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Le ghetto de Stanislawow

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9. L’activité économique

Après le carnage de mars et d'avril 1942, ceux qui restent vivants cherchent fiévreusement des postes clés dans les entreprises les plus importantes qui leur garantissent de rester dans la catégorie « A ». En avril et mai, plusieurs nouveaux ateliers sont créés, comme un atelier de menuiserie rue Dluga, une filature rue Halicka qui emploie 300 femmes (dans la maison de retraite qui avait été liquidée), et une usine de semelles de chaussure rue Belwederska. Le Judenrat fait fonctionner des ateliers pour des tailleurs, des cordonniers, des fourreurs, des fabricants de chapeaux, des tisserands, des horlogers, des étameurs, des électriciens et des peintres d’enseignes. Mais ne sont acceptés que les artisans qui possèdent leurs propres outils et machines. Quelques ouvriers arrivent à obtenir des postes par corruption. Ces ateliers fabriquent des produits pour les Allemands ou pour les « Aryens ». Le Judenrat installe une section de contrôle afin de surveiller ces nouvelles entreprises. Ces ouvriers sont très mal payés, puisque c’est le Judenrat qui verse les salaires après en avoir prélevé une grande partie pour son fonctionnement. Le Judenrat créé également un « Baudienst » (service de construction) qui emploie plusieurs centaines de personnes, ainsi qu’un groupe spécial de 200 hommes qui travaille dans la démolition et le bâtiment pour le gouvernement. Le lieu de travail le plus important est le « Wirtschaftshof » de la Gestapo près de l’ancienne briqueterie Urman, qui emploie 400 Juifs dans la construction des bâtiments puis dans les travaux agricoles. Le « Wirtschaftshof » s’occupe d’agriculture et produit bétail, volaille, légumes et de fruits. Il possède aussi des équipements sportifs. LaShupo locale rivalise avec la Gestapo et créé son propre « Wirtschaftshof » où elle utilise 70 juifs.

Cette productivité intensive n'améliore en rien le sort de la population, qui continue à souffrir de la faim. Les pauvres s’alimentent de plantes sauvages qui causent dysenterie et typhus intestinal. Le Judenrat tente d'installer des jardins maraîchers pour cultiver des légumes dans les terrains vagues du ghetto. Il créé pour cela la section agricole qui fourni à ceux qui sont intéressés de petites sommes d'argent pour l’achat de graines ou de plants. Un grand champ est même cultivé rue Bosacka, près de l'usine de gaz, et apparemment le Judenrat a pu le moissonner. Il semble que cette ferme du ghetto, installée en avril-mai 1942 ait employé près de 400 ouvriers agricoles avec deux surveillants.

L’activité économique ne stoppe cependant pas le processus sanglant de la liquidation des juifs de Stanislawow. L’idéologie garde la priorité absolue. La police allemande mène très fréquemment des « expéditions » dans le ghetto à la chasse aux juifs de la catégorie « B », des contrebandiers et des travailleurs clandestins. Les personnes arrêtées en train de « trafiquer », particulièrement aux points névralgiques (portes du ghetto) sont envoyées, en fonction des humeurs des gardes ou des policiers, au dépôt « Rudolf », même si elle sont titulaires de la carte de catégorie « A ». Ce qui signifie inéluctablement la mort. Le dépôt sert également de transit pour les juifs des villes et villages environnants comme Kalusz, Halicz, Nadworna, Tlumacz, Wojnilow, etc... Ce dépôt, ainsi que le bâtiment voisin, l'ancienne usine de Shutzman, peut contenir jusqu’à 3.000 personnes… en « tassant » bien. Les victimes y sont gardées souvent plusieurs jours, sans nourriture ni eau, le temps de constituer un convoi… Puis elles sont transportés à la gare et déportés à Belzec, ou emmenées au cimetière pour y être massacrées par les policiers allemands et ukrainiens. Occasionnellement, il y a également des exécutions au sous-sol ou dans la cour du dépôt. Très peu de juifs s'échappent de ce dépôt, gardé par la police ukrainienne et juive (sous les ordres de Zygo Weiss). Quelques uns y arrivent en versant d’énormes dessous de table ou en faisant intervenir des connaissances très haut placées. Les pompiers juifs aident les victimes avant les massacres et après les exécutions trient les effets, les livrent aux autorités, enterrent les corps et nettoient le secteur de l’exécution.

À fin juin ou juillet 1942, la situation des résidents de ghetto empire : La surveillance du travail est désormais assurés par la Gestapo. La section juive de travail est liquidée. Le nombre de juifs employés dans les usines et les établissements allemands est sensiblement réduit. En outre, les Juifs sont désormais obligés de quitter le ghetto pour le travail uniquement en groupes, gardés par des Allemands et des Ukrainiens. Le passage entre le ghetto et le côté « Aryen » se fait désormais par une seule porte (rue Belwederska), et la surveillance en devient beaucoup plus rigoureuse. Un jour, les membres du Judenrat sont tenus de se présenter au siège de la Gestapo. Lamm, Goldstein, Vogel, Horowitz, et Eckhaus, les principaux responsables du Judenrat, sont emmenés dans la forêt de Pawelcze avec un groupe de Juifs travaillant pour les fonctionnaires allemands de la ville, et y sont exécutés. Seul en revient Goldstein., nommé président du nouveau Judenrat, à son corps défendant. En secret il prépare une évasion en Hongrie, qui d’ailleurs échouera. Le nouveau Judenrat se compose de 24 personnes. Puis les Allemands vident pour la dernière fois le dépôt « Rudolf ». Il y reste plusieurs centaines de Juifs de la ville et des villages voisins. Ils sont fusillés dans le cimetière avec Zygo Weiss et ses policiers. Dans le dépôt désormais vide les Allemands installent des ateliers d'habillement

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