Art - Le Quattrocento

1. Histoire générale

L'Europe moderne se dessine, aidée par la naissance des sentiments nationaux (Jeanne d'Arc). La puissance Bourguignonne disparaît avec le Téméraire (1477) et celle de l'Espagne grandit avec l'expulsion des Derniers Musulmans (1492). A l'est, Ivan III « Le Terrible » (1462-1505) prépare l'empire Russe et se débarrasse des Mongols.

Parallèlement, le mouvement d'indépendance nationale des Eglises ouvre la voie à la Réforme: Angleterre (Wycliff 1320-1384 et les Lollards), Bohème (Jean Hus, 1373-1415), France (Naissance du Gallicanisme avec la Pragmatique Sanction de Bourges en 1438), Allemagne (Concordat de Vienne 1448). Mais l'Europe des Nations naissantes est menacée par les Turcs qui écrasent les Serbes (Kossovo, 1389) puis Byzance (1453). En 1410 les Slaves anéantissent les Teutoniques à Tannenberg. L'Europe s'ouvre alors de nouveaux horizons en Afrique (Diego Cao), en Amérique (Colomb, 1492 ; Vasco de Gama, 1498).

2. Les Pays Bas

2.1. Histoire

Rogier Van der Weyden (1400-1474) : portrait de Philippe le Bon. Après 1450. Huile sur bois, 31 x 23 cm. Dijon, Musée des Beaux Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Rogier Van der Weyden (1400-1474) : portrait de Philippe le Bon. Après 1450. Huile sur bois, 31 x 23 cm. Dijon, Musée des Beaux Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento

Le XVè voit l'apogée de Bruges (Drap et commerce). Le duc de Bourgogne, Philippe le Bon (1419-1467) s'y installe, délaissant Dijon. Il hérite du Hainaut, de la Hollande et de la Zélande. En 1467 Charles le Téméraire (1433-1477) lui succède mais son ambition se heurte à Louis XI et s’achève tragiquement devant les murailles de Nancy. En 1477, Marie de Bourgogne, fille du Téméraire épouse Maximilien d'Autriche et les Pays-Bas passent aux Habsbourg. En 1496 enfin, Philippe d'Autriche, fils de Marie de Bourgogne épouse Jeanne de Castille, héritière d'Espagne. Il est le père du futur Charles Quint, qui sera à la tête du plus grand empire occidental au XVIè.

C'est le temps de la dévotion moderne qui se pénètre de sens pratique : Alain de la Roche (1428-1475) introduit le Rosaire, Thomas A Kempis (1380-1471) écrit son « Imitation de Jésus Christ ». La vie intellectuelle est riche (Université de Louvain, 1426). L'imprimerie se développe à Haarlem (1423), Anvers (1472), Alost, Utrecht (1473) et Bruges... De grands polyphonistes sont actifs en Wallonie (Guillaume Dufay, 1400-1474 ; Gilles Binchois, 1400-1460 ; Pierre de la Rue, 1450-1518).

Rogier Van der Weyden (1400-1474) : portrait de Charles le Téméraire. Vers 1460. Huile sur panneau de chêne, 49 x 32 cm. Berlin, Staatliche Museen. (Histoire de l’art - Quattrocento
Rogier Van der Weyden (1400-1474) : portrait de Charles le Téméraire. Vers 1460. Huile sur panneau de chêne, 49 x 32 cm. Berlin, Staatliche Museen. (Histoire de l’art - Quattrocento
Thomas a Kempis : page de l’imitation de Jésus Christ. Vers 1400. (Histoire de l’art - Quattrocento
Thomas a Kempis : page de l'imitation de Jésus Christ. Vers 1400. (Histoire de l’art - Quattrocento

2.2. Architecture

L'esprit gothique se maintient surtout dans les édifices civils : halles, beffrois, hôtels de ville (Bruxelles, 1402 ; Middelbourg).

Bruxelles : l’hôtel de ville (1402-1455) est l’unique édifice gothique de la Grand Place. (Histoire de l’art - Quattrocento
Bruxelles : l'hôtel de ville (1402-1455) est l'unique édifice gothique de la Grand Place. (Histoire de l’art - Quattrocento
Middelbourg : l’hôtel de ville. (Histoire de l’art - Quattrocento
Middelbourg : l’hôtel de ville. (Histoire de l’art - Quattrocento

2.3. Sculpture

Les ateliers brabançons fabriquent et exportent partout des retables sculptés, dorés et polychromés : retable d'Hakendover, retable de Saint Léonard de Léau (1479), retable de Notre Dame de Tongres (1500), retables de Borman père et fils…

Le mobilier religieux est plein de verve décorative (Stalles, jubés, clôtures du choeur, chaires, tabernacles...) La fonte du métal est remise en valeur par les « tombiers » bruxellois Jacques de Gérines (mort en 1464) et Pierre de Bechere (Tombe de Marie de Bourgogne à Bruges, 1500). Les Pays-Bas du Nord sont en sculpture plus réalistes (Amsterdam, Bréda, Utrecht, Bois le Duc…)

Le retable des Trois vierges de l’église Saint-Sauveur à Hakendover. 1400-1404. Atelier brabançon. (Histoire de l’art - Quattrocento
Le retable des Trois vierges de l'église Saint-Sauveur à Hakendover. 1400-1404. Atelier brabançon. (Histoire de l’art - Quattrocento
Le retable de Saint Léonard de Léau en Brabant. (Histoire de l’art - Quattrocento
Le retable de Saint Léonard de Léau en Brabant. (Histoire de l’art - Quattrocento
Bruges : Eglise Notre Dame : tombeau de Marie de Bourgogne. (Histoire de l’art - Quattrocento
Bruges : Eglise Notre Dame : tombeau de Marie de Bourgogne. (Histoire de l’art - Quattrocento

2.4. Peinture

Issue de la miniature et fondée sur l'observation précise du réel, la peinture flamande atteint un prestige européen. L'école flamande est fondée par Robert Campin (Tournai) et les frères Van Eyck (Bruges). Ils renoncent au fond or et créent la formule du tableau sur chevalet.

2.4.1. Robert Campin

Robert Campin (1375-1444) : le retable de Mérode. Vers 1427 ; huile sur bois; 64,1 x 117,8cm. New York, Metropolitan Museum of Art. (Histoire de l’art - Quattrocento
Robert Campin (1375-1444) : le retable de Mérode. Vers 1427 ; huile sur bois; 64,1 x 117,8cm. New York, Metropolitan Museum of Art. (Histoire de l’art - Quattrocento

Issu d'une famille de Valenciennes, Robert Campin, dit le « maître de Flémalle » (1373-1444), fait son apprentissage à Dijon puis est actif à Tournai où il semble rencontrer un certain succès car c’est alors un homme riche qui possède plusieurs immeubles dans la ville. Entre 1418 et 1432 il est chef d’un atelier de peinture à Tournai, forme Rogier Van der Weyden et rencontre Jan van Eyck. Politiquement, dans le conflit opposant la France et la Bourgogne, il est partisan de la couronne française, ce qui lui vaut quelques déboires…

Robert Campin (1375-1444) : la « Nativité » de Dijon. 1420. Huile sur bois. 87 x 70 cm. Dijon, musée des Beaux Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Robert Campin (1375-1444) : la « Nativité » de Dijon. 1420. Huile sur bois. 87 x 70 cm. Dijon, musée des Beaux Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento

Son œuvre est assez difficile à analyser. On ne possède aucune œuvre signée de sa main, et une seule est datée. De même, il n’hésitait pas à faire terminer une de ses œuvres par ses élèves… Il reste cependant le précurseur de la peinture flamande de la renaissance, par son réalisme, celui de ses décors et de ses scènes (irruption de la vie réelle dans des œuvres à thématique sacrée), par la disparition des fonds or, des auréoles, des symboles sacrés…

Ses grandes œuvres sont le « Retable de Mérode » (1427, New York, Metropolitan), l’« Annonciation » de Bruxelles (1420), l’« Annonciation » du Prado (1430), la « Nativité » de Dijon (1420), le « Retable de Werl » du Prado (1438), deux magnifiques portraits de la National Gallery de Londres…

2.4.2. Hubert Van Eyck (+1426)

Hubert van Eyck (mort en 1426) : les trois Maries au tombeau. Huile sur bois. 71,5 x 89 cm. Rotterdam, musée Boijmans Van Beuningen. (Histoire de l’art - Quattrocento
Hubert van Eyck (mort en 1426) : les trois Maries au tombeau. Huile sur bois. 71,5 x 89 cm. Rotterdam, musée Boijmans Van Beuningen. (Histoire de l’art - Quattrocento

L’activité de Hubert Van Eyck (1366-1426) reste très hypothétique. Il a sans doute commencé le retable de l’Agneau mystique de Saint Bavon de Gand, que son frère Jan terminera.

2.4.3. Jan Van Eyck (1390-1441 ?)

Jan van Eyck (1390-1441) : l’homme au turban. 1433, huile sur bois, 25,5 x 19 cm. Londres, National Gallery. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jan van Eyck (1390-1441) : l’homme au turban. 1433, huile sur bois, 25,5 x 19 cm. Londres, National Gallery. (Histoire de l’art - Quattrocento

Jan van Eyck naît dans les environs de Maastricht en 1390. Il est sans doute formé dans des ateliers de miniaturistes parisiens. Sa première œuvre connue date de 1417 ; en 1422 il travaille à la cour du comte de Hollande Jean de Bavière à La Haye (Miniature des Heures de Turin-Milan). En 1425 il rejoint son frère Hubert en Flandres, au service de Philippe le Bon, duc de Bourgogne dont il devient le peintre. Il s'établit à Lille (1425) et voyage en Aragon (1426). En 1428 il est missionné au Portugal afin d’y réaliser le portrait de la princesse Isabelle, fille du roi Jean I, en vue d’une éventuelle union… De retour, il se fixe à Bruges et se spécialise dans le portrait, dont il est considéré comme le fondateur en Occident (représentation en buste, le visage de trois-quarts, tourné vers la gauche, yeux fixant le spectateur…°De plus il perfectionne la peinture à l'huile (rendu illusionniste du réel et transparence jusqu'alors inconnus).

Ses grandes œuvres sont la Vierge dans l'Eglise (Berlin, 1425) ; l'Homme au Turban (1433, Londres, National Gallery) ; portrait des Arnolfini (1434, Londres, National Gallery) ; vierge du chancelier Rolin (1435, Louvre) ; Vierge du chanoine Van der Paele (1436, Bruges) ; Jan de Leuw (1437, Vienne) ; Sainte Barbe (1437, Anvers) ; Vierge à la Fontaine (1439, Anvers) ; Marguerite Van Eyck (1439, Groningue) et évidemment le retable de l’Agneau mystique de Saint Bavon de Gand…

Jan van Eyck (1390-1441) : Sainte Barbe. 1437, grisaille sur bois, 31 x 18 cm. Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jan van Eyck (1390-1441) : Sainte Barbe. 1437, grisaille sur bois, 31 x 18 cm. Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jan van Eyck (1390-1441) : le retable de l’Agneau Mystique. 1432. Huile sur bois, 350 x 461 cm. Gand, église saint Bavon. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jan van Eyck (1390-1441) : le retable de l’Agneau Mystique. 1432. Huile sur bois, 350 x 461 cm. Gand, église saint Bavon. (Histoire de l’art - Quattrocento

2.4.4. L'école de Robert Campin

Au Van Eyck rattache l’immense Roger de la Pasture, dit Rogier Van der Weyden (Bruxelles 1400-1464) à qui l'on doit la descente de la Croix du Prado. Il compte de nombreux disciples dont Dirk Bouts (Louvain 1415-1475), Petrus Christus ( 1473) qui illustre l'école de Bruges avec l'éclectique Hans Memling ( 1494) venu de Rhénanie.

Rogier Van der Weyden (1400-1474) : descente de croix. Vers 1435. Huile sur bois de chêne, 220 x 262 cm. Madrid, musée du Prado. (Histoire de l’art - Quattrocento
Rogier Van der Weyden (1400-1474) : descente de croix. Vers 1435. Huile sur bois de chêne, 220 x 262 cm. Madrid, musée du Prado. (Histoire de l’art - Quattrocento
Petrus Christus (1410-1475) : Portrait de jeune fille. Après 1460. Huile sur bois, 29 x 22,5 cm. Berlin, Staatliche Museen. (Histoire de l’art - Quattrocento
Petrus Christus (1410-1475) : Portrait de jeune fille. Après 1460. Huile sur bois, 29 x 22,5 cm. Berlin, Staatliche Museen. (Histoire de l’art - Quattrocento
Dierk Bouts (1415-1475) : l’enfer. 1450, huile sur bois, 115 x 69,5 cm. Lille, musée des Beaux-Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Dierk Bouts (1415-1475) : l’enfer. 1450, huile sur bois, 115 x 69,5 cm. Lille, musée des Beaux-Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Hans Memmling (1440-1494): Christ bénissant. 1481. Huile sur panneau de chêne, 34,8 x 26,2 cm. Boston, Museum of Fine Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Hans Memmling (1440-1494): Christ bénissant. 1481. Huile sur panneau de chêne, 34,8 x 26,2 cm. Boston, Museum of Fine Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento

2.4.5. L'école de Gand

Hugo van der Goes (1440-1482) : le triptyque Portinari. 1476-1479. Huile sur bois, 253 x 586 cm. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Hugo van der Goes (1440-1482) : le triptyque Portinari. 1476-1479. Huile sur bois, 253 x 586 cm. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento

L'école de Gand  opte pour des formes plus monumentales et animées avec Juste Van Wassenhove qui passe à Urbin et Hugo Van des Goes (1440-1480 ?) et son célèbre triptyque des Portinari.

2.4.6. L'école hollandaise : Jérôme Bosch

Geertgen tot Sint Jans (Gérard de Saint Jean, 1460-1490): adoration des Mages. Huile sur bois, 90 x 70cm. Amsterdam, Rijksmuseum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Geertgen tot Sint Jans (Gérard de Saint Jean, 1460-1490): adoration des Mages. Huile sur bois, 90 x 70cm. Amsterdam, Rijksmuseum. (Histoire de l’art - Quattrocento

L’école hollandaise se créé à Haarlem avec Ouwater, émule de Van Eyck et son élève Gérard de Saint Jean (Geertgen tot Sint Jans 1495?, Nativité), puis à Delft avec le Maître de la Vierge entre les Vierges, enfin avec un génial précurseur des Surréalistes : Hiéronimus Bosch.

Jérôme Bosch van Aken naît vers 1450 à Bois-le-Duc (Hertogenbosch), d'une famille modeste dont les ancêtres étaient originaires d’Aix. Vers 1480 il épouse une fille de l’aristocratie locale et devient membre d’une confrérie religieuse qui se consacre au culte de la Vierge. Il en devient donc le peintre attitré et mène vie bourgeoises et tranquille. Mais rapidement il puise dans l’atmosphère trouble de l’époque, empreinte d’hérésie et de mysticisme, une inspiration et des thématiques nouvelles, lui faisant abandonner l’iconographie traditionnelle et instillant dans son œuvre les préoccupations et l’inquiétude de son temps où l’enfer se mêle au paradis, la morale à la satire, la mort à l’obsession du péché… Son style se caractérise par une multitude de personnages issus du bestiaire médiéval et aura une grand influence, aussi bien sur Brueghel l’Ancien que sur les surréalistes du XXè.

Ses principales œuvres sont le « Triptyque du Chariot de foin » (vers 1500, musée du Prado, Madrid), « Les sept péchés capitaux (1475-80, musée du Prado, Madrid), la « Nef des fou »s (1490-1500, musée du Louvre, Paris), le « Jardin des délices terrestres » (vers 1503-1504, musée du Prado, Madrid), « Saint Jean à Pathmos » (1504-1505, Berlin, Gemäldegalerie), « Saint Jérôme en prière » (vers 1505, Gand, musée des Beaux-Arts), les « Tentations de saint Antoine » (1510, Madrid, Prado), le « Couronnement d’épines » (1510, Madrid, Escorial), l'« Ecce Homo » de Gand, l'Enfant prodigue…

Albert van Ouwater (actif entre 1440 et 1465) : la résurrection de Lazare. 1455, huile sur panneau de bois, 122x92cm. Berlin, Staatliche Museen. (Histoire de l’art - Quattrocento
Albert van Ouwater (actif entre 1440 et 1465) : la résurrection de Lazare. 1455, huile sur panneau de bois, 122x92cm. Berlin, Staatliche Museen. (Histoire de l’art - Quattrocento
Hieronimus Bosch (1450-1516) : la tentation de saint Antoine. Huile sur panneau, 131,5 x 119 cm. Madrid, musée du Prado. (Histoire de l’art - Quattrocento
Hieronimus Bosch (1450-1516) : la tentation de saint Antoine. Huile sur panneau, 131,5 x 119 cm. Madrid, musée du Prado. (Histoire de l’art - Quattrocento
Hiéronimus Bosch (1450-1516) : Le chariot de foin. 1500-1502 Huile sur panneau de bois, 135 190 cm. Madrid, musée du Prado. (Histoire de l’art - Quattrocento
Hiéronimus Bosch (1450-1516) : Le chariot de foin. 1500-1502 Huile sur panneau de bois, 135 190 cm. Madrid, musée du Prado. (Histoire de l’art - Quattrocento
Hiéronimus Bosch (1450-1516) : le Christ portant sa croix. 1515-1516. Huile sur panneau de bois, 74 x 81 cm. Gand, musée de Beaux Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Hiéronimus Bosch (1450-1516) : le Christ portant sa croix. 1515-1516. Huile sur panneau de bois, 74 x 81 cm. Gand, musée de Beaux Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento

2.4.7. Gérard David (1460-1523)

David apporte le goût du paysage à Bruges (Baptême du Christ). De ses disciples, Jean Prouvost ( 1529) cède à l'influence d'Anvers, alors qu'A. Isenbrandt et A. Benson y continuent sa manière jusqu'en 1550.

Gérard David, d’origine néerlandaise, est nommé maître de peinture de la cité de Bruges en 1484, et son œuvre est nettement inspirée par ses maîtres Van Eyck, Van der Weyden, Memmling. Il est ainsi un des derniers « Primitifs » flamands, introduisant cependant dans son œuvre cette douceur inspirée par la toute jeune renaissance italienne. Spécialiste des paysages, il a notamment peint un « Mariage mystique de sainte Catherine (1505-1510, Londres, National Gallery), un « Descente de croix » (1500-1510, Londres, National Gallery), un « Jugement de Cambyse » (1498, Musée Groeninge, Bruges), une « Noce de Cana » (1500, Louvre)…

Gérard David (1460-1523) : les noces de Cana. Vers 1500. Huile sur panneau de bois. 100 x 128cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Gérard David (1460-1523) : les noces de Cana. Vers 1500. Huile sur panneau de bois. 100 x 128cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Triptyque de Jean Des Trompes. 1505. Huile sur bois, 129,7 x 96,6 cm (panneau central), 132 x 43 cm (panneau latéral). Bruges, Groeninge Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Triptyque de Jean Des Trompes. 1505. Huile sur bois, 129,7 x 96,6 cm (panneau central), 132 x 43 cm (panneau latéral). Bruges, Groeninge Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento

2.4.8. La miniature

La fenaison. Page du Bréviaire Grimani. Vers 1510.Bilbliothèque Marciana, Venise, cod. Lat. I,99 (Histoire de l’art - Quattrocento
La fenaison. Page du Bréviaire Grimani. Vers 1510.Bilbliothèque Marciana, Venise, cod. Lat. I,99 (Histoire de l’art - Quattrocento

Elle brille aux Pays Bas jusqu'en 1480-1530 grâce à l'école ganto-brugeoise dont le chef d'oeuvre est le bréviaire Grimani.

2.5. Gravure

Maître FVB (actif entre 1475 et 1500) : Sainte Catherine et Saint Michel terrassant le Démon. New york, Metropolitan Museum of Art. (Histoire de l’art - Quattrocento
Maître FVB (actif entre 1475 et 1500) : Sainte Catherine et Saint Michel terrassant le Démon. New york, Metropolitan Museum of Art. (Histoire de l’art - Quattrocento

On pratique la gravure sur bois (Vierge dite de 1418, planche de l'Ars moriendi). Il y a des graveurs sur cuivre anonymes (Maître des Jardins d'amour, maître FVB), et l'estampiste Alaert du Hameel reflète Bosch.

2.6. Objets d’art

Chandelier de Léau (Histoire de l’art - Quattrocento
Chandelier de Léau (Histoire de l’art - Quattrocento
Buste de saint Lambert réalisé à Aix-la-Chapelle par l’orfèvre Hans von Reutlingen, avant 1512. Argent repoussé et ciselé, en grande partie doré. 159 x 107 x 79 cm. Trésor de la cathédrale de Liège. (Histoire de l’art - Quattrocento
Buste de saint Lambert réalisé à Aix-la-Chapelle par l'orfèvre Hans von Reutlingen, avant 1512. Argent repoussé et ciselé, en grande partie doré. 159 x 107 x 79 cm. Trésor de la cathédrale de Liège. (Histoire de l’art - Quattrocento

3. Angleterre

3.1. Histoire

Le règne de Henri VI (1422-1471) voit la perte des marchés de Guyenne et des Flandres suite aux défaites de la Guerre de Cent ans en France (1435-1453). La guerre des Deux Roses (1455-1485) entre Lancastre et York ruine l'aristocratie au profit de la Royauté. Le mécénat royal décline au XVè, mais avec l’émergence des Tudor (Henri VII 1485-1509), l'Angleterre connaît une nouvelle phase de développement.

La culture est marquée par John Lydgate ( 1460) qui adapte Boccace, par John Dunstable ( 1453), mathématicien, astrologue et physicien.

Henri VI (1421-1471), roi d’Angleterre de 1422 à 1461 et de 1470 à 1471. Portrait d’un artiste inconnu. (Histoire de l’art - Quattrocento
Henri VI (1421-1471), roi d’Angleterre de 1422 à 1461 et de 1470 à 1471. Portrait d’un artiste inconnu. (Histoire de l’art - Quattrocento
Henry VII, le premier Tudor roi d’Angleterre : 1485-1509. Portrait d’un artiste inconnu. (Histoire de l’art - Quattrocento
Henry VII, le premier Tudor roi d’Angleterre : 1485-1509. Portrait d’un artiste inconnu. (Histoire de l’art - Quattrocento

3.2. Architecture

Cambridge : la chapelle du Kings College. (Histoire de l’art - Quattrocento
Cambridge : la chapelle du Kings College. (Histoire de l’art - Quattrocento

L’architecture reste principalement gothique et évolue du curvilinéaire vers le style perpendiculaire et ses immenses fenêtres. Les voûtes se compliquent à l'infini, revenant même à la charpente de bois : cloître et chapelle de la Vierge de la Cathédrale de Gloucester (1475), nef de Canterbury, cathédrale d'Oxford, chapelles du King's College à Cambridge et de Henri VII à Westminster.

Abbaye de Westminster. L’intérieur. (Histoire de l’art - Quattrocento
Abbaye de Westminster. L’intérieur. (Histoire de l’art - Quattrocento
Abbaye de Westminster : la chapelle de Henri VII vue de l’extérieur. (Histoire de l’art - Quattrocento
Abbaye de Westminster : la chapelle de Henri VII vue de l’extérieur. (Histoire de l’art - Quattrocento
Oxford : la cathédrale ou Christ Church, édifiée aux XII-XVè et fortement modifiée au début du XVIè. (Histoire de l’art - Quattrocento
Oxford : la cathédrale ou Christ Church, édifiée aux XII-XVè et fortement modifiée au début du XVIè. (Histoire de l’art - Quattrocento

3.3. Sculpture

Warwick : tombeau à Pleurants de Richard de Beauchamp, comte de Warwick. 1447-1450. (Histoire de l’art - Quattrocento
Warwick : tombeau à Pleurants de Richard de Beauchamp, comte de Warwick. 1447-1450. (Histoire de l’art - Quattrocento

La sculpture marque toujours sa préférence pour les statues juxtaposée parfois sur plusieurs rangs dans les portails.

L'art funéraire manifeste sa vitalité (Tombeau à Pleurants de Richard de Beauchamp à Warwick, 1439). Le Type « Macabre » est plus réaliste qu'en France (Tombe de Thomas Hardy à York).

La sépulture - chapelle (Chantry) est fréquente (Henri IV, à Canterbury 1443, chantry des évêques de Lincoln, Hereford, Ely).

Les stalles de bois sont de modèle flamant (Windsor, Ripon 1500, Manchester, Chantry de Henri VII à Westminster.) La sculpture d'albâtre devient industrielle (panneaux pour sarcophages, retables...)

Ripon, cathédrale : vue générale des stalles. Vers 1500. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ripon, cathédrale : vue générale des stalles. Vers 1500. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ripon, cathédrale : détail des stalles. Vers 1500. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ripon, cathédrale : détail des stalles. Vers 1500. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ripon, cathédrale : détail des stalles. Vers 1500. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ripon, cathédrale : détail des stalles. Vers 1500. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ely, cathédrale : « Chantry chapel » de l’évêque John Alcock. Vers 1500. L’entrée de la chapelle. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ely, cathédrale : « Chantry chapel » de l’évêque John Alcock. Vers 1500. L’entrée de la chapelle. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ely, cathédrale : « Chantry chapel » de l’évêque John Alcock. Vers 1500. L’intérieur de la chapelle. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ely, cathédrale : « Chantry chapel » de l’évêque John Alcock. Vers 1500. L’intérieur de la chapelle. (Histoire de l’art - Quattrocento
Pietro Torrigiano (1472-1528) : tombeau de Henri VII et d’Elisabeth d’York à Westminster. Bronze, 1512-1518. Abbaye de Westminster. (Histoire de l’art - Quattrocento
Pietro Torrigiano (1472-1528) : tombeau de Henri VII et d’Elisabeth d’York à Westminster. Bronze, 1512-1518. Abbaye de Westminster. (Histoire de l’art - Quattrocento

3.4. Peinture

Les oeuvres peintes sont de valeur inégale mais trahissent l'influence flamande : Fresques de miracles de la Vierge de la chapelle du Collège d'Eton par W.Baker, vers 1480.

Quelques portraits royaux sont restés (Chapelle Saint Georges à Windsor, Richard III, Henri VII).

Dans l'art du vitrail, les verrières de la cathédrale de Gloucester, de Saint Michel d'York, du Winchester Collège d'Oxford, sont caractéristiques du style perpendiculaire (Figures stylisées superposées dans des niches).

Richard III : portrait du roi. Château de Windsor. Artiste inconnu. (Histoire de l’art - Quattrocento
Richard III : portrait du roi. Château de Windsor. Artiste inconnu. (Histoire de l’art - Quattrocento
Cathédrale de Gloucester : vitraux. (Histoire de l’art - Quattrocento
Cathédrale de Gloucester : vitraux. (Histoire de l’art - Quattrocento

4. Allemagne et Europe Centrale

4.1. Histoire

Albrecht Dürer (1471-1528): l’empereur Maximilien I ; 1519, huile sur panneau de tilleul, 74 x 62 cm. Vienne, Kunsthistorisches Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Albrecht Dürer (1471-1528): l’empereur Maximilien I ; 1519, huile sur panneau de tilleul, 74 x 62 cm. Vienne, Kunsthistorisches Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento

Le régime bourgeois et corporatif triomphe avec la prospérité des villes ; en 1437 débute le règne des Habsbourg : Frédéric III (1440-1493) perd la Bohème au profit de Matthias Corvin (1458 1490). Maximilien I (1486-1519) organise l'empire sur des bases fédératives et aristocratiques (1495). La Suisse se libère de la domination Autrichienne (1499). Les guerres d'Italie font rage de 1495 à 1517.

Sébastien Brand : gravure extraite du « Narrenschiff », la « Nef des fous ». 1494. (Histoire de l’art - Quattrocento
Sébastien Brand : gravure extraite du « Narrenschiff », la « Nef des fous ». 1494. (Histoire de l’art - Quattrocento

Cologne est au XVè la ville allemande la plus florissante et son évêque le plus puissant des Grands Electeurs. Bâle est favorisée dans son développement économique et culturel par le Concile de 1431-1449. L'Allemagne entre dans un grand bouillonnement culturel et religieux dont témoignent Nicolas de Cuse (1401-1464), Geiler de Kaysersberg (1445-1510), élève de Gerson, Sébastien Brant (1458-1521, Nef des Fous, 1494 ; Passions, Volkslieder), Regiomantanus (Johann Müller von Königsberg, 1436-1476)…

La découverte et la diffusion de l'imprimerie ouvrent la voie à l'humanisme (Strasbourg, 1437-1444 ; Mayence, 1445 ; Cologne, 1164 ; Bâle et Augsbourg, 1468 ; Cracovie, 1474...)

4.2. Architecture

Eglise halle ou « Hallenkirche » saint Jean de Dingolfing en Bavière, vallée de l’Isar. (Histoire de l’art - Quattrocento
Eglise halle ou « Hallenkirche » saint Jean de Dingolfing en Bavière, vallée de l’Isar. (Histoire de l’art - Quattrocento

En architecture, la tradition gothique se maintient. On élève beaucoup de « Hallenkirche » à vaste nef unique. Les villes multiplient les belles constructions avec leurs places, maisons bourgeoises, édifices civils…

4.3. Sculpture

4.3.1. Généralités

Hans Multscher (1400-1467) : saint Georges et saint Jean l’évangéliste. Vers 1450. Pierre. Cathédrale d’Ulm. (Histoire de l’art - Quattrocento
Hans Multscher (1400-1467) : saint Georges et saint Jean l’évangéliste. Vers 1450. Pierre. Cathédrale d’Ulm. (Histoire de l’art - Quattrocento

Sensible à Ulm chez Hans Multscher (1400-1467) l'influence de Sluter se répand en Allemagne avec Nicolas Gehrhaert de Leyde (actif entre 1462 et 1473) et ses élèves.

La sculpture sur bois devient un moyen d'expression très recherché par les artistes germaniques : Jörg Syrlin et fils à Ulm, Gregor Erhart à Augsbourg (La belle Allemande du Louvre), Michael Pacher au Tyrol, Veit Stoss à Nuremberg, Nicolas de Haguenau à Strasbourg, Tilmann Riemenschneider.

L'école Hanséatique concurrence Anvers dont elle est tributaire avec Berndt Notke qui travaille en Suède (1489). A Nuremberg, Adam Krafft ( 1509) traduit dans la pierre l'exubérance et la virtuosité technique de la sculpture sur bois (Tabernacle de Saint Laurent).

Nicolas Gerhaert de Leyde (actif entre 1462 et 1473) : homme méditant. 1467 ; grès. Strasbourg, Musée de l’Oeuvre de Notre Dame. (Histoire de l’art - Quattrocento
Nicolas Gerhaert de Leyde (actif entre 1462 et 1473) : homme méditant. 1467 ; grès. Strasbourg, Musée de l'Oeuvre de Notre Dame. (Histoire de l’art - Quattrocento
Nicolas Gerhaert de Leyde (actif entre 1462 et 1473) : tête de femme ; 1463-1464 ; grès rouge. Frankfort, maison Liebig. (Histoire de l’art - Quattrocento
Nicolas Gerhaert de Leyde (actif entre 1462 et 1473) : tête de femme ; 1463-1464 ; grès rouge. Frankfort, maison Liebig. (Histoire de l’art - Quattrocento
Gregor Erhart (1479-1540) : Marie Madeleine. Vers 1500. Bois polychrome. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Gregor Erhart (1479-1540) : Marie Madeleine. Vers 1500. Bois polychrome. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Adam Krafft (1460-1509) : tabernacle. 1493-1496 ; grès partiellement peint. Eglise Saint Laurent de Nuremberg. (Histoire de l’art - Quattrocento
Adam Krafft (1460-1509) : tabernacle. 1493-1496 ; grès partiellement peint. Eglise Saint Laurent de Nuremberg. (Histoire de l’art - Quattrocento
Adam Krafft (1460-1509) : autoportrait. Détail du tabernacle. 1493-1496 ; grès partiellement peint. Eglise Saint Laurent de Nuremberg. (Histoire de l’art - Quattrocento
Adam Krafft (1460-1509) : autoportrait. Détail du tabernacle. 1493-1496 ; grès partiellement peint. Eglise Saint Laurent de Nuremberg. (Histoire de l’art - Quattrocento

4.3.2. Michael Pacher

Peintre et sculpteur tyrolien, Michael Pacher (1430- 1498) est très influencé dans sa formation par les sculpteurs italiens, particulièrement de Padoue. Vers 1463 il réalise l'autel peint et sculpté pour l'église paroissiale Saint Laurent, près de Bruneck. Ses chefs-d'œuvre de maturité sont l'autel du Couronnement de la Vierge de l'église paroissiale de Gries-Bolzano) et surtout l'autel du sanctuaire de Sankt Wolfgang en Haute-Autriche. A partir de 1494, il est à Salzbourg, où il peint et sculpte sa dernière grande œuvre, un retable pour l'église des franciscains de la ville qui annonce clairement l'art de la pleine Renaissance.

Michael Pacher (1435-1498) : retable de Saint Wolfgang, vue d’ensemble. 1479-1481. (Histoire de l’art - Quattrocento
Michael Pacher (1435-1498) : retable de Saint Wolfgang, vue d’ensemble. 1479-1481. (Histoire de l’art - Quattrocento
Michael Pacher (1435-1498) : retable de Saint Wolfgang, détail : couronnement de la vierge. 1479-1481. (Histoire de l’art - Quattrocento
Michael Pacher (1435-1498) : retable de Saint Wolfgang, détail : couronnement de la vierge. 1479-1481. (Histoire de l’art - Quattrocento

4.3.3. Tilmann Riemenschneider

Tilman Riemenschneider (1460-1531): Eve. 1491-1493. Bois. Wurzbourg, Marienkirche. (Histoire de l’art - Quattrocento
Tilman Riemenschneider (1460-1531): Eve. 1491-1493. Bois. Wurzbourg, Marienkirche. (Histoire de l’art - Quattrocento

Né vers 1459, Tilmann Riemenschneider se forme vraisemblablement à Ulm et à Strasbourg où il est influencé par l’art de Schongauer. En 1483 il est à Wurtzbourg où il fait partie de la guilde saint Luc des peintres, sculpteurs et verriers et devient un bourgeois en vue de la ville dont il sera conseiller et même premier édile entre 1520 et 1524. En 1525 il prend part au soulèvement des bourgeois et des paysans contre l’évêque de la ville. Après l’écrasement de la révolte des rustauds, il est emprisonné deux mois et torturé. Libéré, il est mis à l’amende, perd sa fortune et termine sa vie en 1531 dans l’oubli. Oubli qui durera jusqu’au XIXè siècle ! Ses grandes œuvres sont le Retable de sainte Marie Madeleine de Münnsterstadt (1490), Adam et Eve 1491, Würzbourg, Mainfaränkisches Museum), le Retable de Marie à Cregling (1505), le Retable des Apôtres de l’église saint Léon de Bibra (Musée de Heidelberg), la tombe de l’évêque Laurent de Bibra dans la cathédrale de Wurzbourg.

4.3.4. Veit Stoss

Veit Stoss (1438-1533) : à l’enfant. 1500-1510. Bois, 23 cm. Londres, Victoria and Albert Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Veit Stoss (1438-1533) : à l’enfant. 1500-1510. Bois, 23 cm. Londres, Victoria and Albert Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento

Né vers 1447, Veit Stoss arrive en 1473 à Nuremberg et se rend en 1477 à Cracovie où il est actif jusqu’en 1496 avant de retourner à Nuremberg où il réalise de nombreuses œuvres sculptées dans le bois. Impliqué dans une affaire de faux il est marqué au fer rouge et est interdit de quitter la ville. Il fuit en 1503 à Münnerstadt où il est arrêté en 1506 et la ville rejette la grâce de l’empereur Maximilen I à son endroit. En 1512 l’empereur lui commande les plans de son tombeau à Innsbruck. Veit Stoss meurt dans l’opulence en 1533. Son chef d’œuvre est le retable du grand autel de l’église Notre Dame de Cracovie (1477-1489). Parmi ses autres œuvres, l’Annonciation de l’église saint Laurent de Nuremberg (1517-1518), le retable de la cathédrale de Bamberg (1523).

4.4. Peinture

Le caractère particulier de la peinture allemande se précise. Cologne, Nuremberg, la Bavière, l'Autriche sont les grands centres. La production est surtout celle de retables à volets sculptés et peints. Quelques fois jusqu'en 1500 la peinture se fait sur fond or ou gaufré.

4.4.1. 1400-1460

Lukas Moser (première moitié du XVè) : retable de Sainte Marie Madeleine, Tieffenbronn. 1431. (Histoire de l’art - Quattrocento
Lukas Moser (première moitié du XVè) : retable de Sainte Marie Madeleine, Tieffenbronn. 1431. (Histoire de l’art - Quattrocento

Lukas Moser est issu du gothique (Retable de Tiefenbronn, 1431).

Suivent de fortes individualités marquées par le réalisme de Campin et Sluter : ainsi Conrad Witz (1400-1446 ; La pêche miraculeuse), le maître du retable Tucher (Nuremberg) ou encore K. Laib développent un réel sens plastique auquel Hans Multscher (1400-1467 Ulm), le maître de Polling, le pseudo Mälesskircher (Bavière), le maître du retable des Réguliers (Ehrfurt) et Hans Hirtz allient le souci de l'expression.

On retrouve le sens du coloris chez le maître de la Passion de Darmstadt et surtout chez le grand Colonais Stephan Lochner (1410-1451). Originaire de Haute Souabe, Lochner est marqué par les maîtres flamands comme Campin et Van Eyck. Il est mentionné pour la première fois à Cologne en 1445. Sa première période (œuvres de jeunesse, jusqu’en 1439) est marquée par la tradition des fonds dorés et le manque de composition, la douceur et la délicatesse : Crucifixion (Nuremberg, Germanisches Landsmuseum), Jugement dernier (Cologne, Wallraf-Richartz Museum), Madone à la roseraie (Cologne, Wallraf-Richartz Museum), Madone aux violettes (Cologne, Musée diocésain), autel des rois mages (cathédrale de Cologne). Puis le fond doré disparaît et l’espace s’ouvre sur des arrière plans : Adoration de l'enfant Jésus (Munich, Alte Pinakohtek),

Konrad Witz (1400-1445) : la Synagogue. 1435, huile sur bois, 80,5 x 86cm. Bâle, Kunstmuseum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Konrad Witz (1400-1445) : la Synagogue. 1435, huile sur bois, 80,5 x 86cm. Bâle, Kunstmuseum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Maître du retable de Polling : le Prince Tassilon à la chasse. 1444, huile sur panneau de bois, 219 x 87,5 cm. Munich, Alte Pinakothek. (Histoire de l’art - Quattrocento
Maître du retable de Polling : le Prince Tassilon à la chasse. 1444, huile sur panneau de bois, 219 x 87,5 cm. Munich, Alte Pinakothek. (Histoire de l’art - Quattrocento
Stephan Lochner (1400-1451) : triptyque des Rois Mages. Bois, 260 x 185 cm (panneau central), 261 x 142 cm (chaque panneau latéral). Cologne, cathédrale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Stephan Lochner (1400-1451) : triptyque des Rois Mages. Bois, 260 x 185 cm (panneau central), 261 x 142 cm (chaque panneau latéral). Cologne, cathédrale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Stephan Lochner (1400-1451) : madone au buisson de roses. Vers 1440, huile sur bois, 51 x 40 cm. Cologne, Wallraf-Richartz Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Stephan Lochner (1400-1451) : madone au buisson de roses. Vers 1440, huile sur bois, 51 x 40 cm. Cologne, Wallraf-Richartz Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento

4.4.2. 1460-1480

Cette période marque le passage des écoles allemandes sous tutelle flamande, avec le Maître de la Vie de Marie (Cologne 1480 ?), H. Pleydenwurff (Nuremberg), Schüchlin (Souabe) et Kaspar Isenmann (Colmar) : artiste peintre de Colmar, mort en 1492, Isenmann crée entre 1462 et 1465 le maître-autel de St Martin de Colmar. Il est le maître de Schongauer. Il n’a laissé que les 7 panneaux qui se trouvent à Unterlinden.

Hormis Cologne (Le maître de la Sainte Parenté), ces écoles reprennent leur autonomie à la fin du siècle.

Maître de la Vie de Marie (actif de 1463 à 1480) : la naissance de la Vierge. Vers 1470, huile sur bois, 85 x 109 cm. Munich, Alte Pinakothek. (Histoire de l’art - Quattrocento
Maître de la Vie de Marie (actif de 1463 à 1480) : la naissance de la Vierge. Vers 1470, huile sur bois, 85 x 109 cm. Munich, Alte Pinakothek. (Histoire de l’art - Quattrocento
Hans Pleydenwurff (1420-1472) : Portrait du comte Georg von Löwenstein. Vers 1457, bois, 34 x 25 cm. Nuremberg, Germanisches Nationalmuseum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Hans Pleydenwurff (1420-1472) : Portrait du comte Georg von Löwenstein. Vers 1457, bois, 34 x 25 cm. Nuremberg, Germanisches Nationalmuseum. (Histoire de l’art - Quattrocento

4.4.3. La fin du siècle

Martin Schongauer (1430-1491) : la sainte famille. Vers 1470 ; bois, 26 x 17 cm. Munich, Alte Pinakothek. (Histoire de l’art - Quattrocento
Martin Schongauer (1430-1491) : la sainte famille. Vers 1470 ; bois, 26 x 17 cm. Munich, Alte Pinakothek. (Histoire de l’art - Quattrocento

Elle voit deux peintres graveurs : Martin Schongauer de Colmar qui a grand rayonnement, et le maître du Livre de Raison (Rhin moyen 1480).

Martin Schongauer (1450-1491), « Le Beau Martin » d’après ses contemporains est formé à l’école de Rogier Van der Weyden et du maître E.S. Il ouvre un atelier à Colmar vers 1470. Il créé la « Vierge au Buisson de Roses » et son atelier produit de nombreux tableaux: Retable des Dominicains de Colmar, Retable des Antonites d’Issenheim, Saintes familles et Nativité... En même temps, Schongauer pratique la gravure et en fait une branche majeure de l’art : il devient le plus grand graveur de la seconde moitié du XVè au nord des Alpes et exerce une énorme influence (on connaît 114 de ses gravures signées MS). A la fin de sa vie, il se rend à Brisach (Fresque du Jugement dernier). Il meurt de la peste. Un de ses élèves, Urbain Huter (1471-1501) créé le cycle des fresques du cloître des Dominicains de Colmar vers 1490, et peut-être le retable des Catherinettes de Colmar (Actuellement à Bühl près de Guebwiller); avec Hans Burgkmair (1473-1531) et Heinrich Lützelmann, ils forment l’école Rhénane.

Martin Schongauer (1430-1491) : une vierge folle. Gravure, 143 x 108 mm. Washington, National Gallery of Art. (Histoire de l’art - Quattrocento
Martin Schongauer (1430-1491) : une vierge folle. Gravure, 143 x 108 mm. Washington, National Gallery of Art. (Histoire de l’art - Quattrocento

Michael Pacher (Retable de Saint Wolfgang 1481), Jean Polak (Bavière), Rueland Frueauf le Jeune (Salzbourg), précurseur des paysagistes de l'école du Danube, sont les grands noms de l'époque.

La production des retables devient industrielle avec Michael Wolgemut (Nuremberg 1519) et B. Zeitblom).

Cologne garde l'attrait flamand du maniérisme avec les maîtres du retable de Saint Barth'>Barthélémy, de la légende de Sainte Ursule, de Saint Séverin.

Michael Wolgemut (1434-1519) : portrait d’Ursula Tucher. 1478, bois. Kassel, Staatliche Museen. (Histoire de l’art - Quattrocento
Michael Wolgemut (1434-1519) : portrait d’Ursula Tucher. 1478, bois. Kassel, Staatliche Museen. (Histoire de l’art - Quattrocento
Maître de la légende de sainte Ursule: l’église et la synagogue. 1475-1482. Huile sur panneau de chêne, 47,5 x 30 cm (chaque panneau), 59 x 18,5 cm (volets). Bruges, Groninge Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Maître de la légende de sainte Ursule: l’église et la synagogue. 1475-1482. Huile sur panneau de chêne, 47,5 x 30 cm (chaque panneau), 59 x 18,5 cm (volets). Bruges, Groninge Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Maître du retable de Saint <a class=Barth'>Barthélémy : retable de la crucifixion. Vers 1500. Panneau de chêne, 107 x 80 cm (panneau central), 107 x 34 cm (chaque panneau latéral). Cologne, Wallraf-Richartz Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento'>
Maître du retable de Saint Barth'>Barthélémy : retable de la crucifixion. Vers 1500. Panneau de chêne, 107 x 80 cm (panneau central), 107 x 34 cm (chaque panneau latéral). Cologne, Wallraf-Richartz Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento

4.5. Vitrail

Pierre Hemmel d’Andlau (Né vers 1420) : sainte Catherine. Détail d’un vitrail provenant de la cathédrale de Strasbourg. Vers 1470. Darmstadt, Hessisches Landesmuseum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Pierre Hemmel d’Andlau (Né vers 1420) : sainte Catherine. Détail d’un vitrail provenant de la cathédrale de Strasbourg. Vers 1470. Darmstadt, Hessisches Landesmuseum. (Histoire de l’art - Quattrocento

La primauté reste à l'Alsace (Sélestat, Strasbourg) avec Pierre Hemmel d'Andlau qui travaille jusqu'en Autriche. Maître verrier réputé, Pierre Hemmel, natif d’Andlau, créé des vitraux pour tout le bassin rhénan et la région d’Innsbrück. Influencé par l’école haut-rhinoise (Maître ES, Schongauer). Il travaille à Walbourg (1461), St Guillaume de Strasbourg (1462) Ste Madeleine de Strasbourg (1482), St Pierre le Vieux de Strasbourg (1470), Saverne, Obernai, Lautenbach, Vieux Thann, Kaysersberg, Wissembourg. Son atelier exporte des vitraux (N.D. de Munich, Nuremberg, Salzbourg) et des verriers alsaciens travaillent dès 1480 à la cathédrale de Séville. Pierre meurt en 1506.

L'Alsace influence la Suisse (Berne) où dès 1460 l'usage des vitraux armoiriés se répand. Les vitraux de la cathédrale de Cologne (Maître de la Sainte Parenté) et de l'abbaye d'Altenberg avec le maître de Saint Séverin datent de 1500-1510.

4.6. Gravure

Elle prend une importance considérable (reliefs sur bois on creux sur cuivre).

4.6.1. Gravure sur bois

4.6.2. Gravure au burin

Elle se fait surtout en Rhénanie: Maître des cartes à Jouer, « maître E.S. », graveur strasbourgeois dont on ignore le nom. Il a laissé plus de 300 gravures, réalisées entre 1450 et 1467. Il a influencé grandement les graveurs rhénans de la Renaissance.

Le grand maître de la gravure reste Martin Schongauer dont l'influence fut décisive.

Le grand estampiste est le Maître du Cabinet d'Amsterdam (1480).

Maître E.S. (actif entre 1450 et 1467) : le Christ des douleurs entre quatre anges. Vers 1460. Gravure sur cuivre, 151 x 113 mm. Dresde, Kupferstichkabinett. (Histoire de l’art - Quattrocento
Maître E.S. (actif entre 1450 et 1467) : le Christ des douleurs entre quatre anges. Vers 1460. Gravure sur cuivre, 151 x 113 mm. Dresde, Kupferstichkabinett. (Histoire de l’art - Quattrocento
Maître E.S. (actif entre 1450 et 1467) : couple dans le jardin d’amour. Vers 1460. Gravure sur cuivre. Vienne, l’Albertina. (Histoire de l’art - Quattrocento
Maître E.S. (actif entre 1450 et 1467) : couple dans le jardin d’amour. Vers 1460. Gravure sur cuivre. Vienne, l’Albertina. (Histoire de l’art - Quattrocento
Martin Schongauer (1430-1491) : flagellation, le Christ aux outrages. Vers 1475. Gravure sur bois, 16,2 x 11,5 cm. Colmar, Musée Unterlinden. (Histoire de l’art - Quattrocento
Martin Schongauer (1430-1491) : flagellation, le Christ aux outrages. Vers 1475. Gravure sur bois, 16,2 x 11,5 cm. Colmar, Musée Unterlinden. (Histoire de l’art - Quattrocento

4.7. Objets d’art

Localement on fait de la tapisserie: Bâle, Alsace, Nuremberg, Ratisbonne, Halberstadt. En Orfèvrerie, on consacre les formules gothiques avec un décor plus riche et un réalisme plus poussé. L'argenterie profane se développe (Coupes à godrons et émail filigrané, gobelets gravés, niellés, émaillés)...

5. La Hongrie

Page du Codex Cassianus. 1498. Enluminure sur parchemin. Paris, Bibliothèque Nationale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Page du Codex Cassianus. 1498. Enluminure sur parchemin. Paris, Bibliothèque Nationale. (Histoire de l’art - Quattrocento

Le pays connaît une évolution spéciale : sous l'influence du séjour de Masolino (1427) le roi humaniste Mathias Corvin encourage l'humanisme florentin. A la cour, un atelier d'enluminure produit le Codex Cassianus (par A.Cattano) alors que le peintre hongrois Michele Pannonio (1446) travaille à Ferrare avec Cosimo Tura.

6. La France: 1425 - 1515

6.1. Histoire

Jean Fouquet (1420-1480) : portrait de Charles VII de France. Vers 1445. Bois, 86 x 72 cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean Fouquet (1420-1480) : portrait de Charles VII de France. Vers 1445. Bois, 86 x 72 cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento

Le royaume de France libéré après le guerre de cent ans s'unifie sous Charles VII (1422-1461). Louis XI (1461-1483) gagne au Royaume Bourgogne et Picardie (1481) puis l'Anjou, Maine et Provence. Charles VIII (1483-1495) se bat en Italie (1491-1495). Sa veuve Anne hérite de la Bretagne et Louis XII (1495-1515) se bat à son tour en Italie (1499-1513).

Le renouveau religieux annonce la Réforme : prédications, ordres nouveaux (Minimes par François de Paule), théâtre (Mystères de la passion d'Eustache Marcadé 1450). La littérature s'enrichit de poètes (Charles d'Orléans, René d'Anjou et son « Cuer d'amour épris » 1457, François Villon), conteurs (A. de la Salle), écrivains de cour (Commynes 1511, Jean le Maire). L'imprimerie apparaît à Avignon (1444), Paris (1470 et 1504), Lyon (1473). Les grands musiciens sont Jean d'Ockeghem (1420-1496) et Josquin des Prés (1450-1521).

Jean Juste, Antoine Juste et Juste de Juste : Gisant de Louis XII et d’Anne de Bretagne. 1515-1531. Marbre de Carrare. Saint Denis, basilique. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean Juste, Antoine Juste et Juste de Juste : Gisant de Louis XII et d’Anne de Bretagne. 1515-1531. Marbre de Carrare. Saint Denis, basilique. (Histoire de l’art - Quattrocento
Le Livre du Coeur de l’Amour épris. Vers 1460-1467. Texte de René D’Anjou, enluminures de <a class=Barth'>Barthélémy d’Eyck. Vienne, Österreichische Nationalbibliotheck (Ms 2597) (Histoire de l’art - Quattrocento'>
Le Livre du Coeur de l'Amour épris. Vers 1460-1467. Texte de René D'Anjou, enluminures de Barth'>Barthélémy d'Eyck. Vienne, Österreichische Nationalbibliotheck (Ms 2597) (Histoire de l’art - Quattrocento

6.2. Architecture

Rouen : saint Maclou. Tour de croisée, détail. (Histoire de l’art - Quattrocento
Rouen : saint Maclou. Tour de croisée, détail. (Histoire de l’art - Quattrocento

Après une longue période pauvre en innovations (la guerre de cent ans n’y est sans doute pas étrangère), un « souffle nouveau » apparaît à partir des années 1420. S’il n’affecte pas la structure des bâtiments et reste gothique, il touche principalement le décore qui « flamboie », devient beaucoup plus riche et compliqué : ogives et voûtes sont accompagnées de nervures multiples ; du centre des croisées partent des clefs pendantes qui rappellent les stalactites de l'art arabe. Le chapiteau est supprimé pour accentuer l'impression d'élancement des vaisseaux. La richesse du décor extérieur est exubérante. Les statues sont abritées dans des niches surmontées de dais ; gâbles, galeries, balustrades, gargouilles, clochetons, fleurons, pinacles dessinent sur le ciel des dentelles de pierre que les clochers dominent de leur masse élancée…

Ainsi sont les grandes église du style « Flamboyant » : saint Maclou de Rouen, saint Germain l’Auxerrois et saint Etienne du mont à Paris, la nef de Hautecombe, le clocher de la cathédrale de Bordeaux, le portail saint Laurent de Strasbourg, la collégiale saint Vulfran d’Abbeville, l’église de Brou, saint Ouen de Rouen, saint Urbain de Troyes…

Brou près de Bourg en Bresse : Monastère royal Notre Dame (1506-1532) : vue générale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Brou près de Bourg en Bresse : Monastère royal Notre Dame (1506-1532) : vue générale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Abbeville : collégiale saint Wulfram. 1488ss. (Histoire de l’art - Quattrocento
Abbeville : collégiale saint Wulfram. 1488ss. (Histoire de l’art - Quattrocento
Troyes, basilique saint Urbain. (Histoire de l’art - Quattrocento
Troyes, basilique saint Urbain. (Histoire de l’art - Quattrocento

6.3. Sculpture

La sculpture se développe dans les foyers provinciaux, Paris étant ruinée par la guerre de Cent Ans.

6.3.1. Sluter et son Influence

Pierre Antoine Le Moiturier (1425-1497) : Tombeau de Philippe Pot (1428-1493), grand sénéchal de Bourgogne. Les pleurants, porteurs de la dalle sur laquelle repose l’effigie du chevalier, illustrent, par les blasons qu’ils tiennent, les huit quartiers de noblesse du défunt. Philippe Pot est nommé gouverneur de Bourgogne par Louis XI, après avoir servi Charles le Téméraire, qu’il abandonne pour se rallier au roi. Il fait préparer son monument de son vivant, entre 1477 et 1483 dans l’abbatiale de Cîteaux, au coeur de la Bourgogne. Paris, musée du Louvre.  (Histoire de l’art - Quattrocento
Pierre Antoine Le Moiturier (1425-1497) : Tombeau de Philippe Pot (1428-1493), grand sénéchal de Bourgogne. Les pleurants, porteurs de la dalle sur laquelle repose l'effigie du chevalier, illustrent, par les blasons qu'ils tiennent, les huit quartiers de noblesse du défunt. Philippe Pot est nommé gouverneur de Bourgogne par Louis XI, après avoir servi Charles le Téméraire, qu'il abandonne pour se rallier au roi. Il fait préparer son monument de son vivant, entre 1477 et 1483 dans l'abbatiale de Cîteaux, au coeur de la Bourgogne. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento

L’influence du grand Claus Sluter (1355-1406) s'exerce d'abord à Dijon et en Bourgogne dans l'art funéraire : Tombeau de Jean Sans peur à Dijon par Juan de la Huerta et Antoine le Moiturier (1440-1470); Tombeau de Philippe Pot (1480).

Puis dans la statuaire : Vierge de Saint Jean de Losne et Auxonne, Vierge Bulliot à Autun, Saint Jacques du Louvre. Enfin dans des oeuvres plus discrètes : Tombeau de Jean de Berry à Bourges (1438-1453), tombeau de Charles de Bourbon à Souvigny par J.Morel (1450), vierges à l'enfant et saints d'une grâce déjà profane (Vierge de Marthuret à Riom 1451), vierges et saintes de Châteaudin, Vierge des Célestins en Avignon).

La tendance au pathétique forme des groupes monumentaux des mises au tombeau: Saints sépulcres de l'hôpital de Tonnerre (1454), de Chaumont (1471), de Chaource (1515).

Pierre Antoine Le Moiturier (1425-1497) : Tombeau de Philippe Pot. Détail. Musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Pierre Antoine Le Moiturier (1425-1497) : Tombeau de Philippe Pot. Détail. Musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Pierre Antoine Le Moiturier (1425-1497) et Juan de la Huerta : Tombeau de Jean sans Peur. Antoine le Moiturier, d’origine avignonnaise, s’emploie, de 1466 à 1469, à parfaire, polir et achever les pleurants, ainsi que les architectures d’albâtre. Dijon, musée des Beaux Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Pierre Antoine Le Moiturier (1425-1497) et Juan de la Huerta : Tombeau de Jean sans Peur. Antoine le Moiturier, d'origine avignonnaise, s'emploie, de 1466 à 1469, à parfaire, polir et achever les pleurants, ainsi que les architectures d'albâtre. Dijon, musée des Beaux Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean de Cambrai : tombeau du duc Jean de Berry (1340-1416), duc du Poitou. Marbre, 1416-1438. Bourges. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean de Cambrai : tombeau du duc Jean de Berry (1340-1416), duc du Poitou. Marbre, 1416-1438. Bourges. (Histoire de l’art - Quattrocento
Chaource : le saint sépulcre, 1515ss. Église paroissiale Saint-Jean-Baptiste. (Histoire de l’art - Quattrocento
Chaource : le saint sépulcre, 1515ss. Église paroissiale Saint-Jean-Baptiste. (Histoire de l’art - Quattrocento

6.3.2. L'École de Troyes

Mussy sur Seine (Aube) : la vierge. (Histoire de l’art - Quattrocento
Mussy sur Seine (Aube) : la vierge. (Histoire de l’art - Quattrocento

L’école de Troyes produit d'émouvantes vierges de pitié (Bayel, Mussy sur Seine). La tradition gothique y persiste jusque vers 1530 (sainte Marthe de l'église de la Madeleine, Visitation, Saint Jean du Marché). L'ambiance du gothique flamboyant se manifeste d'ailleurs dans le midi (.Jubé du choeur et clôture à Albi 1502) et dans le nord (Stalles d'Amiens 1522).

6.3.3. L’influence Italienne

Michel Colombe (1430-1512) : tombeau de Fronçois II de Bretagne et de son épouse Marguerite de Foix. 1502-1507 Marbre. Cathédrale de Nantes. (Histoire de l’art - Quattrocento
Michel Colombe (1430-1512) : tombeau de Fronçois II de Bretagne et de son épouse Marguerite de Foix. 1502-1507 Marbre. Cathédrale de Nantes. (Histoire de l’art - Quattrocento

L’influence de l’Italie renaissante pénètre vers 1470-1500 avec les sculpteurs italiens appelés par René d'Anjou (Pietro da Milano) et Charles VII (Guido Mazzoni, 1473-1518) ; elle est sensible dans l'école de la Loire (apaisement des formes, motifs italiens dans le décor) avec le sépulcre de Solesmes (1496), les sculptures de marbre de Michel Colombe (1430-1515) qui réalise le tombeau de François II de Bretagne (Nantes 1502).

Jean de Chartres (Jean Guilhomet) : sculptures du château des ducs de Bourbon à Chantelle (Allier). Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean de Chartres (Jean Guilhomet) : sculptures du château des ducs de Bourbon à Chantelle (Allier). Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento

Cependant le sculpteur des statues du château de Chantelle, Jean de Chartres reste fidèle à l'esprit médiéval.

6.4. Peinture

La situation politique marquée par l’émergence de la Bourgogne entraîne un déplacement des centres d'art. La production est plus abondante après 1550.

6.4.1. Les ateliers du nord

Amiens et Valenciennes, Dijon et Bourges sont tributaires de la peinture flamande : Simon Marmion (1420-1489) créé le retable de Saint Bertin en 1459. L'école flamande rayonne jusqu'à la Provence. Plus tard, Jean Bellegambe ( 1534) fera le polyptyque de la Trinité de Douai (1515).

Simon Marmion (1420-1489) : Vierge et Christ de douleur. 1480-1490. Huile sur bois, 44 x 30,5 cm. Bruges, Groeninge Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Simon Marmion (1420-1489) : Vierge et Christ de douleur. 1480-1490. Huile sur bois, 44 x 30,5 cm. Bruges, Groeninge Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean Bellegambe (1470-1535) : l’annonciation. 1516-1517. Huile sur bois, 109 x 80 cm (panneau central), 103 x 33 cm (panneau latéral). Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean Bellegambe (1470-1535) : l’annonciation. 1516-1517. Huile sur bois, 109 x 80 cm (panneau central), 103 x 33 cm (panneau latéral). Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage. (Histoire de l’art - Quattrocento

6.4.2. L'école provençale

Enguerrand Charonton (ou Quarton, 1410-1461) : le couronnement de la Vierge. 1453, huile sur panneau, 183 x 220 cm. Hospice de Villeneuve-les-Avignon. (Histoire de l’art - Quattrocento
Enguerrand Charonton (ou Quarton, 1410-1461) : le couronnement de la Vierge. 1453, huile sur panneau, 183 x 220 cm. Hospice de Villeneuve-les-Avignon. (Histoire de l’art - Quattrocento

La Provence se réclame à la fois des traditions septentrionale et méditerranéenne : le Maître de l'Annonciation d'Aix (1445, Guillaume Dombert ?), Enguerrand Charonton (1410-1461 ; Couronnement de la Vierge 1453, Villeneuve), le Maître de la Piéta de Villeneuve les Avignon (avant 1457), Nicolas Froment (1435-1490 ; Peintre du roi René), le maître de Saint Sébastien, Louis Bréa (1450-1523) sont les grands représentants de l'école.

Enguerrand Charonton (ou Quarton, 1410-1461) : pietà de Villeneuve-lès-Avignon. Vers 1460. Tempera sur bois, 162 x 218 cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Enguerrand Charonton (ou Quarton, 1410-1461) : pietà de Villeneuve-lès-Avignon. Vers 1460. Tempera sur bois, 162 x 218 cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Nicolas Froment (1435-1486) : le diptyque Matheron. 1474, huile sur bois. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Nicolas Froment (1435-1486) : le diptyque Matheron. 1474, huile sur bois. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Louis Bréa (1450-1523) : Vierge au Rosaire, retable de l’église de Biot. Vers 1505. (Histoire de l’art - Quattrocento
Louis Bréa (1450-1523) : Vierge au Rosaire, retable de l’église de Biot. Vers 1505. (Histoire de l’art - Quattrocento

6.4.3. L'école de Tours

Jean Fouquet (1420-1480) : Pieta. 1445, panneau, 146 x 237 cm. Eglise paroissiale de Nouans-le-Fontaines. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean Fouquet (1420-1480) : Pieta. 1445, panneau, 146 x 237 cm. Eglise paroissiale de Nouans-le-Fontaines. (Histoire de l’art - Quattrocento

Elle connaît deux grands miniaturistes qui donnent au réalisme français un cachet de poésie et de distinction : Le Maître du Roi René (Livre du Cuer d'amour épris 1465) d'Angers et Jean Fouquet de Tours (1420-1480 ?) : Fouquet est formé à Paris et séjourne à Rome. Puis il travaille pour Charles VII.

Les chefs d'oeuvre de ce peintre - portraitiste religieux sont nombreux : Charles VII (avant 1445), Vierge et Enfant avec les Anges (Agnès Sorel ? 1450), Saint Etienne et Estienne Chevalier (1460), Jouvenal des Ursins, Miniature des Heures d'Etienne Chevalier, miniatures du Boccace (1470) et des Antiquités Juives.

A l'école de Tours se rattachent des peintres incarnant l'art de cour qui refleurit sous Charles VIII et Louis XII : Jean Bourdichon (1457-1521), le maître de Moulins (Triptyque de la Cathédrale de Moulins 1499) et le Maître de Saint Gilles ( 1500, Paris).

Jean Fouquet (1420-1480) : vierge et enfant entourée d’anges. Vers 1450. Bopis peint, 93 x 85 cm. Anvers, musée royal des Beaux arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean Fouquet (1420-1480) : vierge et enfant entourée d’anges. Vers 1450. Bopis peint, 93 x 85 cm. Anvers, musée royal des Beaux arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean Fouquet (1420-1480) : Portrait de Guillaume Jouvenel des Ursins. Vers 1455. Bois, 92 x 74 cm. Paris, Musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean Fouquet (1420-1480) : Portrait de Guillaume Jouvenel des Ursins. Vers 1455. Bois, 92 x 74 cm. Paris, Musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean Bourdichon (1457-1521) : l’homme riche. 1500-1510. Miniature. Paris, École Nationale Supérieur des Beaux-Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean Bourdichon (1457-1521) : l’homme riche. 1500-1510. Miniature. Paris, École Nationale Supérieur des Beaux-Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Maître de Saint Gilles : la vierge et l’enfant. Entre 1490 et 1520. Bois, 15 cm x 23 cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Maître de Saint Gilles : la vierge et l’enfant. Entre 1490 et 1520. Bois, 15 cm x 23 cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean Hey (Maître de Moulins ? actif entre 1480 et 1500) : Suzanne (1491-1521), fille de la dame de Beaujeu, duchesse de Bourbon. Entre 1492 et 1493. Panneau, 16 cm x 27 cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean Hey (Maître de Moulins ? actif entre 1480 et 1500) : Suzanne (1491-1521), fille de la dame de Beaujeu, duchesse de Bourbon. Entre 1492 et 1493. Panneau, 16 cm x 27 cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean Hey (Maître de Moulins ? actif entre 1480 et 1500) : le triptyque de Moulins. 1498-1499. Panneau de bois, 157 x 283 cm. Moulins, cathédrale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jean Hey (Maître de Moulins ? actif entre 1480 et 1500) : le triptyque de Moulins. 1498-1499. Panneau de bois, 157 x 283 cm. Moulins, cathédrale. (Histoire de l’art - Quattrocento

6.5. Vitrail

Les créations importantes sont la Verrière de l'Annonciation de la Chapelle de Jacques Coeur à Bourges (1450), les vitraux de la Sainte Chapelle à Riom, de la Cathédrale de Moulins, de Saint Ouen de Rouen (1495). Le style est voisin de celui de la peinture.

6.6. Gravure et médailles

Les premiers incunables typographiques apparaissent vers 1460 (Paris et Lyon) : danse macabre de Guyot Marchand (1485), Calendrier des Bergiers (1491)... Graveurs sur bois sont Antoine Vérard puis Simon Vostre (Livre d'heures). On édite à Lyon les Comédies de Térence (1493).

L'art de la médaille est introduit par les Italiens (Pietro da Milano) : Lyonnais et Tourangeaux s'y spécialisent sous Charles VIII et Louis XII (effigies royales).

Guyot Marchant : La Danse macabre du cimetière des Innocents. Paris, 1486. folio a III: Un pape et un empereur. (Histoire de l’art - Quattrocento
Guyot Marchant : La Danse macabre du cimetière des Innocents. Paris, 1486. folio a III: Un pape et un empereur. (Histoire de l’art - Quattrocento
Simon Vostre : adoration des bergers et adoration des mages. Page d’un Livre d’Heures imprimé par Philippe Pigouchet. Vers 1515. Gravure. Paris Bibliothèque Nationale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Simon Vostre : adoration des bergers et adoration des mages. Page d’un Livre d’Heures imprimé par Philippe Pigouchet. Vers 1515. Gravure. Paris Bibliothèque Nationale. (Histoire de l’art - Quattrocento

6.7. Objets d’art

6.7.1. Orfèvrerie

Elle produit de beaux bustes - reliquaires d'argent et de bronze (Chef de Sainte Fortunade en Corrèze, de Saint Mayeul à Souvigny). A Paris et en Bourgogne sont frappées de luxueuses pièces d'or émaillé et gemmé (trésor des ducs et de la Toison d'or à Vienne). Après 1450 les ateliers parisiens sont très actifs : reliquaires de la Sainte Epine, de la Résurrection (1460), Nef de Ste Ursule dans la cathédrale de Reims (1500), monstrance de l'ordre du St Esprit (Louvre). Jean Fouquet inaugure la technique du médaillon en émail peint.

6.7.2. Tapisserie

La Dame à la Licorne. Tapisserie laine et soie, fin du XVè° siècle. Paris, musée des Thermes et de l’Hôtel de Cluny. (Histoire de l’art - Quattrocento
La Dame à la Licorne. Tapisserie laine et soie, fin du XVè° siècle. Paris, musée des Thermes et de l'Hôtel de Cluny. (Histoire de l’art - Quattrocento

Jusqu'en 1477 elle se fabrique à Arras et en Bourgogne (Tenture du chancelier Rolin, Trois couronnements de Sens 1480, Vie de la Vierge à Beaune). Vers 1500 des ateliers nomades travaillent dans la vallée de la Loire des tapisseries à fond de fleurettes rouges ou bleues avec scènes de concerts, bergeries, scènes de vie religieuse: La Dame à la Licorne (1537), la tapisserie "Mille fleurs". Près d'Aubusson le décor floral et animal "mille fleurs" est très répandu.

7. Italie : la Quattrocento

7.1. Histoire

7.1.1. Politique

Piero del Pollaiuolo (1441-1496) : portrait de Gian Galeazzo Maria Sforza. 1471, tempera sur panneau de bois, 65 x 42 cm. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Piero del Pollaiuolo (1441-1496) : portrait de Gian Galeazzo Maria Sforza. 1471, tempera sur panneau de bois, 65 x 42 cm. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento

L’Italie du XVè est tributaire des bouleversements politiques qui secouent le pays depuis les XIè et mènent le pays au morcellement et à l’autonomie croissante des villes italiennes du centre nord tant à l'égard de l'Empire au nord, de la papauté au centre et des invasions arabes au sud. La lutte entre l'Empire et l'Église entraîna au XIIIè siècle la division des nobles et des cités dans les deux camps des Guelfes et des Gibelins. La situation se pacifie peu à peu et à l’aube du XIVè, avec la paix progressivement revenue, on assiste au début d'une nouvelle ère de prospérité économique et culturelle, qui durera jusqu'au XVIe siècle et mènera au grand développement intellectuel et artistique de la Renaissance. L'essor économique s'affirme avec les banques.

Carte de l’Italie de la première Renaissance, après le traité de Lodi en 1454, qui marque le début d’un fragile équilibre entre princes, républiques, villes et états pontificaux…. (Histoire de l’art - Quattrocento
Carte de l’Italie de la première Renaissance, après le traité de Lodi en 1454, qui marque le début d’un fragile équilibre entre princes, républiques, villes et états pontificaux…. (Histoire de l’art - Quattrocento
Antonio Pisanello (1395-1455) : portrait de Leonello d’Este. 1441 Tempera sur bois, 28 x 19 cm. Bergame, Accademia Carrara. (Histoire de l’art - Quattrocento
Antonio Pisanello (1395-1455) : portrait de Leonello d’Este. 1441 Tempera sur bois, 28 x 19 cm. Bergame, Accademia Carrara. (Histoire de l’art - Quattrocento

Politiquement, au XVè, la situation est marquée par le développement de la puissance des grandes familles nobles et seigneuriales comme les Visconti et les Sforza à Milan, les Gonzague à Mantoue, les Este à Ferrare, les Médicis à Florence, les Savoie… mais aussi à l’émergence de gouvernements républicains, comme à Venise, Gênes et Florence (cette dernière avant l'avènement des Médicis). Six grands états dominent la péninsule : La républiques de Venise, la république de Florence (Médicis), le duchés de Milan (Sforza), le duché de Ferrare, le duché de Savoie et au sud le royaume de Naples. Moins importantes, de petites principautés exercent cependant une influence artistique certaine, comme Mantoue, Urbain ou Rimini.

En 1442 les Aragon d’Espagne évincent les Anjou d'Italie du Sud et de la Sicile. L'age d'or de Florence débute avec Laurent le Magnifique (1449 - 1492). A partir de 1494 les Français commencent à mener de nombreuses campagnes militaires en Italie, qui ne freineront que peu la magnifique vitalité culturelle et artistique du pays.

7.1.2. Florence

Florence : vue générale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Florence : vue générale. (Histoire de l’art - Quattrocento

Simple bourgade jusqu’au XIIè siècle, Florence prend son essor grâce à de riches familles de marchands et d’artisans groupées au sein du « popolo », par opposition aux coteries de la noblesse. Partagée en deux camps par le conflit entre Guelfes et Gibelins, la ville voit le pouvoir échapper aux nobles au profit de la bourgeoisie marchande. La commune se développe et la paix de Constance, octroyée par l'empereur Frédéric I Hohenstaufen en 1183 voit la ville acquérir son autonomie.

Du XIIe au XIVe siècle, Florence connaît de profonds bouleversements politiques et sociaux avec l'essor des popolo, et le conflit entre les Guelfes et Gibelins qui partage l'Italie et Florence en deux. Ces deux processus accompagnent le développement de la commune qui comme dans les autres villes de l'Italie septentrionale, désigne l'émergence de gouvernements autonomes. Les communes italiennes y acquièrent des droits souverains qui en font de véritables cités - États. Fin XIIIè les corporations de marchands l’emportent définitivement et interdisent aux nobles l'accès aux charges et limitent la taille des tours qu'ils avaient érigées.

7.1.3. Les Médicis

7.1.3.1. Origine

Agnolo Bronzino (1503-1572) : Giovanni di Bicci. Galerie des Offices, Florence (Histoire de l’art - Quattrocento
Agnolo Bronzino (1503-1572) : Giovanni di Bicci. Galerie des Offices, Florence (Histoire de l’art - Quattrocento

Au début du XIVe siècle, Florence passe sous un régime de seigneurie personnelle : Charles de Calabre la gouverne en 1323, à qui succède le duc d'Athènes en 1343. Mais au milieu du siècle, la ville connaît une véritable crise, marquée par une insurrection populaire contre le seigneur, duc d'Athènes, la faillite des grands banquiers Peruzzi en 1343, la grande peste en 1348 qui tue la moitié de la population de la ville. Puis ce sont diverses factions qui se disputent le pouvoir jusqu’en 1434, année où les Médicis deviennent maîtres de Florence.

Originaires du Mugello, à 30km au nord de Florence, les Médicis émigrent à Florence au cours du XIIIè pour profiter de l'expansion économique que connaît la République des fleurs. Ils s’y adonnent au change et à la banque. Chiarissimo de Medici est le plus vieil ancêtre connu de la famille. En 1397, Giovanni di Bicci fonde la banque des Médicis, l'une des plus importantes d'Europe à son époque, et diversifie ses activités en créant deux ateliers de laine à Florence, alors l'industrie dominante de la ville. Il devient rapidement le second citoyen le plus riche de la République.

7.1.3.2. Cosme l’Ancien

Jacopo Pontormo (1494-1557) : Cosme de Médicis. Vers 1520. Huile sur bois, 85 x 65cm. Florence, Galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jacopo Pontormo (1494-1557) : Cosme de Médicis. Vers 1520. Huile sur bois, 85 x 65cm. Florence, Galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento

Son fils Cosimo il Vecchio (1389-1464) ou Cosme l'Ancien défait en 1434, après son retour d’exil, la puissance du parti des Albizzi et, tout en maintenant les apparences démocratiques des institutions florentines, contrôle totalement la vie politique de Florence. Adepte du clientélisme, il a le soutien des masses populaires et place dans les organes républicains des hommes loyaux et redevables dont aucun n’oserait agir à l'encontre de ses désirs. Grâce à cela, il peut mener la banque familiale à son sommet, devenant un des hommes les plus riches d’Occident, banquier des Papes et des Rois, magnat des produits de luxe et industriel de la laine et de la soie. Ainsi il peut investir des sommes considérables au service de l’art : architecture, sculpture, peinture, collection de pierres précieuses et d'objets d'orfèvrerie, recherche de manuscrits anciens, création de la « bibliothèque laurentienne », première bibliothèque publique d'Europe. Il est à l'origine du trésor des Médicis que chacun de ses successeurs enrichira.

A sa mort en 1464, son fils aîné Piero lui succède. Bien que malade, il parvient à éliminer toute opposition en déjouant un complot, et à s’attirer l’amitié de Louis XI. Malgré des difficultés financières, il réussit à accroître l’emprise de la famille sur la ville. A sa mort en 1469, son fils Laurent, 20 ans, n’a aucun mal à lui succéder.

7.1.3.3. Laurent le Magnifique

Giorgio Vasari (1511-1574) : portrait de Laurent le Magnifique. Huile sur bois, 90 x 72 cm. Florence, Galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Giorgio Vasari (1511-1574) : portrait de Laurent le Magnifique. Huile sur bois, 90 x 72 cm. Florence, Galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento

Sous le gouvernement de Laurent « le Magnifique » (1469-1492) Florence connaît son apogée. La République conserve ses institutions démocratiques mais totalement vidées de leur contenu et de leur sens. C’est Laurent qui gouverne, sans toutefois se comporter en despote. Il fait de la ville, foyer intellectuel et artistique de premier plan, une puissance politique majeure dont le principe premier est basé sur le principe d’équilibre entre les États italiens pour assurer le maintien de la paix et le développement du commerce et des affaires. Il se heurte cependant à l’ambition du pape Sixte IV qui souhaite élargir l'État pontifical, notamment en Toscane. Le pontife est au cœur de la conjuration des banquiers Pazzi en avril 1478, au cours de laquelle son frère Julien est tué et lui-même blessé. Suite à la répression sanglante, Florence se trouve en guerre contre l’état pontifical auquel s’est allié le royaume de Naples. Il lui faut un art consommé de la diplomatie pour éviter le pire et en 1480, il parvient à signer la paix avec le roi de Naples, ce qui fait croître sa popularité et dont il profite pour affermir son pouvoir. Il encourage les arts et les lettres mais, peu enclin aux affaires comme son grand père, il laisse décliner la banque familiale, préférant les arts et la poésie à laquelle il se consacre avec talent. Sa mort prématurée en 1492 marque la fin de la première phase de l'histoire de la famille des Médicis et le la première phase de la Renaissance italienne.

7.1.3.4. La fin des premiers Médicis

Fra Bartolomeo (1473-1517) : Jérôme Savonarole. Vers 1498, 47 x 31 cm. Florence, Musée saint Marc. (Histoire de l’art - Quattrocento
Fra Bartolomeo (1473-1517) : Jérôme Savonarole. Vers 1498, 47 x 31 cm. Florence, Musée saint Marc. (Histoire de l’art - Quattrocento

Fils de Laurent, Pietro rompt avec la tradition familiale et gouverne en despote imbu et méprisant. La descente du roi de France Charles VIII en Italie en1494 cause sa chute : incapable de faire face à le situation, il est chassé de la ville avec sa famille par les Florentins. Jusqu'en 1511 la ville des fleurs recouvre ses institutions démocratiques d'abord sous la « démocratie mystique » du dominicain Savonarole, qui finira sur le bûcher en 1498, puis sous Soderini, élu gonfalonier à vie en 1502. Les dissensions internent ruinent la république, et en 1511 les Médicis se retrouvent au pouvoir. Ils s’y comporteront comme des monarques, considérant la ville comme leur bien personnel.

7.2. Culture

Vittore Carpaccio (1472-1526) : Saint Augustin sous les traits du cardinal Bessarion. Détail de la « vision de saint Augustin ». Vers 1502, tempera sur toile, 141 x 210 cm. Cycle de la Scuola di San Giorgio degli Schiavoni, Venise. (Histoire de l’art - Quattrocento
Vittore Carpaccio (1472-1526) : Saint Augustin sous les traits du cardinal Bessarion. Détail de la « vision de saint Augustin ». Vers 1502, tempera sur toile, 141 x 210 cm. Cycle de la Scuola di San Giorgio degli Schiavoni, Venise. (Histoire de l’art - Quattrocento

Des conciles se tiennent à Ferrare (1430) puis à Florence (1439). De grands prédicateurs entraînent les âmes comme Bernardin de Sienne (mort en 1444) ou Jérôme Savonarole qui finit sur le bûcher en 1498.

L'humanisme est alimenté par la découverte de la culture antique, la quête des textes anciens (Le Pogge), les fouilles archéologiques (Cyriaque d'Ancône), les collections d'antiques (Les Papes, les Médicis). Les grands foyers de cet humanisme sont Florence (L.Bruni, N. Niccoli, Les Médicis et leur Académie Platonicienne illustrée par Marsile Fiçin, Pic de la Mirandole, C. Landini), Rome (Nicolas V, Pie II, Sixte VI et leur bibliothèque Vaticane, Pomponius Laetius et son académie d'études antiques), Naples (B. Fazio, L. Valla), Ferrare (Guarino de Vérone), Venise (Bibliothèque de St Marc avec le cardinal Bessarion, F. Barbaro, Alde Manuce et son Academia della Fama), Padoue (Pomponazzi et l'Alexandrinisme).

L'imprimerie apparaît à Subiaco (1465), Rome, Venise, Milan, Florence (1471). Sur les Lettres excellent Poètes (Laurent de Médicis et ses « Canzoni »), politiciens (Luigi Pulci, Mattéo Maria Boiardo), prosateurs, savants (Barbieri, Fr. Colonna), théoriciens d'art (Leo Alberti, Lorenzo Ghiberti, Piero Della Francesea).

Les grands mécènes surgissent partout : A Florence, ce sont au premier chef la Médicis (Cosme l'Ancien 1389-1464, Laurent le Magnifique 1448-1492, son frère Julien), mais aussi les Strozzi, Pitti, Tornobuoni, Sassetti. A Rome, ce sont principalement les Papes (Martin V, Pie II, Sixte IV, Alexandre VI Borgia 1492-1503) ; à Milan les Visconti (Filippo Maria, 1412-47), les Sforza (Francesco 1450-1466), Ludovic le More (1451-1508) ; à Rimini, Sigismond Malatesta (1417-1468) ; à Naples, Alphonse V d'Aragon et Ferdinand I d'Aragon ; à Ferrare, les Este (Lionello, Borso, Ercole I) ; à Mantoue, les Gonzague (Louis III, Jean François III) ; à Urbino les Montefeltre ; à Venise, les Grimani, Foscari, Trevisiani, Vendramin, Mocenigo...

Piero Della Francesca (1416-1492) : Portrait de Sigismond Pandolfo Malatesta. 1451. Huile et tempera sur panneau de bois, 44 x 34 cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Piero Della Francesca (1416-1492) : Portrait de Sigismond Pandolfo Malatesta. 1451. Huile et tempera sur panneau de bois, 44 x 34 cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Piero Della Francesca (1416-1492) : Portrait de Federico da Montefeltro. 1465-1466. Huile sur bois, 47 x 33 cm. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Piero Della Francesca (1416-1492) : Portrait de Federico da Montefeltro. 1465-1466. Huile sur bois, 47 x 33 cm. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.3. Architecture

7.3.1. Caractères généraux

7.3.1.1. Les théoriciens

L’esprit gothique est abandonné au profit de la recherche de l'eurythmie de l’édifice, comparé à un microcosme, à un corps humain où « toutes les proportions sont reliées par un thème de correspondance générale et par des rythmes récurrents combinés avec l'étude des corps platoniciens ». Les grands théoriciens sont Serlio, Labacco, Vignola...

7.3.1.2. Caractères architecturaux

Murs en brique avec placages de marbre, décors de pierres appareillées, bossages... On utilise couramment berceaux et coupoles; les ordres empruntés à l'Antiquité entrent dans la composition des façades et dans le décor intérieur. Colonnes et pilastres engagés sont remis en honneur. Les façades des palais sont surmontées d'une corniche à frises; les escaliers prennent tout leur développement intérieur. Enfin, fresques ou peintures parent églises et palais, soulignées par les cadres de marbre ou de stuc.

7.3.2. Florence

Les travaux du Duomo de Florence symbolisent l'avènement du style nouveau. De grands noms y travaillent, marquant le siècle:

7.3.2.1. Filippo Brunelleschi (1377-1446)

Filippo Brunelleschi (1377-1446) : la Vieille Sacristie de San Lorenzo. 1418-1428. Florence, église san Lorenzo. (Histoire de l’art - Quattrocento
Filippo Brunelleschi (1377-1446) : la Vieille Sacristie de San Lorenzo. 1418-1428. Florence, église san Lorenzo. (Histoire de l’art - Quattrocento

Filippo di Ser Brunellesco, dit Brunelleschi, naît en 1377 à Florence, où son père est notaire. Apprenti orfèvre, il s’intéresse un temps à l’horlogerie et en 1400, réalises ses premières statuettes. En 1401 il prend part au concours de la porte du baptistère de Florence. Il le remporte, ex aequo avec Lorenzo Ghiberti. Mais il ne veut pas collaborer avec Ghiberti et abandonne le projet. Maître orfèvre en 1404 il délaisse la sculpture pour se consacrer à l’architecture, et en 1418, il présente un projet en réponse au concours lancé pour couvrir la cathédrale de Florence d’une coupole ; d’abord refusé, il construit à San Jacopo Sopr’Arno une chapelle couverte par une coupole bâtie sans cintre et finit par obtenir gain de cause. Il lance le chantier de Santa Maria del Fiore en 1420 avec Ghiberti qu’il réussit à évincer en 1425. En même temps il construit un orphelinat pour l’hôpital des Innocents où il utilise pour la première fois le jeu des couleurs des pierres (pietra serena). La coupole de santa Maria del Fiore est un des chefs d’oeuvre les plus représentatifs de la Renaissance italienne

En 1421, Brunelleschi entreprend pour l’église San Lorenzo la construction d’une chapelle nobiliaire, appelée « Vieille Sacristie » après la construction par Michel-Ange de la Nouvelle Sacristie en 1521. C’est le premier édifice de la Renaissance à plan central : un cube surmonté d’une coupole hémisphérique, dont les voûtains reposent sur des pendentifs. En 1425 il entreprend la reconstruction de l’église San Lorenzo elle-même (plan basilical à trois nefs), qui ne sera achevée qu’en 1470 (ce qui rend le projet initial difficilement lisible) ; En 1430 il construit la chapelle des Pazzi à Santa Croce et en 1436 il débute la construction de l’église San Spirito… Santa Maria degli Angeli, commencée en 1434 ne sera pas achevée car Brunelleschi meurt en 1437. Mais son plan central influencera Bramante et Michel-Ange.

Sur ses dessins, Luca Francelli et Ammanati (1511-1592) exécutent le plus grand des palais de Florence, le palais Pitti.

Filippo Brunelleschi (1377-1446) : la coupole du Dôme de Florence. 1420-1436. (Histoire de l’art - Quattrocento
Filippo Brunelleschi (1377-1446) : la coupole du Dôme de Florence. 1420-1436. (Histoire de l’art - Quattrocento
Filippo Brunelleschi (1377-1446) : l’église San Spirito. 1426ss. (Histoire de l’art - Quattrocento
Filippo Brunelleschi (1377-1446) : l’église San Spirito. 1426ss. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.3.2.2. Michelozzi Di Bartolomeo (1396-1472)

Architecte et sculpteur italien. Elève de Ghiberti et collaborateur de Donatello, s’inspirant de Brunelleschi, Michelozzo parvient à concilier dans ses œuvres le gothique sobre florentin et les nouvelles tendances classiques, inspirées de l'Antiquité. Ses œuvres majeures sont le cloître et la bibliothèque du couvent Saint-Marc (1436-1444) et le palais Médici-Riccardi (1444-1459), type de palais florentin qui servira de modèle aux architectes tout au long du siècle. Les villas Médicis de Trebbio (1427-1433.), de Cafaggiolo (1450) et de Careggi (1435-1440) réinterprètent dans le sytl renaissance le château médiéval.

Michelozzi Di Bartolomeo (1396-1472) : le cloître du couvent saint Marc de Florence. 1430ss . (Histoire de l’art - Quattrocento
Michelozzi Di Bartolomeo (1396-1472) : le cloître du couvent saint Marc de Florence. 1430ss . (Histoire de l’art - Quattrocento
Michelozzi Di Bartolomeo (1396-1472) : palazzo Médicis Riccardi, Florence. 1444. (Histoire de l’art - Quattrocento
Michelozzi Di Bartolomeo (1396-1472) : palazzo Médicis Riccardi, Florence. 1444. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.3.2.3. Leo Battista Alberti (1404-1477)

Leo Battista Alberti (1404-1477) : façade de l’église san Francesco à Rimini, rebaptisé « temple des Malatesta ». 1450. (Histoire de l’art - Quattrocento
Leo Battista Alberti (1404-1477) : façade de l’église san Francesco à Rimini, rebaptisé « temple des Malatesta ». 1450. (Histoire de l’art - Quattrocento

Alberti est avant tout un théoricien qui s'appuie sur Vitruve. Ses plans sont réalisés par B. Rossalino (1409-1482) au palais Rucellai (1446-1451), par Matteo De'Pasti au temple des Malatesta à Rimini et par Agostino di Duccio (1418-1481) dans la façade de l'Oratoire de San Bernardino à Pérouse.

7.3.2.4. Gamberelli da Settignamo, dit Rosselino

Bernardo di Matteo Gamberelli Settignano (Bernardo Rossellino, 14091464) : le palazzo Venezia de Rome. (Histoire de l’art - Quattrocento
Bernardo di Matteo Gamberelli Settignano (Bernardo Rossellino, 14091464) : le palazzo Venezia de Rome. (Histoire de l’art - Quattrocento

C’est l'architecte du Palazzo Venezia à Rome (1455) et de la Plazza de Pienza.

7.3.2.5. Les frères Benedetto et Giuliano da Maiano

Ils travaillent à Naples (Porta Capuana) et à la collégiale de San Gimignano. Benedetto réalise avec Cronaca le célèbre Palais de Strozzi à Florence (1489ss).

Benedetto et Giuliano da Maiano : le palais Strozzi de Florence. 1489ss. (Histoire de l’art - Quattrocento
Benedetto et Giuliano da Maiano : le palais Strozzi de Florence. 1489ss. (Histoire de l’art - Quattrocento
Benedetto et Giuliano da Maiano : le palais Strozzi de Florence : la cour intérieure. 1489ss. (Histoire de l’art - Quattrocento
Benedetto et Giuliano da Maiano : le palais Strozzi de Florence : la cour intérieure. 1489ss. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.3.2.6. Les Sangallo

Le XVè siècle florentin s’achève avec les frères Sangallo : Giuliano Giamberti (1445-1516) construit le Borgo San Sepulcro, le Poggio Imperiale, la façade de la Madona dei Carceri de Prato. Antonio (1455-1515) travaille à San Biagio de Montepulciano.

Antonio Sangallo : (1455-1534) : l’église San Biagio de Montepulciano (1516-1518) (Histoire de l’art - Quattrocento
Antonio Sangallo : (1455-1534) : l’église San Biagio de Montepulciano (1516-1518) (Histoire de l’art - Quattrocento
Giuliano Giamberti Sangallo (1445-1516) : église Santa Madona dei Carceri, Prato (20km au nord de Florence). 1485ss. (Histoire de l’art - Quattrocento
Giuliano Giamberti Sangallo (1445-1516) : église Santa Madona dei Carceri, Prato (20km au nord de Florence). 1485ss. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.3.3. Venise

Venise garde une forte tradition gothique qu’elle teinte, grâce à une lumière et d'un espace tout à fait singuliers de son originalité propre. Aussi la renaissance n’y entre que tardivement et reste plus tributaire qu’ailleurs de la tradition gothico-vénitienne. Remarquables sont les palais, (Ca') dont des façades généralement à trois niveaux (Accueil, réception et habitation) s’ouvrent largement sur les canaux et dont les pièces à l'arrière restent plus ou moins éclairées.

7.3.3.1. La Ca' d'Oro (1421ss)

Venise : le palais de la Ca d’Oro. 1421ss. (Histoire de l’art - Quattrocento
Venise : le palais de la Ca d’Oro. 1421ss. (Histoire de l’art - Quattrocento

La Ca’ d’Oro est le palais vénitien où le gothique triomphe. Les artistes vénitiens y libèrent leur fantaisie et leur sensibilité, notamment dans les arcs des colonnades : en plein cintre au rez-de-chaussée, ils sont tréflés à l'étage de réception et simples à l'étage d'habitation. L'édifice est couronné d'une galerie de pierres sculptées.

7.3.3.2. La Ca' Foscari

Venise : le palais de la Ca Foscari. (Histoire de l’art - Quattrocento
Venise : le palais de la Ca Foscari. (Histoire de l’art - Quattrocento

Ce palais à 4 niveaux comporte une balustrade aux 2° et 3° niveaux. L’architecte et sculpteur Antonio Rizzo, né à Vérone (1430-1500), y introduit une nouvelle approche de la sculpture avec l'arc Foscari (du nom des pripriétaires)) qu'il termine en y adjoignant les deux statues en niches,Eve et Adam..

7.3.3.3. Le Palais des Doges

Venise : le palazzo ducale ou palais des Doges. (Histoire de l’art - Quattrocento
Venise : le palazzo ducale ou palais des Doges. (Histoire de l’art - Quattrocento

Doté de façades gothiques des XIVè et XVè siècles, le palais ducal a fait l’objet de plusieurs agrandissements.Antonio Rizzo, y réalise avec Pietro Lombardo (1450-1515). L’imposant grand escalier, l’"escalier des géants", (à son sommet, de part et d'autre, deux statues de géants). Au palais ducal travaillent encore Bartolomeo ( 1464) et Giovanni ( 1442) Bon.

7.3.3.4. Autres oeuvres

Aidé de ses fils Antonio et Tullio, Pietro Lombardo créé à Santa Maria dei Miracoli des placages de marbre.

Il y a aussi les Palais de Dorio, Vendramin, les façade de San Zaccaria (1483), de Santa Maria Formosa, de la Scuola di San Marco (ParMauro Coducci ; 1485ss).

Venise : le palazzo Vendramin. (Histoire de l’art - Quattrocento
Venise : le palazzo Vendramin. (Histoire de l’art - Quattrocento
Pietro Lombardo : placages de marbre de Santa Maria dei Miracoli à Venise. (Histoire de l’art - Quattrocento
Pietro Lombardo : placages de marbre de Santa Maria dei Miracoli à Venise. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.3.4. Autres centres

7.3.4.1. Urbin

Luciano Laurana (1420-1479) : le palais ducal du duc Frédérico de Montefeltre à Urbino. 1468ss. (Histoire de l’art - Quattrocento
Luciano Laurana (1420-1479) : le palais ducal du duc Frédérico de Montefeltre à Urbino. 1468ss. (Histoire de l’art - Quattrocento

Au célèbre palais ducal d’Urbin travaille Luciano Laurana (1420-1479). Giaccomo Cozzarelli (1455-1515) dessine la coupole de l'Observance à Sienne.

7.3.4.2. Milan

Donato Bramante (1444-1514) ; église Santa Maria delle Grazie, Milan. 1492ss. (Histoire de l’art - Quattrocento
Donato Bramante (1444-1514) ; église Santa Maria delle Grazie, Milan. 1492ss. (Histoire de l’art - Quattrocento

Le gothique y persiste (Duomo), mais les idées nouvelles percent avec Antonio Averlino, dit Filarete, Donato Bramante (1444-1514) qui créé Santa Maria de San Satiro et Santa Maria delle Grazie ainsi que Giovanni Battagio qui créé l'église de l'Incoronata de Lodi.

7.3.4.3. Bologne et Ferrare

A Bologne, le Palais de Bevilacqua et à Ferrare, les palais de Schifanoia (1391ss) et des Diamants comptent parmi les plus beaux de la Renaissance.

Bologne : le palais Bevilacqua. (Histoire de l’art - Quattrocento
Bologne : le palais Bevilacqua. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ferrare : vue extérieure du palais des Diamants. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ferrare : vue extérieure du palais des Diamants. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ferrare : le palais des Diamants. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ferrare : le palais des Diamants. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.3.4.4. Naples et Sicile

Matteo Carnelivari (1449-1506) : l’église Santa Maria della Catena de Palerme. (Histoire de l’art - Quattrocento
Matteo Carnelivari (1449-1506) : l’église Santa Maria della Catena de Palerme. (Histoire de l’art - Quattrocento

L'influence gothique et arabe (Palais du duc Saint Etienne, Taormina) côtoie en Sicile l’architecture classique avec Matteo Carnelivari (1449-1506) qui réalisa son chef d’œuvre à Palerme, Santa Maria della Catena et travaille au palazzo Abatelli de la même ville..

7.3.4.5. Vérone

Fra Giocondo (1435-1515) est un des plus grands architectes du siècle : il créé à Vérone le Palais du Conseil.

Fra Giovanni Giocondo (1445-1525) : la loggia du conseil (loggia del Consiglio), Vérone (1475-1488). (Histoire de l’art - Quattrocento
Fra Giovanni Giocondo (1445-1525) : la loggia du conseil (loggia del Consiglio), Vérone (1475-1488). (Histoire de l’art - Quattrocento
Vérone : le Palazzo del Consiglio. (Histoire de l’art - Quattrocento
Vérone : le Palazzo del Consiglio. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.4. Sculpture

7.4.1. Florence

La sculpture y joue un rôle de premier plan avec quelques grands artistes et le fameux concours de la deuxième porte du baptistère de Florence (1401), concours qui inaugure un quart de siècle d'une admirable activité, déployée autour de la cathédrale Santa Maria del Fiore: Ghiberti, le gagnant, va y diriger un puissant chantier, où se succéderont maints artistes, bronziers et décorateurs.

7.4.1.1. Donatello (1386-1466)

Donato di Niccolo di Betto Bardi, dit Donatello (1386-1466) : statue équestre du condottiere Gattamelata (1447-1450). Bronze, 340 x 390 cm). Padoue, piazza del Santo. (Histoire de l’art - Quattrocento
Donato di Niccolo di Betto Bardi, dit Donatello (1386-1466) : statue équestre du condottiere Gattamelata (1447-1450). Bronze, 340 x 390 cm). Padoue, piazza del Santo. (Histoire de l’art - Quattrocento

Donato di Niccolo di Betto Bardi est le chef de l'école de Florence. Il est la personnalité la plus forte des sculpteurs du siècle. Son art s'oriente vers un naturalisme expressif et tourmenté. Son inclination à faire de la sculpture le moyen d'une expression de ses tourments personnels l'éloigne cependant de l'esthétique de la Renaissance. Elle fait de lui une préfiguration de Michel-Ange et l'un des premiers artistes modernes. Ses plus grandes œuvres sont : David (1409), Saint Marc (1413) et saint Georges (1416) pour Or San Michele ; Jérémie et Habacuc (« Il Zuccone ») pour le Campanile ; la tombe de Jean XXIII au Baptistère ; David (1430) pour Cosme de Médicis; La Cantoria; Statue équestre de Gattamelata et autel de la Basilique Saint Antoine à Padoue; Marie Madeleine du Baptistère de Florence; Judith de la place de la Seigneurie.

Donatello (1386-1466) : David. 1409. Marbre, 191 cm. Florence, Museo Nazionale del Bargello. (Histoire de l’art - Quattrocento
Donatello (1386-1466) : David. 1409. Marbre, 191 cm. Florence, Museo Nazionale del Bargello. (Histoire de l’art - Quattrocento
Donatello (1386-1466) : David. 1430. Bronze, 158 cm. Florence, Museo Nazionale del Bargello. (Histoire de l’art - Quattrocento
Donatello (1386-1466) : David. 1430. Bronze, 158 cm. Florence, Museo Nazionale del Bargello. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.4.1.2. Lorenzo Ghiberti (1378- 1455)

En 1401, alors qu'il est totalement inconnu, Lorenzo Ghiberti remporte le concours organisé par l'Arte di Calimala pour la réalisation de la seconde porte en bronze du Baptistère du Dôme de Florence, aux dépens de six concurrents, parmi lesquels Filippo Brunelleschi, Niccolo di Piero Lamberti, Jacopo della Quercia et Donatello. Il achève la porte en 1424 puis réalise la porte d'honneur, commencée en 1425 et achevée en 1452. Cette porte se compose de deux séries de cinq panneaux, représentant des scènes bibliques. Michel Ange estimera que ces portes seront dignes « d'ouvrir sur le Paradis ». Le sculpteur utilise la perspective et un relief de moins en moins accentué, pour disposer un grand nombre de personnages sur plusieurs plans. Il réalise encore entre 1417 et 1427, les panneaux des fonts baptismaux du baptistère de Sienne.

Lorenzo Ghiberti (1378-1455) : Le Sacrifice d’Isaac. 1401. Bronze. Florence Museo Nazionale del Bargello. C’est avec cette oeuvre que Ghiberti gagne le fameux concours pour la réalisation de la porte du Baptistère de Florence. (Histoire de l’art - Quattrocento
Lorenzo Ghiberti (1378-1455) : Le Sacrifice d’Isaac. 1401. Bronze. Florence Museo Nazionale del Bargello. C’est avec cette oeuvre que Ghiberti gagne le fameux concours pour la réalisation de la porte du Baptistère de Florence. (Histoire de l’art - Quattrocento
Lorenzo Ghiberti (1378-1455) : la « porte du Paradis » ou porte est du Baptistère de Florence. 1425-1452. Bronze avec dorure, 406 x 287 cm (Histoire de l’art - Quattrocento
Lorenzo Ghiberti (1378-1455) : la « porte du Paradis » ou porte est du Baptistère de Florence. 1425-1452. Bronze avec dorure, 406 x 287 cm (Histoire de l’art - Quattrocento

7.4.1.3. Luca Della Robbia (1400-1482)

Sculpteur et céramiste florentin, Luca Della Robbia est l'auteur de la deuxième Cantoria (1431-1437) et de la porte en bronze de la cathédrale de Florence (1446). Il est le créateur de la sculpture en terre cuite émaillée polychrome. Son neveu Andrea (1435-1525) continuera cette tradition (Hôpital des Innocents).

Luca Della Robbia (1400-1482) : madone à la pomme.1455-1460, terre cuite vernissée, 70 x 52 cm. Florence, Museo Nazionale del Bargello. (Histoire de l’art - Quattrocento
Luca Della Robbia (1400-1482) : madone à la pomme.1455-1460, terre cuite vernissée, 70 x 52 cm. Florence, Museo Nazionale del Bargello. (Histoire de l’art - Quattrocento
Luca Della Robbia (1400-1482) : la tribune de la Cantoria. 1431-1438. Marbre, 328 x 560 cm. Florence, musée de l’œuvre du Dôme. (Histoire de l’art - Quattrocento
Luca Della Robbia (1400-1482) : la tribune de la Cantoria. 1431-1438. Marbre, 328 x 560 cm. Florence, musée de l’œuvre du Dôme. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.4.1.4. Verrocchio (1435-1488)

Artiste florentin figurant parmi les plus grands sculpteurs du début de la Renaissance, Verrocchio dirige l'un des ateliers les plus importants, où il a comme élèves le Pérugin, Botticelli et Leonard de Vinci. Ses sculptures les plus célèbres sont le David (1476) du Bargello et le Condottiere Bartolomeo Colleoni de Venise.

Andrea Verrocchio (1435-1488) : Statue équestre du condottiere Bartolomeo Colleoni de Bergame. 1480ss. Bronze doré, 3m95 de haut avec la base. Venise, Campo di Santi Giovanni e Paolo. (Histoire de l’art - Quattrocento
Andrea Verrocchio (1435-1488) : Statue équestre du condottiere Bartolomeo Colleoni de Bergame. 1480ss. Bronze doré, 3m95 de haut avec la base. Venise, Campo di Santi Giovanni e Paolo. (Histoire de l’art - Quattrocento
Andrea Verrocchio (1435-1488) : David. 1473-1475. Bronze, 1m25. Florence, Museo Nazionale del Bargello. (Histoire de l’art - Quattrocento
Andrea Verrocchio (1435-1488) : David. 1473-1475. Bronze, 1m25. Florence, Museo Nazionale del Bargello. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.4.1.5. Les autres sculpteurs florentins

Nanni di Banco ( 1421) B. et A. Rossellino, Mino da Fisole, Desiderio da Settignano, Benedetto da Maiano sont marbriers et s'inspirent des compositions décoratives classiques. Antonio Pollaiuolo et Bertolo sont bronziers de petite statuaire ou de funéraire (Tombe de Sixte IV et Innocent VIII par Pollaiuolo).

Antonio Pollaiuolo (1431-1498) : Monument funéraire de Sixte IV. 1484-1493. Bronze. Rome, basilique saint Pierre du Vatican. (Histoire de l’art - Quattrocento
Antonio Pollaiuolo (1431-1498) : Monument funéraire de Sixte IV. 1484-1493. Bronze. Rome, basilique saint Pierre du Vatican. (Histoire de l’art - Quattrocento
Desiderio da Settignano (vers 1428-1464) : Portrait de Marietta Strozzi. Vers 1460. Marbre, 52,5 cm. Berlin, Staatliche Museen. (Histoire de l’art - Quattrocento
Desiderio da Settignano (vers 1428-1464) : Portrait de Marietta Strozzi. Vers 1460. Marbre, 52,5 cm. Berlin, Staatliche Museen. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.4.2. Autres centres italiens

7.4.2.1. Sienne

Jacopo Della Quercia (1374-1438) : Tombe d’Ilaria del Carretto. 1406-1413. Marbre ; sarcophage 244 x 88 x 66,5 cm ; effigie 204 x 69 cm. Lucques, cathédrale saint Martin. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jacopo Della Quercia (1374-1438) : Tombe d’Ilaria del Carretto. 1406-1413. Marbre ; sarcophage 244 x 88 x 66,5 cm ; effigie 204 x 69 cm. Lucques, cathédrale saint Martin. (Histoire de l’art - Quattrocento

Seul Jacopo Della Quercia (1374-1438) de Sienne est un grand sculpteur à coté des Florentins : il travaille avec Nanni di Banco et Donatello à la porte de la Mandorle de la cathédrale santa Maria dei Fiore de Florence. Il participe au grand concours de 1401 pour la deuxième porte du baptistère. Ses chefs d’œuvre sont le tombeau d'Illaria Del Carretto de la cathédrale de Lucques et les bas-reliefs de San Petronio à Bologne (1425ss).

7.4.2.2. L’école florentine

L'école florentine étend partout son prestige. Quelques maîtres s'illustrent : A Lucques, Matteo Civitali (1435-1501). A Sienne, L. Vecchietta et F. di Giorgio Martini ; A Naples et Urbin F. Laurana ; A Venise, A. Rizzo ; A Modène et Bari, respectivement Guido Mazzoni et Nicolo da Bari oeuvrent des groupes monumentaux en bois et terre cuite.

Matteo Civitali (1435-1501) : Buste d’un Saint. Terre cuite vernissée, 40 cm. Budapest, musée des Beaux Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Matteo Civitali (1435-1501) : Buste d’un Saint. Terre cuite vernissée, 40 cm. Budapest, musée des Beaux Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Francesco Laurana (1430-1502) : Isabelle d’Aragon. Vers 1490. Marbre Palerme, Museo Nazionale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Francesco Laurana (1430-1502) : Isabelle d’Aragon. Vers 1490. Marbre Palerme, Museo Nazionale. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.4.2.3. La Lombardie

Giovanni Antonio Amodeo (1447-1522) : enfants jouant. 1470-1475, marbre. Bergame, chapelle Colleoni. (Histoire de l’art - Quattrocento
Giovanni Antonio Amodeo (1447-1522) : enfants jouant. 1470-1475, marbre. Bergame, chapelle Colleoni. (Histoire de l’art - Quattrocento

Le style lombard reste hors d’atteinte de Florence avec Giovanni Antonio Amadeo (1447-1522) et B.Briosco (Cloître et façade de la chartreuse de Pavie). Il influence l'Espagne et les pays du nord où la sculpture funéraire s'inspire aussi du Gian Galeazzo Sforza à la chartreuse de Pavie, œuvre de Romano et Briosco.

7.5. La peinture

7.5.1. Florence

C'est encore la peinture de Florence qui est à la tête du mouvement de la renaissance ; à quelques exceptions près, l’école de Florence influence la peinture dans toute l'Italie.

7.5.1.1. Masaccio (1401-1428)

Masolino da Panicale (1400-1447) : la guérison du boiteux et la résurrection de Tabitha par saint Pierre. 1426. Fresque de la chapelle Brancacci. Florence, église Santa Maria del Carmine. (Histoire de l’art - Quattrocento
Masolino da Panicale (1400-1447) : la guérison du boiteux et la résurrection de Tabitha par saint Pierre. 1426. Fresque de la chapelle Brancacci. Florence, église Santa Maria del Carmine. (Histoire de l’art - Quattrocento

Masolino da Panicale (1383-1440) est encore Giottesque et reste fidèle au Gothique international (fresques de la chapelle Brancacci à Santa Maria del Carmine de Florence.

Son élève Masaccio (Tommaso di Giovanni Cassai, 1401-1428), également disciple de Ghiberti le dépasse en génie : Sainte Anne, Madone aux Anges, Crucifixion de Naples, panneaux du Polyptyque de Pise, fresques de la chapelle Brancacci de l'église del Carmine à Florence (1426-1428) en collaboration avec Masolino, crucifixion et donateurs à Santa Maria Novella. Parti à Rome en 1428, il commence les fresques de Saint Clément (Calvaire). Il ouvre la voie à Paolo Ucello (1397-1475) et Andrea del Castagno (1423-1457) avant de mourir à l’âge de 27 ans.

Tommaso Cassai dit Masaccio (1401-1428) : fresques de la chapelle Brancacci, partie gauche. 1426-1482 (Achevées par Filippino Lippi). Florence, église Santa Maria del Carmine. (Histoire de l’art - Quattrocento
Tommaso Cassai dit Masaccio (1401-1428) : fresques de la chapelle Brancacci, partie gauche. 1426-1482 (Achevées par Filippino Lippi). Florence, église Santa Maria del Carmine. (Histoire de l’art - Quattrocento
Masaccio (1401-1428) : l’Adoration des Mages. 1426 Tempera sur panneau de peuplier, 21 x 61 cm. Berlin,  Staatliche Museen. (Histoire de l’art - Quattrocento
Masaccio (1401-1428) : l’Adoration des Mages. 1426 Tempera sur panneau de peuplier, 21 x 61 cm. Berlin, Staatliche Museen. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.5.1.2. Fra Angelico (1387-1455)

Guido di Pietro, dit Fra Angelico (1387-1455) : transfiguration du Christ. 1440-1441. Fresques, 193 x 164 cm. Florence, couvent Saint Marc, étage supérieur. (Histoire de l’art - Quattrocento
Guido di Pietro, dit Fra Angelico (1387-1455) : transfiguration du Christ. 1440-1441. Fresques, 193 x 164 cm. Florence, couvent Saint Marc, étage supérieur. (Histoire de l’art - Quattrocento

Guido di Pietro, en religion Fra Giovanni, dit Fra Angelico, moine dominicain, est en 1448 prieur du couvent San Marco de Florence. Il est actif tant à Florence qu’à Rome et créé de nombreux chefs d’œuvre : la madone des Linaioli (tisseurs de lin), La déploration, la Pala di San Marco, les fresques du Couvent San Marco (avec élèves), l’Annonciation de Cortone, les Couronnements de la Vierge (Offices et Louvre), les fresques de la chapelle Nicolas V du Vatican, les Fresques d’Orvieto (avec Gozzoli).

Fra Angelico prépare les manifestations d'un sens plus vif de la couleur chez Domenico Veneziano ( 1461) et surtout chez Fra Filippo Lippi (1406-1469). Leurs successeurs, Benozzo Gozzoli ( 1495, fresques de chapelle du Palais Médicis de Florence) et Baldovinetti ajoutent charme et fantaisie à la décoration murale que Ghirlandajo (1449-1494), admirateur des Flamands, personnalisera en y introduisant les portraits des patriciens (Santa Trinita, Santa Maria Novella).

Fra Angelico (1387-1455) : l’annonciation. 1430-1432. Tempera sur bois, 194 x 194 cm. Madrid, muse du Prado. (Histoire de l’art - Quattrocento
Fra Angelico (1387-1455) : l’annonciation. 1430-1432. Tempera sur bois, 194 x 194 cm. Madrid, muse du Prado. (Histoire de l’art - Quattrocento
Fra Angelico (1387-1455) : le couronnement de la vierge. Tempera sur panneau, 213 x 211 cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Fra Angelico (1387-1455) : le couronnement de la vierge. Tempera sur panneau, 213 x 211 cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.5.1.3. Sandro Botticelli (1445-1510)

Filippino Lippi (1457-1504) : Adoration des Mages. 1496.Huile sur bois, 258 x 243 cm.  Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Filippino Lippi (1457-1504) : Adoration des Mages. 1496.Huile sur bois, 258 x 243 cm. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento

Le suprême épanouissement de l'école de Florence est marqué par les créations énergiques de Verrochio et des frères Antonio et Piero Pollaiuolo, tous les trois sculpteurs, orfèvres et peintres ; par les créations plus maniéristes de Lorenzo di. Credi, de Filippino Lippi ( 1504), de Piero di Cosimo ( 1521) qui aboutissent à leur sommet avec Sandro Botticelli le peintre de Laurent de Médicis et sectateur de Savonarole.

Alessandro di Mariano Filipepi, dit Sandro Botticelli naît à Florence en 1445. Il entre à l'âge de quinze ans dans l'atelier de Fra Filippo Lippi (14061469), moine et peintre de Florence. Il y travaille avecAntonio Pollaiuolo et Andrea Verrocchio. Il s’initie à la peinture, à l’orfèvrerie, à la gravure et à la ciselure. Il travaille beaucoup avec son frère Antonio, orfèvre avec qui il partage son atelier.

À partir de 1481, Sandro est appelé à Rome par le pape Sixte IV pour décorer la chapelle Sixtine aidé de trois autres grand peintres.

Il réalise trois grandes fresques : « Les épreuves de Moïse », « Les épreuves du Christ » et « Le châtiment de Corê ». Mais la rivalité entre le pape et les Médicis fait que son talent n'est pas reconnu. Il revient à Florence, furieux de l'injustice qui a été faite à ses chefs d'œuvre, et décide de ne plus quitter sa ville natale. Aussitôt rentré, il peint »La naissance de Venus » en 1484, l'une de ses plus belles œuvres. Il réalise de magnifiques portraits, en particuliers féminins. Il est présent à Florence pendant que Savonarole transforme la cité en théocratie (1497) et livre lui-même quelques uns de ses nus féminins au »Bûcher des vanités ».

Sandro Botticelli (1445-1500) : l’adoration des mages. Vers 1475. Tempera sur panneau, 111 x 134 cm. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Sandro Botticelli (1445-1500) : l’adoration des mages. Vers 1475. Tempera sur panneau, 111 x 134 cm. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento

Ses chefs d'œuvres : Naissance de Vénus, Primavera, Pieta de Florence, allégorie de la Force, saint Sébastien, adoration des Mages, saint Augustin, Dante aux enfers, portrait des Médicis…

Sandro Botticelli (1445-1500) : Primavera. Vers 1482. Tempera sur panneau, 203 x 314 cm. Florence, galerie des Offices.  (Histoire de l’art - Quattrocento
Sandro Botticelli (1445-1500) : Primavera. Vers 1482. Tempera sur panneau, 203 x 314 cm. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Sandro Botticelli (1445-1500) : la naissance de Vénus, détail. Vers 1485. Tempera sur toile. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Sandro Botticelli (1445-1500) : la naissance de Vénus, détail. Vers 1485. Tempera sur toile. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Sandro Botticelli (1445-1500) : la Madone du magnificat. 1480-1481. Tempera sur panneau, 118 cm de diamètre. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Sandro Botticelli (1445-1500) : la Madone du magnificat. 1480-1481. Tempera sur panneau, 118 cm de diamètre. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.5.2. Sienne

Stefano di Giovanni dit Sassetta 1394-1450) : Vierge à l’enfant et quatre saints. 1435. tempera sur panneau de bois, 132 x 52 cm. Cortone, Musée Diocésain.  (Histoire de l’art - Quattrocento
Stefano di Giovanni dit Sassetta 1394-1450) : Vierge à l’enfant et quatre saints. 1435. tempera sur panneau de bois, 132 x 52 cm. Cortone, Musée Diocésain. (Histoire de l’art - Quattrocento

L'école Siennoise est plus effacée et prolonge en fait le brillant Trecento, particulièrement avec Sassetta (1392-1450) et Sano di Pietro.

Sassetta (Stefano di Giovanni 1394-1450) prolonge le style gothique. Elève de Paolo di Giovanni Fei, il est reconnu autant à Sienne qu’à Florence. Sa première œuvre connue est le polyptyque de la Corporation des lainiers (1423-1426). Puis il réalise la Madone con bambino, l'incontro di Sant'Antonio e San Paolo, (1440), la Vision de Saint Thomas d'Aquin, (1423), le Saint Thomas et la colombe du Saint Esprit, la Madone de la Neige (1432), Saint François et le grand retable polyptyque à deux faces de Borgo San Sepolcro (1437-1444).

Sano di Pietro, son élève (1401-1480) est le plus célèbre siennois du siècle : retable de saint Cosme et de saint Damien, Annonciation aux bergers, Apparition de la Vierge au pape Calixte III, triptyque de Boston, annonciation, fuite en Egypte…

Giovanni di Paolo (1403-1483, Naissance du Christ, fuite en Egypte), Francesco Il Giorgio Martini (1439-1503) et Neroccio de’Landi (1447-1500) se rallient aux nouvelles tendances.

Sassetta 1394-1450) : la cène. Panneau du retable de l’Eucharistie (Arte della lana ou corporation des lainiers). 1423. Panneau, 24 x 38 cm. Sienne, Pinacoteca Nazionale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Sassetta 1394-1450) : la cène. Panneau du retable de l’Eucharistie (Arte della lana ou corporation des lainiers). 1423. Panneau, 24 x 38 cm. Sienne, Pinacoteca Nazionale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Sano di Pietro (1406-1481) : le triptyque de Boston avec Saint Jérôme et sainte Claire. 1470. Panneau de bois. Boston, museum of Fine Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Sano di Pietro (1406-1481) : le triptyque de Boston avec Saint Jérôme et sainte Claire. 1470. Panneau de bois. Boston, museum of Fine Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Giovanni di Paolo (1399-1482) : Saint Michel Archange. 1440. Tempera et or sur bois, 19 x 8 cm. Vatican, Pinacothèque. (Histoire de l’art - Quattrocento
Giovanni di Paolo (1399-1482) : Saint Michel Archange. 1440. Tempera et or sur bois, 19 x 8 cm. Vatican, Pinacothèque. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.5.3. Italie centrale : Piero Della Francesca

Piero della Francesca (1416-1492) : La Flagellation. Vers 1455. Huile et tempera sur bois, 58.4 x 81.5 cm. Urbino, Galleria Nazionale delle Marche. (Histoire de l’art - Quattrocento
Piero della Francesca (1416-1492) : La Flagellation. Vers 1455. Huile et tempera sur bois, 58.4 x 81.5 cm. Urbino, Galleria Nazionale delle Marche. (Histoire de l’art - Quattrocento

Le virtuose de la composition spatiale est Piero della Francesca (1416-1492), disciple de Masaccio et de D. Veneziano : Piero della Francesca serait né vers 1410-1420 à Sansepolcro, en Toscane. Un document de 1439 le mentionne parmi les assistants de Domenico Veneziano à la décoration du choeur de San Egidio à Florence. En 1445, les Frères de la Miséricorde lui confient la réalisation d'un polyptyque, une Vierge de Miséricorde, pour l'autel de leur confrérie. Vers 1450, il voyage à Ferrare, Venise puis Rimini où il peint le portrait de Sigismond Malatesta (Louvre), ainsi que la fresque de Saint Sigismond. Il peint deux de ses plus belles oeuvres entre 1448 et 1450 : le Baptême du Christ et l’extraordinaire Flagellation. Entre 1452 et 1466 Piero travaille dans l'église San Francesco d'Arezzo aux fresques de la Légende de la Croix. La Madone del Prato et la Résurrection du Christ, commande de cité de San Sepolcro, seraient contemporains, des années 1460-1465. Les portraits du duc d’Urbin Frédéric III de Montefletro et de sa femme Battista Sforza sont réalisés entre 1460 et 1470 (huile sur bois rare chez Piero), sur les volets du diptyque du Triomphe de la Chasteté, les deux profils se font face sur fond d'un paysage idéalisé et en perspective.

Piero della Francesca (1416-1492) : La Résurrection. 1463-1465. Fresque et tempera sur mur, 225 x 200 cm. Borgo Sansepolcro, Pinacoteca Comunale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Piero della Francesca (1416-1492) : La Résurrection. 1463-1465. Fresque et tempera sur mur, 225 x 200 cm. Borgo Sansepolcro, Pinacoteca Comunale. (Histoire de l’art - Quattrocento

De retour à San Sepolcro, Piero consacre les dernières années de sa vie à rédiger ses deux traités théoriques sur la géométrie des corps dans l'espace et sur la perspective. Après le grand Retable de la Brera, probablement peint vers 1470-1475, la Nativité, vers 1480, serait l'un des derniers tableaux peints par Piero della Francesca avant qu'il ne devienne aveugle. Il meurt le 12 octobre 1492.

Della Francesca créé une tradition de peinture murale avec ses élèves Melozzo da Forli (1438-1494) et Luca Signorelli (1450-1523) de Cortone (Dôme d'Orvieto, fresques de la chapelle San Brizio 1499).

Piero della Francesca (1416-1492) : Le polyptique de la Miséricorde. 1445-1462. Huile et tempera sur panneau, 330 cm (base) x 273 cm (hauteur). Borgo Sansepolcro, Pinacoteca Comunale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Piero della Francesca (1416-1492) : Le polyptique de la Miséricorde. 1445-1462. Huile et tempera sur panneau, 330 cm (base) x 273 cm (hauteur). Borgo Sansepolcro, Pinacoteca Comunale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Luca Signorelli (1450-1523) : Les damnés. 1499-1502. Fresque. Chapelle saint Brice, dome d’Orvieto. (Histoire de l’art - Quattrocento
Luca Signorelli (1450-1523) : Les damnés. 1499-1502. Fresque. Chapelle saint Brice, dome d’Orvieto. (Histoire de l’art - Quattrocento
Melozzo da Forli (1438-1494) : Ange musicien. 1480. Fresque. Vatican, pinacothèque. Originellement dans l’abside des saints Apôtres de Rome. (Histoire de l’art - Quattrocento
Melozzo da Forli (1438-1494) : Ange musicien. 1480. Fresque. Vatican, pinacothèque. Originellement dans l’abside des saints Apôtres de Rome. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.5.4. Ombrie, Naples et la Sicile

Les Ombriens Le Perugin (1445-1523) et Pinturicchio cèdent parfois à la facilité.

A Naples et en Sicile se brassent les courants les plus divers : Colantonio et Antonello de Messine (1430-1479) sont adeptes de la manière flamande.

Pietro Vanucci dit Le Perugin (1450-1523) : La Circoncision du fils de Moïse (détail). Vers 1482, fresque. Vatican, chapelle Sixtine. (Histoire de l’art - Quattrocento
Pietro Vanucci dit Le Perugin (1450-1523) : La Circoncision du fils de Moïse (détail). Vers 1482, fresque. Vatican, chapelle Sixtine. (Histoire de l’art - Quattrocento
Antonello de Messine (1430-1479) : Portrait d’homme « Il Condottiere ». 1475. Huile sur bois, 35 x 38cm. Paris, Musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Antonello de Messine (1430-1479) : Portrait d’homme « Il Condottiere ». 1475. Huile sur bois, 35 x 38cm. Paris, Musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.5.5. Venise

Gentile da Fabriano (1370-1427) : Couronnement de la Vierge. Vers 1400. Tempera sur panneau. Milan, Pinacothèque de la Brera. (Histoire de l’art - Quattrocento
Gentile da Fabriano (1370-1427) : Couronnement de la Vierge. Vers 1400. Tempera sur panneau. Milan, Pinacothèque de la Brera. (Histoire de l’art - Quattrocento

Antonello de Messine y introduit la manière flamande. Gentile da Fabriano (1360-1427) et Antonio Pisanello (1395-1455) de Vérone y apportent le réalisme courtois septentrional. Mais l'influence première reste florentine.

Deux dynasties de peintres s'établissent à Murano avec Antonio Vivarini ( 1480) et à Venise avec Jacopo Bellini ( 1470) :

Antonio Pisanello (1395-1455) : Vision de Saint Eustache. 1444. Tempera sur bois, 55 x 65 cm). Londres, National Gallery. (Histoire de l’art - Quattrocento
Antonio Pisanello (1395-1455) : Vision de Saint Eustache. 1444. Tempera sur bois, 55 x 65 cm). Londres, National Gallery. (Histoire de l’art - Quattrocento
Vittore Carpaccio (1472-1526) : le rêve de Sainte Ursule. 1495. Venise, Galleria dell’Accademia. (Histoire de l’art - Quattrocento
Vittore Carpaccio (1472-1526) : le rêve de Sainte Ursule. 1495. Venise, Galleria dell'Accademia. (Histoire de l’art - Quattrocento
Gentile Bellini (1429-1507) : Procession sur la place saint Marc. 1496. Huile et tempera sur panneau, 367 x 745 cm. Venise, Galleria dell’Accademia. (Histoire de l’art - Quattrocento
Gentile Bellini (1429-1507) : Procession sur la place saint Marc. 1496. Huile et tempera sur panneau, 367 x 745 cm. Venise, Galleria dell'Accademia. (Histoire de l’art - Quattrocento
Andréa Mantegna (1431-1506) : le polyptique de San Zeno. 1457-1460. Tempera sur panneau, 480 x 450 cm. Vérone, basilique san Zeno. (Histoire de l’art - Quattrocento
Andréa Mantegna (1431-1506) : le polyptique de San Zeno. 1457-1460. Tempera sur panneau, 480 x 450 cm. Vérone, basilique san Zeno. (Histoire de l’art - Quattrocento
Andréa Mantegna (1431-1506) : Le Christ mort. 1490. Tempera sur toile, 68 x 81 cm. Milan, Pinacothèque de la Brera. (Histoire de l’art - Quattrocento
Andréa Mantegna (1431-1506) : Le Christ mort. 1490. Tempera sur toile, 68 x 81 cm. Milan, Pinacothèque de la Brera. (Histoire de l’art - Quattrocento
Giovanni Bellini (1430-1516) : Piéta (détail). Vers 1474. Tempera sur panneau de bois, 91 x 131 cm. Rimini, Pinacoteca Comunale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Giovanni Bellini (1430-1516) : Piéta (détail). Vers 1474. Tempera sur panneau de bois, 91 x 131 cm. Rimini, Pinacoteca Comunale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Giovanni Bellini (1430-1516) : Polyptyque de saint Vincent Ferrer. Tempera sur panneau. Venise, basilique de saint Jean et saint Paul. (Histoire de l’art - Quattrocento
Giovanni Bellini (1430-1516) : Polyptyque de saint Vincent Ferrer. Tempera sur panneau. Venise, basilique de saint Jean et saint Paul. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.5.6. Ferrare, Lombardie, Gènes

Lorenzo Costa (1460-1535) : Concert. 1485-1495. Huile sur bois, 95,3 x 75,6cm. Londres, National Gallery.  (Histoire de l’art - Quattrocento
Lorenzo Costa (1460-1535) : Concert. 1485-1495. Huile sur bois, 95,3 x 75,6cm. Londres, National Gallery. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ercole de’Roberti (1456-1496) : Portrait de Ginevra Bentivoglio. Vers 1480. Huile sur bois, 54 x 39 cm. Washington, National Gallery of Art. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ercole de’Roberti (1456-1496) : Portrait de Ginevra Bentivoglio. Vers 1480. Huile sur bois, 54 x 39 cm. Washington, National Gallery of Art. (Histoire de l’art - Quattrocento
Cosimo Tura (1430-1495) : Saint Dominique. 1475. Huile sur panneau, 51 x 32cm. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Cosimo Tura (1430-1495) : Saint Dominique. 1475. Huile sur panneau, 51 x 32cm. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Vincenzo Foppa (1427-1516) : Retable de Santa Maria delle Grazie de Bergame. 1476. Tempera sur bois. Milan, Pinacothèque de la Brera. (Histoire de l’art - Quattrocento
Vincenzo Foppa (1427-1516) : Retable de Santa Maria delle Grazie de Bergame. 1476. Tempera sur bois. Milan, Pinacothèque de la Brera. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ambrogio da Fossano dit « Il Bergognone » (1453-1523): Polyptyque : Saint Pierre avec une donatrice à genoux (panneau droit, ensemble et détail) ; saint Augustin et un donateur agenouillé (panneau gauche). Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ambrogio da Fossano dit « Il Bergognone » (1453-1523): Polyptyque : Saint Pierre avec une donatrice à genoux (panneau droit, ensemble et détail) ; saint Augustin et un donateur agenouillé (panneau gauche). Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Vincenzo Foppa (1427-1516) : Portrait de Francesco Brivio. Bois. Milan, museo Poldi Pezzoli. (Histoire de l’art - Quattrocento
Vincenzo Foppa (1427-1516) : Portrait de Francesco Brivio. Bois. Milan, museo Poldi Pezzoli. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.6. Objets d’art

7.6.1. Miniature, vitrail, tapisserie

7.6.1.1. Miniature

L'enluminure italienne se distingue par la richesse décorative et l'éclat du coloris: les centres sont Ferrare (Taddeo Crivelli et sa Bible de Borso d'Este 1462), Vérone (Liberale, Girolamo dai Libri), Florence (Attavante 1517, Francesco d'Antonio Del Chierico), Pérouse et Urbin.

Taddeo Crivelli (actif entre 1451 et 1479) : Bible de Borso d’Este. 1455-1461. Enluminure sur parchemin. Modène, Biblioteca Estense. (Histoire de l’art - Quattrocento
Taddeo Crivelli (actif entre 1451 et 1479) : Bible de Borso d'Este. 1455-1461. Enluminure sur parchemin. Modène, Biblioteca Estense. (Histoire de l’art - Quattrocento
Attavante degli Attavente (1452-1525) : page enluminée d’un missel. 1485-1487. Bruxelles, Bibliothèque Royale Albert I. (Histoire de l’art - Quattrocento
Attavante degli Attavente (1452-1525) : page enluminée d’un missel. 1485-1487. Bruxelles, Bibliothèque Royale Albert I. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.6.1.2. Vitrail

Le coloris est puissant et les vitraux sont exécutés sur des cartons des maîtres (Ghiberti, Donatello, Lippi, Ucello): San Domenico de Pérouse; Dôme, Santa Croce, Santa Maria Novella de Florence; Santi Giovanni e Paolo à Venise.

7.6.1.3. Tapisserie

Les ateliers de Venise, Milan, Rome, Ferrare sont dirigés par les Français et les Flamands.

7.6.2. Divers

7.6.2.1. Marqueterie

Baccio Pontelli (1450 – 1495) : Studiolo de Frederico de Montefeltro, Duc d’Urbino, Lambris de marqueterie, Palais Ducal Urbino. (Histoire de l’art - Quattrocento
Baccio Pontelli (1450 – 1495) : Studiolo de Frederico de Montefeltro, Duc d’Urbino, Lambris de marqueterie, Palais Ducal Urbino. (Histoire de l’art - Quattrocento

Le décor de Marqueterie est utilisé dans le mobilier religieux, et dans l’ébénisterie civile. Le répertoire comprend des motifs géométriques, des natures mortes en trompe l'oeil, des paysages,des figures (Tarsia pittorica) : Studiolo du Palais ducal à Urbin, (1475), Chartreuse de Pavie, couvent de Sant'Elena de Venise, Sacristie du dôme de Florence, Cathédrale de Modène.

7.6.2.2. Gravure

Alde Manuce (1450-1515) : Poliphilus dans une forêt. 1499. gravure sur bois, 106 x 130 mm. Londres, British Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Alde Manuce (1450-1515) : Poliphilus dans une forêt. 1499. gravure sur bois, 106 x 130 mm. Londres, British Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Baccio Baldini (1436-1487) : l’enfer I. Vers 1481. Gravure sur cuivre. Florence, Biblioteca Riccardiana. (Histoire de l’art - Quattrocento
Baccio Baldini (1436-1487) : l’enfer I. Vers 1481. Gravure sur cuivre. Florence, Biblioteca Riccardiana. (Histoire de l’art - Quattrocento

7.6.2.3. Objets d'art

Andrea Verrocchio (1435-1488) : la décollation de saint Jean Baptiste (détail de l’autel). 1477-1480. Argent. Florence, baptistère. (Histoire de l’art - Quattrocento
Andrea Verrocchio (1435-1488) : la décollation de saint Jean Baptiste (détail de l’autel). 1477-1480. Argent. Florence, baptistère. (Histoire de l’art - Quattrocento
Pisanello (1395-1455) : Cecilia Gonzaga. 1447. Bronze, diamètre 8,7cm. Washington, National Gallery of Art. (Histoire de l’art - Quattrocento
Pisanello (1395-1455) : Cecilia Gonzaga. 1447. Bronze, diamètre 8,7cm. Washington, National Gallery of Art. (Histoire de l’art - Quattrocento

8. Espagne et Portugal

8.1. Histoire

Isabelle la Catholique : statue de la « Capilla Real », la chapelle royale de la cathédrale de Grenade (1505-1512). (Histoire de l’art - Quattrocento
Isabelle la Catholique : statue de la « Capilla Real », la chapelle royale de la cathédrale de Grenade (1505-1512). (Histoire de l’art - Quattrocento

L'Espagne débute sa politique d'expansion avec les rois d'Aragon : Baléares, Sardaigne, Sicile, Naples (1435-1442) et le Royaume des Deux Sicile pris aux Anjou. Les rapports Espagne - Italie sont raffermis par les Papes de la famille Borgia, Callixte III (1455-58) et son neveu Alexandre VI. Castille et Aragon s'unissent en 1479 suite au mariage d'Isabelle et de Ferdinand. Les souverains achèvent la Reconquista (Prise de Grenade 1492), restaurent l'autorité monarchique et créent en 1480 le Saint Office de l’inquisition.

Nuno Gonçalves (actif entre 1450 et 1471) : Henri le navigateur : détail du polyptyque de saint Vincent. 1460. Huile sur panneau de bois. Lisbonne, musée national d’Art ancien. (Histoire de l’art - Quattrocento
Nuno Gonçalves (actif entre 1450 et 1471) : Henri le navigateur : détail du polyptyque de saint Vincent. 1460. Huile sur panneau de bois. Lisbonne, musée national d'Art ancien. (Histoire de l’art - Quattrocento

L'infante Jeanne de Castille épouse en 1496 Philippe le Beau, fils de l'empereur Maximilien et prépare l’immense empire de leur fils, Charles Quint.

Le Portugal se lance sur l'Atlantique avec Henri le Navigateur (Conquête du Royaume du Prêtre Jean) qui explore systématiquement l'Afrique Occidentale. Jean II (1481-1495) pousse jusqu’au Cap de Bonne Espérance (Diégo Cao). De Gama atteint l'Inde en 1498, et Cabral le Brésil en 1500.

A son tour l'Espagne se tourne vers les « Indes » : Colomb découvre l'Amérique (1492), suivi par Americo Vespucci (1497).

Ferdinand le catholique : statue de la « Capilla Real », la chapelle royale de la cathédrale de Grenade (1505-1512). (Histoire de l’art - Quattrocento
Ferdinand le catholique : statue de la « Capilla Real », la chapelle royale de la cathédrale de Grenade (1505-1512). (Histoire de l’art - Quattrocento
Maître de la Légende de sainte Madeleine (actif vers 1490-1525) : portrait de Philippe le Beau, duc de Bourgogne, fils de Maximilien de Habsbourg et de Marie de Bourgogne, époux de Jeanne d’Espagne et père de Charles Quint. Vers 1500. (Histoire de l’art - Quattrocento
Maître de la Légende de sainte Madeleine (actif vers 1490-1525) : portrait de Philippe le Beau, duc de Bourgogne, fils de Maximilien de Habsbourg et de Marie de Bourgogne, époux de Jeanne d’Espagne et père de Charles Quint. Vers 1500. (Histoire de l’art - Quattrocento
David Ghirlandaio : portrait de Christophe Colomb. (Histoire de l’art - Quattrocento
David Ghirlandaio : portrait de Christophe Colomb. (Histoire de l’art - Quattrocento

8.2. Architecture

8.2.1. Espagne

8.2.1.1. Le XVè

siècle voit le gothique s’orienter vers une phase flamboyante, mais mêlée d'éléments mauresques, dès la Reconquista : c'est le style Mudéjar. Ce style, influencé sur le tard par l'Italie renaissante, se développe dans le sud, en Andalousie surtout. Les chefs d'oeuvre sont la Cathédrale de Séville (Cinq nefs en gradins avec coupole au transept, 1402ss), Gérone (nef unique), le Palais de la Généralité à Barcelone, les loges (bourses du commerce) de Valence, les loges de Palma de Majorque. Dans le Nord, on achève aussi les œuvres entreprises : cathédrale de Palencia, d'Oviedo, de Gérone.

Séville : l’intérieur de la cathédrale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Séville : l’intérieur de la cathédrale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Barcelone : palais de la Generalidad. (Histoire de l’art - Quattrocento
Barcelone : palais de la Generalidad. (Histoire de l’art - Quattrocento

8.2.1.2. Les architectes étrangers

Juan Guas (1433-1496) : monastère de San Juan de los Reyes, Tolède. (Histoire de l’art - Quattrocento
Juan Guas (1433-1496) : monastère de San Juan de los Reyes, Tolède. (Histoire de l’art - Quattrocento

Les architectes étrangers jouent un rôle important dans cette évolution qui enrichit Tolède, Avila, Valladolid, Burgos (Chartreuse de Miraflores par Jean de Cologne), Ségovie (Monastère du Parral par Juan Gallego). Cet élan est encouragé par les rois Catholiques : on appelle à la fin du siècle « Le style Isabelle » ce mélange d'art Mudéjar et Italien. Son créateur est le français hispanisé Juan Guas ( 1495) qui créé la porte des Lions à Tolède et le palais de l’Infantado de Guadalajara.

Son successeur, Enrique de Egas, maître d'oeuvre de la cathédrale de Tolède, commence l'Hôpital de Saint Jacques de Compostelle (1501) et la chapelle funéraire des Rois à Grenade (1506). La Renaissance s'impose définitivement avec la façade de l’université de Salamanque.

Juan Guas (1433-1496) : château de Manzanares de Real. (Histoire de l’art - Quattrocento
Juan Guas (1433-1496) : château de Manzanares de Real. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ségovie : monastère Santa Maria de El Parral. (Histoire de l’art - Quattrocento
Ségovie : monastère Santa Maria de El Parral. (Histoire de l’art - Quattrocento
Enrique de Egas (1455-1534) : Capilla Real (chapelle des rois) de la cathédrale de Grenade. 1502-1521. (Histoire de l’art - Quattrocento
Enrique de Egas (1455-1534) : Capilla Real (chapelle des rois) de la cathédrale de Grenade. 1502-1521. (Histoire de l’art - Quattrocento
Enrique de Egas (1455-1534) : l’Hôpital des Rois Catholiques de Saint Jacques de Compostelle (1501). (Histoire de l’art - Quattrocento
Enrique de Egas (1455-1534) : l'Hôpital des Rois Catholiques de Saint Jacques de Compostelle (1501). (Histoire de l’art - Quattrocento

8.2.2. Portugal

Batalha : le monastère Santa Maria da Vitoria : le cloître de Joao I. (Histoire de l’art - Quattrocento
Batalha : le monastère Santa Maria da Vitoria : le cloître de Joao I. (Histoire de l’art - Quattrocento

Le gothique cistercien se prolonge avec l'abbaye de Bathala (Jean I, 1385-1433). Puis la vague "Flamboyante" se reconnaît dans le style "Manuélien" (Manuel le Fortuné, 1495-1521) qui s'ouvre aux apports musulmans et exotiques grâce aux découvertes. Il fleurira surtout au début du XVIè avec la Tour de Belem (Fr. de Arruda) et les cloîtres des monastère de Bathala (Boytaca), de Las Fernandes, d'Alcobaça de Thomar (Par Joao de Castillo), des Hyéronymites de Belem.

Diego et Francisco de Arrunda : la tour de Belem , 1515-1521. (Histoire de l’art - Quattrocento
Diego et Francisco de Arrunda : la tour de Belem , 1515-1521. (Histoire de l’art - Quattrocento
Diégo Boytac (1460-1528) : monastère des Hiéronymites à Belem, 1502-1521. (Histoire de l’art - Quattrocento
Diégo Boytac (1460-1528) : monastère des Hiéronymites à Belem, 1502-1521. (Histoire de l’art - Quattrocento
Tomar : le monastère du Christ du château : un pur joyau du style manuélien. (Histoire de l’art - Quattrocento
Tomar : le monastère du Christ du château : un pur joyau du style manuélien. (Histoire de l’art - Quattrocento
Tomar : le monastère du Christ : la célèbre fenêtre manuéline du chapitre du couvent. (Histoire de l’art - Quattrocento
Tomar : le monastère du Christ : la célèbre fenêtre manuéline du chapitre du couvent. (Histoire de l’art - Quattrocento

8.3. Sculpture

8.3.1. Espagne

Pere Joan : sculpture du palais de la Generalidad à Bercelone. (Histoire de l’art - Quattrocento
Pere Joan : sculpture du palais de la Generalidad à Bercelone. (Histoire de l’art - Quattrocento

La plupart des sculpteurs sont d'origine étrangère, sauf quelques maîtres Catalans ou Aragonais, tel Pere Joan (Décoration de Saint Georges et Casa de la Diputacion à Barcelone) et quelques retables monumentaux en marbre ou albâtre. Français, Flamands, Allemands introduisent le « style Slutérien » avec des éléments empruntés à l'art Mudéjar.

Sous les rois catholiques on sculpte dans les clôtures du choeur, retables et stalles ou Sillerias : Cathédrale de Séville par Dancart de Lille (1492), stalles basses de la cathédrale de Tolède, sillerias de Plasencia et Ciudad Rodrigo par Rodrigo Aleman.

Juan Guas représente le style opulent et décoratif "Isabelle", avec le grand Gil de Siloë formé aux Flandres et qui créé les retables et tombeaux de la Chartreuse de Miraflores (1499) poussant à l'extrême l'abondance des détails et la richesse de la composition.

Rodrigo Aleman (1470-1542) : stalles de la cathédrale de Tolède. 1489-1495. (Histoire de l’art - Quattrocento
Rodrigo Aleman (1470-1542) : stalles de la cathédrale de Tolède. 1489-1495. (Histoire de l’art - Quattrocento
Rodrigo Aleman, Felipe Vigarni, Petit Juan, Enrique de Egas, Pedro Gumiel : retable de la cathédrale de Tolède pour le cardinal Cisneros. 1497-1504. (Histoire de l’art - Quattrocento
Rodrigo Aleman, Felipe Vigarni, Petit Juan, Enrique de Egas, Pedro Gumiel : retable de la cathédrale de Tolède pour le cardinal Cisneros. 1497-1504. (Histoire de l’art - Quattrocento
Gil de Siloe (mort en 1501) : Tombe de l’infant Alfonso, 1489-1493. Albâtre. Burgos, monastère de Miraflores. (Histoire de l’art - Quattrocento
Gil de Siloe (mort en 1501) : Tombe de l’infant Alfonso, 1489-1493. Albâtre. Burgos, monastère de Miraflores. (Histoire de l’art - Quattrocento

8.3.2. Portugal

La sculpture y est presqu'exclusivement décorative. Le style manuélien (1495-1515) allie aux éléments de l’art mauresque ou « morisco » des motifs géométriques ou naturalistes traités en fort relief (Cordages, algues, coraux) qui donne une touche exotique à l'art de ce pays explorateur et marin: cloîtres de Batalha et Belem, façade Nord du couvent de Thomar, tour de Belem.

Les Flamands sculptent retables et stalles (Coïmbra, cathédrale et église de Santa Cruz).

Belem : monastère des Hiéronymites. Le grand portail (Histoire de l’art - Quattrocento
Belem : monastère des Hiéronymites. Le grand portail (Histoire de l’art - Quattrocento
Tomar : couvent du Christ. Sculptures. (Histoire de l’art - Quattrocento
Tomar : couvent du Christ. Sculptures. (Histoire de l’art - Quattrocento

8.4. Peinture

8.4.1. Espagne

L'abondante production espagnole reflète diverses influences. L'usage du fond or persiste jusqu'en 1500.

8.4.1.1. Dans l'est

Bernat Martorell (1400-1452) : Saint Georges et le dragon. 1430-1435. Tempera sur bois, 141 x 96 cm. Chicago, Art Institut. (Histoire de l’art - Quattrocento
Bernat Martorell (1400-1452) : Saint Georges et le dragon. 1430-1435. Tempera sur bois, 141 x 96 cm. Chicago, Art Institut. (Histoire de l’art - Quattrocento

Jonction des courants italien et flamand : Le Maître du retable d'Arguis (Barcelone) et Bernardo Martorell (1400-1452 ; Panneaux de Saint Georges) prolongent le gothique international (1450). Luis Dalmau (actif entre 1428 et 1461) imite Van Eyck (Vierge des conseillers 1445). Jacomar Baço (Valence), Rodrigo de Osana, et Joan Reixach (Retable de Saint Martin) se réclament à la fois de l'Italie et des Flandres.

La tradition catalane est présente avec Jaume Huguet (1415-1492) et Las Vergas (Retable de Granollers, 1503). De formation napolitaine sont Bartolomeo Bermejo (actif entre 1474 et 1498) de Cordoue (Saint Dominique de Silos) et le Maître du Martyre de Saint Medin.

Luis Dalmau (actif entre 1428 et 1461) : le retable des Conseillers. 1445. Tempera sur bois, 285 x 310 cm. Barcelone, musée national de Catalogne. (Histoire de l’art - Quattrocento
Luis Dalmau (actif entre 1428 et 1461) : le retable des Conseillers. 1445. Tempera sur bois, 285 x 310 cm. Barcelone, musée national de Catalogne. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jaume Huguet (1415-1492) : la flagellation du Christ. Vers 1450. Bois, 106 x 210 cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jaume Huguet (1415-1492) : la flagellation du Christ. Vers 1450. Bois, 106 x 210 cm. Paris, musée du Louvre. (Histoire de l’art - Quattrocento
Bartolomeo Bermejo : retable de la vierge de Montserrat Cathédrale d’Acqui Terme. (Histoire de l’art - Quattrocento
Bartolomeo Bermejo : retable de la vierge de Montserrat Cathédrale d’Acqui Terme. (Histoire de l’art - Quattrocento

8.4.1.2. La Castille

Jorge Ingles (actif autour de 1450) : saint prêchant. 1455. Panneau de bois. Cincinnati, Art Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jorge Ingles (actif autour de 1450) : saint prêchant. 1455. Panneau de bois. Cincinnati, Art Museum. (Histoire de l’art - Quattrocento

A part l'oeuvre de Dello di Niccolo (Fresques de la cathédrale de Salamanque 1446), l'influence flamande est prépondérante grâce aux multiples contacts avec le nord. Les grands maîtres Hispano-flamands sont Jorge Ingles, le maître de Sopetran, le Maître de Saint Ildefonse, le Maître aux armures, le maître d'Avila, le maître de la Sisla, Fernando Gallego (1440-1507), ces trois derniers touchés par l'influence de Schongauer. Pedro Berruguete (1450-1503) est gagné à l'Italie quoique très flamand (Scènes de la vie de Saint Dominique, retable de Saint Thomas d'Avila).

Bartolomeo Bermejo : retable de la vierge de Montserrat Cathédrale d’Acqui Terme. (Histoire de l’art - Quattrocento
Bartolomeo Bermejo : retable de la vierge de Montserrat Cathédrale d’Acqui Terme. (Histoire de l’art - Quattrocento
Bartolomeo Bermejo : retable de la vierge de Montserrat Cathédrale d’Acqui Terme. (Histoire de l’art - Quattrocento
Bartolomeo Bermejo : retable de la vierge de Montserrat Cathédrale d’Acqui Terme. (Histoire de l’art - Quattrocento

8.4.1.3. En Andalousie

La tendance hispano-flamande a pour adeptes Pedro et Juan Sanchez, Juan Munez, Pedro de Cordoba.

Pedro de Cordoba (actif autour de 1470) : Annonciation. 1475. Tempera sur panneau de bois. Cathédrale de Cordoue. (Histoire de l’art - Quattrocento
Pedro de Cordoba (actif autour de 1470) : Annonciation. 1475. Tempera sur panneau de bois. Cathédrale de Cordoue. (Histoire de l’art - Quattrocento
Pedro Sanchez (actif entre 1450 et 1500) : Mise au tombeau du Christ. 1490. Tempera sur bois, 82 x 90 cm. Budapest, muse des Beaux Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento
Pedro Sanchez (actif entre 1450 et 1500) : Mise au tombeau du Christ. 1490. Tempera sur bois, 82 x 90 cm. Budapest, muse des Beaux Arts. (Histoire de l’art - Quattrocento

8.4.2. Portugal

Nuno Gonçalves (actif entre 1450 et 1471) : détail du polyptyque de saint Vincent. 1460. Huile sur panneau de bois. Lisbonne, musée national d’Art ancien. (Histoire de l’art - Quattrocento
Nuno Gonçalves (actif entre 1450 et 1471) : détail du polyptyque de saint Vincent. 1460. Huile sur panneau de bois. Lisbonne, musée national d'Art ancien. (Histoire de l’art - Quattrocento

Van Eyck y séjourne en 1428-1429. Mais il reste peu d’œuvres : le portrait de Jean I et l'Ecce Homo de Lisbonne sont d'art Flamand. Un des plus grands peintres de l'époque médiévale est Nuno Goncalves (actif entre 1450 et 1471) : Polyptyque de Saint Vincent (ou des Navigateurs), triptyques de l'Infant et de l'Archevêque, nombreux portraits, cartons des tapisseries de la prise d'Arzila, de l'occupation de Tongres, de la tenture de Tournai-Pastrana.

8.5. Objets d’art

8.5.1. Orfevrerie

Enrique Arfe (1475-1545) : custode de la cathédrale de Tolède. 1517. (Histoire de l’art - Quattrocento
Enrique Arfe (1475-1545) : custode de la cathédrale de Tolède. 1517. (Histoire de l’art - Quattrocento

En Espagne, les influences sont allemandes et flamandes dans les monstrances, croix, ciboires… La custodia (Tour polygonale où est placé l'ostensoir) est typiquement espagnole (Vich, Barcelone, Gérone, 1400-1450). Les gigantesques Custodes de Sahagun et des cathédrales de Cordoue et de Tolède sont l'oeuvre du Colonais Enrique Arfe (Début XVIè).

Le Portugal est aussi tributaire de l'Espagne (ostensoir de Belem, 1506, par Gil Vicente).

8.5.2. Céramique

L'Espagne emprunte aux Maures la technique de la faïence à émail stannifère et à lustre métallique. Les potiers Mudéjars de Majorque transmettent la technique en Italie où elle prendra nom de Majolique. Les ateliers célèbres sont Majorque, Valence, Séville, Malaga, Grenade : on produit des Azulejos (carreaux de brique vernissée), vases et plats à décor mauresque, ou agrémentés de caractères gothiques, d’emblèmes, d’armoiries.