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L’Alsace gothique

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5. Art gothique en Alsace

Carte de l’Alsace gothique
La cathédrale de Strasbourg
Les autres grands sanctuaires gothiques
Architecture civile et militaire

5.3. Les autres grands sanctuaires gothiques

5.3.1. Edifices majeurs

5.3.1.1. Collégiale Saint Thiébaud de Thann

5.3.1.1.1. Histoire

La collégiale Saint Thiébaud, « Cathédrale » des Thannois, est le joyau de la ville et un chef d’œuvre du gothique flamboyant. Le chantier, démarré en 1332, ne démarre véritablement sa phase active qu’au début sdu XVè et n’est achevé qu’en 1516.

Plan de la collégiale saint Thiébaud de Thann
Plan de la collégiale saint Thiébaud de Thann

Le choeur à voûte réticulée est terminé en 1422. Le collatéral nord avec les piles et arcades correspondantes de la maîtresse nef s'édifie entre 1430 et 1455 à l'exception toutefois des voûtes. Le Saint Jean-Baptiste du portail latéral porte la date de 1456.

Thann : la collégiale Saint Thiébaud “Cathédrale” des Thannois. Le chevet et la flèche
Thann : la collégiale Saint Thiébaud “Cathédrale” des Thannois. Le chevet et la flèche

Deux étages sont ajoutés au clocher entre 1455 et 1468. En même temps s'élève la maîtresse nef dont les fenêtres hautes à trois lancettes sont dues à Hans Russenstein (vers 1474). La rose de façade, sous son arc de décharge, appartient également à cette époque. Son dessin ondoyant à double corolle n'est pas sans rapport avec les grandes roses flamboyantes d'Ile de France ou de Normandie. La venue du Bâlois Rémy Faesch, vers 1492, accélère les travaux. Faesch achève les superbes voûtes du collatéral nord, construit les arcs-boutants du grand vaisseau qu'il couvre d'une voûte réticulée semblable à celle du choeur (1495). Suit le pignon avec son gracieux campanile (1498). Enfin, entre 1506 et 1516 il dresse l'octogone que vient couronner la plus gracile et la plus vaporeuse des flèches gothiques, un chef-d'oeuvre de grâce féerique et de virtuosité stéréotomique. En dépit de nombreuses campagnes, la collégiale n'a rien de disparate et séduit tour à tour par son grand portail à trois tympans, digne d'une cathédrale, son triple vaisseau de quatre travées, son choeur lumineux flanqué du clocher merveilleusement effilé.

Thann : collégiale Saint Thiébau
Thann : collégiale Saint Thiébau
Thann : chevet de la collégiale: un évêque
Thann : chevet de la collégiale: un évêque
5.3.1.1.2. La façade
Thann : statues du portail central
Thann : statues du portail central

Le portail principal (8m de large, 16m de haut) de la façade occidentale attire immédiatement le regard : il est composé de deux portes jumelées surmontées chacune d’un petit tympan et d’un tympan central dominant le tout.

Sur ce tympan principal se déroulent sur 5 registres 25 scènes de la vie de Marie, superbe bande dessinée sculptée vers 1400. Les voussures du grand tympan sont ornées de saints de l’Ancienne et Nouvelle Alliance. Le petit tympan de gauche illustre la Passion du Christ et celui de droite l’annonce faite à Marie et l’adoration des bergers, alors que leurs voussures sont ornées de statues de saints et saintes d’Alsace. Aux piédroits, diverses statues dont celle de St Thiébaud; dominant le trumeau, une remarquable vierge à l’enfant de 1380. Quant au portail Nord, dédié à St Jean Baptiste, il porte une verrière en guise de tympan.

Thann : le portail central
Thann : le portail central
Thann : la façade de la collégiale et le portail central
Thann : la façade de la collégiale et le portail central
Thann : le tympan du portail occidental
Thann : le tympan du portail occidental
5.3.1.1.3. La nef

La nef, est longue de 23 m et haute de 22, réalisée dans le style rhénan, sans transept ni triforium. Les voûtes de style flamboyant s’ornent de magnifiques clefs armoriées. Dans la chapelle St Thiébaud, la niche centrale porte le saint entouré de deux anges, statue de 1520, et marque l’endroit où se serait produit le miracle des sapins. La chapelle de la Vierge, du XVIIè s’harmonise parfaitement avec le reste de l’édifice: sous sa voûte étoilée, la “Vierge des Vignerons” du XVè montre la Madone portant un Jésus malicieux cachant une grappe de raisin derrière son dos... Une seconde statue de St Thiébaud se trouve dans la nef. C’était la statue processionnaire, réalisée vers 1500.

Thann : la voûte du collatéral nord
Thann : la voûte du collatéral nord
Thann : détail des stalles du choeur
Thann : détail des stalles du choeur
Thann : la statue de saint Thiébaud de la chapelle latérale
Thann : la statue de saint Thiébaud de la chapelle latérale
5.3.1.1.4. Le chœur

Le choeur de l’église, avec ses 22 m de long, est presqu’aussi grand que la nef. Couvert de voûtes à résilles de 1423, il abrite les magnifiques stalles du XVè réalisées pour les chanoines du chapitre de St Amarin venus s’installer en 1441 dans la cité. Il est illuminé par 8 splendides verrières du XVè évoquant la Création, les Dix Commandements, la vie du Christ et celle de la Vierge, les miracles de St Thiébaud et de Ste Catherine, la vie de Ste Odile... et décoré des douze Apôtres, belles oeuvres inspirées de l’art du Brabant du XVè.

Thann : verrière de la collégiale
Thann : verrière de la collégiale
Thann : vitrail de la collégiale
Thann : vitrail de la collégiale
5.3.1.1.5. La flèche

Dominant la collégiale, la flèche de 76 m est une pure merveille, dentelle de pierre qui a inspiré un célèbre dicton populaire : «Le clocher de Strasbourg est le plus haut, celui de Fribourg en Brisgau le plus gros, celui de Thann le plus beau»...

Thann : collégiale Saint Thiébaud, la flèche
Thann : collégiale Saint Thiébaud, la flèche
Thann : la flèche de la collégiale
Thann : la flèche de la collégiale

5.3.1.2. Saint Florent de Niederhaslach

C’est à St Florent que l’on doit la renommée du lieu. Cet ermite du VIè s’installe dans une vallée latérale de la vallée de la Bruche et y fonde l’abbaye de Haslach, don d’après la légende du roi Dagobert car le saint aurait guéri la fille. En 810 l’abbaye bénéficie de nombreuses donations et le corps de Florent y est transféré. Niederhaslach devient un chapitre de chanoines qui lancent en 1274 la construction de la collégiale. Mais elle se consume dans les flammes, hormis le choeur. Un nouveau chantier est lancé en 1300, La collégiale est achevée en 1385.

Plan de la collégiale saint Florent de Niederhaslach
Plan de la collégiale saint Florent de Niederhaslach
Niederhaslach : vue générale de Saint Florent
Niederhaslach : vue générale de Saint Florent

La reprise du chantier se situe après 1295, dirigé par Gerlach « de Steinbach », le fils de Maître Erwin (mort en 1330) : on ajoute un avant choeur de trois travées qui a déjà les proportions du grand vaisseau. On dispose ainsi d'un choeur profond, comme le veut l'époque. Gerlach réalise à Saint Florent la nef la plus achevée de l'époque à partir de 1320 au plus tard : c’est une élévation à deux étages parfaitement équilibrée, d'une étrange et harmonieuse beauté. Les grandes arcades richement moulurées et les opulentes retombées se fondent sans l'intermédiaire de chapiteaux dans les piles losangées. Les fenêtres hautes à trois lancettes, aux moulurations vigoureuses, semblent occuper la moitié de la paroi. En réalité, seule la partie supérieure est ajourée, le reste est simplement simulé, mais avec un art consommé qui confère à ce maniérisme ses lettres de noblesse. Un bandeau incisif souligne les baies et recoupe partiellement les retombées. Ce détail ainsi que l'élévation à deux étages évoquent irrésistiblement les églises de Toul. L'ensemble de cette architecture nerveuse, presque acérée, annonce nettement la préciosité de la période suivante.

Niederhaslach : saint Florent, le portail
Niederhaslach : saint Florent, le portail

Le puissant clocher de façade de Niederhaslach s'élève en réalité sur les deux travées occidentales du triple vaisseau. Les deux collatéraux l'accompagnent et s'ouvrent sur des portails dissemblables. Le clocher lui-même est percé d'un portail de type strasbourgeois. Le style du tympan et des grandes statues le font dater d’environ 1315. Au-dessus d'une balustrade s'épanouit la plus originale des roses d'Alsace. Le schéma rayonnant est abandonné au profit d'un hexagone curviligne qui n'est que la transposition artistique du sceau de Salomon. Le motif se détache sur un fond ornemental à plusieurs niveaux, que rehaussent encore les vigoureuses moulurations de la circonférence (vers 1330).

Niederhaslach : saint Florent, détail de scènes de la Passion du Christ
Niederhaslach : saint Florent, détail de scènes de la Passion du Christ

La majestueuse nef offre de splendides vitraux du XIVè donnant sur les bas-côtés (Cycles de la vie du Christ, cycle des Saints...). L’avant choeur de trois travées possède des vitraux plus anciens (1276-80) alors que le choeur, plus primitif abrite la tombe de l’évêque Rachio qui a organisé la translation des reliques de St Florent. Dans la chapelle de la Vierge (1344) repose Gerlach à côté d’un monumental Saint Sépulcre du XVIè.

Niederhaslach : saint Florent, les vitraux du choeur
Niederhaslach : saint Florent, les vitraux du choeur
Niederhaslach: gargouille..
Niederhaslach: gargouille..
Niederhaslach: gargouille..
Niederhaslach: gargouille..
Niederhaslach: gargouille..
Niederhaslach: gargouille..

5.3.1.3. Notre dame de Rouffach

L’église Notre Dame de l’Assomption est de style transition roman - gothique. Voisinant avec les absidioles du XIIè de pur style roman, le chevet est une merveille d’élégance. A l’intérieur, le transept est le plus ancien, vestige d’une première basilique du XIè. Le transept nord, avec ses vitraux romans, est plus ancien que le transept sud, modifié au XIVè avec une voûte nervurée de 1508.

Rouffach : rose de l’église Notre Dame de l’Assomption
Rouffach : rose de l’église Notre Dame de l’Assomption
Rouffach : nef de l’église Notre Dame de l’Assomption
Rouffach : nef de l’église Notre Dame de l’Assomption
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : portail sud
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : portail sud

Le style gothique apparaît dans la nef, entreprise vers 1215. La ville et sa région, le « Mundat supérieur », appartiennent au séculier à l'évêché de Strasbourg, et on y retrouve les idées artistiques transmises par la métropole. Le langage architectural utilisé dans le nouveau vaisseau de Rouffach dérive en effet de la cathédrale de Sens que l'évêque de Strasbourg, Henri de Veringen, avait admirée lors de son sacre en 1207.

Plan de Notre dame de l’Assomption de Rouffach
Plan de Notre dame de l’Assomption de Rouffach
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption

L'élévation comprend des arcades à double rouleau reposant sur des supports alternés (colonnes simples et piles composées), une zone de mur lisse divisé en deux par un cordon à hauteur des impostes et des fenêtres hautes en triplet. Les voûtes quadripartites regroupent les travées de la nef centrale deux par deux et à l'extérieur les arcs-boutants scandent chaque travée double. Aux trois travées doubles de la grande nef correspondent six travées de bas-côté éclairées par d'étroites baies sans remplages.

Rouffach : la façade de Notre Dame de l’Assomption
Rouffach : la façade de Notre Dame de l’Assomption

Deux escaliers sont les seuls vestiges de l’ancien jubé du XIIIè. Le décor sculptural est du pur gothique du XIIIè. La porte de l’ancienne sacristie est surmontée du célèbre « Sourire de Rouffach » (Têtes de garçon et de fille se souriant).

Commencée tardivement vers 1315, la façade à deux tours se contente d'un seul portail, mais la rose dédoublée à écoinçons suit à première vue le modèle strasbourgeois. Un examen attentif montre cependant que les vingt pétales autorisent une lecture multiple comme sur le « projet B » et que l'ajourement des écoinçons inférieurs sur lesquels repose la rose proprement dite procède en droite ligne des grandes roses du domaine royal. L'idée est néanmoins transmise par le chantier de Strasbourg qui disposait d'un grand nombre de schémas possibles. En règle générale, on évitait soigneusement d'utiliser deux fois le même dessin. C'est pourquoi on est fort étonné de trouver à Ebrach, en Franconie, une rose tout à fait similaire à celle de Rouffach, sans dédoublement toutefois, car elle a été montée après coup dans la façade - pignon.

Rouffachj : Notre Dame
Rouffachj : Notre Dame
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : vue sur la façade
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : vue sur la façade
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : détail du portail sud
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : détail du portail sud
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : la rose
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : la rose
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : le chœu
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : le chœu
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : le « Sourire » de Rouffach : tête d’enfant surmontant la porte de la sacristie
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : le « Sourire » de Rouffach : tête d’enfant surmontant la porte de la sacristie
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption: la tour de croisée
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption: la tour de croisée
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : portail sud
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : portail sud
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : portail Nord
Rouffach : Notre Dame de l’Assomption : portail Nord

5.3.1.4. Saint Georges de Sélestat

Plan de Saint Georges de Sélestat
Plan de Saint Georges de Sélestat

A l’emplacement d’une rotonde carolingienne, l’Eglise Saint Georges est construite du XIIIè au XIVè par les bourgeois voulant surpasser leur seigneur de prieur qui avait fait édifier Sainte Foy. Le chantier s'ouvre vers 1235. L'édifice actuel a conservé de cette époque le transept et la travée d'avant choeur accompagnée de chapelles biaises à coursières. La plupart des auteurs admettent l'existence d'un chevet polygonal qui sera remplacé plus tard.

Sélestat : Saint Georges: la tour
Sélestat : Saint Georges: la tour

La nef est entreprise vers 1240, et offre toujours l'alternance de piles fortes et de piles faibles, mais une ou trois colonnettes rejoignent d'un seul jet les voûtes sexpartites. Les deux travées occidentales, un peu plus récentes, échappent à ce type de voûtement : ainsi la travée double carrée est remplacée par la travée oblongue sur croisée d'ogives. L'alternance des supports disparaît en toute logique. Entre les arcades élancées et les fenêtres hautes à deux lancettes subsiste une zone de mur lisse, mais un embryon de triforium, une petite ouverture rectangulaire, apporte quelque diversion. Les murs des bas-côtés avec le portail à colonnettes au Sud se rattachent encore au style de transition.

Sélestat  intérieur de Saint Georges
Sélestat  intérieur de Saint Georges

Un imposant transept occidental, scandé par des contreforts, tient lieu de façade. Au milieu s'élève un puissant clocher dont la construction s'échelonne sur tout le XIVe siècle. La face méridionale (à partir de 1315 environ) est particulièrement fleurie avec son portail élancé d'obédience strasbourgeoise et sa baie à grande rose soutenue par trois lancettes. Cette rose à dix pétales et double corolle propose une variante élégante qui évoque les lointaines efflorescences d'Ile de France. L'ensemble du fenestrage est dessiné d'une main de maître. Les rosaces décoratives et l'extrême acuité des lancettes intérieures qui épousent la courbure de l'arc extérieur imposent une date assez tardive comprise entre 1335 et 1340.

Sélestat : Saint Georges: le Portail de la façade occidentale
Sélestat : Saint Georges: le Portail de la façade occidentale

Le vaste et somptueux choeur rectangulaire de trois travées, aux larges baies garnies de verrières diaprées s'édifie à l'aube du XVe siècle en style flamboyant. Proche de certaines réalisations anglaises, il utilise néanmoins le langage décoratif régional, notamment dans la travée orientale due à l'architecte strasbourgeois Erhart Kindelin (vers 1414-1422). Dans la fenêtre axiale à six lancettes palpite une délicate rose à quatre pétales.

Les vitraux de St Georges valent toute l’attention: seconde verrière nord du cycle de Catherine d’Alexandrie (1425-30), rose de la porte sud du narthex illustrant le décalogue (1330), verrière centrale de la vie de la Vierge Marie, oeuvre de Max Ingrand (1966).

Sélestat, Saint Georges : Grande rose du bras sud du transept, de 1330. Elle développe le Décalogue
Sélestat, Saint Georges : Grande rose du bras sud du transept, de 1330. Elle développe le Décalogue
Sélestat : Saint Georges: le Portail du collatéral Sud
Sélestat : Saint Georges: le Portail du collatéral Sud

5.3.1.5. L’abbatiale de Wissembourg

Plan de l’abbatiale de Wissembourg
Plan de l’abbatiale de Wissembourg
Wissembourg : l’abbatiale saints Pierre-et-Paul
Wissembourg : l’abbatiale saints Pierre-et-Paul

Noyau de la cité médiévale, l’abbatiale Saints Pierre et Paul conserve du sanctuaire roman un majestueux clocher - beffroi et une chapelle située au nord du cloître en prolongement de la salle capitulaire. Elle forme trois nefs de quatre travées, soutenus par seize colonnes aux chapiteaux cubiques. Elle est par sa taille le second édifice de ce style en Alsace. Edifiée entre 1262 et 1324 elle est couronnée par une tour octogonale et on y accède côté sud par un porche à trois arcades. Le vaisseau comprend une nef centrale, deux bas-côtés au sud, un bas-côté au nord et une large transept. Le choeur est terminé par une abside pentagonale.

Wissembourg, l’abbatiale
Wissembourg, l’abbatiale

L'élévation est à deux étages : elle comprend les arcades reposant sur des piles cantonnées de quatre colonnettes et d'imposantes fenêtres hautes à quatre lancettes de type strasbourgeois. Mais seul le tiers supérieur des baies est ajouré, le reste étant simplement simulé. Rendu prudent peut-être par le séisme de 1289, le maître de Wissembourg n'utilise d'ailleurs pas toute la largeur de la travée et cache ses arcs-boutants sous la toiture. Au Sud, il dédouble le collatéral en forme de halle et prélève trois travées pour constituer le porche.

Wissembourg, abbatiale: détail du portail
Wissembourg, abbatiale: détail du portail

Wissembourg se distingue aussi par sa superbe rose de transept, la première rose rayonnante d'envergure en Alsace. Elle se compose de huit pétales dédoublés. Les vitraux sont intéressants et s’étendent du XIIè (Vitrail de la Vierge à l’Enfant du transept nord) au XIVè (Christ bénissant et Annonciation du XIIIè du transept sud, Massacre des Innocents et Pentecôte du XIVè dans l’absidiole nord...).

Rose du transept nord de l’abbatiale de Wissembourg représentant la Madone en gloire. Le panneau central date de 1190, la couronne de motifs du XIIIè
Rose du transept nord de l’abbatiale de Wissembourg représentant la Madone en gloire. Le panneau central date de 1190, la couronne de motifs du XIIIè

Bien qu'inachevé, le cloître de l’abbaye est le plus remarquable subsistant en Alsace (vers 1300). Des triplets de lancettes ornées de frêles colonnettes à chapiteaux supportent d'opulents trèfles redentés et fleurdelisés.

Wissembourg, abbatiale: transept et tour de croisée
Wissembourg, abbatiale: transept et tour de croisée
Wissembourg, abbatiale: détail du portail
Wissembourg, abbatiale: détail du portail
Wissembourg, abbatiale: élévation de la nef à deus étages
Wissembourg, abbatiale: élévation de la nef à deus étages

5.3.1.6. Saint Martin de Colmar

La Collégiale St Martin, édifiée entre 1230 et 1370 dans le style gothique est le monument le plus vénérable de la ville de Colmar.

Plan de la collégiale Saint Martin de Colmar
Plan de la collégiale Saint Martin de Colmar
Colmar : saint Martin
Colmar : saint Martin

Fier de sa maîtrise obtenue sur un chantier du domaine royal français, « Maistres Humbret » s'est représenté avec l'équerre au portail Saint-Nicolas de la collégiale Saint Martin de Colmar. On lui attribue généralement les parties gothiques du transept achevé vers 1263. Ce transept qui réutilise des maçonneries plus anciennes se distingue notamment par ses façades percées de vastes fenestrages. Pour construire la nef (vers 1270), maître Humbret a jeté son dévolu sur la pile ronde cantonnée de quatre colonnettes. La colonnette antérieure monte sans arrêt jusqu'à la naissance des voûtes et scande ainsi les travées. L'élévation comprend des arcades moulurées, une zone de mur lisse et les fenêtres hautes à trois lancettes soulignées par un bandeau. Les proportions en sont heureuses, et la « muralité » s'affirme sans ostentation dans ce vaisseau robuste, équilibré, voire harmonieux qui se situe à mi-chemin entre l'art épuré des Ordres Mendiants et la richesse plus appuyée des abbatiales. A l'extérieur, les arcs-boutants confirment cette impression de solidité, mais la scansion des travées par des colonnettes ou des pilastres est abandonnée. L'arc-boutant se contente de sa fonction essentielle.

Colmar, saint Martin : le chevet et le choeur
Colmar, saint Martin : le chevet et le choeur

La façade harmonique de Saint-Martin de Colmar reflète indubitablement les ambitions strasbourgeoises. Vigoureusement membrée par des contreforts à passage qui datent encore d'une première campagne (vers 1230), elle propose trois portails, mais seul le portail central s'orne d'un tympan sculpté (vers 1310). La grande rose est ici remplacée par une vaste baie à huit lancettes et rosace incorporée (vers 1325). Dans les huit pétales sont logés des quadrilobes éclatés caractéristiques de l'époque.

Colmar, saint Martin : vue du flanc sud
Colmar, saint Martin : vue du flanc sud

C'est en 1351 qu'est entrepris le somptueux choeur de Saint-Martin, avec sa ceinture continue de chapelles qui communiquent entre elles grâce à des passages pratiqués dans les contreforts. Cette formule élégante doit beaucoup aux Ordres Mendiants, en particulier aux Cordeliers de Toulouse.

Colmar : l’intérieur le la collégiale saint Martin
Colmar : l’intérieur le la collégiale saint Martin
Colmar, saint Martin : le tympan du portail de la façade occidentale
Colmar, saint Martin : le tympan du portail de la façade occidentale
Colmar : saint Martin: clocher et transept sud
Colmar : saint Martin: clocher et transept sud

5.3.1.7. Saint Georges de Haguenau

Haguenau : saint Georges
Haguenau : saint Georges

L’Eglise St Georges et le monument le plus important de la ville. Elle est construite en 1143, réaménagée jusqu’au XVIIè, bombardée en 1945, restaurée en 1963. C’est une basilique à trois nefs avec clocher octogonal sur la croisée contenant les deux plus anciennes cloches d’Alsace (voire de France) de 1268. Les arcades en plein cintre sont de 1215, la voûte de la nef de 1609, celles des bas-côté du XIVè... les trois travées ouest sont de 1415, le transept et le choeur de la seconde moitié du XIIIè.

Ce choeur qualifié d'« opus somptuosum » dans l'indulgence de 1260, est probablement conçu dès 1254. Consacré en 1283, il se compose d'une travée droite à grandes baies à quatre lancettes inspirées du vaisseau de la cathédrale de Strasbourg et d'un chevet polygonal à cinq pans d'octogone à baies à deux lancettes. Cette partie de l'édifice est traitée avec un soin exceptionnel. L'entrée du rond-point est marquée par un faisceau de trois colonnettes, et chaque fenêtre est richement encadrée de baguettes. Les contreforts étaient jadis couronnés de grandes statues en partie tributaires des cycles de la façade de Strasbourg. Ces oeuvres sont visibles dans le Musée de Haguenau.

L'amour des voûtes compliquées flamboyantes se retrouve dans deux ravissantes chapelles : au Sud la chapelle Saint Jacques (1496) aux voûtes curvilignes et à l'arcade d'entrée superbement moulurée, au Nord la minuscule chapelle Saint-Jean, due au maître d'oeuvre Stuckart (1517). L’admirable custode, haute de quelque quatorze mètres, est l'oeuvre de Friedrich Hammer (1523), à qui l'on doit également la sacristie.

5.3.1.8. Saint Thomas de Strasbourg

Plan de l’église saint Thomas de Strasbourg
Plan de l’église saint Thomas de Strasbourg

Ancienne abbaye bénédictine fondée par St Florent au VIIè, Saint Thomas devient le chapitre des chanoines épiscopaux avant de passer à la Réforme en 1549. Le massif bâtiment de grès rose construit à partir du XIIIè évoque immédiatement les édifices rhénans. Le monument s’inspire du chantier de la cathédrale, mais reste curieusement de style roman par son pignon nord-ouest et ses arcatures lombardes.

Strasbourg, église saint Thomas
Strasbourg, église saint Thomas

La reconstruction de l'église en style gothique a débuté en 1270 par le choeur et le transept. Le choeur à chevet polygonal se contente d'une seule travée droite, tandis que les baies à deux lancettes présentent à l'extérieur des arcs de décharge. Le transept cloisonné à piles intermédiaires garde ses parois latérales. Les façades des croisillons sont subdivisées par un contrefort, comme à Haguenau.

Strasbourg, église saint Thomas: la nef centrale. Au fond, le mausolée de Maurice de Saxe
Strasbourg, église saint Thomas: la nef centrale. Au fond, le mausolée de Maurice de Saxe

Une superbe triple nef à piles fasciculées s'insère vers 1290 entre le transept rayonnant et le massif occidental roman - gothique. Mais les voûtes ne sont lancées que vers 1330, au moment où deux collatéraux supplémentaires viennent constituer une quintuple halle, rarissime en Europe. Le contraste entre la large nef principale et les collatéraux extrêmement élancés sécrète une sorte d'ambiguïté spatiale.

La tour de croisée octogonale avec sa coupole sur trompes d'angle, est la dernière de ce genre réalisée en Alsace (1347).

Au XVè, l’église s'amplifie de trois chapelles. Datée de 1469, la chapelle Saint-Blaise englobe aussi des éléments romans. La chapelle Saint-André se contente d'une seule travée voûtée à clé sculptée. Mais c'est la chapelle des Evangélistes (1521), avec sa porte en accolade, ses baies aux remplages ondoyants et sa voûte réticulée qui illustre avec bonheur la dernière phase du gothique.

Strasbourg, église saint Thomas: le transept
Strasbourg, église saint Thomas: le transept
Strasbourg, saint Thomas : l’intérieur de l’église
Strasbourg, saint Thomas : l’intérieur de l’église

5.3.2. Edifices mineurs

5.3.2.1. Strasbourg

5.3.2.1.1. Saint Pierre le Jeune
Strasbourg, Saint Pierre le Jeune : Le massif occidental
Strasbourg, Saint Pierre le Jeune : Le massif occidental

Fondée en 1031 l’église St Pierre le Jeune est reconstruite dans le style gothique entre 1250 et 1320. Hormis les encadrements des portes et fenêtres, elle est construite en briques et recouverte de chaux.

Elle se dote vers 1280-1290 d'un imposant choeur profond à quatre travées, rond point à sept pans de décagone et chapelle axiale. Comme à Reims, la voûte du chevet occupe une travée et l'abside, la clé étant sur le doubleau. A l'extérieur les arcs de décharge surmontent les baies à deux lancettes.

Entre 1290 et 1320 environ est réalisée la nef élancée à transept occidental. Un élément des piles octogonales monte jusqu'aux voûtes et délimite les travées. Les fenêtres à trois lancettes, soulignées par un bandeau, sont relativement grandes et assurent une élévation à trois étages. Au Sud, le bas-côté est dédoublé en forme de halle (comme à Wissembourg). Une rangée de colonnes sans chapiteaux reçoit les voûtes et soutient en même temps la culée intermédiaire des arcs-boutants.

Strasbourg, Saint Pierre le Jeune : gargouille
Strasbourg, Saint Pierre le Jeune : gargouille

Vers 1360, l'église Saint Pierre le Jeune s'agrandit de la chapelle Saint-Jean munie de contreforts intérieurs. La chapelle de la Trinité est édifiée par Hans Hammer en 1491 (Beau baptistère) ;

On accède à l’église par le portail Sud, le «Portail Erwin» dont les statues de 1897 sont des imitations des originales détruites lors de la Révolution (Vierges sages et folles, prophètes et saints).

L’église possède enfin un très joli cloître reconstitué au XIXè avec des éléments romans (3 galeries) et gothiques.

Strasbourg, Saint Pierre le Jeune : la croisée et le transept
Strasbourg, Saint Pierre le Jeune : la croisée et le transept
Strasbourg, Saint Pierre le Jeune : gargouille. achevée en 1348
Strasbourg, Saint Pierre le Jeune : gargouille. achevée en 1348
Strasbourg, Saint Pierre le Jeune : détail du portail sud dit d’Erwin
Strasbourg, Saint Pierre le Jeune : détail du portail sud dit d’Erwin
Strasbourg, Saint Pierre le Jeune : piédroit du portail d’Erwin
Strasbourg, Saint Pierre le Jeune : piédroit du portail d’Erwin
Strasbourg, Saint Pierre le Jeune : le cloître
Strasbourg, Saint Pierre le Jeune : le cloître
5.3.2.1.2. Saint Guillaume
Strasbourg, saint Guillaume
Strasbourg, saint Guillaume

Fondée par les Mullenheim en 1300, l’église Saint Guillaume est mise à disposition des moines Guillemites.

Le sanctuaire est à nef unique et non voûté, avec un choeur profond de cinq axes, non voûté lui aussi malgré la présence de contreforts étayant le chevet.

L'église est remaniée en 1488. De cette époque datent le porche voûté avec ses roses flamboyantes et son portail sculpté ainsi que le remarquable jubé de trois travées avec ses clés pendantes.

Strasbourg, saint Guillaume : verrière de la vie du Christ. Premier quart du XIVè
Strasbourg, saint Guillaume : verrière de la vie du Christ. Premier quart du XIVè

De beaux vitraux du XIVè au XVIIè content des scènes bibliques ainsi que le cycle de St Guillaume et de Ste Catherine. Certains sont de la main de Pierre Hemmel.

5.3.2.1.3. Saint-Jean

Saint-Jean (1473) a échappé de justesse à la destruction en 1944. Dépourvue de voûtes, elle se compose d'un choeur polygonal en retrait et d'une nef simple fermée par une façade pignon à portail ouvragé et clocheton.

5.3.2.1.4. Sainte Madeleine

De l'église Sainte Madeleine, entreprise en 1478, ne susbiste de gothique que le chevet polygonal aux voûtes aériennes. Les grandes baies tripartites s'agrémentent de beaux remplages flamboyants.

5.3.2.2. Colmar

5.3.2.2.1. Les Dominicains
Plan de l’église des Dominicains de Colmar
Plan de l’église des Dominicains de Colmar

L’ancien couvent des Dominicains érigé à partir de 1283 est un bel exemple d’église-halle gothique des ordres mendiants rhénans des XIVé-XVè. La nef de six travées précède un choeur voûté à cinq travées clos par une abside à 5 pans. Les arcades vertigineuses montent d'un seul jet à plus de 20m. La triple nef se compose de six travées éclairées de grandes baies tripartites aux remplages en avance sur leur époque.

Les magnifiques vitraux des XIVè et XVè racontent les cycles bibliques et hagiographiques. Dans la nef se trouve un des chefs d’oeuvre de la peinture Rhénane du XVè: la Vierge au buisson de Roses, considérée comme la plus belle oeuvre de Martin Schongauer (1473).

Des bâtiments conventuels reste un joli cloître gothique.

Colmar : l’église des Dominicains: portail latéral
Colmar : l’église des Dominicains: portail latéral
Colmar : l’église des Dominicains
Colmar : l’église des Dominicains
Colmar, les Dominicains : verrières du chœur
Colmar, les Dominicains : verrières du chœur
Colmar, les Dominicains : saint Dominique, vitrail du chœur. Vers 1300, influence française
Colmar, les Dominicains : saint Dominique, vitrail du chœur. Vers 1300, influence française
Colmar, les Dominicains : le cloître et l’église
Colmar, les Dominicains : le cloître et l’église
5.3.2.2.2. Les Dominicaines d'Unterlinden
Colmar : le musée Unterlinden : l’ancienne église conventuelle
Colmar : le musée Unterlinden : l’ancienne église conventuelle

A une nef flanquée d'un collatéral unique (démoli par la suite), entreprise dès 1252, succède un choeur extraordinaire de sept courtes travées et rond-point polygonal, consacré en 1269 par Albert le Grand ;

Le cloître d'Unterlinden, achevé en 1289 par le frère Volmar est l’un des plus beaux de la région.

Colmar : le musée Unterlinden
Colmar : le musée Unterlinden
Colmar : le musée Unterlinden, ancien couvent des Augustines puis des Dominicaines. Devenu après la Révolution quartier de Lanciers, il sera transformé en 1849 en musée et abrite aujourd’hui un des chefs d’œuvre de la peinture mondiale : le retable d’Issenheim de maître Mathias Grünewald
Colmar : le musée Unterlinden, ancien couvent des Augustines puis des Dominicaines. Devenu après la Révolution quartier de Lanciers, il sera transformé en 1849 en musée et abrite aujourd’hui un des chefs d’œuvre de la peinture mondiale : le retable d’Issenheim de maître Mathias Grünewald
Colmar : le musée Unterlinden : le cloître
Colmar : le musée Unterlinden : le cloître
5.3.2.2.3. Les Catherinettes
Colmar : l’église des Catherinettes
Colmar : l’église des Catherinettes

Le choeur de l'église des Catherinettes (1371), privé de son chevet à pans coupés, compte encore cinq travées. La nef date de 1436.

5.3.2.3. Marmoutier : l’abbatiale

Marmoutier, l’abbatiale : l’intérieur de l’édifice
Marmoutier, l’abbatiale : l’intérieur de l’édifice

A l'abbatiale de Marmoutier, les collatéraux appartiennent à une première campagne gothique entreprise vers 1225. Si les fenêtres ont été élargies au début du XVIè, certaines sculptures sont nettement d'obédience strasbourgeoise.

La nouvelle nef, entreprise vers 1260, interprète à sa façon la grande leçon de clarté, de lisibilité et de gravité sereine que dispense la cathédrale de Strasbourg. Le triforium disparaît mais l'étroitesse de la zone de mur inarticulé est telle que l'on s'achemine vers une élévation à deux étages. A l'extérieur, les arcs-boutants reposent sur une colonnette, mais le rythme des travées n'est plus marqué comme à Strasbourg par une autre colonnette qui rejoint la toiture et qui se termine en clocheton.

5.3.2.4. Neuwiller les Saverne : l’abbatiale

Neuwiller les Saverne : l’abbatiale Saints Pierre et Paul : la façade de 1773 et la tour de croisée
Neuwiller les Saverne : l’abbatiale Saints Pierre et Paul : la façade de 1773 et la tour de croisée

L’abbatiale Saints Pierre et Paul est un résumé de l’architecture sur plus de 1000 ans : la façade a été érigée après 1768 avec ses statues allégoriques. La nef est du XIIIè avec les deux premières travées gothiques (1220-1260) et la travée s’ouvrant sur le transept romane (1180). Le choeur est à base romane et à voûtes gothiques. A l’arrière, la chapelle saint Sébastien est de pur style roman.

La nef, commencée au début du XIIIè en style roman tardif est complétée par deux doubles travées à voûtes sexpartites. Là aussi on observe l'alternance des supports, une pile forte et une pile faible à noyau cylindrique accompagnées de quatre colonnettes. Entre les arcades et les fenêtres hautes règne un bandeau qui veut suggérer une élévation à deux étages. Mais la nouveauté, c'est le faisceau de trois ou de cinq éléments qui prend appui sur le tailloir des chapiteaux à crochets et qui monte à l'as saut des voûtes. A l'extérieur, des arcs-boutants haut placés scandent avec placidité le mur gouttereau. Cette architecture occupe une place à part dans le concert du gothique alsacien. Neuwiller, qui dépend de Metz, doit manifestement une partie de son inspiration à la nouvelle cathédrale de cette ville, en construction depuis 1239, et dont les attaches rémoises sont patentes.

5.3.2.5. Rouffach : les Franciscains

Rouffach : l’église des Récollets (Franciscains)
Rouffach : l’église des Récollets (Franciscains)

Ancien couvent des Récollets Franciscains, l’église Ste Catherine est un des rares édifices d’un ordre Mendiant de la fin du XIIIè encore bien conservé. L'église est entreprise en 1250 et va jouer un rôle important dans le développement de l'architecture des Ordres Mendiants en région rhénane.

Son choeur non voûté se compose de trois travées oblongues et d'un chevet polygonal dont la baie axiale est tripartite. Les contreforts se réduisent à des pilastres de section triangulaire. Sa nef non voûtée, à collatéraux élancés comprend six travées reposant sur des colonnes sans chapiteaux. A la place des fenêtres hautes se trouvent des oculi, et la large zone de mur inarticulé était jadis animée par de grandes baies aveugles qui s'ouvraient dans leur partie inférieure par des ouvertures géminées, à l'instar de certaines habitudes cisterciennes. Ces fenêtres ne se trouvaient pas au-dessus des arcades, dans l'entre - travée. Ce refus très net de la scansion verticale est rare dans l'architecture de l'époque et ne trouvera d'ailleurs pas d'imitateurs.

5.3.2.6. Walbourg : Sainte Walpurge

Walbourg: le clocher de l’église vu du sud
Walbourg: le clocher de l’église vu du sud

L’église gothique Ste Walburge est édifiée à partir de 1456 par l’abbé Bourcard de Müllenheim et consacrée en 1465. Elle s’ouvre par une façade pignon que soutiennent deux contreforts. La nef, unique, est romane jusqu’à hauteur des fenêtres. Elle possède plusieurs intéressantes sculptures: un bénitier aux armes des Prechter en flamboyant (Fin XVè), un Saint Sépulcre, une Ste Walburge, une Ste Cène, un St Philippe et un St Jacques de 1481, une Ste Barbe et une Ste Agnès de la même époque.

L’église de Walbourg
L’église de Walbourg

Le choeur, érigé entre 1456 et 1461 est polygonal à quatre travées et voûté en résilles avec des belles clés. Le chevet est éclairé par de magnifiques verrières réalisées par Pierre Hemmel d’Andlau vers 1465. La lecture de cette véritable bible de lumière se fait de gauche à droite et du haut vers le bas: L’annonce faite à Anne, l’annonce à Joachim, Naissance de Marie, vie de la Vierge, vie et Passion du Christ, vie de Jean Baptiste... le créateur n’a pas oublié les donateurs, les Müllenheim. Dans le choeur, on peut encore admirer une custode finement sculptée ainsi que des fresques présentant les Apôtres et les Pères de l’Eglise.

Le portail principal s'orne d'un tympan rectangulaire à décor aveugle qui s'inscrit dans la descendance lointaine des Dominicains de Strasbourg.

L’église de Walbourg : vitrail de Pierre Hemmel d’Andlau
L’église de Walbourg : vitrail de Pierre Hemmel d’Andlau
L’église de Walbourg
L’église de Walbourg

5.3.2.7. Westhoffen : saint Martin

Westhoffen : l’église saint Martin
Westhoffen : l’église saint Martin

L’Eglise St Martin est un petit bijou de l’art gothique alsacien, église-halle commencée en 1280 et achevée en 1330 comportant une nef et deux larges collatéraux.

Le choeur polygonal court se greffe sur le transept incorporé qui ne se distingue de la triple nef que par des colonnes plus fortes et par le clocher de croisée partiellement démoli et caché sous les combles. Il porte des vitraux dont de larges fragments remontent aux XIII-XIVè.

La façade - pignon au portail fleuri (1320) est supprimée lors de l'agrandissement néo-gothique au XIXè qui déplace aussi le clocher du transept en façade.

Due à l'architecte Conrad, jadis enterré au pied du clocher, l'église Saint Martin a été imitée à Reinacker, et a influencé celle de Schotten im Vogelsberg ou d’Estavayer le Lac dans le canton de Neuchâtel.

Westhoffen, saint Martin : Christ bénissant et Christ apparaissant à Marie Madeleine. Panneaux du chœur. Vers 1280
Westhoffen, saint Martin : Christ bénissant et Christ apparaissant à Marie Madeleine. Panneaux du chœur. Vers 1280
Westhoffen, saint Martin : Saint Jean l’Evangéliste. Panneau du vitrail du choeur. 1302
Westhoffen, saint Martin : Saint Jean l’Evangéliste. Panneau du vitrail du choeur. 1302

5.3.2.8. Bâtiments divers

5.3.2.8.1. Bergheim : Notre Dame de l’Assomption

L’Eglise Notre Dame de l’Assomption, consacrée en 1347, domine la zone est de la cité et est en partie fortifiée. Elle comporte de gothique le choeur polygonal et le clocher occidental à portail sculpté.

Bergheim : l’église
Bergheim : l’église
Bergheim : vestiges d’une porte de l’église
Bergheim : vestiges d’une porte de l’église
5.3.2.8.2. Domfessel : église paroissiale
Domfessel : l’église paroissiale
Domfessel : l’église paroissiale

L'église de Domfessel, édifiée vers 1335, est l'un des rares sanctuaires homogènes du XIVe siècle en Alsace. A un robuste clocher dépourvu d'entrée succède une nef de quatre travées sans triforium reposant sur des piles cylindriques dont un segment se continue jusqu'aux voûtes, selon un procédé fréquent en Lorraine. Les arcs-boutants s'appuient sur des pilastres qui scandent les travées. Le choeur polygonal, à l'élancement caractéristique, est flanqué de deux chapelles à deux pans qui se greffent sur les collatéraux. Certains détails, comme la pénétration directe des nervures ou l'arcature décorative des bas-côtés, rappellent le triple vaisseau de Niederhaslach. On remarquera aussi le portail fondu avec la fenêtre qui le surmonte, partie qui se retrouve à la fois chez les Ordres Mendiants et en Champagne. Au total, on peut dire que cette église attachante fait la synthèse entre des influences alsaciennes et lorraines, phénomène que l'on observera plus tard à l'église de Rambervillers dans les Vosges.

Domfessel : l’église paroissiale. La porte de la sacristie
Domfessel : l’église paroissiale. La porte de la sacristie
5.3.2.8.3. Ferrette : saint Bernard de Menthon
Ferrette: l’église gothique saint Bernard de Menthon
Ferrette: l’église gothique saint Bernard de Menthon

L’église Saint Bernard de Menthon de Ferrette possède un beau chœur et une belle tour occidentale gothique, construits vers 1300.

5.3.2.8.4. Guebwiller : les Dominicains
Guebwiller : les Dominicains
Guebwiller : les Dominicains

Installés dès 1249 à Guebwiller, les Dominicains édifient au XIVè l’église qui porte leur nom. C’est une des rares églises gothiques d’Alsace à posséder encore un jubé. Le chœur, daté de 1312, comprend quatre travées et un rond-point polygonal. Il est flanqué d'un clocher à couronnement octogonal qui fait penser aux Jacobins de Toulouse.

Dans la nef, de belles fresques des XIVè et XVè représentent la crucifixion, la mission des apôtres et le cycle de St Dominique. Sur le mur du bas-côté nord une autre fresque représente la vision de Ste Catherine de Sienne.

Côté nord reste l’ensemble de bâtiments conventuels le mieux conservé d’Alsace dont il reste la chapelle de l’hôpital actuel, le cloître assez bien conservé, le réfectoire et ses belles fenêtres à remplage à trois lancettes.

Guebwiller : les Dominicains
Guebwiller : les Dominicains
Guebwiller : les Dominicains
Guebwiller : les Dominicains
Guebwiller : les Dominicains. La nef
Guebwiller : les Dominicains. La nef
5.3.2.8.5. Haguenau : Saint-Nicolas

L’Eglise saint Nicolas, fut fondée par Barberousse en 1189 ; il ne reste d’origine que la tour, gravement endommagée en 1944. L’église actuelle est élevée après 1298, sans doute par maître Dietrich, « architectus hospitalis » et s'apparente aux constructions conventuelles. Elle est sans transept, et les deux dernières travées sont du XIVè.

Haguenau: place saint Nicolas
Haguenau: place saint Nicolas
Haguenau : saint Nicolas: le retable du jugement dernier
Haguenau : saint Nicolas: le retable du jugement dernier
5.3.2.8.6. Hochfelden : Saint Wendelin
Hochfelden : la chapelle saint Wendelin
Hochfelden : la chapelle saint Wendelin

La chapelle Saint Wendelin est mentionnée en 1261. Elle est démolie en 1395 puis reconstruite en 1435 et se présente sous cette forme actuellement. Elle possède une cuve baptismale du gothique tardif.

5.3.2.8.7. Hunawihr : sainte Hune

Protégée par son cimetière fortifié du XVè siècle, l'église Ste Hune de Hunawihr (1524-1525) propose un plan assez insolite : le choeur polygonal élancé (1524), à voûte réticulée et baie axiale à trois lancettes, est flanqué de l'ancien clocher - choeur à voûte étoilée, tandis que les deux nefs sont séparées par une triple arcade, une chapelle - croisillon faisant saillie au Sud.

Hunawihr : l’église fortifiée
Hunawihr : l’église fortifiée
Hunawihr : voûte gothique de l’église
Hunawihr : voûte gothique de l’église
5.3.2.8.8. Kaysersberg : sainte Croix
Kaysersberg : l’église sainte Croix : poutre de gloire du XVè représentant la crucifixion
Kaysersberg : l’église sainte Croix : poutre de gloire du XVè représentant la crucifixion

L’église Ste Croix (Ste Marie jusqu’en 1401) a été plusieurs fois remaniée. Elle a été construite au départ en style de transition roman - gothique, au XIIIè, puis remaniée au XVè. Le portail est roman et date de 1230 et son tympan, le Couronnement de la Vierge, est inspiré par le portail du même nom de Strasbourg.

La nef se compose de trois travées dont les deux premières sont romanes. Entre nef et choeur, une poutre de gloire de plus de quatre mètres représente le Christ en gloire (XVè).

Les bas côtés sont voûtés de résilles (1448 pour le sud, 1522 pour le Nord): elles sont ornées d’un saint Sépulcre, de statues (dont un St Jacques assis de 1523, oeuvre majeure) et de deux baptistères (XIIIè-XIVè).

Le chœur polygonal, du XVè s'appuie sur une crypte hexagonale et abrite un autel avec un retable splendide, oeuvre de Jean Bongard de Colmar.

Kaysersberg, église Sainte Croix. La déploration de la croix, chef d’oeuvre de la sculpture gothique
Kaysersberg, église Sainte Croix. La déploration de la croix, chef d’oeuvre de la sculpture gothique
Kaysersberg, église Sainte Croix. Détail du portail
Kaysersberg, église Sainte Croix. Détail du portail
Kaysersberg : Eglise sainte Croix: détail de la chaire : la « Synagogue »
Kaysersberg : Eglise sainte Croix: détail de la chaire : la « Synagogue »
5.3.2.8.9. Marmoutier : chapelle saint Denis
Marmoutier : la chapelle Saint Denis du cimetière
Marmoutier : la chapelle Saint Denis du cimetière

La chapelle Saint Denis du cimetière possède un choeur rectangulaire couvert de la première voûte sexpartite d'Alsace (vers 1225), de style gothique primitif.

5.3.2.8.10. Masevaux : l'abbatiale
Masevaux : chapelle Notre Dame, accolée au côté sud du chœur de l’abbatiale saint Léger
Masevaux : chapelle Notre Dame, accolée au côté sud du chœur de l’abbatiale saint Léger

Partiellement reconstruite entre 1340 et 1380, l'abbatiale de Masevaux ne conserve de gothique (après un incendie en 1859) que le choeur de quatre travées avec chevet polygonal avec de magnifiques clés de voûte sculptées et une chapelle latérale à deux niveaux qui abrite un beau tympan de grès jaune (vers 1380) avec la Nativité et l'Annonce aux bergers. Les influences qui se manifestent dans cette oeuvre montrent que le rayonnement artistique de l'Allemagne du Sud (Nuremberg, Ulm, Augsbourg) a réussi à franchir le Rhin.

5.3.2.8.11. La Petite Pierre : chapelle castrale

L’ancienne chapelle du château (XIVè), aujourd’hui chapelle de l’Assomption, possède un choeur polygonal présentant une fenêtre axiale avec une inscription de 1417 et décoré de remarquables fresques bien restaurées.

La Petite Pierre : fresques de la chapelle de l’Assomption du XVè
La Petite Pierre : fresques de la chapelle de l’Assomption du XVè
La Petite Pierre : clé de voûte la chapelle de l’Assomption du XVè
La Petite Pierre : clé de voûte la chapelle de l’Assomption du XVè
5.3.2.8.12. Reinacker : Notre dame
Le couvent de Reinacker, voisin de Marmoutier
Le couvent de Reinacker, voisin de Marmoutier

La charmante église Notre Dame de Reinacker est peu marquée par le flamboyant. Edifiée entre 1410 et 1435 par maître Ludeman (mort en 1446), elle comporte une nef - halle à transept incorporé, comme à Westhoffen, et un large choeur à deux travées et chevet polygonal. Ce chevet à cinq pans de nonagone est le seul de ce type en Alsace, où l'octogone est de rigueur. Au clocher de croisée achevé au XVIIè siècle seulement correspond le clocher de façade englobant des chapelles superposées. Le curieux portail géminé repose sur une colonne centrale.

5.3.2.8.13. Ribeauvillé : les Augustins
Ribeauvillé : l’église des Augustins
Ribeauvillé : l’église des Augustins

Les Augustins de Ribeauvillé complètent à partir du milieu du XIVe siècle leur choeur lumineux par une triple nef sur colonnes dont la construction ne se termine qu'au XVe siècle. On remarque la disposition irrégulière des baies et le joli portail géminé (1360) surmonté d'une petite rose à six lobes.

5.3.2.8.14. Ribeauvillé : Saint Grégoire
Ribeauvillé : l’église saint Grégoire
Ribeauvillé : l’église saint Grégoire

Longue de sept travées dans son état actuel, la nef de Saint Grégoire de Ribeauvillé a été commencée au début du XIVe siècle, continuée à la fin du XIVe siècle et achevée en 1475 seulement. L'alternance des supports, maintenue en pleine maturité gothique, est un archaïsme tout à fait exceptionnel.

5.3.2.8.15. Saint-Hippolyte : église paroissiale
Saint Hippolyte : chapelle
Saint Hippolyte : chapelle

L’église formait un retranchement fortifié dans la basse ville. Elle conserve un choeur gothique voûté, nef et collatéraux des XIV-XVè « à l'italienne » où subsiste toujours une zone de paroi inarticulée. La façade est néoclassique (1822).

5.3.2.8.16. Sarrewerden : collégiale saint Blaise

La collégiale Saint Blaise de Sarrewerden se dote après 1482 d'un choeur polygonal à voûte réticulée. Dans la première travée droite se voit encore la loge seigneuriale à balustrade flamboyante.

La Petite Pierre : clé de voûte la chapelle de l’Assomption du XVè
La Petite Pierre : clé de voûte la chapelle de l’Assomption du XVè
La Petite Pierre : clé de voûte la chapelle de l’Assomption du XVè
La Petite Pierre : clé de voûte la chapelle de l’Assomption du XVè
5.3.2.8.17. Saverne : collégiale Notre-Dame

A Saverne, la collégiale Notre-Dame de la Nativité est remaniée par Hans Hammer à partir de 1493. La nef est couverte d'une voûte réticulée avec 23 clés armoriées et le collatéral nord est complété par la chapelle épiscopale délicatement voûtée. Le jubé de cinq travées voûtées en étoile (1497) se trouve aujourd'hui au fond de la nef et sert de tribune d'orgues.

5.3.2.8.18. Saverne : église des Récollets
Saverne : le cloître des Récollets
Saverne : le cloître des Récollets

A Saverne, l'église des Récollets, bâtie vers 1303, se compose d'une nef de quatre axes et d'un choeur polygonal voûté de deux travées. Un cloître un peu plus tardif, merveilleusement fleuri, s'adosse au Nord des bâtiments et séduit par ses magnifiques remplages

5.3.2.8.19. Seltz : collégiale

La collégiale de Seltz a conservé malgré les guerres un remarquable choeur polygonal, de la fin du XVè siècle, ainsi que sa chapelle méridionale de deux travées, aux voûtes compliquées ornées de clés sculptées. La nef, détruite pendant la guerre, présentait l'élévation traditionnelle : des arcades reposant sur des piles octogonales, une zone de paroi lisse et des fenêtres hautes peu développées.

5.3.2.8.20. Soultz : saint Maurice

L’église St Maurice de Soultz Haut-Rhin est un bel édifice gothique dont la construction débute en 1280 mais ne sera achevée qu’au XVIIè. Le vaisseau, entrepris vers 1320, montre des supports de plan variable (piles à huit colonnettes engagées et piles à huit pans concaves). Un faisceau d'éléments rythme puissamment les travées. L'acuité des arcades fait oublier quelque peu la paroi médiane et les petites fenêtres hautes à deux lancettes. Les arcs-boutants se réduisent à des étais à ras de toiture latérale.

L’église possède un beau portail sud.

Soultz : saint Maurice
Soultz : saint Maurice
Soultz : fresque de la crucifixion de l’église saint Maurice
Soultz : fresque de la crucifixion de l’église saint Maurice
5.3.2.8.21. Truttenhausen : église conventuelle
Mont Sainte Odile : la statue de la sainte dans le jardin du cloître.
Mont Sainte Odile : la statue de la sainte dans le jardin du cloître.

L'ancienne église conventuelle de Truttenhausen, ruinée depuis le XVIe siècle, juxtapose un clocher de 1490 à une nef simple suivie d'un choeur polygonal datant de 1468.

5.3.2.8.22. Vieux Thann : saint Dominique

Eglise paroissiale de Vieux Thann, St Dominique comprend une nef simple de la fin du XIV° siècle, remaniée au XVIIIe siècle, un clocher d'avant -choeur, du XIIIè et du XVè siècles, et un court choeur polygonal à voûte nervurée (début du XVè siècle), d'un type peu répandu dans la région.

Vieux Thann : saint Dominique
Vieux Thann : saint Dominique
Vieux Thann : saint Dominique
Vieux Thann : saint Dominique
5.3.2.8.23. Wissembourg : Saint-Jean
Wissembourg : saint Jean
Wissembourg : saint Jean

A Wissembourg, l'église Saint-Jean au plan compliqué, possède un choeur gothique du XIV, siècle, mais la nef a été remaniée au XVe siècle et pourvue en 1513 d'un collatéral nord élancé à voûtes curvilignes (reconstituées après les destructions de la dernière guerre).


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