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Alsace : la maison alsacienne

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5. Parcours régional

La maison d’Alsace Bossue
La maison d’Outre Forêt
La maison du pays de Hanau
La maison du Kochersberg
La maison du Ried Nord ou Uffried
La ceinture de Strasbourg et la Grande Plaine
La maison du Ried
La maison du Val de Villé
La maison du vignoble
La maison de la plaine de Haute Alsace
La maison de montagne
La maison du Sundgau
La maison de la ville

5.8. La maison du Val de Villé

Le Val de Villé : vue de l’entrée de vallée des hauteurs de la montagne du Haut Koenigsbourg. A droite on distingue l’Ortenbourg. Au centre, l’Ungersberg. (La maison alsacienne)
Le Val de Villé : vue de l’entrée de vallée des hauteurs de la montagne du Haut Koenigsbourg. A droite on distingue l’Ortenbourg. Au centre, l’Ungersberg. (La maison alsacienne)

Le Val de Villé occupe une position privilégiée comme lieu de passage entre le plateau lorrain et la plaine d'Alsace. Au Moyen Age, les ducs de Lorraine et les Habsbourg s'assurèrent le contrôle de cette voie économique et stratégique. Le Val de Villé a gardé des empreintes profondes des influences lorraine et alsacienne qui ont modelé, au cours des siècles, son patrimoine culturel. Ce double héritage roman et germanique est révélé clairement par l'architecture rurale. Dans leur grande majorité les maisons paysannes du Val de Ville appartiennent au groupe de l'habitat vosgien. Cependant, dans certains villages dialectophones comme Breitenbach ou bâtis, il existe quelques exemplaires d'un type d'habitat sensiblement différent : les maisons à étable et cellier contigus, pratiquement inconnues ailleurs en Alsace.

5.8.1. La ferme vosgienne du val de Villé

5.8.1.1. Généralités

La ferme vosgienne du Val de Villé est une maison-bloc, beaucoup moins large que les fermes des Vosges lorraines, mais construite, comme elles, en pierres et subdivisée dans le sens de la longueur en trois, voire quatre travées : le logis, sous lequel se trouve le cellier, la grange, l'étable et parfois une remise plus on moins importante abritant un atelier artisanal. L'exiguïté des terres, leur morcellement et leur forte déclivité ont toujours obligé le paysan du Val de Ville à pratiquer en même temps la polyculture vivrière et l'élevage, mais aussi la viticulture et même une activité artisanale ou industrielle.

Conformément à la tradition vosgienne, les maisons sont en général parallèles à la rue, sauf dans la partie du Val débouchant sur la plaine. Souvent pour disposer d'une cour à l'avant et d'un accès au fenil à l'arrière, la maison est placée dans le sens des courbes de niveau, à moins que le constructeur n'ait décidé de tirer parti de la dénivellation pour aménager un cellier bien dégagé sous l'habitation ; dans ce cas le bâtiment est perpendiculaire aux courbes de niveau.

Le logis se trouve obligatoirement situé à l'est ou au sud du bâtiment, c'est-à-dire vers l'aval ; à l'ouest, du côté de la pluie et des vents dominants, un mur épais et sans ouverture ainsi qu'un vaste toit défendent la maison contre les intempéries.

Les fermes sont séparées les unes des autres, mais au centre de certains villages, comme Neuve-Eglise, Maisongoutte, Steige, la place étant rare, il existe des maisons jointives par les pignons. Comme en Lorraine, on trouve parfois des constructions jointives par le pignon arrière et organisées symétriquement par rapport à ce dernier.

La cour remplit les fonctions de l'usoir lorrain. A l'arrière, près de la remise, se dresse, pendant la belle saison, la pile de bois à scier. En bordure de la rue et en face de l'étable, le tas de fumier. Devant le logis est aménagé un jardin potager qui s'étend jusqu'à la limite parcellaire. L'arrière du bâtiment est réservé au verger, si toutefois la pente du terrain le permet.

5.8.1.2. Le toit

Le Val de Villé : vue sur l’Ungersberg, Saint Maurice, Saint Pierre Bois et l’église Saint Gilles. (La maison alsacienne)
Le Val de Villé : vue sur l’Ungersberg, Saint Maurice, Saint Pierre Bois et l’église Saint Gilles. (La maison alsacienne)

Jadis les maisons du Val de Ville étaient en majorité recouvertes de chaume. Au cours du XIXè siècle, ce mode de couverture est remplacé par la tuile plate selon la méthode de couverture simple (tuiles jointes bord à bord avec en dessous une échandole de bois assurant l'étanchéité).

Les toits des maisons du Val de Villé accusent en moyenne une pente de 45°, qui nécessite l'emploi d'une panne faîtière : c’est un compromis entre le toit pentu alsacien et le toit lorrain. Mais il y a beaucoup d’exceptions et on trouve des toits pointus à l'alsacienne jusqu'à Steige et des toits à pente vosgienne dès l'entrée orientale de la vallée.

Le toit à deux longs pans est souvent coupé à l'une ou même aux deux extrémités par une demi croupe, rarement par une petite croupe. Quelquefois le pignon est remplacé, surtout du côté ouest, par une croupe droite. Cette dernière peut se prolonger vers le bas par le toit d'un appentis et former à l'arrière du bâtiment un véritable bouclier contre les intempéries.

5.8.1.3. Le Logement

Les murs en pierres du logis sont recouverts d'une épaisse couche de crépi qui ne laisse à découvert que les parties des pierres taillées : chaînes d'angles et encadrements des portes et des fenêtres. Parfois les trois murs du premier étage sont à pans de bois.

L'accès du logis se fait depuis la cour par une porte pratiquée dans le mur gouttereau et ornée d'un encadrement en pierre taillée. Le linteau est souvent orné d'inscriptions et de sculptures (date de construction, initiales du propriétaire, symboles christiques, outils révélant la profession du maître des lieux…). Beaucoup de linteaux sont surmontés d'une imposte ou « haut-jour » qui éclaire le corridor.

L'aménagement intérieur suit le schéma traditionnel des maisons alsaciennes. La porte d'entrée s'ouvre sur un corridor qui aboutit à la cuisine. Entre le corridor et le mur pignon antérieur se situent deux autres pièces d'habitation : la « Stub » et une pièce plus petite servant traditionnellement de chambre à coucher pour les enfants, la « Kammer ». Cette pièce donne sur l'arrière du logis. Primitivement aucune de ces deux chambres ne communiquait avec la cuisine froide et enfumée. Entre le corridor et la grange sont aménagées d'autres pièces réservées à l'habitation ou au travail artisanal.

Le premier étage, auquel on accède par un escalier partant du corridor reprend la subdivision du rez-de-chaussée. Le comble sert généralement de fenil. On peut trouver une ou deux chambrettes destinées à l'entreposage des céréales ou des alcools provenant de la distillation des fruits, spécialité du Val de Villé.

5.8.1.4. La grange, l’étable et la remise

La partie du bâtiment réservée à l'exploitation agricole suit la tradition lorraine. La grange est normalement contiguë au logis. Cette disposition centrale facilite le déchargement du foin des voitures sur le fenil qui occupe, de part et d'autre de la grange, à l'avant la partie libre du comble, à l'arrière le dessus de l'étable. L'accès à la grange s'effectue depuis la cour par une porte charretière cintrée encadrée de bois ou de grès. Dans certains villages existe un accès direct au fenil par l'arrière grâce à un « pont » reliant le verger au toit du bâtiment. Les murs gouttereaux sont percés de trous « aérateurs » en pierre aux formes variées.

L'étable est aménagée dans la troisième travée du bâtiment et supporte le fenil principal du bâtiment. Dans le Val de Villé, elle n'est jamais bien grande et témoigne de la pauvreté passée des paysans de la vallée. Placée à l'extrémité du bâtiment, la remise ou « Schopf » a souvent été ajoutée au bâtiment après sa construction. Bâtie du côté des vents dominants, elle protège l'arrière de la maison et sert à l'entreposage du bois de chauffage, des outils, des voitures. L'atelier du maître de maison y trouve sa place, ainsi que le four à pain et l'alambic.

5.8.1.5. Le cellier

La présence d'un cellier sous l'habitation constitue le caractère le plus original de la maison du Val de Villé. A l'exception d'Urbeis, tous les autres villages pratiquaient autrefois la culture de la vigne. De nos jours, elle ne se cultive plus qu’à bâtis et Breitenbach. Le cellier se trouve en général sous la Stub et la Kammer, les deux pièces d'habitation reposant sur un plancher. Dans les villages du haut des vallées, le cellier est profondément enterré. On y accède par un escalier d'une dizaine de marches. Dans le bas de la vallée il constitue parfois le rez-de-chaussée du logis (Maisongoutte, Triembach-au-Val). La porte du cellier peut alors jouxter la porte d'entrée de l'habitation située au premier étage. Ces maisons ressemblent fort aux demeures du vignoble alsacien, mais possèdent toujours une grange et une étable disposées à la manière vosgienne.

Le cellier communique avec la cour par l'intermédiaire d'une porte percée dans le mur gouttereau. Cette porte toujours cintrée est assez large pour livrer passage à un gros tonneau ; elle possède un encadrement en pierres taillées. La porte en bois à deux battants s'orne sur sa partie extérieure d'assemblages de planchettes fort divers, en forme de chevrons, de losanges (symbole de la fécondité) dans la partie inférieure, de soleil radiant dans le haut. Les soupiraux sont fermés à l'aide d'une pierre coulissante.

Les maisons à étable et cellier contigus.

Les villages dialectophones de Breitenbach et bâtis, situés dans deux vallons latéraux du versant nord du Val de Villé, ont conservé quelques exemplaires d'un habitat montagnard différent du type vosgien : les maisons à étables et cellier contigus. Ce sont des bâtiments monobloc, aux dimensions souvent modestes, dont l'axe est perpendiculaire aux courbes de niveau.

5.8.1.6. Le rez-de-chaussée

Le rez-de-chaussée en pierres donne à l'avant, de plein pied avec une petite cour rectangulaire ouvrant sur la rue ; que l'arrière s'enfonce dans la pente du terrain en assez forte déclivité. Le rez-de-chaussée comporte à l’avant le cellier sous la Stub, et l'étable vers l’arrière, les deux côte à côte et communiquant avec l'extérieur par deux portes. Le cellier est considéré comme le local noble et se situe donc du même côté que la porte d'entrée principale du logis. Il est doté d'une large porte cintrée ornée d'un encadrement en pierres taillées.

5.8.1.7. Le premier étage

Au premier étage se trouve le logis. Pour ses murs extérieurs, les constructeurs ont plus souvent préféré le pan de bois à la pierre. L'aménagement intérieur correspond à celui des maisons alsaciennes de la plaine. La porte d'entrée principale possède dans les maisons en pierre un linteau sculpté mentionnant la date de construction du bâtiment et les initiales du propriétaire. Cette porte communique au moyen d'un escalier de quelques marches avec la cour latérale.

5.8.1.8. Le comble

Le comble est traditionnellement réservé au fenil. On y accède de l'extérieur par une lucarne à foin installée dans le long pan du toit, ou une porte pratiquée dans le pignon arrière. Deux petites pièces, aménagées à l'avant du comble sont destinées au stockage des céréales et de l'eau-de-vie. L'une d'elles communique par une porte avec la galerie simple ou double qui orne le pignon sur route. Ces galeries sur pignon sont particulièrement nombreuses à bâtis. Leur garde-corps ajouré est souvent embelli par des figures de poutrage ou une balustrade en bois. Le toit à deux pans présente parfois une demi-croupe.

5.8.1.9. La grange

Au cours du XVIIIè siècle, sous l'influence des fermes vosgiennes que l'on construisait alors en grand nombre, on prit l'habitude d'ajouter une grange à l'arrière du logis des bâtiments déjà existants ou de l'incorporer au plan des nouvelles constructions.

5.8.2. A voir dans le Val de Villé

  • Albé : maisons de vignerons en pierre ou à colombage, sur rez-de-chaussée en pierre. Balcons sur pignons d'un type particulier. Encadrements de portes cintrés avec emblèmes professionnels ou symboles religieux. Oculi ronds ou en trèfle, en pierre de taille. Musée local des arts et traditions populaires du Val de Villé.
  • Albé : maison typique du Val de Villé. (La maison alsacienne)
    Albé : maison typique du Val de Villé. (La maison alsacienne)
    Albé : soupirail à pierre coulissante. (La maison alsacienne)
    Albé : soupirail à pierre coulissante. (La maison alsacienne)
    Albé : soupirail à pierre coulissante. (La maison alsacienne)
    Albé : soupirail à pierre coulissante. (La maison alsacienne)
    Albé: autour de l’église... (La maison alsacienne)
    Albé: autour de l’église... (La maison alsacienne)
    Albé : rue de la Fontaine. (La maison alsacienne)
    Albé : rue de la Fontaine. (La maison alsacienne)
    Albé : l’église. (La maison alsacienne)
    Albé : l’église. (La maison alsacienne)
  • Fouchy : cité du Val le Villé. Grandes maisons monobloc à porte de grange cintrée. Blason de mineur (1569) sur un linteau de fenêtre.
  • Steige : village rue au tond du Val de Ville, s'étendant sur deux kilomètres. Maisons de style vosgien, parfois accolées en bande. Linteaux de portes en grès sculptés et datés. Oculi en pierre de taille aux formes variées (disques, trèfles voire même hache de charpentier - bûcheron).
  • Urbeis : encadrements de portes en pierre de taille datés (1512, 1731, 1747, 1843...) et ornés de symboles divers (coeurs, tulipes, ostensoir...).
  • Villé : Quelques maisons Renaissance à oriels.
Villé : belle maison traditionnelle. (La maison alsacienne)
Villé : belle maison traditionnelle. (La maison alsacienne)
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