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Le ghetto de Vilnius

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3. L’établissement du ghetto

Le matin du 6 septembre 1941, tous les Juifs sont obligés d’abandonner leurs demeures et d’entrer dans les ghettos. 3 000 d’entre eux, incapables de se déplacer ou malades, sont emmenés à Ponary au bord des fosses… Deux ghettos sont ouverts, séparés par la rue Niemiecka, qui, située hors des limites des deux ghettos sert de barrière entre eux. Une barrière en bois entoure chaque ghetto, et les entrées des maisons donnant sur l'extérieur sont murées. Chaque ghetto a seulement une entrée, placée aux extrémités opposées des ghettos. Au début, les gens sont entassés au hasard dans l'un ou l'autre ghetto : 29.000 personnes dans le ghetto 1 et 11 000 dans le ghetto 2. Les conditions sont les mêmes que celles des autres ghettos… Dans les 72 bâtiments que compte le ghetto 1, chaque habitant dispose d’une surface de 1,5 à 2m². De plus, les massacres continuent : cela devient le quotidien des ghettos. Chaque jour des Juifs sont abattus par les membres de l’Einsatzkommando.

Quelques jours après l’ouverture du le ghetto s’effectue une nouvelle répartition : Le ghetto 1 est réservé aux « Juifs du travail » et leurs familles, le ghetto 2 à tous les autres. Le transfert des orphelins, des malades et des personnes âgées du ghetto 1 au ghetto 2 et vice-versa commence. Ceux qui possèdent des permis de travail se déplacent avec leurs familles dans le ghetto 1. Le 15 septembre, la police de ghetto ordonne en soirée à ceux du ghetto 1 sans permis de travail de se rendre dans le ghetto 2 pour éviter le surpeuplement. 3.000 personnes se dirigent vers le deuxième ghetto ; 600 seulement passent sa porte. Les autres, pris, sont emmenés à la prison de Lukiszki puis à Ponary où ils sont exécutés.

Le 7 septembre 1941, le jour après la création du ghetto, un Judenrat est établi dans chacun des deux ghettos. Anatol Fried, un ingénieur, est nommé président du Judenrat du ghetto 1 et Eisik Lejbowicz président du ghetto 2. Une force de police juive est créée, commandée par Jacob Gens, un nom qui va marquer l'histoire du ghetto. Alors que le conseil du ghetto 1 compte dans ses membres des militants et membres de partis politiques, des personnages publics et des intellectuels, celui du ghetto 2 est composé de personnes beaucoup moins actives et peu aptes à le diriger. En raison de cette incapacité, les membres de conseil du ghetto 2 invitent des personnalités connues et des intellectuels à devenir membres du conseil.

Le transfert des ghettos dure du 15 septembre au 21 octobre. Les Allemands en profitent pour monter une « Aktion », l’« Aktion Yom Kippour », le 1 octobre 1941 : 3.000 Juifs sont transférés à Ponary. Dans les jours qui suivent, 3 autres « Aktionen » touchent le ghetto 2 : les 3 et 4 octobre, les 15 et 16 octobre et le 21 octobre. Au soir du 21 octobre, le ghetto 2 a cessé d’exister. Ses habitants reposent dans les fosses de Ponary…

Le 23 octobre 1941, Murer fait distribuer 3.000 « Scheine » (certificats de travail) jaunes aux Juifs du ghetto 1 sélectionnés pour le travail. Ce « Gelbschein » permet à son porteur d'enregistrer trois membres de sa famille, qui ont droit à des certificats bleus, le mettant dans une situation de choix absolument épouvantable : qui sauver ? Qui sacrifier ? Chacun doit choisir entre ses parents, son épouse, ses enfants ou ses frères et soeurs. Ceux qui sont célibataires ou sans enfant choisissent parmi leurs amis et les présentent comme leurs épouses, leurs enfants ou leurs parents… Des neveux passent pour des fils, des pères pour maris, des épouses pour enfants, des mères pour épouses… Ceux qui n’ont pas de « Schein » sont irrémédiablement condamnés.

Le 24 octobre et le 3 novembre ont lieu des « Gelbschein Aktionen » faisant en tout 9.000 victime, bien plus que celles qui n’ont pas de « Schein »… En décembre, suivent encore d’autres massacres, de moindre dimension. En outre 3.500 Juifs, qui s'étaient sauvés de Vilnius vers d’autres villes biélorusses et vers les villages environnants, ou qui se cachaient à Vilnus même, mais hors du ghetto, sont attrapés et massacrés… La population « légale » officielle du ghetto est alors de 12.000 personnes. En réalité il y en a 3.000 de plus qui réussissent malgré tout à se cacher dans le ghetto ou dans la ville « aryenne »…

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