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L’Alsace du Haut Moyen Age : 406-1024

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3. L’Alsace carolingienne : 768-912

L’œuvre de Charlemagne
Les déchirements du IXè siècle

3.2. Les déchirements du IXè siècle

3.2.1. Louis le Pieux : 814-840

Mais l’empire de Charlemagne et son rêve d’universalité ne lui survivent guère. Louis le Pieux, son fils (814-840), ne parvient pas à sauvegarder son unité. L’Alsace va jouer un rôle important dans les péripéties opposant Louis à ses fils Lothaire avides de pouvoir…, Louis, Pépin et Charles le Chauve, ce dernier issu d’un second mariage.

La première péripétie à lieu à Colmar en 833 au « Champ du Mensonge » : Louis en effet vient de réviser le premier partage de l’empire qu’il avait fait en 817, afin d’y inclure le jeune Charles, ce que les trois autres frères n’acceptent pas : trahi par ses propres troupes, Louis est pris par ses fils, enfermé à Kircheim-Marlenheim dans la villa royale, déchu de son titre et emmené à Soissons avec le petit Charles où il est soumis à une humiliante pénitence publique. Il retrouve cependant son trône en 835 grâce au soutien du peuple et peut procéder à un nouveau partage, Pépin étant mort en 838. Charles y est inclus et même fortement avantagé, ce qui avive les rancoeurs…

3.2.2. Strasbourg et Verdun

Seconde péripétie en Alsace : en juin 840, à la mort de l'empereur Louis le Pieux, la guerre pour le partage de l’empire débute immédiatement entre les trois fils. Le 24 juillet 840 à Strasbourg le nouvel empereur Lothaire déclare que tout l’empire doit être sous son contrôle : c’est une véritable déclaration de guerre à ses frères. Charles s’allie alors avec son demi frère Louis le Germanique, le frère aîné. Le 21 juin 841, les coalisés emportent la bataille de Fontenoy en Puisaye en Bourgogne, obligeant leur frère à se réconcilier sur le tombeau de saint Germain à Auxerre. Mais le conflit se ravive rapidement.

Aussi, le 14 février 842, sous les remparts de Strasbourg, devant leurs armées réunies, Louis et Charles scellent leur alliance contre Lothaire par le fameux serment, le plus ancien document en langue française et tudesque que les spécialistes considèrent comme l'un des documents les plus précieux sur la naissance des langues française et allemande. Ils remportent en mars une nouvelle victoire contre Lothaire près de Coblence. Lothaire se réfugie à Lyon. Le 15 juin 842 commencent des négociations de paix. Elles aboutissent à la signature du « traité de Verdun » (8 ou 11 août 843) :

Lothaire Ier reçoit la « Francia media », s’étendant de la mer du Nord à l’Italie ; L’Alsace en fait partie.

Louis le Germanique s’adjuge la « Francia orientalis » ou Germanie ;

A Charles le Chauve échoit la « Francia occidentalis », la future France

Ce partage « des quatre fleuves » (Meuse, Escaut, Rhône et Rhin), à priori absurde répond à une logique économique : les trois frères veulent en effet disposer de toutes les ressources agricoles de l'ex-Empire, de la Méditerranée à la plaine d'Europe du Nord. « Ce traité de hasard a déterminé tout le destin de l’Europe » (R. Grousset). Il sera confirmé à Yütz en 844 et à Meersen en 847.

3.2.3. Le partage de la Lotharingie

3.2.3.1. La « question » de la Lotharingie

Mais ce traité est terriblement bancal : Coincée entre Francie occidentale et Francie orientale, la Lotharingie n’a pas d’avenir, d’autant qu’elle n’a aucune unité géographique et culturelle, faisant cohabiter des populations de langue romane dans une entité germanique.

Rapidement, les rois Charles le Chauve (840-877) et Louis le Germanique (840-876) s’entredéchirent : un premier conflit sérieux à lieu entre 856 et 861 : Charles étant incapable de soumettre les premières bandes de pillards Vikings venant régulièrement rançonner le royaume, les grands, menés par Robert le Fort, font appel à Louis le Germanique qui à l’automne 858 envahit le royaume de Charles, obligé de se réfugier en Bourgogne. Il faut l’intervention d’une assemblée d’évêques pour stopper sont avance, ce dont profite Charles pour rassembler une puissante armée et contraindre son frère à quitter le pays en novembre de la même année.

Entre temps, Lothaire I abdique en 855 peu avant de mourir : par l’acte de Prümm, il partage son empire entre ses trois fils : Louis II reçoit le royaume d’Italie avec le titre d’empereur, Charles la Provence jusqu’à Belfort et Lothaire II toute la partie nord de son territoire, de la Suisse à la Frise. Ce dernier domaine s’appelle désormais « Lotharii Regnum », la Lotharingie. Avant de mourir Lothaire I comble richement les abbayes alsaciennes de Murbach, Lièpvre, Erstein, Saint Etienne de Strasbourg et Munster.

3.2.3.2. Le traité de Meersen

Charles meurt en 863. Son domaine est partagé entre ses deux frères. En 869, Lothaire II meurt à son tour, sans héritier direct. Seul survivant des trois frères, Louis II aurait du logiquement hériter de son royaume. Mais il est occupé en Italie du sud à lutter contre les musulmans. L’occasion est trop belle pour ses deux oncles, Charles le Chauve et Louis le Germanique. En août 870, les deux frères se partagent la Lotharingie par le traité de Meersen : la Moselle devient la nouvelle frontière entre les deux état qui désormais se touchent. L’Alsace reste à la Germanie. Louis II perd en plus la rive droite du Rhône, conserve Provence et Italie et n’arrive pas à récupérer son bien malgré le soutient du pape. Il meurt en 875.

3.2.3.3. Le traité de Ribemont

Le dernier acte à lieu à Ribemont en Aisne en 880 : le 28 août 876 meurt Louis le Germanique. Son fils Louis III le Jeune lui succède (876-882). Mais Charles le Chauve en profite immédiatement pour envahir la Lotharingie orientale et porter les frontières du royaume de France sur le Rhin. Mal lui en prend : Louis III lui inflige une sévère défaite à Andernach près de Coblence en octobre. L’année suivant c’est au tour de Charles le Chauve de trépasser, laissant le royaume à son fils Louis II « le Bègue » qui ne règne que deux ans : l’héritage passe en 879 à ses deux fils aînés, Louis III (879-882) et Carloman II (879-884), le plus jeune, le futur Charles III « Le simple », n’étant pas encore né…

Or Louis III de Germanie réclame désormais toute la Lotharingie, c'est-à-dire le territoire à l’ouest de la Moselle et s’apprête à entrer en campagne contre ses cousins. Ceux-ci ont de gros soucis : d’une part, les Vikings reprennent leurs raids dévastateurs sur le royaume, et d’autre part Boson, un noble, ancien homme de confiance de leur grand père Charles le Chauve se proclame roi de Bourgogne avec le soutien de la Papauté.

Afin de contrer ces différences menaces, les rois cousins décident de mettre de côté leurs différends et de faire front commun. Ils se rencontrent à Ribemont. En échange de la neutralité de Louis le Jeune, les rois de France lui abandonnent la partie de la Lotharingie qu'ils possédaient depuis le traité de Meersen.

3.2.3.4. La fixation définitive des frontières

Louis III le jeune meurt en 882. Son frère Charles le Gros, qui lui succède est proclamé roi de France en 883 et reconstitue ainsi l’empire de Charlemagne (hormis la Provence et la Bourgogne transjurassienne). Mais il est déposé en 887 à la diète de Tribur. La Lotharingie passe à Arnulf de Carinthie (887-899), qui en 894 intronise son fils Zwentibold roi de Lotharingie. Une révolte élimine ce dernier en 900 et le pays est intégré à nouveau à la Germanie du dernier carolingien de la branche germanique, Louis IV l’Enfant. La Germanie est alors la proie des terribles Hongrois et Louis est beaucoup trop jeune pour gouverner. Il meurt en 911 sans successeur els les grands de Germanie élisent alors à sa succession Conrad de Franconie, lequel désignera à sa mort en 918 comme successeur Henri I de Saxe, dit Henri l’Oiseleur, le fondateur de la prestigieuse dynastie saxonne.

Mais les grands princes lorrains, Régnier au Long Col, petit fils de Lothaire I et Wigeric, comte Palatin et époux de la petite fille de Louis II le Bègue, refusent la suzeraineté de Conrad et se rallient à Charles III le Simple. En 913 Charles envahit la Lotharingie et reçoit l’appui de l’évêque de Strasbourg Otbert (906-913) et de ses successeurs (après son assassinat) Gozfrid (913) et Richwin (913-933). Mais après la mort de Régnier en 915, Gislebert de Maasgau son fils mène une politique très personnelle : en 918 il se révolte contre Charles III et cherche l’appui de Henri l’Oiseleur. Défait en 920 à Worms par l’Oiseleur, Charles III est obligé de renoncer à) la Lotharingie en 921 au traité de paix de Bonn. Charles le Simple est emprisonné en 923 par Raoul de Bourgogne qui prend le titre de roi de France mais ne renonce pas à la Lotharingie. Il se heurte à Gislebert qui conduit les armées d'Henri à la victoire en 925, année à laquelle Henri l’Oiseleur, le fondateur de la prestigieuse dynastie saxonne, rattache pour 7 siècles la Lotharingie, et donc l’Alsace à la Germanie.

Le dernier acte se joue en 1014 et 1034 lorsque sont successivement rattachés au royaume de Germanie l’Italie du nord et le royaume de Bourgogne (Vallée du Rhône et Provence), livrant à ses souverains leur accession au trône impérial…



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