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Le régime de Vichy

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2. L’organisation du régime

Le régime et le gouvernement
La RĂ©volution nationale
L’évolution du régime

2.1. Le régime et le gouvernement

Le régime de Pétain est fondé sur le principe du pouvoir personnel qui fonde sa légitimité sur trois sources : Pétain est l’homme des circonstances, le chef providentiel, la victime sacrificielle : base militaire, chrétienne et royale. C’est un Etat autoritaire où les trois pouvoirs sont fondus dans l’exercice d’une autorité gouvernementale sans partage. Le Cabinet est formé de membres nommés par le chef de l’Etat, responsables devant lui seul et révocables à tout moment. Le Conseil des ministres n’est « qu’entendu »…

Toute expression démocratique est étouffée ; si les partis politiques ne sont pas interdits, ils se voient interdits de réunion et de toute activité à partir d’août 1941. Sénat et Chambre ne sont pas supprimés, mais ne seront jamais réunis. Par contre, sont créés deux instruments relais du régime : la « Légion Française des Combattants » et le « Conseil National ».

Plus « réactionnaire » que fasciste, le régime de Pétain a cependant des tendances fascisantes prononcées, dans la mesure ou il s’appuie principalement sur le « pouvoir du chef charismatique », en l’occurrence sur le maréchal Pétain, bénéficiant du soutien de l’Eglise catholique, auréolé de la gloire et d’une popularité considérable que lui vaut sont titre de vainqueur de Verdun et dont l’image est entretenue par une propagande savamment orchestrée. Mais Pétain est un vieillard de 84 ans ne possédant plus totalement ses facultés, et naturellement, comme dans tous les régimes à pouvoir personnel, autour de lui se déchaînent les luttes d’influences des diverses factions politiques.

En effet, autour de Pétain gravitent des éléments disparates dont le dénominateur commun est l'hostilité envers la IIIè République : militants de l'Action française pour qui la chute de la « gueuse » a été selon l'expression de Charles Maurras, une « divine surprise » ; adeptes des thèses.de Salazar ; cléricaux traditionalistes soucieux de rechristianiser la France ; industriels hantés par le souvenir de 1936 ; technocrates méprisants à l'égard du jeu politique des partis ; syndicalistes pacifistes tentés par le corporatisme. Bien qu'un certain nombre de notables de gauche se soient ralliés également, c'est dans l'ensemble une véritable union des droites qui se réalise autour de Pétain.

L’homme fort du régime est Pierre Laval qui dirige le gouvernement en tant que ministre d’État de 1940 à 1941. Mis à l’écart, il est cependant assez influent auprès des Allemands pour être rappelé le 16 avril 1942. Il prône la réconciliation franco-allemande. Autre homme fort du régime, l’amiral François Darlan qui pratique lui aussi une politique de collaboration à l’égard de l’Allemagne.

Le gouvernement de Vichy est donc caractérisé par une certaine hétérogénéité : il se compose de personnalités issues de divers mouvements politiques, constituant un kaléidoscope des droites françaises. Ainsi les technocrates tels que Jean Bichelonne ou Pierre Pucheu côtoient des membres de l’« Action Française » comme Charles Maurras, ou des catholiques traditionnels qui rêvent de constituer une nation chrétienne, tel Xavier Vallat. Les tendances monarchiste et fasciste sont représentées ; quelques transfuges de la gauche, tels l’ancien communiste Paul Marion ou le dirigeant de la Confédération générale du travail (CGT), René Belin, font aussi partie du gouvernement.

Mais Vichy est également soumis aux influences et à la pression des milieux collaborationnistes parisiens qui jugent l’action de l’État français trop modérée ; sous la pression des Allemands, plusieurs de leurs membres, à partir de la fin de 1943, entrent au gouvernement, comme Marcel Déat, directeur de l’« Œuvre », qui fonde le « Rassemblement national populaire ». Jacques Doriot est l’instigateur du « Parti Populaire Français » (PPF) et des « Légions des Volontaires français contre le bolchevisme » (LVF), ainsi qu’un ardent partisan de la collaboration avec l’Allemagne. Pierre Drieu la Rochelle est également actif à cette époque, militant en faveur de la collaboration et du fascisme. Enfin, Robert Brasillach, rédacteur en chef de « Je suis partout », célèbre la collaboration franco-allemande et le nazisme.

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