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Nazisme : le camp de concentration de Mauthausen (2ième guerre mondiale)

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5. Kommandos extérieurs

Généralités
Gusen
Ebensee
Melk
Loibl
Gunskirchen

5.3. Ebensee

5.3.1. Les débuts du camp

Ebensee : l
Ebensee : l'entrée du camp

Dans le Salzkammergut, près de Traunsee, à partir du 18 novembre 1943, le Kommando d’Ebensee fournit la main d’oeuvre au creusement d’immenses galeries souterraines de 400m de profond pour 12 usines d’armement : Siemens, Holzmann, Hermann Goering Niebelungen Werke, Solavy Werke... (Pièces pour V1, V2, dépôt de carburant...)

Le travail principal est le creusement des galeries, poursuivi vingt-quatre heures sur vingt-quatre en trois équipes de huit heures, avec des pioches et des masses, à côté de machines puissantes. Les parois, le plafond et le sol du souterrain sont cimentés au fur et à mesure que le chantier progresse. Dès qu'un tronçon est terminé, on y installe des machines destinées à la fabrication de pièces pour l'aviation, les V1 et les V2. Un autre souterrain constitue un gigantesque entrepôt de carburant.

Il n'existe aucune infrastructure pour protéger les premiers prisonniers de l'hiver autrichien, et cela augmente de manière considérable le taux de mortalité du camp. Les corps sont entassés en tas et, comme le camp ne dispose pas de crématoire, ils sont transférés à Mauthausen tous les 3 ou 4 jours afin d'y être brûlés. Les morts sont également entassés dans les rares baraques existantes. L'odeur de la mort, combinée à celles de maladies et d'infection est absolument insupportable.

Ebensee : vue générale du camp
Ebensee : vue générale du camp

Les prisonniers portent des chaussons de laine. Lorsque ces chaussons tombent en pièce, ils doivent aller travailler pieds nus. Ces conditions de vie indescriptibles s'ajoutent à un manque de nourriture chronique : la ration quotidienne consiste en un demi litre de « café » (de l'eau tiède avec du faux café), à midi de trois quarts de litre de soupe faite de pelures de pommes de terre et le soir de 150gr. de pain. Encore faut-il savoir que ces rations sont régulièrement diminuées. Très vite, les poux envahissent le camp.

Le commandant de Mauthausen Franz Ziereis envoie son homme le plus brutal pour commander le camp : Georg Bachmayer. Une des tortures favorites de Bachmayer est de lier un prisonnier avec les bras dans le dos puis de le pendre ainsi à un arbre à quelques centimètres du sol. Bachmayer lâche alors son chien, « Lord », dressé pour déchiqueter les prisonniers. Le malheureux meurt dans de longues et atroces douleurs.

5.3.2. Le camp en 1944

Ebensee : l
Ebensee : l'entrée du tunnel 8 protégées par un bunker

Début 1944, Après avoir établi son autorité et les règles à appliquer, Bachmayer retourne à Mauthausen et laisse le camp sous l'autorité d'un officier SS qui se révèle être un malade mental, l'Obersturmführer Otto Riemer. Bientôt un régime de terreur incroyable règne sur le camp. Les conditions de vie dans le camp se détériorent encore plus. Chaque jour, Riemer SS bat, torture et tue les prisonniers lui-même. Il offre des rations de cigarettes supplémentaires aux sentinelles ayant tué le plus de prisonniers. Lorsque une sentinelle n'a pas son quota de mort, elle arrache le béret d'un prisonnier et le jette dans la zone interdite près des barbelés. Le prisonnier est alors forcé d'aller chercher son béret et, sitôt la limite de la zone interdite franchie, est immédiatement abattu. Riemer, tout comme Bachmayer, est un grand amateur de vin et de femmes et se livre à d'incroyables beuveries en compagnies d'autres SS plus jeunes. Lors d'une de ces beuveries, le 18 mai 1944, lui et 12 des SS qui lui tenaient compagnie, entrent dans le camp et commencent à tirer dans toutes les directions. Il y a 12 morts.

Ebensee : tunnel de l
Ebensee : tunnel de l'Anlage A

Le camp se développe peu à peu et des baraques sont construites ; il est entouré d'une enceinte barbelée et de miradors armés de mitrailleuses. Le chef du bloc 19 est connu pour son sadisme. Son passe-temps favori est de forcer les prisonniers à effectuer des exercices physiques toute la nuit, et ce après une journée de travail épuisante. Après une nuit sans sommeil, les prisonniers repartent pour le travail. En général, les malheureux qui sont désignés pour ce bloc meurent dans les 10 jours. Ce système d'extermination est très apprécié par le commandant parce qu'économique. Lorsque le camp annexe de Wels est construit, le chef du bloc 19 y est donc nommé commandant... Le bloc 23 est comparable au « Bahnhof » de Gusen ou au « Russenlager » de Mauthausen : morts et vivants sont entassés dans les baraques. A l'apogée du camp, près de 600 prisonniers s'entassent à même le sol dans les baraques.

Ebensee aura bientôt son propre crématoire. Celui-ci est construit à l'écart des autres bâtiments, avec une énorme cheminée pointant vers le ciel. Avec l'arrivée de la fin de la guerre et les évacuations forcées des déportés, une énorme pression est exercée sur l'ensemble des camps dépendant de Mauthausen, Nordhausen et Neuengamme. Les 25 baraques d'Ebensee, conçues pour abriter 100 prisonniers, abritent bientôt chacune d'elles 750 hommes. A ce nombre, il faut encore ajouter les prisonniers confinés dans les tunnels ou ceux forcés de rester en plein air. Le crématoire est trop petit pour incinérer les cadavres et les corps sont bientôt entassés entre les baraques. Dans les dernières semaines de la guerre, le taux de mortalité avoisine 350 morts par jour. Bientôt une énorme tranchée est creusée afin d'y enterrer les morts. En un seul jour d'avril 1945, on retire 80 morts du bloc 23.

5.3.3. La fin du camp

Ebensee : la libération du camp
Ebensee : la libération du camp

Une révolte se produit à Ebensee quelques jours avant la libération, alors que le kommando voit son effectif dépasser 20.000 hommes. À l'appel du matin, le commandant ordonne aux déportés d'entrer dans l'une des galeries souterraines où a été installée une vieille locomotive bourrée d'explosifs. Unanimes, les déportés refusent d'obéir. Les gardes SS hésitent et finalement, cas unique, renoncent au massacre.

Ebensee est libéré le 6 mai 1945 par les troupes américaines. A cette date, le Kommando comprend 9.742 déportés valides et 1.944 malades à Ebensee même, 4.000 Soviétiques dans un camp complémentaire et 2.000 polonais dans un second camp. Entre 10.000 et 12.000 déportés auraient trouvé la mort à Ebensee. Le 19 mai 1945, Bachmayer se suicide après avoir tué toute sa famille. Riemer parvient à s'échapper.



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