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Alsace : l’Alsace au temps des « malgré nous »

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8. L’incorporation de force

Introduction
Le décret
Résistances et désertions
Tambow
L'incorporation dans la Waffen SS
Bilan

8.3. Résistances et désertions

Quelque part sur le front en 1943 au sud de Leningrad : des Malgré Nous alsaciens.
Quelque part sur le front en 1943 au sud de Leningrad : des Malgré Nous alsaciens.
Cette incorporation de force ne se passe pas sans mal : si l'obligation de servir au R.A.D. heurtait les sentiments pro-français, elle ne présente cependant pas trop de risques ; l'incorporation forcée dans la Wehrmacht implique par contre le risque bien plus important de devoir laisser sa vie pour un pays qui n'est pas le sien. Aussi, de très nombreuses manifestations se produisent lors des départs des jeunes vers les conseils de révision ; bientôt, des incidents de plus en plus violents se multiplient, et des passages clandestins de frontières, concernant quelques fois des groupes très importants, se terminent par des échanges de coups de feu, des arrestations, des morts, puis, courant février 1943, par les premiers jugements et les premières exécutions, qui ont lieu au Struthof, le premier camp de concentration français qui vient d'entrer en service.

Jusqu’en novembre 1942, 12.000 jeunes gens prennent la fuite, et l’hémorragie continue malgré les terribles représailles exercées en cas de capture. Ainsi, le 10 février 1943,quelque 180 jeunes sundgauviens de Riespach et de 7 villages environnants passent la frontière Suisse ; le 11, ils sont suivis par 80 conscrits de la région d’Oltingue ; le 12, ce sont 18 jeunes gens de Ballersdorf, qui malheureusement tombent dans une embuscade et sont pris : un seul réussit à échapper, 3 sont abattus sur place, 13 sont emmenés au camp du Struthof, condamnés à mort et fusillés le 17 février ; le dernier décèdera dans le camp. Leurs parents, internés à Schirmeck-Vorbrück après l'assassinat de leurs enfants, sont déportés en Allemagne et leurs biens confisqués…

Outre ces tentatives de fuite collective, les évasions individuelles se multiplient, les réfractaires utilisant souvent les filières des résistants mises en place pour l’aide aux prisonniers de guerre français.

Pour stopper cette hémorragie, Wagner décrète le 1er octobre 1943 une ordonnance (« Verordnungsblatt ») consacrant la responsabilité collective de la famille en cas de défaillance d'un appelé : transplantation en Pologne et en Silésie, confiscation des biens, comparution devant le « Sondergericht » (Tribunal d'exception), tel est le sort réservé aux parents et à la famille d'un jeune qui se soustrait à l'ordre d'appel dans la Wehrmacht, sans compter les travaux forcés pour les parents qui n'auraient pas dénoncé leurs propres enfants. Même incorporés, certains furent fusillés dans leur unité pour rébellion. Près de 5.000 personnes seront ainsi déportées, et 14.000 partiront dans les camps de rééducation, dont le principal est celui de Schirmeck-Vorbrück.

La répression extrêmement brutale qui frappe tous ceux qui se sont opposés à l'incorporation de force et les mesures de transplantation prises à l'égard des familles des réfractaires incitent la plupart des « Malgré-nous » à répondre à l'ordre d'appel. Mais beaucoup d'entre eux partent avec le secret espoir de passer dans les lignes alliées à la première occasion possible.

En Alsace, on incorpore 21 classes d'âges (1908 à 1927), alors qu'en Moselle, seules les classes 1914 à 1927 sont concernées et au Luxembourg uniquement les classes 1920 à 1927. Les Alsaciens sont donc les plus nombreux à être incorporés de force. En juillet 1944, ils sont déjà près de 100.000 à être mobilisés avec 30.000 Mosellans et 10.000 Luxembourgeois. Ces effectifs forment l’équivalent de plus de dix divisions, ce qui est loin d'être négligeable.

Les « Malgré-nous » partent pour le front Russe
Les « Malgré-nous » partent pour le front Russe
La situation matérielle des familles des incorporés de force est par contre correctement assurée jusqu'en novembre 1944. Elles touchent des allocations militaires (« Familienunteralt ») qui les met à l'abri des besoins, contrairement à celles payées en 1939-1940 par les autorités françaises au taux ridiculement bas. Le loyer leur est aussi intégralement remboursé. Elles touchent l'aide médicale gratuite et peuvent percevoir, en cas de nécessité, des secours spéciaux. Les grands blessés de guerre réformés et les familles de ceux qui ont été tués bénéficient de pensions tout aussi correctes.

L'OKW (« Oberkommando der Wehrmacht »), qui fait à juste titre preuve de méfiance vis-à-vis des Alsaciens-Mosellans interdit dès décembre 1942 leur envoi à l'ouest (France, Belgique et Pays-Bas) et les dirige vers l’est. Sur le front russe où une propagande particulière est faite à leur égard, les désertions sont plus difficiles. En général, les incorporés de force sont dispersés par petits groupes dans des unités combattantes d’Allemands nationaux. Dans une telle situation, le dilemme des incorporés de force devient tragique : souvent ils n’ont d’autre choix que de combattre, car la désertion signifie la mort : repris, ils sont fusillés sur le champ par les Allemands ; pris par les Soviétiques, ils sont soit fusillés car considérés comme traîtres français à l’image des combattants de la LVF (Légion des Volontaires Français), soit internés dans des camps dont le plus sinistre est celui de Tambow.

Les désertions se font cependant de plus en plus nombreuses. Encore limitées en 1943, elles atteignent leur maximum en 1944 surtout après le débarquement en Normandie. Bon nombre de « malgré-nous » vont alors se cacher en Alsace à la suite d'une permission. L'OKW interdit toute permission à destination de l'Alsace-Moselle à partir du 6 septembre 1944 (« Urlaubsperre ») pour éviter une fuite encore plus massive. Les insoumis et les déserteurs sont activement recherchés par la « Feldgendarmerie » et toutes les forces de police.

Après avoir vécu une guerre qui n’étaient pas la leur, certains jeunes alsaciens finissent dans les camps de l’armée de Staline: photo de détenus à Tambov, le « bagne – goulag » des « Malgré nous » alsaciens...
Après avoir vécu une guerre qui n’étaient pas la leur, certains jeunes alsaciens finissent dans les camps de l’armée de Staline: photo de détenus à Tambov, le « bagne – goulag » des « Malgré nous » alsaciens...
Sur le front de l’est, 20.000 incorporés recensés se retrouvent aux mains de l’Armée Rouge : 37% ont déserté, 20% se sont laissé prendre, les 43% restant ont été fait prisonniers par les Soviétiques avec leurs frères d’armes de la Wehrmacht. Malgré les avertissements et informations répétés de la France Libre envers les Soviétiques sur le cas de ces incorporés de force, très peu sont reconnus comme tels par l’Armée Rouge, et seuls 1.500 d’entre eux, internés au camp de Tambow, sont relâchés en juillet 1942 et transférés à Alger pour être incorporés dans la nouvelle armées française libre. La plupart des incorporés sont considérés par les Soviétiques comme des Allemands et traités comme tels, fusillés ou enfermés dans des camps de prisonniers.



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