L’art roman en France

1. Le premier âge roman

1.1. Les premiers pas

Dans la seconde moitié du XIè siècle apparaît en Italie du Nord, puis en Catalogne et en Bourgogne, un renouveau de la construction en pierre de taille, marqué par un décor extérieur - les bandes lombardes - et par les premières tentatives régulières de voûtement en pierre.

Milan : l’église basilique saint Ambroise
Milan : l’église basilique saint Ambroise

L'Italie du Nord a joué dans l'histoire de l'art roman un rôle considérable. Le Piémontais Guillaume de Volpiano, à la fin du Xè siècle, le Lombard Lanfranc, cinquante ans plus tard, venus en France, puis en Angleterre, réformer les vieilles abbayes quelque peu relâchées, procèdent aussi à maintes constructions nouvelles et font appel aux maîtres et artisans de leur pays d'origine. Ces allées et venues des « maestri comacini », des « Lombards », partis de Côme, de Milan, de Pavie, vont durer deux siècles ; leur champ d'action s'étend à toute l'Europe depuis l'Espagne jusqu'à la Saxe et à la Scandinavie.

Basilique saints Pierre et Paul d’Agliate : le chevet et la toiture
Basilique saints Pierre et Paul d’Agliate : le chevet et la toiture

Pèlerins, marchands, voyageurs franchissent les cols continuellement ; les modes de construction passent, eux aussi, d'un versant des Alpes à l'autre et se répandent dans le sud-est de la France.

Basilique saints Pierre et Paul d’Agliate : la nef couverte de charpente
Basilique saints Pierre et Paul d’Agliate : la nef couverte de charpente

1.2. Architecture

1.2.1. Les origines : la première moitié du XIè

Deux grands mouvements dominent la première moitié du XIè siècle :

Montier en Der (Haute Marne) : abbatiale saints Pierre et Paul. Elévation de la nef vers le chœur
Montier en Der (Haute Marne) : abbatiale saints Pierre et Paul. Elévation de la nef vers le chœur
Vignory (Haute Marne) : l’église saint Etienne. La nef : bas côté nord
Vignory (Haute Marne) : l’église saint Etienne. La nef : bas côté nord
Vignory (Haute Marne) : l’église saint Etienne. La nef : bas côté nord
Vignory (Haute Marne) : l’église saint Etienne. La nef : bas côté nord
Utrecht : l’église saint Pierre
Utrecht : l’église saint Pierre

1.2.2. Les caractéristiques communes

Durant cette période apparaissent donc les principales innovations qui vont déboucher sur l’art roman du XIIè siècle : dans le Midi méditerranéen, comme en Catalogne et en Lombardie où abondent d'excellents tailleurs de pierre recherchés dans toute l'Europe occidentale, apparaissent des églises voûtées présentant quelques caractéristiques communes : plan simple, composition des grandes masses, nef rectangulaire avec ou sans collatéraux, chœur en hémicycle, murs de bel appareil ou en pierres cassées au marteau, voûte en berceau remplaçant charpente et plafond, avec parfois une coupole sur le carré du transept ou la travée de la nef précédant le chœur. Les voûtes protègent l'édifice contre les incendies si fréquents alors, et dictent le parti, les proportions, l'éclairage, la physionomie de l'église. Les murs sont très épais pour résister aux poussées ; les piliers ronds, octogonaux ou carrés, portent les grandes arcades directement sans le secours de chapiteaux ; plus tard, ils seront de plan cruciforme.

Eglise romane de saint Pantaléon de Dolianova en Sardaigne. Lésènes. 1160-1289
Eglise romane de saint Pantaléon de Dolianova en Sardaigne. Lésènes. 1160-1289

A l'extérieur, des bandes lombardes, des niches à l'abside sous la toiture, des dents d'engrenage, des bâtons brisés, un appareil réticulé au tympan et dans les arcades aveugles, constituent le seul décor de cet art austère et monumental, bien que de petites dimensions.

Saint Guilhem le Désert. Le chevet et ses bandes lombardes
Saint Guilhem le Désert. Le chevet et ses bandes lombardes

1.2.2.1. Plan

Le plan est souvent très simple : une nef rectangulaire avec ou sans collatéraux (nef unique à Beaulieu les Loches), chœur en hémicycle séparé de la nef par un transept sur lequel ouvrent des chapelles. On trouve aussi parfois le plan dit « bénédictin », celui de Cluny II, au vaste chœur accosté d'absidioles de profondeur décroissante, communiquant entre elles et avec le chœur, et enfin le plan du chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes.

Restitution de l’abbatiale de Cluny II
Restitution de l’abbatiale de Cluny II

Le transept manque à Saint-Martin du Canigou, Vaison, Vignory. Les tribunes sont assez rares. On en rencontre à Saint-Martin de Tours, Saint Remi de Reims, Montier-en-Der, Jumièges, Cerisy la Forêt.

Vignory (Haute Marne) : l’église saint Etienne. La nef
Vignory (Haute Marne) : l’église saint Etienne. La nef
Saint Martin du Canigou (Pyrénées Orientales) : l’église inférieure
Saint Martin du Canigou (Pyrénées Orientales) : l’église inférieure
Jumièges (Seine Maritime) : abbatiale Notre Dame. Elévation de la nef
Jumièges (Seine Maritime) : abbatiale Notre Dame. Elévation de la nef

1.2.2.2. Elévation

Montier en Der (Haute Marne) : abbatiale saints Pierre et Paul. Elévation de la nef
Montier en Der (Haute Marne) : abbatiale saints Pierre et Paul. Elévation de la nef

En élévation, dans les plus anciens édifices, les arcades et les fenêtres apparaissent comme des ouvertures percées dans la masse du mur, puis des moulures horizontales, et même une arcature aveugle viennent surmonter les grandes arcades. Les piles, massifs carrés ou circulaires, s'articulent pour recevoir les retombées des grandes arcades, des arcs des collatéraux et des colonnes de la nef. Grandes arcades, arcs, portes et fenêtres sont tous le plus souvent en plein cintre.

Architecture romane : élévation de trois travées à trois étages : grandes arcades, tribunes, fenêtres hautes
Architecture romane : élévation de trois travées à trois étages : grandes arcades, tribunes, fenêtres hautes

1.2.2.3. Couverture

La nef est couverte de charpente apparente ou de plafond, sauf dans de petites églises dont les petites dimensions ont permis l'établissement de voûtes dès les toutes premières années du XIè siècle.

Saint Martin du Canigou (Pyrénées Orientales) : la tour
Saint Martin du Canigou (Pyrénées Orientales) : la tour

Le carré du transept est surmonté de la tour lanterne familière aux constructions carolingiennes, à Beaulieu les Loches, Jumièges. Il peut être couvert d'une charpente, d'une voûte d'arêtes ou d'une coupole comme à Saint Martin d'Angers (1020) et Saint Gildéric de Lavardin (1042) Le transept a parfois un grand développement ; il est enveloppé d'un collatéral à Saint Remi de Reims, comme il le sera plus tard à Conques, à Saint Sernin de Toulouse et à la cathédrale de Tournai. Certains croisillons sont voûtés en berceau (Saint-Savinien de Sens, Beaulieu les Loches, Saint Etienne de Nevers) ; d'autres, d'arêtes.

Structure générale d’une église romane de type basilical. Ici, saint Etienne de Nevers
Structure générale d’une église romane de type basilical. Ici, saint Etienne de Nevers

Ce nouveau style s’épanouit principalement dans quatre régions « Novatrices » : le nord de la Méditerranée et la Catalogne, la Bourgogne, la Normandie et le Bassin de la Loire moyenne. Il est cependant à noter que certaines grandes églises appartiennent à ce premier âge roman, sans toutefois adopter la voûte et en restent à la couverture de charpente, bien qu’en adoptant pour le reste toutes les caractéristiques de cette nouvelle manière de concevoir un espace architectural…

1.2.3. Les monuments français

Carte du Midi roman
Carte du Midi roman

1.2.3.1. Catalogne et nord de la Méditerranée

C’est dans cette région qu’apparaissent les premières églises basilicales entièrement voûtées : Sainte Marie d'Amer (949), Sainte Cécile de Montserrat (957), Saint Martin du Canigou (1009 et 1026), Vernet les Bains, Quarante (1063), Saint Guilhem Le Désert (1076).

Saint Martin du Canigou (Pyrénées Orientales) : l’abbaye
Saint Martin du Canigou (Pyrénées Orientales) : l’abbaye
Saint Martin du Canigou (Pyrénées Orientales) : la tour
Saint Martin du Canigou (Pyrénées Orientales) : la tour
Saint Martin du Canigou (Pyrénées Orientales) : l’église inférieure
Saint Martin du Canigou (Pyrénées Orientales) : l’église inférieure
Saint Martin du Canigou (Pyrénées Orientales) : l’église inférieure
Saint Martin du Canigou (Pyrénées Orientales) : l’église inférieure
Saint Guilhem le Désert. Vue générale
Saint Guilhem le Désert. Vue générale
Saint Guilhem le Désert. Le chevet et ses bandes lombardes
Saint Guilhem le Désert. Le chevet et ses bandes lombardes
Saint Guilhem le Désert. La nef centrale
Saint Guilhem le Désert. La nef centrale
L’abbaye sainte Marie de Quarante : élévation de la nef
L’abbaye sainte Marie de Quarante : élévation de la nef
L’abbaye sainte Marie de Quarante : bas côté voûté d’arêtes
L’abbaye sainte Marie de Quarante : bas côté voûté d’arêtes

Le monument le plus significatif est sans doute l'abbatiale Saint Michel de Cuxa consacrée en 975 et dont la crypte et le haut clocher sont dus à l'abbé Oliba (1012-1047).

En même temps, apparaît la coupole, comme à Saint Cugat de Salon (1012) ou à l’église du Monastère de Ripoll (1040).

Saint Michel de Cuxa: vue générale
Saint Michel de Cuxa: vue générale
Saint Michel de Cuxa: le cloître et l’abbatiale
Saint Michel de Cuxa: le cloître et l’abbatiale
Saint Michel de Cuxa: bas côté de l’abbatiale
Saint Michel de Cuxa: bas côté de l’abbatiale
Saint Michel de Cuxa: la tour l’abbatiale
Saint Michel de Cuxa: la tour l’abbatiale
Saint Michel de Cuxa: bas coté de l’abbatiale
Saint Michel de Cuxa: bas coté de l’abbatiale
Saint Michel de Cuxa : l’abbatiale : le cloître, portail d’entrée de la galerie est
Saint Michel de Cuxa : l’abbatiale : le cloître, portail d’entrée de la galerie est
Saint Michel de Cuxa : chapiteau du cloître emporté par les Américains. New York, Cloisters
Saint Michel de Cuxa : chapiteau du cloître emporté par les Américains. New York, Cloisters

Puis les constructions de ce type gagnent peu à peu tout le sud est comme l’église de la Madone del Poggio à Saorge (Alpes Maritimes), la cathédrale de Vence, la cathédrale de Vaison, la crypte de la cathédrale d'Apt, la cathédrale de Moûtiers et Saint-Martin d'Aime en Savoie.

Eglise de la Madone del Poggio à Saorge en Alpes Maritimes. Le chevet
Eglise de la Madone del Poggio à Saorge en Alpes Maritimes. Le chevet
Eglise de la Madone del Poggio à Saorge en Alpes Maritimes. Arcatures aveugles
Eglise de la Madone del Poggio à Saorge en Alpes Maritimes. Arcatures aveugles
Vaison la Romaine (Vaucluse) : la cathédrale Notre Dame de Nazareth. Massif occidental
Vaison la Romaine (Vaucluse) : la cathédrale Notre Dame de Nazareth. Massif occidental
Vaison la Romaine (Vaucluse) : la cathédrale Notre Dame de Nazareth. La nef et le bas côté nord avec sa voûte rampante
Vaison la Romaine (Vaucluse) : la cathédrale Notre Dame de Nazareth. La nef et le bas côté nord avec sa voûte rampante
Aime en Savoie, la basilique saint Martin, IXè siècle
Aime en Savoie, la basilique saint Martin, IXè siècle
Apt. La cathédrale Sainte Anne. Elevée en 1050, elle a été transformée à plusieurs reprises au XIIè, au XIVè et surtout au XVIIè siècles. D’après les historiens, elle fut tout d’abord le premier lieu de rencontre des chrétiens au IIIè et au IVè siècles
Apt. La cathédrale Sainte Anne. Elevée en 1050, elle a été transformée à plusieurs reprises au XIIè, au XIVè et surtout au XVIIè siècles. D'après les historiens, elle fut tout d'abord le premier lieu de rencontre des chrétiens au IIIè et au IVè siècles

1.2.3.2. Bourgogne

Farges lès Mâcon (Saône et Loire) : l’église saint <a class=Barth'>Barthélemy. Photos d’avant la restauration'>
Farges lès Mâcon (Saône et Loire) : l’église saint Barth'>Barthélemy. Photos d’avant la restauration
Farges lès Mâcon (Saône et Loire) : l’église saint <a class=Barth'>Barthélemy. L’intérieur après restauration'>
Farges lès Mâcon (Saône et Loire) : l’église saint Barth'>Barthélemy. L’intérieur après restauration
Chapaize (Saône et Loire) : l’église paroissiale saint Martin
Chapaize (Saône et Loire) : l’église paroissiale saint Martin
Chapaize (Saône et Loire) : l’église paroissiale saint Martin. La nef
Chapaize (Saône et Loire) : l’église paroissiale saint Martin. La nef
Chapaize (Saône et Loire) : l’église paroissiale saint Martin. La nef
Chapaize (Saône et Loire) : l’église paroissiale saint Martin. La nef
Chapaize (Saône et Loire) : l’église paroissiale saint Martin. La nef
Chapaize (Saône et Loire) : l’église paroissiale saint Martin. La nef

1.2.3.3. Bassin de la Loire

Charroux, abbaye bénédictine de Saint Sauveur. La tour centrale
Charroux, abbaye bénédictine de Saint Sauveur. La tour centrale
Charroux, abbaye bénédictine de Saint Sauveur. La tour centrale : chapiteaux
Charroux, abbaye bénédictine de Saint Sauveur. La tour centrale : chapiteaux
Neuvy-Saint-Sépulcre (Indre) : la basilique
Neuvy-Saint-Sépulcre (Indre) : la basilique
Neuvy-Saint-Sépulcre (Indre) : la basilique. La rotonde centrale
Neuvy-Saint-Sépulcre (Indre) : la basilique. La rotonde centrale
Neuvy-Saint-Sépulcre (Indre) : la basilique. Chapiteaux
Neuvy-Saint-Sépulcre (Indre) : la basilique. Chapiteaux
Neuvy-Saint-Sépulcre (Indre) : la basilique. Chapiteaux
Neuvy-Saint-Sépulcre (Indre) : la basilique. Chapiteaux

1.2.3.4. La Normandie

Carte de la Normandie romane
Carte de la Normandie romane

En Normandie, les ducs ont à cœur de réparer les désastres causés par leurs aïeux et furent les bienfaiteurs des grandes abbayes. Dans cette région aussi, l'art carolingien poursuit sa carrière dans de grands édifices couverts d'une charpente apparente ou de plafonds, avec large nef à collatéraux, fenêtres donnant une lumière abondante, tour à la croisée, clocher-porche à l'ouest, transept développé sur lequel ouvrent des chapelles, et vaste chœur déjà parfois à déambulatoire et chapelles rayonnantes.

Caen, abbaye saint Etienne ou « abbaye aux Hommes »
Caen, abbaye saint Etienne ou « abbaye aux Hommes »
Caen, abbaye saint Etienne ou « abbaye aux Hommes ». La nef centrale
Caen, abbaye saint Etienne ou « abbaye aux Hommes ». La nef centrale
Fécamp : l’abbaye de la Trinité : la nef
Fécamp : l’abbaye de la Trinité : la nef
Cathédrale Notre Dame de Coutances. La croisée du transept et la nef
Cathédrale Notre Dame de Coutances. La croisée du transept et la nef
Bayeux, la cathédrale Notre Dame : la nef romane
Bayeux, la cathédrale Notre Dame : la nef romane
Bayeux, la cathédrale Notre Dame : la nef romane
Bayeux, la cathédrale Notre Dame : la nef romane
Evreux, cathédrale : les grandes arcades romanes de la nef
Evreux, cathédrale : les grandes arcades romanes de la nef
Evreux, cathédrale : les grandes arcades romanes de la nef
Evreux, cathédrale : les grandes arcades romanes de la nef

1.2.3.5. Ile de France

En Ile-de-France, le monument le plus important est le clocher porche de Saint Germain des Prés (1005-1010) à Paris ; l'église Notre-Dame de Château Landon conserve avec sa façade ouest une partie de sa nef du XIè siècle (avant 1050) et, peut-être un peu postérieure à cette date, l'église de Presles, non loin de Laon.

Paris : Saint Germain des Prés : la tour romane
Paris : Saint Germain des Prés : la tour romane
Paris : Saint Germain des Prés : la tour romane
Paris : Saint Germain des Prés : la tour romane
Paris : Saint Germain des Prés : chapiteau de la nef
Paris : Saint Germain des Prés : chapiteau de la nef
Château Landon (Seine et Marne) : église Notre Dame
Château Landon (Seine et Marne) : église Notre Dame
Château Landon (Seine et Marne) : église Notre Dame. L’abside
Château Landon (Seine et Marne) : église Notre Dame. L’abside
Château Landon (Seine et Marne) : église Notre Dame. La nef
Château Landon (Seine et Marne) : église Notre Dame. La nef
Presles (Aisne) : église saint Georges. Le chevet
Presles (Aisne) : église saint Georges. Le chevet
Presles (Aisne) : église saint Georges. L’intérieur
Presles (Aisne) : église saint Georges. L’intérieur

1.2.3.6. Est

En Champagne, Saint Remi de Reims avec sa nef monumentale aux piliers composés d'un faisceau de colonnettes engagées autour d'un noyau rond, son transept à collatéral, ses sculptures en stuc, rappelle au moins autant les monuments de la Loire que ceux de l'Empire. La nef, renforcée à la fin du XIIè siècle pour porter des voûtes d'ogives, était auparavant couverte d'une charpente ; les collatéraux sont surmontés de tribunes et ouvrent sur la nef par des baies géminées prises sous un arc de décharge en plein cintre comme les grandes arcades ; au-dessus était percée une étroite fenêtre. Cette nef fut construite par l'abbé Thierry en 1039, et consacrée en 1049 ainsi que le transept, sur l'emplacement de l'église carolingienne ; au chœur étroit fut substitué un ample chevet gothique dans la seconde moitié du XIIè siècle.

Reims : basilique saint Remi : la façade
Reims : basilique saint Remi : la façade
Reims : basilique saint Remi : la nef
Reims : basilique saint Remi : la nef

L’art ottonien reste encore très vivant, particulièrement à Montier-en-Der consacrée en 998, dont subsiste la nef (chœur gothique), et Vignory dont la nef couverte d'une charpente et flanquée de collatéraux est construite entre 1032 et 1049. Au dessus des grandes arcades en plein cintre portées par des piliers carrés, renforcés de colonnes aux deux dernières travées, est percée une claire-voie donnant sur les collatéraux. Un peu plus récent, le chœur à déambulatoire sur lequel ouvrent trois chapelles rayonnantes, date de 1052.

Montier en Der (Haute Marne) : abbatiale saints Pierre et Paul. Le chevet
Montier en Der (Haute Marne) : abbatiale saints Pierre et Paul. Le chevet
Montier en Der (Haute Marne) : abbatiale saints Pierre et Paul. Elévation de la nef
Montier en Der (Haute Marne) : abbatiale saints Pierre et Paul. Elévation de la nef
Vignory (Haute Marne) : l’église saint Etienne
Vignory (Haute Marne) : l’église saint Etienne
Vignory (Haute Marne) : l’église saint Etienne. La nef : élévation et claire voie
Vignory (Haute Marne) : l’église saint Etienne. La nef : élévation et claire voie
Vignory (Haute Marne) : l’église saint Etienne. Chœur et déambulatoire
Vignory (Haute Marne) : l’église saint Etienne. Chœur et déambulatoire
Vignory (Haute Marne) : l’église saint Etienne. Chapiteau
Vignory (Haute Marne) : l’église saint Etienne. Chapiteau

En Alsace, l'évêque Wernher commence en 1015 les travaux de sa cathédrale qui se poursuivent jusqu'après 1050 Il en reste la crypte remaniée au siècle suivant. A Ottmarsheim, l’édifice de plan octogonal inspiré par la chapelle palatine de Charlemagne à Aix-la-Chapelle, avec des tribunes sur les collatéraux, est consacré en 1049.

Ottmarsheim: la rotonde carolingienne
Ottmarsheim: la rotonde carolingienne
Ottmarsheim: la rotonde carolingienne
Ottmarsheim: la rotonde carolingienne
Ottmarsheim: l’intérieur
Ottmarsheim: l’intérieur
Ottmarsheim: l’intérieur
Ottmarsheim: l’intérieur

1.2.3.7. Franche Comté

Comme dans l'Est et en Rhénanie, les églises franc-comtoises ont des nefs couvertes de charpentes montées sur des murs légers, percés de fenêtres étroites. Ces murs portent, sans l'intermédiaire de chapiteaux ou de tailloirs (sauf à Gigny), sur des piliers octogones ou circulaires, carrés ou rectangulaires. Les voûtes n'apparaissent que plus tard. Le chœur triple et allongé est voûté en berceau et terminé par trois absides sous cul-de-four. Une coupole se dresse souvent au carré du transept très saillant.

Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin. Nef et bas côté
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin. Nef et bas côté
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin. Nef
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin. Nef
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin. Le chœur
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin. Le chœur
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin. Le portail
Gigny (Jura) : ancienne église abbatiale saint Taurin. Le portail

Les églises de Gigny (930) et de Baume-les-Messieurs (980) sont déjà célèbres au Xè siècle, car elles contribuent à la fondation de Cluny ; Saint Désiré de Lons-le-Saunier, Faverney, Romainmôtier (en Suisse) et Saint Hymetière sont de la seconde moitié du XIè. A la fin du XIè siècle, un groupe d'églises franc-comtoises s'apparente aux bourguignonnes du premier art roman : Farges, Chapaize.

Lons le Saunier (Jura) : église saint Désiré
Lons le Saunier (Jura) : église saint Désiré
Lons le Saunier (Jura) : église saint Désiré. Collatéral nord et crypte
Lons le Saunier (Jura) : église saint Désiré. Collatéral nord et crypte
Saint Hymetière (Jura) : l’église. Façade et flanc nord
Saint Hymetière (Jura) : l’église. Façade et flanc nord
Saint Hymetière (Jura) : l’église. La nef
Saint Hymetière (Jura) : l’église. La nef
Saint Hymetière (Jura) : l’église. Le chœur
Saint Hymetière (Jura) : l’église. Le chœur
Saint Hymetière (Jura) : l’église. Bas côté sud et abside.
Saint Hymetière (Jura) : l’église. Bas côté sud et abside.
Romainmôtier : vue générale de l’abbatiale
Romainmôtier : vue générale de l’abbatiale
Romainmôtier : vue générale de l’abbatiale
Romainmôtier : vue générale de l’abbatiale
Romainmôtier : nef centrale et bas côté de l’abbatiale
Romainmôtier : nef centrale et bas côté de l’abbatiale
Romainmôtier : bras du transept de l’abbatiale
Romainmôtier : bras du transept de l’abbatiale

1.2.3.8. Massif Central

En Forez, les premiers édifices romans son ceux de Pommiers et de Saint Romain le Puy bâti au sommet d'un piton volcanique.

Pommiers en Forez (Haute Loire) : prieuré sainte Prève
Pommiers en Forez (Haute Loire) : prieuré sainte Prève
Pommiers en Forez (Haute Loire) : prieuré sainte Prève. La nef
Pommiers en Forez (Haute Loire) : prieuré sainte Prève. La nef
Saint Romain le Puy (Loire) : le prieuré saint Romain
Saint Romain le Puy (Loire) : le prieuré saint Romain
Saint Romain le Puy (Loire) : le prieuré saint Romain. L’abside
Saint Romain le Puy (Loire) : le prieuré saint Romain. L’abside
Saint Romain le Puy (Loire) : le prieuré saint Romain. L’abside. Détail de l’appareillage
Saint Romain le Puy (Loire) : le prieuré saint Romain. L’abside. Détail de l’appareillage
Saint Romain le Puy (Loire) : le prieuré saint Romain. L’abside. La nef
Saint Romain le Puy (Loire) : le prieuré saint Romain. L’abside. La nef

1.2.3.9. Aquitaine

L'Aquitaine connaît aussi le renouveau de l'an mille à Nouaillé, Saint-Hilaire de Poitiers (Basilique ruinée par les Normands, reconstruite et consacrée en 1049 ; restes du transept et du clocher), Saint Pierre de Lesterps (vers 1050) et Cellefrouin (1060).

Nouaillé Maupertuis (Vienne) : abbaye Saint Junien
Nouaillé Maupertuis (Vienne) : abbaye Saint Junien
Nouaillé Maupertuis (Vienne) : abbaye Saint Junien. Flanc nord
Nouaillé Maupertuis (Vienne) : abbaye Saint Junien. Flanc nord
Nouaillé Maupertuis (Vienne) : abbaye Saint Junien. Vue de la nef vers le chœur
Nouaillé Maupertuis (Vienne) : abbaye Saint Junien. Vue de la nef vers le chœur
Nouaillé Maupertuis (Vienne) : abbaye Saint Junien. La tour de croisée
Nouaillé Maupertuis (Vienne) : abbaye Saint Junien. La tour de croisée
Nouaillé Maupertuis (Vienne) : abbaye Saint Junien. Chapiteaux
Nouaillé Maupertuis (Vienne) : abbaye Saint Junien. Chapiteaux
Poitiers (Vienne) : saint Hilaire. Le chevet
Poitiers (Vienne) : saint Hilaire. Le chevet
Lesterps (Charente) : église saint Pierre
Lesterps (Charente) : église saint Pierre
Lesterps (Charente) : église saint Pierre. La nef
Lesterps (Charente) : église saint Pierre. La nef
Lesterps (Charente) : église saint Pierre. Le porche ou galilée
Lesterps (Charente) : église saint Pierre. Le porche ou galilée

1.2.3.10. Les églises de pèlerinage

Le type église de pèlerinage (voûte en berceau sur doubleaux, tribunes sur bas-côtés, déambulatoire et absidioles) apparaît à la fin du siècle : Sainte Foy de Conques (1065), Saint Martial de Limoges (1093), Saint Etienne de Nevers (1097).

Conques en Aveyron : Sainte Foy, vue générale
Conques en Aveyron : Sainte Foy, vue générale
Conques en Aveyron : Sainte Foy, la façade de l’abbatiale
Conques en Aveyron : Sainte Foy, la façade de l’abbatiale
Conques en Aveyron : Sainte Foy, l’intérieur de l’abbatiale
Conques en Aveyron : Sainte Foy, l’intérieur de l’abbatiale
Conques en Aveyron : Sainte Foy, l’intérieur de l’abbatiale. La croisée et les tribunes
Conques en Aveyron : Sainte Foy, l’intérieur de l’abbatiale. La croisée et les tribunes
Conques en Aveyron : Sainte Foy, l’intérieur de l’abbatiale. Elévation de la nef, coté nord
Conques en Aveyron : Sainte Foy, l’intérieur de l’abbatiale. Elévation de la nef, coté nord
Conques: Sainte Foy, le tympan : partie gauche : les élus sur deux registres
Conques: Sainte Foy, le tympan : partie gauche : les élus sur deux registres
Conques: Sainte Foy : chapiteaux de l’abbatiale
Conques: Sainte Foy : chapiteaux de l’abbatiale

1.2.4. Les écoles européennes

1.2.4.1. Espagne

L’influence française est très nette : celle du Poitou à Saint Martin de Fromista (1060), du Languedoc à la cathédrale de Jaca, au narthex de Saint Isidore de Leon, à Saint Jacques de Compostelle ; celle de Cluny à l'abbaye de Sahagun et le long de la route de Compostelle...

Fromista : église saint Martin. Vue générale
Fromista : église saint Martin. Vue générale
Fromista : église saint Martin. Vue générale ; le chevet.
Fromista : église saint Martin. Vue générale ; le chevet.
Fromista : église saint Martin. La nef centrale.
Fromista : église saint Martin. La nef centrale.
Fromista : église saint Martin. La croisée et la coupole.
Fromista : église saint Martin. La croisée et la coupole.
Fromista : église saint Martin. Chapiteaux.
Fromista : église saint Martin. Chapiteaux.
Jaca : la cathédrale San Pedro
Jaca : la cathédrale San Pedro
Jaca : la cathédrale San Pedro. La nef
Jaca : la cathédrale San Pedro. La nef
Leon : collégiale saint Isidore
Leon : collégiale saint Isidore
Leon : collégiale saint Isidore
Leon : collégiale saint Isidore
Sahagun : l’église San Lorenzo
Sahagun : l’église San Lorenzo
Sahagun : l’église San Lorenzo. Détail du chevet
Sahagun : l’église San Lorenzo. Détail du chevet
Sahagun : l’église San Lorenzo. La tour
Sahagun : l’église San Lorenzo. La tour

1.2.4.2. Angleterre

L’influence normande est prépondérante en Angleterre : Cathédrale de Durham (1094 avec voûtes à ogives, donc pré gothique) ; chapelle Saint Jean à la Tour de Londres, crypte de la cathédrale de Canterbury, abbatiale de Saint Albans (1077) ; cathédrales de Lincoln (1092), Winchester (1093), Ely (1080), Gloucester (1089), Norwich (1096).

Durham : la cathédrale, vue générale
Durham : la cathédrale, vue générale
Durham : la cathédrale, la nef
Durham : la cathédrale, la nef
Durham : la cathédrale, la croisé
Durham : la cathédrale, la croisé
Canterbury : la crypte de la cathédrale
Canterbury : la crypte de la cathédrale
Ely, la cathédrale : La nef centrale
Ely, la cathédrale : La nef centrale
Gloucester : cathédrale saint Pierre et sainte Trinité. Le Chœur
Gloucester : cathédrale saint Pierre et sainte Trinité. Le Chœur
Lincoln, cathédrale : la nef
Lincoln, cathédrale : la nef
Norwich : la cathédrale, nef
Norwich : la cathédrale, nef
Winchester: la cathédrale. La nef
Winchester: la cathédrale. La nef

1.2.4.3. Italie

L’Italie suit le plan basilical traditionnel ; la nef est couverte de charpente, le déambulatoire rare. En Lombardie, cathédrale d'Aoste, Saint Abbondio de Côme, Saint Ambroise de Milan (avec ogives). En Toscane, la cathédrale de Pise (1063s) aura une influence considérable.

Côme : Sant’Abbondio. Vue extérieure
Côme : Sant’Abbondio. Vue extérieure
Côme : Sant’Abbondio. Vue extérieure
Côme : Sant’Abbondio. Vue extérieure
Côme : Sant’Abbondio. La nef
Côme : Sant’Abbondio. La nef
Côme : Sant’Abbondio. La nef et le bas côté
Côme : Sant’Abbondio. La nef et le bas côté
Milan : l’église basilique saint Ambroise
Milan : l’église basilique saint Ambroise
Milan : l’église basilique saint Ambroise : l’intérieur
Milan : l’église basilique saint Ambroise : l’intérieur

1.2.4.4. Pays rhénans

Les pays rhénans gardent leur fidélité à l'ancien carolingien : Saint Michel de Hildesheim ; monastère de tous les Saints à Schaffhouse ; cathédrale de Spire ;

Hildesheim : saint Michel.
Hildesheim : saint Michel.
Spire : le « Kaiserdom » : vue aérienne.
Spire : le « Kaiserdom » : vue aérienne.
Spire : le « Kaiserdom » : la nef centrale.
Spire : le « Kaiserdom » : la nef centrale.
Spire : le « Kaiserdom 
Spire : le « Kaiserdom 

En Alsace : crypte de la cathédrale de Strasbourg (1028), Eschau (1050), Saint Sébastien de Neuwiller, Dompeter d'Avolsheim, Feldbach, crypte d'Andlau, Ottmarsheim (1049).

Eschau : l’abbatiale saint Trophime
Eschau : l’abbatiale saint Trophime
Avolsheim, le Dompeter
Avolsheim, le Dompeter

En Suisse, Payerne et Romainmôtier dépendent de l'influence de Cluny.

Payerne : la nef de l’abbatiale
Payerne : la nef de l’abbatiale
Payerne : l’abbatiale
Payerne : l’abbatiale
Romainmôtier : vue générale de l’abbatiale
Romainmôtier : vue générale de l’abbatiale
Romainmôtier : vue générale de l’abbatiale
Romainmôtier : vue générale de l’abbatiale
Romainmôtier : la nef centrale de l’abbatiale
Romainmôtier : la nef centrale de l’abbatiale
Romainmôtier : bras du transept de l’abbatiale
Romainmôtier : bras du transept de l’abbatiale

1.3. Sculpture

La sculpture est encore un art de recherches, fidèle à la technique du placage. Il est inspiré par les manuscrits, ivoires, bois, métaux. Le décor est très varié : motifs géométriques et floraux, animaux, personnages, monstres. Recherche d'adaptation au cadre et à la fonction décorative à partir de l'architecture.

Saint Benoît sur Loire (Loiret) : abbaye saint Fleury. Chapiteaux du porche. Damnés entourés de serpents
Saint Benoît sur Loire (Loiret) : abbaye saint Fleury. Chapiteaux du porche. Damnés entourés de serpents

1.3.1. Les chapiteaux

Les chapiteaux comportent surtout des motifs végétaux et surtout géométriques. Les personnages sont rares. La sculpture reste dans la pierre et s'en dégage peu à peu. Elle est plus proche de la gravure. Quant à la composition, elle est soit fonctionnelle (Saint Benoît sur Loire, Jaca, Silos), soit adaptée à la forme du chapiteau (trapézoïdale, cubique, hémisphérique).

Saint Benoît sur Loire (Loiret) : abbaye saint Fleury. Chapiteaux du porche : la Visitatio
Saint Benoît sur Loire (Loiret) : abbaye saint Fleury. Chapiteaux du porche : la Visitatio
Saint Benoît sur Loire (Loiret) : abbaye saint Fleury. Chapiteaux du porche : les cavaliers de l’Apocalypse et l’agneau
Saint Benoît sur Loire (Loiret) : abbaye saint Fleury. Chapiteaux du porche : les cavaliers de l’Apocalypse et l’agneau
Santo Domingo de Silos : descente de Croix
Santo Domingo de Silos : descente de Croix
Santo Domingo de Silos : le doute de saint Thomas
Santo Domingo de Silos : le doute de saint Thomas
Jaca : la cathédrale San Pedro. Chapiteau
Jaca : la cathédrale San Pedro. Chapiteau

1.3.2. Les tympans

Le tympan à bas-relief est une création française de la fin du XIè. Le plus vieux est celui de Saint Fortunat de Charlieu (Loire); On en trouve aussi à Anzy le Duc, Neuilly en Donjon, cathédrale de Jaca (modèle de Santa Cruz de la Sera et de Saint Pierre le Vieux de Huesca).

Charlieu : église abbatiale saint Fortunat : façade occidentale et narthex
Charlieu : église abbatiale saint Fortunat : façade occidentale et narthex
Charlieu : église abbatiale saint Fortunat : portail est : tympan  représentant le Christ en gloire entouré du tétramorphe
Charlieu : église abbatiale saint Fortunat : portail est : tympan représentant le Christ en gloire entouré du tétramorphe
Anzy le Duc, église de la Trinité. Sculpture du portail
Anzy le Duc, église de la Trinité. Sculpture du portail
Neuilly en Donjon (Allier) : église sainte Madeleine : linteau et tympan du portail, vers 1140
Neuilly en Donjon (Allier) : église sainte Madeleine : linteau et tympan du portail, vers 1140

1.4. Peinture

Les églises romanes n'ont pas le caractère de nudité sévère qu'on leur a prêté. La couleur triomphait dans les fresques, mosaïques, vitraux, les chapiteaux peints (Saint Nectaire, Mozac) et les portails sculptés (Conques et Vézelay).

Mozac (Puy du Dôme) : l’abbaye saint Pierre. Le chapiteau de la résurrection, détail : l’ange annonciateur
Mozac (Puy du Dôme) : l’abbaye saint Pierre. Le chapiteau de la résurrection, détail : l’ange annonciateur
Mozac (Puy du Dôme) : l’abbaye saint Pierre. Le chapiteau des Atlantes
Mozac (Puy du Dôme) : l’abbaye saint Pierre. Le chapiteau des Atlantes
Mozac (Puy du Dôme) : l’abbaye saint Pierre. Le chapiteau des Vendanges
Mozac (Puy du Dôme) : l’abbaye saint Pierre. Le chapiteau des Vendanges

1.4.1. La peinture murale

Sur piliers et voûtes; rôle décoratif et instructif (Bible). Thèmes iconographiques inspirés de l'Orient (majestés à l'abside, séries narratives aux voûtes). Les sujets profanes sont très rares (Tribunes d'Ebreuil en Allier). Les fresques sont d'inspiration carolingienne en France (mais plus schématiques), ou Byzantines en Italie (Saint Vincent de Galliano, 1010).

Galliano : san Vincenzo : le prophète Ezéchiel
Galliano : san Vincenzo : le prophète Ezéchiel
Galliano : san Vincenzo : le martyr de saint Vincent
Galliano : san Vincenzo : le martyr de saint Vincent

1.4.2. La miniature

La miniature occupe une place majeure dans la formation de la peinture et de la sculpture romanes. Il y a quatre grands groupes :

Page du sacramentaire de l’évêque Warmandus d’Ivrée
Page du sacramentaire de l’évêque Warmandus d'Ivrée

2. Le second âge roman

Dès la fin du XIè siècle et au début du suivant, les efforts des premiers Capétiens pour organiser leur royaume, encore peu étendu mais qui s'agrandira rapidement, et y ramener la prospérité, commencent à porter leurs fruits. L'union intime de la royauté capétienne et du clergé régénéré permet au magnifique mouvement religieux réformé de se manifester dans la construction de grandes et belles églises, non seulement dans les villes, mais aussi dans les campagnes.

L’âge roman « classique » se caractérise essentiellement par ses voûtes appareillées et par le choix de solutions internes à l'édifice pour absorber et dévier les poussées engendrées par ces voûtes. Elle se distingue selon des variétés régionales (Demi berceaux sur tribunes en Auvergne et Bourgogne, berceaux brisés en Provence, absence de voûtement en Normandie…) mais aussi en fonction des routes de pèlerinages (Saint Sernin et Saint-Jacques de Compostelle sont construites sur le même modèle) et parfois en fonction des ordres auxquels elles sont affiliées (Cluny, Cîteaux…)

2.1. Les nouveautés

2.1.1. Les matériaux

Ces solutions aux problèmes de construction dépendent, pour bonne part, de la qualité des matériaux employés. Les voies romaines n'étant pas entretenues, de nouveaux chemins naissent pour répondre aux besoins de la féodalité et des grands ordres monastiques, de Cluny notamment qui est en rapports constants avec tout l'Occident.

Toulouse (Haute Garonne) : basilique saint Sernin. Tour de croisée et transept sud
Toulouse (Haute Garonne) : basilique saint Sernin. Tour de croisée et transept sud

La facilité des transports par eau explique des parentés et des rapprochements entre des monuments construits sur les rives d'un même fleuve ou près des ports maritimes. Ailleurs, les architectes utilisent le plus possible la pierre, la chaux et le sable des carrières proches, le bois des forêts voisines : roches volcaniques et granits du Centre et de Bretagne, arkose d'Auvergne, craie de Champagne, calcaires tendres de l'Ouest, calcaires durs de Bourgogne et du Nivernais, de Caen, de Vernon, de Saint-Leu, grès des Vosges, briques du Languedoc, marbre des Pyrénées. Ces matériaux, très différents comme grain, comme résistance, comme couleur même, sont taillés à la laye en bel appareil, et l'on sait quelle admiration avaient les chroniqueurs du XIè siècle pour les monuments construits en pierre de taille « ex quadris lapidibus » : Saint Remi de Reims, Saint Benoît sur Loire, la crypte de la cathédrale d'Apt. Ce bel appareil, très régulier, donne l'échelle de l'édifice. Souvent, ces pierres portent la signature de celui qui les a taillées, aussi pouvait-on surveiller le travail et payer l'ouvrier à la tâche. Parfois aussi, des marques de pose indiquaient au maçon la mise en place prévue par l'architecte.

Saint Benoît sur Loire (Loiret) : abbaye saint Fleury. Le chevet
Saint Benoît sur Loire (Loiret) : abbaye saint Fleury. Le chevet

2.1.2. Plans

Le plan est tracé sur le sol au moyen de cordeaux, après le nivellement de l'emplacement. Puis, sur le plan, on dessine l'élévation, en utilisant sans doute des formules géométriques et des relevés conservés secrètement dans les ateliers. Les fondations, presque toujours enfoncées profondément dans le sol, nécessitent un cubage de matériaux considérable, et l'on y emploie, avec de gros blocs de libage, les pierres provenant de monuments antérieurs. Lorsqu'il s'agit d'une église, on remploie en effet les matériaux anciens qui, selon Pierre le Chantre, le célèbre théologien de la fin du XIIè siècle, ayant été consacrés par la dédicace au service de Dieu, ne peuvent être convertis à des usages vulgaires.

2.1.2.1. Plan basilical

Les plans, bien que très variés, présentent cependant pour toute la France, une certaine unité due aux nécessités du culte et de la liturgie. Tout au plus peut-on reconnaître, çà et là, des groupes d'églises témoignant de caractères communs nettement accusés.

Les églises à nef unique, très nombreuses dans l'Ouest, le Midi et le sud-est de la France, sont d'importance modeste, surtout lorsque les voûtes en berceau, difficiles à contrebuter, ont été employées. Les églises couvertes de files de coupoles font exception. Les grandes églises ont un narthex entre deux tours, une nef à collatéraux, rarement doubles, un transept et un chœur en hémicycle ; dans les régions où s'impose l'influence ottonienne, on voit parfois une seconde abside à l'ouest aux cathédrales de Verdun, de Besançon et de Nevers par exemple et un transept occidental (cathédrale de Liège, église Sainte Gertrude de Nivelles). Il y a aussi, le plus souvent en Auvergne et dans les provinces avoisinantes, une vaste tribune aménagée au dessus du narthex ou du porche occidental et ouverte largement sur la nef. Dans les églises importantes, le chœur est développé pour le déploiement des grandes cérémonies, et pour faciliter l'accès des fidèles au tombeau du saint dont les reliques attirent les foules. Ce peut être soit un chœur de plan dit bénédictin, soit un grand sanctuaire à déambulatoire et chapelles rayonnantes. Ainsi passe-t-on du maigre sanctuaire en hémicycle des basiliques chrétiennes primitives - qui restera la règle en Orient - au chœur imposant caractéristique des grandes églises romanes et gothiques.

Saint Nectaire (Puy du Dôme) : vues de l’église du prieuré
Saint Nectaire (Puy du Dôme) : vues de l’église du prieuré

Ce type architectural apparaît à peu près en même temps dans la zone ottonienne et dans la zone française, sous l'influence du développement du culte des reliques.

On avait, dès l'époque mérovingienne et carolingienne, construit à l'est du sanctuaire abritant les corps saints, une rotonde ou un oratoire polygonal, tréflé ou quadrilobé, destiné à rassembler les fidèles près du tombeau sacré, chapelle toute proche des reliques du saint patron, elles mêmes déposées sous l'autel du sanctuaire, au dessus du sol. Tandis qu'en Orient le « martyrium » qui abrite les reliques conserve son autonomie de chapelle plus ou moins détachée de la grande église, en Occident où ce culte connaît un succès beaucoup plus durable, il impose des transformations dans le chœur et la crypte qui conserve les reliques. Au dessus de celle-ci, généralement voûtée, et qui peut être creusée dans le sol ou se trouver au même niveau que la nef, on place l'autel, autour duquel s'ordonne le chœur surélevé et voûté, et qu'entoure un déambulatoire. Cette galerie permet aux pèlerins de circuler sans troubler les offices célébrés au chœur et d'approcher les corps saints, dont on aperçoit par d'étroites ouvertures les tombeaux dans la crypte. Bientôt, dans cette dernière, un déambulatoire enveloppera le tombeau du saint. Crypte et chœur seront donc de plan semblable et aussi vastes l'une que l'autre ; mais à mesure que s'écoule le XIIè siècle, les vastes cryptes disparaîtront quand les corps des saints patrons, au lieu d'être présentés aux fidèles dans un caveau sous l'autel du sanctuaire, seront placés dans les châsses et élevés sur le maître-autel.

Saint Léonard de Noblat (Haute Vienne) : la collégiale. Tour et chevet
Saint Léonard de Noblat (Haute Vienne) : la collégiale. Tour et chevet

2.1.2.2. Autres plans

Si les édifices de plan basilical restent les plus nombreux à l'époque romane, les maîtres d'oeuvre emploient aussi pour leurs églises et chapelles des plans variés suivant les traditions venues de l'Antiquité, de Byzance, d'Asie Mineure et déjà adoptés aux temps mérovingiens et carolingiens.

Le plan tréflé - des absides identiques à celle du chœur terminent les bras du transept - se rencontre assez souvent; c'est une survivance carolingienne demeurée très vivace en Rhénanie et qui s'est maintenue jusqu'à l'époque moderne. Certains ont voulu y voir l'intention d'honorer la Trinité; c'est plus sûrement en son honneur que fut élevée l'église de Planès en Roussillon dont le plan, en forme de triangle équilatéral, comporte une absidiole sur chaque côté.

On trouve employé pour quelques monuments exceptionnels – Sainte Croix de Quimperlé, Lanleff - et pour les chapelles d'hôpitaux et funéraires, un plan rayonnant, que ces constructions soient polygonales (Maison Dieu de Montmorillon, Saint Michel d'Entraygues près d'Angoulême) ou circulaires, comme au cimetière de Chambon, en Auvergne. D'autres chapelles encore, toujours de même plan, s'attachent au flanc des cathédrales, chapelles épiscopales sur une crypte abritant la sépulture des évêques, comme à Senlis, ou surmontées d'un étage où était enfermé le trésor.

Lanleff : le sanctuaire dit « le temple ». XIè siècle
Lanleff : le sanctuaire dit « le temple ». XIè siècle

Il ne faut pas confondre ces monuments funéraires avec les chapelles élevées en l'honneur du Saint Sépulcre généralement circulaires à l'image de la rotonde de Jérusalem, et bâties contre le sanctuaire dont elles forment une annexe : c'est le cas à Neuvy-Saint Sépulcre et à Saint Léonard. Parfois un reliquaire monumental, de pierre, s'inspire du Saint Sépulcre lui-même. Ainsi en est-il en Angoumois à La Boulonnie et à Aubeterre dans la curieuse église monolithe Saint Jean, sans doute creusée au XIIè siècle dans la falaise calcaire. Ce type d'église souterraine, tout à fait exceptionnel en France, se retrouve à Saint Emilion, à Saint Georges de Gurat, dans quelques petites chapelles tourangelles et en Auvergne, aux grottes de Jonas.

Neuvy-Saint-Sépulcre (Indre) : la basilique. La nef
Neuvy-Saint-Sépulcre (Indre) : la basilique. La nef

2.1.3. Voûtes et charpentes

L'esprit nouveau se traduit encore par les efforts des architectes pour articuler la construction : murs en pierre de taille chaque fois que les matériaux locaux le permettent ; travées bien marquées ; carré du transept et croisillons nettement différenciés de la nef et du chœur. Les voûtes apparaissent dans le Midi et le sud-est de la France, puis en Bourgogne et dans l'Ouest au XIe siècle et surtout au début du XIIè siècle. Elles sont en berceau sur la nef et le chœur, en cul-de-four sur les absides et les absidioles, d'arêtes sur la crypte, le narthex et les collatéraux, sauf en Provence, où l'on emploie, pour ceux-ci, les voûtes en quart de cercle ; une coupole couvre le carré du transept. Un groupe bien déterminé, dans le sud-ouest, utilise pour la nef, le transept et le chœur des files de coupoles, sur pendentifs le plus souvent. Dans certaines régions, en Normandie, dans le Nord et l'Est, où des voûtes d'arêtes étaient employées parfois au chœur, on attendra, pour couvrir le vaisseau central, que l'usage de la voûte sur croisée d'ogives, montées en saillie sous les arêtes qu'elles renforcent et dont elles facilitent la construction, permette de lancer des voûtes à une grande hauteur sur des surfaces larges et bien éclairées.

Ailleurs, en Poitou par exemple, suivant le témoignage d'un chroniqueur écrivant vers 1130, c'est seulement au XIIe siècle que l'on prend l'habitude de monter des voûtes de pierre à la place des couvertures de bois afin de protéger les édifices contre les dangers d'incendie.

Suivant la qualité des matériaux employés, les voûtes sont construites en blocage ou en claveaux taillés. De place en place, des arcs doubleaux, divisent en tranches la voûte longue et difficile à équilibrer qu'elle soit en berceau ou d'arêtes. Il n'y a pas de doubleaux, ou tout au plus un ou deux, sur toute la longueur de la nef en Auvergne et seulement, d'ailleurs, sur des églises de petites dimensions.

2.1.4. Elévation

L'élévation varie suivant qu'il s'agit d'églises voûtées ou non. Dans les premières, les murs sont épais, et épaulés par de puissants contreforts pour résister aux poussées des voûtes en berceau et des voûtes d'arêtes, ou pour porter le poids très lourd des coupoles. Les piliers des grandes arcades sont cruciformes, souvent à plusieurs ressauts et renforcés de colonnes qui reçoivent à la fois les retombées des doubleaux de la nef et des collatéraux et les grandes arcades. Au-dessus, le mur nu ou décoré d'une arcature, puis les sommiers de la voûte. Dans certains édifices, en Auvergne, surtout, et dans les grandes églises de pèlerinage, des tribunes sont montées sur les collatéraux et les voûtes de celles-ci, généralement en quart de cercle, reçoivent les poussées de la voûte principale. Parfois on contrebute cette dernière en couvrant les collatéraux de berceaux transversaux - par rapport à l'axe de la nef et contigus les uns aux autres -, type de construction logique et solide qu'adopteront rapidement les Cisterciens et qu'ils transporteront en Suisse, en Angleterre, en Allemagne et jusqu'en Suède.

Architecture romane : élévation de trois travées à trois étages : grandes arcades, tribunes, fenêtres hautes
Architecture romane : élévation de trois travées à trois étages : grandes arcades, tribunes, fenêtres hautes

Dans toutes ces églises, l'éclairage intérieur, très médiocre, est assuré seulement par les fenêtres du chœur et les fenêtres basses des collatéraux ; la nef reste obscure. Dans de rares édifices : Cluny et quelques églises de son type, des fenêtres ont été percées entre les sommiers des voûtes hautes et l'arcature ornant le mur contre lequel s'appuie la couverture du collatéral.

Architecture romane : élévation romane à trois étages : grandes arcades, tribunes, fenêtres hautes
Architecture romane : élévation romane à trois étages : grandes arcades, tribunes, fenêtres hautes

Les églises couvertes de charpente apparente, avec ou sans tribune au dessus des collatéraux, bénéficient d'une abondante lumière car les murs, relativement minces, sont percés de grandes fenêtres ; une étroite galerie court parfois à l'appui des fenêtres hautes. Dans ces églises, singulièrement en Normandie, l'armature des piliers portant les grandes arcades se prolonge jusqu'au bout des murs pilier cruciforme, colonnes regardant vers la nef, contrefort extérieur - et constitue un noyau résistant qui raidit le mur gouttereau.

2.1.5. Clochers

Les clochers sont nombreux et puissants, clocher porche au dessus de l'entrée de l'église, clochers flanquant la façade, clochers dressés dans l'angle du chœur et du transept, clocher monté à la croisée du transept sur une coupole sur trompes, plus rarement sur pendentifs. Ce dernier, en général octogone, tandis qu'on bâtit les autres sur plan carré. Certains présentent des caractères particuliers.

Saint Martin de Boscherville : l’abbatiale Saint Georges. Façade
Saint Martin de Boscherville : l’abbatiale Saint Georges. Façade

2.1.6. Caractères régionaux

Sans vouloir conserver au terme d'école tout ce que ce terme comporte de rigide et de dogmatique, sans oublier les efforts faits pour les caractériser et en tracer les limites, il s’agit d’être très prudent en matière de classement et de catégorisation. On ne peut cependant nier l'existence de ressemblances entre églises de telle ou telle province.

Certains monuments ont exercé autour d'eux une influence profonde et très visible. Des groupes se forment, présentent des caractères communs dans le plan, l'élévation, le système de voûtement, les solutions employées pour équilibrer les masses, dans la décoration enfin.

Ces groupes d'églises peuvent être assez différents les uns des autres suivant les régions : survivance des traditions artistiques de l'Antiquité ou au contraire, prédominance des souvenirs celtes et barbares ; influences hispano-mauresques, mérovingiennes, carolingiennes ; qualité du matériau employé ; nécessité d'éclairer plus ou moins, d'après la latitude (nord ou midi) ; degré de civilisation, richesse du pays ; programme imposé par les clercs, influence locale de tel ou tel ordre religieux puissant ; rayonnement d'une région voisine : Rhénanie, Italie, Espagne ; présence d'un « monument type » particulièrement admiré servant de modèle, ou d'un artiste novateur : telles sont les principales raisons qui président à l'origine de ces groupements.

2.2. Ile de France, Vermandois, Champagne

Carte du Nord et de l’est romans
Carte du Nord et de l’est romans

Placée au centre du domaine royal, l’Ile de France bénéficie spécialement de l'aide des Capétiens.

2.2.1. Caractéristiques générales

Hormis Sain Germain des Prés, les églises romanes sont de petites dimensions, couvertes de plafonds ou de charpentes, peu nombreuses, car elles ont presque partout été remplacées par des constructions gothiques.

Paris : Saint Germain des Prés : la tour romane
Paris : Saint Germain des Prés : la tour romane

Le plan basilical se compose d’une nef à bas-côtés, d’un transept à absidioles, d’un chœur en hémicycle ou à chevet plat. Le déambulatoire se rencontre à Poissy et dans les cryptes de l'abbatiale de Saint Denis et de la cathédrale de Chartres. Les voûtes en cul-de-four couvrent abside et absidioles. A la croisée se dresse parfois une lanterne ou une tour sur coupole. Les grandes arcades, en plein cintre ou brisées, généralement à double rouleau, retombent sur des piles rectangulaires, des colonnes, des piles cruciformes flanquées ou cantonnées par deux ou quatre colonnes.

Saint Loup de Naud : église du prieuré bénédictin
Saint Loup de Naud : église du prieuré bénédictin

Des colonnettes portant les voussures surmontées parfois d'un gâble plein encadrent le portail, qui peut être aussi précédé d'un porche ouvert à l'extérieur par des baies géminées de chaque côté de la porte d'entrée, ou par de petites arcatures supportant la charpente.

Saint Loup de Naud : église du prieuré bénédictin. Parties romanes de l’église
Saint Loup de Naud : église du prieuré bénédictin. Parties romanes de l’église

Les clochers sont latéraux ou centraux ; certains forment porche devant la façade ou se dressent suivant une tradition carolingienne à l'aisselle du chœur et du transept comme à Morienval et autrefois à Saint Germain des Prés. Les baies en plein cintre se brisent vers le milieu du XIIè siècle et la tour se couvre d'une bâtière (Gassicourt) ou d'une flèche octogonale comme en Normandie.

Gassicourt (Yvelines) : église, ancienne chapelle du Prieuré bénédictin de Saint-Sulpice
Gassicourt (Yvelines) : église, ancienne chapelle du Prieuré bénédictin de Saint-Sulpice

2.2.2. Les édifices