autres districts, soit concentrée dans des ghettos.

L’année 1942:

En 1942, les évacuations n’ont plus pour but le «reclassement» des population, mais leur extermination, cette déportation vers la mort s’accompagnant en général d’une «Selektion» visant à «trier» la population: une première partie est réservée pour le travail forcé, une seconde, composée de personnes âgées, de malades et de jeunes enfants est très souvent emmenée dans les forêts proches et y est exécutée dans des fosses communes, et enfin une troisième, constituant la grande majorité de la population, est amenée le plus souvent en train au centre d’extermination de Belzec, qui fonctionne à partir de mars 1942.

En avril 1942, mais pas uniquement dans le district de Cracovie, des centaines de personnes, censées être des membres d’organisations de gauche, sont cherchées à leur domicile, emmenés dans les cimetières juifs et y sont exécutées. En mai 1942, environ 5.000 habitants du ghetto de Cracovie sont expédiés à Belzec ou assassinées avant d'y arriver. En juin 1942, une partie de la population juive de Tarnów et des environs est soit exécutée dans le cimetière, soit envoyée à Belzec. Dans cette «Aussiedlungs-aktion» 11.000 personnes sont tuées. En juillet 1942 les nazis liquident les ghettos de Zmigród et de Frysztak: plus de 1.000 juifs de Zmigród sont assassinés dans les bois. Puis, de la mi-juillet et jusqu'à novembre 1942, tous les ghettos sont systématiquement liquidés, soit par la déportation des habitants à Belzec (une petite minorité dans d’autres camps de la mort), soit par assassinat dans des fosses communes creusées dans les bois avoisinants. Cette destruction se réalise systématiquement, zone par zone:

Ainsi de juin à novembre 1942 les occupants exterminent environ 100.000 juifs du district de Cracovie. Les juifs survivants sont concentrés dans cinq ghettos: Cracovie, Tarnów, Przemysl, Bochnia, et Rzeszów. En 1943 et 1944 ils sont envoyés dans des camps comme Plaszów, Kamienna, et d'autres à Auschwitz, à Flossenburg… Beaucoup sont tués ou meurent de faim. Très peu d’entre survivent aux camps d'extermination, et seuls quelques uns survivent aux camps de concentration du Reich. Seuls ceux qui ont fui dans les forêt et on rejoint les unités de partisans ont une une sérieuse chance de survie.

144. Rogatin (Rohatyn)

Rohatyn, ville de Galicie orientale aujourd’hui en Ukraine au nord d'Ivano - Frankovsk (Stanislawow), appartient à la Pologne entre les deux guerres et compte environ 3.000 Juifs à la veille de la guerre.

En septembre 1939 la ville est incorporés à l’Union Soviétique et accueille plusieurs centaines de Juifs fuyant la Pologne désormais allemande. La ville est prise par les Allemands le 2 juillet 1941. Quelques Juifs ont le flair de partir sur les talons de l’armée rouge. Le 6 juillet 1941, les miliciens ukrainiens arrêtent plusieurs centaines de Juifs, les amènent sur la place du marché où ils les battent et les harcèlent. Le 12, 500 Juifs sont enfermés dans la synagogue où ils sont à nouveau humiliés et battus. D’autres sont saisis au hasard pour le travail obligatoire, alors que les maisons et les commerces Juifs sont systématiquement pillés.

Fin juillet 1941 un Judenrat est créé sous la présidence de Shlomo Amarant. En août les Allemands exigent le paiement d’une amende et chargent le Judenrat de rassembler la somme. Ceci fait, le Judenrat se voit obligé de fournir des listes de travailleurs forcés, qui sont envoyés dans les camps de travail de la région. En décembre, les Juifs sont concentrés dans un ghetto qui doit également accueillir les Juifs des villes voisines de Potok, Zalipie, Cherche, Babintse, et Podkamen. Rapidement, dans un ghettho totalement surpeuplé, apparaissent famine et épidémies, causant de nombreux décès.

Le premier massacre a lieu le 20 mars 1942. La police allemande et ukrainienne arrêtent les Juifs et les rassemble place du marché. Ceux qui tentent de fuir sont exécutés sur place. 2.000 Juifs sont emmenés à proximité de la gare ou des fosses avaient été préalablement creusées. Là, ils sont obligés de se déhabiller, et par petits groupes sont amenés aux bords des fosses et exécutés. Les paysans ukrainiens se chargent des vêtements et des autres biens des victimes… Peu après, les Juifs de Burshtyn, Kniginiche et Bukachevtsy sont amenés dans le ghetto de Rogatin. Une seconde «Aktion», le 2 septembre 1942, envoie 1.000 Juifs à Belzec.

En octobre et novembre 1942, arrivent dans le ghetto les restes des communautés juives de Chodorov et de Bolshovtsy. Le 8 décembre 1.500 personnes supplémentaires sont envoyées à Belzec, alors que vieux et infirmes sont exécutés sur place. Les massacres sporadiques se prolongent tout au long du premier semestre 1943. En mai 1943 un groupe de jeunes Juifs s’enfuit dans les forêts pour monter des actions de résistance armée. Mais ils n’arrivent pas à obtenir des armes et la majeure partie du groupe réintègre le ghetto. La liquidation du ghetto a lieu le 6 juin 1943. Les Allemands et Ukrainiens rassemblent les Juifs puis mettent le feu au ghetto pour débusquer ceux qui s’y cachent. Les Juifs sont assassinés dans des fosses creusées au cimetière. La chasse aux survivants se poursuit encore plusieurs mois, avec quelques actes de résistance armée sporadique.

Quant l'armée soviétique libère la ville le 24 juillet 1944, environ 30 survivants émergent de leurs cachettes. Ils quittent la ville un peu plus tard

145. Rovno

Rovno (Rowne en polonais), est une ville d’Ukraine du nord-ouest, capitale de l'oblast du même nom. Entre les deux guerres, Rovno appartient à la Pologne. La veille de la guerre mondiale la ville est peuplée d’environ 57.000 habitants, dont 25.000 sont Juifs.

En septembre 1939 Rovno est occupée par l’Union soviétique, et des milliers de Juifs arrivent en ville, fuyant l’invasion allemande, de sorte qu’en juin 1941, la population juive est forte de 30.000 membres. Avant l’arrivée des Allemands le 28 juin 1941, plusieurs milliers de Juifs se sauvent de la ville. En juillet et août, environ 3.000 Juifs sont assassinés. Un Judenrat est installé mais sont Président, Moshe Bergmann, et un avocat, Léon Sukharchuk, se suicident plutôt que de devenir les auxiliaires des nazis. Les Juifs sont obligés de porter l’insigne et sont enrôlés pour le travail forcé ; ils doivent remettre leurs objets de valeur et payer une forte rançon.

Rowno : la Wehrmacht entre dans la ville. Premières exactions
Rowno : la Wehrmacht entre dans la ville. Premières exactions
Le 1 septembre 1941, Erich Koch est nommé Reichskommissar d'Ukraine. Il établit son quartier général à Rovno et apparemment pour cette raison cherche à vider la ville de ses Juifs. Une «Grossaktion» est planifiée par le HSSPF Friedrich Jeckeln et son exécution confiée au SD (Sicherheitsdienst) de Rovno, à la police auxiliaire ukrainienne et à l'administration militaire. Les 7 et 8 novembre, 20.000 Juifs sont arrêtés et emmenés dans une pinède de Sosenki, à 6 kilomètres de la ville. Ils sont obligés de se déshabiller, sont amenés aux bords de fosses préalablement creusées et y sont exécutés.

Les 5.000 survivants sont concentrés dans un ghetto établi dans le quartier de Wola à Rovno. Ce ghetto n’est pas clôturé, mais les déplacements y sont sévèrement limités. Les Juifs sont affectés au travail obligatoire. Plusieurs centaines travaillent pour la société de construction Jung, dont le directeur, Hermann Friedrich Graebe, tente d'alléger leur souffrance (Graebe sera nommé «Juste parmi les nations»). Les exécutions des Juifs continuent constamment jusqu'à la destruction finale du ghetto.

Mi juillet 1942 a lieu la liquidation du ghetto: Par chemin de fer, environ 5.000 personnes sont envoyées en direction de Kostopol le 13 juillet 1942. Le convoi arrive dans une forêt au nord-ouest de la ville et s’arrête. Les Juifs sont sortis des wagons, alignés le long de fossés déjà creusés et exécutés. Durant cette «Aktion», de nombreux Juifs, principalement des jeunes, s’enfuient du ghetto ou sautent du train. Beaucoup sont rattrapés et tués, mais beaucoup aussi se fondent dans la forêt et rejoignent les unités partisanes soviétiques, dont celle du commandant Vasily Begma.

Rovno est libérée 5 février 1944 avec l'aide de l'unité de Begma. Seuls survivent quelques douzaines de Juifs dans la ville, que rejoignent d’autres survivants des villes et villages environnants. A la fin de 1944, ils sont environ 1.200, dont une très forte majorité de sionistes. La plupart d’entre eux quitte la ville pour les pays occidentaux ou la Palestine.

146. Rozwadow

Rozwadow est une ville dans l'oblast de Rzeszow, au sud-est de la Pologne. Rozwadow possède une synagogue en 1727 et 30 maisons juives. La population augmente rapidement pendant la deuxième moitié du XIXè siècle grâce à la construction de la ligne de chemin de fer Cracovie - Lwow. En 1880, 1.628 Juifs (76% de la population totale) vivent dans la ville. Ils sont petits commerçants et artisans. En 1910 ils sont 2.372. De 1900 à 1914 une école fondée par le baron Maurice de Hirsch (financier et philanthrope Juif allemand, 1831-1896) fonctionne dans la ville. En 1915, l'armée russe expulse les Juifs restés dans la ville en Sibérie. En automne 1918 un conseil national Juif dirigé par Jacob Schreiber est formé à Rozwadow. Durant les premières semaines de l’occupation polonaise, un groupe d’autodéfense se forme pour se défendre contre les pillards. En 1921 la communauté juive compte 1.790 (66% de la population totale).

Le 24 septembre 1939, la ville est prise par les Allemands, qui le 2 octobre ordonnent aux 2.000 Juifs de quitter la ville dans les 24 heures pour traverser le San et s’installer de l’autre côté, dans la zone polonaise occupée par les Soviétiques. Tous partent, mais certains restent dans les environs, refusant de passer coté russe. En été 1940, les Soviétiques exilent de nombvreux de ces réfugiés à l’intérieur de leur immense territoire. Plus tard, les Allemands autorisent les Juifs qui ne sont pas partis du côté soviétique à revenir à Rozwadow. En septembre 1940, environ 400 Juifs s’y trouvent «légalement». Un ghetto est formé et un Judenrat créé, avec à sa présidence Eliezer Perlman, rapidement remplacé par B. Gorfinkiel. En été 1941, la communauté fournit des ouvriers pour le camp de travail de Pustkow.

La liquidation a lieu le 21 juillet 1942. Tous les Juifs sont rassemblés place du marché. Pendant le rassemblement, beaucoup sont exécutés sur place. Certains sont envoyés en chemin de fer à Debica, où des Juifs de toute la région sont concentrés ; certains sont exécutés dans une forêt voisine ; d'autres sont envoyés dans les camps de Tarnobrzeg, Pustkow, Rzeszow, Mielec, Stalowa Wola…

Un camp de travail est établi à Rozwadow: le 1 septembre 1942 les Allemands y enferment 80 Juifs de Sieniawa et de Lezajsk, puis 600 homme de Wieliczka, et le 15 septembre 450 Juifs de Wolbrom. Fin 1942 il y a plus de 1.200 prisonniers dans le camp, y compris des Juifs de Przemysl et de Rzeszow. Les prisonniers travaillent dans les acieries de Stalowa Wola, dans des conditioins si terribles que plus de 1.000 Juifs meurent dans le camp.

147. Ruzhany

Ville de l'oblast de Brest Litovsk, en Biélorussie, Ruzhany possède une communauté juive avant 1623. En 1662 elle est une communauté indépendante. En 1657, éclate une affaire de meurtre rituel et un massacre des Juifs est évité de justesse par les autorités de la ville. Les agitateurs exigent cependant des têtes: deux notables leurs sont livrés et sont exécutés le second jour de Rosh hashanah. Les Juifs de Ruzhany souffrent durant la guerre civile polonaise et lla guerre de Suède (1700 - 1710). En 1766 ils sont 326 dans la ville et la région. En 1847 ils sont 1.467 dans la ville et 3.599 (71% de la population totale) en 1897. Les Juifs travaillent principalement dans le commerce et le petit artisanat, l'industrie, l'agriculture et le maraîchage. En 1850 ils créent même deux villages agricoles près de Ruzhany, sur des modèles qui inspireront plus tard les sionistes très actifs dans la ville. Durant la première guerre mondiale, les cosaques incendient plusieurs usines appartenant aux Juifs et pillent la ville. Les attaques contre les Juifs continuent après 1918 lorsque les Allemands se retirent ; le gouvernement polonais prend des mesures contre la communauté. Beaucoup de Juifs émigrent. Mais la communauté poursuit ses activités économiques, culturelles, religieuses et politiques, créant des écoles, une bibliothèque publique, une compagnie théâtrale, une yéshiva, un heder (école religieuse)…

Fin juin 1941, les Allemands entrent dans la ville. Très rapidement, les 3.000 Juifs de la ville sont déportés dans le camp de transit de Volkovysk. En novembre et décembre de la même annés, ils sont envoyés à Treblinka (pour la plupart) et à Auschwitz.

148. Rypin

Ville du district de Budgoszcz, en Pologne centrale Rypin appartient de 1815 à la première guerre mondiale à la Russie. En 1799 la municipalité accorde aux Juifs de Rypin des droits civiques et des libertés, ce qui améliore la situation économique de toute la ville. Aussi la population juve augmente rapidement: 517 en 1827, 1.024 (47,8% de la population) en 1856, 1.706 (38,6%) en 1897 et 2.791 (38,6%) en 1921. Les Juifs ont développent le commerce et l’artisanant dans la ville. Dans les années 1930 une vaste campagne d’antisémitisme met la communauté juive en difficultés, car elle s’accompagne d’un boycott économique.

La ville compre 2.500 Juifs quant arrivent les Allemands le 8 septembre 1939. De nombreux Juifs fuient, mais reviennent au compte goutte peu après, croyant l’orage passé… Entre 100 et 150 sont abattus lors de leur retour. En septembre et octobre 1939, des Juifs sont arrêtés et quelques notables de la communauté exécutés. Les Allemands incendient la synagogue et d’autres batiments, arrêtent Shimeon Kro, le chef de la communauté, l’accusent d’avoir mis le feu, et rançonnent les Juifs pour sa libération.

Le 26 octobre 1939, par décret du Führer, Rypin eet intégrée au «Reichsgau Danzig-Westpreussen». Un grand nombre de Juifs, particulièrement des jeunes, fuient en territoire polonais occupé par les Soviétiques. Ceux qui restent sont dispersés par les Allemands dans d’autres villes comme Mlawa, Ciechanow, Plonsk, Szrensk... D’autres partent pour Varsovie. Puis les Allemands détruisent les deux cimetières Juifs.

Environ 280 Juifs de Rypin ont survécu, dont 180 qui sont revenus d’Union soviétique et 65 qui ont survécu dans des camps de travail et les camps de concentration, les 35 autres ayant été cachés par des chrétiens ou ayant eu de faux documents… Un certain nombre de survivants reviennent à Rypin en 1945 - 46 mais y restent très peu de temps.

149. Sambor

Ville de l'oblast de Lvov, Sambor voit arriver les premiers Juifs dans ses murs comme «colons» dès le XVè. En 1542 la communauté non-juive de Sambor obtient des droits et privilèges royaux «non tolerandis Judaeis» et les Juifs sont déplacés dans le faubourg de Blich. Au milieu du XVIIè siècle les autorités municipales de Sambor empêchent les négociants et artisans Juifs d'entrer dans la ville et tentent de les expulser de Blich. La tentative échoue mais les Juifs sont obligés pour rester de payer des indemnités. Il faut des privilèges du roi Auguste II en 1725 pour leur permettre de commercer et de résider librement, sous la juridiction du gouverneur royal. En 1764 la communauté juive compte 513 personnes. En 1880 ils sont 2.129, soit 42% de la population totale, et 4.067 en 1921. Au début du XXème siècle le conseil municipal est dirigé par un Juif, le Dr. Steierman. La communauté se dote d’une bonne infrastructure sociale, religieuse, éducative et culturelle. Les partis sionistes jouent un rôle considérable dans la vie publique juive de Sambor.

Les Allemands occupent Sambor le 8 septembre 1939 et immédiatement commencent à s’en prendre à la communauté juive. Mais le 20, ils se retirent, laissant la place aux Soviétiques. La ville reste sous contrôle soviétique jusqu’en juin 1941: les activités communales juives sont interdites, (hormis les synagogues, qui continuent à fonctionner tout en payant de lourds impôts). Malgré cela, une vague de réfugiés de l’ouest affluent à Sambor où vivent alors plus de 8.000 Juifs. En été 1940 des centaines de Juifs réfugiés de l’ouest sont expulsés à l’intérieur de l’Union soviétique.

Quand la guerre avec l'Allemagne éclate en juin 1941, beaucoup de jeunes Juifs de Sambor rejoignent l'armée soviétique. La ville est tombe aux mains des Allemands le 1 juillet 1941. Environ 200 Juifs sont immédiatement massacrés par les Ukrainiens, avec le soutien des Allemands. Suivent les exactions classiques: maltraitances, vols, pillages, expulsions… En juillet est constitué un Judenrat. Son président est Shimon Schneiderscher. En décembre, un décret contraint les Juifs à porter un insigne et à remettre les objets de valeur.En hiver 1941 - 1942 les hommes «capables de travailler» sont envoyés aux camps de travail, essentiellement pour la construction de routes. Nombre d'entre eux succombent sous les dures conditions de travail. En mars 1942 un ghetto ouvert est établi dans la banlieue de Blich où les Juifs de la région de Sambor et des environs sont enfermés.

La première grande «Aktion» a lieu du 4 au 6 août 1942: 4.000 Juifs sont «sélectionnés» et envoyés au camp de la mort de Belzec. Le 4 septembre environ 100 personnes âgées sont exécutées. Les 17 et 18 octobre et 3.000 Juifs sont envoyés à Belzec. Le 22 octobre 2.000 autres Juifs les suivent. En novembre, une sélectionà lieu: 400 Juifs âgés et malades sont emmenés au cimetière et y sont exécutés. Le 1 décembre 1942, le quartier de Blich devient un ghetto fermé dans lequel sont enfermés d’autres Juifs de la région, alors qu’un petit nombre de détenus sont envoyés dans le camp de travail de Janowska à Lwow.

Début 1943 un groupe de jeunes Juifs organise un groupe de résistance sous la direction d’Artur Sandauer: des armes à feu sont acquises et les résistants commencent à s’exercer dans la zone du cimetière. Mais une série de coups de main des Allemands anéantit ce groupe. Entre le 10 et le 14 avril 1943, 1.200 membres de la communauté juive de Sambor sont emmenés au cimetière Juif où ils sont exécutés. Les mères sont obligées d’abandonner leurs enfants qui sont rassemblés devant elles est exécutés sous leurs yeux… Les 22 et 23 mai 1943, 1.000 Juifs supplémentaires sont envoyés à Belzec. Le 23 juin 1943, 100 Juifs qui avaient jusqu’à présent réussi à se cacher, sont exécutés dans le cimetière Juif. 40 autres les suivent le 6 juillet. Le 22 juillet les 25 derniers Juifs de Sambor sont exécutés dans une forêt près de Radlowice ; la ville est déclarée «Judenrein» En été 1944, 165 Juifs qui se cachaient dans les environs sont encore trouvés et exécutés.

Quand les Russes occupent la ville en août 1944, il reste une poignée de Juifs. Aucune communauté juive n'est reconstituée après la guerre.

150. Sandomierz

Sandomierz : vue de la ville
Sandomierz : vue de la ville
Sandomierz est une ville du district de Kielce, qui voit les Juifs s’établir au début du XIIIème siècle, faisant de cette communauté une des plus vieilles de Pologne. En 1550, 40 Juifs payant des impôts habitent Sandomierz. Durant la guerre avec la Suède (1655-1656) la plupart des Juifs est massacrée et le reste expulsé. En 1658 le roi Jean II Casimir permet aux Juifs de retourner à Sandomierz et leur accorde la liberté de commerce. Mais ils rencontrent l’hostilité de la municipalité et du clergé et doivent faire face à trois affaires de crime rituel: l’une en 1698, la seconde en 1710 et la troisième en 1748. En 1765, 430 Juifs payent l'impôt local. Durant la domination autrichienne (1795 - 1809) les restrictions sont supprimées. En 1827, 799 Juifs vivent à Sandomierz et 924 en 1857 (29% de la population). Dans la seconde moitié du XIXè siècle la population juive de la ville augmente considérablement, atteignant 2.164 personnes en 1897. En 1921 ils sont environ 2.500.

Sandomierz : synagogue, quartier juif et mémorial
Sandomierz : synagogue, quartier juif et mémorial
L'armée allemande entre dans la ville le 15 septembre 1939, et organise immédiatement un pogrom, pendant lequels des Juifs sont tués. Dans la première moitié de 1942 environ 2.000 Juifs de la région sont amenés à Sandomierz et la population juive atteind 5.200 personnes. Le 29 octobre 1942, environ 3.200 Juifs sont expulsés de Sandomierz au camp de la mort de Belzec. Pendant les grandes déportations de l’été 1942, des milliers de Juifs de toute la zone de Radom s’échappent dans les forêts, où elles tentent de survivre en se cachant et d'organiser des unités de guérilla. Le 10 novembre 1942 les Allemands établissent quatre nouveaux ghettos dans toute la région: Sandomierz, Szydlowiec, Radomsko, et Ujazd. Ils promettent aux Juifs la sécurité en échange de leur retour des forêts. Des milliers de Juifs, incapables de survivre, se rendent aux Allemands. Environ 6.000 sont concentrés dans le ghetto de Sandomierz. Il est liquidé le 10 janvier 1943, quand presque tous ses détenus sont envoyés à Treblinka. Seuls 700 Juifs sont laissés en vie: 300 d’entre eux sont envoyés au camp de travail de Skarzysko - Kamienna et 400 au camp de travail créé à Sandomierz. Ce camp est liquidé en janvier 1944 et presque tous ses détenus sont assassinés.

Après qla guerre la communauté juive de Sandomierz n'a pas été reconstituée.

151. Sanok

Ville du du district de Rzeszow, Sanok possède un cimetière juif témoignant de l'existence d'une communauté dans la ville depuis la deuxième moitié du XIVè siècle. En 1570, 17 des 200 familles résidant dans la ville sont juives. Au début du XVIIIè siècle, la communauté connaît un fort développement. Une synagogue est construite en 1720. En 1800 il y a environ 1.850 Juifs (40% de la population totale) dans la ville ; en 1880, les Juifs sont 2.129 (42%) et en 1910, 4.073 (38%). Le mouvement hassidique s’implante rapidement dans la ville et la région. En 1921, 4.067 Juifs représentent 42% de toute la population de la ville.

Les Allemands entrent à Sanok le 8 septembre 1939, et dans les premiers jours de l’occupation, les synagogues sont brûlées. Quelques centaines de Juifs sur les 5.000 qui habitent la ville sont expulsés à l'autre côté du fleuve de San, en terriroire occupé par les Soviétiques. En juillet 1941 les Juifs sont concentrés dans un ghetto, qui rapidement contient 8.000 personnes, car les Allemands y envoient les Juifs des villes voisines. Les Juifs «aptes» sont forcés de travailler, particulièrement dans les carrières de Trepcza.

Le 10 septembre 1942, la plupart des Juifs de Sanok sont expulsés dans le camp de transit de Zaslaw. Quelques centaines réussissent à s'échapper. Après que les Allemands aient concentré tous les Juifs de la région à Zaslaw, 4.000 personnes sont envoyées à Belzec. Les malades et les personnes âgées sont exécutés dans les forêts voisines. En octobre 1942 deux convois supplémentaires sont envoyés à Belzec.

Environ 100 Juifs de Sanok survivent à la guerre: la plupart d'entre reviennent d’Union soviétique.

152. Sarny

Sarny est une ville dans l'oblast de Rovno en Ukraine. Les premiers Juifs arrivent à Sarny en 1901. Pendant la guerre civile de 1918 à 1921, les Juifs de Sarny sont épargnés et accueillent réfugiés et des orphelins d'autres villes. En 1921, la ville est intégrée à la Pologne indépendante et se développe rapidement. Elle compte 2.808 Juifs en 1921 (47% de la population totale), 3.414 (45%) en 1931 et 4.950 (45%) en 1937. De nombreuses institutions juives sont créées (écoles religieuses et professionnelles, mouvements politiques, centres d’études de la Bible…)

Dès le début de la guerre, beaucoup de Juifs viennent se réfugier à Sarny. En 1941, ils sont 7.000. D’octobre 1939 à juin 1941, la ville est sous contrôle soviétique et toutes les institutions juives strictement contrôlées, voire supprimées. Les 2.000 réfugiés venus de Pologne occidentale occupée sont déportés à l'intérieur de l’Union Soviétique.

Les Allemands entrent à Sarny le 5 juillet 1941 et les persécutions contre les Juifs commencent immédiatement: assassinats aveugles, arrestations pour le travail forcé, extorsion de fortes sommes d’argent… Le jour du Yom Kippour (1 octobre 1941) les Allemands arrêtent les Juifs pour les recenser et leur imposent le port de l’étoile de David. Un ghetto est établi en avril 1942, et quelques semaines plus tard la communauté juive est forcée de payer une amende de 250.000 roubles (50.000$). Les 27 et 28 août 1942, les Allemands commencent à «liquider» le ghetto en massacrant environ 14.00 Juifs de Sarny et de ses environs. Un groupe important de Juifs, menés par Mendel et Tendler, tente de soulever ghetto mais est trahi par le secrétaire du Judenrat. Plusieurs centaines d’autres parviennent à s’enfuire, mais seuls quelques uns arrivent à rejoindre les unités de partisans soviétiques, dans lesquelles elles combattent les Ukrainiens fscistes de Stephan Bandera ; les autres sont progressivement rattrapés et exécutés, principalement par les Ukrainiens.

Sarny est reprise par l'armée soviétique le 11 janvier 1944. Une poignée de survivants revient d’Union Soviétique soviétique, et quelques autres de la région de Sarny où ils avaient réussi à survivre. La petite communauté juive de Sarny après la guerre va s’employer à récupérer les pierres tombales du cimetière Juif, dispersées par les nazis et dont la plupart avait servi à paver les rues… Vers la fin des années 60 il y avait environ 100 Juifs à Sarny.

153. Sieradz

Sieradz est une ville du district de Lodz, en Pologne centrale. Les Juifs arrivent dans la ville vers le milieu du XVème siècle et en 1446 il y a une rue juive. En 1569 le roi Sigismond II Auguste interdit aux Juifs d'entrer dans la ville suite auix interventions des commerçants chrétiens voulant faire supprimer la concurrence commerciale des Juifs. En 1765 il y a seulement 17 Juifs à Sieradz. Sous la domination prussienne (1793 - 1806) les négociants Juifs et les artisans arrivent nombreux à Sieradz. La population juive passe de 177 (10% de la population totale) en 1808 à 595 (19%) en 1827, à 1.782 en 1857, 2.357 (35%) en 1897 et 2.835 (31%) en 1921. De 1829 à 1862 les autorités du congrès la Pologne cantonnent les Juifs dans un quartier spécial de la ville avec interdiction de construire et dur et de recouvrir les toits de tuiles. Un certain nombre de Juifs de Sieradz rejoignent les rebelles polonais en 1863 lorsque Varsovie se soulève contre les Russes. Après la retraite de l'armée russe (1915), de établissements culturels, cultuels, politiques et éducatifs s’installent à Sieradz et les Sionistes y gagnent une influence considérable.

En 1939, 5.000 habitens de Sieradz (environ 40%) sont Juifs. La ville est occupée par les forces allemandes le troisième jour de la guerre (3 septembre 1939) et le pillage des magasins Juifs commence immédiatement. Les Allemands prennent un certain nombre d'otages Juifs et certains d’entre eux sont envoyés en Allemagne. Sous prétexte ques des soldats allemands ont essuyé des coups de feu, tous les hommes Juifs sont arrêtés et battus et certains assassinés. Le ghetto est établi le 1 mars 1940, mais il n’est pas clos. En 1941 ont lieu des déportations sporadiques de Juifs «aptes au travail» dans les camps de travail près de Poznan. Au début de 1942, ils reste environ 1.200 Juifs dans le ghetto. Quotidiennement, ceux-ci doivent se rendre deux fois à un appel sur la place, pendant que leurs maisons sont pillées. Fin août 1942 le reste de la population juive est envoyé au camp de la mort de Chelmno, hormis quelques Juifs envoyés au camp de travail forcé de Lodz.

154. Sierpc

Sierpc est une ville du district de Varsovie à l’est de Torun. Les Juifs sont mentionnés dans la ville dans des documents en 1739 et en 1766. La communauté compte 649 membres (67% de la population totale) en 1800.; 2.604 (56%) en 1856, 2.861 (42%) en 1921 et 3.077 (environ 30%) en 1939.

Les Allemands arrivent en ville le 8 septembre 1939. Immédiatement les soldats, les «Volksdeutsche» et lesPolonais commencent à piller les magasins Juifs. Les Juifs sont arrêtés dans les rues ou chez eux, molestés, battus et envoyés dans des camps de travail obligatoire. Durant la fêt de Sukkot, les Allemands incendient la synagogue principale. Un jeune garçon entre dans le bâtiment en feu pour tenter de sauver les rouleaux de la Torah est pris et fusillé ; le jour suivant, sous prétexte que le garçon était l'incendiaire, la communauté juive est mise à l’amende de 50.000 zlotys.

Sierpc est intégré avec tout le district de Zichenau (Ciechanow) au Gau «West-Preussen» par ordre de Hitler du 26 octobre 1939. Le 8 novembre 1939, débute la déportation des Juifs: ils sont menés hors de la ville, chargés dans un convoi ferré en direction de Vosrvovie, puis doivent poursuivre à pied dans l'obscurité et sous les coups des gardes jusqu’à Nowy Dwor Mazowiecki. Le lendemain la police emmène environ 1.800 d'entre eux à Varsovie, alors que le reste parvient t à se cacher àNowy Dwor. A Sierpc même, les Allemands laissent quelques artisans et les internent dans un quartier spécial. De nombreux Juifs reviennent de Nowy Dwor à Sierpc, de sorte que le ghetto constitué contient environ 500 personnes. Le ghetto est liquidé le 6 février 1942: les Juifs sont enmmenés par camions dans le ghetto de Mlawa. De là ils seront plus tard envoyés à Auschwitz. En chemin, de nombreux d’entre eux sont liquidés.

Peu de Juifs de Sierpc ont survécu à la guerre: 24 ont réussi à survivre à Auschwitz. Quelques autres ont réussi à vivre cachés du «côté aryen» de la ville. 2 autres réussissent à s’échapper du ghetto de Strzegow, rejoignent les partisans du côté de Plock, mais sont après la guerre assassinés par les partisans polonais...

La communauté juive de Sierpc ne sera pas reconstituée après la guerre.

155. Haute Silésie Orientale

«Ostoberschlesien» en allemand, la Haute Silésie Orientale est une zone fortement industrialisée se situant à à l'est de la Silésie polonaise (Slask) incorporée au Reich. Son centre est Zaglebie.

Dès le début de l’occupation, les Allemands s’emparent des mines et des grandes usines: le 17 novembre 1939, la «Haupttreuhandstelle Ost» (bureau principal de tutelle à l'est) confisque toute la propriété juive. Mais, étant donné leurs situations spécifiques (travailleurs spécialisés ou hautement qualifiés), les Juifs de la région sont relativement épargnés par rapport aux autres Juifs polonais, et leurs chances de survie beaucoup plus grandes. Ainsi la plupart est maintenue sur place, et seuls 1.500 Juifs sont déportés en octobre 1939 dans le cadre de l’opération «Nisko», alors qu’arrivent 5.000 Juifs de la Silésie polonaise au printemps 1940.

Un «Judenrat central» («Zentrale der Judischen Altestenrate in Ostoberschlesien») est établi début 1940 et représente environ 45 communautés de la région avec une population totale d’environ 100.000 Juifs. Les grandes communautés relevant de la Zentrale sont celle de Bedzin (24.495), Sosnowiec (22.407), Chrzanow (6.807), Zawiercie (6.030), Dabrowa Gornicza (5.663), Oswicim-Auschwitz (5.372), et Olkusz (2.707). Son président est Moshe Merin qui mène une politique d’obéissance absolue aux nazis pour sauver sa communauté. De plus, il s’implique énormément pour ses coreligionnaires (vie culturelle, assistance, éducation) et acquiert une grande légitimité, bien que certains le considèrent comme l’homme de paille des Allemands. Aucun ghetto fermé ne sera installé avant le printemps 1943. La nourriture est relativement suffisante et les restrictions de déplacement ne sont mises en oeuvre que graduellement.

Dans la région, c’est la fameuse organisation «Albrecht Schmelt» qui est le principal employeur. La grande majorité des Juifs de la zone travaille pour elle. Le Judenrat et la police juive jouent un rôle très actif en organisant les transports de jeunes Juifs dans les camps de travail de l’organisation. Pendant longtemps, celle ci protège les Juifs. Avoir sur ses papiers un tampon de l’organisation est un véritable viatique. Mais cela ne va pas durer.

Entre mai et début juillet 1942 la plupart des petites communautés de la Haute Silésie Orientale sont liquidées. Les Juifs «improductifs» sont envoyés à Auschwitz, les jeunes envoyés dans divers camps de travail, et le reste de la population active concentré dans dix grandes villes. Dans celles-ci, pour faire de la place, des milliers de Juifs «improductifs» sont sélectionnés et envoyés à Auschwitz. Le processus atteint son apogée en août 1942, lorsque les Allemands expulsent environ 25% des Juifs de Bedzin, Sosnowiec, et Dabrowa Gornicza à Auschwitz. Les survivants sont placés sous l'autorité de l'organisation Schmelt. Comme le Judenrat et la police juive ont pris une part active dans la vague des déportations, le ressentiment envers Merin et la police juive devient véhément.

La situation se calme relativement, car aucune grande déportaion vers Auschwitz n’à lieu pendant un an, hormis la liquidation de la communauté juive de Chrzanow en février 1943. Merin regagne le terrain perdu. Cependant, un de effets de la perte de confiance en Merin après la première vague de déportation est d’activer la résistance des organisations juives qui mettent en place des plans de révolte et envoient des émissaires à Varsovie pour soutenir la révolte. Un atelier cladestain de fabrication d’explosifs est mis sur pied, et de nombreuses caches sont aménagées dans le ghetto. En juillet 1943, vingt membres du mouvement tentent d’établir le contact avec la résistance polonaise, mais ils sont surpris par les Allemands et fusillés. Puis, au printemps 43, Merin fait arrêter et remettre aux Allemands huit jeunes suspectés d’activisme communiste ; tous sont exécutés.

Au printemps 1943, un ghetto est créé à Zaglebie. Les Juifs de Bedzin sont concentrés dans le ghetto de Kamionka et ceux de Sosnowiec dans le ghetto de Srodula. Peu après la décision est prise de liquider les ghettos. Le 21 juin 1943, Merin et plusieurs responsables du Judenrat sont déportés à Auschwitz ; le jour suivant de nombreux Juifs de Bedzin et de Sosnowiec sont déportés. Suivent les communautés de Czeladz, de Strzemieszyce, et de Modrzejow. Le 1 août 1943 les ghettos de Bedzin et Sosnowiec sont définitivement liquidés et plus de 30.000 Juifs envoyés à Auschwitz. Les Allemands rencontrent une petite résistance de quelques Juifs. Le 26 août la dernière communauté de la région, Zawiercie, est liquidée. Environ 1.300 Juifs sont «conservés» pour trier tous les objets et affaires récupérés… En janvier 1944 ils sont à leur tour expédiés à Auschwitz.

Environ 80 membres et sympathisants de l'organisation sioniste «ha-No'ar ha–Tsiy», réussissent à s’échapper vers Budapest. En décembre 1943 un autre groupe de 25 membres de l’organisation «Haluts» réussissent à passer. Enfin de nombreux Juifs isolés, entre quelques douzaines et une centaine, ont réussi à passer en Slovaquie et en Hongrie.

156. Skalat

Skalat est une ville del'oblast de Tarnopol, en Ukraine, et accueille les premiers Juifs durant le XVIè siècle. 686 Juifs y vivent en 1765. La population juive augmente beaucoup au courant du XIXè et compte 3.256 membres en 1890 (55% du total de la population) et 2.791 (49%) en 1900. Au XIXè le hassidisme s’implante dans la communauté et y exerce une influence considérable, bien que les écoliers continuent à se rendre à l’école allemande. En raison de la proximité de la frontière russe, la vie économique de la ville est très perturbée durant la première guerre mondiale et beaucoup de Juifs partent de la ville. En 1921 il y a 2.919 Juifs (49%) dans la ville. Entre les deux guerres mondiales l’influence du mouvement sioniste devient primordiale.

En octobre 1939, au moment où la ville passe sous la domination de l’Union Soviétique, il y a 4.800 Juifs à Skalat. Sous le régime de Staline, toute l'activité politique indépendante est supprimée, l'entreprise privée supprimée et les Juifs, comme tous les autres, cherchent du travail dans les coopératives ou les entreprises étatisées.

Le juin 22 1941, environ 200 Juifs fuient avec l'armée soviétique. La ville tombe aux mains des Allemands le 5 juillet, et 20 Juifs sont assassinés ce même jour. Le lendemain 6 uillet les nationalistes ukrainiens massacrent 560 Juifs. Un Judenrat est installé, dirigé par Meir Nierler. En automne 1941, 200 jeunes Juifs sont envoyés dans le camp de travail de Velikiye Borki, et un groupe de femmes juives à Jagielnica. Début 1942, 600 malades et personnes âgées sont arrêtées et rassemblées dans la synagogue, et envoyés à Belzec.

La première grande «Aktion» à lieu le 21 octobre 1942: 3.000 Juifs sont envoyés à Belzec, 153 sont tués dans la ville même durant le rassemblement. Le 9 novembre, un seconde «Aktion» a lieu ; 1.100 Juifs sont arrêtés et envoyés à Belzec. Le 7 avril 1943, environ 750 personnes sont directement assassinées et enterrées dans des fosses communes près de la ville. Après cette «Aktion» se forme un groupe de résistance organisé et dirigé par Michael Glanz.Il se compose principalement de jeunes qui commencent à collecter des armes. Mais les Allemands, avertis de l'existence du groupe, avancent la date prévue de leur prochaine «Aktion , prenant les résistants de vitesse, et massacrent 660 personnes le 9 mai 1943. Les 400 Juifs restants sont enfermés dans un camp de travail de la ville et Skalat est déclarée «Judenrein».

Dans le camp de travail se constitue un groupe de résistants, et lorsque l’unité de partisans du général Kowpak commence à effectuer ses coups de mains, une trentaine de Juifs s’échappent du camp et rejoignent les résistants. Tous, hormis 7, tombent en luttant contre les Allemands. Le 28 juillet 1943, le reste des Juifs du camp de Skalat sont assassinés. Environ 300 Juifs avaient trouvé refuge dans les forêts voisines, mais ils sont attaqués par les bandes ukrainiennes de Bandera, et seuls 200 survivent à la guerre.

157. Skarzysko-Kamienna

Skarzysko-Kamienna (Kamienna pour les Allemands), est un camp de travail forcé pour des Juifs (Zwangsarbeitslager - Judenlager) dans la ville de ce nom situé dans le district de de Kielce. Le camp appartient à la firma HASAG et l’Officier Egon Dalski, le patron des SS de Skarzysko - Kamienna de 1939 à 1943, est également responsable du camp avant que ne lui succède Paul Geldmacher, sous les ordres du chef de la police et des SS du district de Radom, Herbert Bottcher.

Les Juifs arrivent dans le camp en août 1942, et sont répartis dans trois secteurs de l’usine: Werk A, Werk B et Werk C. Le nombre moyen de prisonniers du camp est de 6.000 détenus. On estime que le nombre total de Juifs ayant passé par le camp se situe entre 25.000 et 30.000, et celui des morts entre 18.000 et 23.000. Les trois camps sont situés près des usines dans lesquelles travaillent les prisonniers à côté des ouvriers polonais libres.

Le camp-usine A (Werk A) est le plus grand. Le camp B (Werk B) est administrativement rattaché au camp A et est dirigé par le même «Lagerälteste». Les prisonniers des camps A et B travaillent à la production de munitions, alors que ceux du camp C sont employés à produire des mines sous marines qu’ils remplissent d’acide picrique (L’acide picrique ou trinitrophénol est une des substances chimiques les plus dangereuses. Elle est explosive et très sensible aux chocs, à la chaleur et à la friction. Elle est toxique par toutes les voies de pénétration dans l’organisme…) C'est de loin le camp le plus dur et le plus meurtrier: la durée de vie moyenne d’un détenu travaillant au camp C est de trois mois… les prisonniers meurent en général d'empoisonnement.

Le rythme de travail moyen est de 12 heures par jour. Les prisonniers ont des quotas de production dépassant de loin leurs capacités de travail. Les hommes et les femmes travaillent ensemble, mais sont logés dans des baraques séparées. Les conditions sanitaires sont lamentables, la nourriture insuffisante et les ouvriers ne disposent pas de vêtemets de rechange. Dans chacun des trois camps sévissent rapidement des épidémies. Régulièrement ont lieu des «Selektionen», et les prisonniers choisis sont liquidés par les «troupes de choc» (Stosstruppe) composée de la police de l’usine. Durant le printemps 1944, quand les Allemands doivent fait face à une pénurie de main d'oeuvre, les conditions de vie dans le camp s’améliorent légèrement. Cependant, vers la fin de 1943 et au début de 1944 des exécutions de masse ont lieu dans le camp C. Les victimes sont amenées des prisons de la Gestapo de la zone de Radom. Peu avant la liquidation du camp en été de 1944, les prisonniers Juifs, sous la surveillance des SS, sont obligés d’exhumer les corps de ces victimes afin de les incinérer.

La résistance s’active dans le cap, particulièrelment celle de la «Zydowska Organizacja Bojowa» (organisation juive de combat), et celle du Bund. Les prisonniers Juifs font principalement de la contrebande d’armes et de munitions pour fournir l'Armia Krajowa (armée secrète polonaise). Deux jours avant la liquidation du camp C une évasion de masse de plusieurs centaines de prisonniers a lieu. La plupart d'entre eux sont rattrapés et tués. En juillet 1944 des «Selektionen» ont lieu dans chacun des trois camps, et environ 600 personnes sont tuées sur place. Les 6.000 prisonniers restant sont transférés à Buchenwald et dans d'autres camps en Allemagne.

Après la guerre, 25 agents de maîtrise allemands du camp de Skarzysko - Kamienna ont été jugés en 1948 à Leipzig. Quatre ont été condamnés à mort, deux à la prison à vie et d'autres à des peines de prison de durée variable. Egon Dalski et beaucoup de ses collaborateurs SS n'ont jamais été pris.

158. Skidel

Skidel est une ville dans l'oblast de Grodno, en Biélorussie, où les Juifs s’installent dès la seconde moitié du XVIIIè et où ils sont bientôt majoritaires. En 1765 il y a 463 Juifs à Skidel et dans les villages voisins. Leur nombre monte à 1.080 en 1847, 2.222 (80% de la population) en 1897, 2.231 (76%) en 1921 et environ 2.800 en 1931. Les Juifs de Skidel travaillent dans le négoce du grain et du bois de construction, dans le commerce de détail, l’artisanat, le cuir… Des syndicats juifs sont assez puissants dès le début du XIXè siècle et des mouvements politiques sionistes s’implantent au début du XXè. La ville souffrent lors des combats de la première guerre mondiale, et en 1918, avec l’anarchie régnant dans la régioin, un comité d’ouvriers Juifs fonctionne indépendamment pendant un certain temps. Durant la domination polonaise entre les deux guerres, les Juifs sont très actifs à Skidel, et emportent même la mairie.

La communauté juive de Skidel est liquidée comme beaucoup d’autres de la région de Bialystock en 1942: la plupuart des Juifs terminent leur existence à Treblinka.

159. Skierniewice

Skierniewice est une ville du district de Lodz enPologne centrale. Les Juifs y arrivent à la fin du XVIIIè siècle. Ils sont 73 à Skierniewice (70% de la population) en 1808, et 216 (11%) en 1827. Entre 1827 et 1863 la plupart des Juifs réside dans les limites d'un quartier séparé. Une communauté organisée est établie en 1850, puis une grande synagogue construite. Les Juifs travaillent dans le petit commerce et l’artisanat (tissage, cordonnerie, confection, transport, ventes de chavaux et services pour les garnisons de l’armée de la région). Dans la deuxième moitié du XIXè siècle l'influence du mouvement hassidique se développe beaucoup. La population juive passe de 666 membres en 1857 à 2.898 (36% de la population) à 1897 et à 4.333 (33%) en 1921. Au début de la première guerre mondiale la plupart des Juifs est expulsée de Skierniewice par l'armée russe en retraite et les réfugiés ne reviennent chez eux qu’en 1916. Après la guerre, c’est l’heure des militants sionistes, du Bund, et de l’Agudat Israel dans la ville.

Il y a environ 4.300 Juifs à Skierniewice lorsque l'armée allemande arrive le 8 septembre 1939.; les persécutions contre la population juive commencent immédiatement. En 1940 plus de 2.000 Juifs de Lodz et des villes de la proximité sont forcés de s’établir à Skierniewice, dont la population juive grimpe à 6.500 membres. En décembre 1940 un ghetto est établi, mais après deux mois tous les Juifs sont obligés de partir pour le ghetto de Varsovie. Au début d’avril 1941 il n'y a plus aucun Juif à Skierniewice. La population de la ville va partager le sort de celle de Varsovie.

160. Skole

Ville de l'oblast de Lvov, Skole voit arriver les premiers Juifs au XVIIIè siècle. Il y a 1.063 Juifs dans la ville et les villages environnants qui paient l'impôt en 1765. La communauté compte 1.338 Juifs (65% de la population totale) en 1880, 2.095 (61%) en 1900, 3.099 (48%) en 1910 et 2.410 (40%) en 1921. Après la première guerre mondiale Skole ppartient à la Pologne indépendante, mais les Juifs sont terriblement appauvris et sont secourus par un fonds Juif international. Mais durant cette période, la communauté sonnaît une vie culturelle, religieuse et politique très active, notamment grâce à l’apparition du mouvement sioniste.

On sait peu de choses sur le destin de la communauté de Skole. Sans doute est-il identique à celui de Stryj et Chodorow, villes voisines. Ce qui est sûr, c’est que les Juifs de Skole sont envoyés entre le 3 et le 5 septembre 1942 au camp d’extermination de Belzec.

161. Slonim

Slonim en Biélorussie : place centrale
Slonim en Biélorussie : place centrale
Ville de Biélorussie, dans la zone de Grodno, Slonim fait partie entre les deux guerres mondiales de la Pologne. En septembre 1939 la ville est occupée par l'armée rouge. La veille de l'invasion allemande de l’Union soviétique en juin 1941, 22.000 Juifs vivent à Slonim, dont un bon nombre sont des réfugiés de Pologne occidentale, alors sous occupation allemande.

Slonim en Biélorussie : la synagogue
Slonim en Biélorussie : la synagogue
Les Allemands entrent à Slonim le 25 juin 1941. Lors d’une première «Aktion», le 14 juillet 1941, 1.255 Juifs sont exécutés à Petrolevits, à 7 kilomètres de Slonim. Parmi eux bon nombre d’intellectuels et des membres du Judenrat. Lors d’une seconde «Aktion», le 14 novembre, plus de 10.000 Juifs, y compris les membres du second Judenrat sont assassinés à Chepilovo. En décembre de la même année, un ghetto est érigé à Slonim, dans le quartier de Zhabinka. De janvier à mars 1942, des Juifs des villes voisines de Derechin, Kholinka, Byten, Ivatsevichi et Kossovo sont concentrés dans le ghetto de Slonim. En mai, 500 hommes sont déportés à Mogilev dans un camp de travail. Quelques Juifs s’échappent dans le ghetto de Bialystok car ils ont entendu que les conditions de vie y sont meilleures.

Slonim en Biélorussie : rue de la ville
Slonim en Biélorussie : rue de la ville
Au lendemain de l’»Aktion» de novembre 1941 un comité antifasciste est formé dans le ghetto de Slonim ; il regroupe les jeunes de diverses factions politiques et veut organiser la résistance. Certains qui travaillent dans des dépôts de munitions parviennent à voler des fusils, des pistolets et des caisses de grenades et de munitions. Deux tendances s’affrontent: se révolter au ghetto ou joindre la résisatnce extérieure et se battre avec les partisans. La seconde option l’emporte, et les Juifs «transfèrent» matériel et munitions à l’extérieur pour les remettre aux partisans. Ceux-ci promettent d’intensifier leur soutien, et certains Juifs du ghetto rejoignent leurs rangs.

Slonim en Biélorussie : le cimetière - mémorial
Slonim en Biélorussie : le cimetière - mémorial
La liquidation du ghetto de Slonim débute le 29 juin juin 1942 et dure jusqu’au 15 juillet. Environ 10.000 Juifs sont assassinés à Petrolevits. De nombreux Juifs rejoignent les partisans dans la forêt, et les Juifs du ghetto de Slonim sont parmi les fondateurs de «Schorr 51», une unité partisane composée de Juifs qui aura à son actif de nombreux faits d’armes. Kremen, un des Juifs évadés dans la forêt, fournit de nombreuses armes à ses camarades restés dans le ghetto. Le 20 août 1942, les Allemands exécutent encore 400 Juifs de Slonim et en décembre tuent les derniers les Juifs restant dans la ville.

Les partisans de Slonim les partisans Juifs du ghetto de Slonim participent à la libération des Juifs de Kossovo le 2 octobre 1943. Au moins quatre cents Juifs de Slonim ont réussi à se sauver du ghetto et à combattre dans les forêts.

162. Smorgon

Smorgon est une ville de l’oblast de Grodno en Biélorussie, et les premiers Juifs arrivent dans la ville au début du XVIIè. En 1765, 649 Juifs de la communauté paient des impôts. Dans les années 1830 s’établit près de Smorgon une colonie agricole, dans laquelle travaillent plus de 40 familles au début de la première guerre mondiale. En 1847 il y a 1621 Juifs à Smorgon. Dans les années 1860 une tannerie s’installe en ville, sur l’initiative d’un homme d’affaire Juif. Les Juifs travaillent dans l’artisanat (menuiserie, tricotage, fabrication de petits pains «Bagels», célèbres dans toute la Russie), de commerce de détail et de colportage. Le Bund recrute de nombreux adhérents parmi les ouvriers de Smorgon et dès 1900 apparaissent les Sionistes… En 1897 il y a 6.743 Juifs à Smorgon (76% de la population). La veille de la guerre mondiale, il y a dans la ville deux midrash, sept synagogues, 3 yéshivas, et un hôpital Juif. En 1915, de nombreux Juifs de Smorgon sont expulsés à l'intérieur de la Russie. Ils reviennent lorsque Smorgon est annexée à la Pologne indépendante après la guerre. Entre les deux guerres mondiales, la vie juive est extrèmement active dans la ville.

En septembre 1939 l'armée rouge entre dans la ville et l’administration soviétique s’affaire à «étatiser» un maximum. Les Allemands arrivent fin juin 1941. Ils établissent deux ghettos dans deux quartiers différents. En été 1942 quelques Juifs sont envoyés à Kovno tandis que les autres sont envoyés à Ponary, les site de massacre près de Vilna, où ils sont exterminés.

Après la guerre, la communauté juive de Smorgon n'a pas été reconstituée.

163. Snyatyn

Snyatyn est une ville de l’oblast d’Ivano – Frankofsk (Stanislawow), où une communauté juive organisée existe au XVIè siècle. En 1578 le roi Etienne Bathory accorde aux Juifs de Snyatyn le droit de commercer librement. En 1650, après les massacres des Cosaques de Chmielnicki (1648 - 1649), le roi garantit aux Juifs le privilège produire et de vendre de la liqueur pour faciliter leur retour. En 1765, 1.111 Juifs vivent dans la ville. Ils sont 2.333 (22% du total de la population) en 1880, 4.386 (36%) en 1910 et 3.248 (31%) en 1921. Après la première guerre mondiale, une vague d’antisémitisme frappe la communauté et affecte durablement son économie.

Snyatyn : récupération des bagages après la déportation des Juifs à Belzec
Snyatyn : récupération des bagages après la déportation des Juifs à Belzec
Lorsqu’éclate la guerre germano-soviétique, Snyatyn est prise par les troupes hongroises alliées des Allemands (juillet 1941). Les Hongrois imposent de sévères restrictions économiques aux Juifs, mais empêchent tout débordement contre eux de la part des Ukrainiens. En septembre 1941, la ville est remise à l’administration nazie. Le meurtre systématique des Juifs de la ville commence. Entre septembre et décembre des centaines d’entre eux sont exécutés dans la forêt proche de Potoczek. Un ghetto est ensuite établi et en avril 1942 a lieu la première déportation: elle mène au camp de la mort de Belzec. Les Juifs commencent à construire des caches dans l’espoir d’échapper aux prochaines déportations. En vain. La liquidation du ghetto survient le 7 septembre 1942: les derniers Juifs de Snyatyn sont envoyés à Belzec.

La communauté juive de Snyatyn n’a pas été reconstituée après la guerre.

164. Sochaczew

Ville du district de Varsovie, Sochaczew accueille ses premiers Juifs en1427, lorsque la ville est sous la juridiction des princes de Mazovie. En 1556, durant le synode de Lowicz, les autorités et les chefs de l’église locale, incités par l’entourage du nonce, accusent les Juifs de Sochaczew de profanation de l’hostie. Trois Juifs sont condamnés à mort et immédiatement exécutés. Mais comme il est évident que l’accusation est entièrement fausse, le roi Sigismond II Auguste ordonne de la retirer immédiatement. En1599 les Juifs de Sochaczew occupent 20 maisons, ont leur synagogue, une mikveh et un cimetière. Un nouvelle affaire, celle d’un crime rituel, coûte la vie à un Juif en 1646.; l’année suivante un incendie ravage le quartier Juif et les bourgeois s’opposent à sa reconstruction. Les Juifs quittent la ville. Le roi Auguste III permet en 1749 le retour des Juifs, et en 1793 ils sont 1.349 qui paient m’impôt dans la ville et les villages alentour. En 1805 les 1.085 Juifs forment 80% de la population de la ville. Ils sont 2.322 (74%) en 1827 et 2.936 (76%) en 1857. Au XIXè ils participent à la révolution industrielle et installent plusieurs entreprises à Sochaczew, en même temps que s’implante le hassidisme avec une école et une yéshiva. De 3.776 âmes en 1897 la population juive passe à 4.520 (71%) en1908. A cause de la première guerre et de la guerre civile, la population juive tombe à 2.419 en 1921.

Lorsque débute la guerre, 4.000 Juifs habitent Sochaczew. En février 1941 tous les Juifs de la ville sont déportés dans le ghetto de Varsovie où ils partageront le sort de ses habitants.

Après la guerre la communauté de Sochaczew ne sera pas reconstituée.

165. Sokal

Ville de l'oblast de Lvov en Ukraine, Sokal voit arriver les premiers Juifs au milieu du XVIème siècle. En 1578 la municipalité limite le nombre de Juifs à deux familles, autorisées à occuper deux maisons. En 1609 les Juifs obtiennent le droit de construire 18 maisons et un synagogue et d’acquérir un terrain pour un cimetière. La communaté se développe sous la domination autrichienne, entre 1772 et 1918, et s’occupe principalement de petit commerce, d’artisanat, de transport. Le hassidisme s’implantre très largement au sein de la communauté. La population juive compte 2.408 personnes (36% de la populationle totale) en 1880, 3.272 en 1890, 3.778 (41%) en 1900, 4.516 (39%) en 1910, 4.360 (43%) en 1921, et 5.520 en 1931. Entre les deux guerres mondiales, Sokal est intégrée à la Pologne et le sionisme joue un rôle important dans la vie de la communauté.

Au début des hostilités en septembre 1939, des réfugiés Juifs arrivent de Belzec, de Krystynopol et des villes de Pologne occidentale à Sokal, qui compte bientôt plus de 6.000 habitants et passe sous contrôle soviétique de 1939 à juin 1941. Les réfugiés sont logés dans les synagogues et chez des privés. En raison de la proximité de la frontière allemande, les Juifs assistent à la tragédie des Juifs de Chelm et de Hrubieszow en novembre 1939, au moment où les Allemands les expulsent lors d’une «marche de la mort» de l’autre côté du Bug, mais où les Soviétiques empêchent les survivants de traverser le fleuve. En été 1940, les Soviétiques expulsent les réfugiés de Sokal à l’intérieur du territoire soviétiques.

Le 23 juin 1941, la Wehrmacht arrive à Sokal. 8 personnes sont tuées le même jour. Le 30 juin la police ukrainienne assassine 200 Juifs près d'une usine de briques dans les environs de Sokal. En hiver 1941 et au début de 1942, les Juifs sont soumis au travail obligatoire, aux restrictions économiques et aux brutalités physiques. Le 17 septembre 1942, à lieu la première «Aktion»: 2.000 Juifs sont envoyés à Belzec et ses chambres à gaz. Le 15 octobre 1942, un ghetto est installé à Sokal: plus de 5.000 Juifs, y compris des Juifs de Stenaityn, Radziechow, Lopatyn, Witkow, Tartakow et Mosty Wielkie y sont concentrés. Le ghetto possède seulement quatre puits et ses habitants souffrent terriblement du manque d’eau. Rapidement après l’établissement du ghetto à lieu une seconde «Aktion»: entre le 24 et le 28 octobre, 2.500 Juifs de Sokal sont expédiés à Belzec. Le 27 mais 1943 à lieu la liquidation du ghetto et la ville est déclarée «Judenrein». 30 Juifs réussissent à survivre en se cachant.

166. Sokolka

Ville du district de Bialystok, Sokolka voit arriver les premiers Juifs dans la dernière moitié du XVIIème siècle. En 1698 ils obtiennent le privilège royal de commerce et de propriété. La population juive de la ville compte 1.454 membres en 1847, 2.651 (52% du total de la population) en 1897 et 2.821 (46%) en 1921. Le mouvement ouvrier Juif s’organise localement vers la fin du XIXème siècle, de même que le sionisme et le socialisme sont très actifs dès le début du XXè. Lactivité économique, culturelle, religieuse et sociale de la communauté est débordante de vitalité entre les deux guerres (écoles, cercles de sport, bibliothèques, partis… 80% de l’économie et de l’artisanat est aux mains d’entrepreneurs Juifs).

Dès le début de la guerre mondiale un grand nombre de réfugiés de Pologne occidentale arrivent en ville. Vers la fin de 1939 il y a environ 9.000 Juifs à Sokolka, qui passe sous contrôle soviétique pour presque deux ans. La ville et ses habitans sont «soviétisés», ce qui met la vie de la communauté sous le boisseau…

La Wehrmacht entre dans la ville le 27 juin 1941, rapidement suivie par les hordes nazies. La population juive est soumise aux brutalités d’usage, au travail obligatoire, aux restrictions des déplacements, aux paiements de rançpns et amendes diverses. En automne, un ghetto est établi. Le 5 novembre 1942, tous les Juifs sont rassemblés ; une «Selektion» a lieu, et les Juifs sont expulsés dans le camp de transit de Kelbiasin, comme tous les autres Juifs de la région: de là, quelques uns rejoignent des camps de travail ; mais la très grande majorité prend après quelques semaines d’attente le train de la mort pour Treblinka… Environ 200 Juifs restent à Sokolka pour travailler dans une usine tesxtile travaillant pour la Wehrmacht. Ils sont exécutés le 18 janvier 1943.

167. Sokolow Podlaski

Sokolow Podlaski: dans le ghetto en 1941
Sokolow Podlaski: dans le ghetto en 1941
Sokolow Podlaski est une ville du district de Varsovie, où les Juifs organisnet une première communauté à la fin du XVIè. En 1765, 163 Juifs sont soumis à l’impôt communal. La population juive monte à 1.186 membres en 1837 (37% de la population totale), 2.275 (62%) en 1857, 4.248 (59%) en 1897, 4.430 (55%) en 1921 et 5.027 en 1931. Sokolow devient au XIXè un important centre hassidique.

La Wehrmacht entre dans la ville, peupklée de 4.000 Juifs, le 20 septembre 1939 et terrorise immédiatement la population. Le 23 septembre 1939, le jour du Yom Kippour, les Allemands incendient la synagogue.

Sokolow Podlaski: dans le ghetto en 1941
Sokolow Podlaski: dans le ghetto en 1941
En été 1941 un ghetto est établi. Les Juifs du ghetto sont déportés à Treblinka le 22 septembre 1942. Ils offrent une résistance passive, celle du désespoir: 500 se cachent, mais sont découverts et abattus sur place ; 700 autres s’enfuient dans les forêts environnantes. La plpupart d’entre eux est retrouvée et abattue lors des «Judenjagden» organisées par les Allemands. Un groupe de jeunes réussit à rejoindre des unités partisanes et continue le combat.

La communauté de Sokolow n’a pas été reconstituée après la guerre.

168. Sosnowiec

Sosnowiec est une ville du sud-ouest Pologne, au nord de Katowice. Au début de la guerre, sa population compte 130.000 habitants, dont 28.000 sont Juifs. Les Allemands entrent dans la ville le 4 septembre 1939; 13 Juifs sont tués dans les rues. Le 9, la synagogue est incendiée. Peu après, un Judenrat est formé ainsi qu’une police juive. En 1940, avec 45 autres communautés juives, Sosnowiec devient «membre» de la «Zentrale Judischen Altestenrate in Ostoberschlesien», une espèce de «super» Judenrat dirigé par Moshe Merin qui espère atténuer la dureté de la politique allemande par une obéissance totale...

Sosnowiec: la police juive du ghetto, en 1943
Sosnowiec: la police juive du ghetto, en 1943
Les déportations vers Auschwitz commencent à partir de mai 1942: 1.500 du 10 au 12 mai, 2.000 en juin, plus de 8.000 (soit 25% des Juifs de Sosnowiec) du 12 au 18 août... Après cette dernière déportation les Allemands créent un ghetto dans la banlieue de Srodula. Les survivants restent sous l'autorité de l'organisation Schmelt qui exploite le travail Juif. Au printemps 1943 les Allemands continuent à concentrer des Juifs de Sosnowiec dans le ghetto de Srodula à Zaglebie. Leur objectif est d’exploiter un maximum la force de travail des prisonniers. Mais très rapidement arrive l’ordre de liquider les ghettos. Le 10 mars 1943 le ghetto de Srodula est isolé. Le 21 juin Moshe Merin et plusieurs membres du Judenrat sont déportés à Auschwitz. Le 22 juin, des milliers de Juifs sont déportés à Auschwitz. Du 1 au 16 août 1943 le ghetto de Sosnowiec est définitivement liquidé: presque tous les Juifs restants (environ 15.000) sont envoyés à Auschwitz. Quelques Juifs résistent: par trois fois, des caves où ils s’étaient terrés, ils tirent sur les Allemands. La résistance est rapidement balayée. Elle avait eu une importante activité de solidarité, notamment avec son chef Zevi Dunski.

Les nazis sélectionnent 1.300 Juifs pour trier les possessions des Juifs déportés. Entre décembre 1943 et janvier 1944, ces 1.300 Juifs sont assassinés ou déportés à Auschwitz.

Après la guerre environ 700 Juifs reviennent à Sosnowiec, mais presque tous émigrent peu après.

169. Staszow

Une communauté juive s’y développe à partir du XVIIIè. La population juive compte 2.062 personnes (52% du total) en 1827, 3.246 (64%) en 1856 et 4.885 (62%) en 1897. Dans la seconde moitiè du XIXè les Juifs de Staszow implantent des industries (tanneries, cordonneries, confection textile) et s’engagent dans le commerce. L’influence du hassidisme devient déterminante. En 1921, les Juifs sont 4.704 dans la ville et forment 56% de la population totale. Dans les années 30, les sentiments antisémites sont très forts dans la région et la communauté essuie un pogrom en 1932. Elle est assez forte pour y faire face, avec ses organisations culturelles, religieuses, éducatives et sociales bien développées.

Au début de la guerre, il y a environ 5.000 Juifs dans la ville. Les Allemands prennent Staszow les 7 et 8 septembre 1939, et un Judenrat est institué en novembre. Le ghetto est créé en juin 1942 où 2.000 Juifs des environs sont concentrés avec les 5.000 Juifs de la ville. Le ghetto est liquidé le 8 novembre 1942: des centaines de Juifs dont assassinées et le reste est envoyé au camp d'extermination de Belzec. Pendant le trajet pour Belzec, de nombreux Juifs parviennent à s’échapper dans les forêts.

La communauté juive de Staszow n’a pas été reconstituée après la guerre.

170. Stolin

Ville de l'oblast de Pinsk, à l’ouest de la Biélorussie, Stolin voit les premiers Juifs arriver au XVIIè siècle. La communauté et la ville souffrent beaucoup des combats de la guerre civile russe entre 1919 et 1921. En 1921 il y a 2.966 Juifs (62% la population totale).

La ville passe sous contrôle soviétique en septembre 1939. Quand l'Allemagne attaque l’URSS le 22 juin 1941, les nationalistes ukrainiens et l'armée soviétique en retraite commencent à organiser des pogroms contre les Juifs. La communauté juive, pour assurer sa sûreté, installe un comité d’autodéfense qui résiste aux attaques. Le 22 août les Allemands arrivent de Rovno et imposent immédiatement une amende de 1.000.000 roubles à la communauté juive. Le Judenrat, créé le même mois et dirigé par Nathan Bergner (un réfugié de Lodz), utilise tous les moyens dont il dispose, y compris les dessous de table, pour aider la population juive. En automne de 1941 tous les Juifs des villes des villages des environs sont envoyés à Stolin mais les autorités ukrainiennes empêchent leur venue dans la ville. Le Judenrat intervient auprès des Allemands et réussit à faire admettre 1.500 réfugiés. Des cantines publiques sont installées. Le ghetto, contenant 7.000 personnes, est établi la veille de Shavuot 1942 (début de l’été).

Le 10 septembre 1942 les membres de Judenrat sont arrêtés et exécutés. Les 11, les Allemands et leurs collaborateurs ukrainiens rassemblent tous les Juifs place du marché. Les malade et personnes âgées sont exécutés chez eux. Tous les Juifs de Stolin et de la proximité sont rassemblés par groupes de 500. Groupe après groupe, ils sont emmenés dans la forêt voisine de Dolin. Des fosses y ont été creusées. Les Juifs sont obligés de se déshabiller et de se rendre aux fosses où ils sont exécutés comme à l’abattoir. Quelques Juifs tentent de fuir et d’atteindre les forêts. Beaucoup sont repris par des paysans, ramenés aux Allemands qui les pendent. Quelques survivants rejoignent les unités partisanes à proximité.

Après la guerre la communauté juive de Stolin n'a pas été reconstruite.

171. Stopnica

Petite ville près de Busko, dans la province de Kielce, en Pologne centrale, Stopnica accueille ses premièrs Juifs au XVIIè siècle. Ils obtiennent un privilège royal en 1752 leur donnant l’autonomie et des droits de commerce et d’artisanat. Il y a 375 Juifs payant l'impôt local à Stopnica et 188 dans les villages environnants en 1765. La population juive compte 1.014 membres (49% de la population totale) en 1827, 1.461 (69%) en 1857, 3.134 (71%) en 1897 et 3.328 (76%) en 1921. Les Juifs travaillent principalement dans le petit commerce et l’artisanat comme la confection, la cordonnerie, la menuiserie et le transport.

Quand éclate la guerre, 2.600 Juifs habitent Stopnica. Au cours des combats, le centre de ville, principalement habité par les Juifs, est incendié. Après l’entrée des Allemands, les tirs sur les Juifs dans la rue deviennent presqu’un exercice quotidien… Les Juifs sont mis à l’amende et doivent payer une rançon pour la libération des notables Juifs pris en otages, dont une partie d’ailleurs est éxécutée. Stopnica est intégré dans le Gouvernement Général, district de Radom, région de Busko.

La veille de la Pâque 1940, 13 Juifs sont traînés hors de leurs maisons et exécutés à même la rue. Un ghetto «ouvert» est installé mais il est interdit aux Juifs de le quitter sous peine de mort. Des ateliers de travail obligatoire sont installés, fournissant aux artisans quelques emplois avec de très petits salaires. Le nombre de Juifs augmente graduellement avec l'afflux de déportés et de réfugiés de Plock, Gabin, Radom, Lodz, et Cracovie, et à partir de 1942 des villages environnants. En novembre 1940 il y a 3.200 Juifs à Stopnica, en mai 1941, 4.600, en avril 1942, 5.300 et en juin 1942, 4.990.

La veille de la Pâque de 1942, la police exécute président du Judenrat et son fils. La liquidation du ghetto a lieu les 5 et 6 novembre 1942: la police allemande et les formations ukrainiennes, avec l'aide de la police polonaise et des pompiers emmènent 400 personnes âgées et petits enfants au cimetière Juif où ils sont exécutés, sélectionne 1.500 jeunes hommes qui sont envoyés au camp de travail de Skarzysko - Kamienna, et conduisent le reste, environ 3.000 personnes, à pied à la gare de Szczuczyn. Sur le chemin beaucoup sont abattus. Puis dans le ghetto est organisé une «judenjagd»: les Juifs cachés et attrappés sont tués sur place ou inclus dans le convoi. Les victimes sont envoyées par chemin de fer à Treblinka.

A Stopnica même, environ 200 jeunes hommes et femmes sont maintenus en vie pour travailler dans des ateliers ou sur les routes ou utilisés dans les ateliers. Ce groupe est envoyé en janvier 1943 dans les camps de travail de Sandomierz et Poniatow.

172. Stryj

Stryj : la grand place du marché
Stryj : la grand place du marché
Stryj est une ville de l’oblast de Lvov en Ukraine occidentale. De 1772 à 1918 Stryj fait partie de la Galicie autrichienne puis de la Pologne entre les deux guerres. En septembre 1939 la ville est occupée par les Soviétiques. La ville a une population juive depuis le XVIè siècle, et la veille de la seconde guerre 12.000 Juifs habitent la ville.

Stryj : plan du ghetto
Stryj : plan du ghetto
Quelques jours après l'invasion allemande de l’Union Soviétique, l’armée rouge évacue la ville qu’elle occupe depuis l’accord Molotov-Ribbentrop. Environ 300 Juifs suivent l’armée soviétique. Les Allemands entrent dans la cité le 2 juillet: c’est l’occasion rêvée pour les nationalistes ukrainiens qui se déchaînent, avec l’aide de la troupe allemande et d’une partie de la population locale: des dizaines de Juifs sont massacrés, plus encore blessés ; de nombreuses maisons et magasins sont saccagés, pillés et incendiés. Les Allemands finissent par imposer le calme, puis s’attaquent au problème Juif avec leur redoutable efficacité: mi août est publiés la série de décrets classiques: port de l’insigne, limitation des déplacements, remise des objets de valeurs, monnaies, bijoux, meubles, interdiction de fréquenter le marché de la ville… suivent les confiscations des appartements et l’enrôlement pour le travail obligatoire.

Stryj : le site du massacre de septembre 1941 dans la forêt de Holobutow
Stryj : le site du massacre de septembre 1941 dans la forêt de Holobutow
L'exécution de certaines de ces mesures est confiée au Judenrat installé en juillet 1941. Des Juifs sont forcé de travailler dans les établissements municipaux, les camps militaires, dans les usines allemandes, sur des chantiers routiers (pavage, réparation de ponts endommagés)... La première «Aktion» a lieu début septembre 1941: les Allemands et leurs aides ukrainiens arrêtent 1.000 Juifs et les rassemblent au commissariat de la police ukrainienne, où ils sont battus. Puis ils sont emmenés dans la forêt de Holobutow, près du village de Rylow, et y sont exécutés. Fin 1941, de nombreux Juifs sont obligés d'évacuer certaines rues de Stryj pour entrer dans un secteur qui devient le ghetto Juif. Ce ghetto reste ouvert dans un premier temps mais est clôturé à la fine de l’année 1942.

En hiver 1941 et au printemps 1942, de nombreux jeunes Juifs sont arrêtés et envoyés dans les camps de travail établis dans la région de Stryj. Ils sont nombreux à y mourir sous le poids du travail, du manque de nourriture ou de maladie, sans compter ceux qui sont tués sur place. En mai 1942 plusieurs centaines de Juifs du ghetto sont arrêtés et expédiés au camp d'extermination de Belzec. Le 13 septembre 192 a lieu une «Grossaktion»: 5.000 Juifs sont réssemblés et envoyés à Belzec. Après cette «Aktion», les Juifs s’efforcent désespérément de trouver un emploi dans les diverses usines de la ville qui travaillent pour les Allemands, espérant un sursis, voire la rédemption… D’autres préparent ses caches ou tentent de fuir en Hongrie.

Les 17 et 18 octobre 1942 a lieu l’ «Aktion» suivante: les Allemands ratissent le ghetto, pillent les maison et rassemblent 2.000 personnes qu’ils envoient à Belzec. Le ghetto est réduit et toute sortie interdite. Les Juifs employés par les entreprises essentielles aux Allemands portent l’insigne «W» les distinguant de tous les autres. Une «Aktion» supplémentaire, du 28 février au 2 mars 1943 élimine 1.000 Juifs qui sont assassinés à même le ghetto ou à proximité de la ville. Une autre «Aktion» démarre le 22 mars et dure plusieurs jours: c’est une véritable «chasse» qui fait 1.000 victimes, attrappées, amenées au cimetière juif et tuées d’une balle dans la nuque.

Stryj : le mémorial de la forêt de Holobutow
Stryj : le mémorial de la forêt de Holobutow
Les survivants, principalement les «travailleurs», sont enfermés dans le camp de travail installé près des usines de Stryj. Début juin 1943, le ghetto est liquidé, et avec lui le Judenrat. Puis en juillet de 1943 les Juifs des camps de travail sont progressivement liquidés. Vers la fin août, la ville est déclarée «Judenrein». Pendant les mois qui suivent, les Allemands et leurs auxiliaires ukrainiens poursuivent la «Judenjagd» de ceux qui se terrent et qui, découverts, sont exécutés sur place.

Stryj est libérée le 8 août 1944. Plusieurs dizaines de Juifs surgissent de la ville «aryenne» et de la forêt. D’autres reviennent plus tard des camps allemands ou d’Union Soviétique. Mais la plupart d’entre eux quittent la villes pour d’autres horizons: l’occident ou la Palestine et le nouvel état d’Israel.

173. Strykow

Ville de la province de Lodz, Strykow voit s’installer une communauté juive qui s’organise au XVIIIè siècle. En 1765 il y a 488 Juifs payant l’impôt à Strykow, et 137 dans 21 villages environnants. La population juive compte 868 âmes (70% de la population totale) en 1808, 1.394 (62%) en 1827 et 1.713 (65%) en 1857. Ils travaillent dans le commerce et dans l’artisanat, tirant bénéfice du développement de la ville jusqu'au milieu du XIXème siècle. En 1897 la communauté compte 1.799 âmes (58%). En 1921 il y a 1.998 Juifs vivant dans la ville (48% de la population totale).

Au début de la guerre Strykow subit un imortant bombardement aérien et de nombreux habitants quittent la ville. Lorsqu’arrivent les Allemands, plusieurs Juifs sont tués. En décembre 1939 environ 1.600 Juifs sont expulsés à Glowno, dans le Generalgouvernement. Les deportés sont refoulés par le maire de Glowno et obligés de rechercher à se loger dans la périphérie de la ville où ils «squattent» jusqu'au printemps 1940, avant que les autorités de Glowno ne les renvoient à Strykow. A sont tour le maire de Strykow les refoule et ils sont obligés de rebrousser chemin et de revenir sur Glowno, où ils restent et partagent le destin des Juifs de la ville.

Après cet épisode, 378 Juifs restent à Strykow. Mais rapidement arrivent des réfugiés d’autres villes, concentrés dans un minuscule ghetto. En avril ou mai 1942 tous les Juifs de Strykow et les réfugiés sont expulsés à Brzeziny, le seul ghetto existant encore dans la région avec celui de Lodz. Au cours de la liquidation du ghetto de Brzeziny, 300 travailleurs Juifs de Strykow sont été envoyés avec 3.000 autres Juifs sélectionnés de Brzeziny dans le ghetto de Lodz dont ils vont partager le sort.

174. Suwalki

Suwalki est une ville du district de Bialystok, au nord-est de la Pologne. La ville commence à se développer vers la fin du XVIIIème siècle sous la domination prussienne ; les Juifs s’y installent alors et en 1808 ils sont 44 dans la ville (3,5% de la population totale). Une communauté organisée se forme alors rapidement, et en 1827 elle compte 1.209 membres (32% de la population totale). Une synagogue est construite en 1821. Tout au long du XIXè, les Juifs de Suwalki développent des relations commerciales avec l'Allemagne, en particulier pour le bois de construction et les chevaux de trait. Ils travaillent également dans le petit commerce local et les petits métiers d’artisanat. Dans la seconde moitié du siècle, ils se lancent dans la production de châles et la tannerie. Lors du soulèvement polonais, de nombreux Juifs de Suwalki prennent une part active dans la lutte contre l'armée russe.

La population juive compte 6.587 personnes (62% de la population totale) en 1857 et 7.165 (40% de la population totale) en 1897. Le sionisme gagne rapidement de nombreux adeptes au début du XXè, ansi que le mouvement ouvrier, organisé en syndicats dès 1901. Durant la première guerre mondiale les Juifs de Suwalki souffrent durement durant la retraite de l’armée tsriste en 1915. La population juive compte 5.747 membres (34% de la population totale) en 1921 et 5.811 en 1931.

La communauté juive est rapidement liquidée, dès après l’arrivée de la Wehrmacht: à la fin novembre 1939 tous les Juifs de la ville sont expulsés à Biala Podalska, Lukow, Miedzyrzec - Podalski et Kock où ils vont partager le destin de ces communautés.

175. Szczercow

Szczercow est un village près de Belchatow, dans la province de Lodz, en Pologne centrale. 88 Juifs habitent à Szczercow en 1808 (17% de la population totale). Au cours du XIXè le nombre de Juifs passe à 186 (14% de la population totale) en 1827, à 371 (22%) en 1857, 962 (34%) en 1897 et 1.513 (35%) en 1921. Dans la seconde moitié du XIXème siècle, les Juifs de Szczercow s’engagent dans l’artisanat, les transports et le petit commerce.

En 1939, 3.200 Juifs et 1.800 non-juifs habitent Szczercow. Durant les premiers jours de l’occupation, la petite ville est totalement incendiée par les Allemands et les Juifs, sans foyer et privés de tous leurs biens, fuient dans la ville voisine de Zelow, alors que 150 trouvent abri à Belchatow. Un petit groupe de Juifs revient dans la ville et les Allemands expulsent le reste de la communauté juive fin 1941 ou début 1942.

176. Szydlowiec

Szydlowiec est une ville du district de Kielce. Szydlowiec attire les colons Juifs de la fin du XVème siècle. Vers la fin du XVIIème siècle il y a une communauté juive organisée. Dans 1765 la population juive de Szydlowiec et ses environs compte 902 personnes. Les Juifs travaillent principalement dans le commerce des produits agricoles, du bois et des matériaux de construction, des boissons, de la fourrure et des métaux. En 1788, le duc Radizwill accorde aux Juifs des terres supplémentaires afins qu’ils puissent y construire des maisons, une synagogue et un cimetière. Entre 1825 et 1862, alors que la Pologne est sous le contrôle du tzar, les Juifs ne peuvent résider hors de leur quartier. La population juive de Szydlowiec se développe considérablement au cours du XIXè siècle, et compte 2.049 habitants (64% de la population totale) en 1827, 2.780 (73%) en 1857, 5.298 (71%) en 1897 et 5.501 (77%) en 1921.

En 1905 - 1906 les ouvriers et la jeunesse juive, menés par le Bund et les mouvements sionistes, participent activement à la lutte contre le régime tsariste.

Lorsque la Wehrmacht entre dans la ville début septembre 1939, il y a environ 7.200 Juifs à Szydlowiec. Le 23 septembre 1942, 10.000 Juifs de Szydlowiec et des environs sont envoyés dans les chambres à gaz de Treblinka. Le 10 novembre 1942, les Allemands établissent quatre nouveaux ghettos dans la région (Sandomierz, Szydlowiec, Radomsko et Vjazd). Les Juifs qui ont fui dans les forêts sont invités à rejoindre ces ghettos, contre la promesse de vivre en sécurité dans les ghettos. Des milliers de Juifs, qui par ailleurs ne voient pas comment ils pourraient passer l’hiver dans les forêts sans rien, répondent à la sollicitation allemande. Environ 5.000 Juifs sont concentrés dans le ghetto de Szydlowiec. Ils sont envoyés à Treblinka.

Après la guerre, la communauté juive de Szydlowiec n'a pas été reconstituée.

177. Tarnobrzeg

Tarnobrzeg est une ville du district de Rzeszow dans le sud est de la Pologne. La ville s’appelle Dzikow en 1765 et à cette date 569 Juifs de la ville et des villages environnant paient des impôts. En 1655 tous les Juifs de la cité sont massacrés. En mémoire, une prière spéciale était récitée chaque année dans la synagogue de Sandomierz. Mais la communauté revit et en 1880 il y a 2.768 Juifs dans la ville (80% de la population), 2.840 en 1890, 2.642 en 1910, et 12.146 en 1921.

Au début de la seconde guerre mondiale, 3.800 Juifs vivent à Tarnobzreg, que la Wehrmacht occupe le 17 septembre 1939. Immédiatement un pogrom est déclanché. Courant octobre, les Allemands rassemblent les Juifs sur la place du marché et les expulsent de l’autre côté de la ligne de démarcation, chez les Soviétiques. Plus d’un Juif est tué pendant le transfert. En août 1941, une partie de la population juive revient dans la ville. Un getto est constitué pour eux, et ce ghetto est liquidé en juillet 1942.

Après la guerre, la communauité de Tarnobzreg n’a pas été reconstituée.

178. Tarnogrod

Village près de Bilgoraj, dans le district de Lublin, Tarnogrod est fondée en 1567. En le Roi 1569 Sigismond II Augustus accorde au village une charte qui en exclut les Juifs. Mais en juin 1580 le Roi Etienne Bathory permet aux Juifs de s’installer dans le village, d'y acheter des maisons et d’exercer des métiers. En 1648 les cosaques massacrent tous les Juifs du village, mais la communauté se reconstitue peu après. En 1686 une synagogue en pierre est érigée. Le village passe sous le tutelle autrichienne en en 1772, et en 1815 il est intégré au royaume polonais, contrôlé de fait par le gouvernement du tsar qui limite fortement l’immigration juive à Tarnogrod entre 1823 et 1862. Environ 1.260 Juifs habitent Tarnogrod en 1827 (32% de la population totale), 1.673 (41%)en 1857, 1.635 en 1897 et 2.238 (47%) en 1921.

Lorsque la Wehrmacht entre dans la ville, environ 2.500 Juifs y habitent. La communauté juive est liquidée le 2 novembre 1942: 3.000 Juifs de Tarnogrod et des environs sont envoyés à Belzec.

Après la guerre la communauté juive de Tarnogrod n’a pas été été reconstituée.

179. Tarnopol

Tarnopol : la synagogue
Tarnopol : la synagogue
Tarnopol est une ville d’Ukraine, qui entre les deux guerres appartient à la Pologne et est annexée en 1939 par l’URSS. Les Juifs y vivent depuis une longue période et constituent la majorité de la population. En 1939, 18.000 Juifs habitent la ville.

Le 2 juillet 1941, la Wehrmacht entre dans la ville. Deux jours plus tard débute un pogrom qui dure une semaine (4 - 11 juillet) et auquel particiepent les Allemands et les Ukrainiens: à la fin du pillage, 5.000 Juifs sont morts, massacrés. En juillet et août arrive la série de décrets restrictifs classiques contre les Juifs et des centaines d’entre eux sont arrêtés et sélectionnés pour le travail dans des camps. En septembre un ghetto est installé. Il est clôturé début décembre. Le Judenrat attribue les maisons du ghetto, recense ses habitants et établit des listes pour le travail obligatoire. En automne et durant l'hiver 1941 - 1942, le Judenrat est obligé d’envoyer des groupes de jeunes dans les camps de travail installés dans le secteur, comme Kamionka, Hluboczek Wielki et Borki Wielkie.

Tarnopol : la synagogue détruite par les SS
Tarnopol : la synagogue détruite par les SS
Début 1942 les Allemands écartent le Président du Judenrat, Gustav Fischer, pas assez docile, et le remplacent par Jakob Lipe. Le 23 mars 1942, une «Aktion» arrête 700 Juifs qui sont emmenés dans la forêt de Yanovka et y sont massacrés. A la suite de cette tuerie de masse, le Judenrat ouvre plusieurs ateliers dans le ghetto pour assurer des travaux essentiels à l'économie allemande, dans l'espoir de gagner une certaine immunité et d’éviter ce genre d’actions meurtrières. Mais en juillet les tueries se font plus nombreuses et une «Grossaktion» est menée du 27 au 30 août: plus de 3.000 personnes, vieillards et malades sont arrêtés et envoyés à Belzec. Et environ 100 hommes envoyés dans les camps de travail du secteur. Début septembre, les Allemands réduisent la surface du ghetto et les conditions de vie se dégradent rapidement. Un nouvelle «Aktion» à lieu le 30 septembre 1942: le Judenrat reçoit l’ordre de rassembler 1.000 personnes, mais il s’en trouve incapable. Les Allemands agissent alors directement et réusnissent 800 personnes qui sont mises dans un convoi et envoyée à Belzec. Deux autres «Aktionen» ont lieu dans la première quinzaine de novembre, qui envoient 2.500 Juifs supplémentaires dans les chambres de Belzec.

Tarnopol : exhumation des corps des juifs massacrés. 1945
Tarnopol : exhumation des corps des juifs massacrés. 1945
Début 1943, un camp de travail est établi dans le secteur du ghetto: les Juifs «aptes» y sont enfermés et vont travailler pour les entreprises allemandes. Les Juifs de l’autre partie du ghetto tentent de s’infiltrer dans le camp, certains qu’ils y seraient épargnés. Les 8 et 9 avril 1943, effectivement, 1.000 personnes du ghetto sont arrêtées, emmenées et exécutés dans des fosses creusées aux alentours de la ville. Les meurtres sporadiques continuent en avril et mai, jusqu’à la liquidation finale qui à lieu le 20 juin 1943. Ce jour là, les Allemands ratissent le ghetto. Malades et vieux sont liquidés sur place. Les autres sont emmenés hors de la ville et massacrés. Le camp de travail est fermé le 22 juillet, tous ses détenus exécutés hormis un groupe d'ouvriers maintenus vivants durant deux semaines pour trier toutes les affaires des victimes. Au début d'août ils sont exécutés à leur tour. Allemands et Ukrainiens continuent la chasse aux Juifs cachés dans la ville «aryenne» et dans les forêts voisines. Beaucoup tombent entre leurs mains jusqu’aux derniers jours de l’occupation.

Quand les troupes soviétiques reprennent la ville, il reste 150 Juifs qui sortent de leurs cachettes…

180. Tlumach

Tlumach est une ville du district d’Ivano - Frankovsk (Stanislawow), en Ukraine, annexée par l’Autriche en 1772 et est polonaise entre les dux guerres. Une communauté juive organisée y existe au XVIIIè siècle. En 1765, il y a 102 maisons dans le village, dont 59 appartiennent aux Juifs. Ils sont alor 372 Juifs à Tlumach et 148 dans les environs. Les Juifs dans Tlumach sont petits commerçants et artisans. Les pplus riche font du négoce de bois de construction et la production de boissons alcoolisées. La population juive compte1.756 (43% du total de la population) en 1880, 2.097 (39%) en 1900 et 2.082 (36%) en 1910. Pendant la première guerre mondiale les Juifs de Tlumach souffrent du passage des armées russes et en 1918 des nationalistes ukrainiens. Il y a 2.012 Juifs à Tlumach (35% de la population) en 1921. Entre les deux guerres, le sionisme gagne une grande influence l'influence au sein de la communauté.

Le 7 juillet 1941 Tlumach est prise par les Hongrois, alliés de l'Allemagne. début des réfugiés Juifs d'août 1941 de Hongrie ont été apportés à la ville. Pendant cette période, des réfugiés Juifs de Hongrie arrivent dans la ville, et la population ukrainienne ne se gène pas pour expulser certains Juifs de la ville et de s’emparer de leur propriété, avant Que l’armée hongroise ne s’interpose et ne remette de l’ordre.

En septembre 1941 Tlumach passe sous administration allemande. Les chefs de l'intelligentsia juive sont immédiatement exécutés, y compris le président du Judenrat, Eliasz Redner. En hiver 1941 - 1942 beaucoup de Juifs sont arrêtés et envoyés dans les camps de travail forcé dans le secteur. Le 3 avril 1942, 1.200 Juifs sont été expulsés à Stanislawow, où ils sont assassinés. Plus tard un ghetto est établi, dans lequel 3.000 Juifs, y compris ceux des environs, sont concentrés.

Le 18 mai a lieu une «Aktion» lors de laquelle 180 Juifs sont tués sur place et environ 350 expulsés dans les camps de travail du secteur. Les assassinats individuels sont lot quotidien, et la population juive souffre de faim et de maladie. Le 27 1942 le ghetto est liquidé: 2.000 Juifs sont envoyés dans les chambres à gaz de Belzec. Quelques Juifs s’échappent, mais tombent rapidement, victimes des nationalistes ukrainiens.

181. Tomaszow Lubelski est

Tomaszow Lubelski est une ville du district de Lublin, sous domination autrichienne de 1772 à 1809 puis appartenat à la Pologne depuis 1815. La ville se situe au nord de Belzec. Une communauté juive bien structurée y existe depuis les années 1630, mais est quasiment exterminée en 1648 par les bandes de Bodhan Chmielnicki, hetman des cosaques. La communauté se réorganise dès 1650. Ses membre s’occupent principalement de production agrisole et forestière, de petit commerce, de confection textile et d’import. La population juive est forte de 1.156 membres (43% du total de la population) ien 1827, de 2.090 (57%) en 1857 et de 3.646 (59%) en 1897. En 1931, 5.669 Juifs habitent la ville.

Le 6 septembre 1939, la ville est bombardée et le quartier Juif souffre terriblement: la synagogue est incendiée et plus de 500 maison rendues inhabitables. La Wehrmacht entre dans la ville le 13, mais se retire après deux semaines. L’armée rouge occupe Tomaszow, pour la restituer après quelques jours… Ce qui permet à 75% des Juifs de partir derrière elle. Les Allemands reviennent pour ne trouver que 1.500 Juifs. La plupart d’entre eux sont déportés le 25 février 1942 dans le camp de travail de Cieszanow, où presque tous vont mourir. Au cours de la déportation, beaucoup parviennent à s’enfuir dans les forêts voisines, et un groupe de jeunes Juifs sous la direction de Mendel Heler et Meir Kalichmacher organisent une unité partisane juive, qui combat les Allemands pendant un certain temps, mais est trahie par desPolonais locaux et exterminée.

La communauté juive de Tomaszow Lubelski n'a pas été reconstituée après la guerre.

182. Tomaszow Mazowiecki

Tomaszow Mazowiecki : la synagogue en 1940
Tomaszow Mazowiecki : la synagogue en 1940
La communauté juive de Tomaszow Mazowiecki est été fondée en 1831. Les premiers Juifs travaillent dans les ateliers de tissage locaux. Ils achètent les vêtements, les transportent dans d'autres villes et les vendent sur les marchés. Plus tard quelques Juifs deviennent propriétaires de diverses usines de textile. Tomaszow Mazowiecki est occupée par des troupes allemandes le 6 septembre 1939. À ce moment-là 13.000 les juifs vivent dans la ville. Rapidement les Allemands commencent leurs exactions contre les Juifs. Les membres de l'intelligentsia sont déportés à Buchenwald, d'autres sont forcés de travailler dans divers camps de la zone de Lublin.

Tomaszow Mazowiecki : Juifs au travail forcé sur la rivière Wolborka. 1940
Tomaszow Mazowiecki : Juifs au travail forcé sur la rivière Wolborka. 1940
En décembre 1940 un ghetto est établi et divisé en trois parties. Tous les juifs de Tomaszow doivent entrer dans le ghetto, ainsi que 3.000 juifs des villages voisins. En tout, 16.000 personnes doivent partager 250 maisons, soit 64 Juifs par maison. Rapidement, une épidémie de typhus éclate en janvier 1941, difficilement contrôlée. Le 15 décembre 1941 le ghetto est totalement isolé, et en janvier 1942 une nouvelle épidémie de typhus éclate. La population du ghetto est décimée par l’épidémie, mais aussi par la famine, les déportations régulières dans les camps de travail forcé (Blizyn, Pionki), des assassinats et de nombreuses condamnations à mort.

Tomaszow Mazowiecki : Juifs au travail forcé. 1940
Tomaszow Mazowiecki : Juifs au travail forcé. 1940
Le 23 octobre 1942 au soir, les troupes de police ukrainiennes, lituaniennes, polonaises et allemandes cernent le ghetto. Tous les projecteurs entourant le ghetto, sont soudainement allumés. Les troupes ouvrent le feu sur les personnes du ghetto, dont un bon nombre est tué. Le 29 octobre, les hommes, les femmes et les enfants sont rassemblés devant le bâtiment du Judenrat. La foule est très excitée, ne connaissant pas son sort et désirant savoir ce qui allait se passer… En soirée le Gestapo arrive, calme la population et menace les «excités». Chacun doit rester chez lui. Puis des centaines de juifs des villes et des villages voisins sont rassemblés dans un champ que l’on entoure de barbelés, où ils attendent un train devant les déporter. De temps en temps les gardes tirent dans la foule, histoire d’avertir quiconque tenterait de s’échapper… Au matin du vendredi 30 octobre, la plupart de ces juifs sont embarqués dans des wagons à bestiaux, direction Treblinka. Les personnes en trop sont entassées dans une usine désaffectée de la ville. Les juifs de Tomaszow veulent leur donner de la nourriture, mais les SS et les gardes ukrainiens les en empêchent.

Tomaszow Mazowiecki : déportation vers Treblinka
Tomaszow Mazowiecki : déportation vers Treblinka
Dans le ghetto l’»Aktion» démarre samedi, le shabbat du 31 octobre: dans les rues tonne un ordre: «Alle Juden Raus !», «Tous les Juifs dehors !» C’est l’affolement: les gens courent dans tous les sens, essayant de rester en famille. C’est une confusion de personnes portant des sacs et des valises, d’enfants s’accrochant aux jupes de leurs mères, de cris, de pleurs sous une pluie de coups. Tous les Juifs sont expulsés de leurs maisons dans les cours où les attendent la police là juive, la Gestapo et les Ukrainiens armés. Les Juifs sont forcés de laisser tous leurs bagages, de s’aligner par rangées de cinq, de former 20 ou 25 rangs et de marcher vers l'ancien hôpital de la rue Wajcznoso, trébuchant sur les morts et blessés éparpillés dans les rues. Dans la rue Wajsznoso une sélection a lieu. Les hommes de la Gestapo lisent la liste de ceux qui peuvent rester dans le ghetto pour le travail. Ces juifs sont parqués dans une usine de la rue Sotlerska. Tous les autres juifs, 6.000 personnes, sont divisés en groupes de 120, envoyés à la gare, et embarqués dans les wagons à bestiaux.

Tomaszow Mazowiecki : la grande « Aktion »
Tomaszow Mazowiecki : la grande « Aktion »
Le 2 novembre 1942 les mêmes événements se reproduisent avec plus de cruauté et d’énergie. Hurlant comme les bêtes sauvages et avec des lueurs de meurtre dans les yeux, les Allemands commencent à expulser tous les Juifs de leurs maisons dans le froid de ce matin d'hiver. Les personnes âgées, hommes, femmes et enfants sont alignés par rangées séparées, les familles étant 000 personnes sont ainsi mises dans les wagons à bestiaux. Puis, direction Treblinka. Ainsi entre le 15 octobre et le 2 novembre, 15.000 juifs de Tomaszow achèvent leur vie dans les chambres à gaz de Treblinka.

Environ 900 «Juifs du travail» restent à dans Tomaszow et travaillent pour l'organisation Todt dans la ville, où ils sont enfermés dans un camp de travail. Le 29 mai 1943 ce camp est également liquidé. 650 survivants sont transférés dans le camp de travail de Blizyn, où la plupart d'entre vont périr. 40 juifs doivent nettoyer le camp jusqu'en septembre 1943 puis sont envoyés dans le camp de travail de Starachowice. Leur destin est inconnu.

Environ 200 juifs sont revenus à Tomaszow Mazowiecki après la guerre.

183. Tuchin

Tuczyn, Tuchin en polonais, est une petite ville d’Ukraine, dans le district de Rovno, appartenant à la Pologne entre les deux guerres, puis occupée par l’Union Soviétique d’octobre 1939 à juin 1941. Environ 3.000 Juifs vivent à Tuchin lorsqu’arrive l’armée allemande, le 6 juin 1941.

Immediatement les Ukrainiens, avec le soutien des Allemands, lancent un pogrom: 70 Juifs sont tués, de nombreux autre blessés et des rues entières pillées. Le jour suivant arrive une unité du Sonderkommando 4a: pour «se faire la main», elle exécute 30 Juifs sur une liste préparée par les Ukrainiens. Le même mois, les Juifs sont obligés de porter l'insigne Juif (un brassard blanc avec une étoile jaune de David), de payer un rançon en or et de travailler au service des Allemands dans l'agriculture, les tanneries, et diverses entreprises. Un Judenrat est créé, dirigé par Gecel Schwarzman, un des hommes d'affaires de la ville et chef de la communauté juive. En subornant les Allemands, les Juifs parviennent à retarder jusqu’en 1942 la création d’un ghetto.

Après la liquidation des Juifs de Rovno mi - juillet 1942, quelques rescapés atrrivent à Tuchin et rapportent ce qui est arrivé dans leur ville. Les chefs de la communauté décident de résister. Gecel Schwarzman et son adjoint Meir Himmelfarb prennent la tête du mouvement et préparent un programme d'action qui tienne compte de la structure du ghetto, environ 70 maisons, disposées le long d'une seule rue. Le plan est de mettre le feu aux maisons, de tirer des coups de feu afin de semer la panique parmi les Allemands, et de filer le plus vite possible dans les forêts voisines. Avec des fonds du Judenrat, on achète du kérosène. Quatre «groupes de combat» sont organisés, disposant de cinq fusils, de vingt - cinq revolvers et de grenades à main. Un groupe de Juifs dont le travail forcé consiste à l’abattage d’arbres dans les forêts, tente, mais sans succès, de contacter l'unité de pertisans du colonel Dimitri Medvedev.

Lorsque la communauté juive se rassemble pour la prière du Yom Kippur (21 septembre 1942), les organisateurs de la résistance leur présentent le projet de révolte. Le 23 septembre, les Allemands cernent le ghetto. Les chefs de l'insurrection décrètent l’état d’alerte et les groupes de combat prennent leurs positions: deux près des deux portes du ghetto, un à la sortie de la rue principale, et le quatrième en réserve dans le bâtiment du Judenrat. Le 24 septembre à l'aube, les Allemands et la police auxiliaire ukrainienne se postent aux abords du ghetto. Au signal prévu, signal, le feu est mis à l’ensemble des maisons du ghetto et des entrepôts allemands voisins. Les groupes de combat commencent à tirer et des brêches sont ouvertes dans la clôture du ghetto, par lesquelles les Juifs commencent à s’échapper. 2.000 des 3.000 «résidants» du ghetto arrivent ainsi à fuir dans les forêts le jour même et la journée suivante. Les unités de combat juives tiennent durant deux jours, tuant plusieurs Allemands et policiers auxiliaires ukrainiens. L'insurrection s’achève samedi le 26 septembre avec la réddition des chefs de la révolte. Schwarzman et Himmelfarb sont immédiatement exécutés dans le cimetière Juif. Les 1.000 Juifs qui n’ont pas pu s’échapper sont massacrés.

La situation des 2.000 qui ont réussi à s’échapper reste tragique. Dans les trois jours, la moitié d'eux sont repris et tués. Environ 300 femmes avec des bébés, ne pouvant pas vivre dans la forêt, reviennent dans la ville. Toutes sont exécutées. Beaucoup d’autres meurent de faim ou de maladie dans la forêt, ou sont pris par les paysans et remis aux Allemands. D’autres, surtout des jeunes, rejoignent les unités de partisans soviétiques et tomberont en combattant. Quand Tuchin est libérée le 16 janvier 1944, environ 15 Juifs de la ville sont encore vivants.

184. Turka

Turka est une cité de la voïvodie de Lvov en Ukraine, dans les Carpates, au sud de Sambor et au sud ouest de Borislav. Les Juifs arrivent à Turka lorsque la ville est sous protectorat autrichien au XIXè. Ils se spécialisent dans la production de bois, les matériaux de construction, les transports, mais aussi la confection, la cordonnerie, la menuiserie et le commerce de détail. Dans la seconde moitié du siècle, le mouvement hassidique s’implante durablement. Entre les deux guerres, Turka est incorporé à la Pologne et les mouvements sionistes y prennent une grande influence. La population juive compte 2.368 âmes en 1890 (51% de la population), 2.892 (48%) en 1900, 4.887 (45%) en 1910, 4.201 (42%) en 1921 et 4.117 en 1931

6000 Juifs vivent à Turka le 17 septembre 1939 lorsque l’armée rouge entre dans la ville, en vertu du pacte germano-soviétique. Le régime communiste s’impose peu à peu à la communauté qui voit ses libertés fortement remises en cause et limitées. Mais début juillet 1941, la Wehrmacht prend la ville. S’en suit la terreur habituelle que les nazis mettent en place contre les populations juives: persécutions, humiliations, vols et pillages, massacres… La première grande «Aktion» a lieu en janvier 1942, lorsqu’environ 500 Juifs son assassinés. En août 1942, 4.000 Juifs sont envoyés à Belzec. La communauté juive est liquidée en décembre 1942: tous les Juifs sont déportés dans le ghetto de Sambor, où ils sont massacrés avec les Juifs de ce ghetto.

La communauté de Turka n’a pas été reconstituée après la guerre.

185. Tyszowce

Village du district de Lublin, près de la ville de Tomaszow Lubelski, Tyszowce voit des négociants Juifs s’établir au début du XVIè siècle. En 1565 le roi Sigismond II Auguste accorde aux Juifs l'égalité des droits et interdit que des jours du marché soient tenus le Sabbath. En 1649 et 1655/57, les Juifs souffrent des massacres des armées de Stephan Czarniecki et de Bohdan Chmielnicki. Au XVIIIème siècle les Juifs se spécialisent dans la cordonnerie, la poterie et le commerce. En 1815 la ville est rattachée à la Pologne, elle-même unie à l’empereur russe par une alliance personnelle. De 1823 à 1862 les autorités russes limitent la présence juive dans la région, en raison de sa proximité avec la frontière autrichienne. En 1857 il y a 956 Juifs (36% de la population) dans la ville: ils sont 2.454 (55%) en 1921. Entre 1918 et 1939 la communauté juive connaît une vie politique, sociale, économique et religieuses très active.

En septembre 1939 l'armée rouge entre dans la ville mais se retire rapidement, à cause du pacte germano-soviétique qui place la ville sous contrôle allemand. L’armée rouge entraîne dans sa retraite 1.000 des 3.800 jufs habitant alors Tyszowce. L'armée allemande occupe la ville début octobre 1939. En mai 1942 environ 1.000 Juifs sont envoyés à Belzec. La communauté juive est liquidée en novembre 1942: tous es Juifs sont envoyés à Belzec.

Après la guerre la communauté juive de Tyszowce n'a pas été reconstituée.

186. Wadowice

Wadowice : baraque du ghetto
Wadowice : baraque du ghetto
Wadowice, la ville natale du pape Jean Paul II, près de Cracovie, Pologne, possède un ghetto de 1.600 Juifs qui est liquidé en juillet 1943: ses habitants sont envoyés à Auschwitz.

187. Warthegau

«Wartheland» désigne le territoire et l'appareil administratif territorial établi par les Allemands en octobre 1939 dans les territoires polonais annexés par le Reich, et qui existera jusqu’en janvier 1945. Le terme «Warthegau» provient du nom du fleuve «Warta». Jusqu’au 9 janvier 1940 la région se nomme «Reichsgau Posen» et porte sur une surface de 43.942 kilomètres carrés: le Gau comprend la région de Lodz, celle de Posen, une partie de la région de Bydgoszcz, de la Poméranie et de Varsovie. C’est une région peuplée au début de la guerre par environ 4.922.000 habitants, dont 385.000 Juifs et 325.000 «Allemands».

Du 14 septembre au 25 octobre 1939, le responsable de l'administration civile, attachée au commandemant militaire de Posen, est Arthur Greiser qui est nommé par la suite commissaire local de Reich (Reichsstatthalter) et finalement «Gauleiter du Warthegau», nouvelle entité administrative qui remplace le Warthegau. Sous la gestion de Greiser le Warthegau doit devenir l’exemple du développement du national-socialisme. Greiser divise la population en «surhommes» («Ubermenschen») et «sous-hommes» («Untermenschen»), les Allemands faisant evidemment partie du premier groupe, les Polonais, Juifs, et Tziganes au second. En quelques semaines, l'«Ubermensch» s’assure toutes le positions de direction à tous les niveaux de la politique, des affaires et de l'administration économique, accaparant de plus tous les privilèges dans la vie quotidienne.

Durant l’occupation nazie, plus de 70.000 Polonais ont été tués, et d'autres ont été envoyés dans les camps de concentration. Mais les Allemands utilisent toute une batterie de mesures de répression: arrestation des familles, envoi d’un des conjoints dans un camp de travail forcé du Reich, interdiction de mariage, expulsion ; exploitation maximale des capacités au travail, salaires de misère ; rations alimentaires insuffisantes, conditions de vie très dures à cause des nombreuses restrictions, indigence des services sociaux et des services sanitaires… Les Allemands exproprient 95,5% de tous les biens des Polonais ; le système d’éducation et de scolarité est supprimé ; les maisons d'édition et toutes les organisation polonaises sont supprimées ; il est interdit aux Polonais de se rendre aux bibliothèques et d’assister à des événements culturels ; de même leurs sont interdits les piscines, les parcs publics et certains plages ; les enfants n’on pas accès aux parcs de jeux ; l'utilisation de la langue polonaise est restreinte dans des affaires publiques ; et de sérieuses limitations sont imposées à la participation à la vie religieuses et aux cérémonies. Le couvre feu est imposé et les déplacements limités.

Contre les Juifs sont prises de mesures plus radicales encore, particulièrement aux quatre premiers mois de l’occupation: obligation du port de l’étoile jaune, expropriation de la propriété, envoi dans des camps de travail obligatoire, interdiction de changement de domicile sans autorisation officielle, et limitation puis interdiction des transports en commun et des moyens de communication, interdiction de la participation aux activités politiques, culturelles et éducatives, interdiction des cérémonies religieuses officielles. Pendant ces quatre mois, les autorités procèdent aussi à de nombreuses exécutions, particulièrement dans les milieux de l’intelligentsia.

Durant la période suivante, de début 1940 jusqu'en décembre 1941, les Allemands concentrent les Juifs dans 173 camps de travail ou ghettos. De nombreux Juifs meurent de famine, des tortures, des conditions hygiéniques déplorables, de la dureté du travail, d’un manque total de soins… Courant 1940 plusieurs milliers de Juifs sont exterminés lors d’actions brutales et souvent désordonnées.

Dans la troisième phase, en 1942, 1943 et 1944 après la construction du camp d'extermination de Chelmno en décembre 1941 et les décisions de la conférence de Wannsee, la majorité de la population juive du Warthegau est exterminée.

Dans la phase finale, qui s’étend de septembre 1944 à la fin de l’occupation, les exterminations se ralentissent: il n’y a d’une part plus beaucoup de victimes potentielles, et d’autre part celles qui survivent, Juifs, mais aussi Polonais non-juifs sont exploité au maximum pour leurs compétences professionnelles au service du Reich et le la guerre. L’extermination se poursuit, mais par le travail…

Un total de 380.000 Juifs du Warthegau ont été mis à la mort et 5.000 seulement ont réussi à survivre, soit 1,3% de la population juive d'avant-guerre. De même, plusieurs centaines de «bohémiens» habitant le Warthegau ont été assassinés, ainsi que 5.000 Tziganes d’autres régions envoyés à Chelmno pour y être gazés… Au total, durant toute l’occupation, environ 470.000 personnes ont été tuées, dont 20.000 en raison des opérations militaires. Les autorités allemandes ont expulsé plus de 630.000 personnes hors du Warthegau, dont 450.000 ont été déportées dans les camps de travail du Reich. Plus de 25.000 y ont contracté des maladies chroniques et plus de 15.000 en sont revenues handicapées à vie.

188. Wegrow

Wegrow est une ville du district de Varsovie à environ 70km à l'est de Varsovie où les Juifs sont présents dès le début du XVIè. La province appartient alors à la Lituanie, et les Juifs s’occupent de commerce et d'affermage d'impôts. Après que la ville ait été incorporée au royaume de Pologne en 1569, la communauté se développe, devient la première dans la région et obtient de nombreux droits et privilèges: de liberté de s'engager dans le commerce et l’artisanat et exemption des impôts municipaux contre un impôt annuel de deux zlotys par ménage et de 6 pour les nouoveaux venus. En 1765 il y a 3.623 Juifs dans le district, dont 581 en ville. La communauté de Wegrow est la sixième en taille du royaume polonais. Celle de Praga à Varsovie dépend d’elle jusqu’à la fin du XVIIIè. Les Juifs de Wegrow sont commerçants (bétail), tailleurs, tisserands, fourreurs, boulangers, charretiers… Ils sont organisés en guildes. Ils pourvoients les armées polonaises et russes. En 1897, la population juive de Wegrow est forte de 5.150 âmes, soit 62% de la population totale. Beaucoup d’entre eux se sont lancés dès 1850 dans les métiers du luxe: bijoutiers, fourreurs, fabricants des marchandises de luxe et d’articles rituels… La communauté est bien organisée, possède une infrastructure sociale et culturelle importante ainsi que divers partis et associations comme le Bund, les Sionistes, le cercle orthodoxe Gur Hasidim... La population juive est de 5.227 membres en 1931.

Au début de la guerre il y a environ 6.000 Juifs à Wegrow. Immédiatement après leur arrivée, les Allemands commettent de nombreuses exactions contre les Juifs et le 23 septembre 1939 le rabbin de Wegrow, Mendel Morgenstern, est torturé à mort. Durant l’année 1940 environ 1.500 Juifs d'autres régions de la Pologne sont amenés à Wegrow, et le nombre de Juifs s’élève à 7.500 personnes au début de 1942. Le 22 septembre 1942, plusieurs milliers de Juifs de Wegrow et des environs sont déportés au camp de la mort de Treblinka, où ils sont gazés. Mais une importante partie de la population parvient à s'échapper dans les forêts environnantes. Presque tous sont attrapés lors des «Judenjagd» qui suivent et sont fusillés sur place par les Allemands et leurs auxiliaires. Les 100 derniers Juifs, qui restés dans un camp de travail local, sont exécutés le 1 mai 1943.

La communauté n'a pas été reconstituée après la guerre.

189. Wieliczka

Wieliczka est une ville de la banlieue de Cracovie, dépendant de son administration. La plupart des Juifs hommes se sauvent de la ville devant l'approche des Allemands en septembre 1939. La ville devient la seule ville de Pologne à posséder un Judenrat composé uniquement de femmes… En 1940-41, des milliers de réfugiés sont massés dans la ville et le ghetto est créé en mai 1941. Plus de 7.000 Juifs y sont entassés et y vivent jusqu’à sa liquidation, le 28 août 1942, date à laquelle les Juifs sont transférés dans le grand ghetto de Cracovie, puis de là dans les camps de la mort.

190. Wielun

Ville du district de Lodz, Wielun possède une communauté juive dès le milieu du XVIè. C’est un important nœud commercial entre la Pologne, la Lituanie et la Silésie. Il y a 70 Juifs en 1808, 642 (16% de la population) en 1857 et 2.732 (38%) en 1897. La majorité des Juifs travaille dans l’artisanat et une minorité dans le commerce. A la fin du XIXè, le hassidisme gagne du terrain. Durant la première guerre mondiale, des centaines de Juifs de Lodz viennent s’établir à Wielun et en 1921 la population juive est de 4.818 pezrsonnes (44%). Entre les deux guerres la communauté se développe, créé des syndicats (constructeurs, charpentiers, étameurs, serruriers, etc.), développe les transports, créé des écoles et une yeshivah. Un mouvement sioniste y est très actif, et les Juifs siègent en nombre dans le conseil municipal. Cependant, avant la guerre se manifeste dans la ville un antisémitisme assez violent se traduisant par un boycott du commerce Juif, des attaques de la synagogue et de nombreuses diffamations (1937)

Environ 4.200 Juifs habitent Wielun en 1939. A début des hostilités, la ville subit un sérieux bombardement et l'hôpital Juif est détruit, ainsi que la vieille synagogue de la ville. Une partie de la population juive se réfugie dans la ville voisine de Zelow. Quand la ville est occupée par la Wehrmacht, la plupart des Juifs reviennent et trouvent refuge dans des baraques et dans des bâtiments endommagés. Les Allemands commencent rapidement à arrêter des Juifs dans les rues pour le travail forcé: construction et réparation des routes et des bâtiments, travaux de démolition (y compris la synagogue), construction d’une piscine pour les Allemands en utilisant des pierres tombales du cimetière Juif pour pavement. En même temps, les biens et propriétés des Juifs sont systématiquement pillés. Même les objets liturgiques et les manuscrits de la bibliothèque de la synagogue sont volés.

Des centaines de Juifs des villages voisins sont transférés à Wielun, mais la population juive diminue constamment en raison de transferts «volontaires» ou forcés vers d'autres régions de la Pologne. En février 1942, les Allemands exécutent publiquement dix Juifs sous le prétexte qu'ils ont violé l’interdit de la préparation de la viande cachère. En juin 1942, le président du Judenrat est assassiné par les Allemands, et durant ce même mois un grand nombre de Juifs est déporté vers une destination inconnue.

La liquidation de toutes les communautés juives du district de Wielun commence le 22 août 1942: la totalité de la population juive des villes et des villages voisins (environ 10.000 personnes) est amenée à Wielun et enfermée dans l'église des Augustins, sans nourriture ni eau pendant plusieurs jours. Les malades, les faibles et les personnes âgées sont assassinés dans l'église, après que tous les autres, ainsi que les Juifs de Wielun, aient été envoyés au camp de Chelmno. Seuls quelques Juifs «aptes au travail» sont sélectionnés et envoyés au ghetto de Lodz.

191. Wloclawek

Wloclawek est une ville de Pologne centrale située entre Varsovie et Torun. Les Juifs arrivent dans la ville au début du XIXè siècle. Ils sont 4.248 en 1897, 6.831 (21% de la population totale) en 1909 et 10.209 (18,3%) en 1931. La vie de la communauté est assez riche entre les deux guerres. Particulièrement actifs sont les mouvements sionistes. La communauté possède une bonne infrastructure sociale et culturelle, et édite deux hebdomadaires en Yiddish.

Lorsqu’éclate la seconde guerre mondiale, la communauté juive compte approximativement 13.500 personnes sur une population totale de 60.000 habitants, ainsi qu’une certain nombre de réfugiés des villages environnants. Presqu’immédiatement débutent les exactions contre les Juifs, commises et par l’armée allemande et par de nombreux Allemands locaux («Volksdeutshe») avec l'appui de certains Polonais. Toutes les synagogues son incendiées ; des centaines de Juifs sont pris en otages et rançonnés. En décembre 1939 commencent les déportations vers la Pologne orientale. Beaucoup de Juifs se sauvent dans les villes voisines et à Varsovie, alors que les 3.000 Juifs restant sont isolés dans un ghetto en octobre 1940, où rapidment ils souffrent de la faim. L’»American Jewish Joint Distribution Committee« tente d’aider de nombreuses familles indigentes et parvient à ouvrir une cantine populaire. Un semblant de vie culturelle reprend même au ghetto, particulièrement au cimetière Juif ou les enfants sont instruits clandestinement.

Le 27 avril 1942, tous les détenus du ghetto sont envoyés à Chelmno et le ghetto est incendié par les nazis.

192. Wlodawa

Wlodawa : la synagogue aujourd’hui
Wlodawa : la synagogue aujourd’hui
Ville du du district de Lublin, Wlodawa voit arriver ses premiers Juifs dans la deuxième moitié du XVIè siècle. Une communauté est organisée au début XVIIè siècle. En 1648 les armées de Chmielnicki exterminent les Juifs de la région. Cependant, la communauté est reconstituée peu après et dans la seconde moitié du XVIIè siècle une synagogue baroque en pierre est construite. En 1765, 630 Juifs paient l'impôt local. La communauté se développe rapidement, compte 2.236 membres (74% de la population totale) en 1827 et 4.304 (72%) en 1857. Elle diminue cependant à la fin du siècle pour reprendre son expansion après 1921.

Lorsque l’armée allemande pénètre en ville mi septembre 1939, il y a 5.650 Juifs à Wlodawa. Rapidement ils sont soumis à des vexations et des persécutions. Cependant, aucun ghetto n'est établi au début, et jusqu'à la fin de 1941 la situation des Juifs de Wlodawa est légèrement plus facile que dans la majeure partie de la Pologne occupée.

Mais la situation se déteriore rapidement début 1942. En avril, environ 800 Juifs de Mielec (district de Cracovie) et environ 1.000 Juifs de Vienne sont expulsés à Wlodawa. Le 23 mai 1942 a lieu la première déportation au camp de la mort de Sobibor (le nombre exact des victimes n’est pas connu). En juin tous les enfants de moins de 10 ans sont déportés à Sobibor et assassinés. Le 24 octobre 1942 tout le reste de la population juive est envoyé à la mort à Sobibor.

Wlodawa : octobre 1942 : les Juifs cachés dans la forêt proche se rendent et sont enfermés dans un ghetto
Wlodawa : octobre 1942 : les Juifs cachés dans la forêt proche se rendent et sont enfermés dans un ghetto
Pendant ces déportations les centaines de Juifs s’échappent dans les forêts environnantes et s’organisent en unités partisanes, dont la pplus connue est l’unité commandée par Yehiel Grynspan qui fonctionne en lien avec les partisans soviétiques. La plupart des partisans Juifs tomberont, mais quelques uns réussissent à survivre jusqu'à la libération de la région de Wlodawa, et plusieurs autres parviennent à franchir le Bug et à rejoindre les partisans russes qui se battent en Polésie.

Vers la fin de l'automne de 1942 les Allemands ouvrent un ghetto spécial à Wlodawa pour tous les Juifs qui sortent volontairement de leurs cachettes des forêts de la province du nord-est de Lublin et auxquels la vie sauve est promise. Des centaines de Juifs se rendent, ne pouvant matériellement pas survivre, sans nourriture, sans rien, et l’hiver approchant. Faisant confiance à la parole des Allemands, ils entrent dans le nouveau ghetto de Wlodawa. Le 30 avril 1943 ils sont tous envoyés à Sobibor et assassinés.

Les Juifs de Wlodawa qui sont parvenus à survivre dans les unités partisanes quittent la Pologne juste après la guerre. La communauté juive de Wlodawa n'a pas été reconstituée.

193. Wlodzimierz

Wlodzimierz (Vladimir Volynski) est une ville de Volhynie en Ukraine qui voit des Juifs s’installer très tôt, dès le XIIè siècle. Au XVIè siècle une communauté organisée se développe rapidement après l'annexation polonaise de la Volhynie (1569). La charte de la ville en 1570 prolonge les privilèges d’égalité accordés aux Juifs. Pendant le XVIè siècle, les Juifs commercent à Lublin, Poznan et Cracovie, où ils vendent fourrures, tissus de laine et cire. Les Juifs plus riches s’occupent de banque, d’affermage, de recouvrement d’impôts…

La communauté souffre considérablement de nombreux massacres inaugurés par Chmielnicki (1648 - 1649) et se retrouve très appauvrie au XVIIIè et en 1784, il y a seulement 340 Juifs dans la ville qui est annexée par la Russie en 1795. La prospérité revient au XIXè et la population augmente jusqu’à 5.854 membres en 1897. Les Juifs commercent dans le grain et le bois de charpente, le petit négoce et l’artisanat. Le mouvement hassidique devient très influent dans la ville et la communauté est très organisée, avec ses synagogues, écoles, œuvres sociales et culturelles. En 1931, 12 membres du conseil municipal sur 24 sont Juifs.

Au début de la seconde guerre mondiale, les milliers de Juifs de Pologne occidentale cherchent le refuge dans la ville, dont la la population juive grimpe à 25.000 personnes. La ville passe sous contrôle soviétique entre 1939 et 1941 et le régime se durcit vis-à-vis des Juifs. En été 1940, ne nombreux Juifs sont éxilés à l'intérieur de l’Union Soviétique.

Les Allemands prennent la ville le 25 juin 1941. 150 Juifs sont arrêtés et assassinés dans la cour de la prison. Un Judenrat est établi et les Allemands continuent les exécutions en masse des Juifs tout au long de l’année. Le 27 février 1942, 250 Juifs sont déportés à Kiev dans un camp de travail. Le 13 avril 1942, le ghetto est divisé dans deux sections: l’une pour les «aptes au travail», surnommé «le ghetto de la vie», l’autre pour les «inaptes», le «ghetto des morts»: les deux confondus contiennent 22.000 personnes.

La grande «Aktion» à lieu le 1 septembre 1942: elle dure deux semaines, durant lesquelles 18.000 Juifs sont exterminés. Après cette «Aktion», la population du ghetto est réduite à 4.000 personnes. Le 13 novembre 1942, une autre «Aktion» a lieu, qui fait 1.500 victimes supplémentaires. En 1943, les Allemands continuent la chasse aux Juifs «illégaux» qui ne possèdent pas de permis de travail: ils sont tous tués dans la prison de la ville.

Le 13 décembre 1943, le reste de la communauté juive est liquidé. De nombreux Juifs s’échappent, mais ils sont pourchassés et tués par les paysans ou les membres ukrainiens de l’armée secrète polonaise «Armia Krajowa».

La ville est libérée le 22 juillet 1944. Quelques douzaines de Juifs ont réussi à survivre.

194. Wolbrom

Wolbrom est une ville du district de Cracovie, où les Juifs arrivent à la fin du XVIIè siècle. Une communauté juive organisée existe au XVIIIè siècle. En 1765 il y a 303 Juifs payant l’impôt à Wolbrom. La ville est incorporée à la Pologne en 1815. En 1827 les Juifs sont 724 (27% de la population totale). Après le développement économique de la ville au XIXè siècle, le nombre de Juifs monte à 1.466 (59%). Entre 1897 et 1921 il passe de 2.901 à 4.276 (59%). Les Juifs sont principalement commerçants, tisserands, tanneurs.

Les Allemands entrent à Wolbrom le 1 septembre 1939. Il y a 5.000 Juifs alors dans la ville. Beaucoup sont immédiatement abattus, puis tous les Juifs sont conduits hors de Wolbrom en direction de Zawiercie. C’est une marche de trois jours durant laquelle beaucoup succombent sous les mauvais traitements des gardes. Le 7 septembre les Juifs survivants peuvent revenir, pour être enrôlés de force au travail, particulièrement dans les forêts. En automne 1941 un ghetto est établi dans lequel sont concentrés environ 8.000 Juifs, dont plus de 3.000 venant de l’extérieur de la ville.

La liquidation des Juifs du ghetto de Wolbrom commence le 6 septembre 1942: la police et les auxiliaires Ukrainiens rassemblent les Juifs, les amènent à la gare et effectuent une selection: 2.000 Juifs, vieux et malades, sont emmenés dans la forêt voisine où des fosses avaient préalablement été creusées. Après s'être complètement déshabillés, ils sont exécutés. Quelques centaines d'hommes sont déportés dans des camps de travail. Ceux qui restent sont chargés dans des convois de wagons, direction Belzec.

Après la liquidation de la communauté, le cimetière Juif sert d'emplacement aux exécutions des Juifs cachés qui ont été découverts ou dénoncés. De mi - septembre 1942 à la fin de 1944 presque 400 Juifs ont été exécutés de cette manière.

Seuls environ 300 Juifs de Wolbrom ont survécu à la guerre. La plupart d'entre eux ont émigré.

195. Wolkowysk

Vilkaviskis (Wolkowysk) est une ville au sud ouest de la Lituanie. Selon la tradition, des Juifs vivent dans la localité au XIVème siècle et une synagogue est construite au début du XVIè. La communauté juive se développe réellement au XIXè siècle. Mais entre 1823 et 1862 la législation tsariste n’autorise aucun nouveau Juif à s’installer à Vilkaviskis, ville frontière avec l'Allemagne. Néanmoins, la communauté compte 4.417 membres en 1856 (contre 834 chrétiens), 3.480 en 1897 (60% de la population totale), 3.206 en 1923 (44%), et 3.609 en 1939 (45%). La majorité des Juifs sont commerçants et petits artisans. Quelques uns possèdent quelques terres aux abords de la ville. La communauté de Vilkaviskis mêne une vie sociale et culturelle active.

Vilkaviskis est occupée par la Wehrmacht le 22 juin 1941 au cours de violents combats. La plupart des maisons juives, y compris les synagogues, sont détruites. Le 28 juillet 1941, commence le massacre systématique des Juifs dans la Ville: 900 hommes sont assassinés et un ghetto est établi pour les Juifs restant, pour la plupart des femmes et des enfants, qui sont entassés dans des baraques près des fosses communes où les hommes viennent d’être exécutés. Le jour après Rosh hashanah, le 24 septembre 1941, les habitants du ghetto sont à leur tour exécutés.

Seuls quelques Juifs survivent à la guerre.

196. Wolomin

Wolomin est une ville du district de Varsovie, située sur la ligne ferroviaire Varsovie - Bialystok, grâce à laquelle elle se développe vers la fin du XIXè siècle, et devient un important centre commercial et industriel. Les Juifs y sont 3.079 (49% de la population totale) en 1921. Bien qu'ils aient été très actifs dans le développement de la ville, ils ont été évincés de leurs positions pendant les années 30 et en 1939 leur nombre a légèrement diminué, ne représentant plus que 22% dee la population totale.

La communauté de Wolomin est liquidée lors de la grande «Aktion» du 4 au 6 octobre 1942: plus de 600 Juifs sont massacrés sur place et le reste est envoyé au camp de la mort de Treblinka.

Après la guerre la communauté juive de Wolomin n'a pas été reconstituée.

197. Wolozyn

Wolozyn, ville de la régioin de Novogrudok en Biélorussie, fait partie de la Pologne entre les deux guerres. En septembre 1939, Volozhin est annexée à l’Union soviétique. La ville compte environ 3.500 Juifs. Volozhin est célèbre pour sa yeshiva (académie rabbinique).

Les Allemands entrent à Volozhin le 25 juin 1941 et y établissent un ghetto en août. Lors de la première «Aktion», le 28 octobre, 300 Juifs sont sélectionnés «pour le travail» mais sont exécutés. La même journées, les Allemands «rançonnent» les Juifs. Début mai 1942 ils demandent au Président du Judenrat la livraison de 100 personnes. Il refuse. Il est exécuté en public. Le 9 mai, les Allemands oirganisent une «petite fête»: ils attèlent le rabbin de la communauté, Hershel Rudensky et plusieurs autres notables Juifs à un chariot chargé de policiers et leur font parcourir les rues de la cité en leur faisant chanter «Katiusha» (une chanson russe) sous les quoliberts et les rires des riverains….

Le 10 mai 1942 débute une grande «Aktion» qui va durer toute la semaine. Sous la direction du SS-Untersturmführer Grabe les polociers biélorusses, ukrainiens et lituaniens «ratissent» le ghetto et rassemblent environ 1.700 Juifs. Certains réussissent à fuir en chemin en jetant du sable, dont ils avaient préalablement rempli leurs poches, dans les yeurs des gardes, d’autres arrivent sur la place à côté des bains. Ils sont tous massacrés et leurs corps brûlés. Des bébés sont jetés vivants dans le brasier. 800 autres Juifs sont rassemblés dans l’atelier du forgeron. Rabbi Reuben Hodosh d'Olshan, qui se trouve parmi eux, les exhorte à démanteler les forges et à attaquer les SS et les policiers avec des barres de fer, des briques et des pierres pour tenter une évasion. Rabbi Israel Lunin, un membre du Judenrat, s’y oppose. Ces vaines palabres sont interrompues par les coups de feu des Allemands qui mitraillent la forge. Seuls quelques un survivent.

Le 29 août a lieu une autre «Aktion» au cours de laquelle les Juifs restant sont éliminés. Environ quatre-vingts d’entre eux réussissent à s’échapper: certains combattront plus tard dans l'unité partisane Staritski de la brigade Tchkalov, et d'autres rejoignent d'autres unités partisanes

198. Wyszogrod

Wyszogrod est une ville du district de Varsovie à l’est de la capitale sur la Vistule. Les Juifs sont mentionnés pour la première fois en 1422, quand ils reçoivent du prince Ziemowit IV (1352 - 1426) l'autorisation pratiquer le commerce et l’artisanat et de créer leurs propres établissements. Dans la seconde moitié du XVIIIè siècle une synagogue est érigée. En 1765 il y a 684 Juifs payant l'impôt dans la ville et 1.410 dans 208 villages environnants. La communauté compte 2.883 membres (90% la population totale) en 1808, 2.458 (73%) en 1827, 2.841 (74%) en 1857, et 2.465 (environ 57%).en 1921. Dans les années 1930, de nombreuses manifestations d’antisémitisme ont lieu dans la ville, en raison de la crise économique et de la propagande nazie.

Il y a environ 2.700 Juifs à Wyszogrod lorsque la Wehrmacht arrive. La synagogue est rapidement détruite et les Juifs maltraités. Le 19 novembre 1942, la communauté juive est liquidée: les Juifs sont expulsés à Czerwinsk et à Nowy Dwor, et là d'expulsé au camp de la mort de Treblinka.

Après la guerre, la communauté juive n'ait pas été reconstituée.

199. Wyszkow

Wyszkow est une ville du district de Varsovie, à 55km au nord-est de la capitale, sur le Bug et la route de Bialystok. Les premiers Juifs s’installent à Wyszkow vers la fin du XVIIIè. En 1827 la population juive compte 278 personnes (29% de la population). Tout au long du XIXè les Juifs ne subissent aucune contrainte et en 1857 la population juive atteint 1.067 personnes, soit 67% de la population totale. Vers la fin du XIXè siècle la communauté est influencée par le hassidisme. En 1897 Wyszkow compte 3.207 Juifs (64%). Après que l'armée rouge se soit retirée en 1920, quelques officiers de l'armée polonaise accusent les Juifs de Wyszkow de trahison, provoquant presque un pogrom, mais l’affaire se calme. La crise économique des années 30 cause une montée de l’antisémitisme.

Quand la Wehrmacht entre dans Wyszkow le 11 septembre 1939, il y a 5.000 Juifs dans la cité. Il y a immédiatement des violences contre les Juifs, et durant ces émeutes 65 Juifs sont assassinés. Quelques jours plus tard, la population juive entière est expulsée vers l'est dans les territoires nouvellement assignés aux Soviétique lors du pacte Molotov-Ribbentrop. Le cimetière Juif est détruit et les pierres tombales servent à paver les rues et le quartier général de la Gestapo.

Après le soulèvement de ghetto de Varsovie, quelques survivants Juifs forment une unité partisane baptisée «Mordecai Anielewicz» (natif de Wyszkow) qui se bat dans les forêts près de Wyszkow.

Après la guerre, aucune communauté juive n'a été reconstituée à Wyszkow.

200. Zabludow

Zabludow : la synagogue
Zabludow : la synagogue
Zabludow se situe au sud est de Bialystok. Une communauté juive s’y installe au XVè et une synagogue en bois y est construite en 1646, un des meilleurs exemples de ce type d’architecture en Pologne. La conquête russe de 1660 détruit presque toute la communauté. La population juive de la ville est de 831 personnes en 1764 et de 2.621 en 1897 (68,6% de la population totale). Zabludow retourne à la Pologne après la première guerre mondiale. En 1939 la communauté compte environ environ 2.000 personnes.

Durant la seconde guerre mondiale, les Juifs de Zabludow travaillent pour les Allemands dans les tanneries. Le 2 novembre 1942, ils sont rassemblés et envoyés tous dans les chambres à gaz de Treblinka.

201. Zambrow

Zambrow est une ville du district de Bialystok au nord-est de la Pologne. Les quelques Juifs qui vivent à Zambrow au XVIIIème ne sont pas organisés en communauté. En 1808 les Juifs de Zambrow sont 80 et en 1837 ils sont 320 (31% du total de la population), constitués en communauté avec synagogue, mikveh et des fonctionnaires religieux permanents. Les Juifs travaillent le commerce de bois de construction et du grain, et tiennent des auberges. En 1857 les Juifs sont 1.022 (63,6% de la population). En 1921 ils sont 3.216 Juifs (52%) dont beaucoup travaillent dans l’industrie textile locale. La communauté se développe encore entre les deux guerres mondiales.

En 1939 la ville tombe dans le secteur d’occupation soviétique. Toutes les activités à caractère politique ou sioniste sont supprimées et les entreprises privées collectivisées. Des réfugiés Juifs arrivent d'Ostrow Mazowieck. Un grand nombre de ces réfugiés sont éxilés à l'intérieur de l’Union Soviétique. Au printemps de 1941 les jeunes Juifs de jeunes sont enrôlés dans l'armée soviétique.

Le 22 juin 1941, la ville tombe aux mains des Allemands. Un Judenrat est rapidement installé. Il est dirigé par Gerszom Srebrowicz. Mais rapidement, il est remplacé par un autre Juderat plus conforme aux ordres des Allemands et dirigé par un homme qui n'appartient pas à la communauté locale. Une première «Aktion» a lieu le 19 août 1941: environ 1.500 personnes sont assassinées dans la région de Szumowo. Pendant la seconde «Aktion» le 4 septembre 1941, 1.000 personnes sont assassinées dans la localité Rutki - Kosaki.

Fin décembre 1941 environ 2.000 Juifs sont enfermés dans un ghetto. Rapidement la faim sévit et des épidémies éclatent. De nombreux Juifs tentent de s’échapper dans les forêts voisines et de rejoindre les partisans. Mais les conditions de vie en forêt et l’hostilité des partisans envers les Juifs en forcent beaucoup à revenir dans le ghetto. Quelques unités de partisans Juifs se constituent néanmoins dans la forêt de Pniewa. En novembre 1942 environ 20.000 Juifs de Zambrow et des environs sont ramassés et internés dans un ancien camp de l’armée. Le 12 janvier 1943 part le premier convoi pour Auschwitz: il est suivi par d’autres partant de nuit et comprenant chacun 2.000 victimes... 200 «vieux» et malades sont exécutés dans le camp lui même.

Après la guerre, seuls quelques Juifs de Zambrow et des environs survivent ; d’autres reviennent d’Union soviétique. La plupart repartent pour Bialystok et Lodz, et plus tard quittent définitivement la Pologne.

202. Zbarazh

Zbarazh est une ville d’Ukraine (autrefois en Galicie occidentale) où les Juifs vivent depuis la fin du XVè siècle. La communauté est durement éprouvée par le siège de Chmielnicki en 1649, la prise de la ville par les Turcs en 1676 et les incursions des cosaques Haidamak en 1708. La communauté se développe sous la domination autrichienne après 1772, atteignant 2.896 membres (35% de la population totale) en 1900.

Après le début de la seconde guerre mondiale, la population juive de la ville atteint 5.000 personnes avec l'arrivée des réfugiés de Pologne occidentale. Les Allemands arrivent dans la ville fin juin 1941. Rapidement, les Juifs survivants de Skalat, Grzymalow, et Podwoloczyska sont transférés à Zbaraz. Le 4 juillet 1941, un pogrom est déclanché et les premiers Juifs sont tués. Le 6 septembre 1941, les nazis convoquent 70 personnalités de la communauté, les emmènent dans la forêt de Lubieniecki et les exterminent. Au printemps 1942 environ 600 malades et personnes âgées sont rassemblés, emmenés à pied vers Tarnopol et assassinés en chemin. D'autres Juifs sont envoyés dans les camps de travail de Kamenka, Bugskaya et Zborow. Le ghetto est établi en automne 1942.

Les 31 août et le 1 septembre 1942 a lieu une «Aktion» sous la direction du chef de la police de Tarnopol, Hermann Müller. Seconde «Aktion» entre le 20 et le 22 octobre 1942: 1.000 autres Juifs sont envoyés à Belzec et dans le camp de Janowska à Lvov. Troisième «Aktion» les 8 et 9 novembre, qui envoie 1.000 Juifs à Belzec. Le 7 avril 1943, des centaines de Juifs sont exécutés aux environs de la ville. Le ghetto est liquidé le 8 juin 1943. Quelques Juifs réussissent à se cacher dans le village polonais de Kretowce.

Environ 60 Juifs de Zbaraz ont survécu.

203. Zdunska Wola

Zdunska Wola : la synagogue
Zdunska Wola : la synagogue
Zdunska Wola est une capitale de région du district de Lodz. En 1788 les propriétaires de la ville érigent à leurs propres frais un bâtiment en bois devant servir de synagogue pour encourager les Juifs à venir s’établir là. En 1827 il y a 468 Juifs (17% de la population totale) dans la ville. L'industrialisation rapide de Zdunska Wola attire des Juifs des villes environnantes et de Lituanie. En 1857 le nombre de Juifs atteint 1.676 personnes (26% de la population), et 7.252 (46%) en 1897. La plupart des Juifs sont artisans, en particulier tisserands. Au début du XXème un syndicat d’ouvriers industriels Juifs est déjà très puissant. En 1921 il y a 7.885 Juifs (42% de la population totale) à Zdunska Wola. L’antisémitisme commence à se développer à partir des années 1930 en particulier parmi la population d’origine allemande, assez nombreuse. En 1936 éclate même une affaire de meurtre rituel… Il y a même une tentative de mise en scène d’une diffamation de sang.

Zdunska Wola : pendaisons dans le ghetto
Zdunska Wola : pendaisons dans le ghetto
La Wehrmacht entre dans la ville le 6 septembre 1939, ville alors peuplée de 10.000 Juifs environ, représentant 50% de la population totale. La synagogue est immédiatement incendiée, ainsi que les objets liturgiques. En octobre, pour expier le meurtre d’un policier allemand, plus de 3.000 Juifs sont arrêtés et maintenus dans les prisons de Sieradz durant plusieurs jours. Beaucoup d’entre eux sont maltraités et certains sont tués. Ils sont libérés sontre une énorme rançon. Suit l’expulsion de nombreuses familles de leurs maisons. Un Judenrat est créé avec à sa tête Jakub Lemberg qui se consacre corps et âme à la communauté. Au printemps 1940 un ghetto est formé à la périphérie de la ville et plus de 8.000 Juifs y sont entassés. Ils y sont rejoints par de nombreux Juifs des villes et villages de Pologne occidentale annexée par l'Allemagne. Près du ghetto, la jeunesse sioniste est chargée de s’occuper d’un grand domaine agricole qui permet d’approvisionner le ghetto en légumes et en lait.

En été 1941 les Allemands entrent dans le ghetto, le dévastent et rassemblent plus de 1.000 hommes qu’ils envoient dans les camps de travail forcé dans la région de Poznan. Le ghetto est finalement liquidé les 23 et 24 août 1942. Une première «Selektion» à lieu dans le ghetto et une seconde dans le cimetière Juif: plus de 1.000 Juifs «aptes au travail» sont envoyés au ghetto de Lodz, 550 sont assassinés sur place, et entre 6 et 8.000 autres sont expédiés au camp de la mort de Chelmno.

204. Zelechow

Ville du district de Varsovie au sud est de la capitale, Zelechow possède une communauté juive depuis le XVIIè. La ville et la communauté juive se développent rapidement au XIXè, particulièrement grâce aux relations économiques avec la Russie. La population juive de la ville passe de 1.464 personnes en 1765, à 2.317 en 1856, et à 4.930 en 1897 (70% dela population totale). Après l'établissement de la république polonaise en 1918 la position économique de Zelechow se dégrade avec la perte des marchés russes.

La Wehrmacht arrive dans la ville le 14 septembre 1939. 5.500 Juifs habitent la cité. Le jour suivant les nazis incendient la synagogue. En automne 1940 un ghetto est établi. En 1940 et 1941 plus de 2.000 Juifs des environs y sont enfermés avec les Juifs de la ville.

Le ghetto est liquidé le 30 septembre 1942, pendant la fête de Sukkot: tous ses détenus sont transférés au camp de la mort de Treblinka et exterminés. Seule une centaine de personnes parvient à s’échapper et à rejoindre pour la plupart les unités de résistants polonais et soviétiques qui se battent dans les environs.

Aucune communauté juive n'a été reconstituée à Zelechow après la guerre.

205. Zgierz

Ville du district de Lodz, en Pologne centrale, Zgierz accueille des Juifs dès la mi XVIIIè siècle. Il y a 9 Juifs vivant dans la ville en 1765 et 12 en 1793. Leur nombre passe à 27 (50% de la population totale) en 1808. En 1824, sur ordre des autorités de Varsovie, les Juifs de Zgierz sont été obligés de se déplacer dans un petit quartier séparé. En 1862 ces restrictions sont supprimées. En dépit de cette restriction et d’autres encore, la population juive se développe et compte 356 personnes en 1827 (80% de la population) et 1.637 (20%) en 1857. Une communauté bien organisée fonctionne dès le milieu du siècle avec une synagogue (en bois), une mikveh et une maison d’accueil des pauvres. Une grande synagogue en pierre est construite en 1860, puis un centre d’enseignement religieux et des écoles juives. Au début du XXè se créent de nombreuses associations culturelles (littérature, art, théâtre et sport), et en 1911 le sionisme s’implante dans la ville et y est très actif. La population juive compte 3.543 personnes en 1897, 3.828 en 1921 et 4.547 en 1931.

La veille de la deuxième guerre mondiale, il y a approximativement 4.800 Juifs à Zgierz, sur une population de 25 à 30.000 habitants résidants de la ville. Le bombardement de la ville par la Luftwaffe commence le 3 septembre 1939. Il dure trois jours. La population juive et chrétienne commence à fuir en masse vers les villes voisines: Lodz, Strikow, Ozorkow, Piontek et même Varsovie. Jeudi, le 7 septembre, la ville est prise par la Wehrmacht. Selon plusieurs témoins oculaires, les soldats allemands, avant leur entrée à Zgierz, assassinent 5 Juifs fuyant la ville vers Strikow. Le jour suivant, 8 septembre, les soldats commencent à piller la ville. Ils arrêtent des Juifs dans les rues et dans leurs maisons. Plusieurs centaines d'hommes capturés sont emmenés place du vieux marché, devant le bâtiment municipal. Quelques Polonais et Allemands locaux non Juifs sont parmi eux. Tous sont dépouillés de leur argent et de leurs bijoux. Puis ils sont emmenés dans l’église à proximité de laquelle quelques soldats allemands étaient tombés pendant la bataille. On leur annoncent qu’ils seraient désormais jugés responsables de la mort de chaque soldat allemand dans la ville et dans la région. Les quelques Allemands arrêtés sont libérés, mais les Polonais non Juifs sont gardés, mais isolés des Juifs. Puis les Allemands frappent les Juifs après les avoir fait mettre sur deux rangs. Quelques Juifs ont la moitié de leurs barbes brûlée. Le premier jour, les prisonniers peuvent sortir aux toilettes, mais pas le second. Les prisonniers n'ont ni nourriture ni boisson. Les Juifs de Zgierz interviennent et, grâce à des dessous de table, font parvenir aux prisonniers un peu de nourriture et d'eau. Quelques gardes Autrichiens compatissants apportent de temps en temps de l’eau à l’insu des Allemands. Le matin du Sabbath les Allemands sortent deux Juifs de l'église pour eller enterrer le docteur Zygmunt Kaltgard et sa soeur Kama, qui s’étaient suicidés. Les prisonniers sont libérés dimanche le 10 septembre.

Les Allemands locaux, les «Volksdeutsche», qui étaient en de bons termes avec les Juifs avant la guerre, rompent leurs relations avec eux immédiatement après l’entrée de la Wehrmacht et commencent à leur chercher querelle. Les persécutions constantes commencent. Les soldats, les SS et les Allemands locaux battent et torturent des Juifs dans les rues, organisent des razzias dans les maisons juives et s’enparent des plus belles demeures. Une avalanche de décrets tombe: couvre-feu entre 17h et 8h du matin, interdiction de réunion pour la prière publique, fermeture de la synagogue et des autres lieux de réunion, interdiction de prier ensemble en privé… Les Allemands menacent de mort quiconque désobéit à ces ordres. La population polonaise locale participe aux vexations, notamment dans les files d’attente pour acheter de la nourriture, qui fait gravement défaut les premières semaines. D’autres dénoncent les Juifs qui violent le couvre feu la nuit pour aller se procurer de la nourriture. Lors du Sabbath du 9 septembre, les Allemands s’en prennent à tous les magasins Juifs de la rue Pilsudski. Il pillent et détruisent de nombreux magasins, battent les commerçants et leurs épouses. Aussi de nombreux commerçants ferment leur boutique mais le maire de la ville publie immédiatement une ordonnace les obligeant à rouvrir sous peine de grosse amende… A partir du 10 septembre les Allemands commencent à fouiller systématiquement les maisons juives, volant l'argent, les bijoux, la nourriture, l'habillement, les toiles et les meubles, cassant les planchers, détruisant les fours, saccageant les caves… Les semaines suivantes, les nouvelles autorités ordonnent la réquisition systématique de toutes les entreprises et usines juives et ordonnent l’enregistrement de l’or, argent, bijoux et autres articles de valeur, y compris les fourrures. Les Juifs de Zgierz sont autorisés à garder 2.000 marks d'argent liquide. Le reste est déposé dans un bureau spécial (en fait, tous simplement volé). Puis les Allemands imposent deux contributions de 100.000 et 250.000 zlotys (chiffres controversés), en menaçant de fusiller des notables pris en otages en cas de non peiement….

Suit le travail forcé: les «Volksdeutsche» et la police arrêtent des Juifs individuellement ou par groupes et les mettent au travail forcé, dans un premier temps principalement dans l’entretien des locaux administratifs, les casernes ou chez des particuliers… Puis, systématiquement, les Juifs sont employés dans l’industrie et la production dans les entreprises locales et dans les positions militaires. Les plus riches arrivent à échapper au travail en soudoyant les autorités ou en payant de plus pauvres qu’eux pour aller travailler à leur place. Le commando le plus dur est celui qui s’occupe des ordures: plusieurs Juifs y sont abattus pour des motifs les plus vils: ainsi le jeune Skosowski est tué d’une balle par un garde parcequ’il n’a pas ri à une plaisanterie allemande sur les Juifs ; Hershel Kaliski est abattu parce qu’il refuse de donner sa montre au garde… Les Allemands installent même dans une cave sous la phamacie Rosenberg une salle de torture pour les Juifs. Une activité très courue des nazis et de leurs complices est le rasage des barbes et des peyos (boucles sur les tempes) des Juifs. Raser, ou plutôt arracher et brûler. A d’autres occasions, presque chaque dimanche, les «Volksdeutsche» en compagnie de soldats de la Wehrmacht attrappent des Juifs, les forcent à se vêtir de leurs habits rituels (châles de prière, tefillin, chapeaux…) et les tournent en ridicule en les faisant chanter et danser en tenant des balais… Les acteurs Juifs doivent crier des slogans du type: «tous les Juifs sont des porcs», «nous les Juifs sommes responsables de la guerre», etc... Les participants à de telles séances doivent alors faire de la gymnastique, sauter, ramper ou traîner un chariot de pompier.

Le point d’orge de l’humiliation des Juifs et de leur religion est l’incendie de la synagogue et du Beis Midrash. La première tentative a lieu le 27 octobre 1939, mais les Juifs du voisinage réussissent à éteindre le feu, à sauver les rouleaux de Torah et à les cacher dans le cimetière. Mais le 24 novembre 1939, les Allemands incendient totalement les deux bâtuiments, sans résistance, en présence du rabbin qui doit en plus payer les pompiers pour qu’il évitent la propagation de l’incendie et signenr une déclatration tenant les Juifs pour responsables du sinistre. Ils détruisent également tous les shtibels (petites maisons de prière des Hassidim) de Zgierz et dévastent le cimetière dont les pierres tombales serviront plus tard à paver les rues et dont les pins serviront de bois de charpente. Plus tard les Allemands feront labourer le cimetière. Durant le même mois, les Juifs sont obligés de porter un insigne distinctif: d’abord une bande jaune, puis une étoile jaune de David sur la poitrine et la manche de leur manteau, comme partout ailleurs.

A côté des ces actions isolées, quoique fort nombreuse, mais qui tiennet plus du sadisme et de l’amateurisme, se mettent peu à peu en place des actions systématiques: la première vise à l’élimination de l’intelligentsia juive: ainsi en novembre 1939 une partie des notables de la communauté est envoyée dans le camp de concentration de Radogoszcz près de Lodz, comme c’est le cas pour d'autres villes du Warthegau. En même temps démarre une violente campagne de propagande anti-juive, particulièrement auprès de la population civile polonaise non-juive: affiches dans les rues, slogans anti-Juifs, caricatures, plaquettes extraites du «Stürmer», saccage public des rouleaux de la Torah et des objets saints de Juifs…

Un ghetto n’est pas créé à Zgierz, mais les Juifs possédant de beaux logements sont systématiquement expulsés. L’expulsion se passe en général en moins d’une heure, ne laissant aux locataires que le temps de prendre le strict nécessaire. Aussi le nombre de Juifs de Zgierz commence à diminuer entre septembre et décembre 1939, beaucoup de Juifs quittant la ville pour tenter d’échapper aux persécutions des nazis. Certains partent à Lodz, d’autres parviennent à fuir en territoire polonais occupé par les Soviétiques, mais la majorité s’éparpille dans les villes du Generalgouvernement. La plupart des réfugiés (hormis les jeunes) appartiennent à la classe aisée, car partir des ces conditions de terreur coûte extrêmement cher et les personnes aux revenus modeste n’ont absolument pas les moyens de se payer ce genre de fuite. Au total, 2.000 Juifs quittent Zgierz, c'est-à-dire près d'une moitié de la population juive de la ville.

La liquidation de la communauté de Zgierz débute fin décembre 1939. Mardi le 26 les Allemands ordonnent à tous les Juifs de la ville de se rassembler au parc des sports de Sokol, le lendemain à 7 heures du matin, sous peine de mort. Chacun a le droit d’emporter 25 kilos de bagages et 50 zlotys. Durant la journée, quelques Juifs aisés tentent de fuir la ville avec leurs plus précieuses affaires. Prévoyant la chaose, des Allemands et des Polonais les attendent aux sorties de la ville, les arrêtent, les dépouillent, les battent et les renvoient. Le 27, la majorité des Juifs, environ 2.500 personnes, se rassemblent à Sokol. En guise d’accueil, les Allemands les brutalisent et dépouillent de nombreux Juifs. Puis ils sont emmenés à Glowno, ville voisine appartenant au Generalgouvernement. Le long de l’itinéraire, les Allemands menacent les Juifs de les fusiller si ils trouvent l'argent ou d'autres articles de valeur sur eux. Les Juifs terrifiés jettent leur argent, montres, broches, bijoux… que les gardes ramassent.

Seules quelques familles juives restent à Zgierz. Pour la plupart, ce sont des commerçants, cordonniers et tailleurs dont les Allemands ont besoin. D’après un document allemand, ils sont au nombre de 81. Le 12 janvier 1942, ils sont transférés dans le ghetto de Lodz dans des chariots avec toutes leurs affaires et même de grandes réserves de nourriture. Ils connaîtront le destin tragique de leurs coréligionnaires du grand ghetto…

Environ 350 Juifs de Zgierz survivent à la guerre. Quelques uns d'eux ont survécu à l'enfer des camps allemands. D’autres sont revenus de Russie soviétique. Dans les premières années d'après-guerre, environ 60 Juifs de Zgierz demeurent en Pologne, la plupart à Lodz ou en Basse Silésie. Une dizaine revient à Zgierz, mais n’y restent pas longtemps.

206. Zloczow (Zolochev)

Zloczow est une ville dans le district de Lvov, en Galicie, qui fait partie de la Pologne entre les deux guerres mondiales. En septembre 1939 elle est annexée à l’Union soviétique, et des centaines de Juifs s’y réfugient, venant s’ajouter aux 7.000 Juifs que compte la ville au début des hostilités. En juin 1940, certains de ces réfugiés sont déportés à l'intérieur de l’Union Soviétique.

Les Allemands occupent la ville le 2 juillet 1941 et deux jours plus tard les Ukrainiens s’acharnent sur les Juifs: le pogrom dure trois jours: 3.000 Juifs sont assassinés. En août 41, les Juifs de Zolochev sont obligés de payer une rançon de quatre millions de roubles. Le Judenrat, installé en juillet sous la direction de Zigmunt Mayblum doit mettre en application une multitude de décrets, comme la fourniture de main d'oeuvre pour le travail obligatoire, la collecte des objets de valeur ou de l’équipement ménager, la mise en place et l’observance d’un couvre feu, le règlement de la circulation des Juifs dans et hors du ghetto… Régulièrement, des membres du Judenrat sont pris en otage comme garantie pour l’exécution des ordres allemands. En automne 1941, les Allemands arrêtent des Juifs au hasard et les envoyent dans les camps de travail de la région. En novembre, 200 Juifs sont déportés dans le camp de Lackie Wielkie et dans les semaines suivantes de nombreux autres sont expédiés dans les camps de Kozaki, Korowice, Yaktorov, Pluhow, et Sasow. Le Judenrat et leurs familles tentent de la aider en leur envoyant de la nourriture et des vêtements, mais perdent rapidement tout contact. La plupart de ces détenus des camps de travail sont tués ou meurent des suites des mauvais traitements ou des conditions de travail épouvantables qui leurs sont faites.

Au printemps de 1942, le Judenrat tente de trouver du travail pour les Juifs dans des projets d'importance pour l'économie allemande, dans la ville ou le voisinage, dans l'espoir de faire cesser les arrestations et les déportations aléatoires dans des camps de travail. Mais, mi août, il reçoit l’ordre de dresser une liste de 3.000 Juifs pour la déportation. La plupart des membres du Judenrat refusent d’exécuter cet ordre et préviennent même la population de l’imminence de l’»Aktion». Le 28, les Allemands lancent l’opération, qui ve durer deux jours. Environ 2.700 Juifs sont arrêtés et expédiés au camp de la mort de Belzec, le 30. Un seconde «Aktion» a lieu les 2 et 3 septembre, et plus de 2.500 Juifs sont envoyés à Belzec, y compris des groupes de Juifs des villages environnants.

Un ghetto est installé le 1 décembre 1942 dans un petit secteur de la ville et le Allemands y entassent ce qui reste de la communauté juive ainsi que les Juifs des villages voisins d'Olesko, Sasow, et Bialy Kamien. Beaucoup meurent de faim, de la famine et des maladies contagieuses. Des groupes de jeunes du ghetto tentent d'organiser une évasion dans la forêt pour rejoindre les partisans ; la plupart de ces efforts échouent en raison de l'attitude hostile de la population ukrainienne locale.

Le 2 avril 1943, le ghetto est liquidé. Les Allemands et leurs auxiliaires ukrainiens rassemblent les Juifs sur la place du marché. Ceux qui résistent sont abattus. le Président de Judenrat Mayblum est obligé de signer un document déclarant que le ghetto est liquidé en raison d'une épidémie de typhoïde. Il refuse et est exécuté sur place. De la place du marché, les Juifs se rendent à pied à Jelechowice, un village situé à 4 kilomètres de Zolochev. Arrivés à des fosses creusées à l'avance, ils y sont exterminés.

207. Zwolen

Zwolen : place du marché en 1939
Zwolen : place du marché en 1939
Les Juifs habitent à Zwolen, ville du centre-est de la Pologne depuis le XVIè siècle. Au XVIIè, ils représentent à peu près 10% des 2.700 habitants de la cité. A la veille de la seconde guerre mondiale, ils sont 3.000 dans la ville, soit 50% de la population. C’est une population relativement pauvre, la plupart étant des ouvriers ou des petits commerçants.

Zwolen : les Juifs rassemblés sur la place du marché le 16 septembre 1939
Zwolen : les Juifs rassemblés sur la place du marché le 16 septembre 1939
Le 6 septembre 1939 Zwolen est lourdement bombardée par la Luftwaffe. Le 8, nouveau bombardement, combiné avec des tirs d’artillerie. La ville est détruite à 80%. Juste avant l’entrée dans la ville des troupes allemandes, un groupe de Juifs, pris par les allemands, est enfermé dans une grange à laquelle est mise le feu. Ils périssent tous brûlés vifs. Le pillage économique des biens Juifs débute aussitôt. Les nouveaux maîtres confisquent tous les biens et les Juifs sont mis à l’amende. La synagogue, déjà touchée par les bombardements, est totalement rasée. Les Juifs sont enrôlés pour le travail obligatoire.

Zwolen : Juifs contraints aux travaux forcés, 17 septembre 1939
Zwolen : Juifs contraints aux travaux forcés, 17 septembre 1939
En 1942 la SS sélectionne un groupe important de femmes et d’hommes qu’elle déporte à Skarzysko-Kamienna, où ils doivent produire des munitions pour la Wehrmacht dans l’usine HASAG. La liquidation définitive du Ghetto de Zwolen à lieu le 29 septembre 1942. Les Juifs du ghetto sont obligés de se rendre à pied à la gare de Garbatka, distante de 15km. De là ils sont emmenés dans des wagons de marchandises à Treblinka. Durant la liquidation et la marche vers la gare, 200 juifs environ sons exécutés, principalement des vieux et des malades, que l’on exécute au cimetière juif de la cité. Ceux qui tentent de s’enfuir au cours de la marche sont abattus sur place.

Zwolen : Juifs contraints aux travaux forcés, 17 septembre 1939
Zwolen : Juifs contraints aux travaux forcés, 17 septembre 1939
Les Allemands maintiennent dans la ville un groupe d’une centaine de Juifs, chargés d’assainir le ghetto. Ils sont ensuite expédiés dans des camps de travail. En 1944 le cimetière juif est détruit et les SS en profitent pour faire disparaître toute trace du massacre qu’ils y ont opéré.

Un seul SS sera pris et accusé (entre autres) de massacres à Zwolen: Albert Hugo Schuster sera condamné à mort par un tribunal est-allemand pour crime contre l’humanité. Sa peine sera réduite à la prison à perpétuité.

208. Zychlin

Zychlin est une ville du district de Lodz, près de Kutno, en Pologne centrale. Une communauté juive y existe au XVIIIè et en 1765 il y a 311 Juifs payant l'impôt local. En 1780 une synagogue est érigée. La communauté compte 457 Juifs en 1808 (57% de la population totale), 782 en 1827, 1.062 (66%) en 1857, 2.268 (47%) en 1897 et 2.701 (40%) en 1921.

3.500 Juifs habitent Zychlin en 1939, formant approximativement 50% de la population totale. La ville tombe aux mains allemandes le 7 septembre 1939, et le jour suivant les hommes Juifs sont conduits dans un village distant de 20 km et enfermés durant trois jours dans l’église, après quoi ils sont libérés. En avril 1940 les intellectuels polonais et Juifs, particulièrement les enseignants, sont arrêtés et expulsés dans des camps de concentration. Le nombre de Juifs est réduit à 2.800 en avril 1940. Un ghetto est établi en juillet 1940 en périphérie de la ville. La population de ghetto monte à 3.500, lorsqu’arrive un groupe de Juifs expulsés d'une ville voisine. Le ghetto n'est pas clôturé, de sorte qu'il y a un certain contact avec le monde extérieur et la police allemande se laisse facilement suborner pour faciliter les trafics. Les membres du Judenrat et certains autres Juifs ont le droit de quitter le ghetto pendant le jour. Des détachements de travail doivent être assurés par le Judenrat presque quotidiennement.

L’»American Jewish Joint Distribution Committee« (Comité Juif américain d’aide aux pauvres et aux réfugiés) envoie de la nourriture, mais cela n’évite pas la malnutrition et rapidement éclate une épidémie de typhoïde. Le régime dans le ghetto se durcit en 1942 et ceux qui tentent de fuir sont exécutés. En février 1942 la police allemande entre dans le ghetto, tuant des centaines de Juifs dans les rues, dont la plupart des membres de Judenrat et leurs familles ainsi que les membres de la police juive. Le 3 mai 1942, fête de Purim, la population juive est rassemblée sur le marché et 3.200 personnes sont chargées sur des chariots ; les malades et les personnes trop faibles pour monter sur les chariots sont tués sur place. La population juive entière de Zychlin est expédiée au camp de Chelmno et exterminée.

209. Zyrardow

Zyrardow est une ville de la province de Varsovie, en Pologne centrale. Les Juifs y sont présents dès 1840. En 1897, il y a 2.310 Juifs (23% de la population totale) à Zyrardow. La plupart sont ouvriers dans les usines textiles locales alors que d'autres sont artisans (bâtiment, menuiserie, transport, mécanique) ou petits commerçants. La population juive monte à 2.547 habitants (12% de la population totale) en 1921 et 2.726 en 1931.

Au début de la seconde guerre mondiale il y avait environ 3.000 Juifs dans la ville. L'armée allemande arrive le 8 septembre 1939, et terrorise immédiatement la population juive, procédant à des exécutions publiques. Durant l’année 1940, environ 1.000 Juifs arrivent dans la ville d'autres endroits de la Pologne. En février 1941 la population juive de Zyrardow est déportée dans le ghetto de Varsovie.

La communauté n'a pas été reconstituée après la guerre.