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Les « Primitifs » italiens (Histoire de l'art)

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4. L’école de Rome

Généralités
Peintres et œuvres

4.2. Peintres et œuvres

4.2.1. Le Maître de la Madone Avocate

La Madone « Avocate » (« Haghiosoritissa »). 1150s. Tempera sur panneau de bois couvert de toile, 107 x 57,5 cm. Rome, Galleria Nazionale d’Arte Antica
La Madone « Avocate » (« Haghiosoritissa »). 1150s. Tempera sur panneau de bois couvert de toile, 107 x 57,5 cm. Rome, Galleria Nazionale d'Arte Antica

Vénérée àl'origine, dans l'église du couvent de Santa Maria in Campo Marzio de Rome, cette peinture est une icône dont les pouvoirs miraculeux sont attestées par Bombelli dans sa gravure sur bois de 1792. Iconographiquement l'image provient du modèle byzantin de la vierge « Haghiosoritissa », un type d'image qui représente la Vierge intercédant auprès du Christ pour l’humanité. La critique admet généralement la date du milieu du XIIè en raison de similitudes stylistiques avec un panneau du Jugement Dernier de la Pinacothèque du Vatican.

De style différent d’autres panneaux romains dépeignant le même sujet, cette œuvre a été commandée au même artiste qui a réalisé le « Christ bénissant » de la Pinacothèque du Vatican, œuvre qui se trouvait également à Santa Maria in Campo Marzio. Les deux œuvres se caractérisent par un linéarisme accentué typique du style byzantin et une qualité monumentale nettement romaine. Elles révèlent un traitement identique des effets de clair-obscur, de la simplification des plis de la draperie et des effets de lumière.

Au bas se trouve l'inscription : « SCA VIRGO VIRGINUM ».

4.2.2. Le Maître de l’histoire d’Isaac

Peintre italien actif vers 1290, le « Maître de l’histoire d’Isaac » doit son nom aux fresques de l’église supérieure Saint François d’Assise illustrant des scènes de la vie d’Isaac, particulièrement l’épisode de la bénédiction de Jacob et de la mise à l’écart d’Esaü. Ces fresques occupent le registre médian de la troisième baie à partir de la croisée, sur la paroi nord de la nef.

Heinrich Thode à attribué en 1885 ces fresques à Giotto, déclanchant ainsi une controverse sur l'identité et l'origine du « Maître d’Isaac » ; ainsi d’autres critiques ont attribué l’oeuvre au romain Pietro Cavallini ou à un autre florentin, Gaddo di Zanobi Gaddi… Actuellement, deux courants s’opposent encore : le premier attribue la paternité de l’œuvre à Giotto, le second soutient que le « Maître d’Isaac » venait de Rome, où il avait subi l’influence de Cavallini. Ce qui paraît certain, c’est que de nombreux détails iconographiques et stylistiques attestent un incontestable fonds romain.

Maître de l’histoire d’Isaac : Les docteurs de l’Eglise. Entre 1290 et 1295. Fresque. Eglise supérieure Saint François, Assise
Maître de l’histoire d’Isaac : Les docteurs de l’Eglise. Entre 1290 et 1295. Fresque. Eglise supérieure Saint François, Assise

L'attribution de la fresque est débattue. Vasari l’attribue à Cimabue, mais cette attribution a été rejetée à la fin du XVIIIè siècle. Depuis, certains critiques en attribuent la paternité à Pietro Cavallini ou de l'un de ses disciples, d’autres à Jacopo Torriti ou à un de ses élèves, d’autre enfin au jeune Giotto ou à un de ses disciples.

Dans les quatre compartiments de la voûte de la baie d'entrée l'artiste dépeint quatre Docteurs de l'Eglise en compagnie de leurs scribes : au sud (droite de l'image) Saint-Augustin et, lui faisant face, saint Ambroise ; à l'est (haut de l’image), saint Jérôme, et à l'ouest saint Grégoire. Les structures architecturales se détachent sur fond or. Leurs noms sont écrits sur les nuages. Le peintre a voulu traduire l’aspect de l'oeuvre intellectuelle de ces saints par la grande attention portée aux détails et à la précision de la perspective.

Maître de l’histoire d’Isaac : Les docteurs de l’Eglise : saint Jérôme. Entre 1290 et 1295. Fresque. Eglise supérieure Saint François, Assise
Maître de l’histoire d’Isaac : Les docteurs de l’Eglise : saint Jérôme. Entre 1290 et 1295. Fresque. Eglise supérieure Saint François, Assise

Saint Jérôme est assis face à son compagnon. Tous deux sont absorbés dans la lecture d’un livre. Le souci du détail est très frappant, malgré l’éloignement de l’oeuvre, et donne vie à la scène.

Cette fresque a été détruite lors du tremblement de terre de l'automne 1997, ainsi que les figures des saints sur le mur de l’arche.

Maître de l’histoire d’Isaac : Scène de l’Ancien testament : Isaac bénissant Jacob. 1290ss. Fresque, 300 x 300 cm. Eglise supérieure Saint François, Assise
Maître de l’histoire d’Isaac : Scène de l’Ancien testament : Isaac bénissant Jacob. 1290ss. Fresque, 300 x 300 cm. Eglise supérieure Saint François, Assise

L'artiste décrit l'action dans le cadre restreint de ce qui est une chambre dont il manque la façade. Cela confère à la composition une compacité inconnue jusqu’alors. Jacob, le deuxième fils né du patriarche Isaac, porte de la fourrure sur ses mains et au cou, et est prêt à tromper son père aveugle. Il aborde le vieillard, timidement et avec des gestes hésitants. Le patriarche, secondé par une femme, lui accorde sa bénédiction.

Maître de l’histoire d’Isaac : Scène de l’Ancien testament : Isaac refuse sa bénédiction à Esaü. 1290ss. Fresque, 300 x 300 cm. Eglise supérieure Saint François, Assise
Maître de l’histoire d’Isaac : Scène de l’Ancien testament : Isaac refuse sa bénédiction à Esaü. 1290ss. Fresque, 300 x 300 cm. Eglise supérieure Saint François, Assise

La seconde scène se déroule dans la même chambre que la précédente. Sur la droite, en dépit du mauvais état de conservation, on distingue Jacob et Rebecca sa mère quittant la pièce. De cette manière, la continuité des deux scènes et le caractère intense de la séquence des événements sont très clairs.

Maître de l’histoire d’Isaac : Les docteurs de l’Eglise, détail : saint Jérôme. Entre 1290 et 1395. Fresque. Eglise supérieure Saint François, Assise
Maître de l’histoire d’Isaac : Les docteurs de l’Eglise, détail : saint Jérôme. Entre 1290 et 1395. Fresque. Eglise supérieure Saint François, Assise
Maître de l’histoire d’Isaac : Scène de l’Ancien testament : Isaac bénissant Jacob, détail. 1290ss. Fresque, 300 x 300 cm. Eglise supérieure Saint François, Assise
Maître de l’histoire d’Isaac : Scène de l’Ancien testament : Isaac bénissant Jacob, détail. 1290ss. Fresque, 300 x 300 cm. Eglise supérieure Saint François, Assise
Maître de l’histoire d’Isaac : Scène de l’Ancien testament : Isaac refuse sa bénédiction à Esaü, détail. 1290ss. Fresque, 300 x 300 cm. Eglise supérieure Saint François, Assise
Maître de l’histoire d’Isaac : Scène de l’Ancien testament : Isaac refuse sa bénédiction à Esaü, détail. 1290ss. Fresque, 300 x 300 cm. Eglise supérieure Saint François, Assise

4.2.3. Jacopo Torriti

Peintre et mosaïste de Rome, Jacopo Torriti (actif entre 1270 et 1300) est très mal connu. Il est l'un des plus importants artistes travaillant à Rome au cours du pontificat de Nicolas IV (1288-1292) et s'est vu confier la réalisation des œuvres les plus prestigieuses du programme artistique du pontife romain. Il est contemporain de Cimabue, de Giotto, de Pietro Cavallini et d'Arnolfo di Cambio, mais sa réputation a été éclipsée, sans doute en raison de ses liens de style encore très étroits avec l'art byzantin.

A Rome, subsistent deux mosaïques signées de sa main : l’une sur l'abside de Saint Jean du Latran, datée de 1291 ; l’autre sur l'abside et l'arc de triomphe de Sainte Marie Majeure, datée de 1295, et représentant le couronnement de la Vierge par le Christ, ornementée de fleurs, d'oiseaux et d'autres animaux ; y figurent saint Pierre, saint Paul et le pape Nicolas IV, saint Jean-Baptiste, saint Jean, saint Antoine et diverses scènes de la vie de la Vierge.

Jacopo Torriti : Les noces de Cana. 1290s. Fresque. Assise, église supérieure Saint François. Cette scène a été probablement peinte par un assistant du maître
Jacopo Torriti : Les noces de Cana. 1290s. Fresque. Assise, église supérieure Saint François. Cette scène a été probablement peinte par un assistant du maître

Torriti a également réalisé une mosaïque pour la tombe du pape Boniface VIII réalisée par Arnolfo di Cambio dans le Vieux Saint Pierre de Rome (1296, détruite). On lui attribue également quelques fresques de l'Abbaye des Trois-Fontaines à Rome et deux fresques de l'église supérieure de la basilique Saint-François d'Assise : la construction de l’arche de Noé et les noces de Cana.

Jacopo Torriti : Dééesis. 1290s. Fresque. Assise, église supérieure Saint François
Jacopo Torriti : Dééesis. 1290s. Fresque. Assise, église supérieure Saint François

La fresque, dans la voûte de la seconde baie du transept se compose de quatre tondi entourés d’anges et représentant le Christ bénissant, la Vierge Marie, saint François et saint Jean.

Jacopo Torriti : Couronnement de la Vierge. 1296. Mosaïque. Rome, Santa Maria Maggiore
Jacopo Torriti : Couronnement de la Vierge. 1296. Mosaïque. Rome, Santa Maria Maggiore

Nicolas IV a commandé la décoration en mosaïque de l'abside de Santa Maria Maggiore, en remplacement de l’ancienne mosaïque du Vè siècle, mais sans en changer fondamentalement le thème initial ; ainsi le buste du Sauveur a été conservé, car il serait miraculeusement apparu au moment de la consécration de la basilique. La tâche est confiée à Jacopo Torriti, qui délaisse alors le chantier du Latran vers 1291 pour donner la priorité aux travaux de Santa Maria Maggiore.

Jacopo Torriti : Le Christ couronne la vierge.1296. Mosaïque. Rome, Santa Maria Maggiore
Jacopo Torriti : Le Christ couronne la vierge.1296. Mosaïque. Rome, Santa Maria Maggiore

La mosaïque de l'abside de Santa Maria Maggiore se trouve sous la coupole de l'abside où sont représentées des scènes de la vie de la Vierge. L'artiste combine les nouveaux éléments iconographiques des cathédrales gothiques avec des éléments traditionnellement romains comme l'acanthe.

Jacopo Torriti : La création du monde. 1290s. Fresque. Assise, église supérieure Saint François
Jacopo Torriti : La création du monde. 1290s. Fresque. Assise, église supérieure Saint François
Jacopo Torriti : La création d’Eve. 1290s. Fresque. Assise église supérieure Saint François
Jacopo Torriti : La création d’Eve. 1290s. Fresque. Assise église supérieure Saint François
Jacopo Torriti : La construction de l’arche. 1290s. Fresque. Assise, église supérieure Saint François
Jacopo Torriti : La construction de l’arche. 1290s. Fresque. Assise, église supérieure Saint François

4.2.4. Pietro Cavallini

Voir l’article « Pietro Cavallini »

4.2.5. Filippo Rusuti

Filippo Rusuti : la création du monde. Fresque. Assise, basilique supérieure saint François
Filippo Rusuti : la création du monde. Fresque. Assise, basilique supérieure saint François

Filippo Rusuti est un peintre et un mosaïste italien de l'école romaine actif entre la fin XIIIè siècle et le début du XIVè siècle. Peu de ses œuvres sont connues. Il fait partie, avec Jacopo Torriti et Pietro Cavallini, de l'école romaine de la fin du XIIIè siècle et son œuvre la plus célèbre est la mosaïque de l'ancienne façade de la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome (1318-1319 : le Christ en gloire et les quatre évangélistes). Il collabore avec Jacopo Torriti à la décoration interne de la même église.

Toujours en compagnie de Jacopo Torriti, il travaille probablement à la décoration à fresque de l'église supérieure de la basilique Saint François d'Assise : quelques parties des « Histoires de la Genèse » lui sont attribuées, en particulier la « Création d'Adam et Ève » reconnue formellement de sa main.

Malgré sa connaissance stylistique de Cimabue, il ne s'affranchit pas de l'influence byzantine encore très influente à Rome. Dans les premières années du XIIIè, Rusuti suit Pietro Cavallini à Naples près de la cour des Anjou pour la décoration de l'église Santa Maria Donna Regina. Aujourd'hui une grande partie de cette œuvre, qu'on avait attribué à Cavallini, lui est reconnue par les critiques.



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