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Strasbourg : la ville au Moyen Age (Alsace)

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4.1. Le Haut Moyen Age

Les Mérovingiens
La renaissance carolingienne et ottonienne

4.1.2. La renaissance carolingienne et ottonienne

Il faut attendre la ¬ę¬†renaissance carolingienne¬†¬Ľ pour trouver des renseignements et des ¬úuvres plus int√©ressants¬†: int√©gr√©e dans un vaste et puissant empire, d√©livr√©e de tout souci d'invasion √©trang√®re ou de troubles int√©rieurs, l'Alsace put participer au renouveau intellectuel qui caract√©rise la renaissance carolingienne. L'impulsion fut donn√©e par Charlemagne et l'Anglo-Saxon Alcuin, soucieux avant tout de combattre l'ignorance du clerg√©. Ainsi se constituent dans tous les dioc√®ses des √©coles √©l√©mentaires et dans certains monast√®res des centres d'√©tudes o√Ļ sont remis en honneur les sept arts lib√©raux¬†; ainsi est mis en route un √©norme travail de copiage des manuscrits anciens en vue de constituer des biblioth√®ques et de permettre une √©tude approfondie des P√®res de l'Eglise et m√™me des lettres classiques.

4.1.2.1. Architecture

De l'architecture précarolingienne et carolingienne rien n'est pratiquement demeuré à Strasbourg, hormis quelques vestiges fournis par des édifices postérieurs : l’abbaye de Saint Etienne fondée en 717 par Attale, nièce de sainte Odile et la basilique cathédrale de Strasbourg, reconstruite par Pépin le Bref, achevée par Charlemagne en 771, que le poème dédié à la Vierge par le moine aquitain Ermoldus Nigellus décrit sommairement…

Strasbourg¬†: l’√©glise abbatiale Saint Etienne et sa fa√ßade-clocher. D¬íapr√®s un dessin de Silbermann
Strasbourg : l'église abbatiale Saint Etienne et sa façade-clocher. D’après un dessin de Silbermann

L¬íarchitecture ottonienne maintient la persistance de la tradition carolingienne et rappelle des dispositions des anciennes basiliques romaines¬†: une triple nef limit√©e par deux imposants massifs qui int√®grent, √† l'ouest comme √† l'est, des absides et des transepts d√©bordants. C'est ainsi que devait se pr√©senter la cath√©drale de Strasbourg entreprise en 1015, apr√®s l'incendie du premier √©difice par Herman de Souabe. Cet ouvrage auquel est attach√© le nom de l'√©v√™que Wernher avait une abside plate, flanqu√©e de chapelles √† deux √©tages, des espaces charpent√©s entre le cul de four √† l'Est et la vo√Ľte d'ar√™te dans le vestibule occidental, une crypte accessible par un pontile √† la mani√®re de San Zenon de V√©rone ou de San Miniato al Monte de Florence, √† la hauteur de l'arc triomphal. Le dispositif occidental offrait une tribune sans doute ouverte sur la nef, sorte de ¬ę¬†Laube¬†¬Ľ comme √† Corvey en Westphalie, √† Marmoutier, √† Saint L√©ger de Guebwiller et √† Saint-Thomas de Strasbourg.

De cet √©difice, d√©truit en 1176 par un terrible incendie, ne reste que la crypte dans sa partie orientale¬†: elle est r√©alis√©e sans doute dans la troisi√®me d√©cennie du XI√®, et achev√©e en 1037 dans ses parties orientales. Primitivement, elle avait un large d√©ambulatoire (4m60)¬†; elle sera d√©doubl√©e au XII√®. Elle est compos√©e de trois nefs s√©par√©es par des piliers cruciformes et des colonnes altern√©es dans les deux premi√®res trav√©es orientales. A l¬í¬†¬Ďest, la crypte se termine par un mur en h√©micycle comportant le sanctuaire √† quatre niches et deux ouvertures (mur√©es). L¬íappareillage des murs de la partie orientale est couvert d¬íune taille en ar√™te de poisson et losanges (typique du d√©cor du XI√®, comme par exemple √† Altenstadt) sous une frise compos√©e de feuilles de vignes et de grappes de raisins. La vo√Ľte est en berceau.

Strasbourg, cathédrale: la crypte romane
Strasbourg, cathédrale: la crypte romane
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : la crypte
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : la crypte
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : crypte, verrière de l’abside : archange
Strasbourg, cathédrale Notre Dame : crypte, verrière de l’abside : archange

4.1.2.2. Sculpture

Du XI√® si√®cle datent les chapiteaux et consoles de l'ancienne chapelle de la rue de l'Ail (mus√©e de l'¬Ćuvre Notre Dame, Strasbourg), orn√©s de t√™tes d'homme, de b¬úuf et de b√©lier, les premiers chapiteaux de la crypte de la cath√©drale de Strasbourg aux corbeilles orn√©es de monstres et de rinceaux nou√©s (1050-1070¬†?), quelques consoles et chapiteaux des alentours de 1070 √† Saint Pierre-le-Jeune.

L'art funéraire, qui reste dans la continuité de la tradition mérovingienne, fournit le sarcophage à croix champlevée trouvé dans le sol, entre le portail Saint Laurent et l'ancien portail des rois mages, au croisillon nord du transept de la cathédrale (avant 1015).

4.1.2.3. Manuscrits et littérature

Alors que l¬íon conna√ģt relativement bien le r√īle de Murbach, principal centre de la ¬ę¬†Renaissance carolingienne¬†¬Ľ en Alsace, les connaissances restent fragmentaires pour Strasbourg¬†: Heddo (entre 750 et 760¬†?) fait r√©diger un ¬ę¬†Sacramentaire de l'Eglise romaine¬†¬Ľ sur parchemin pourpr√© avec lettres d'argent et d'or en t√™te des chapitres. Bernold (entre 822 et 840¬†?) fait traduire sous Louis le Pieux en langue vulgaire des passages de l'Ecriture, pour √™tre mieux compris de ses ouailles.

La meilleure source de renseignements pour la ville -et l¬íAlsace- sont les √©crits du moine Ermold le Noir (Ermoldus Nigellus, 790¬†?-838¬†?)¬†: √©xil√© d'Aquitaine par Louis le Pieux, Ermold compose √† Strasbourg, sans doute vers 826-827 un po√®me √† la louange de l'empereur afin de rentrer en gr√Ęce. Il s¬íinspire pour son ¬úuvre de son pays d'exil.

Imbu de culture classique, Ermold imagine que Thalie, la muse de l'idylle, accompagn√©e de Rhenus, dieu du fleuve, et de Wasacus, dieu des Vosges, vient c√©l√©brer l'Alsace devant l'empereur¬†: ¬ę¬†C'est une terre antique et riche, occup√©e par les Francs, qui lui ont donn√© le nom d'Alsace. La vigne couvre les coteaux, les champs portent les moissons, les Vosges sont couvertes de for√™ts, le Rhin fertilise le sol¬†¬Ľ. Puis chacun des int√©ress√©s vient vanter ses m√©rites. Wasacus reproche √† Rh√©nus de drainer le bl√© hors du pays et d'affamer ses habitants, de faire vendre son ¬ę¬†Falerne¬†¬Ľ aux gens de mer, si bien que le vigneron a soif dans sa propre vigne¬†! A quoi Rhenus r√©plique que les Alsaciens se noieraient dans la graisse et le vin, s'il n'emportait les produits de la r√©gion vers la mer. De plus, il rend possible ainsi l'acquisition, par nos marchands et ceux de l'√©tranger, de l'ambre transparent et l'achat aux Frisons d'√©toffes chatoyantes, qui √©taient inconnues auparavant¬†; enfin il vante ses paillettes d'or et l'abondance de ses poissons. Le po√®me s¬íach√®ve par l'√©loge de Strasbourg, carrefour de routes, ¬ę¬†florissante d'une prosp√©rit√© nouvelle¬†¬Ľ.

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