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Auschwitz, camp de concentration nazi

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« Anus mundi »

7.2.8. « Anus mundi »

Le « Doktor » Johann Paul Kremer
Le « Doktor » Johann Paul Kremer

Journal de Jean Paul Kremer, professeur à l’université de Munster, muté à Auschwitz. Septembre – octobre 1942

Le Dr. Kremer arrive à Auschwitz le 30 août, 1942, pour remplacer un docteur tombé malade. Son journal intime est remarquable non seulement pour ses mentions explicites du processus de gazage, mais pour la manière avec laquelle Kremer relate les choses du quotidien, que l’on pourrait trouver dans n'importe quel journal intime : où il a déjeuné, ce qu'il a mangé, quels films il a vu, etc... Cette page du journal inclut son premier témoignage au sujet d’une « action spéciale » (gazage). Quelques extraits :

1 septembre 1942 :

« Von Berlin schriftlich Führermütze, Koppel und Hosenträger angefordert. Nachmittags bei der Vergasung eines Blocks mit Zyclon B gegen die Läuse. »

« J'ai écrit à Berlin pour commander une ceinture en cuir et des bretelles. J'ai assisté l'après-midi à la désinfection d'un bloc avec du Zyklon B, afin de détruire les poux. »

2 septembre 1942 :

« Zum 1. Male draussen um 3 Uhr früh bei einer Sonderaktion zugegen. Im Vergleich hierzu erscheint mir das Dante'sche Inferno fast wie eine Komödie. Umsonst wird Auschwitz nicht das Lager der Vernichtung genannt! »

« Ce matin à trois heures, j'ai assisté pour la première fois à une « action spéciale » à l’extérieur. En comparaison, l'enfer de Dante me paraît une comédie. Ce n'est pas pour rien qu'Auschwitz est appelé camp d'extermination ! »

3 septembre 1942 :

« Zum 1. Male an der hier im Lager jeden befallenden Durchfällen mit Erbrechen und kolikartigen anfallsweisen Schmerz erkrankt. Da ich keinen Tropfen Wasser getrunken, kann es hieran nicht liegen. Auch das Brot kann so nicht schuld sein, da auch solche erkranken, die nur Weißbrot (Diät) zu sich genommen haben. Höchstwahrscheinlich liegt's an dem ungesunden kontinentalen und sehr trockenen Tropenklima mit seinen Staub- und Ungeziefermassen (Fliegen). »

« Malade pour la première fois avec la diarrhée, des attaques de vomissement et de colique typiques qui frappent chacun ici dans le camp. Ce ne peut pas être l'eau car je n'ai pas bu une goutte. Ce ne peut pas être non plus le pain, car ceux qui mangent uniquement du pain blanc (régimes spéciaux) sont également malades. La raison en est plus probablement le climat tropical continental très sec et très malsain avec sa poussière et ses masses de vermine (mouches). »

4 septembre 1942 :

« Gegen die Durchfälle : 1 Tag Schleimsuppe und Pfefferminztee, dann Diät für eine Woche. Zwischendurch Kohle und Tannalbin. Schon erhebliche Besserung. »

« Contre les diarrhées : une journée de soupe aux flocons d’avoine et tisane à la menthe, puis régime durant une semaine. A intervalles régulières, charbon et Tannalbin. Cela va déjà nettement mieux. »

5 septembre 1942 :

« Heute nachmittag bei einer Sonderaktion aus dem F.K.L. (Muselmänner) : das Schrecklichste der Schrecken. Hschf. Thilo (Truppenarzt) hat Recht, wenn er mir heute sagte, wir befänden uns hier am Anus Mundi. Abends gegen 8 Uhr wieder bei einer Sonderaktion aus Holland. Wegen der dabei abfallenden Sonderverpflegung, bestehend aus einem fünftel Liter Schnaps, 5 Zigaretten, 100g Wurst und Brot, drängen sich die Männer zu solchen Aktionen. Heute und morgen (Sonntag) Dienst. »

« Assisté cet après midi à une « action spéciale » au camp de concentration des femmes (« Muslulmanes »). La plus terrifiante des épouvantes. Le Hauptscharführer Thilo (médecin militaire) avait raison, lorsqu’il m’a dit ce matin qu’ici, nous nous trouvons dans l’« anus mundi », l’anus du monde… Ce soir à nouveau, vers 8 heures, j’ai assisté à une « action spéciale » de Hollandais. En raison des rations spéciales qu’ils obtiennent et qui se composent d’un cinquième de litre de schnaps, de 5 cigarettes, de 100g de saucisse et de pain, les hommes se bousculent pour participer à de telles actions. Aujourd'hui et demain (dimanche), de service. »

6 septembre 1942 :

« Aujourd'hui mardi, déjeuner excellent : soupe de tomates, un demi poulet avec des pommes et du chou rouge, petits fours, une merveilleuse glace à la vanille. Parti à 8 heures pour une « action spéciale », pour la quatrième fois. »

23 septembre 1942.

Assisté la nuit aux sixième et septième « actions spéciales ». Le matin, l'Obergruppenführer Pohl est arrivé avec son état-major à la maison des Waffen SS. Près de la porte, la sentinelle m'a présenté les armes. Le soir à vingt heures, dîner dans la maison des chefs avec le général Pohl, un vrai banquet. Nous eûmes de la tarte aux pommes, servie à volonté, du bon café, une excellente bière et des gâteaux. (...)

7 octobre 1942 :

« Assisté à la neuvième « action spéciale ». Étrangers et femmes. »

11 Octobre 1942 :

« Aujourd'hui, samedi, il y avait au déjeuner du lièvre rôti (une vraiment grosse cuisse) avec des boulettes et du chou rouge pour 1,25 Reichsmark »…

12 octobre 1942.

« Inoculation contre le typhus. A la suite de quoi, état fébrile dans la soirée ; j'ai néanmoins assisté à une « action spéciale » dans la nuit (1 600 personnes de Hollande). Scènes terribles près du dernier Bunker. C'était la dixième « action spéciale »

Le 18 juillet 1947, Kremer témoigne encore lors de son procès à Cracovie.

« Les gazages des femmes épuisées du camp de concentration, des cachectiques qu'on désignait généralement sous le terme de « musulmans » était particulièrement pénible. Je me souviens que j'ai pris part une fois au gazage d'un groupe de femmes. Je ne saurais plus dire combien il y en avait. Lorsque j'arrivai près du Bunker, elles étaient assises par terre, encore habillées. Comme leurs tenues du camp étaient en loques, on ne les admettait pas dans la baraque de déshabillage ; elles devaient se déshabiller en plein air. De leur comportement, j'ai déduit qu'elles savaient ce qui les attendait, car elles pleuraient et imploraient les SS. Mais toutes furent chassées dans les chambres à gaz et gazées. En tant qu'anatomiste, j'avais vu beaucoup de choses affreuses, j'avais eu souvent affaire à des cadavres, mais ce que je vis cette fois-là dépassait toute comparaison. C'est sous ces impressions que je ressentis alors que j'écrivis dans mon journal le 5 septembre 1942 : « Le plus terrifiant de l'horrible. Le Hauptscharführer Thilo avait bien raison de me dire aujourd'hui que nous nous trouvions dans l'anus du monde ». J'ai employé cette expression parce que je ne pouvais m'imaginer quelque chose de plus affreux et de plus monstrueux. »



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