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Strasbourg : la ville au Moyen Age (Alsace)

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3.2. Le développement de la cité

L’extension de la ville
Les chantiers
La ville à la fin du Moyen Age
Vie économique et culturelle

3.2.2. Les chantiers

Face à l'ancien camp romain tenu par l'évêque, la ville de Strasbourg, patriciens et bourgeois affirme à partir du XIIè siècle une identité communale dont l’importance va s’amplifiant et qui va culminer à la Renaissance : cette identité se manifeste par l’érection de quelques monuments publics dans le secteur de la place Gutenberg, pôle de la ville bourgeoise. Si les chantiers de la cathédrale et des églises drainent l'essentiel de l'activité architecturale de la ville, les chantiers « profanes » traduisent, surtout à partir du XIVe siècle, l'ascendant et la puissance du pouvoir économico-politique, dont il ne reste malheureusement aujourd’hui que l'aile orientale de l'Œuvre Notre-Dame et la « douane ».

Strasbourg : la Douane au Moyen Age
Strasbourg : la Douane au Moyen Age

3.2.2.1. Les chantiers religieux

Au cours du XIIe siècle, la basilique de Wernher est par cinq fois victime de la foudre et de l'incendie. En 1176 une nouvelle reconstruction est entreprise. Le style gothique se manifeste pour la première fois dans le transept de la cathédrale vers 1225. Dès 1240 environ, le rayonnement triomphe dans le grand vaisseau à triforium ajouré. La façade entreprise en 1277 et les innovations de maître Erwin à partir de 1284 placent Strasbourg parmi les chantiers les plus importants d'Occident.

La première représentation de la cathédrale achevée. Folio 217 du « Buch der Natur de Konrad von Megenberg », vers 1440-1450. Réalisé par l’atelier de Diebold Lauber de Haguenau. Heidelberg, bibliothèque de l’Université
La première représentation de la cathédrale achevée. Folio 217 du « Buch der Natur de Konrad von Megenberg », vers 1440-1450. Réalisé par l’atelier de Diebold Lauber de Haguenau. Heidelberg, bibliothèque de l’Université

Le gothique est également diffusé durant ce XIIIè par les Ordres Mendiants, notamment par les Dominicains et les Franciscains. Les églises paroissiales apportent leur contribution originale au développement du nouveau style : ainsi la nef-halle à Saint-Thomas et la nef à pilastres à Saint-Pierre-le-Jeune.

Strasbourg : intérieur de Saint Thomas, par Cl. Bech. Collection particulière
Strasbourg : intérieur de Saint Thomas, par Cl. Bech. Collection particulière

Au XIVè est mise en place la grande rose de la cathédrale, (vers 1318) ; l'église des Dominicains est achevé vers 1325, et la chapelle Sainte-Catherine de la cathédrale est construite vers 1340. Dans la seconde moitié du siècle sont construits la chapelle Saint-Jean de l'église Saint-Pierre-le-Jeune, avec ses contreforts intérieurs (vers 1360) et le chevet de l'église Saint-Erhard, place de l'Hôpital, avec sa baie axiale élargie à trois lancettes.

Strasbourg : Les Hospices Civils en 1663. Gravure de J.-J. Arhardt, Cabinet des Estampes. L’identification de la figure que l’on aperçoit sur la nef de la chapelle reste sujette à controverses : certains pensent qu’il s’agit d’une araignée ; d’autres penchent pour la représentation d’une tumeur… la figure disparut en 1826, lors du ravalement du mur
Strasbourg : Les Hospices Civils en 1663. Gravure de J.-J. Arhardt, Cabinet des Estampes. L’identification de la figure que l’on aperçoit sur la nef de la chapelle reste sujette à controverses : certains pensent qu’il s’agit d’une araignée ; d’autres penchent pour la représentation d’une tumeur… la figure disparut en 1826, lors du ravalement du mur

Début XVè arrive le maître Ulrich von Ensingen qui introduit le style flamboyant. En 1439 Johannes Hültz, achève la haute flèche de la cathédrale, symbole de la cité, alors que le baroque flamboyant se manifeste avec brio au Portail Saint-Laurent de Jacques de Landshut (1495-1505). Quant à la chapelle Saint-Laurent, due au talent de Hans Hammer (1515-1521), elle marque un apaisement notable à l'approche de la Renaissance. D'autres chapelles flamboyantes retiennent l'attention : celle de la Trinité (1491), à Saint-Pierre-le-Jeune, celle des Evangélistes (1521), à l'église Saint-Thomas. Plus modestes, mais élégants, le chevet de Sainte-Madeleine (1480 et l'église Saint- Jean (1477), restaurée après la dernière guerre.

Strasbourg, gravure de la cathédrale d’Isaac Brunn, 1615. La cathédrale sera jusqu’au XIXè siècle le plus haut édifice de la chrétienté
Strasbourg, gravure de la cathédrale d’Isaac Brunn, 1615. La cathédrale sera jusqu’au XIXè siècle le plus haut édifice de la chrétienté

De très nombreuses autres chapelles et églises ont malheureusement disparu au fil des siècles.

3.2.2.2. Les chantiers laïcs

3.2.2.2.1. La Pfalz

Le renforcement de l'indépendance des bourgeois, acquise dès 1262, se concrétise en 1321 par la construction de la Pfalz qui succède au Fronhof épiscopal comme centre de décisions politiques et administratives. La Pfalz est construite sur la place Saint-Martin (Place Gutenberg) dans le style gothique. Le bâtiment se compose de deux bâtiments accolés, construits probablement l'un après l'autre à partir d’un noyau original, sans doute une chapelle. Le corps principal de l'édifice présente sur le Marché-aux-Grains un pignon à redents percé de trois rangées de fenêtres tréflées. Parallèlement, le bâtiment oblong qui ferme le Marché-aux-Poissons possède deux pignons à redents, reliés entre eux par une rangée de créneaux. Deux tourelles d'angle donnent à l'édifice une certaine solennité. La Pfalz sera malheureusement détruite à la fin du XVIIIè siècle.

Strasbourg : la Pfalz
Strasbourg : la Pfalz

3.2.2.2.2. La Chancellerie

Chancellerie de la ville libre est construite en 1463-1464. Le bâtiment sera incendié en 1686. Son architecture n’est malheureusement pas connue. On sait que l’ornementation du portail intérieur de l'édifice a été décorée aux armes de Strasbourg par Nicolas Gerhaerdt de Leyde, qui réalise aussi quelques magnifiques bustes d’hommes accoudés.

La « ville civile »de Strasbourg selon le plan de Conrad Morant de 1548 : Pfalz, chancellerie, Monnaie, Pfennigturm
La « ville civile »de Strasbourg selon le plan de Conrad Morant de 1548 : Pfalz, chancellerie, Monnaie, Pfennigturm

3.2.2.2.3. L’Hôtel de la Monnaie

Un premier bâtiment de la Monnaie est construit au XIIIè. Il est remplacé par le Magistrat en 1507. De volume réduit, cet édifice gothique est remarquable par son pignon principal à redents, couronné d'un clocheton, orné d'une horloge et d'un balcon finement ciselé.

Strasbourg : l’Hôtel de la Monnaie, de style gothique avec son remarquable pignon à redents. Lithographie de Th. Müller dans « Strasbourg illustré » de F. Piton
Strasbourg : l’Hôtel de la Monnaie, de style gothique avec son remarquable pignon à redents. Lithographie de Th. Müller dans « Strasbourg illustré » de F. Piton

3.2.2.2.4. Le Pfennigturm

Le bâtiment du Trésor public (Pfennigturm), mentionné en 1321, compte parmi les édifices les plus anciens de la ville. Sa tour ajoute sa silhouette aux flèches et aux clochers, tout en apparaissant, au même titre que la Pfalz, comme la traduction monumentale d'une conscience civique grandissante. Elle renferme en effet les titres, les privilèges et la bannière de Strasbourg. D'une grande simplicité, sa structure porte une plate-forme en pierre, elle aussi crénelée, qui remplace en 1414 une charpente de bois couverte de tuiles.

Strasbourg : l’ancienne place des « Cordeliers », future place Kléber avec le couvent et le « Pfennigturm ».Tiré de « Strasbourg illustré » de F. Piton
Strasbourg : l’ancienne place des « Cordeliers », future place Kléber avec le couvent et le « Pfennigturm ».Tiré de « Strasbourg illustré » de F. Piton

3.2.2.2.5. L'aile Est de l'Œuvre Notre-Dame

Après avoir acquis la gestion de l’œuvre Notre Dame, les bourgeois de Strasbourg décident en 1347 d’agrandir le bâtiment et font construire l'aile Est de l'Oeuvre Notre-Dame, entre l'actuelle place du Château et la rue des Cordiers, en l'appuyant sur la courtine méridionale de l'ancien castrum romain. L'aile gauche du bâtiment présente un pignon en escalier dont les fenêtres d'origine ont été doublées au XVIe siècle.

Strasbourg : le musée de l’œuvre Notre Dame
Strasbourg : le musée de l’œuvre Notre Dame

La ville construit également des bâtiments à vocation économique et commerciale. En 1358 est construite sur une sorte d'esplanade appelée « Salzhof », la « douane » fluviale (Ancienne Douane), énorme dépôt où l'on consignait les marchandises pour les taxer avant leur mise en vente. Il en reste certaines parties du XIVe siècle et une restauration fidèle qui donne à l'édifice une belle silhouette médiévale. Equipé d'une grue de débarquement en 1385, agrandi trois ans plus tard, le bâtiment initial possède au moins un pignon couvert, selon l'usage, de peintures ornementales et figurées. A la fin du XVIIIe siècle, l’architecte Boudhors ajoutera à l'ensemble un avant-corps vers la rue du Vieux-Marché-aux-Poissons.

Strasbourg : l’Ancienne Douane ou « Kaufhüs »
Strasbourg : l’Ancienne Douane ou « Kaufhüs »


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