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Le camp de concentration de Bergen Belsen

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6. Témoignages

Les épidémies, par le docteur Fréjafon
La mort au camp Par Hanna Levy Hass
L’enfer, par Claude Roy
Le Camp par Benbassat David
Vie quotidienne par Yves Léon
La libération par Yves Léon
La libération, par le Général Glyn-Hugues

6.5. Vie quotidienne par Yves Léon

Yves Léon est né en 1921 ; résistant Breton, il est arrêté, déporté à Sachsenhausen en mai 1943 et de là à Bergen.

« Camp «spécial d'hébergement » à l'origine et prévu pour les juifs seulement, ce n'était pas un camp de concentration « ordinaire » où les détenus devaient travailler pour l'économie allemande. Il n'y avait donc ni usine, ni chantier, ni carrière. Les Juifs (hommes) étaient occupés dans les baraques à la récupération de morceaux de cuir sur des chaussures usagées de l'armée, de cuivre sur de vieux câbles électriques, et d'autres matériaux encore. »

« Devenu camp de concentration en 1944, puis camp d'extermination, les SS. ne pouvaient louer les déportes à des industriels pour la production de matériel de guerre comme ils le faisaient dans les autres camps. Le système nazi n'acceptant pas « les bouches inutiles », l'objectif des S. S. était donc d'en finir le plus vite possible avec ce troupeau de détenus. Dans le camp I, nous pouvions être appelés à tout moment pour exécuter diverses corvées d'entretien, pour aider aux cuisines, pour la distribution de la nourriture dans les différents camps sauf dans celui de « l'étoile », pour le transport des cadavres au crématoire où aux fosses. »

« Tous les matins, l'appel terminé, arrivaient les kapos pour choisir les plus « valides » et former leur équipe pour les différents travaux commandés par les SS. C'est ainsi qu'un jour, le chef russe du commando affecté au transport des bouteillons de soupe, ou de l'ersatz de café dans les blocs, me choisit, ainsi qu'un Polonais, pour compléter son équipe composée uniquement de Russes. Le travail consistait à charger les « bouteillons » sur un chariot, aux cuisines et à en faire la distribution dans les différents blocs, chaque distribution comportant plusieurs voyages. Les « bouteillons » étaient de vieux fûts auxquels on avait enlevé une des deux extrémités circulaires, ils étaient très lourds et sans prise. Le chariot chargé était aussi très lourd, très fatigant à tirer dans les mauvais chemins du camp. De plus, nous étions souvent attaqués par des groupes de jeunes Ukrainiens affamés »

« Le chargement devait rester à l'entrée de chaque secteur et nous devions porter à deux chaque baril jusqu'aux portes des baraques, sous la protection de kapos. Nous étions très souvent attaqués au détour d'un bloc, notre baquet tombait et la soupe se répandait dans la boue. Les kapos frappaient les assaillants qui, malgré les coups, lapaient la soupe par terre. Risquant des coups dans la mêlée, nous les porteurs, partions en courant, abandonnant tout. Chaque fois, c'était encore des morts, et la baraque n'avait pas de soupe ce jour-là. Ce travail était très pénible et durait plusieurs heures par jour en deux tournées de distribution, mais je m'efforçais de tenir pour le supplément de nourriture auquel les porteurs avaient droit aux cuisines après la distribution. Et puis, le chef Russe de l'équipe n'avait rien des autres kapos et mes coéquipiers étaient de bons camarades. »

« Nous ravitaillions aussi le camp des femmes, nous déposions les barils à l'entrée, mais nous n 'y entrions pas. Par contre, je n'allais jamais au camp de l'Etoile des juifs. Ils n'avaient pas la même nourriture que nous, paraît-il, mais je ne sais pas par quelle cuisine ils étaient servis. Un jour la tournée terminée, il restait un petit « bouteillon » plein devant les cuisines. Avec mon camarade Polonais, nous pensâmes qu'il avait peut-être été oublié, ou qu'il était en trop. Sans hésitation, et d'un commun accord, nous l'emportâmes pour le distribuer aux détenus de notre bloc. Mais sans doute fûmes-nous dénoncés, car à peine arrivés, nous dûmes reporter le « bouteillon » ; nous nous attendions à de dures représailles. A mon grand étonnement, le kapo Russe nous dit seulement qu'il ne pouvait plus nous garder dans son groupe. Décidément, ce n'était pas un kapo comme les autres. Il avait su mieux résister à l'entreprise nazie de déshumanisation que les kapos Allemands et Polonais. »

« Je n'étais resté dans son équipe qu'une dizaine de jours environ. Au début, attirés par les promesses de supplément de nourriture, et les possibilités parfois en longeant les cuisines de trouver des débris de feuilles de choux et trognons à moitié pourris, des os, nous étions nombreux à répondre aux appels des kapos tous les matins. Mais, nous nous rendîmes compte très vite que les promesses n'étaient pas tenues, ou si peu, sans rapport avec les efforts que nous devions faire pour accomplir ces corvées. Il n'y eut plus de volontaire. »

LEON Yves : « Bergen Belsen, mouroir des camps de concentration nazis ».
Bibliothèque Nationale de France 1999, 263 pages.


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